Des films à voir avec son père, pour sa fête

Le 18 juin : « un appel » pour les pères, « appelés » à être des pères, tout simplement !

La fête des pères aura lieu le 18 juin, cette année.

Ces derniers entendront-ils leur « appel » personnel ?

 

Au-delà du jeu de mot facile, l’occasion est là pour offrir à son père, non pas une énième cravate ou un briquet, mais de voir ou revoir ensemble un film original susceptible d’interpeller et de faire parler.

Voici donc des films, la plupart déjà chroniqués sur « Pep’s café », où il est question de pères appelés « à se lever » et à « s’exposer » pour 1)« revenir », afin de retrouver celui que l’on a soi-même abandonné, le croyant perdu ou 2)« (re)devenir » une source d’inspiration :

« Courageous ». Avec sa fameuse « résolution »…..à faire signer à des pères réunis en week-end ?

« De toutes nos forces » :  un film tiré d’une histoire vraie, celle d’une redoutable épreuve qui réconcilie un père avec son fils handicapé.

« Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), bien avant “Revenant”. Avec une très belle scène particulièrement insolite, propre à faire prendre conscience de la force et à la valeur de la vie et de l’amour et une dernière réplique marquante, qui rappelle Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

Mais aussi à 3) « accompagner », pour aider à persévérer dans une démarche personnelle : « A Perfect day ».

Ou tout simplement 4) pour être « aimant », jusqu’au don de soi : « CJ7 » (1).

Avec une belle compétition entre un père et son fils, pour savoir qui écrasera le plus de cafards avec les pieds !

C’est à tout cela que l’on reconnaît un père, dit-on….

Et vous ? Que proposeriez-vous, pour enrichir cette liste ?

En attendant, bonne fête à tous les papas !

 

Note :

(1) Si vous avez de jeunes enfants, c’est le film idéal, mais à condition de ne pas chercher à en savoir trop, pour ne pas gâcher l’effet de surprise. La scène de début vaut son pesant d’or, puisqu’elle illustre assez bien le décalage possible entre « les valeurs » qu’un père peut donner à son fils et « les valeurs » dominantes, celles « de la majorité » : lorsqu’un professeur demande aux élèves d’une école privée huppée ce qu’ils veulent faire plus tard, les petites filles expriment leurs rêves de célébrité et les petits garçons ambitionnent de devenir riches et puissants. Dickie, quant à lui, déclare vouloir devenir « quelqu’un de pauvre », parce que l’essentiel pour être respecté-« même si on n’a pas d’argent »-selon ce que lui a enseigné son papa, manœuvre sur un chantier, est d’être « gentil », « pas bagarreur », « travailleur » et « de ne pas raconter de salades ». Un « rêve » qui provoque les moqueries de la classe et l’incompréhension du professeur…..

Publicités

Et si l’on interpellait les jeunes au moyen de la vérité ?

A quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ? « Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller » (Kévin deYoung)

Kevin DeYoung, pasteur et auteur, écrit :

« Les personnes qui fréquentent nos Églises ne sont pas stupides. Elles ont la faculté d’apprendre. Mais dans leur grande majorité, elles n’ont tout simplement pas eu d’enseignement adéquat. Personne ne les a incitées à méditer une pensée profonde ou à entreprendre la lecture d’un livre difficile. Personne ne leur a demandé de définir leur foi en termes bibliques et théologiques. Nous n’avons pratiquement rien espéré de nos jeunes, et nous n’avons rien obtenu en retour non plus. Il y a environ deux générations, les jeunes de vingt ans se mariaient, fondaient une famille, exerçaient un métier ou se trouvaient sur le front à combattre les Nazis. Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller ». (Voir le contexte de cet extrait sur TGC – Evangile 21, le 02/06/17). De les interpeller au moyen de la vérité.

Mais « qu’est-ce que la vérité ? », demande-t-on encore aujourd’hui, à l’instar d’un Ponce Pilate à Jésus. Mais souhaitons-nous entendre la réponse, ou sortirons-nous de la présence de Jésus, avant d’entendre la réponse ?
Bien sûr, il est plus « tendance » de dire aux jeunes (ou aux moins jeunes) d’aujourd’hui : « Tu veux prendre telle décision ? Prends-la. Tu ne veux pas prendre telle décision ? Ne la prends pas. Fais-ce-que-tu-veux-comme-tu-veux ! Le plus important c’est d’être en parfaite cohérence avec ce que l’on croit, que l’on expérimente, et que l’on décide ».
Justement, sur quels critères ? Et si ce que l’on croit, expérimente et décide, est faux ou mensonger ? Et comment une jeunesse sans direction, en quête d’identité, peut-elle le discerner, si elle n’est pas enseignée ?

C’est pourquoi, faisons le pari, non de la facilité mais de l’intelligence. Et osons interpeller les jeunes au moyen de la vérité !

Pas d’exception ! Ou la leçon de « La Prophétie des Grenouilles »

"La prophétie des grenouilles", film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un "nouveau déluge", mais aussi une formidable leçon de vie.

« La prophétie des grenouilles », film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un « nouveau déluge », mais aussi une formidable leçon de vie.

Et si nous décidions de regarder, non pas « plus », mais « mieux » de films, notamment en famille et avec des enfants ?
Le choix de films témoigne d’une certaine vision du monde… et est révélateur de la place que nous accordons(ou pas) aux films étrangers (notamment non « hollywoodiens » et non exclusivement anglophones). Ces derniers nous permettent de nous sensibiliser à d’autres modes de vie, d’autres cultures et de nous rappeler que nous ne sommes pas le centre du monde. Voir « mieux » de films, c’est aussi se former en tant que spectateurs critiques, capables d’échanger et de dialoguer avec ses pairs mais aussi avec des adultes.
Ainsi, vous cherchez un film ou un dessin animé à voir en famille, avec vos enfants. Que choisissez-vous ? Et pourquoi ? Un « Disney », un « Pixar » ?…
Et si vous osiez « prendre des risques » et choisir un dessin animé…français, pour cette fois-ci ?

Par exemple, « La Prophétie des Grenouilles » de Jacques-Rémy Girerd(2003), vu hier soir ?

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de "La Prophétie des grenouilles")

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de « La Prophétie des grenouilles »)

L’histoire : Au bout du monde, loin de tout, une famille paisible, plutôt non conventionnelle. Elle est en effet composée du capitaine Ferdinand-un marin « blanc » à barbe d’un certain âge-de Juliette, son épouse « de couleur »(sans doute des Antilles)et de Tom, le petit garçon qu’ils ont adopté à la mort de ses parents naturels. L’enfant appelle ce couple « Maman » et « Grand-père ». Cette famille est installée dans une ferme coquette perchée en haut d’une colline. Elle accepte de garder la petite Lili (de l’âge de Tom), le temps que ses parents, les gardiens du zoo, ramènent d’Afrique des nouveaux « pensionnaires »-des crocodiles !

Mais au pied de cette colline, le monde des grenouilles est en émoi : il n’y a plus de doute ! Toutes les prévisions coïncident : un nouveau déluge s’annonce.
Face à l’événement, les grenouilles conviennent, à titre exceptionnel, de communiquer avec les humains.
C’est alors le début d’une grande aventure où animaux et humains vont devoir apprendre à vivre ensemble. Ce qui n’est pas toujours facile.
La phrase du réalisateur
La Prophétie des Grenouilles est une fable sociale, tragi-comique, qui pose des questions sur la tolérance, l’écologie, la difficulté de vivre ensemble, les affres de la dictature… C’est aussi une belle histoire d’amour entre deux enfants.
Prix & Festivals
Festival du Film Français de Richmond 2004 -Chine- Paris- Shanghai- Corée
Tournage en Rhône-Alpes
Le film a été entièrement réalisé au Studio Folimage de Valence. Six ans de travail, un million d’images, une équipe de deux cents personnes ont été nécessaires à la fabrication de ce film
(Source : http://rhone-alpes-cinema.fr/fr/film-la-prophetie-des-grenouilles.html )
Age conseillé : à partir de 7 ans.

 

 

Ce que j’en retiens :
Sur le plan formel, d’abord, le dessin animé est extrêmement réussi et agréable à voir. Le choix des voix est aussi très travaillé(doublages par des comédiens chevronnés : Michel Piccoli en Ferdinand, Anouk Grinberg en tortue, Annie Girardot et Michel Galabru en couple d’éléphants, Jacques Higelin en lion, Romain Bouteille, Luis Rego….)Grande richesse de vocabulaire.
Sur le plan thématique, on retient cette micro-société reconstituée sur une « arche improvisée », reposant sur une bouée géante. De prime abord, il semble bien périlleux de tenter de faire cohabiter des personnes tellement différentes (des carnivores et des herbivores dans le même bateau !), alors que l’on n’a que des patates à manger ! Pourtant, cette situation d’épreuve et de crise est une opportunité de remporter une victoire personnelle et collective, comme d’éprouver, dans un contexte plus difficile, les bienfaits du « vivre ensemble », et ce, au-delà des différences.
On relève ici le rôle essentiel de la Loi, celle du capitaine-une autorité forte, bonne et bienveillante. C’est une même loi (« universelle », commune) pour tous, qui protège tout le monde et qui ne saurait souffrir d’aucune exception (« on ne mange personne » et « on ne se mange pas entre nous »)-seule condition pour que tout le monde reste en vie.
Certes, cette Loi est contraignante et vivre ensemble est très difficile pour tout le monde. Mais l’on voit aussi ce qui se passe, lorsque l’on prétend violer cette loi, sous prétexte qu’elle serait « mauvaise » et « contraire à ma nature, mes besoins, mes intérêts », et lorsque l’autorité est chassée de cette société, pour être remplacée par une figure de pouvoir, manipulant tout le monde (notamment « les bas instincts »). C’est la porte ouverte à un danger encore plus grand que la situation de crise, et la mise en danger de tous, sans exception.
Autres thèmes :
On apprendra encore que « vengeance n’est pas justice » et qu’il est aussi vain de chercher le moindre bouc émissaire, à des fins « expiatoires » et dans « l’espoir que tout ira mieux ». Un seul est mort pour vous, et une fois pour toutes.
Le thème du film fait inévitablement allusion au déluge de Noé, sans pour autant que l’on ait une explication pour ce nouveau « déluge » (d’autant plus que…cf Gen.9v11) ; la question « des origines » est aussi posée, avec une explication plutôt « mythologique » de la création du monde, venant se mêlant à une explication scientifique de l’origine des comètes.
Des « questions métaphysiques » autour de la mort (la vie après la mort) sont également posées.
D’autre part, un mot sur ces grenouilles, qui se sont mobilisées pour faire connaître « leur prophétie » au monde, quoique non « aux sages et aux intelligents », mais « aux enfants ». Et ce, sans se préoccuper de ce qui peut leur arriver à elles, pour que l’humanité soit sauvée. En cela, le titre du film, comme l’acte altruiste de ces grenouilles, donne du poids et du sens au don et à la gratuité. C’est cela, l’esprit de l’Evangile : « vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement », a recommandé Jésus. Un esprit dont notre monde, où tout semble se vendre et où il faut (se) vendre, en est malheureusement dépourvu.
Enfin, nous terminerons sur le thème de l’adoption, très présent dans ce film. On relèvera la difficulté du petit garçon à appeler son père d’adoption « papa ». Pour lui, il n’est que « grand-père ».
Pour nous aussi, chrétiens, ayant mis notre confiance en Jésus-Christ, sauveur et seigneur, notre relation avec Dieu est révélatrice de qui nous sommes. La Bible nous dit que nous avons été « adoptés » (Rom.8v15 ; Jean 1v12 ; Eph.1v5 ; Gal.4v5….). Mais qui est Dieu, pour nous ? Est-il pour vous un « grand-père à barbe blanche », certes « très gentil » et peut-être assez « distant » ? Ou bien est-il votre « Père » ? Un chrétien, estime James Packer dans « Connaître Dieu », est celui « qui connaît Dieu comme Père ». Et « le Père Lui-même (nous) aime ».

« Courageous », le film : ou oser « s’exposer »

"Courageous" d'Alex Kendrick : quand "l'honneur commence à la maison"

« Courageous » d’Alex Kendrick : quand « l’honneur commence à la maison »

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi…. »*(Michée 6v8)

Cette semaine, je me suis senti poussé à revoir le film « Courageous »(2011)**, avec mon épouse.

Après Flywheel, Facing the Giants, et Fireproof, il s’agit là du quatrième film d’Alex Kendrick(réalisateur et acteur) et son frère Stephen(producteur), tous deux pasteurs de « Sherwood Baptist Church » en Albany(Géorgie, USA)
L’histoire : Quatre policiers d’une ville américaine, très différents d’âge et de caractère, s’exposent tous les jours pour « servir et « protéger ». De retour chez eux, ils se trouvent confrontés à un défi d’un tout autre genre : la paternité et leur vie de famille, à une époque où notre société souffre de manque de pères et de repères***.  L’honneur commence donc à la maison. Lorsque l’un d’eux se trouve frappé par un drame personnel, ils décident tous de prendre l’engagement de devenir une source d’inspiration pour leur famille, qu’elle soit unie, éclatée ou plus ou moins à la dérive. Un vrai défi. Mais « les vrais pères » (ou ceux qui ont le cœur du père)se lèveront. Avec quelle force ?

Ce que j’en retiens : Le (vrai)courage, c’est de savoir quitter sa « zone de confort » pour s’exposer : par exemple, danser en public avec sa petite fille de 9 ans…ou souffrir en courant avec son fils adolescent.

Un excellent film, tant dans la forme que dans le propos et qui m’a particulièrement ému à la seconde vision, pour prendre conscience de la portée des missions et démissions des pères, et pour réfléchir à ce qu’est un « homme, un vrai », selon Dieu : non pas « la perfection au masculin », mais être « un homme fait », mâture, selon Hébreux 5v14. Un homme engagé, responsable, fidèle, qui ne vit plus seulement pour lui-même mais pour les autres (cf Eph.5v25)

La fameuse « résolution » signée par les pères de « Courageous » : http://langedeleternel.centerblog.net/6585105-La-resolution-tiree-du-film-courageous

La bande annonce du film(en anglais) :

 

Et une autre histoire de père dans le film(français, cette fois) « De toutes nos forces ».

Notes :

* Le verset emblématique du Défi Michée et aussi un chant de Pierre Lachat, pour ce même organisme. Paroles et partition également ici.

** « Courageous » : « L’honneur commence à la maison ! »(USA, 2011)
De et avec Alex Kendrick. Avec Kevin Downes, Ken Bevel
Coproduction : Sherwood Pictures, Affirm Films, Provident Films
Distribution : Tristar

*** Formule dont on use et abuse jusqu’au cliché, mais, hélas, ô combien vraie…