Souffrance intérieure du chrétien : « Jusques à quand ? »

Une réflexion rafraîchissante et édifiante sur le phénomène de la souffrance du chrétien

Une recension du livre de Pascal Denault : Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, par mon frère Pierre-Louis. Qu’il soit remercié pour ce partage, comme je remercie BLF éditions de m’avoir gracieusement envoyé l’ouvrage en « service presse » !

La vie en Christ n’est pas toujours rose !

Au Psaume 13, la Bible illustre un phénomène que tout converti expérimente – tôt mieux que tard – lorsqu’il décide de faire de Christ son Chemin. David s’écria lui-même : « Jusques à quand, Eternel ! m’oublieras-tu sans cesse ? ». Bienheureusement, son psaume termine en allégresse, et l’Eternel ne laisse pas David sans réponse à ses doutes profonds.

Dans son ouvrage Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, publié aux Editions Cruciforme, Pascal Denault, pasteur de l’Eglise évangélique de Saint-Jérôme au Québec [et par ailleurs « hérault dans le net »], accompagne le disciple de Christ – lui-même étant appelé à « faire des disciples » – dans une réflexion rafraîchissante et édifiante, autour des trois problèmes éponymes cités en titre, et plus largement sur le phénomène de la souffrance du chrétien.

Cet ouvrage amène le lecteur, sur la base d’une lecture méditative et d’une étude approfondie des Ecritures, à fonder et étayer sa pensée et s’outiller spirituellement et pratiquement pour traiter de manière appropriée la souffrance d’une âme non-encore parvenue à son complet renouvellement. Les problématiques-clés qui sont mises en avant ne le sont pas par le fruit du hasard, elles sont bien souvent des échardes douloureuses, tant pour ceux qui les expérimentent que pour les pasteurs et leaders chargés de soigner les âmes dans l’Eglise.

Levons le voile.

 

  1. « Je ne suis pas certain d’être sauvé. »

Le psaume 88 est un passage de choix pour présenter ce premier « dénominateur commun » des souffrances dans l’âme du chrétien. L’auteur y expose tout d’abord la différence entre le salut – un fait accompli à la croix de Jésus-Christ au bénéfice de celui qui met sa foi en Lui – et l’assurance du salut – aptitude spirituelle qui se travaille et grâce à laquelle le chrétien trouvera progressivement la sécurité de son âme.

Ainsi, l’auteur nous met face à deux aspects du salut :

  • Ce pour quoi nous sommes inutiles, c’est ce que Jésus-Christ a accompli une fois pour toute. En souffrant la croix, il a reçu à notre place le châtiment qui nous était réservé depuis le péché d’Adam.
  • Ce dont nous avons la responsabilité pour le bien de notre âme et pour le témoignage de l’Esprit en et au travers de nous, c’est de nous approprier subjectivement l’œuvre de Jésus-Christ. Concrêtement et sous forme interrogative : « Ma foi est-elle fondée et solidement ancrée dans l’œuvre que Christ a accompli à ma place sur la croix pour la rémission de tous mes péchés ? » « Est-ce que je vis ou bien est-ce que c’est Christ qui vit en moi ? » « Ai-je bien reçu le Saint Esprit et quel est son témoignage en moi ? »

A mon sens, le lecteur est ramené dans cette première partie à « ce dont il a toujours eu et aura besoin », l’Evangile de Jésus-Christ. Cet Evangile soutient la foi, guérit l’âme, et encourage le croyant. Il lui rappelle d’où provient sa foi et vers quoi elle le mène. Si nous croyons qu’un jugement dernier vient et que Christ nous a sauvé de la colère à venir, non-seulement en nous rachetant par son sang précieux, mais aussi en nous donnant une vie abondante en Lui, nous trouvons là notre exhortation à le chercher, à le connaître et à le servir de toute notre être.

Boîte à outil. Le lecteur trouvera dans cette partie une méthode directement issue des Ecritures pour « tester son salut » : sonder son cœur pour savoir si Christ est en lui (2 Corinthiens 13 v.5). Ainsi, il trouve la preuve de son élection.

 

  1. « Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit. »

Le deuxième volet de son ouvrage, Pascal Denault nous amène à considérer le cas du chrétien en proie à la dépression spirituelle, un état de tristesse profond et complexe, dont la provenance est difficile à déterminer.

L’auteur décomplexe le lecteur en affirmant que la déprime n’est pas un péché. Bien plutôt, c’est un point de départ duquel un choix s’opère : soit je cherche Dieu (Psaumes 51), soit je me cache de Lui (Genèse 4 v.9). Les passages bibliques cités dans ces chapitres nous amènent à un jugement sobre à propos du diagnostic à porter sur la souffrance de l’âme, et en particulier concernant le discernement de la déprime chez « les autres » dans l’approche pastorale.

Si la dépression tire son origine des conséquences du péché – loi qui gouvernait notre ancienne nature et produisant en elle la mort –, la cause distincte d’un état de dépression peut s’avèrer très complexe. A titre d’exemple, au-delà de l’origine dans le péché, l’auteur présentera un chapitre dédié au phénomène de l’épuisement et du stress excessif.

J’ai trouvé particulièrement appréciable la « posologie pour une vie heureuse », présentée sous forme de 7 conseils à mettre en prière et en actions. Ces préceptes se rapportent tant à l’équilibre spirituel que naturel et, une fois personnellement appropriés, ils seront des gardes-fous, un cadre sain pour entretenir son âme en bonne santé et cultiver ma joie, indépendemment des circonstances.

Boîte à outils. Pour la tranquilité de mon âme, je choisis de cesser de me préocuper outre raison de mon travail !

Mieux vaut une main pleine avec repos, que deux mains pleines avec travail et poursuite du vent. (Ecclésiastes 4 v.6).

 

  1. « Je ne porte pas beaucoup de fruits. »

De la loi du péché et de la mort à la loi de l’Esprit et de la vie, nous avons tous besoin d’éclairages sur le cheminement étroit vers le renouvellement entier de notre âme. Et c’est tout un programme !

Dans la troisième partie du corps de son œuvre, l’auteur nous appelle à la vigilance pour identifier nos ennemis et discerner des clés pour vivre en hommes affranchis, pour Christ. Il y a ceux que nous connaissons trop bien, et ceux dont nous ne nous flatterons pas d’avoir fait la rencontre.

En effet, si la rémanence du péché nous rappelle quelque chose du sombre vieux temps – celui que nous devons racheter – le piétisme – de la ville de « Légalisme » – et l’antinomisme évangélique – cousin de Surgrâce – nous attendent tous les deux en chemin, bien présentables et poignées de main tendues.

Le bénéfice de cette partie est de nous présenter des notions pour aiguiser notre vigilance, pour nous-même d’abord, puis pour notre frère. Par là nous comprendrons comment construire une vie enracinée sur Christ, notre fondation, et à reconnaître Ses priorités dans nos vies pour éviter de tomber dans les bas-côtés du Chemin. A ce titre, l’auteur présentera un chapitre sur chacun de ces deux fruits de la vie chrétienne : l’amour et la consécration.

Boîte à pensée. La consécration que Dieu veut est la vie « normale » du chrétien (P.228). Elle n’est pas réservée aux « grands hommes de Dieu », mais elle se manifeste quotidiennement, dans la somme des grandes et surtout des petites choses, nous amenant à l’humilité et exalter Dieu.

 

Avis : une lecture plus que bénéfique pour le disciple et faiseur de disciples.

Sur la forme, l’œuvre se lit facilement. Le vocabulaire est adapté à tous et les mots inhabituels tels que « piétisme » et « antinomisme évangélique » font l’objet de paragraphes dédiés. Rien n’est laissé dans le flou.

Heureusement, le lecteur est invité à chaque fin de chapitre à méditer un passage des Ecritures pour s’approprier les notions abordées de manière personnelle. Sans cela, le format fluide du livre pourrait nous permettre de tout lire sans marquer de pause.

Sur le fond, j’ai reçu un encouragement profond dans cet ouvrage, en ce que, par les Ecritures, l’auteur adresse le message si inhabituel… de l’Evangile. Christ aurait mérité une couronne d’or, sertie de diamants, et il a accepté des épines à la place. Les considérations de l’auteur nous font à nouveau prendre conscience du sens de la souffrance pour Christ et pour nous. Fort de cette méditation, le lecteur sera encouragé, non-pas à rejeter la souffrance – ce que nous prêcherait un Evangile du bien-être – mais à communier dans les souffrances de Christ, en vue de l’espérance d’une gloire éternelle. Nous ne vivons pas notre meilleure vie maintenant.

Je remercie tout particulièrement PEP’S CAFE ! de m’avoir encouragé non-seulement à la lecture de ce livre, mais aussi à réaliser ce travail critique, utile à l’appropriation de sa substance.

(Titre écouté durant la rédaction : Why, de Michael Card)

 

Le livre du mois : « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hughes

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hugues : un livre que tout homme se doit de lire….un livre qui nous saisit et nous provoque…

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété ! » C’est d’abord une exhortation de Paul à son disciple et « enfant spirituel » Timothée (1 Timothée 4v7-8). Mais Timothée n’est pas le seul concerné, puisque tout « homme de Dieu » peut s’approprier cette exhortation pour lui-même. Et, connaissant Jésus comme sauveur et seigneur, nous sommes tous des « hommes de Dieu » !

La piété est une thématique qui m’a beaucoup interpellé à un certain moment de ma vie, il y a 9 ans, et qui continue de m’interpeller encore maintenant. Dans les épîtres à Timothée, c’est un mot-clé qui revient avec une certaine insistance, et la clé de notre vie chrétienne, ce qui fait toute la différence. La « piété » est ce qui plaît à Dieu et le propre d’un homme « attaché à Dieu ». Nous sommes exhortés à la rechercher (1 Tim.6v11) et à nous y exercer (1 Tim.4v7, 6v6), ce qui devrait être un élan du cœur, un don de l’être tout entier par amour, avec ces promesses : « Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux » (2 Pie.2v9) ; Dieu « aime la piété et non les sacrifices… » (Osée 6v6)

Ensuite, « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », est le titre de l’ouvrage de Kent Hughes, paru aux éditions BLF/Cruciforme en octobre 2017, et qui a attiré mon attention.

Il s’agit d’un livre que tout homme se doit de lire, puisqu’il traite de ces sujets dont on parle curieusement peu, mais pourtant  largement abordés dans les Écritures : la piété et la discipline, ou plutôt, « l’exercice de la piété » ! Une expression qui, aux dires de l’auteur, « sent l’odeur de la sueur », celle « qui vient d’un bon entraînement ».

Ce livre nous saisit et nous provoque, comme nous provoquerait de façon franche et directe, mais toujours avec grâce, un aîné ou un père qui aurait fait du chemin avec Dieu, tout en étant conscient qu’il n’est pas encore « arrivé », lui non plus : « Et si vous recherchiez toujours plus à ressembler au Christ ?  Pour cela, exercez-vous à [la discipline qui conduit à] la piété ! »

C’est aussi un livre exigeant avec lequel on lutte au corps à corps – tant son sujet, l’exercice de la piété nous est à ce point bien peu naturel – avec la détermination « de ne pas le lâcher avant qu’il ne nous ait bénit »(cf Gen.32v26). A l’instar de Jésus, « qui, bien qu’il fut Fils,  a du apprendre l’obéissance par les choses qu’il a souffertes »(Hebr.5v8), nous avons en effet à apprendre à devenir des hommes pieux, attachés à Dieu, et ne pas nous complaire dans « une grâce à bon marché » – la véritable grâce de Dieu étant en effet « une grâce qui a coûté » (à Christ) et « qui coûte » parce qu’elle appelle à l’obéissance (selon la formule de Dietrich Bonhoeffer et selon 1 Tim.4v7-10). Mais c’est « à cause de sa piété que Christ a été exaucé » (cf Hébr.5v7).

Ce livre nous rend conscient que la piété n’est pas « un truc religieux » ou « un truc de femme », puisqu’elle est concernée par tous les domaines de la vie. En clair, « s’exercer à la piété » implique de travailler ses relations [en veillant à sa pureté, à son mariage, mais aussi ses amitiés], de prendre soin de son âme [ses pensées, son temps de recueillement et sa vie de prière…] et de son caractère[sa langue, sa façon d’être au travail…], et de porter une attention particulière à son ministère[son regard sur l’Église ; sa façon d’exercer le leadership, de donner et de servir….] (1). A ce sujet, mes luttes/défis ne seront sans doute pas les vôtres. Dans tous les cas, il ne convient pas de « choisir » l’une ou l’autre des disciplines, décrites dans ce livre d’une manière inédite, mais de comprendre qu’elles forment un tout, comme autant de facettes d’une vie complète, pleine de sens et d’espérance de l’homme pieux authentique.

Ensuite, la discipline n’est en rien « une lubie légaliste », car le moteur de la discipline prend sa source dans l’amour et la grâce de Dieu. D’ailleurs, dans son chapitre introductif intitulé « la discipline au service de la piété », Kent Hughes nous explique que tout débute par une sorte de « coup de foudre », lequel nous enseigne « que la discipline personnelle est la clé pour accomplir quoi que ce soit dans cette vie. Si cela est vrai, cela est doublement vrai pour les questions spirituelles. Dans d’autres domaines, nous pouvons peut-être revendiquer quelque avantage naturel. Un athlète peut être né avec un corps robuste, un musicien avec une oreille parfaite ou un artiste avec la perspective dans l’œil. Mais aucun de nous ne peut se vanter de posséder une supériorité spirituelle innée. En fait, nous sommes tous tout autant désavantagés. Aucun de nous ne cherche Dieu de façon naturelle, personne n’est intrinsèquement juste, personne ne fait instinctivement le bien(cf. Romains 3 : 9-18). Par conséquent, en tant qu’enfants de la grâce, tout est dans la discipline spirituelle – tout ! Je le répète… tout est dans la discipline. »

Mais l’exercice de la discipline qui conduit à la piété, pour devenir un « homme de Dieu » accompli, est tout à la fois un commandement et une promesse de Dieu : « Car (si) l’exercice corporel est utile à peu de chose (…) la piété est utile à tout, ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. C’est là une parole certaine et entièrement digne d’être reçue ». Et parce que la clé de la victoire consiste aussi à jouer en équipe et non en solo, « nous travaillons, en effet, et nous combattons, parce que nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants » (1 Tim.4v8-10).

Un véritable défi pour les hommes, déjà peu portés vers les choses spirituelles et moins disciplinés dans ce domaine que les femmes, et par ailleurs individualistes de nature !

Ce livre rencontrera-t-il un large écho auprès des hommes de cette génération ? D’ailleurs, comment se fait-il qu’un tel livre [datant de 1980] ne soit traduit en français que maintenant ?

Comme me l’a expliqué Ruben(2), des éditions BLF, et que je remercie pour m’avoir envoyé gracieusement le livre, « c’est un titre qui existe depuis plusieurs années en Français. Il avait été publié par un institut biblique québecois (Sembeq) et nous avons pu le récupérer dans notre catalogue. Nous en avons profité pour faire une révision de fond en comble de la traduction pour la moderniser (plusieurs centaines d’heures de travail) et nous avons refait la couverture aussi. Nous le ressortons maintenant après un temps où il n’était plus disponible en librairie. Et nous espérons clairement toucher une nouvelle génération qui n’a pas connu ce livre. Et visiblement, c’est réussi puisque tu ne connaissais pas le livre avant qu’on te l’envoie 🙂 Son contenu, même s’il date des années 80 est assez intemporel dans ses principes ».

Sur ce, bonne lecture et bonne découverte !

En bref : « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété : les disciplines spirituelles d’un homme attaché à Dieu », de Kent Hughes. BLF éditions/Cruciforme, 24/10/17.
Kent Hughes a été pasteur pendant 41 ans à Wheaton, aux États-Unis. Il est marié à Barbara, auteur de Femme de Dieu, exerce-toi à la piété, livre chroniqué ici. Ils ont quatre enfants et vingt-et-un petits-enfants.

 

Notes :

(1) Le livre est construit en 5 parties, composées chacune de 4 ou 5 chapitres en moyenne – chapitres suivis de « questions de réflexion » pour faire le point après la lecture.

PREMIÈRE PARTIE : LES RELATIONS 
2. La discipline de la pureté
3. La discipline du mariage
4. La discipline de la paternité
5. La discipline de l’amitié

DEUXIÈME PARTIE : L’ÂME
6. La discipline de l’esprit
7. La discipline du recueillement
8. La discipline de la prière
9. La discipline de l’adoration

TROISIÈME PARTIE : LE CARACTÈRE
10. La discipline de l’intégrité
11. La discipline de la langue
12. La discipline du travail
13. La discipline de la persévérance

QUATRIÈME PARTIE : LE MINISTÈRE
14. La discipline de l’Église
15. La discipline du leadership
16. La discipline de l’offrande
17. La discipline du témoignage
18. La discipline du ministère

CINQUIÈME PARTIE : LA DISCIPLINE
19. La grâce de la discipline

RESSOURCES
Témoignage de James et Deby Fellowes
Plan de lecture biblique quotidienne de M’Cheyne
À travers la Bible
Proverbes concernant l’usage de la langue
Psaumes de louange pour vos temps personnels avec Dieu
Notes
Index des références bibliques

(2) Pour l’anecdote, le même Ruben m’a permis de faire la connaissance de Daniel Henderson, des éditions Publications chrétiennes, lors du CEIA de Dammarie-les-lys, le 19 novembre 2017, me le présentant comme étant celui « qui est derrière (le livre) Homme de Dieu, exerce-toi à la piété ».

Bientôt, « pour vous, les gars » : ma recension de « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété » de Kent Hughes

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hughes : la recension du livre, bientôt sur PEP’S CAFE !

Chers lecteurs, prochainement, ma recension du livre « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété : les disciplines spirituelles d’un homme attaché à Dieu », de Kent Hughes, sorti le 24/10/17 aux éditions BLF.

A très bientôt !

« Read it (again) » : le voyage du pèlerin en manga

« Le Voyage du pèlerin », version manga. Sortie le 14 septembre 2017 dans toutes les bonnes librairies.

« Read it (again ») : « (re)lis-le ».

Ce n’est pas là « le onzième commandement », mais un magnifique stimulant, propre à nous inciter à nous remettre en route, en cette période de rentrée. Et quoi de mieux, en effet, que cette version manga d’un fameux classique de la littérature anglaise, « le Voyage du pèlerin » (« Pilgrim’s Progress ») de John Bunyan (1628-1688), pour (ré) apprendre « la meilleure façon de marcher » ?

Le livre paraît aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies, ce 14/09, et je remercie les éditions BLF, qui me l’ont aimablement et gracieusement envoyé « en avant-première », estimant que cela pourrait m’intéresser.

Effectivement, familier de l’œuvre que j’ai lue il y a très longtemps, d’abord en version enfantine –« le voyage du petit pèlerin », avec des illustrations très XIXe siècle, puis la version classique et même une version dessin animé, j’étais très curieux de découvrir cette nouvelle version moderne susceptible de parler à la génération d’aujourd’hui. Et pour l’anecdote, le thème me parle particulièrement, puisque je me suis toujours vu – et je me vois toujours – comme un pèlerin, « étranger et voyageur » dans un monde où je ne me sens pas vraiment chez moi.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, il s’agit du récit allégorique, sous forme d’un rêve, d’un dénommé « Chrétien », lequel, conscient de porter « un fardeau » suite à la lecture d’un livre, décide un jour d’entreprendre un voyage périlleux, depuis sa ville de « Destruction » jusqu’à la Cité Céleste. « Le voyage du pèlerin » est l’un des livres les plus publiés et les plus lus après la Bible. Il est considéré comme le précurseur du roman et l’auteur dramatique Bernard Shaw a loué les grandes qualités littéraires du livre dans la préface de « l’homme et le surhomme »(1903), jugeant que dans certaines scènes les descriptions de Bunyan dépassent celles de Shakespeare.

Son auteur est le puritain John Bunyan (1628-1688), qui a vécu à la fin d’une période turbulente de guerres civiles britanniques.

A l’âge de 32 ans, il fut condamné pour avoir organisé des réunions « illicites » (comprendre : au cours desquelles il a prêché la Parole sans être pasteur, ce qui était interdit à l’époque). Il reste douze ans (1660-1672) en prison à Bedford, une ville à 100 km au nord de Londres. C’est là qu’il commence la rédaction de son « voyage du Pèlerin ». Il y raconte sa propre histoire et son combat pour la foi. Le livre est aussi un vivant tableau, avec des scènes et des portraits tirés de son expérience de vie et des mœurs de son temps. Le style est simple, fait le plus souvent d’une mosaïque de citations bibliques incorporées au texte au point de ne plus s’en distinguer. Le livre est finalement terminé en 1677, au cours d’une deuxième période d’emprisonnement de six mois. Paru en 1678, ce fut un grand succès. Depuis sa première édition, cet ouvrage a été lu par 250 millions de personnes et traduit en plus de 200 langues.

4ème de couverture de l’édition Manga du « Voyage du pèlerin », chez BLF.

Parlons maintenant de cette version manga : sur le plan formel, d’abord, c’est sans conteste une réussite. Le résultat est absolument impressionnant. Les illustrations mettent bien en valeur, en le réactualisant, le texte original et l’esprit de l’œuvre de John Bunyan : certaines scènes sont particulièrement effrayantes, quand d’autres sont d’une beauté à couper le souffle, lumineuses et rayonnantes. Se côtoient ainsi tous les aspects de la réalité – beauté, laideur, vices, vertus, humour, effroi, joie et espérance – à mille lieux d’une vision du monde idéalisée et douçâtre.

Sur le plan du contenu, comme dans l’original, « le voyage du pèlerin » version manga nous donne à voir avec un certain « réalisme pastoral », plus qu’il ne nous enseigne, « la meilleure façon de marcher » pour un chrétien, métaphore de la vie spirituelle. « Être » ou « devenir chrétien », c’est entrer dans une dynamique : d’abord être en recherche, puis se laisser interpeller par le message de « la Bonne Nouvelle » (l’Évangile), avant de se mettre en route pour un nouvel horizon libérateur. La démarche est donc d’abord nécessairement individuelle mais un pèlerin ne reste jamais seul longtemps, rejoint à un moment donné de son parcours par d’autres pèlerins, qui deviennent ses com-pagnons de route, partageant son espérance mais aussi ses défis.

Par ailleurs, le « vrai pèlerin » sait qu’il est dangereux de « jouer au pèlerin », puisqu’il s’agit d’une aventure sérieuse, où l’on risque de perdre sa vie ou son âme. Il sait aussi qu’il ne fait que passer dans ce monde et que son cœur est ailleurs : un antidote aux tentations de la société de consommation, du matérialisme et du faux « évangile » de prospérité (il serait plus exact de dire « de cupidité » !), incarnés par Messieurs « Intérêt personnel », « Amour de l’argent », « Ami du monde » et « Avidité ».

Le pèlerin est enfin celui qui témoigne qu’il a quitté un règne (celui qui enferme dans la ville de « Destruction » et conduit à la « Foire aux Vanités », par exemple) pour en rejoindre un autre (qui le mène à la Cité Céleste, sa vraie patrie), source de libération et d’espérance. Une telle prise de position n’aliène pas le pèlerin, bien au contraire, puisque chaque personnage du récit a son identité bien à lui. Cette idée, implicite dans le livre, est encore plus explicite dans le manga : certains personnages ont d’ailleurs été modernisés et féminisés, ce qui les rend encore plus intéressants, telles « Bonne volonté », la gardienne de la Porte Étroite qui n’a pas froid aux yeux, ou encore « Pleine d’espoir », représentée par une jeune fille fragile, mais bien plus forte qu’elle ne paraît. J’ai aussi apprécié les représentations de  « Fidèle » – compagnon de route de « Chrétien », preux chevalier et…fidèle témoin qui connaîtra le martyr, ainsi que d’ « Évangéliste », homme bon et sage qui sait se montrer redoutable à l’occasion. Quant à « Chrétien », il est un personnage bien vivant, à qui l’on peut s’attacher : homme ordinaire en quête de sens, soucieux de vérité, déterminé, parfois en proie au doute et à la peur, mais désireux, non plus de se contenter de survivre, mais d’apprendre à marcher « en chrétien », porté et animé par l’amour et la grâce de Dieu. A ce propos, son fameux « fardeau » qu’il porte au début du récit a été revisité dans le manga d’une façon inédite mais particulièrement bien vue. Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher la surprise : les plus observateurs comprendront de quoi je parle, une fois le manga entre leurs mains…

Bien entendu, n’importe qui, qui ne connaît pas ou peu la foi chrétienne, pourra le lire comme un roman d’aventure ou de « fantasy » et trouver agréable les péripéties du récit, mais il passera à côté de l’essentiel de ce que le livre veut communiquer. Personnellement, je le conseillerais plus volontiers à un public déjà familier de la foi chrétienne et de la Bible, aux jeunes croyants ou encore aux enfants et jeunes issus de famille chrétienne. Il peut également être un beau cadeau à offrir à toute personne en recherche, interpellée par des questions dites existentielles et désireuse d’en savoir plus sur l’Évangile, avant de « se mettre en route » à son tour !

Bonne lecture ! Et n’hésitez pas à me partager vos impressions au pied de l’article.

Plus d’infos sur le livre sur le site de l’éditeur.

 

Radicalement ordinaire : Un appel pressant à cultiver la joie de l’humilité

Un appel à choisir « d’embrasser l’obscurité », soit à nous satisfaire d’être « relativement inconnu », pour que Christ soit, Lui, « plus reconnu ».

Voici « Radicalement ordinaire », un livre….peu ordinaire sur un thème bien peu populaire, reçu gracieusement de la part des éditions BLF éditions, que je remercie pour leur amabilité. Le livre contient une invitation « pressante » à « cultiver la joie de l’humilité ». L’appel est « pressant », d’abord pour nous, chrétiens, parce que l’humilité ne nous est pas naturelle, et parce que nous oublions trop souvent que nos critères de ce que serait « une vie réussie » (conditionnés par les possessions et les positions)  sont plus influencés par les critères du monde qu’inspirés de Dieu. Mais pourquoi et comment cultiver l’humilité, « la vraie » ? Comment peut-elle être « une joie » ?

Son auteur a choisi d’être « anonyme », parce qu’il ne pouvait guère aborder ce sujet et se mettre en avant dans le même temps. Bien entendu, il est tentant de chercher à savoir de qui il s’agit. Mais ce serait là passer à côté de l’essentiel du message. De fait, ce choix volontaire de l’anonymat nous conduit à porter toute notre attention sur le contenu du livre, plus que sur les titres et renommée supposée de son auteur, à l’instar de cet autre anonyme, le mystérieux rédacteur de l’épître aux Hébreux, dans le Nouveau Testament.

Ce livre est quelque peu dérangeant, puisqu’il touche au plus profond de nos aspirations les plus secrètes, lesquelles sont liées à notre identité. Nous définissons généralement notre identité par ce qui nous rend unique. Notre préoccupation devient alors : comment le faire (sa)voir ? Comment réussir à « devenir quelqu’un », à « être connu » ?

Je saurai donc « qui suis-je » si je sais « qui » je suis ou ce à quoi je tiens le plus, après quoi est-ce que je cours, soit « ce qui me tient ».

Mais par quoi devrais-je être davantage préoccupé ? De laisser mes traces « quelque part dans ce monde », ou de suivre les traces de « mon humble roi », dont l’exemple m’est notamment rappelé en Philippiens 2v5-10, un passage biblique qui est aussi le « fil rouge » du livre ?

Enfin, ce livre édifiant, reçu « au bon moment », m’est aussi « défiant », en ce qu’il m’implique et m’invite à « choisir » :

Choisir de faire ce voyage « au cœur de l’humilité du Christ » et « d’embrasser l’obscurité », soit de nous satisfaire d’être « relativement inconnu », pour que Christ soit, Lui, « plus reconnu ».

Choisir, à l’instar du jeune garçon anonyme, dans la scène de la multiplication des pains(Jean 6v9), « d’avoir faim pour un temps pour que beaucoup d’autres soient nourris ».

Choisir de cultiver « l’esprit de service », plutôt que de faire « des actes de service ».

Choisir « le mystère » ou de paraître « fou » et « décalé » aux yeux du monde.

Choisir « les projecteurs », non « pour se brûler » mais pour briller de la lumière du Christ, pour Sa gloire et non la mienne.

En clair, invité à choisir, je suis invité à renoncer pour mieux saisir ce qui en vaut la peine. Soit, accepter, avec confiance, de « perdre » pour « mieux gagner » : gagner l’approbation de Dieu (« bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître »), plutôt que celle des hommes.

Alors ? Que choisirez-vous ?

Ce livre se trouve dans toute bonne librairie chrétienne proche de chez vous. Vous pouvez aussi le commander auprès de l’éditeur.

Bonne lecture et bonne réflexion !

 

 

En bref :

« Radicalement ordinaire : Un appel pressant à cultiver la joie de l’humilité », par un auteur anonyme (Titre original : Embracing obscurity : Becoming nothing in light of God’s everything ). JPC France – BLF Éditions, avril 2017

Table des matières

Introduction. Pourquoi choisir l’obscurité ?
1. Un sur un milliard
2. Choisir ce qui nous définit
3. Choisir l’humble roi
4. Choisir la vraie valeur
5. Choisir le vrai succès
6. Choisir de servir
7. Choisir la souffrance
8. Choisir le mystère
9. Choisir les projecteurs
10. Choisir l’espérance

Extraits :

L’intro : « pourquoi choisir l’obscurité ? » et le premier chapitre : « un sur un milliard ».

http://www.blfeditions.com/tu-es-une-capsule-magique/

http://www.blfeditions.com/se-mefier-des-reseaux-sociaux/