Foireux liens de mai (33) : « fuir le monde » ou « s’engager dans le monde »

Les « Foireux liens » de mai : Européennes, réforme, feuilletons…

Bonjour ! Voici notre 33ème édition des « Foireux liens ». Au menu, Européennes 2019, projet de réforme « de la défiance », nouveaux épisodes de feuilletons politico-médiatico-judiciaires, Notre Dame de Paris, Vincent Lambert, GAFA, Transhumanisme, Fake news, travail dominical, Amazon….

Bonne lecture !

 

1) Européennes : « Tout ça pour ça » : Le score RN se ramène finalement à 23,3 %, soit 0,9 % d’avance sur la liste LREM (d’où même nombre de sièges à Strasbourg), et font moins bien qu’en 2014. Les macronistes se retrouvent un peu ballots après avoir clamé pendant des semaines qu’une vague brune déferlait et que seul M. Macron pouvait en préserver les peuples… Il n’y avait pas de vague brune : on le savait d’avance.

Voir aussi : Européennes 2019 : Les résultats des élections dans toute l’Union

Ce scrutin modifie les équilibres politiques dans l’hémicycle. « Contexte », média web français spécialisé sur les institutions, les politiques publiques et la fabrique de la loi, publie une série d’infographies sur les résultats, à comparer avec la composition du Parlement 2014-2019.

Et : découvrez les 74 députés français du Parlement européen

RN : 5 millions d’euros d’argent public détournés, une 20aine d’élus mis en examen, 40 collaborateurs soupçonnés dont la tête de liste aux Européennes 2019. Résultat : 1er parti français au Parlement européen durant les 5 prochaines années…

2) Ecole : Le projet de loi « de la défiance » amendé et adopté par le Sénat

Mardi 21 mai, le Sénat a approuvé le projet de loi « pour une école de la confiance » par 213 voix contre 95, après l’avoir largement amené (60 amendements adoptés, dont certains controversés, telle la possibilité d’une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme, ou cet autre amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires pour les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires). Les sénateurs ont également supprimé l’amendement qui prévoyait la création des établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), des structures qui regroupent un collège avec plusieurs écoles. Cette annonce avait suscité la colère grandissante des enseignants et des parents d’élèves. Députés et Sénateurs vont maintenant tenter de se mettre d’accord pour une adoption définitive rapide d’un texte inspirant, jusqu’à présent « la défiance » des enseignants et des parents.

Voir aussi le projet de loi « Pour une école de la confiance ».

3) Notre-Dame de Paris : une étrange manoeuvre financière risque de disperser les donateurs
Président de la Fondation du patrimoine depuis 2017, Guillaume Poitrinal décide unilatéralement de clore la souscription Notre-Dame et de diriger une partie de l’argent vers d’autres chantiers. Désarroi chez les donateurs. Désapprobation au ministère de la Culture, aux Monuments nationaux, à la Fondation Notre-Dame, à la Fondation de France. Et perplexité de l’opinion….

4) Affaire Vincent Lambert : le monde politique divisé après la reprise des traitements

La reprise des traitements étant acquise, les parents du patient réclament désormais son transfert, tandis que les responsables politiques opposent droit à la vie et droit à mourir dans la dignité.

Voir aussi : Vincent Lambert : quels enjeux juridiques et éthiques ?

5)  Pourquoi vous ne pouvez plus acheter chez Amazon

Lorsque vous achetez sur Amazon, tout est fluide, rapide. Tout est simple pour vous. Et c’est une réalité. Mais à quel prix ? Je ne parle pas du prix de ce que vous achetez. Mais le prix de votre petite conscience. Préférez-vous rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? Ainsi, voulez-vous vous offrir le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? Seriez vous d’accord d’être licencié par une machine ? Voulez-vous cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? Voulez-vous être surveillé dans votre chambre par Amazon ? Etc….

Voir aussi : Sept femmes enceintes licenciées par Amazon : 7 procès en 8 ans

Et Chez Amazon, un algorithme vire les employés « pas productifs »

6) Vous n’arrivez pas à vous déconnecter des GAFA ? Embrouillez-les !

Vous n’échapperez pas à la surveillance de masse, mais vous pouvez la gêner. Le livre « Obfuscation, vie privée, mode d’emploi » explique comment…

7) Quand Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel

Nous nous sommes trompés sur un point essentiel : Internet n’est pas une utopie mais un outil. Et pour comprendre cet outil nous devrions nous replonger dans les lectures d’Ivan Illich. Pour lui dès qu’un outil est institutionnalisé et s’impose comme ce qu’il qualifie de « monopole radical », un outil dont personne ne peut se passer et dont l’usage devient une injonction de consommation, il devient dysfonctionnel et détruit l’objectif qu’il est censé servir (…) En quelques années, Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel. Il était censé rapprocher les hommes, il les fracture. Au lieu de rendre la planète plus intelligente, il développe une sous-culture de la médiocrité.

8) Non, les « digital natives » ne sont pas tous des geeks, ils ne savent pas forcément utiliser les outils disponibles en ligne et ils ne font pas preuve d’un esprit critique à toute épreuve devant les flots d’information. Ne confondons pas la familiarité avec un médium et la connaissance approfondie de la manière de s’en servir. La ligne de partage ne passe pas par la date de naissance mais par la culture générale et l’éducation aux médias numériques.

9) Quand la paresse intellectuelle nous rend plus facilement manipulable

Aujourd’hui, l’information doit se faire la plus brève possible pour être susceptible d’attirer l’attention du chaland au risque de paraître “relou” et se faire zapper. Combien de fois ai-je entendu : “Mais tu es sûre que tu ne veux pas transmettre ton témoignage aussi en vidéo car tu attirerais plus de monde, tu sais les gens de nos jours n’aiment plus lire blablablablabla?” Sauf que l’information de qualité ne peut pas se résumer en quelques caractères….

10) «Attaque» de la Pitié-Salpêtrière. La fake news venait de l’Intérieur

Non, contrairement à ce qu’a affirmé Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, l’hôpital parisien n’a pas été pris d’assaut et dégradé par des manifestants mercredi 1er mai. Décryptage d’un emballement inquiétant.

11) Quand Marine Le Pen prônait l’interdiction des manifestations en période d’urgence

En mai 2016, en plein mouvement contre la loi travail, Marine Le Pen [qui se présente aujourd’hui comme la « grande défenseure des Gilets jaunes »] fustigeait les manifestations, appelant à leur interdiction, ainsi qu’au renforcement des forces de répression. A (re)découvrir, cet article publié sur Public Sénat et datant de 2016….

12) Le Conseil économique, social et environnemental : une institution méconnue, méprisée… et précieuse

La Ve République dispose avec lui d’une institution capable d’anticiper les grands mouvements sociaux, d’apprécier les évolutions de la société et de s’en faire le porte-voix. Plutôt que de créer de toutes pièces de nouvelles institutions, il serait sage d’utiliser celles qui existent déjà et dont c’est le rôle tel que prévu par la Constitution. Par exemple, le conseil économique, social et environnemental, de nature à être force de proposition sur tous les grands thèmes de société et anticiper d’éventuels difficultés ou blocages. C’est ainsi qu’il était en mesure d’anticiper le mouvement des « gilets jaunes », sans forcément avoir été écouté…..

13) Licenciements chez Cora : le «chaos législatif» du travail dominical

Le licenciement pour faute grave de deux salariés de la chaîne d’hypermarchés, opposés au travail le dimanche, pose à nouveau la question de son encadrement. Si les employés sont censés avoir le droit de refuser, ils n’en ont pas souvent la possibilité concrète.

14) Le succès du coaching à l’épreuve du professionnalisme

L’émoi suscité par l’émission de France Inter, diffusée en novembre 2018, sur « les dérives du coaching », met en exergue l’enjeu de la professionnalisation des coachs. Dans ce secteur en pleine expansion, la certification par les associations professionnelles (ICF, SF Coach…) ou écoles est un premier pas, mais elle n’est pas suffisante à la formation de professionnels compétents. Ceux-ci ont besoin de s’ouvrir à des approches leur permettant de mieux comprendre les contextes dans lesquels ils interviennent et d’instruire les dilemmes et tensions qui surgissent de leur pratique (…). Trois critiques alimentent de manière récurrente les analyses sociologiques du coaching.

15) Écriture inclusive et exclusion sociale

Les complexités de l’écriture inclusive ne sont pas seulement techniques si l’on considère les conséquences sociales éventuelles. Ne nuiraient-elles pas à l’égalité sociale ?

16) Des médias s’unissent pour documenter les effets du changement climatique en France

Fin 2018, Basta !MediapartPolitisReporterre et la Revue Projet se sont associés pour constituer un groupe de journalistes sur le climat. Jeudi dernier, 18 avril, ces médias ont poursuivi ce travail collectif en publiant sur leurs sites respectifs, une deuxième série d’articles concernant l’impact de la crise climatique en France chez les jeunes, les victimes de catastrophes naturelles, les agriculteurs, les personnes souffrant d’allergies… Un site baptisé « Jiec.fr » pour « Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat » est dédié à ces publications communes.

17) Bygmalion :Sarkozy sera bien jugé en correctionnelle

C’est un nouveau pas vers un procès en correctionnelle pour Nicolas Sarkozy. Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 17 mai, que rien ne s’opposait à ce que l’ancien président soit jugé dans l’affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

La justice reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir dépensé au moins 42,8 millions d’euros, soit plus de 20 millions d’euros au-dessus du plafond autorisé, grâce à un système de facturation frauduleux. L’ex-chef de l’Etat a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce délit, mais sa défense a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester cette décision. Franceinfo répond à cinq questions sur cette décision.

18) Mais que devient François Fillon ?

François Fillon sera bel et bien jugé pour détournement de fonds publics, recel de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et manquement aux obligations déclaratives de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Son épouse, Pénélope Fillon, est quant à elle renvoyée devant le tribunal pour complicité et recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. S’il va donc bien devoir répondre de ses actes passés devant la justice, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy coule, depuis sa retraite forcée de la vie politique, des jours plutôt heureux. Il ne lui a, en effet, pas fallu plus de trois mois après sa cuisante défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle pour décrocher un job en or, en devenant associé du prestigieux fonds d’investissement Tikehau Capital.

19) Etats-Unis : Comment le parti républicain a abandonné la question du porno

Autrefois, la lutte contre la pornographie était au coeur du combat culturel américain. Aujourd’hui, la porno est une énorme industrie – nocive – sans réels adversaires. Qu’est-il arrivé ?

20) Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques

Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar à une période où, en Europe, beaucoup s’engagent dans des politiques identitaires , il est très important que les chrétiens aient une juste compréhension de leur propre identité et sachent que penser et comment prier et s’engager dans les questions politiques. C’est notamment le cas devant la tentation de réagir en se conduisant comme un groupe identitaire en présence des défis du libéralisme et de l’islam….

21) L’État, la Société se porteraient-ils mieux ou moins bien si les chrétiens étaient mêlés au pouvoir ?

A la dernière présidentielle, suite aux résultats du premier tour (Macron-Le Pen), certains chrétiens voire pasteurs, sur les réseaux sociaux ou blogs avaient appellé à « investir la société, ne pas juste être spectateur mais acteur ». Investir, d’accord, mais de quelle manière ?

22) Comment faire Église aujourd’hui ? Le point de vue d’un Attestant

Pascal Geoffroy, pasteur, membre des Attestants, revient sur la création de ce mouvement, au regard de l’histoire.

23) Une communauté nourrie par la prière

Dans un précédent article, le pasteur Philippe Golaz expliquait que « la prière était ce qui permettait de rester spirituellement vivant, en étant relié au Père ». Plus récemment, lui-même a mis un frein à sa frénésie du faire et à la pile de projets en attentes pour prendre un temps d’écoute et de discernement. De là cette conviction que la première chose à faire, était de réinvestir le domaine de la prière. Que si la relation au Père n’était pas entretenue en amont, alors tout le reste serait vide de sens et ne porterai pas de fruit, ou alors beaucoup plus difficilement.

24) « The Bible Project » maintenant en français

Connaissez-vous le site “The Bible Project” ? Lancé en 2014, ce site qui contient de nombreuses vidéos est une véritable mine d’or pour tous ceux qui veulent creuser les Écritures. A l’occasion des fêtes de Pâques, une version du site et des vidéos est désormais accessible en français.

25) Quand je croyais que Dieu voulait que je sois avec un non croyant

Une note de blogue adressée aux “missionnaires de l’amour” autrement dit tous ceux et celles qui pensent que Dieu les appellent à être en couple avec des personnes ne partageant pas leur foi pour les convertir par la suite.

26) Quand Rien créa Tout

Toi, tu crois en rien », réplique Paul (joué par Edouard Baer), musicien tendance punk-anar à son fils, dans « la lutte des classes » de Michel Leclerc(2019). Olivier Keshavjee, le théologeek, nous partage sa traduction autorisée d’un article de Joe Carter, lequel propose une tentative de méta‐narratif athée‐matérialiste simple et compréhensible qui explicite la question de la compréhension de soi. Il s’agit donc du regard constructif d’un chrétien sur une vision du monde scientifique réductionniste ontologique…..

27) Le corps, humus sans espoir

Nous vivons, et nous mourons. C’est un fait indépassable de la vie humaine. Qui que nous soyons, dans ce monde dans lequel nous vivons maintenant, nous vivons et nous mourons. Pour ceux qui voient s’éteindre des proches, que cela signifie-t-il ? Douleur, perte, deuil. Séparation. Dans ce processus de deuil, ce qui arrive au corps de la personne décédée a de l’importance. L’humanité a d’ailleurs toujours eu conscience de cela, d’où l’importance des rites funéraires qui apparaissent très tôt dans l’histoire humaine. Les deux « rites » autorisés en France sont la crémation et l’inhumation. Mais une autre alternative a fait le titre d’un article du Monde : l’humusation, c’est à dire la transformation du corps en humus.

28)Aux origines du transhumanisme

Le récit transhumaniste commence dès le livre de la genèse, le premier livre du pentateuque avec cette promesse « vous ne mourrez pas », tous les mythes et légendes anciennes, celles des sumériens de la Mésopotamie, des fables de l’odyssée de Homère, l’élixir des alchimistes des chinois et leurs pilules d’immortalité, nous rapportent des rêves de dépassement de l’humanité et de conquêtes contre la mort.

L’histoire très ancienne de ces récits nous évoquent de fait la mémoire d’une humanité à la quête de son paradis perdu et sa volonté de conquérir le fruit interdit en gommant si possible le récit construit de la civilisation humaine fondée depuis la chute, sur l’idée de la mort. Décryptage sur le blog « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître, partenaire de Pep’s café.

29)Sortir ! Recension du livre de Natalia Trouiller, un essai sur la stratégie que l’église devrait adopter pour traverser notre époque post-moderne.

Comment se fait-il que nous soyons plus prompt à considérer l’impureté du monde et vouloir le fuir, plutôt que de vouloir comme Christ nous incarner dedans et embrasser à pleine bouche son impureté et sa crasse pour la purifier par l’Esprit?

Réponse, selon l’auteur: Parce que nous avons développé une disposition collective de type gnostique. Nous séparons le corps de l’âme, nous rejetons la matière pour embrasser le pur spirituel, nous fuyons le monde pour embrasser la Connaissance Salvatrice. Nous nous satisfaisons de connaissance et de saine doctrine, en refusant de nous laisser transformer par elle pour agir ensuite. Nous avons développé un habitus de cathare. Et ce n’est pas un compliment. La suite sur Phileo-sophia, le blog d’Etienne Omnès.

Et le dernier pour la route :

30) « Les plantes sont extraordinaires : c’est un modèle décentralisé dont tous les membres participent à la décision »

Pour Stefano Mancuso, fondateur du laboratoire de neurobiologie végétale, tout ce que nous construisons au niveau de nos organisations sociales est bâti sur le modèle du corps animal. Or les animaux – humains compris – ne représentent que 0,3 % de la vie sur la terre, bien moins que les trois autres catégories que sont les végétaux, les champignons et les êtres monocellulaires. L’écrasante majorité des êtres vivants utilise des modèles différents du nôtre, qui est très fragile. Il suffit d’enlever la tête et toute l’organisation s’écroule. Il y a eu des empires, comme ceux des Aztèques et des Incas, des civilisations très avancées, dont l’organisation reposait exclusivement sur l’Empereur. Il a suffi aux Espagnols de s’attaquer à ce dernier pour que tout le système s’écroule instantanément. Par son organisation horizontale, une plante survit même si, par exemple, un animal mange ou détruit une partie de son corps, quand un animal meurt dès qu’un de ses organes vitaux ou son cerveau sont ôtés ou détruits. Comment ce modèle peut nous inspirer dans l’organisation des sociétés humaines ?

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en juillet.

 

 

Brésil : La vision non neutre du monde éducatif de Bolsonaro et de l’Ecole Sans Parti

Le projet de réforme éducative de « l’Ecole Sans Parti », actuellement en débat au Brésil, est-il « bien parti » ?

« Brésil : Le futur ministre de l’Education est un théologien évangélique », tel est le titre d’une dépêche parue le 27/11/18 sur le site « Evangéliques info »(1) et relative au programme éducatif de Bolsonaro, le nouveau président du Brésil et de son prochain ministre de l’Education, Ricardo Vélez-Rodriguez :

« …Tout comme Jair Bolsonaro, il entrera en fonction en janvier 2019. Ce théologien évangélique est un défenseur du projet «école sans parti», qui a pour objectif de limiter «l’abus de la liberté d’enseigner». Selon un article de La Croix, il affirme vouloir instaurer des conseils éthiques, qui s’assureraient que les élèves brésiliens reçoivent «une éducation moralement correcte». Professeur de philosophie à l’université de Juiz de Fora, le futur ministre de l’Education dénonce sur son blog Rocinante le système éducatif actuel qui, selon lui, «prend en otage les Brésiliens et leur impose une doctrine ancrée dans l’idéologie marxiste». Un choix essentiel pour le président brésilien, pour qui « la question de l’éducation a été au coeur de la campagne électorale » et qui « souhaite faire adopter un projet de loi stipulant que «les valeurs familiales doivent prévaloir sur l’enseignement scolaire pour ce qui est de l’éducation morale, sexuelle, et religieuse».

Cette dépêche est très exactement une reprise d’un article de La Croix (2) et d’un autre paru sur le « 20 minutes »(3). Elle nous donne à penser que le programme éducatif du Président Bolsonaro et de son futur ministre serait « évangélico-compatible » et empreint de « bonnes valeurs ». Cependant, cette reprise s’avère malheureusement partielle, ne tenant pas compte d’autres éléments importants, pourtant bien présents dans l’article-source de La Croix, et de nature à nous permettre de mieux évaluer ledit programme.

Ainsi, informer, c’est (toujours) choisir : choisir de parler d’un fait et pas d’un autre ; ou encore choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information. D’autre part, informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur. Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant, tandis que s’informer consiste à se donner les moyens de comprendre ce que l’on nous transmet.

Ainsi, une lecture plus complète de l’article-source (2) nous permet d’apprendre qu’ « après que les députés évangéliques [aient] posé leur veto (…) sur une autre personnalité du monde de l’éducation, pressentie pour le poste, mais jugée trop modérée, Jair Bolsonaro a finalement choisi ce théologien [catholique et non pas « évangélique ». NDLR] de 75 ans, diplômé en philosophie à l’Université pontificale Javeriana en 1964, et en théologie au séminaire conciliaire de Bogotá, en Colombie, avant de poursuivre ses activités au Brésil. (…) Inconnu de la communauté éducative, l’homme a été recommandé dans une vidéo Youtube par l’idéologue adulé par l’extrême droite brésilienne, Olavo de Carvalho, qui a lui-même refusé le poste (…). Dans un post publié sur son blog en 2017, Ricardo Vélez-Rodriguez juge aussi « patriotique et nécessaire » de commémorer la date du 31 mars 1964 (date du coup d’état militaire).…..il défend même l’instauration, dans toutes les écoles, de conseils d’éthique, qui viseraient à surveiller [je souligne] que les élèves brésiliens reçoivent bien « une éducation morale correcte ».

Cependant, poursuit l’article de La Croix (2), si les députés évangéliques ont été « enchantés » par cette nomination, beaucoup s’inquiètent. Qualifié « d’ayatollah » par l’éditorialiste Clovis Rossi, comparant ses conseils d’éthique à la « police morale de l’Iran », ce nouveau ministre « annonce un futur ténébreux pour l’éducation de notre pays », a réagi la Confédération des fonctionnaires municipaux (Confetam) dans un communiqué…… ».

Il est singulier qu’Evangéliques.info n’ait pas estimé fondamental de nous informer sur ces réalités-là….

Une telle nomination est toutefois logique, après examen du plan d’éducation du futur gouvernement Bolsonaro, lequel plan, estimé plutôt vague sur certains points, présente certaines priorités en la matière.

Au coeur de ces priorités, la volonté affichée de combattre ce que le Président nouvellement élu présente comme « l’un des plus grands maux [de l’éducation] aujourd’hui », lequel serait « le fort endoctrinement », mis en œuvre, d’après lui et ses partisans, par le Parti des travaileurs (PT) sous leur gouvernement (2003–2016, Lula puis Dilma Rousseff (4).

La vision éducative de Bolsonaro s’appuie sur « l’Ecole sans parti » (« Escola Sem Partido »), un projet de réforme de l’enseignement datant de 2004, actuellement examiné au Parlement fédéral et faisant l’objet d’un débat intense au Brésil, au point de diviser au sein même du corps enseignant et des familles. Les opposants l’appellent « Lei da mordaça » ou « loi de la muselière ». « À l’origine »peut-on apprendre sur le site bien documenté de « l’Observatoire Pharos du pluralisme culturel et religieux »(5), « il s’agit d’un mouvement civique de groupes de parents et d’enseignants inquiets de l’endoctrinement et de la pensée unique qu’ils constatent dans les écoles fréquentées par leurs enfants. De nombreux élèves, parents et enseignants se plaignent du fait que les enseignants imposent leur idéologie, leurs opinions politiques [souvent « de gauche »] ou religieuses. Le manifeste du mouvement réclame que soient affichés dans les écoles les « devoirs de l’enseignant ». Ce mouvement civique évolue ensuite aux stades politique et judiciaire, lorsqu’en 2014, certains partisans du mouvement déposent des projets de loi aux niveaux locaux ou nationaux, inspirés par le manifeste. Par la suite, certains parents font pression sur des enseignants ou portent plainte contre ceux qui ne respectent pas la nouvelle législation ».

Aujourd’hui, la proposition de réforme de l’enseignement – en discussion au Parlement fédéral – propose, entre autres, de proscrire l’enseignement de matières traitant du genre ou de l’orientation sexuelle. Elle prévoit aussi d’imposer à l’enseignant le devoir de « neutralité » en lui interdisant la promotion de ses préférences idéologiques ou religieuses en classe, ou de rendre obligatoire l’affichage dans les salles de classe d’ une plaque (de 90 centimètres de haut sur 70 de large) décrivant les « six devoirs du professeur » du manifeste initial – comme le respect du droit des parents pour que leur enfant reçoive une éducation morale et religieuse en accord avec leurs convictions – avec un numéro de téléphone anonyme pour que les élèves puissent dénoncer les enseignants qui chercheraient à les « endoctriner »(sur les questions politiques, religieuses ou liées à l’orientation sexuelle).

L’on peut comprendre toute la légitimité des préoccupations des parents, soucieux du respect de la liberté de conscience de l’élève et de l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants. Les partisans du projet considèrent par ailleurs que « l’école est un lieu de transmission d’un savoir, qui doit viser autant que possible la neutralité. Considérant que toute interférence est une violation du droit des parents à élever leurs enfants suivant les principes qui leurs sont chers, ils accusent les enseignants de ne pas respecter la liberté d’opinion, de croyance et de conscience des familles et des élèves ». Sauf que l’enseignant n’est pas un simple « instructeur » ou « une machine » ayant pour seule vocation de « recracher » un contenu « neutre et objectif », sans aucune interaction avec ses élèves.  D’autre part, pour de nombreux observateurs, si les excès commis par des enseignants sont réels, ils demeurent marginaux (5).

Ceci dit, ce projet de « l’Ecole sans parti » s’avère en réalité dangereux et pervers, pour plusieurs raisons :

– Parce que le fond de ce projet se résume à :« vous avez peur, vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires ». Etantfondé sur « une crispation identitaire autour de questions de mœurs, de croyance et de sécularisation », il risque de provoquer « une judiciarisation des rapports enseignants-parents »(5), nourrissant un climat de peur et de méfiance mutuelle.

– Parce qu’il vise à neutraliser les professeurs – présentés non comme des acteurs de la formation des élèves mais comme « une menace à contenir » – en instaurant un état de censure et de chantage permanent, de nature à affaiblir leur autorité et à remettre en question leur droit constitutionnel à exercer leur liberté pédagogique. En outre, il est à craindre que, du fait de l’interdiction d’aborder certains sujets en classe [tels que liberté et orientation sexuelle, darwinisme], au nom du respect des opinions politiques, morales ou religieuses, et pour mieux combattre certaines idéologies sous-jacentes, il devienne difficile, voire impossible, de parler d’autres sujets, tels les droits des minorités et des femmes, le racisme, la violence, les inégalités/injustices, la dictature, les croyances…..

– Parce qu’il encourage la délation d’un enseignement dénoncé comme « politisé » : « Depuis cinq ans, on reçoit de plus en plus de témoignages de professeurs menacés, exposés sur les réseaux sociaux ou renvoyés », rapporte Diogo da Costa Salles, professeur d’histoire de 26 ans au primaire et au collège à Rio, et l’un des coordinateurs de « Professeurs contre l’École sans parti », un mouvement créé contre la loi « Escola sem partido » (École sans parti). La tendance s’est accentuée depuis la récente campagne électorale, d’autant plus qu’au lendemain de l’élection de Jair Bolsonaro, une députée de son parti a appelé dans une vidéo à filmer les professeurs qui « endoctrinent » pour dénoncer leurs « discours politico-partisan ». Un appel repris par Jair Bolsonaro quelques jours plus tard…..»(6)

–  Parce que sous couvert d’imposer « la neutralité » dans l’enseignement, ce programme éducatif favorise en réalité un nouvel endoctrinement à l’école, sous prétexte d’en extirper un autre. D’autant plus que choisir/imposer d’être « neutre », ou ne pas parler de certains sujets, est déjà en soi un acte politique ! (6)

Dans ce « package idéologique », nous trouvons une vision utilitariste et marchande, avec la volonté de faire de l’école un lieu de transmission d’une idéologie économique et sociale (le libéralisme) et un lieu de formation d’une main-d’oeuvre bon marché, plutôt qu’un lieu de stimulation d’une pensée critique, de pluralisme et de diversité. Cette volonté est illustrée par cette déclaration à l’agence de presse Agência Brasil du Président Bolsonaro lui-même – qui a nommé comme « super ministre » de l’économie Paulo Guedes, formé à la très libérale « école de Chicago » – comme quoi l’école devra être «un lieu où l’on apprend la physique, les mathématiques et la chimie pour faire en sorte d’avoir, à l’avenir, de bons emplois, de bons patrons et de bons libéraux »(3).

Un autre souhait du futur gouvernement est le retour aux programmes scolaires de l’éducation morale et civique, matière abolie après la fin de la dictature militaire. Ainsi, le général Aléssio Ribeiro Souto, l’un de ceux nommés par Bolsonaro pour élaborer le plan d’éducation, remet en question la théorie de l’évolution pour défendre le créationnisme dans l’enseignement scientifique. Mais il prêche aussi un révisionnisme historique de la période dictatoriale dans les cours d’histoire, exigeant que la «vérité» sur le régime soit dite. A noter que contrairement au matériel didactique utilisé par les écoles militaires brésiliennes [dans lesquelles est intervenu Aléssio Ribeiro Souto], qui parlent du coup d’Etat de 1964 comme de l’«évolution de 1964», les livres du Ministère de l’éducation définissent le régime comme une dictature ».

Autre priorité de Bolsonaro et de ses partisans « effacer l’idéologie de Paulo Freire » (1921-1997), en référence à l’une des grandes figures de l’éducation dans le pays, connu pour sa théorie de la pédagogie de l’opprimé. Sauf qu’à l’heure actuelle, ni les programmes de base ni les programmes de l’école secondaire ne se réfèrent aux méthodes de Freire – pas plus qu’ils ne contiennent le mot «genre», qui a déjà été retiré des plans d’éducation en raison de pressions politiques. En réalité, selon Daniel Cara, coordinateur de la campagne nationale pour le droit à l’éducation et ancien candidat au Sénat pour le PSOL, « le rejet de Paulo Freire est une stratégie parce qu’il symbolise la stimulation de la pensée critique. Ce que Freire défend est accepté dans le monde entier….».(4)

Bref, l’Ecole semble bien « mal partie » sous Bolsonaro, pour qui la mise en œuvre d’un tel plan éducatif ne sera pas aisée, puisque le Président brésilien se heurtera, l’an prochain, au Conseil national de l’éducation, un organe indépendant qui accompagne les décisions du ministère.

Ceci dit, Olavo Nogueira Filho, directeur du mouvement Tout pour l’Education, très critique envers le manque de profondeur des projets de Bolsonaro, regrette que le débat sur la politique éducative n’ait pas eu lieu durant la campagne électorale. Il espère que le nouveau gouvernement sera « disposé à écouter les nombreuses propositions à l’étude dans la sphère interpartis, afin de rechercher des progrès durables dans ce domaine.»(4)

Et quant à l’historienne Lilia Schwartz, elle regrette aussi, dans une tribune pour le journal en ligne Nexo, qu’autant d’énergie soit mobiliser à discuter d’un projet si obscurantiste, qui fragilise les maîtres et retire aux élèves le droit à une éducation critique ». Pour elle, le « problème majeur n’est pas “l’endoctrinement”– qui n’a d’ailleurs jamais été sérieusement étudié », mais « l’éducation défaillante que nous proposons. » (6)

Or, à l’inverse d’une telle conception « autoritaire » et « régressive » de l’éducation, laquelle fait de façon contradictoire « la promotion de l’endoctrinement à l’envers », l’école devrait être le lieu où l’on apprend à aimer la vérité et où l’on apprend à penser, pour penser par soi-même. Non seulement pour devenir un être responsable et autonome, mais aussi pour ne pas être fataliste face aux « horreurs » de notre histoire passée ou présente, que le petit d’homme va découvrir peu à peu en s’ouvrant au monde réel. Et non en s’enfermant dans un univers clos, fantasmé et idéalisé. L’école devrait aussi être un lieu de vie et d’apprentissage, où enfants et adultes apprennent à vivre réconciliés – avec eux-mêmes, les autres et leur environnement – bâtissant des relations de confiance, dans la paix et le respect.

Prions pour que de bons choix éducatifs soient faits au Brésil, pour de belles écoles où l’on ferme la porte au rejet, à la haine et à l’ignorance, et où l’on ouvre l’horizon des enfants.

 

 

Notes : 

(1) http://www.evangeliques.info/articles/2018/11/27/bresil-le-futur-ministre-de-l-education-est-un-theologien-evangelique-19138.html

(2) https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/theologien-tete-ministere-bresilien-leducation-2018-11-25-1200985390 [Ricardo Vélez-Rodriguez sera finalement limogé et remplacé, début avril 2019, par Abraham Weintraub, venu de la finance cf http://www.lefigaro.fr/flash-actu/bresil-bolsonaro-limoge-un-2e-ministre-celui-de-l-education-20190408 ]

(3) https://www.20minutes.fr/monde/2378723-20181123-bresil-nouveau-ministre-education-bolsonaro-philosophe-theologien

(4) https://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-bolsonaro-lance-la-bataille-contre-les-ideologies-nocives-dans-le-systeme-educatif.html

(5) https://www.observatoirepharos.com/pays/bresil/reforme-de-lenseignement-renforcer-ou-limiter-le-pluralisme-dopinions-pt/ (Voir aussi : https://journals.openedition.org/bresils/2856). Rappelons qu’au Brésil, l’État ne gère directement qu’une minorité des écoles. Les écoles sont en majorité privées ou semi-privées. Les programmes scolaires existent, mais peuvent varier d’un État à l’autre. Les manuels également. La marge de manœuvre pédagogique, didactique et idéologique des écoles est très grande. La religion est une matière enseignée dans le cadre scolaire. Les enseignants ont également le droit constitutionnel d’exercer leur liberté didactique. Ils doivent cependant respecter les principes de la Constitution qui protègent l’enfant de tout endoctrinement et qui garantissent la liberté éducative des parents.

(6) https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Au-Bresil-enseignants-sinquietent-detre-places-surveillance-2018-11-28-1200985996 

Foire aux médias (1) : médias chrétiens

Médias chrétiens : le pluralisme existe-t-il ?

Médias chrétiens : le pluralisme existe-t-il ?

Suite à l’introduction de notre dossier « Foire aux médias »(et non « foireux médias »)publiée hier, voici notre première partie consacrée aux « médias chrétiens » : journaux, magazines, radios, sites et portails…[Mise à jour le 17/12/16]

 

Médias, sites et portails chrétiens

 

CNEF : le site du Conseil National des Evangéliques de France.

Le Christianisme Aujourd’hui : il est actuellement, à ma connaissance, le seul mensuel d’information et de réflexion protestant évangélique francophone de référence. A ce titre, une source d’information essentielle sur cette branche du christianisme. Né en 2003 de la fusion du « Christianisme au XXIe siècle » (fondé en 1871 !) et du mensuel « L’Avènement », il est publié en deux éditions distinctes, l’une française et l’autre suisse. Le Christianisme Aujourd’hui fait partie du groupe de presse protestant Alliance Presse, qui propose plusieurs magazines, notamment pour les enfants, les jeunes, la famille(Family), ou les femmes(SpirituElles).

Christ seul :  magazine des Eglises Evangéliques Mennonites de France, qui paraît 11 fois par an, et dont l’ objectif est « de contribuer à une foi et une éthique chrétiennes fondées sur Jésus-Christ, vécues en Eglise, pour le bien de tous ».
Découvrir le site du journal et le blogue.
Une bonne publication, au très beau nom, pour mieux connaître cette branche du protestantisme, issue du mouvement anabaptiste parfois qualifié de « Réforme radicale ». Ces premières « Eglises de professants » se caractérisent par : la primauté de la démarche personnelle de choix de la part du croyant, le baptême des seuls adultes, la pratique de la non-violence, et la participation de tous-sans distinction entre clercs et laïcs-« à une vie de simplicité, de partage et de prière ».

La Croix. Fondé en 1880, un des meilleurs(le meilleur ?) quotidiens nationaux français, qui a su rester lui-même, indépendamment des modes. Appartenant au groupe Bayard, il prône un catholicisme moderne et progressiste. Points forts : informations internationales et couverture de faits sociaux. Pas de faits divers. A noter que le responsable du service photo est très à cheval sur les questions éthiques liées à l’image, le respect de la dignité des personnes faisant directement écho aux valeurs du journal.

Croire et Vivre : Un magazine destiné à « donner l’envie de croire », quel que soit le lectorat mais particulièrement pour ceux qui se posent des questions sur leur foi. Il appartient à Croire-Publications, fruit de la rencontre de plusieurs revues complémentaires nées au sein de la FEEBF(Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France)  : Croire-Pocket, Hokhma, Les cahiers de l’école pastorale, Tom et Carotte…

Fait-religieux : ce site non confessionnel indépendant d’actualité (2012-2015)parlait exclusivement(et de façon transversale) du « fait religieux », ou des effets sociaux de toutes les croyances religieuses. Et ce, afin d’informer une population française comprenant 40 % de non croyants, mais aussi des personnes aux convictions religieuses très différentes. Fondé par Sophie Gherardi, ancienne rédactrice en chef du Monde et ancienne journaliste à la Tribune, et par son mari Jean-Luc Pouthier, historien des religions à Sciences Po Paris ; parrainé par le Centre d’études du fait religieux contemporain (Cefrelco), présidé par Jean-Luc Pouthier.
Sur la même thématique :  « Laïcité & religions », une pertinente mais éphémère (septembre 2015-juin 2016) « lettre professionnelle de 8 pages à destination du monde de l’éducation, des acteurs publics et de la société civile ». Remplacée depuis octobre 2016 par LaïCitésLettre pédagogique des faits religieux et de la laïcité, un mensuel de 12 pages diffusé sur abonnement sous forme électronique (format PDF).

Famille chrétienne : Un hebdomadaire « ouvertement catholique » et « confessant », créé en 1978 et appartenant à Edifa. Magazine familial (celui des parents mais aussi de leurs enfants-il est aussi lu par des étudiants catholiques), il contient des reportages et des informations de qualités sur des sujets tels que la famille(évidemment), l’éducation, la vie spirituelle…et des témoignages. Il reflète fidèlement la « ligne » de l’Eglise catholique, surtout en matière éthique privée. Sur le plan spirituel, FC semble plutôt ouvert(voir la place donnée au Renouveau charismatique dans ses colonnes…)et branché « nouvelles évangélisations ». Un lecteur évangélique pourrait s’y retrouver.
Son lectorat est généralement aisé, tendance « tradismatique »*. Néanmoins, l’hebdo sait être à « contre-courant » et souhaite dépasser une certaine étiquette.

Foi & Vie, la revue de culture protestante. A la croisée de plusieurs courants théologiques, une excellente revue fondée en 1898, qui se propose de porter un regard chrétien (protestant) sur les mutations de notre monde.

Interbible : portail catholique francophone(québecois)  interactif créé le 18 février 1999. Avec un moteur de recherche pour accéder au texte complet de la Bible en français courant. La grande clé de l’originalité du site réside dans le fait de créer une zone de dialogue entre les spécialistes de la Bible et le grand public. A explorer.

Phare FM, « la Radio Autrement » – Ensemble de radios web associatives, catégorie A. Le programme national est produit par Phare FM Mulhouse et offert gracieusement aux autres radios Phare FM. Sa ligne éditoriale repose sur l’annonce de l’Évangile, mais « la 1ère radio musicale chrétienne(protestante) en France et en Francophonie » offre particulièrement une musique fraiche, dynamique et positive. Elle se veut ouverte à chacun et propose de courtes rubriques inspirantes, de nature à nous encourager dans la foi et notre vie de tous les jours. Une radio…plein de « pep’s » à découvrir !

Promesses, revue de réflexion biblique : une excellente revue dont nous parlons régulièrement sur Pep’s Café ! S’il y en avait qu’une, ce serait celle-là…

Protestants.org : le portail de la Fédération Protestante de France.

Radio Evangile : Annoncer le message de la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ pour tout homme et femme, sans considération d’âge, d’arrière-plan social, d’origine religieuse ou de culture: telle est sa vocation depuis 1961 !
Ecouter son « trésor sonore »,  plateforme de téléchargement sur laquelle il est possible de récupérer des sons de différentes catégories : message, témoignage, rubrique radio, conférence, jeunes, enfants, livre audio, Bible audio et même musique (soit par téléchargement manuel, soit par abonnement aux podcasts).

D’autres radios protestantes peuvent se découvrir ici.

Radio Notre Dame. Une excellente chaîne de radio communautaire catholique, créée en août 1981 par Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris. Elle partage la fréquence 100,7 FM avec Fréquence Protestante (autre radio de qualité) à Paris. L’une et l’autre peuvent s’écouter en direct(ou se réécouter) via Internet.

Réforme. Hebdomadaire emblématique du Protestantisme français. Créé à la Libération(le premier numéro paraît le 24 mars 1945) par Jean Bosc, Albert-Marie Schmidt, Denise Berthoud (la fille du pasteur Boegner) et Albert Finet, des protestants français, résistants actifs ou philosophiquement engagés. Réforme représente surtout les sensibilités réformée et luthérienne, mais est très ouvert à l’œcuménisme. On peut apprécier tout particulièrement sa volonté d’être « au plus près de l’actualité », son goût pour la confrontation des idées et les débats contradictoires par-delà les sensibilités, sa façon de « problématiser » et sa capacité à prendre des risques face aux grands événements de l’histoire contemporaine : en témoignent son engagement en faveur de la décolonisation, sa dénonciation des tortures pendant la guerre d’Algérie, son soutien de la construction européenne, sa recherche du sens de la contestation de mai 68, comme son opposition au choix de la France de développer l’énergie nucléaire et au surarmement….

Regardsprotestants.com. Un grand portail Internet, créé en décembre 2012 par des protestants et qui fédère la diversité des médias du protestantisme francophone européen.

La Revue réformée : une excellente revue de haut niveau, qui se veut « théologique et pratique », fondée en 1950 par le pasteur Pierre Marcel. Depuis 1960, la publication est assurée par la Faculté libre de Théologie Réformée d’Aix-en-Provence(devenue en 2009 « Faculté Jean Calvin ») « avec le concours des pasteurs, docteurs et professeurs des Eglises et Facultés de Théologie réformées françaises et étrangères ». Elle est destinée à tous ceux – fidèles, conseillers presbytéraux et pasteurs – qui ont le souci de fonder leur témoignage, en paroles et en actes, sur la vérité biblique.
La maintenance du site de diffusion de La Revue réformée est assurée depuis 1997 par Un poisson dans le net, dont nous avons déjà parlé ailleurs. Les numéros sont publiés en texte intégral avec un décalage d’un an environ par rapport à la version papier.

Top Chrétien. « la communauté chrétienne en ligne », fondée en 1999 par le pasteur Éric Célérier, mérite le détour pour plusieurs raisons : portail chrétien le plus visité en francophonie, le « Top » est géré par des évangéliques mais s’adresse à tous. Son offre est extrêmement diversifiée : vidéos, émissions TV, musiques, cultes en ligne, lectures et études de la Bible, prières, enseignements, messages, formations, témoignages, infos/événements, liens vers d’autres sites référencés…
Tous les chrétiens peuvent donc trouver de quoi satisfaire leur curiosité.

La Vie. Hebdomadaire fondé en 1924 sous le nom de « La Vie catholique ». En 1977, il a choisi de devenir « La vie » tout court, tout en restant fidèle à un « catholicisme d’ouverture » aux progressismes et privilégiant un témoignage chrétien axé davantage sur…la vie plus que par la parole. En règle générale, sa ligne éditoriale(actuellement beaucoup plus « confessante » depuis ces dernières années)traduit une approche moderne de la spiritualité et une grande ouverture à toutes les religions. Il appartient au groupe La Vie-Le Monde.

(A suivre, avec, prochainement, des sites « pour s’approcher de Dieu ». Et même « pour aller plus loin avec Dieu », avec un « spécial jeunesse »)

 

 

 

Notes :

* « Tradismatique » : mot valise ou jargon catholique pour illustrer un mix entre « traditionaliste »-dans un sens non schismatique-et « charismatique » catholique. Aux dires des connaisseurs, le jeune « tradismatique » semble avoir beaucoup de points communs avec le jeune évangélique charismatique.