Le Livre nécessaire

Le Livre nécessaire, ni plus, ni moins….

Au hasard d’une de ses déambulations, un personnage d’écrivain du roman « le scorpion ou la confession imaginaire » d’Albert Memmi tombe sur « un livre relié en cuir doré, 1708, et par privilège du Roy », dont le titre lui donne un « coup au coeur : le livre nécessaire, ni plus ni moins ». Sans discuter, il paye « le prix demandé par le brocanteur, beaucoup trop élevé, sûrement un prix de marchandage, et (l’emporte) comme un voleur ». Et, raconte-t-il, « j’étais si troublé que je me refusai à l’ouvrir, pendant tout le trajet du retour, avant de me trouver entre les quatre murs de ma chambre : mon dépit fut à la hauteur de mon émotion :

C’était un livre de comptes ! Livre nécessaire pour les comptables, notaires, procureurs, négociants, trésoriers ou caissiers, et généralement à toute sorte de conditions, parce qu’en toute sorte de conditions, on est sujet à emprunter ou à prêter de l’argent à intérêt….. Il ne contenait rien d’autre que des colonnes de chiffres, tout le long de toute ses pages, que je vérifiai l’une après l’autre, jusqu’à ce que ma déception me l’eût fait rageusement jeter sur ma table.

Mais il y est encore, comme un rappel. Après tout, l’auteur n’avait pas tort : c’est peut-être le seul genre de livre indiscutablement nécessaire (…)

C’est vrai que j’avais cru découvrir ma solution dans la littérature, et c’est vrai que j’avais ainsi esquivé les questions les plus terrifiantes. Pourquoi suis-je ce que je suis ? Pourquoi ce monde ? Pourquoi vivre ?…C’était cela que vivait le jeune homme devant moi. C’étaient des réponses qu’il était venu chercher, malgré tout, dans une dernière tentative, parce que j’avais été son maître, et parce que je l’avais aidé (!) à formuler ces questions. Que lui répondre (…) ? Il aurait fallu que je réussisse mon LIVRE NECESSAIRE. »

 

(Le Scorpion ou la confession imaginaire, d’Albert Memmi. Gallimard, 1986. Folio, pp 237-238)

Le sens de la vie, c’est que la vie fasse sens

« Le sens de la vie, c’est quelque chose qu’il faut lire…du non-sens vers le sens… » (Dessin d’Andy Singer)

Le sens de la vie c’est de gauche à droite.
Parce que la vie est quelque chose qu’il faut lire.

Le sens de la vie c’est du début à la fin.
Parce que le temps de Dieu va du premier jour de la Genèse au dernier jour du Jugement.

Le sens de la vie c’est de la mort à la vie.
Même si pour les non-chrétiens c’est le contraire.

Le sens de la vie c’est du non-sens vers le sens.
Parce que Dieu nous fait grâce de donner du sens à nos vies.

Le sens de la vie, c’est que la vie fasse sens.
De plus en plus.
Par Christ

[Une « question peu originale », qui a reçu « une réponse originale » sur « 1001 questions »]

Répondre à la question la plus fondamentale qui soit

 

"Sisyphes modernes", par Andy Singer

« Sisyphes modernes », par Andy Singer

« Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie », écrit Albert Camus à la première page de son « Mythe de Sisyphe »(Folio). Le reste n’est que jeu ou broutille. Si vos recherches, cogitations ou spéculations(philosophiques ou théologiques)diverses vous amènent à vous croire « mieux informés que les autres », mais sans pour autant vous apporter une réponse à la question fondamentale, elles n’ont strictement aucun(mais alors aucun)intérêt.

On ne sait pas comment Hénoc a découvert que la vie vaut la peine d’être vécue, mais une chose est certaine : c’est devenu une certitude pour lui. Genèse 5v21-29 ne nous parle pas des premières années de la vie d’Hénoc, mais un changement majeur est intervenu dans sa vie, avec un heureux événement : la naissance de son fils Mathusalem, à l’âge de 65 ans. A partir de là, le texte biblique nous apprend qu’Hénoc a vécu encore 300 ans….300 ans(de marche)avec Dieu, soit l’essentiel de sa vie. « Et il engendra(encore)des fils et des filles »(v22). S’est-il contenté de les voir grandir, dans un monde marqué par le péché et ses conséquences-la mort, qui touche tout homme, quelque soit la durée de sa vie ?(Gen.5v5, 8, 11, 14, 17, 20….)Sans doute pas. La première que nous transmettons à nos enfants est la vie. Que la  vie est un cadeau, et, non seulement qu’elle a un sens, mais comment elle a un sens. Comment la vie a un sens, Hénoc l’a transmis par sa marche(observable) de 300 ans avec Dieu(Gen.5v21-22). L’issue de sa vie de marche avec Dieu témoigne d’une promesse de rupture avec la malédiction originelle-la mort, conséquence du péché(Gen.2v16-17, 35) : Hénoc ne mourut pas, car Dieu l’enleva. Récompense de sa foi(Hebr.11v5-6).

Hénoc fut également l’arrière grand-père de Noé, dont le nom signifie « repos » : une « consolation » et une autre promesse de rupture avec la malédiction liée au travail, suite à la chute et au péché(Gen.5v29 cf Gen.3v17-19). Jusqu’à son plein accomplissement(1 Pie.1v18-21)

Et cela, parce qu’Hénoc, « avant son enlèvement, avait reçu le témoignage(d’être)agréable à Dieu », du fait de sa foi. « Or, sans la foi, il est impossible de(plaire à Dieu) ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent »(Hébr.11v5-6)