La grâce : (s’)en parler en large et en travers

Ceux qui sont remplis de l’Esprit Saint « se parlent et s’encouragent les uns les autres, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés par l’Esprit », pour chanter et célébrer le Seigneur « de tout leur coeur » (Eph.5v18-19). Pour quelle raison ? Pour la grâce, par exemple !

En effet, la Grâce est le message central de la Réforme, mais plus encore de la Bible, et de la prédication de Jésus-Christ ! Dans cette nouvelle vidéo Libérer!, voici les bons et les mauvais usages de la grâce, vus par des accompagnants spirituels. Par les pasteurs Caroline Bretones (EPU Marais) et Gilles Boucomont (EPU Belleville).

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Se souvenir du 31 octobre pour suivre « Jésus-Christ et Sa Parole. Rien d’autre ».

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ? (Source : convergence bolcho-catholiques)

D’aucun auront certainement remarqué la coïncidence (avec un grand « D » ?) de date avec les fêtes païennes d’Halloween et la fête des morts qui précède la Toussaint. Le 31 octobre qui vient de passer est en effet l’occasion, pour la plupart des protestants, de se souvenir d’un autre 31 octobre, qui a eu lieu en 1517.

Cette date, qui marque l’événement fondateur de la Réforme protestante, correspond à l’affichage des 95 thèses de Martin Luther (1483-1546) sur les indulgences, contestant que le salut puisse être quelque chose que l’Église vende. Pour rappel, les chrétiens de l’époque étaient particulièrement angoissés par l’éternelle question : « que devient mon âme après la mort ? »

Cette date-anniversaire est l’occasion de repenser au message central de l’apôtre Paul redécouvert par le réformateur : le salut, obtenu par la grâce, par le moyen de la foi, ne se mérite, ni ne se monnaye. Dieu sauve gratuitement ceux qui placent leur confiance en Lui (cf Rom.1v16-17 ; Ephésiens 2v8-10). C’est aussi l’occasion de redécouvrir les textes bibliques suivants, que certains protestant lisent à l’occasion d’une « fête de la Réformation » instituée depuis le vivant de Luther, et qui perdure jusqu’à nos jours : Galates 5, 1-6 : l’appel à la liberté ; Romains 3, 20-28 : la justification par la foi ; Matthieu 5, 2-12 : les Béatitudes.

Les fameuses 95 thèses renferment déjà les principaux éléments de la pensée de Luther et les « grands écrits réformateurs » de 1520 présentent un exposé abouti de sa théologie :

Le message et les actions de l’Eglise doivent se fonder sur « l’Ecriture seule », la Bible. « Le vrai trésor de l’Eglise, c’est le sacro-saint Evangile de la gloire et de la grâce de Dieu » (thèse 62). A une Eglise qui préfère un message au goût du jour, « la grâce pour tous » en achetant des indulgences, Luther oppose la Parole de Dieu, laquelle est une Parole de miséricorde qui prend au sérieux les craintes humaines et qui réconforte, mais aussi Parole de vérité, qui ne tait pas les exigences divines.

A des croyants centrés sur leur propre salut, vivant leur piété de manière égoïste, Luther proclame la supériorité du partage et de la solidarité : « celui qui donne à un pauvre (…) fait mieux que s’il achetait des indulgences » (Thèse 43). Il ne s’agit plus, certes, de contraindre Dieu à récompenser de « bonnes œuvres », mais ces œuvres d’amour, libres et désintéressées, découlent tout naturellement du salut offert par Dieu.

Enfin, en critiquant les indulgences, Luther remet en cause le pouvoir du Pape sur l’au-delà (Datant du XIIe siècle, mais définie tardivement par le magistère de Rome, aux conciles de Florence, en 1439, et de Trente, en 1563, la croyance du purgatoire, où les défunts non réconciliés avec Dieu passaient un temps plus ou moins long dans les tourments) et contrarie les appétits financiers de son Eglise. Au début de 1521, il est finalement excommunié d’une Eglise qu’il voulait seulement rendre plus fidèle à l’Ecriture. Luther critique toutes les croyances et les pratiques qui ne se fondent pas sur les Bible, tel le célibat obligatoire des prêtres. Plus encore, il insiste sur le réconfort de l’Evangile. Ainsi, il emporte l’adhésion de milliers de lecteurs qui deviennent autant de partisans. Ainsi donc, sans Luther, pas de Réformation. Tous les grands Réformateurs après lui reprendront l’idée que l’Eglise ne gère pas, mais annonce le salut gratuit révélé dans l’Ecriture et acquis par Jésus-Christ

Ironie du sort, si faire mémoire de la Réforme se justifie parfaitement pour les raisons indiquées plus haut, cette pratique cultuelle serait assez choquante du point de vue d’un Calvin, dont l’Église réformée est issue, car elle hisse au rang de fête un événement sans rapport direct avec la vie du Christ ou de l’action de Dieu et de l’Esprit Saint.

En effet, les fêtes bibliques instituées dans l’Ancien Testament ont pour but de glorifier Dieu en se remémorant son action dans l’histoire de son peuple. Quant aux fêtes chrétiennes, certes non instituées bibliquement, elles commémorent aussi l’action de Dieu en prenant pour thème des moments importants de la vie de Jésus racontés dans les évangiles (Naissance du Christ, Mort et Résurrection, Ascension…) ou de l’action de l’Esprit (Pentecôte).

Ces fêtes sont là pour nous rappeler le Dieu véritable, seul centre possible de notre foi, ce qui nous décentre de nous-mêmes et nous invite à ne pas faire de nos identités particulières des idoles mortifères.

Inspirations/sources :

D’après « La Réforme, un bouleversement », une brochure dans la série « une Eglise de témoins » éditée en 2017 par l’EPUDF/l’UEPAL, et cet article du Pasteur Gilles Boucomont à lire sur son blogue.

Du même, une prédication le dimanche du 31 octobre 2021 (voir aussi ici), exhortant à suivre Jésus, « et rien d’autre », sur le texte de l’Evangile selon Jean 5v30-47.

Jean 8v1-11 : Mais qu’écrivait donc Jésus, avec ses doigts, sur le sable…?

Le Christ et la femme adultère, de Nicolas Poussin (1653). Huile sur toile, exposée au musée du Louvre.

« Et Jésus gagna le mont des Oliviers. 

Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les Pharisiens amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en adultère et ils la placèrent au milieu du groupe. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi dans l’intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l’accuser.

Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. 

Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » 

Et s’inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. 

Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, 

Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » 

Elle répondit : « Personne, Seigneur », et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8v1-11)

[D’après les notes prises par mon frère Pierre-Louis, lors d’une étude de ce passage de l’Evangile, dans le cadre de mon groupe biblique pour hommes. Qu’il en soit remercié !]

Contexte de l’action :

Où : Mont des Oliviers, puis dans le Temple de Jérusalem / Quand : dès le matin / Qui : Jésus, le peuple, scribes et pharisiens, la femme

Dans ce passage, nous retrouvons 4 principales interactions. En guise de jeu, nous allons les résumer comme si nous donnions un titre au passage :

· Jésus et le peuple.

· Jésus et les scribes/pharisiens.

· Jésus et la femme adultère.

· Le 4e titre apparaît tel un filigrane dans notre passage. Pour garder le suspens, il sera révélé aux persévérants qui liront la présente étude en entier.

1/ Jésus et le peuple

Après que tout le monde soit rentré de la fête des Tabernacles à sa maison, et que Jésus soit monté (pour la nuit ? en présence de ses disciples ?) au Mont des Oliviers, nous retrouvons Jésus (et ses disciples) de nouveau dans le Temple, « dès le matin » précise le verset 2.

Le peuple vient à Jésus, puis Jésus, assis, enseigne le peuple. Jésus semble prendre la même posture qu’au chapitre 6, lorsqu’il considère, ému de compassion, la foule qui vient à lui sur la montagne. Jésus connait le besoin de ce peuple, et il se positionne non du haut de sa chaire, mais à sa hauteur, assis dans le parvis du Temple.

2/ Jésus et les scribes/pharisiens

Sur ces faits, les scribes et pharisiens, connaisseurs de la loi mosaïque, amènent une femme devant Jésus. On peut éventuellement imaginer la manière dont ils l’amènent : molestée, insultée, raillée, traînée par les cheveux, « c’est une honte (& co) ».

Le motif invoqué par les scribes et pharisiens pour agir de telle manière est le suivant : cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or selon la loi (Deutéronome 22v23-24 / Lévitique 16), le châtiment de lapidation s’applique aux personnes (femmes… et hommes) qui agissent de cette sorte.

Au-delà de leur volonté d’appliquer la justice, la Parole nous précise que l’accusation tend également un piège à Jésus, pour lui faire perdre la face devant le peuple et peut-être pouvoir récupérer quelques chefs d’accusation pour le faire arrêter.

Leur vérité : « Moïse, dans la loi, dit de lapider de telles femmes. »

Leur question : « Toi donc que dis-tu ? »

Les scribes et pharisiens mettent Jésus face à une situation d’adultère, mais également et surtout face à la loi de Moïse.

Ce que dit Jésus, est-ce légitime ? Que dit donc précisément la loi de Moïse ? Deux choses :

Lévitique 18v20 : « Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. »

Deutéronome 22v23-24 : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. TU ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. »

Notons deux détails, intéressants justes pour questionner la démarche des scribes et pharisiens :

– Comment prendre en flagrant péché d’adultère une femme ?

– Et si l’homme et la femme sont condamnés par la loi, où est l’homme ? La justice des scribes et pharisiens fait elle finalement une différence entre les genres (de mémoire un autre titre proposé était : « Où sont les hommes ? ») ?

Par ailleurs, ce n’est pas leur 1ère tentative, (Cf. Jean 7v45-52).

La réponse de Jésus vient en 3 temps : un 1er mouvement, une question, et un 2nd mouvement.

Tout d’abord, Jésus, alors sur l’assise, se baisse pour écrire du doigt dans la poussière du sol, quelque chose (dessin, écriture…) qui n’est pas décrit. Que pourrions-nous imaginer ? Peut-être que Jésus a inscrit du doigt dans le sol les versets de la loi de Moïse – par exemple : « tu ne commettras pas d’adultère », sachant qu’ « adultère » est synonyme de « pécheur »? (1)… Nous ne pouvons que le supposer. Par ailleurs, le seul à écrire avec le doigt, dans la Bible, c’est Dieu écrivant les Dix commandements sur les tables de pierre (Ex.31v18, Deut.9v10). Ce passage nous rappelle également la mention du doigt présent en Daniel 5v5, lors du festin donné par le roi Balthazar. Enfin, l’acte d’écrire sur la terre n’apparaît que dans Jérémie, où le prophète menace ceux qui se détournent de l’Eternel d’ « être écrits sur la terre » (Jer.17v3). Ce geste peut donc nous évoquer l’autorité de Jésus, en lien avec la question qu’il pose par la suite aux scribes et pharisiens.

Jésus répond à la question (et autres interrogations non-nommées, v.7) par cette parole : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Nous notons que l’attitude physique de Jésus a changée. Il a dit cette parole après s’être levé, prenant une posture d’action, et d’autorité. Jésus renvoie les scribes et pharisiens à un examen en eux-mêmes pour s’interroger sur leur légitimité à porter une accusation d’adultère.

Jésus ayant terminé de parler, se baisse de nouveau, et continue d’écrire sur le sol(2). Les scribes et pharisiens ont donc leur réponse par une question implicite : quel homme n’a pas commis de péché d’adultère pour être digne de jeter le premier une pierre contre cette femme ?

La réaction des hommes présents, accusés par leur conscience, est de prendre la fuite, discrètement, sans bruit, comme en cachette. L’attitude de ces hommes fait penser à Adam qui se cache pour fuir Dieu alors qu’il découvre son état de péché. On peut ressentir que les scribes et pharisiens n’ont pas un cœur de repentance par rapport au péché démasqué en eux. Ils sont couverts de honte, des plus âgés jusqu’aux derniers. Jésus, qui n’a pas péché d’adultère, reste donc seul avec la femme. Lui seul est digne de juger cette femme, lui seul est juste pour choisir de condamner ou de gracier.

3/ Jésus et la femme adultère

La première action de Jésus, une fois seul avec l’accusée, et de reprendre une position debout, signalant encore une fois un passage à l’action.

Puis Jésus pose deux questions à la femme : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il donc condamné ? »Par cette question, il redonne à la femme la liberté de s’exprimer, il lui redonne également la dignité d’un être humain doué de parole (ce qui ne semblait pas jusque-là être la conception des scribes et pharisiens).

Sa posture n’est donc pas de la condamner, alors qu’il est en mesure de le faire. Au lieu de cela, Jésus relève la femme en lui faisant constater qu’il l’a défendue de ses accusateurs, et qu’il lui donne la possibilité de lui parler et de s’avouer à lui.

La femme répond donc à Jésus : « Non, Seigneur », et reconnait par sa réponse que Jésus est bien celui qu’elle désire comme son Seigneur. Cette réponse donne également à Jésus l’autorité pour enlever la condamnation et la libérer tout en lui recommandant de ne plus pécher, c’est-à-dire de ne plus être esclave du péché. Il libère la femme, selon 3 étape :

  • Je ne te condamne pas : Jésus fait grâce.
  • Va : Jésus libère.
  • Et ne pèche plus :Jésus rend capable de ne plus être esclave du péché.

4/ Jésus et moi (le lecteur)

Entre les lignes de ce passage, nous observons plusieurs comportements face à Jésus, qui est Dieu. De la même manière que nous pouvons être une terre en bord du chemin, rocailleuse, couverte de ronces, ou au contraire une bonne terre fertile, bien retournée (cf. Matthieu 13, Marc 4, Luc 8), nous nous comportons également de plusieurs manières dans notre relation avec Jésus, notamment face à notre péché, et aux adultères que nous commettons envers Dieu lui-même (la notion d’adultère apparaît la première fois en Exode 20 et fait référence d’abord au fait de se faire « d’autres dieux » que notre Dieu).

Les scribes et pharisiens nous témoignent un comportement hypocrite (ils ne reconnaissent pas leur propre adultère), partial (il n’y en a que pour les femmes) et hautain (« notre classe/espèce/rang social » ne pèche pas, mais seulement ceux qui sont sans savoir).

La femme, elle, n’a rien fait que se tenir humblement devant Jésus, lui répondre, accepter la libération du joug, le pardon du péché. Cela lui permet d’être libre, d’aller, et de ne plus pécher, non pas parce que la loi l’interdit, mais par conscience de l’amour que Dieu a pour elle.

On peut se souvenir de Marie, qui était enceinte de Jésus hors-mariage. Selon la loi, Joseph aurait pu la condamner, mais parce qu’il a écouté l’ange, il lui a fait grâce et l’a prise pour femme.

Dans ce passage, le lecteur est finalement mis face à lui-même, et face à la Parole de Dieu pour évaluer sa position (est-il sans péché ?), décider de sa posture (humilité/orgueil) et finalement laisser Dieu opérer une libération du péché dans son cœur.

En appui de ce texte :

Galates 5v1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ».

Proverbes 3v34 : « Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles ».

 

 

Notes :

(1) Erri de Luca estime que « l’assemblée du Sinaï, qui assiste à la scène, lit dans la poussière du sol : « tu ne tueras pas ». (Jésus) écrit sur la poussière du sol : pourquoi ? C’est peut-être samedi ? Les choses interdites du samedi comprennent aussi l’écriture, mais elle est autorisée sur la poussière ou le sable. L’étranger accomplit un geste permis un jour de fête. Mais ce ne peut être un samedi, on ne prononce aucun jugement et on n’exécute aucune condamnation le jour de shabbat. c’est précisément ce qu’il leur dit : quand il s’agit de condamnation à mort, tous les jours se transforment en shabbat. Il donne enfin le dernier dispositif du dénouement : que celui d’entre eux qui n’a jamais commis de faute jette la première pierre. Personne ne veut être le premier dans une lapidation. A plus forte raison, personne ne s’avancera devant sa communauté avec la pierre de celui qui est sans faute. » (Et il dit, pp71-72)

(2) Sur le site « 1001 questions », le Répondant souligne que « Jésus écrit deux fois (le verbe utilisé la première fois suggère une écriture multiple, le verbe utilisé la seconde fois suggère qu’il raye [ou qu’il efface] ».

La grâce, ce n’est pas un style de vie « gras », qui se voudrait « cool ».

La grâce ? C’est évident ! Tellement évidente qu’elle est, en vérité, souvent bien mal connue ou mal comprise !

La grâce est en vérité difficile à définir, tant elle est éloignée de nos schémas de pensée, qui reposent sur le mérite, le dû, le « deal ».
Or, la grâce n’est pas du dû ou du « deal », puisqu’elle nous donne ce que nous ne méritons pas et ne pouvons mériter. Elle vient de Dieu et de Dieu seul(Eph.2v8-10), qui ne peut rien recevoir de l’homme*.

La grâce révèle la colère de Dieu « contre toute impiété[une vie sans loi, sans frein] et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive »(Rom.1v18)

Tout homme, sans exception, quelle que soit sa classe sociale, sa religion (ou son absence de religion), son niveau de vie, son niveau intellectuel, son niveau de sainteté ou de bassesse(Ex : l’apôtre Paul-ancien persécuteur de l’Eglise et de Christ, le théologien Nicodème, le Roi Manassé, le collecteur d’impôt et collabo Zachée, la prostituée Rahab, le jeune homme riche qui cherchait quoi faire « pour hériter la vie éternelle »….)a besoin de la grâce de Dieu, parce que Dieu est saint et que tout homme est pécheur(Rom. 3v19, 22-23). Et que « le salaire du péché, c’est la mort »(Rom.6v23)

Sur quelle base s’exerce cette grâce de Dieu ?

 

La grâce, « source de salut pour tous les hommes », « a été manifestée »(Tite 2v11) en Jésus-Christ (Jean 1v17 ; 2 Tim 1.9-10).
Accepter la grâce pour être ainsi « gratuitement justifiés, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ » (Rom 3.24) et vivre par elle nous libère de  « la loi(ou « la malédiction ») de la loi » (qui repose sur : « tu dois mener une vie parfaite » et « si tu transgresse même le plus petit point de la loi, tu es mort »cf Gal.3v10-13)
Enfin, la grâce nous « enseigne », selon Tite 2v11-12**, « à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines »(qui sont personnelles, puisque « chacun est amorcé par sa propre convoitise » cf Jac 1v14), et à « vivre », non pas isolé, de façon « bizarre », ou même « confondu avec », mais « dans le siècle présent », aux conditions suivantes(comparer avec Jean 17) :

-« sagement »(ou « sobrement », « équilibré »), quant à soi : ce qui exclue la mentalité infantile du « no limit » et l’obsession de satisfaire nos moindres désirs.

"Comparaisons", par Andy Singer

« Comparaisons », par Andy Singer

-« justement » quant aux autres : ce qui exclue l’égoïsme, l’individualisme, l’esprit de comparaison et de compétition.

-« pieusement » quant à(notre relation avec) Dieu : soit une manière de vivre pleine de respect pour Dieu, ce qui implique de nous préoccuper moins de ce que nous faisons pour Dieu(et donc de nous-même) et plus de ce que Dieu est et a fait pour nous…De quoi nous inspirer pour l’adorer Lui et Lui seul, en esprit et en vérité(Jean 4v34)

 

La grâce, ce n’est donc pas un style de vie « gras », qui se voudrait « cool », justifiant n’importe quoi.***

La grâce, formidable moteur de notre vie chrétienne, nous encourage à la sainteté, à vivre une vie qui plaît à Dieu, dans la perspective du retour du Seigneur Jésus-Christ (1 Pi 1.13)

 

 

 

 
Notes :

*Des exemples de la grâce à découvrir : dans ces paraboles de Jésus (Matt.22v1-14 ; Matt. 20v1-16) ou l’histoire de Ruth(comparer avec Deut.23v3)…autant d’illustrations(particulièrement dans Ruth) de la bonté de Dieu.

Un dossier sur l’amour et la grâce de Dieu dans ce numéro de Promesses : http://www.promesses.org/arts/184p01.html, dont l’article de Joël Prohin m’a inspiré la structure du présent billet.

Un livre de Jerry Bridges : Vivre sous la grâce(ed. Farel, 1996). Malheureusement épuisé. Si vous avez « la chance » d’en trouver un….

** A rapprocher du résumé de la loi par Jésus : « tu aimeras ton Dieu…et ton prochain, comme toi-même » cf Matt.22v37-39

*** C’est le cas des Corinthiens cf 1 Cor.1v10-13 ; 3v16-23 ; 4-8 ; 10…

Mais il est tout à fait possible de vider la grâce de son sens, à la manière(légaliste)des Galates.

 

Un cantique qui détonnerait « grave »

Que fera-t-on au ciel ?*

Nous chanterons beaucoup de cantiques ?

Des cantiques ? Lesquels ?

Celui-ci, par exemple :

« A celui qui nous aime,
et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang;
et il nous a faits un royaume,
des sacrificateurs pour son Dieu et Père;
à lui la gloire et la force aux siècles des siècles!
Amen ».(Apoc.1v5-6)

Pourriez-vous le chanter ?

A moins que vous ne puissiez le chanter ainsi :

« A moi qui m’aime, qui me suis sauvé tout seul, et qui me suis fait un royaume, un nom dans ce monde;à moi la gloire et la force aux siècles des siècles !
 Amen ! »

……………………………..

Franchement, un tel cantique ne « détonnerait-il » pas un peu, s’il était chanté tel quel dans le ciel ? Au milieu des autres voix chantant le premier ?

Quel cantique chantez-vous sur la Terre, actuellement ?

« Moi, moi, moi, moi, moi » ? Ou « Toi, toi, toi, toi, toi(Seigneur) » ?

 

La Bible, Parole de Dieu, rappelle encore que « vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu; non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie; car nous sommes son ouvrage,
ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance,  afin que nous marchions en elles[ou que nous les pratiquions) »(Eph.2v8-10).

Nous sommes sauvés par la grâce(de Dieu). Grâce que vous pouvez saisir, vous approprier, par le moyen de la foi. C’est « le don de Dieu ».

Nous sommes sauvés, « pas par les œuvres », afin « que personne ne se glorifie »ou ne se vante.

« Car nous sommes Son ouvrage ». Sa création. Une « nouvelle création », « dans(l’union avec) le Christ Jésus »(2 Cor.5v17). Nous pouvons donc « repartir à zéro ».

Dans quel but ? « Pour les bonnes œuvres » préparées par Dieu « à l’avance », afin que nous les pratiquions. Afin que nous menions une vie nouvelle, utile et ayant du sens. Une vie à la gloire de Dieu et non plus à la nôtre.

 

Faites-vous partie de ceux ou celles qui pensent être « sauvés par les œuvres »(les siennes), ou de ceux ou celles qui savent qu’ils sont sauvés, « pas par les œuvres », mais « pour les(bonnes) œuvres » ?

Quel cantique souhaiteriez-vous chanter, dès maintenant et à toujours ?

La décision est importante, puisqu’elle a des répercutions éternelles, dans votre avenir. Elle changera aussi votre vie positivement, dès maintenant et durablement.

 

Notes :

* Souvenir d’une ancienne réunion d’étude(de la Bible), d’il y a presque vingt ans, qui m’est revenue, hier matin, mardi 5 novembre, à la lecture d’ Ephésiens 2v8-10.