A l’école de Jésus pour le service : Jean 13v1-17

« Beaucoup veulent être « leaders », mais combien veulent être « serviteurs », à la suite de Jésus-Christ ? » (Source : convergence bolcho-catholiques)

« S’équiper pour servir », telle est le thème de la Semaine Universelle de Prière 2020. Tout un programme ! La formation dure toute la vie. Notre diplôme ? Entendre cette approbation : « c’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ».

Les meilleurs « lieux de formation » restent : « à la suite de Jésus », « venir à Jésus » et « demeurer en Lui », car il n’y a pas de meilleure école que celle de Jésus pour s’équiper pour le service.

Lecture : Jean 13v1-17

1Avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde au Père, lui, qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’à l’extrême.

2Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait jeté au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, la pensée de le livrer,

3sachant que le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il va vers Dieu,

4Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint.

5Il verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.

6Il arrive ainsi à Simon-Pierre qui lui dit : « Toi, Seigneur, me laver les pieds ! »

7Jésus lui répond : « Ce que je fais, tu ne peux le savoir à présent, mais par la suite tu comprendras. »

8Pierre lui dit : « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu ne peux pas avoir part avec moi. »

9Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, non pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »

10Jésus lui dit : « Celui qui s’est baigné n’a nul besoin d’être lavé, car il est entièrement pur : et vous, vous êtes purs, mais non pas tous. »

11Il savait en effet qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. »

12Lorsqu’il eut achevé de leur laver les pieds, Jésus prit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ?

13Vous m’appelez “le Maître et le Seigneur” et vous dites bien, car je le suis.

14Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ;

15car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi.

16En vérité, en vérité, je vous le dis, un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.

17Sachant cela, vous serez heureux si du moins vous le mettez en pratique.

 

Une scène particulièrement touchante, forte en émotions, d’une grande portée spirituelle, et particulièrement interpellante. Une certaine actualité pour nous, qui entendons à nouveau ce récit. Soyons conscients que Jésus est bien présent et qu’il nous enseigne ce soir, nous ses disciples, nous les siens, comme il a enseigné ses premiers disciples, il y a 2000 ans. Par la foi, nous ne lisons/n’écoutons pas ce récit comme une simple « histoire », mais nous devenons « contemporains du Christ ».

C’est pourquoi nous pouvons faire nôtre cette prière : « parle Seigneur, tes serviteurs/servantes t’écoutent » (cf 1 Sam.3v10).

Nous voyons ici, d’une manière spéciale et touchante, à quel point Jésus « aima les siens jusqu’à l’extrême » (a mis « le comble de son amour pour eux ») et à quel point Jésus est soucieux de prendre soin de ceux qui lui ont été confiés. Il avait une véritable pédagogie de la foi et nous a laissé des consignes explicites quant à la manière de « rendre visible (tangible) la grâce invisible », « la grâce multicolore » de Dieu (1 Pie.4v10).

Il nous ordonne certaines pratiques : « faites ceci » (en mon nom, en mémoire de moi) pour le baptême et la Cène ; et ici, pour le lavement des pieds, « ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi », « vous serez heureux si vous le mettez en pratique ».

Jésus lave les pieds de ses disciples. Ces derniers ne l’ont pas fait. Il s’agit là d’une tâche habituellement effectuée par l’esclave de la maison. Même les rabbins ne permettaient pas cela de la part de leurs disciples. Mais Jésus lava volontairement les pieds de ses disciples, y compris Judas. Juste avant le repas, ils s’étaient disputés pour savoir « qui serait le plus grand » (Luc 22v24-30)
Pourtant Il nous demande de faire comme lui. « Vous serez heureux si vous le mettez en pratique » : il y a là une promesse certaine liée à la pratique, non seulement de ce geste mais aussi de tout l’enseignement qui y est associé.

A ce sujet, il est toujours frappant et interpellant de constater que, de ces trois commandements du Seigneur (Baptême, Cène et lavement des pieds), c’est le lavement des pieds qui est le moins pratiqué, quand il n’est pas pratiqué du tout. Alors qu’il est tout aussi biblique que les deux autres et alors qu’une promesse certaine est liée à la pratique de ce commandement.

Comment expliquer que nous soyons à ce point en décalage avec ce commandement explicite du Seigneur ?

Peut-être parce que, des trois, il est le plus impliquant sur les plans émotionnel et physique ?

Combien d’entre nous, nous identifions-nous à Pierre, dans cette scène ?

Pourtant, ce commandement du lavement des pieds, en plus d’être porteur d’une promesse, nous transmet un enseignement de Jésus sur le ministère, c’est à dire le service, la thématique qui nous occupe en cette semaine universelle de prière.

Le ministère n’est pas un honneur ou une responsabilité. Sinon, on l’appellerait « magi-stère ». C’est une position, de service : ni en haut ou devant, ou derrière, mais en dessous, au niveau des pieds de ceux que nous servons. Les pieds des personnes supposées être en dessous de nous. C’est un « mini-stère ».

Dans sa pédagogie de la foi, Jésus nous enseigne lui-même cette posture et cet esprit du service.

Ailleurs, il est assis au centre comme LE Maître – et non pas comme un maître – qui enseigne. Qu’il soit assis ou abaissé, il nous enseigne, en nous regardant par en-dessous, d’en bas, pas de haut. Cette position nous enseigne sur l’autorité en Jésus-Christ, « le Roi-serviteur ». Beaucoup veulent être « leaders », mais combien veulent être « serviteurs », à la suite de Jésus-Christ ?
Il nous encourage à le suivre : « Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ? Vous m’appelez “le Maître et le Seigneur” et vous dites bien, car je le suis. Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi. En vérité, en vérité, je vous le dis, un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, vous serez heureux si du moins vous le mettez en pratique »(Jean 13v12-17).
Le Seigneur nous enseigne ainsi : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13v34-35) ; « Par amour, soyez serviteurs les uns des autres » (Gal.5v13). Car, quand même bien je donnerai ma vie pour mes frères, « si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien » (1 Cor.13v3). Mais aussi : « pardonnez-vous réciproquement, comme Dieu vous a pardonnés en Christ » (Eph.4v32), et « accueillez-vous les uns les autres comme Christ vous a accueillis » (Rom.15v7). En effet, le lavement des pieds est lié à l’hospitalité – « l’amour de l’étranger ».

L’esprit d’un tel service contribue à la réconciliation et donc à l’unité et à l’édification des croyants.

Le lavement des pieds est source de guérison, car il brise notre orgueil, notre tendance à chercher à savoir « qui sera le plus grand ? ». Prendre cette posture d’humilité nous ouvre un espace pour vivre le pardon. Sans cela, je ne peux, ni laver les pieds, ni me laisser laver les pieds par celui ou celle avec qui je ne me suis pas réconcilié (même chose pour l’adoration cf Matt.5v23-24) ou à qui je n’ai pas demandé pardon.

C’est ainsi que la réconciliation contribue à l’unité du corps de Christ, lequel ne saurait être divisé, car ce serait diviser Christ. « Christ est-il divisé ? » (cf 1 Cor.1v13). « Pas un de ses os ne sera cassé ». Il n’y a pas « l’église de Pierre », « l’église de Jacques », « l’église de Jean » ou « l’église d’André », mais l’église de Jésus-Christ.

Jésus nous enseigne (et nous commande) de l’imiter, mais aussi de vivre la réciprocité : un jour, je serai celui qui lave et un autre jour, je serai celui qui a besoin qu’on lui lave les pieds. Cette réciprocité permet la purification et la restauration, lorsque nous chutons/nous nous salissons dans notre marche : cette restauration/purification n’est pas seulement pour moi ou mon frère, mais au bénéfice de l’Eglise entière.

C’est ainsi que notre service contribuera à l’unité et à l’édification du corps de Christ en entier.

 

(Message donné à l’occasion de la Semaine Universelle de Prière, le 14/01/20 à Livry Gargan. La Semaine Universelle de Prière est une dynamique proposée par l’Alliance Evangélique Européenne, mise en place en France par le CNEF)

« Ils ont aimé leur prochain » de Nicolas Fouquet : ou comment 31 chrétiens nous montrent la voie de la solidarité

« Ils ont aimé leur prochain » : 31 témoignages inspirants d’actions solidaires et autant de reflets de « la grâce multicolore de Dieu »

« A quoi ressemble l’amour ? » aurait-t-on demandé un jour à Saint-Augustin. Celui-ci aurait alors répondu :
Il a des mains pour aider les autres.
Il a des pieds pour se hâter vers les pauvres et les nécessiteux.
Il a des yeux pour voir la misère et le besoin.
Il a des oreilles pour entendre les soupirs et le chagrin des hommes(1).

Mais aussi, dirai-je encore, « des oreilles pour entendre le cri de ceux qui ploient sous le joug », cf Exode 2v23-25, et une bouche, pour l’ouvrir « pour les muets et prendre la cause de tous les délaissés » cf Prov.31v8-9]
Voilà ce à quoi ressemble l’amour.

Les 30 portraits – hommes et femmes – esquissés dans le livre de Nicolas Fouquet(2), en charge de l’éducation au développement pour le SEL(3), sont justement de ceux qui, du IVe siècle ap JC à nos jours, « ont aimé leur prochain » en actions et en vérité (cf 1 Jean 3v18). Certaines de ces figures et leurs œuvres inspirées et inspirantes nous sont peut-être plus connues (Martin de Tours et son manteau, Pierre Valdo et « les pauvres de Lyon », William Booth et l’Armée du Salut, Georges Müller et ses orphelinats, Henry Dunant et la Croix Rouge, Martin Luther King et sa lutte pour les droits civiques….) quand d’autres ont été oubliées (tels Caroline de Malvesin, la co-fondatrice des Diaconesses de Reuilly ; Pandita Ramabai, engagée en faveur des veuves et des orphelins et pour l’éducation des femmes en Inde ; ou encore Alexandre Lombard et son original combat – mais toujours actuel – pour « la sanctification du dimanche », pour des raisons « religieuses » mais aussi sociales).  Mais le point commun de toutes ces figures est qu’elles constituent autant de témoignages de vies qui ont trouvé du sens.

Une vie qui a du SENS est une vie UTILE, au service des autres. C’est la raison d’être d’un USTENSILE.

« Ustensiles » dans les mains de Dieu, en qui ils ont mis leur confiance, ces 30 sont aussi des témoignages d’une vie JUSTE. Mais aussi de foi, de fidélité, et d’humilité, soucieux, à l’instar de Caroline Malvesin, de travailler à la seule « gloire de Dieu et non pour la gloire qui vient des hommes », comme de rester d’ « humbles moyens choisis par sa grâce», de sorte que « l’instrument ne se substitue pas à la main qui le dirige »(4).

Aujourd’hui encore, à l’heure du vedettariat et de la recherche d’hommes ou de femmes « providentiel(e)s », notre époque a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes « ordinaires », comme ces chrétiens d’hier et d’aujourd’hui – qui acceptent de répondre à l’appel et aux projets de Dieu, pour accomplir avec « la force qu’Il donne » (1 Pie.4v11) des choses extraordinaires, qu’ils sont incapables de faire et ne sauraient faire autrement, dans le but de rendre visible le Dieu véritable et sauveur.

Les courts chapitres qui composent ce livre ne sauraient être lus de manière isolée et indépendante, mais plutôt de manière globale, comme autant de reflets de « la grâce multicolore de Dieu » (1 Pie.4v10). Il est tout à fait recommandable pour être mis dans toutes les mains. Ne manquons donc pas de découvrir ou redécouvrir ces 30 portraits, chacun étant suivi d’une pertinente réflexion ouverte, basée sur un passage biblique, sur ce que nous pourrions retenir de chaque exemple pour nos propres engagements.

Un élément original du livre à souligner : un dernier chapitre laissé « en blanc » reste encore à écrire. A la suite de ces 30, serais-je, moi lecteur, le 31ème ? Et d’ailleurs, ce 31ème portrait « laissé en blanc », doit-il être nécessairement un individu [vous, moi ?] ou une communauté, l’Église ? Chacune et chacun pouvant ainsi agir de manière complémentaire et interdépendante, « holistique », à la fois de manière « locale et globale ». Le débat reste ouvert !

Pour finir, vous vous êtes certainement demandé, comme moi, comment et pourquoi l’auteur a-t-il choisi les 30 portraits de son livre ? Et pourquoi 30 et pas 50 ? Questionné à ce sujet par mes soins, Nicolas Fouquet a bien voulu me répondre :

« Dans toute liste, il y a une part de subjectivité. Mais j’ai essayé (avec l’aide de collègues du SEL et de spécialistes du sujet) d’être assez objectif dans mes choix. Certaines personnes se sont imposées à moi car incontournables (William Wilberforce, William Booth, Henry Dunant…). D’autres aussi moins connues semblaient inévitables à partir du moment où l’on creusait un peu le sujet (Joséphine Butler, Anthony Ashley Cooper, Louis-Lucien Rochat…). Ensuite, la présence de quelques-uns pourrait peut-être être débattue mais s’ils sont dans le livre c’est que nous trouvions intéressant de présenter leur parcours.

A l’origine, il s’agissait de chroniques radios. Nous n’avions pas de nombre prédéfini de portraits que nous souhaitions réaliser. Un chiffre de 25 nous semblait cohérent au vu des noms que l’on avait recensé dans notre liste et du fait que ça correspondait à une demi-année de chroniques hebdomadaires (janvier-juin).

En discutant avec Ruben de BLF, nous avons trouvé intéressant d’ajouter aussi des figures vivantes dans le livre (Denis Mukwege, Marthe Girard, Jackie Pullinger…) pour montrer que l’engagement solidaire continue encore aujourd’hui. Nous pouvions alors aller un peu au-delà de 25 portraits. 31 était pertinent mais aussi amusant car ça correspondait au nombre de jours dans un mois : « 1 portrait par jour pendant 1 mois ! ». Voilà l’explication ! »

Merci, Nicolas Fouquet !

 

 

 

Notes :

(1) Citation tirée de Exley, Richard. « Le Christianisme en bleu de travail ». Edition Vida, 1994, p15.

(2) Fouquet, Nicolas. Ils ont aimé leur prochain : 31 chrétiens nous montrent la voie de la solidarité. BLF/SEL, 2017 (Préface de Denis Mukwege, Prix Sakharov, « L’homme qui répare les femmes »). Plus d’informations sur le livre sur ce site dédié et le site de l’éditeur. Retrouvez ces portraits sur le blogue du SEL.

(3) Association protestante de solidarité internationale.

(4) Malvesin, Caroline/ Vermeil, Antoine. Correspondance 1841 – La fondation de la Communauté des Diaconesses de Reuilly. Editions Olivétan, 2007, p41

Six jours avant la Pâque, à Béthanie….

Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie où était Lazare, le mort, que Jésus avait ressuscité d’entre les morts. On lui fit donc là un souper; et Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Marie donc,

ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum. (Jean 12v1-3. Version Darby)

Un repas est préparé pour Jésus, à Béthanie. Matthieu (26v6-13) et Marc (14v3-9) nous apprennent que cela se passe dans la maison de Simon le lépreux (ou l’ancien lépreux). Il est important de s’attarder sur les principaux « personnages » présents dans ce récit : Jésus est l’hôte d’honneur, au centre de la scène. Des amis intimes sont présents : il s’agit d’une famille composé du frère (Lazare) et de ses deux sœurs (Marthe et Marie). Lazare est à table avec lui, Marthe sert et Marie décide d’honorer Jésus d’une manière particulière. Cette scène nous parle à la fois de trois façons d’adorer le Seigneur Jésus, de trois degrés d’adoration progressive, ainsi que de trois préfigurations du Seigneur Jésus.

 

Les trois (Lazare, Marthe et Marie) paraissent comme « en retrait », à leur manière, pour rendre hommage à Jésus. L’important, et l’essentiel, étant le résultat de leur adoration. De plus, chacun des trois semble avoir appris à discerner la volonté de Dieu à ce sujet, exprimant respectivement ce qui est bon (pour Lazare), agréable (Marthe) et parfait (pour Marie), selon Rom.12v2.

Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

Lazare : on nous précise qu’il s’agit du mort, que Jésus avait ressuscité. Ce rappel est important, car la nouvelle naissance est le point de départ de toute relation avec Jésus. Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Il est assis et ne semble pas très actif mais il a su trouver sa place auprès de Jésus. C’est la bonne et la meilleure place. Le passage ne nous dit pas de quoi Lazare s’entretient avec Jésus, mais il nous est permis de penser qu’il lui rend hommage, en rappelant ce que Jésus a fait pour lui. De même, nous pouvons aisément nous imaginer le contenu de cet entretien, tout simplement parce que nous avons « beaucoup de choses à dire » à Jésus (pour le louer et lui rendre gloire…), depuis que nous le connaissons comme sauveur et seigneur. Lazare est à table avec Jésus et bénéficie donc d’une certaine intimité avec lui, étant honoré avec Lui (il est servi avec et comme lui).

Marthe : le passage nous dit qu’elle servait. Elle est debout et en mouvement. Ce n’est plus ici la Marthe décrite en Luc 10v40-41 : la Marthe « agitée » et « stressée ». Au contraire, son service semble plus apaisé, serein, agréable et humble. Le service rendu par amour paraît efficace et intelligent, raisonnable, spirituel, à l’image du culte auquel nous sommes appelés à rendre, en Rom.12v1, et en Jean 4v 23-24 (une adoration « en esprit et en vérité »)

Marie : nous apprenons qu’ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, elle oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Elle offre ce qu’elle a de meilleur, de plus précieux et de plus coûteux pour Jésus (le prix du parfum représente une année de travail). Elle adore et « déverse » ce qu’elle a reçu, manifestant l’expression de son amour pour Jésus : un amour dont elle a été elle-même remplie au préalable. Le résultat en est une bénédiction pour l’ensemble des personnes présentes : la maison fut remplie de l’odeur du parfum (v3).

 

Ces trois formes d’adoration peuvent être également perçues comme trois degrés d’adoration progressive :

Nous sommes invités, chacun, à nous approcher de Jésus, en expérimentant ces trois étapes. Lazare et Marthe illustrent les deux premières : On goûte ce qui est bon (Lazare), c’est-à-dire, la présence de Jésus, et le service qui suit est rendu agréable pour soi et les autres (Marthe). Mais le point culminant correspond à l’adoration de Marie, qui entre dans une intimité plus grande : elle est très proche de Jésus, en contact direct avec Lui, lui oignant et lui essuyant les pieds avec ses cheveux. Son exemple nous montre ce à quoi nous sommes appelés et exhortés : à offrir (nos) corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu (Rom.12v1). Son sacrifice peut également être considéré comme parfait, parce qu’il est total, effectué dans l’amour.

Enfin, nous pouvons voir dans les actes de Lazare, Marthe et Marie, trois préfigurations du Seigneur Jésus :

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

Lazare, par anticipation, s’identifie au Seigneur, dans sa mort et sa résurrection ; Marthe illustre le serviteur parfait, humble et qui s’efface ; et Marie nous révèle, quant à elle, Jésus, le sacrifice parfait brisé pour nous (Es.53v5) et dont le nom est comme un parfum répandu (Cant.1v3) :

Christ (…) nous a aimés, et (…) s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur (Eph.5v2)