« Courageous », le film : ou oser « s’exposer »

"Courageous" d'Alex Kendrick : quand "l'honneur commence à la maison"

« Courageous » d’Alex Kendrick : quand « l’honneur commence à la maison »

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi…. »*(Michée 6v8)

Cette semaine, je me suis senti poussé à revoir le film « Courageous »(2011)**, avec mon épouse.

Après Flywheel, Facing the Giants, et Fireproof, il s’agit là du quatrième film d’Alex Kendrick(réalisateur et acteur) et son frère Stephen(producteur), tous deux pasteurs de « Sherwood Baptist Church » en Albany(Géorgie, USA)
L’histoire : Quatre policiers d’une ville américaine, très différents d’âge et de caractère, s’exposent tous les jours pour « servir et « protéger ». De retour chez eux, ils se trouvent confrontés à un défi d’un tout autre genre : la paternité et leur vie de famille, à une époque où notre société souffre de manque de pères et de repères***.  L’honneur commence donc à la maison. Lorsque l’un d’eux se trouve frappé par un drame personnel, ils décident tous de prendre l’engagement de devenir une source d’inspiration pour leur famille, qu’elle soit unie, éclatée ou plus ou moins à la dérive. Un vrai défi. Mais « les vrais pères » (ou ceux qui ont le cœur du père)se lèveront. Avec quelle force ?

Ce que j’en retiens : Le (vrai)courage, c’est de savoir quitter sa « zone de confort » pour s’exposer : par exemple, danser en public avec sa petite fille de 9 ans…ou souffrir en courant avec son fils adolescent.

Un excellent film, tant dans la forme que dans le propos et qui m’a particulièrement ému à la seconde vision, pour prendre conscience de la portée des missions et démissions des pères, et pour réfléchir à ce qu’est un « homme, un vrai », selon Dieu : non pas « la perfection au masculin », mais être « un homme fait », mâture, selon Hébreux 5v14. Un homme engagé, responsable, fidèle, qui ne vit plus seulement pour lui-même mais pour les autres (cf Eph.5v25)

La fameuse « résolution » signée par les pères de « Courageous » : http://langedeleternel.centerblog.net/6585105-La-resolution-tiree-du-film-courageous

La bande annonce du film(en anglais) :

 

Et une autre histoire de père dans le film(français, cette fois) « De toutes nos forces ».

Notes :

* Le verset emblématique du Défi Michée et aussi un chant de Pierre Lachat, pour ce même organisme. Paroles et partition également ici.

** « Courageous » : « L’honneur commence à la maison ! »(USA, 2011)
De et avec Alex Kendrick. Avec Kevin Downes, Ken Bevel
Coproduction : Sherwood Pictures, Affirm Films, Provident Films
Distribution : Tristar

*** Formule dont on use et abuse jusqu’au cliché, mais, hélas, ô combien vraie…

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant (nous) paraît monstrueuse…

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Pourquoi nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir…

Aujourd’hui il pleut et notre monde paraît toujours plus désespérant, notamment touché par ces trois fléaux que sont la peur, l’ignorance et l’avidité. Les repères de notre société sont bouleversés. Et ce, dans tous les domaines : éducatif, sociétal et familial, économique et social, environnemental…A cela s’ajoutent montée des extrêmes et complaisances cyniques ou fatalistes avec lesdits extrêmes…

De quoi remonter le moral, n’est-ce pas ? 😉

Que nous reste-t-il pour ne pas tomber dans le désespoir ? Lors de l’édition de « Protestants en fête » de 2013, les Protestants avaient été encouragés à être des « semeurs d’espérance ». Vaste, noble et beau programme.

Ce matin, j’ai été conduit à feuilleter à nouveau mon exemplaire de « L’Invention de la Solitude » de Paul Auster*, lu il y a une douzaine d’années. Et particulièrement cet extrait qui m’était revenu en mémoire :

« Par ce que le monde est monstrueux. Par ce que le monde ne peut mener un homme qu’au désespoir, un désespoir si total, si absolu, que rien n’ouvrira la porte de cette prison, l’absence de toute espérance, A. s’efforce de regarder à travers les barreaux de sa cellule et découvre une pensée, une seule, qui le console quelque peu : l’image de son fils. Et pas uniquement son fils, mais un fils, une fille, nés de n’importe quel homme ou de n’importe quelle femme.
Par ce que le monde est monstrueux. Par ce qu’il ne paraît proposer aucun espoir d’avenir, A. regarde son fils et comprend qu’il ne doit pas se laisser aller au désespoir. Il y a la responsabilité de ce petit être, et par ce qu’il l’a engendré, il ne doit pas désespérer. Minute par minute, heure par heure, lorsqu’il demeure en présence de son fils, attentif à ses besoins, dévoué à cette jeune vie qui constitue une injonction permanente à demeurer dans le présent, il sent s’évanouir son désespoir. Et même si celui-ci persiste, il ne se l’autorise plus.

Doc 6

Gotlib ou « le drame du Biafrogallistan ». Source : Gotlib. « Désamorçage » In La rubrique à brac tome 4, 1973, PP 64-65

 

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant lui paraît monstrueuse. Plus monstrueuse encore que la monstruosité du monde lui-même.
Car elle prive le monde de sa seule consolation, et par ce qu’un monde dépourvu de consolation est imaginable, elle est monstrueuse ».
(Auster, Paul. L’invention de la solitude. pp98-99)

 

 

 

Par association d’idées, était-il facile à Hénoc de ne pas sombrer dans le désespoir, compte tenu du monde dans lequel il vivait ? Son monde était-il plus facile que le nôtre aujourd’hui ?

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Qu’est-ce qui « l’a fait tenir » ? Et lui a permis de vivre à contre-courant, de façon positive ? Et dont nous pourrions nous inspirer ?

« Hénoc(…)marcha avec Dieu trois cents ans; et il engendra des fils et des filles »(Gen.5v22). Un homme de foi qui, avant son enlèvement, « avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu« (Hébr.11v5).

Une foi qui parle encore aujourd’hui.

 

 

 

 

Notes :

* Paul Auster(né en 1947) : l’écrivain new-yorkais le plus doué de sa génération et dont j’ai apprécié sa « Trilogie new-yorkaise » et « L’Invention de la Solitude », son premier livre, dont il est question plus haut. L’ouvrage comprend deux récits, écrits entre 1979 et 1981 :

– « Portrait d’un homme invisible », une nouvelle autobiographique dans lequel l’auteur retrace la vie de son père, un homme qui a toujours vécu sans bruit et en marge des autres et qui vient de mourir de façon inattendue.

-« Le Livre de la mémoire », une succession de textes (notés « Livre de la mémoire »), comme autant de quêtes solitaires de l’auteur sur  la solitude, la mémoire et le temps. On y retrouve le « Pinocchio » de Collodi, les prophètes Jonas et Jérémie, les Mille et une nuits…Et la citation publiée aujourd’hui sur ce blogue.