Etre délivré du sentiment « de l’étrangeté de l’étranger » ou « l’Eglise doit être un lieu transgressif »

« Je viens vers toi les mains ouvertes, pour te montrer que je n’ai rien de dangereux, ni d’intentions malveillantes à ton égard… »

Voici une prédication particulièrement audacieuse du pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 20/08/17, au temple de Belleville (Paris).

Les passages lues en introduction étaient Esaïe 56v1, 6-7 et Matthieu 15v21-28.

Deux textes qui nous parlent des étrangers. « Le problème est l’étranger mais le problème est que, selon la Bible, nous sommes tous des étrangers »….Justement, comment Jésus, « 100 % Dieu » mais aussi « 100 % homme »(1), « vraiment juif », a-t-il répondu à une demande d’une étrangère, une syro-phénicienne…..?

La suite à écouter ici [Voir tout en bas de la liste et choisir 2017-08-20 – Gilles.mp3].

Bonne écoute !

 

 

 

 

Note : 

(1) ….à part le péché, nous rappelle Hébr.4v15.

 

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Participez à la déconstruction des idées fausses sur les pauvres et la pauvreté !

Participons à la déconstruction des idées fausses sur les pauvres, la pauvreté et "l'assistanat"....

Participons à la déconstruction des idées fausses sur les pauvres, la pauvreté et « l’assistanat »….

Fondé en 1957 par Joseph Wresinski(1917-1988), le mouvement ATD[« Agir Tous pour la Dignité »] Quart Monde rassemble des femmes et des hommes de toutes cultures et origines sociales dans plus de 30 pays en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud, dans l’Océan Indien, en Asie et en Europe.

Organisation non gouvernementale internationale sans affiliation religieuse ou politique, ATD Quart Monde a pour but d’éradiquer la misère en agissant sur trois plans :
– sur le terrain avec les personnes concernées pour obtenir l’application du droit pour tous
– auprès des institutions et parlementaires, pour faire changer les lois (DALO, CMU,
RMI…)
– auprès de l’opinion publique, par des campagnes citoyennes pour faire changer le
regard porté sur les plus pauvres
(En savoir plus : https://www.atd-quartmonde.fr/ )

En clair, le mouvement nous invite à « Agir Tous » pour (re)donner de la visibilité et de la Dignité à ceux qui en manquent, souffrant d’une « double peine » : du fait d’être pauvres, d’une part, et du fait d’être méprisés/stigmatisés parce que pauvres, d’autre part ! (cf 1 Cor.12v22-26 et 1 Cor.1v27-29). Il nous invite donc à « ouvrir la bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés », d' »ouvrir la bouche », de « juger avec justice », et de « défendre le malheureux et l’indigent »(Prov.31v8-9), soit celui qui souffre plus du « cancer de l’exclusion », que du « cancer de l’assistanat ».

Les "assistés" ne sont pas forcément ceux que l'on croit.... (Goodwin/Burr. Economix)

Les « assistés » ne sont pas forcément ceux que l’on croit….
(Goodwin/Burr. Economix)

C’est dans cet esprit que, suite au dossier de Valeurs actuelles intitulé « Les assistés : comment ils ruinent la France »(1), paru le 29 août 2016, ATD Quart Monde a envoyé une lettre ouverte au directeur de la rédaction du magazine afin de corriger les préjugés :

Montreuil, le 1er septembre 2016

Yves de Kerdrel
Directeur de la rédaction – Valeurs actuelles
24, rue Georges Bizet, 75116, Paris

Monsieur le directeur de la rédaction,

Je découvre avec consternation les articles que vous venez de publier sur papier et sur Internet, intitulés « Profession: assisté! » et « Voyage au pays des 1 001 allocs ». Les propos tenus sont presque tous erronés. Ils alimentent des discours anciens et trompeurs sur les personnes confrontées à la pauvreté.

Votre comparatif SMIC-RSA qui veut montrer que « les bénéficiaires de prestations sociales sont souvent bien mieux traités que ceux qui travaillent chaque jour » est faux. C’est le contraire qui est vrai : une famille qui travaille perçoit au moins 500 euros mensuels de plus qu’une famille sans emploi.

Vous écrivez que la CMU-C est « fréquemment piratée ». Savez-vous que la fraude à la CMU-C s’élève à 700 000 euros par an selon le Fonds CMU, pour environ 5 millions de bénéficiaires ? Cela équivaut à une fraude annuelle moyenne de 14 centimes par bénéficiaire. Vous parlez de fraude « massive »…

Vous écrivez que « le RSA est l’aide sociale la plus fraudée (70 % des cas) ». La fraude au RSA concerne en réalité moins de 1% des allocataires et s’élève à moins de 40 euros par foyer et par an, pour un total de 100 millions d’euros en 2014. La fraude fiscale atteint 3,18 milliards d’euros.

Des allégations telles que « la France est devenue la patrie mondiale de l’assistanat », « les prestations sociales encouragent à gagner plus en travaillant moins », « la France, championne du monde de la création d’impôts et de taxes », « les bénéficiaires ont des droits mais aucun devoir », « un assisté peut dissimuler un fraudeur », « une telle générosité attire les plus démunis de la planète », « les demandeurs d’asile sont choyés » et « des étrangers qui n’ont jamais travaillé en France touchent des retraites plus élevées que des millions de petits retraités » sont des discours erronés que nous décortiquons en détail, aux côtés de 109 autres, dans notre livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, dont je me permettrai de vous adresser la troisième édition à la fin de ce mois.

La question est de savoir si les pauvres sont victimes ou coupables de leur situation ? La réalité est qu’ils sont doublement victimes : ils sont confrontés à une vie très difficile et en plus ils sont jugés par les autres. Les propos que vous tenez aggravent leur exclusion.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le directeur de la rédaction, mes meilleures salutations.

Claire Hédon, présidente

ATD Quart Monde donne rendez-vous le 3 octobre, sortie nationale de la 3e édition du livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, à tous ceux qui souhaitent participer à la déconstruction de telles idées.

A lire, notre série d’études sur cette thématique du « regard(le nôtre ou celui de Dieu) sur le pauvre » : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/01/17/notre-regard-sur-le-pauvre-letranger-et-leprouve-introduction-de-la-serie-thematique/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/19/notre-regard-sur-le-pauvre-la-loi/  ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/03/28/notre-regard-sur-le-pauvre-rois-et-prophetes/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/22/les-miettes-du-riche-suffisent-elles-a-nourrir-le-pauvre/ ;  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/06/10/le-pere-des-orphelins-le-defenseur-des-veuves-cest-dieu-dans-sa-demeure-sainte-etudes-de-2-rois-4v1-7-et-2-rois-8v1-6/

A lire, encore, « L’Amérique pauvre » de l’historien Romain HURET (Thierry Magnier, 2010. Collec. « troisième culture », 121 p.) : «  J’ai compris qu’être pauvre, cela voulait dire ne pas être citoyen. » C’est par cette phrase significative, empruntée à un habitant de la Nouvelle-Orléans au lendemain du passage de l’ouragan Katrina en août 2005, que commence l’ouvrage de Romain Huret. L’historien y met en évidence le paradoxe américain en soulevant une question essentielle : comment se fait-il que dans un pays aussi prospère que les Etats-Unis, première puissance mondiale, temple de la réussite individuelle et de la consommation de masse, autant de gens soient si pauvres ? Plus de 3 millions de personnes y dorment encore chaque nuit sous les ponts ou dans des parcs. Quelles sont alors les implications de ce paradoxe sur la perception de la pauvreté aux Etats-Unis ?

Dans cet ouvrage très agréable à lire, Romain Huret s’intéresse avant tout à la représentation sociale de la pauvreté, en adoptant un point de vue historique.(Analyse de Pauline Gandré, « Romain Huret, L’Amérique pauvre », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2010, mis en ligne le 31 août 2010, consulté le 15 septembre 2016. URL : http://lectures.revues.org/1128 )

 

Notes :

(1) Par ailleurs, « les assistés » ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Ainsi, Le Figaro,  qui dénonce lui aussi régulièrement la «France des assistés», conserve confortablement la première place, avec plus de 15 millions d’euros d’aide publique. De même, ce sont les grands groupes qui se taillent la part du lion, dans la répartition des aides publiques à la presse. http://www.liberation.fr/societe/2015/06/12/en-attendant-la-reforme-les-aides-a-la-presse-varient-peu_1328616 ; https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/aides-a-la-presse-les-200-titres-de-presse-les-plus-aides/

De son côté, Valeurs actuelles s’est vu « sucrer » ses aides publiques en 2015, du fait de sa condamnation pour «provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers les Roms» : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/11/20/fleur-pellerin-et-valeurs-actuelles-s-opposent-sur-le-terrain-des-aides-a-la-presse_4814433_3236.html ; http://www.lexpress.fr/actualite/medias/valeurs-actuelles-condamne-en-appel-pour-son-dossier-sur-les-roms_1744259.html 

« Dans le cochon, tout est bon » (pour créer la division)

« Positiver » un laïcisme intolérant et sectaire à des fins électoralistes ? Du « grand lard » !
« Que votre privilège [la liberté] ne soit pas un sujet de calomnie. Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes. Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle ». (Rom.14v16-19)

« Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme(…) Mais ce qui sort de la bouche vient du coeur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du coeur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies ». (Matt.15v11, 18-19)

Que ne ferait-on pas « au nom de la laïcité », particulièrement en pleine campagne électorale pour les départementales 2015 (enjeu de proximité et de solidarité envers les plus faibles, rappelons-le) ?
« Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l’enseignement privé confessionnel. » En une phrase, Nicolas Sarkozy (avait) tenté de relancer, à quelques jours des élections départementales, un débat sur la laïcité dans les cantines scolaires, relève Lucie Delaporte dans  « Cantines scolaires et laïcité : Sarkozy tente un hold-up sur un non-sujet », article publié sur Médiapart, le 22/03/15*.
L’ancien président de la République, invité du JT de TF1 mardi soir, 17/03, apportait ainsi un soutien appuyé au maire UMP de Chalon-sur-Saône, qui venait d’annoncer – lui aussi avec un sens aigu de l’agenda politique – qu’il allait mettre un terme à la pratique du menu de substitution dans les cantines de sa ville lorsque du porc était servi. Une pratique en place dans sa commune depuis plus de trente ans. Gilles Platret, ne craignant pas de tordre ces concepts, avait justifié sa décision en expliquant qu’il était « indispensable de revenir à une pratique exigeante du vivre-ensemble », et que les repas de substitution constituaient une forme de « discrimination »*.
Cette instrumentalisation de la question des repas différenciés dans les cantines scolaires n’a, semble-t-il, échappé à personne. « Dans le cochon, tout est bon (pour créer de la division »), avait twitté le pasteur Gilles Boucomont le 24 mars. Instrumentalisation désavouée par le propre parti de Nicolas sarkozy…alors même que l’UMP a voté contre la loi du 12/03 qui autorise l’accès de tous les élèves à la restauration scolaire. Un texte qui pose justement une base légale aux menus de substitution…..**

Or, on se souviendra peut-être que le même Nicolas Sarkozy [celui que l’on présentait en 2012 comme « le candidat des valeurs chrétiennes »], avant d’être élu président de la république, avait signé en 2004 « La République, les religions, l’espérance »***, un livre d’entretien avec Thibaud Collin et Philippe Verdin, dans lequel il affirmait que « les religions constituent un enjeu majeur pour notre société car elles sontle support d’une espérance. Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort. C’est pourquoi », disait-il, « je n’ai pas une conception sectaire de la laïcité. Pas même la vision d’une laïcité indifférente. Je crois au besoin de religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale(…)Je crois(…)en une laïcité positive, c’est à dire une laïcité qui garantit le droit de vivre sa religion comme un droit fondamental de la personne. La laïcité n’est pas l’ennemie des religions. Bien au contraire. La laïcité, c’est la garantie pour chacun de pouvoir croire et vivre sa foi(…)Celui qui croit n’a pas à s’excuser de croire et celui qui ne croit pas n’a pas à se justifier de son incroyance. »(op. cit., pp15-16, 207)****
A ma grande surprise(et sauf erreur de ma part), aucun média ne semble avoir souligné ce fait, à part peut-être (pour l’instant) le sociologue Sébastien Fath, dont j’ai découvert peu après le billet « coup de gueule » publié le 26/03 sur son blogue : il y souligne, outre ce qui précède, que « cinq ans après la parution de cet ouvrage, il avait également affirmé en 2009 être « totalement d’accord y compris avec la question du voile » islamique, avec Barack Obama, qui dans son discours du Caire avait critiqué l’Europe pour sa tendance à gêner les musulman(e)s dans la pratique de la religion, en particulier en matière de vêtement. Il appelait à l’époque à dédramatiser le débat, rappelant seulement l’importance d’un choix libre de la part de la jeune-fille ».

Mais ça, « c’était avant ». Autre temps, autre discours, de la part de celui qui déclarait encore, page 36 de son livre que « L’extrémisme [religieux] commence avec la projection de son absolu sur l’autre, assortie de la volonté de le dominer, de l’asservir, de le priver de son libre arbitre ».
Ou comment passer de la « laïcité positive à la « laïcité punitive… »
On est à mille lieux de ce roi selon le cœur de Dieu, qui peut déclarer en toute bonne conscience que « sa parole ne dépasse pas (sa) pensée »(Ps.17v3). Mais comme le rappelle Benoît, dans son édito du mardi pour « les Cahiers libres », il est essentiel de se rappeler et de rappeler que « l’homme providentiel, ce ne sera jamais Sarkozy, Hollande ou Marine. L’homme de la providence c’est le Messie-Roi, Sauveur et Seigneur… »

 

 
Notes :

* « Cantines scolaires et laïcité : Sarkozy tente un hold-up sur un non-sujet » de Lucie Delaporte, publié le 22/03/15 sur Médiapart. Article relayé ici : https://groupegaullistesceaux.wordpress.com/2015/03/22/cantines-scolaires-et-laicite-sarkozy-tente-un-hold-up-sur-un-non-sujet/

** Voir :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/24/sarkozy-irrite-des-elus-ump-sur-les-menus-de-substitution-a-l-ecole_4600378_823448.html

http://www.liberation.fr/politiques/2015/03/18/menace-par-le-fn-sarkozy-se-rallie-a-la-laicite-punitive_1222882

Le rapport de la députée Gilda Hobert(4 mars 2015), fait AU NOM DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES ET DE L’ÉDUCATION SUR LA PROPOSITION DE LOI visant à garantir le droit d’accès à la restauration scolaire (http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2616.asp ).

Il y est notamment rappelé :

1)que l’accès quotidien de tous les enfants à un repas complet, varié et équilibré, est une absolue nécessité pour la santé et l’aptitude à étudier des enfants les plus vulnérables.

2) que la restauration scolaire remplit très fréquemment une mission d’éducation nutritionnelle et concourt à ce titre à l’objectif de santé publique et aux ambitions de l’éducation.

3) que les cantines scolaires sont un lieu irremplaçable de socialisation et d’acquisition de règles de vie, d’hygiène et d’autonomie.

Le texte adopté le 12/03/15 : http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0483.asp
*** Nicolas SARKOZY, La République, les religions, l’espérance. Paris, Éditions du Cerf, coll. «Pocket», 2004, 209 p
Cf L’article de Véronique Altglas, « Nicolas SARKOZY, La République, les religions, l’espérance », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 148 | octobre-décembre 2009, document 148-120, mis en ligne le 31 décembre 2009, consulté le 29 mars 2015. URL : http://assr.revues.org/21671 http://assr.revues.org/21671
L’auteur s’intéresse notamment aux présupposés idéologiques qui accompagnent la notion de «laïcité positive» défendue par N.Sarkozy, dans le contexte d’une approche(déjà, à l’époque) de plus en plus politique et polémique de la dite laïcité.

Sur la position de NS sur la laïcité (une laïcité dite « positive ») cf en 2008 et 2012 les interventions du sociologue Jean Bauberot :
http://www.huffingtonpost.fr/jean-bauberot/sarkozy-laicite_b_1267613.html ; http://www.la-croix.com/Actualite/France/Nicolas-Sarkozy-de-la-laicite-positive-a-la-laicite-restrictive-_NG_-2012-02-15-768811 ; http://www.lemonde.fr/politique/chat/2008/01/21/laicite-sarkozy-remet-il-en-cause-la-loi-de-1905_1001604_823448.html

Et les billets(2007 et 2008) de Sébastien Fath à ce sujet :
http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2007/12/21/discours-de-latran-quand-nicolas-sarkozy-fait-un-pied-de-nez.html ; http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2008/02/26/nicolas-sarkozy-et-la-la%C3%AFcit%C3%A9-suite.html