Qui suivrais-je ? Oserai-je « passer par la porte » ?

 

Aujourd'hui, Jésus met devant toi "une porte que personne ne peut fermer"(Apoc.3v8). Oseras-tu "franchir le pas" ?

Aujourd’hui, Jésus met devant toi « une porte que personne ne peut fermer »(Apoc.3v8). Oseras-tu « franchir le pas » ?

Lecture :

«  Jésus reprit : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.

Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis ». (Jean 10v7-11. TOB)

 

Voici un passage, dit « du Bon Berger », qui est vous est sans doute familier. Il est utile de rappeler qu’il s’insère dans le contexte d’une polémique particulièrement violente, amorcée au chapitre 9 du même évangile selon Jean, suite à la guérison de l’aveugle-né par Jésus. Un tel miracle ne peut laisser indifférent : les gens en général et les religieux, spécialistes de la loi, en particulier, sont divisés à son sujet (cf Jean 9v8, 16 et 10v19, cf Jean 7v7) : est-il un fou, un « démoniaque », un « pêcheur » ? Ou bien est-il véritablement (de) Dieu ? Le Messie promis, accomplissant les prophéties d’autrefois ? (1)

Autant de questions qui invitent à une prise de position claire, puisqu’Il est soit l’un, soit l’autre. Mais Jésus va plus loin, en déclarant que : « C’est pour un jugement (qu’il est) venu dans le monde, pour que ceux qui ne voyaient pas voient, et que ceux qui voyaient deviennent aveugles. Les Pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : Est-ce que, par hasard, nous serions des aveugles, nous aussi ? Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais à présent vous dites “nous voyons” : votre péché demeure ». (Jean 9v39-41).

De là l’enjeu, au-delà de la discussion : comment prétendre guider le peuple de Dieu, si l’on est en réalité aveugle, croyant voir ? Qui suivre ? Qui y voit clair ? Qui connaît le véritable chemin ? Qui « parle vrai » ? Qui peut nous conduire dans toute la vérité, sans être « un démagogue »(tonitruant ou non) ou un « gourou » ? Comment savoir si quelqu’un vient de Dieu ou non ? Osera-t-on le suivre, malgré les risques et l’opposition ?

Suite à sa déclaration « sans langue de bois », Jésus leur raconte une parabole – ce qui semble, de prime abord, sans rapport avec la discussion qui précède : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis mais qui escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Celui qui garde la porte lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix ; les brebis qui lui appartiennent, il les appelle, chacune par son nom, et il les emmène dehors. Lorsqu’il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger ; bien plus, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » (Jean 10v1-5)

Et comme les religieux ne comprennent pas « la portée de ce qu’il (est en train de dire) » (v6), Jésus « en rajoute une couche » dans les versets suivants (cf notre passage plus haut) : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis ». (Jean 10v7-11. TOB )

Ici, « le bon berger »(2), c’est Jésus Lui-même. Il est (le) « bon », parce que d’autres sont « les mauvais » (bergers). Et « le bon » confronte et confond « les mauvais » (ou « les truands »).

1)En effet, on reconnaît « le bon berger », premièrement, peut-être, parce qu’il agit sans détours et entre directement par «  la porte dans l’enclos des brebis »(Jean 10v1). Il s’annonce (cf Apoc.3v20) et a été annoncé longtemps à l’avance par les prophètes (1). A l’inverse, « le voleur » ne s’annonce pas et s’introduit par effraction et par ruse. Il peut avoir belle apparence (celle d’un « vrai berger »), alors qu’il n’est en réalité qu’un « loup ravisseur »(Matt.7v15 ; Actes 20v29)

Mais « les brebis (re)connaissent » la « voix » du Bon Berger, qui leur est familière (v3-4). Elles connaissent le témoignage rendu par ses œuvres(Jean 5v36 ; Jean 10v25, 38  ;  et par le Père à son sujet(Matt.3v17).

2)Le Bon Berger les « conduit dehors », c’est-à-dire « les élève », leur donne une véritable éducation qui fait grandir. Son enseignement nourrit. Il rassemble le troupeau et assure son unité.

3)Il vient pour « donner la vie », « une vie abondante » et débordante(Jean 7v38), une « vie nouvelle » (sans rapport avec l’ancienne cf 2 Cor.5v17) et une « vie éternelle ».

Jésus, « le Bon Berger », nous invite à le suivre. Il est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6).

Pour cela, il convient de passer par « la porte », c’est-à-dire par Lui, et non « par la fenêtre », en « escaladant par un autre côté », « en douce » ou « en resquilleur ». Il s’agit de venir à lui de façon visible, sincère et honnête, et de lui ouvrir (la porte de) notre cœur.

4)Nous pouvons avoir toute confiance, car – et c’est le plus important – Son amour tout puissant le pousse à « donner sa vie ». Il ne nous laissera donc jamais tomber, puisqu’Il est prêt à nous aimer ainsi « jusqu’à l’extrême » (Jean 13v1). Il donne Sa vie de Lui-même : personne ne lui ôte. Il en a le pouvoir, comme Il a le pouvoir « de la reprendre »(Jean 10v18).

A l’inverse, le « mauvais berger » est un « mercenaire », « payé pour » garder des brebis.  Il « ne se soucie pas des brebis », mais seulement de son intérêt. Son activité doit être « rentable ». Et pour le mercenaire, « la rentabilité ultime », c’est de « sauver sa peau », au prix de l’abandon des brebis…..

Aujourd’hui, comme à l’époque de ce récit, ceux qui écoutent cette parole de Jésus ont un choix à faire : aller vers Lui, en se disant « à qui irai-je ? Il a les paroles de la vie éternelle », croyant et connaissant qu’Il est « le Christ, le Saint de Dieu… » (Jean 6v68-69)….ou « rentrer dans le rang », suivant le groupe, ne peur d’être exclu (Jean 9v22) !

Que déciderez-vous ? Aujourd’hui, Jésus frappe à votre porte. Cherchez-le, invoquez-le, ouvrez-lui, tandis (et tant) qu’il s’annonce (Es.55v6). C’est aujourd’hui, « le temps favorable », « non subi ». Pas demain.

                                                                                                                                                                                                                                           

 

Notes :

(1) Sur les prophéties concernant Jésus, le Messie, voir le site atoi2voir.

(2)Une image que l’on retrouve dans tout l’Ancien Testament. Une image d’abord associée à Dieu (cf Esaïe 40v11 ; Ezéchiel 34v12 ; Psaume 23v1 et ss ; Ps.80v1 et ss ; Jer31v10……), mais aussi au Messie, « Fils de David », et aux responsables (religieux ou même politique) d’Israël (Psaume 78v70-71 ;  Jérémie 3v15 ; Jérémie 23v 4 ; Ezéchiel 34v23 ; 1 Rois 22v17…..)

Concernant l’opposition entre « bon » et « mauvais bergers », on se reportera à Ezechiel 34.

 

 

« Seigneur de tout…ou pas du tout ? »

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée ».(Matt.22v37)

 

 

 

Voici un jeu* : relisez cette phrase et dites-nous quel est le mot le plus important ?

 

 

 

 

 

 

Avez-vous trouvé ?
Il s’agit du mot…« tout », bien sûr !

Jésus présente ce commandement comme étant « le premier et le plus grand »(Matt.22v38). Donné encore aujourd’hui, il nous implique tout entier. Il n’y a d’ailleurs aucun domaine, corps, âme et esprit(1 Thes.5v23), où Dieu ne serait pas souverain.
Ou pour dire les choses autrement, si Dieu n’est pas le Seigneur « de tout », Il n’est pas Seigneur « du tout » !

A ce sujet, un autre exemple, découvert lors d’un séminaire cet été(et qui m’a beaucoup parlé, à l’instar d’un autre thème similaire : celui de l' »ouverture »), est cette promesse du Seigneur Jésus, qui se lit dans Apocalypse 3v20-un verset (trop)bien connu :

"La Lumière du monde", par William Holman Hunt (1851-1853, église Saint-Paul, Londres)

« La Lumière du monde », par William Holman Hunt (1851-1853, église Saint-Paul, Londres)

« voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi ».

Il est d’ailleurs intéressant de faire une comparaison avec une série d’exhortations données par Jésus, dans Luc 11v9-10 : « demandez…cherchez…frappez… ».
Lui-même donne(et montre)lui-même l’exemple, puisqu’ Il 1)nous cherche(Matt.18v12-13, Luc 15v1-7), 2)frappe à notre porte et 3)demande à entrer(Apoc.3v20).
Le Seigneur « est à la porte » et il frappe…peut-être avec un peu plus d’insistance aujourd’hui(Il « revient bientôt » et n’a peut-être été jamais aussi « proche » de nos jours, cf Matt.24v33, Luc 21v31). Mais sans forcer, « sans défoncer la porte ».

Le Seigneur « est à la porte » et il frappe. A quelle porte frappe-t-il ?
Bien sûr, on dit généralement qu’il s’agit de « la porte de notre coeur ». « Ouvrir la porte », c’est inviter à entrer Jésus, pour qu’Il devienne « le Sauveur et le Seigneur de notre vie ». C’est effectivement vrai, mais d’autres sens sont également possibles(voir contexte d’Apoc.3v20-à qui est d’abord destinée cette invitation de Jésus ?)

Le Seigneur frappe. A quelle(s) porte(s) frappe-t-il aujourd’hui ? Dans quel(s)domaine(s)de ta vie, où Il n’est pas (encore) maître, souhaite-t-il entrer ?
Quelle est notre part ? Entendre(comprendre, reconnaître) la voix de Celui qui frappe(cf Cant.2v8-3v2 ; 5 ; Jean 10v1-5, 7-14 ; 1 Rois 19v1113…) et ouvrir la porte, pour laisser passer la lumière(ou plutôt Celui qui est « la lumière du monde » cf Jean 1v9 et ss ; 8v12) dans les parties de ma vie où le Seigneur n’est pas(encore)maître(Jean 3v21).
Rappelons-nous : S’Il n’est pas le Seigneur de tout….

Le Seigneur se tient à la porte et frappe. Si nous entendons sa voix et ouvrons la porte, Il entrera chez nous et « soupera avec nous(« prendra la cène » – TOB)et Lui avec nous »(Apoc.3v20). Le Seigneur veut « prendre la cène » avec nous. La cène ou « le repas du soir ». Il veut partager avec nous un repas de communion-un repas où l’on parle, échange, et où l’on s’ouvre(contre-exemple : Luc 7v36, 50).

Le Seigneur vient sans doute « frapper » dès le matin, mais aussi, peut-être, particulièrement le soir. A un moment où nous avons plus d’appréhension, à l’approche de la nuit et des ténèbres. Le Seigneur frappe aujourd’hui à notre porte, pour nous apporter, outre la lumière dans nos vies, la paix et la véritable sécurité, dans une véritable relation avec Lui.
Vous connaissez sans doute ce récit des « pèlerins d’Emmaüs » dans Luc 24v13-28, et de leur rencontre avec un mystérieux voyageur. Voici la conclusion, aux vv28-29 : « lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant : reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. Et il entra, pour rester avec eux ».
Les pèlerins s’inquiétaient-ils de ce que leur mystérieux compagnon allait rester dehors la nuit, dans le noir, ou de ce qu’eux-mêmes allaient passer la nuit seuls ?
A moins que « l’amour du Christ » ne les « étreigne »(2 Cor.5v14), puisqu’eux-mêmes témoigneront plus tard que « leur coeur brûlait » en eux, lorsque leur mystérieux compagnon leur parlait en chemin et « leur ouvrait les Ecritures ? »(v32)

 
Notes :

* »Jeu » imaginé, à la base, par ma chère moitié.

Le Berger et le mercenaire

L'amour "agapé" : l'amour jusqu'au sacrifice

A quoi reconnaît-on le « Bon Berger » ? Il n’a pas cherché ce qui est rentable(pour lui)

Qu’est-ce qu’un « (bon) berger » ? Comment ne pas le confondre avec un « mercenaire » ?

Le Seigneur Jésus-Christ nous donne, à ce sujet, un important enseignement, que l’on peut lire dans l’évangile selon Jean, chapitre 10, versets 1 à 30.

 

A partir de là, nous pouvons définir les caractéristiques du berger. Du « Bon Berger » :

-« Il entre par la porte de la bergerie »(v2)

-« Il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent » et les « conduit dehors »(v3 : « conduire dehors », dans le sens d' »éduquer », d' »élever » ou d’aider quelqu’un à tirer de lui-même ce qui y est en germe, en sommeil-« educere »)

-« Il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix »(v4-5)

-« Il vient afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. »(vv10)

-Le Père le connaît, il connaît le Père et le Père l’aime.(v15, 17). Parce qu’il donne sa vie pour ses brebis(v11, 15), parce qu’il donne sa vie « pour la reprendre »(v17).

Il donne la vie éternelle à ses brebis et « elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de sa main »(v28). Il reçoit les brebis de son Père, « qui est plus grand que tous », et personne ne peut les ravir de la main de son Père ». Lui et le Père sont un(v29-30).

Le bon berger connaît et aime donc ses brebis. Il les sert et donne sa vie pour elles.

Le mercenaire, à l’inverse, peut, dans un premier temps, faire illusion en « jouant le rôle du berger ». Sauf qu’un mercenaire est « payé pour ». Il ne cherche pas « l’intérêt général »-celui des brebis-mais le sien. Son activité doit être « rentable ». Et pour le mercenaire, « la rentabilité ultime », c’est de « sauver sa peau », au prix de l’abandon des brebis.

 

Bien entendu, à la lumière de Jean 10, le « Bon Berger », c’est le Seigneur Jésus. Le connaître et l’accepter comme Sauveur et Seigneur de ta vie est la décision la plus importante de ta vie, de laquelle découleront toutes les autres(décisions).

Mais n’oublions pas d’encourager les  » bons bergers », qui manifestent l’esprit(et le coeur) du « Grand » et « Bon Berger ». Dans le cadre ecclésial, évidemment, mais également dans d’autres domaines. « Civil », familial, associatif, professionnel, voire même politique, aux niveaux national et local…dans les domaines de la santé, de l’énergie, de la culture…Ne confions pas ce qui nous est vital et nécessaire(y compris moral et spirituel), « d’intérêt public »,  « aux mercenaires » ! Sachons faire preuve de discernement et apprenons à reconnaître « la voix du Bon Berger » !

 

A lire, pour approfondir : 1 Pie.5v1-4 ; Ézéchiel 34 [à noter que dans ce chapitre, « berger » a le sens de « chef politique »] ; 1 Sam. 21v7 et 22v9-10, 18 ; Psaume 23 ; Psaume 78v70-72 ; Apoc.13v11-18.