Le Livre nécessaire

Le Livre nécessaire, ni plus, ni moins….

Au hasard d’une de ses déambulations, un personnage d’écrivain du roman « le scorpion ou la confession imaginaire » d’Albert Memmi tombe sur « un livre relié en cuir doré, 1708, et par privilège du Roy », dont le titre lui donne un « coup au coeur : le livre nécessaire, ni plus ni moins ». Sans discuter, il paye « le prix demandé par le brocanteur, beaucoup trop élevé, sûrement un prix de marchandage, et (l’emporte) comme un voleur ». Et, raconte-t-il, « j’étais si troublé que je me refusai à l’ouvrir, pendant tout le trajet du retour, avant de me trouver entre les quatre murs de ma chambre : mon dépit fut à la hauteur de mon émotion :

C’était un livre de comptes ! Livre nécessaire pour les comptables, notaires, procureurs, négociants, trésoriers ou caissiers, et généralement à toute sorte de conditions, parce qu’en toute sorte de conditions, on est sujet à emprunter ou à prêter de l’argent à intérêt….. Il ne contenait rien d’autre que des colonnes de chiffres, tout le long de toute ses pages, que je vérifiai l’une après l’autre, jusqu’à ce que ma déception me l’eût fait rageusement jeter sur ma table.

Mais il y est encore, comme un rappel. Après tout, l’auteur n’avait pas tort : c’est peut-être le seul genre de livre indiscutablement nécessaire (…)

C’est vrai que j’avais cru découvrir ma solution dans la littérature, et c’est vrai que j’avais ainsi esquivé les questions les plus terrifiantes. Pourquoi suis-je ce que je suis ? Pourquoi ce monde ? Pourquoi vivre ?…C’était cela que vivait le jeune homme devant moi. C’étaient des réponses qu’il était venu chercher, malgré tout, dans une dernière tentative, parce que j’avais été son maître, et parce que je l’avais aidé (!) à formuler ces questions. Que lui répondre (…) ? Il aurait fallu que je réussisse mon LIVRE NECESSAIRE. »

 

(Le Scorpion ou la confession imaginaire, d’Albert Memmi. Gallimard, 1986. Folio, pp 237-238)

« Ils avaient oublié le but » : construire la tour

« La grande Tour de Babel » de Brueghel l’Ancien (1563)

« Au début, quand on commença à bâtir la Tour de Babel, tout se passa assez bien. Il y avait même trop d’ordre : on parlait trop poteaux indicateurs, interprètes, logements ouvriers et voies de communication. Il semblait qu’on eût des siècles devant soi pour travailler à son idée. Bien mieux, l’opinion générale était qu’on ne saurait jamais être assez lent. Il eût fallu la pousser bien peu pour avoir peur de creuser les fondations.

Voici comment on raisonnait : l’essentiel de l’entreprise est de bâtir une tour qui touche aux cieux. Tout le reste, auprès, est secondaire. Une fois saisie dans sa grandeur, l’idée ne peut plus disparaître : tant qu’il y aura des hommes, il y aura le désir, le désir ardent, d’achever la construction de la tour. Or, à cet égard, l’avenir ne doit préoccuper personne. Bien au contraire, la science humaine s’accroît, l’architecture a fait et fera des progrès, un travail qui demande un an à notre époque pourra peut-être, dans un siècle, être exécuté en six mois, et mieux, et plus durablement. Pourquoi donc donner aujourd’hui jusqu’à la limite de ses forces? Cela n’aurait de sens que si l’on pouvait espérer bâtir la tour dans le temps d’une génération.

Il ne fallait pas compter là-dessus. Il était beaucoup plus logique d’imaginer, tout au contraire, que la génération suivante, en possession d’un savoir plus complet, jugerait mal le travail fait, abattrait l’ouvrage des devanciers et recommencerait sur de nouveaux frais.

De telles idées paralysaient les forces et, plus que la tour, on s’inquiétait de bâtir la cité ouvrière. Chaque nation voulait le plus beau quartier, il en naissait des querelles qui finissaient dans le sang.

Ces combats ne cessaient plus. Ils fournirent au chef un nouvel argument pour prouver que, faute d’union, la tour ne pouvait être bâtie que très lentement et même, de préférence, une fois la paix conclue. Mais on n’employait pas tout le temps à se battre. Entre deux guerres, on travaillait à l’embellissement de la cité, ce qui provoquait d’ailleurs de nouvelles jalousies d’où sortaient de nouveaux combats. Ce fut ainsi que passa l’époque de la première génération, et nulle, depuis, ne différa. Seul le savoir-faire augmentait, et avec lui l’envie de se battre. Ajoutez-y qu’à la deuxième ou troisième génération on reconnut l’inanité de bâtir une tour qui touchât le ciel, mais trop de liens s’étaient créés à ce moment pour qu’on abandonnât la ville.

Tout ce qu’il y est né de chants et de légendes est plein de la nostalgie d’un jour prophétisé où elle sera pulvérisée par les cinq coups d’un gigantesque poing. Cinq coups qui se suivront de près. Et c’est pourquoi la ville a un poing dans ses armes ».

Kafka. Les Armes de la ville IN La muraille de Chine. Gallimard, 1989 (Folio), pp 120-121

 

Dans « Comment définir l’évangile : une étude du texte de 1 Corinthiens 15v1-19″(pp 21-29), paru dans le numéro(186) de « Promesses »(Revue de réflexion biblique) d’octobre-décembre 2013 et consacré à « l’évangélisation personnelle », Don Carson nous prévient que « Si nous acceptons l’Evangile sans conviction, alors que des sujets périphériques enflamment notre passion, nous formerons une génération qui minimisera l’Evangile et manifestera du zèle pour ce qui est périphérique(…)Si on réfléchit sérieusement à l’Evangile et si celui-ci reste au centre de notre préoccupation et de notre vie, nous constatons qu’il aborde aussi de façon pertinente toutes les autres questions. »(op. cit. p22)

Dans le même esprit, le dramaturge franco-roumain Eugène Ionesco (1909-1994) estime, lors d’un entretien rapporté dans ses « Notes et contre-notes » lues cet été, que « tout théâtre qui s’attache à des problèmes secondaires (sociaux, histoires des autres, adultères) est un théâtre de diversion »(1). En guise d’illustration, il fait référence à ce récit de Kafka intitulé « Les Armes de la ville », dans lequel l’auteur se réapproprie, « de façon aussi brève que pénétrante »(2), le sens de l’épisode biblique de la tour de Babel, « en faisant du mythe de l’échec d’une fondation le récit d’une fondation déficiente »(3). En effet, analyse Ionesco, « (ceux) qui voulaient édifier la Tour de Babel se sont arrêtés au deuxième étage parce que la solution des problèmes liés à l’édification de la Tour [des préoccupations d’embellissements de la ville et du confort, sources de conflits] était devenu l’objectif principal. Ils avaient oublié qu’ils devaient construire la Tour. Ils avaient oublié le but (4) », le But principal, masqué par des buts secondaires. Or, « sans but et sans fil conducteur, l’humanité s’embourbe et s’égare dans un labyrinthe ».

En réalité, souligne Ionesco, « si l’homme n’a pas de fil conducteur, c’est que lui-même ne veut plus en avoir »…Et en fin de compte, l’échec vient, dans la version de Kafka, non pas « parce que les hommes ont voulu construire la Tour mais, bien au contraire, parce qu’ils ne veulent plus la construire », les hommes se désintéressant du but qu’ils s’étaient, pourtant, eux-mêmes proposé. (5)

 

Notes :

(1)Ionesco. Notes et contre-notes. Gallimard, 2010 (Folio essais). Un recueil qui comprend l’essentiel de la pensée de l’auteur sur le théâtre et sa fonction, sa critique des critiques, l’artiste et l’art en général. Passionnant.

(2) op. cit., p 337

(3)http://www.academia.edu/16551230/Kafka_architecte_du_politique_dans_Les_Armes_de_la_ville

(4) Ionesco.Op.cit., pp 186-187

(5) Ionesco. Op. cit., pp 337-338

 

 

 

 

 

L’Evangile.net : la Bonne Nouvelle à découvrir par soi-même et à partager

"L'Evangile.net" : un média, invitant à oser(se)questionner et à partager sur la foi, comme à créer des liens....

« L’Evangile.net » : un média, invitant à oser(se)questionner et à partager sur la foi, comme à créer des liens….

Ces jours-ci, j’ai le plaisir de découvrir « L’évangile.net »(1), reçu en « avant-première », de la part des éditions BLF, que je remercie pour leur amabilité.  A première vue, l’objet – très bien pensé et très bien conçu, très agréable à regarder et à manipuler -ressemble à un carnet. Mais il s’agit en réalité d’un livre….d’un genre un peu particulier. J’ai là entre les mains « un évangile interactif » permettant de découvrir par soi-même la foi chrétienne via l’Évangile selon Jean, une partie du Nouveau Testament, avec l’aide de commentaires et de plusieurs vidéos explicatives. Il sortira le 4 Octobre sur BLF Store.

De prix abordable et de par son format, il est le cadeau idéal à offrir à toute personne en quête de sens dans un monde troublé, et désireuse de découvrir directement par elle-même qui est Jésus-Christ, quel est le contenu et la portée de son message, ainsi que ce que signifie « croire en Dieu », autrement que par des sources de seconde ou de troisième main.

L’Evangile.net se décline en l’Évangile selon l’apôtre Jean en version papier, dans une traduction accessible et dynamique (« Parole vivante »), et en un site web où se trouvent des vidéos qui aident le lecteur à comprendre et à méditer ce qu’il lit.

L’évangile selon Jean a été choisi, parce que son sujet principal est Jésus-Christ, parce qu’il utilise des mots simples pour aborder de questions profondes, et parce qu’il privilégie une approche progressive de la foi.

Conçu pour rendre accessible la lecture de l’Evangile à la nouvelle génération et aux « digitals natives », « l’Evangile.net » réconcilie plusieurs approches :

Premièrement, nous sommes invités à une lecture dite « traditionnelle », puis à la méditation(2) d’un livre papier, dont le texte tient sur les pages de gauche. Les pages de droite, quant à elles, sont réservées à la prise de notes de réflexions personnelles et de questions nourries par la lecture et contiennent des commentaires, des questions et 14 liens vidéo(3). Celles-ci sont à regarder en dernier. Elles fournissent à la fois des « explications de texte » de douze passages choisis du livre et des réponses aux principales objections vis-à-vis de la foi, mais aussi des témoignages de chrétiens racontant leur expérience avec Dieu.

L’approche nécessite une certaine disponibilité de la part du lecteur (L’on découvre ainsi que la Bible parle d’elle-même si on la questionne), analogue à la disponibilité requise pour écouter et dialoguer avec quelqu’un d’autre.

D’ailleurs, si l’Évangile.net a été fait spécialement pour ceux que ne connaissent pas le Christianisme, quelque soit leur arrière-plan, ou leur absence d’arrière-plan religieux, il est aussi un excellent média permettant aux chrétiens de partager leur foi et de discuter avec leurs amis de sujets très concrets de la vie : la souffrance, la joie, la mort, la justice, l’amour vrai, la confiance, la vérité, la liberté, le mal, le besoin spirituel….

Mais plus qu’un outil, l’Evangile.net est un bel objet novateur, susceptible de passer de main en main, invitant à oser (se) questionner et à donner un témoignage « incarné », comme aussi à créer du lien. Et rien que pour cela, l’initiative mérite d’être encouragée !

 

Et comme « une image vaut mieux qu’un long discours », voici un lien pour découvrir, entre autres : le reportage diffusé sur France2 à ce sujet, le contenu des vidéos, la genèse du projet…

Il est enfin possible de feuilleter le livre ici.

 

Notes :

(1) Une co-édition BLF/collectif « Majestart ».

(2) A noter qu’ici, « méditer » ne signifie pas « faire le vide » en soi, mais plutôt à « mettre en relation » ou à relier ce que nous séparons si souvent : pensée et action, « vie intérieure et extérieure », l’esprit et le corps. « Méditer » implique une priorité de disponibilité et d’écoute du texte, puis de « cueillir » et « recueillir » nos découvertes de lecture par l’écriture couchée sur le papier….ou encore de « retenir » pour soi « un (….) noyau d’olive à retourner dans la bouche »(Erri de Luca. « Noyau d’olive ». Folio 2012, p.43)

(3) Le site web, où se trouvent les vidéos, est gratuit et accessible à tous. On peut gratuitement utiliser l’Évangile.net avec une Bible standard. L’application mobile est, elle aussi, gratuite et disponible pour Android et iOs. Le site et l’appli sont disponibles depuis le 4 Octobre 2016 (Date du lancement officiel)

 

« Rien de nouveau sous le soleil »

A bad idea movie spawns a TV show, toys, games and a movie sequel (Par Andy Singer)

A bad idea movie spawns a TV show, toys, games and a movie sequel (Par Andy Singer)

Un constat récurrent de « L’Ecclésiaste », un étrange livre, au ton qui l’est tout autant, et dont on croirait l’auteur cynique, pessimiste ou athée…
Sauf que son enseignement, très actuel, nous fait passer du « rien »(ou du néant, des futilités d’une vie sans Dieu) au « tout », ou ce qui donne réellement sens à la vie : voir Eccl.11v9-10 ; Eccl. 12v1-8, 13-14[la clé du livre, à ne pas manquer, pour bien comprendre l’ensemble]
Un livre à (re)découvrir, notamment ce week-end, mais à ne pas lire seul et de façon superficielle. On sera donc bien avisé de le compléter avec les livres de Job et des Proverbes : de nature à nous faire connaître la sagesse de Dieu, et un antidote à la bêtise !

« Sens » + « utile » = « ustensile » (ou : la foi, concrètement)

Note : ce sujet a été proposé à des enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. L’accroche s’inspire de celle utilisée par Judith ERDMANN, pour son article « Vivre sa foi au quotidien », paru dans le volume 1 d' »Efferv’Essence », ressources d’études bibliques et de thèmes pour Jeunes, pp 88-89(Ed. LLB, 2001)

Objectifs :

– (Re)découvrir ce qu’est la foi et ce qu’est « avoir la foi »

– Développer et manifester ma foi en Dieu au quotidien

-Découvrir que ma vie a du sens et est donc utile, pour être un « ustensile » entre les mains de Dieu, pour le but que Lui a prévu pour moi.

Passage à étudier : Hébreux 11v1-7

Accroche :

1)Présenter à vos enfants/jeunes un premier groupe de lettres(découpées dans du carton, par exemple) dans le désordre. Celles-ci doivent être réunies pour former le mot à découvrir : U T I L E

Inscrivez-vous - Une façon par Andrew Schmidt Plus d'issue ? Si ! Une !

Inscrivez-vous – Une façon par Andrew Schmidt
Plus d’issue ? Si ! Une !

2)Présentez-leur un deuxième groupe de lettres, avec la même consigne. Ils doivent trouver S E N S

3)Mélanger toutes les lettres et demandez enfin de trouver un nouveau mot.

Ce sera……..U S T E N S I L E !

« Moralité » : une vie qui a du SENS est une vie UTILE. Soit la raison d’être d’un USTENSILE.

Qu’est-ce qu’un USTENSILE ? C’est un objet d’usage quotidien, pour un usage précis. Ainsi, une gamelle doit pouvoir contenir de l’eau, des aliments et résister aux chocs, au feu…Elle ne sert, « ne vit » que si elle est utilisée pour le but pour lequel elle est prévue.

Si l’on utile la gamelle pour un usage « contre-nature »,

l’on « se plante »*. Son usage doit être JUSTE.

Par association d’idées, comment notre vie à nous peut-elle être juste ? Avoir du sens, être utile, dans le but prévu…? En acceptant d’être un USTENSILE dans les mains de Dieu !

Et à quelle condition Dieu pourra-t-il diriger notre vie, pour qu’elle ait du SENS et pour qu’elle soit UTILE et JUSTE ?

Si nous lui faisons confiance, en faisant preuve de foi, bien sûr !

Lisons ensemble ce passage de la Bible, Parole de Dieu, pour découvrir un premier principe sur la foi :

« Or le juste vivra de foi » (Hébr.10v38)

Qu’est-ce que la foi ? Avoir la foi** ?

« Or la foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas.
Car c’est par elle que les anciens ont reçu témoignage.
Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent.
Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste,
Dieu rendant témoignage à ses dons; et par lui, étant mort, il parle encore.
Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu.
Or, sans la foi il est impossible de lui plaire; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le recherchent.
Par la foi, Noé, étant averti divinement des choses qui ne se voyaient pas encore, craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi »(Hébr.11v1-7).

1) La foi, c’est….

« une assurance », « une conviction », une certitude. Du solide !C’est croire sans voir(cf 2 Cor.5v7), en se fiant à quelque chose/quelqu’un de sûr, de sérieux, fiable et digne de confiance.

La foi nous donne un bon témoignage, une bonne réputation. De qui ? De Dieu !

Celui qui a la foi est-il un fou ou un sage, un homme intelligent ? La foi rend intelligent, car « c’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la Parole de Dieu….(Le monde que nous voyons a donc du sens, un but et une origine)….de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible »(ce que l’on voit n’est pas tout)

La foi rend humble : car face à un créateur invisible et infini, plus grand que nous, nous prenons conscience que nous sommes limités. Nous sommes face à une réalité qui nous dépasse. Nous ne maîtrisons pas tout

et nous n’avons pas de vue d’ensemble des choses. Dieu, oui.

La foi, c’est enfin chercher à plaire à Dieu et donc (re)considérer nos priorités : pour quoi, pour qui vivre ?

La foi me pousse à être fidèle à quelqu’un d’autre que moi.

2)Avoir la foi, c’est….

« Croire que Dieu existe » et que ce Dieu qui existe est digne de confiance. Il récompense celui qui le cherche. Cherche Sa volonté. Et sa récompense, c’est Son approbation, Son « bravo ».

La foi repose sur le fait de croire en l’existence de Dieu et sur Sa fidélité : on ne sera donc pas effrayé par les circonstances ou les épreuves ; on ne se reposera pas sur nos limites ou les limites de ce que l’on voit.

Terminons par trois exemples d’hommes de foi, présentés dans les vv1-7 d’Hébreux 11 : quel témoigne chacun a-t-il reçu de la part de Dieu ? Pourquoi ?

– Abel (Hébr. 9v22 ; 11v4 ; Gen.4v4) : « par la foi », il a offert à Dieu un sacrifice de plus grande valeur(« des premiers-nés de son troupeau, et leur graisse ») que celui de Caïn. Par sa foi, il fut déclaré juste. Dieu témoigne de ses offrandes : par elles, Abel « parle encore »***.

– Hénoc(Hébr.11v5 ; Gen.5v22-24) : voilà un homme dont on ne sait que très peu de choses,  à part qu’il a « marché 300 ans avec Dieu », c’est à dire qu’il a vécu en étroite relation avec Dieu et pour Lui plaire à tous égards. Le contexte de sa vie est édifiant à souligner : le chapitre 5 du livre de la Genèse, dont lequel on trouve cette information sur Hénoc, est une généalogie, comme on aime à en lire dans la Bible. Les personnes mentionnées vécurent un grand nombre d’années, mais tous avec la même conclusion : « et il mourut ».

Même si nous vivons tous extrêmement longtemps, nous finirons tous par mourir un jour. Quelle attitude avoir, alors, dans une telle perspective bien peu réjouissante ? Soit « jouir de la vie sans entrave », être pessimiste, ou, au contraire, « s’investir » dans ce qui est « durable » : la Parole de Dieu et les hommes.

Hénoc a (bien) choisit : il « engendra des fils et des filles »(et a sans doute été préoccupé de leur éducation ?), confiant dans l’avenir, et a « marché 300 ans avec Dieu ». La conclusion de sa vie ? « Et Hénoc marcha avec Dieu; et il ne fut plus, car Dieu le prit ».

-Noé, enfin(Hébr.11v7 ; Gen.6v1-22) : « c’est par la foi que Noé, divinement averti[implique de sa part une grande communion avec Dieu, particulièrement à une époque où l’humanité était pleine de corruption et de violence : pas de quoi encourager à la droiture et à plaire à Dieu, soit à vivre à contre-courant ! ]de ce qui ne se voyait pas encore[l’annonce et l’exécution du jugement de Dieu sur une humanité corrompue] et saisi d’une pieuse crainte, construisit une arche pour sauver sa famille : c’est(par cette arche)qu’il condamna le monde et devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi ». Par la foi, Noé a obéit à Dieu. L’arche construite est à la fois le moyen de salut révélé par Dieu, et le révélateur du jugement de Dieu.

Quel est le point commun de ces trois hommes de foi ?

Voyage par George Hodan   Les  chrétiens : des "voyageurs", "en séjour", dans ce monde

Voyage par George Hodan
Les chrétiens : des « voyageurs », « en séjour », dans ce monde

 

 

Ils ont témoigné de fidélité(foi), de persévérance et de patience. Et ils ont ainsi confessé qu’ils étaient « étrangers et résidents temporaires » sur cette terre : « dans le monde », quoique « pas du monde » !

 

 

 

 

 

 

Notes :

* Au risque de prendre une gamelle ?

** « Foi » se traduit aussi par « adhérence ».

*** L’offrande de Jésus-Christ parle mieux encore.

« La métaphysique pour les nuls » au cinéma

La métaphysique,

Questions par Peter Griffin

Questions par Peter Griffin

c’est l’art de se poser les bonnes questions.  Soit des questions dites fondamentales(en rapport au sens de la vie, à Dieu, à la mort…)que chaque être humain peut(doit ?) se poser.

Dans Genèse 3v9, la première question que Dieu pose à l’homme, qui venait de se cacher après avoir mangé le fruit défendu et vu qu’il était nu, est : « où es-tu ? »

Jeune famille recherchant par Vera Kratochvil

Jeune famille recherchant par Vera Kratochvil

Une question qu’il nous(vous) pose toujours aujourd’hui.

Chacun de nous a pu faire de la métaphysique sans le savoir (à l’instar de M. Jourdain, qui, lui, faisait de la prose sans le savoir). De même, le cinéma, un 7ème art qui ne se contente pas d’être une simple représentation de la réalité, sait avoir la tête dans les étoiles pour questionner, et même nous inviter à nous questionner au-delà des apparences et à partir en quête de sens.

Les trois films sélectionnés ci-dessous, exhumés de ma dvdthèque et vus cette année, traitent tous d’un sujet commun : quelle est notre place dans ce monde ?

Le tableau

Né en 1939 et vétéran de l’animation française, Jean-François Laguionie est l’auteur de Gwen, le livre des sables (1985), du Château des singes(1999) et de L’île de Black Mor(2004). « C’est sa double vocation, graphisme et théâtre, et sa rencontre déterminante avec Paul Grimault, qui ont conduit Jean-François vers la pratique de l’animation (…) Tous ses films sont adaptés de nouvelles ou récits dont il est l’auteur, et qui ont fait l’objet d’éditions ».

( http://www.la-fabrique.com/sarl/ficherea.php?id=13 )

Jean-François Laguionie tourne peu. Comme il le dit lui-même, il fait « un film tous les dix ans, ce qui ne veut pas dire (qu’il met) dix ans à faire un film ». Néanmoins, ses œuvres sont aussi perfectionnées et raffinées que celles de son ami et maître Paul Grimault, admirable auteur du Roi et l’oiseau. Le Tableau, son dernier-né, voit le jour en novembre 2011 après cinq ans de travail.

Le film mêle réflexions métaphysique/philosophique (« qui sommes-nous ? », « d’où venons-nous ? »…) sociale, artistique, et histoire d’amour impossible.

L’histoire

Pour des raisons mystérieuses, un peintre a disparu, en laissant inachevé un tableau composé d’un château, de jardins fleuris, d’une forêt menaçante, dans lequel vivent trois sortes de personnages: les Toupins (entièrement peints), les Pafinis (auxquels il manque quelques couleurs) et les Reufs (qui ne sont que des esquisses). Sans repères, tout est bouleversé :

Les Toupins se revendiquent alors supérieurs aux autres et prennent le pouvoir. Ils chassent les Pafinis du château et maltraitent les Reufs.

Scène du film "Le Tableau", de Jean-François Laguionie

Scène du film « Le Tableau », de Jean-François Laguionie

Un petit groupe composite décide de sortir du tableau pour partir à la recherche du peintre, seul capable de terminer le tableau et de restaurer la paix : il s’agit d’un toupin, Ramo, d’une pafinie, Lola et d’un reuf, Plume. Echappé du tableau de la Guerre, le jeune tambour Magenta les rejoint au cours du périple. Tous ont cette particularité de représenter trois étapes d’un même travail.

Chaque personnage du groupe a ses propres raisons de chercher leur créateur, mais plusieurs questions communes demeurent, comme un fil rouge : qu’est devenu le Peintre ? Pourquoi les a t-il abandonnés ? Pourquoi a-t-il commencé à détruire certaines de ses toiles ? Connaîtront-ils un jour le secret du Peintre ?….

Hommage au dessin, à la peinture et aux artistes en général, Le Tableau est l’histoire d’une quête : quête de soi et quête de sens, dans un monde en perte de repère, où l’on peut s’estimer insatisfait ou incomplet. C’est aussi une belle histoire nous invitant au respect de l’autre, avec ses différences, et au respect de soi, avec nos limites. Disponible en DVD, « Le Tableau » est un très beau film aux différents niveaux de lecture, source de discussions et qui s’adresse à tous les âges, à partir de 7 ans.

 

En bref :

Le Tableau

Un film de Jean-François Laguionie
Scénario original de Anik Le Ray
Création graphique de Jean Palenstijn, Jean-François Laguionie, Rémi Chayé & Julien Bisaro
Musique originale de Pascal Le Pennec
Chef décorateur et peintures: Jean Palenstijn
Directeur d’animation: Lionel Chauvin
Film fabriqué dans les studios Blue Spirit Studio, Sinematik
Durée: 1h16
Sortie nationale en France le 23 novembre 2011

Avec les voix de
Lola: Jessica Monceau • Ramo: Adrien Larmande • Plume: Thierry Jahn • Gom: Julien Bouanich • Garance: Céline Ronte • Magenta: Thomas Sagols • Orange de Mars: Magali Rosenzweig • Claire: Chloé Berthier • L’autoportrait et le peintre: Jean-François Laguionie • Le Grand Chandelier: Jacques Roehrich • Monsieur Gris: Jérémy Prévost • Le Capitaine: Michel Vigne • Le peintre de Venise: Jean Barney • Pierrot: Serge Faliu

http://www.letableau-lefilm.fr/_media/dossier_presse.pdf

http://www.mediacritik.com/critique.php?id_critique=1550

Dans un autre genre, on pourra également regarder :

Incassable

Cinémotif.fr

Cinémotif.fr

Il s’agit du deuxième film(et aussi le meilleur) de M. Night Shyamalan(2000), réalisateur américain d’origine indienne, après Sixième sens(1999). Bruce Willis et Samuel L. Jackson interprètent les rôles principaux.
Le réalisateur y questionne(comme dans tous ses films) le besoin de croire, ainsi que notre place dans le monde.

L’histoire

David Dunn (bien joué par un Bruce Willis très sobre) mène une vie très ordinaire, pour ne pas dire morne et terne, partagée entre son travail d’agent de sécurité et sa vie de famille plutôt fragile. Jusqu’à ce jour où il est victime d’une catastrophe ferroviaire, d’où il est déclaré seul survivant. Et ce, sans une seule égratignure ! Une curieuse rencontre, qui débute par une question posée, changera sa vie…

Incassable se distingue, d’une part, par son esprit très bande dessinée, ce qui se remarque d’une part dans le scénario, et d’autre part dans la réalisation. Celle-ci se caractérise par un usage du plan-séquence(qui rapproche de la BD et ses planches d’ images fixes), et par une curieuse tendance à nous donner à voir parfois  à l’envers (une petite fille qui regarde Dunn à l’envers au début du film ; un comic-book qui tombe à l’envers sur les genoux d’un personnage dans une boutique de comics…).

Bref, on retiendra un excellent scénario, plein de finesse et mêlant psychologie et fantastique(sans effets spéciaux), ainsi que des acteurs remarquables. La fin en forme de chute, loin de conclure, permet de saisir le véritable sens au film.

Et enfin :

L’Homme qui rétrécit, de Jack Arnold (USA, 1957). Adaptation du roman éponyme de Richard Matheson.

L'Homme qui rétrécit.Toutleciné.com

L’Homme qui rétrécit.
Toutleciné.com

Le film :

À la suite d’une contamination radioactive, un homme voit son corps rétrécir. Il consulte les sommités scientifiques du pays qui ne peuvent que constater le phénomène…

La filmographie de Jack Arnold est riche et variée (du polar au western-« une balle signée X »). Néanmoins, elle reste marquée par des films de SF des années 50, comme « Le Météore de la nuit », « L’Étrange créature du lac noir » ou « L’Homme qui rétrécit ». Jack Arnold avait lutté pour imposer son étonnante fin « métaphysique » à ce dernier, plutôt que d’accepter le happy end voulu par la Universal.  Il tenait son film pour « une quête sur le sens et les limites de l’identité humaine ».
Et comme le réalisateur le disait lui-même : « Je voulais créer un climat qui vous laisserait imaginer ce que ce serait si vous deveniez minuscule, que les choses banales et courantes de la vie quotidienne deviennent bizarres et menaçantes. Un chat que vous adorez devient un monstre hideux. Une araignée devient la chose la plus terrifiante que vous ayez jamais vue. Je voulais que le public s’identifie à cet homme et sente les mêmes choses que lui. Et je crois y être arrivé.
Dans L’HOMME QUI RETRECIT, comme dans tous mes autres films fantastiques, ce sont les gens qui m’intéressent avant tout, comment ils vont réagir dans telle circonstance précise. Le mécanisme technique par lequel la taille du héros est ramenée à quatre ou deux centimètres ne m’intéresse pas plus que ce qui le fait attaquer par un chat. Tout cela est très bien et m’amuse beaucoup, mais ce qui m’intéresse particulièrement, c’est la réaction supposée de quelqu’un qui se trouve dans une situation donnée.
Comment réagit-il ? Qu’éprouve-t-il ? Voilà ce qui me semble important dans un film et, plus encore, dans un film de science-fiction. Or, beaucoup de films de science-fiction me déplaisent parce que les metteurs en scène insistent davantage sur les effets spéciaux que sur les sentiments des héros. L’aspect humain est important dans n’importe quelle histoire et il est d’autant plus essentiel de l’introduire dans un film de science-fiction que l’imagination n’y connaît pas de limites, et que l’on s’y trouve confrontés à des événements qui sont peut-être réels, mais qui semblent tout à fait incroyables. Pour que les spectateurs réagissent favorablement, il faut qu’ils croient ce qu’ils voient, et c’est ce que j’ai toujours dit à mes acteurs: « J’ai besoin de croire. Vous devez croire à ce que vous faites car si vous n’y croyez pas alors moi non plus. »

http://www.canalplus.fr/c-cinema/cid124569-l-homme-qui-retrecit.html

Alors, bonne projection et…bonne réflexion !