Agressions de Cologne : D’un certain traitement médiatique qui s’appelle « bâtonnage »

Quel devrait être le rôle des médias ? « De rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.

Puisque l’on en parle, la façon dont les médias ont traité « les agressions de Cologne » est, à cet égard, édifiant. En gros, comme le résume assez bien Basta mag, « la police de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne », avait enregistré mardi 5 janvier 2016 « quatre-vingt dix plaintes pour des faits de vols et d’agressions sexuelles, dont une plainte pour viol, perpétrés la nuit de la Saint-Sylvestre. Tous se sont produits sur une place centrale de la ville, entre la cathédrale et la gare. Cette masse d’agressions scandalise l’Allemagne ».

Parmi d’autres médias, Paul Ohlott, le principal animateur et « rédacteur » d’un blogue d’ « Actus chrétiennes », pensait-t-il avoir trouvé un sujet « en béton », bien polémique, propre à provoquer « la baston » ? Le 8 janvier, il publie ce billet intitulé : « Un millier de réfugiés syriens, « tout juste arrivés en Allemagne », ont agressé sexuellement des femmes… ».

Ledit « billet » est en réalité un simple copier-coller d’un article publié sur 20 minutes, dont le titre originel est tout autre : « VIDEO. Agressions sexuelles à Cologne: Des policiers allemands mettent en cause des réfugiés syriens ». Remarquons cette pratique utilisée par Paul Ohlott et que l’on appelle, en jargon du métier, du « bâtonnage » de dépêches. Il s’agit de « l’une des tâches les plus ingrates d’un journaliste », explique Alice Antheaume sur son blog « WIP(« Work In Progress ») : soit de réécrire une dépêche fournie par une agence (type AFP ou Reuters) « en la remaniant à la marge » et, au besoin, en rhabillant les titres…. « Le bâtonnage serait le symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, et, de surcroît, le chemin de croix des «forçats de l’info», ces soi-disant OS de l’Internet qui travaillent sur des sites de presse, des pure-players, mais aussi sur des plates-formes de contenus, comme Orange, Yahoo!News ou Dailymotion, ou pour des agences. On dit «bâtonner de la dépêche» ou «bâtonner» tout court. ».

En gros, « l’info » sur le sujet « d’actu » du jour tombe et « il faut la traiter le plus vite possible ». C’est à dire : copier-coller la dépêche, la toiletter un peu en changeant le titre, et « publier », espérant provoquer le buzz et la polémique. Valeur ajoutée ? Nulle. Or, pour l’essentiel, le contenu quotidien proposé par « Actus chrétiennes » relève justement plus du « bâtonnage » ou du recyclage d’articles provenant d’autres sites(le ton polémique en plus), que d’un véritable travail d’écriture ou d’enquête de terrain.  Le reste étant constitué de billets d’humeur ou « coup de gueule »(qui ne coûtent pas cher) rédigés par Paul Ohlott lui-même.

Mais le plus grave est ailleurs, car en publiant trop vite des affirmations non vérifiées sur le nombre et l’origine des agresseurs, et qui se sont avérées fausses(1), à l’instar d’un grand nombre de médias « non chrétiens », notre « rédacteur » tend le bâton pour se faire battre.

Ainsi, au milieu de plus de 150 commentaires, dont la plupart se passeraient de commentaires, l’internaute Tania réagit (9 janvier 2016 • 19 h 06 min ) : « Bon..ok ..Relisez bien votre titre en gras pour l’article… Ensuite regardez comment votre nez est en train de pousser comme Pinochio….. Euh..sans blague …it’s sure ?:  » Un millier de réfugiés »? .. ont agressé sexuellement. Est-il besoin d’écrire un mensonge (au sujet du millier ayant sexuellement agressé..) pour alourdir une réalité criminelle déjà sordide ? Avez-vous un objectif opportuniste (malsain) derrière ce shmilblick?….Un peu d’objectivité vous redonnerait de votre étoffe de vrai journaliste, pour l’instant vous nagez dans le compromis douteux ».

Mais lui, Rédaction, « voulant se justifier », répond (10 janvier 2016 • 0 h 20 min ) : « Le titre est juste. Il y a eu plus de 300 plaintes en une nuit ».

Ce à quoi réplique Tania (10 janvier 2016 • 7 h 46 min ) : « Le titre est faux : seulement un pourcentage de ces trois cents agressions (très important, certes) concerne des agressions sexuelles. Par ailleurs les informations disent bien qu’il y a un très grand nombres des criminels qui ont été identifiés comme étant des réfugiés syriens mais elles ne disent pas qu’il s’agit d’ « un millier » de réfugiés qui ont commis des viols sexuels sur 300 civils. Vous vous enfoncez comme d’habitude dans votre entêtement ….alors que vous avez clairement tort… » 

Plus exactement, comme nous en informent notamment La Croix, ou encore Basta mag, « selon la police de Cologne, dès 21 h le soir du 31 décembre, plusieurs centaines de personnes, en majorité des hommes, se trouvaient sur cette place du centre de la ville. En partie ivres, ils lançaient pétards et feux d’artifices – qui sont en vente libre et autorisés en Allemagne pour la Saint-Sylvestre. À 23 h, la foule regroupe un millier de fêtards et de badauds. La police est présente sur les lieux. Elle intervient même pour faire évacuer une partie de la place. Mais ce n’est qu’après qu’elle se rend compte des agressions dont ont été victimes, en majorité, des femmes. Les plaintes de femmes agressées, souvent pour des vols de portefeuilles et de portables, commencent à affluer. Dans un communiqué, la police déclare que « les suspects tentaient, par les attouchements, de détourner l’attention des femmes à qui ils étaient en train de voler des objets de valeurs ». Elle fait aussi état de témoignages selon lesquels les agresseurs auraient été d’« apparence nord-africaine ». L’élément a ensuite été repris sans précaution par un grand nombre de médias. Pourtant, mis à part ces suppositions basées sur leur apparence, la police n’a fourni aucun élément officiel sur les agresseurs ». Le mercredi 6 janvier, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (État-région dans lequel se trouve Cologne) avait indiqué « que la police avait pour l’instant ciblé trois suspects. Aucun élément n’avait pour l’instant été fourni sur leur identité »(2). Mais, relève encore Basta, « depuis que la police a fait état de témoignages selon lesquels les auteurs seraient des hommes « d’apparence nord-africaine », c’est un flot de préjugés racistes qui a pris le relais de l’indignation sur le sort réservé aux femmes ce soir là à Cologne – et à leur quotidien dans l’espace public ».  »

Devant des élus locaux, le ministre de l’Intérieur régional a mis en garde contre une stigmatisation des étrangers : « Stigmatiser un groupe (de population) comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C’est ce que font les charognards de l’extrême droite, c’est leur seul argument ».

Prudence que n’a pas eu le « rédacteur » d’un blogue qui se fait pourtant fort d’offrir des « actus chrétiennes », comme le relève l’internaute Yves (10 janvier 2016 • 10 h 35 min ) : « 300 plaintes ne signifient pas un millier de coupables et un millier de coupables ne sont pas nécessairement un millier de « réfugiés syriens ». Vous aviez le choix d’un titre plus prudent et objectif, ne nous dites pas que ce n’est pas à dessein que vous avez choisi celui-là où je vois très bien votre intention dans la surenchère et l’incitation à la haine. C’est votre responsabilité entière d’en assumer maintenant les appels au pogroms contre les mosquées mais c’est aussi celle de vos lecteurs de vous dire le cas échéant leur dégoût pour un procédé journalistique indigne d’un chrétien et même d’un simple citoyen soucieux de vérité ». Et même d’aller voir ailleurs.

Effectivement. Comme dit l’adage journalistique, « informer, c’est choisir ». Et l’on choisit selon un but bien déterminé. Quel a été celui de « Rédaction » ? Chacun jugera, mais l’on serait en droit de se demander, à l’instar de Titi (8 janvier 2016 • 21 h 44 min ) « quel est le lien entre cet article et le christianisme ». Et de réclamer, si c’était possible : « svp que actu-chrétienne devienne actu-évangélique ». En clair : un site porteur de « bonnes nouvelles »(c’est le sens d’ « évangile ») ou de bonnes nouvelles édifiantes, plutôt que des unes à caractère raciste, racoleur et populiste « pour faire le buzz », ou des publi-reportages et autres divertissements people….(3)
Serait-ce « demain la veille » ? En attendant, en plus d’être bien peu fiable, Actu (vraiment ?) »chrétienne » paraît plutôt représentatif de ce que l’on peut appeler un site « involontairement pédagogique », vu que l’on peut y apprendre tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de déontologie de la presse. Il serait temps que les Evangéliques se montrent beaucoup plus exigeants en matière d’éthique et de déontologie de la presse, et décident de prendre à bras le corps cette problématique relative de ce que seraient des médias sérieux et indépendants, réhabilitant un véritable travail de journaliste. Lequel journaliste jouerait, non un rôle de simple « publiciste » ou d’un organe de presse qui dirait ce qu’il faut penser, mais un rôle de journaliste, soit d’information, d’explication et d’interrogation, à mille lieux d’analyses superficielles et catastrophistes, jouant sur le scandaleux et suscitant une indignation stérile.

 

Notes :

(1)Alors même que la police n’avait, au moment des faits, arrêté que trois suspects sur lesquels elle n’avait communiqué aucun élément officiel.

(2)  Selon La Croix, la presse locale à Cologne a parlé « d’une expédition menée par un groupe de gens cherchant à en découdre avec des étrangers à Cologne après les violences du Nouvel An. Le rapport du ministre est le premier du genre alors que la police locale de Cologne depuis une semaine s’est distinguée par une communication confuse et très parcimonieuse. De nombreuses zones d’ombre demeurent : comment les agressions ont-elles pu prendre une telle ampleur sans que la police n’intervienne alors qu’elle était à proximité ? Pourquoi a-t-elle attendu plusieurs jours avant d’en révéler l’ampleur ? Et les violences étaient-elles planifiées ? »

Voir aussi : http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/11/facebook-les-refugies-syriens-denoncent-les-agressions-cologne-262783

 (3) Si c’était encore « un accident » ! Mais à noter que le 7 décembre 2011, Actu « Chretienne » nous offrait de regarder « un reportage percutant réalisé par CBN News », affirmant qu’à Oslo « 100% des viols » auraient été « commis par des non-norvégiens »(soit « des immigrés » en Norvège). Une « info » à 100 % bidon, par ailleurs abondamment relayée par la plupart des sites d’extrême-droite. A l’époque, il était aussi question de tenter d’expliquer les causes d’une agression (ici l’attentat d’Oslo) par le biais de l’immigration. Une triste impression de déjà vu, à comparer avec http://www.lexpress.fr/actualite/politique/oslo-un-proche-de-le-pen-berne-par-une-fausse-info_1018082.html

 

 

 

 

 

« Eprouver ce qui est bon » : c’est aussi (surtout !) sur internet…

L’Internet tel qu’il est aujourd’hui, ainsi que la masse informationnelle (d’aucun parleront de « déluge ») qui résulte de son essor, nous placent face à un véritable défi, doué d’un enjeu. En effet, nous ne pouvons esquiver l’inévitable question de la fiabilité de l’information disponible sur internet :

Aider par Kosta Kostov

Aider par Kosta Kostov

D’où vient-elle ? Et, surtout, peut-on la croire ?

Chacun connaît le constat classique, que l’on nous présente comme une évidence, à savoir que  « Les jeunes savent mieux que les adultes se servir d’internet ». Ladite évidence se vérifiera sans doute concernant l’utilisation d’un ordinateur, d’un portable ou de tablettes permettant entre autre de jouer à des jeux de voiture….Mais ladite évidence le sera peut-être moins (évidente) concernant une navigation pertinente ou vigilante d’internet.

Dans ce contexte, il est essentiel,

autant pour les jeunes que pour les moins jeunes, d’acquérir « une culture de l’information », pour une recherche « éveillée ».

Qu’est-ce que la culture de l’information ?

Il s’agit d’une culture qui comprend les savoirs suivants :

« Lire » : décoder et comprendre
« Ecrire » : créer et diffuser ses propres productions
« Evaluer » : évaluer la qualité et la pertinence de l’information

C’est ce dernier volet-l’évaluation de l’information sur internet-qui nous occupera maintenant, le temps du présent billet.  En guise de précision, j’ajouterai que, dans le cadre professionnel, je travaille régulièrement avec mes élèves de collège-notamment de troisièmes-sur ces questions de l’origine de l’information, notamment de ce qui a motivé sa publication et sa diffusion.

Concernant l’évaluation de l’évolution sur internet, il est peut-être utile de rappeler, à l’instar des enseignants responsables de « La Commission Français et Informatique » (http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/validite/evaluer.html ; http://fr.sarto.free.fr/b2i/exemples_lycee/questionnement.pdf ), « qu’un document Internet reste un document, même si son support est particulier », et qu’ « à ce titre, il (convient) de lui appliquer les règles normales de la critique externe du document, qui s’appliquent d’abord (…) au site qui présente les informations ».

Ces règles reposent sur un questionnement, qui s’avère être le même que celui du journaliste :

Qui ? Quel est «l’hôte» de la page ? Qui héberge le site ? Un site éducatif,  commercial, gouvernemental, politique, religieux…. ?  La page d’accueil est-elle bien indiquée ?

L’auteur est-il clairement indiqué ? Que sait-on de son parcours, sa formation, sa réputation, son domaine et son expérience d’expertise ?
Au nom de qui, de quelle idéologie, s’exprime-t-il ? S’agit-il d’un auteur recommandé, recommandable ?

 Quoi ? (Quelles informations ?) S’agit-il d’une source primaire (des données d’enquête) ? D’une source secondaire (Document qui fait état d’un rapport d’enquête déjà réalisé) ? Les données sont-elles vérifiables ? L’auteur me permet-il de recouper l’information donnée ? L’information communiquée est-elle contradictoire avec d’autres sources déjà consultées ?

L’auteur présente-t-il différents points de vue, notamment lorsqu’il s’agit d’une question polémique ou controversée ?
Son article est-il documenté, argumenté ?
Son langage est-il nuancé ? Très catégorique ? Partisan ?
Est-on en mesure de faire la différence entre ce qui relève de l’information et de la promotion, de la publicité ?
Y-a-t-il des indices qui permettent de douter de la qualité du document ?(fautes d’orthographe, de syntaxe…Références inexactes ? Ou incomplètes ?…)

Suis-je en mesure de comprendre l’information contenue dans l’article ?
L’article est-il en rapport avec le sujet ou hors-sujet ?
Est-ce que je me sens à l’aise avec les conclusions de l’article ?

 Comment ? (comment se présente et est organisée l’information),
Quand ? (L’information est-elle régulièrement mise à jour ? La date de création est-elle indiquée ? Y a t il plusieurs liens inactifs-ce qui indique que les mises à jour ne sont pas faites régulièrement ?…)
Où ? (Quelle partie du site contient l’information ?)
Pourquoi ? (Question liée à l’objectivité de l’information)

Quel semble être le but premier de l’auteur ? Est-il évident, clair ? Pourquoi l’auteur me communique-t-il cette information ?

A-t-il pour but d’informer, d’aider, d’éduquer, d’expliquer ? De donner son opinion personnelle ? De vendre ? Défendre ou servir une cause ? A-t-il des visées publicistes, propagandistes, lobbyistes ?

(http://www.bibliotheques.uqam.ca/InfoSphere/fichiers_communs/feuilles_travail/feuille5.pdf )

Les enseignants responsables de « La Commission Français et Informatique » parlent, quant à eux, « d’altruisme »(« aider son prochain en diffusant la connaissance »), d’ « égoïsme »(« Regardez comme je suis intéressant; ma page personnelle n’est-elle pas admirable ? »), de « capitalisme »(« Achetez mon produit ! ») et « prosélytisme »(« adhérez à mes idées ! »)
(http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/validite/evaluer.html ; http://fr.sarto.free.fr/b2i/exemples_lycee/questionnement.pdf )

Toutes ces questions doivent être, bien entendu, prises ensemble : déterminer la fiabilité ou non d’une information dépend de la convergence des réponses obtenues.

En guise d’application de ce qui précède, nous suggérons l’analyse de « Novopress », qui se présente comme une « agence de presse indépendante ».

A ce sujet, Ludovic Finez, dans un article initialement paru sur le site du Club de la Presse Nord-Pas-de-Calais le 22 juillet 2005 (et publié sur le site Acrimed le 27 juillet 2005 ), ainsi que Loïc Blache, dans un article plus récent publié le 14 mars 2013, ont su formuler le questionnement présenté ci-dessus :

Au début, on pouvait croire « à une nouvelle agence de presse qui donne des infos sur la région », commente Ludovic Finez. « Sur sa page d’accueil, le site Novopress se présente comme une agence de presse internationale, iconoclaste et réactive. (…)  Novopress affirme défendre une information alternative et sans tabous pour lutter contre le monde de la pensée et de l’information unique, un monde où Big Brother voit, entend, lit et dirige tout. Ce n’est qu’en lisant plus attentivement certains textes mis en ligne que l’on comprend mieux ce que Novopress appelle une information alternative et sans tabous.

Question contenu, l’agence de presse ne fait pas preuve d’une « grande originalité par rapport aux commentaires faits par la presse régionale. Et pour cause… puisque nombre d’entre eux, vérification à l’appui, sont des articles intégralement pompés dans les éditions de La Voix du Nord. Évidemment, une telle pratique est déjà en soi répréhensible mais ce n’est pas le plus grave. Loin de là. Le plus grave, c’est le ton d’autres « articles », qui dégagent une nauséabonde odeur de xénophobie et d’incitation à la haine raciale (…)

A ce stade de la lecture, l’envie démange d’en savoir un peu plus sur les responsables de ce site ». (…)Pour savoir qui se trouve derrière le nom de domaine Novopress, il est « inutile de chercher sur le site des coordonnées, à part des adresses e-mail impersonnelles. En revanche, une simple requête sur le site Gandi.net nous en apprend beaucoup plus. Le nom de domaine Novopress (…) a été déposé par un certain Fabrice Robert. Un inconnu ? Pas vraiment…

(…)Ex-conseiller municipal FN à La Courneuve, ex-membre du Conseil national du MNR (de Bruno Mégret), c’est aussi l’ancien porte-parole d’Unité radicale. C’est à cette organisation, interdite depuis, qu’appartenait Maxime Brunerie, qui avait tenté de tirer sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Parmi d’autres « exploits », Fabrice Robert est aussi le fondateur du groupe de rock radical Fraction Hexagone, qui promet « une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme, et une balle pour la police » ou rend hommage à la croix celtique, symbole depuis longtemps récupéré par les groupuscules fascistes.
Aujourd’hui, Fabrice Robert est président du Bloc identitaire* (qui, entre autres, dit « son opposition totale au dogme du métissage ethnique »), créé en 2003, après la dissolution d’Unité Radicale. Tout soupçon d’homonymie est à écarter : l’adresse postale (à Nice) du Bloc identitaire (précisée sur son site) et celle du dépositaire de Novopress sont les mêmes. La filiation entre les deux structures est de toute façon évidente. Un lien sur le site de Novopress renvoie vers ID Magazine (domicilié à Nivelles, en Belgique), publication commune au Bloc Identitaire et aux Jeunesses Identitaires, présidées par un comparse de Fabrice Robert. Par ailleurs, Novopress a relayé la campagne, pour une élection partielle à Nice, d’un « candidat identitaire », « soutenu par Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire ».

Et voilà comment, pensant trouver le site d’une nouvelle agence de presse, on tombe en fait sur une émanation d’un groupuscule de l’extrême droite la plus radicale»

[*qui se classe à l’extrême-droite de l’échiquier politique français.]

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

En règle générale, nombre d’informations(ou présentées comme telles-surtout celles à tendance polémique), « piquées » ici ou là, sont souvent relayées en boucle d’un site à l’autre ou d’un forum à l’autre. Et ce, sans vérification, semble-t-il, autant de la validité de ladite information, que de la source. Dans le cas de Novopress, il est tout à fait possible de savoir quel site l’utilise fréquemment(en connaissance de cause ou non-c’est une autre histoire), en rédigeant une équation de recherche sur votre moteur de recherche favori : nom du site + Novopress ;  Novopress + sujet (Ex : Bible King James ou redoute + propagande…)

Éprouvez toutes choses; retenez ce qui est bon. 22 Abstenez-vous de toute apparence de mal.(1 Thes.5v21-22)

A lire :

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20120921.OBS3171/reacosphere-le-cas-novopress.html

http://owni.fr/2011/05/16/les-familles-dextreme-droite-sur-internet/