« Foire aux médias »(et non « foireux médias »)

Médias chrétiens(ou non) : que et comment choisir ?

« Faisons un rêve »….à l’instar de Basta Mag « que tous les citoyens aient accès à une information éclairée et éclairante – lumineuse, même. Qu’à la place des couvertures populistes ou des anecdotes montées en épingle pour faire le buzz, chacun puisse lire des analyses, étayées, sur comment se porte le monde, sur ce que l’on doit changer en profondeur, et comment cela serait possible ».
Faisons un rêve « de médias qui appartiennent à leurs lecteurs et non à des marchands d’armes ou à des milliardaires qui ont fait fortune dans l’industrie du luxe.
Des médias qui privilégient l’investigation plutôt que les publireportages ou les dépêches d’agence remâchées et rabâchées. Des journalistes qui expliquent et interrogent, qui ne se contentent pas des apparences, plutôt que des éditorialistes qui assènent leur vérité.
Des médias indépendants, alternatifs, libérés des logiques commerciales et publicitaires envahissantes, on voudrait en voir fleurir un peu partout. Dans nos villes, dans les entreprises, dans les universités, dans nos boîtes aux lettres, sur nos écrans ».

Dans ce domaine, les chrétiens sont-ils « les premiers dans les bonnes oeuvres » ?
Car, qu’est-ce qu’un « média chrétien » ? Et pourquoi un « média chrétien » ? Faut-il préférer un « média chrétien » aux autres médias, dits « séculiers » ou non confessionnels ?
Que signifie « porter un regard chrétien sur l’information/le monde » ? Le traitement de l’information n’est-il pas obligatoirement « subjectif » du fait du positionnement spirituel ou confessionnel du média ? Un média chrétien se doit-il « d’évangéliser » ? Dire « ce qu’il faut croire »…ou donner à comprendre ? Et quid de la déontologie chez le journaliste chrétien ?
Pour tenter de le savoir, voici notre « foire aux médias » (et non « foireux médias »), inspirée de celle établie il y a quelques années par le journaliste Henrik Lindell et pendant longtemps disponible sur son site http://www.dieu-et-moi.com. Le site n’existe malheureusement plus aujourd’hui*, et la liste mérite de toute façon une sérieuse remise à jour.
La voici à nouveau, mais enrichie** et personnalisée. Essentiellement francophone-« française », elle donne aussi à découvrir ce qui existe d’intéressant en Suisse et au Québec.
Elle se veut non exhaustive-car « informer, c’est choisir », mais diversifiée et la plus représentative possible du monde chrétien-en privilégiant(mais non exclusivement) certaines facettes du protestantisme évangélique. Les médias et sites qui figuraient dans la liste initiale d’Henrik Lindell(ainsi que les commentaires originaux de ce dernier) seront en italique.
Elle se veut également représentative de ce que nous aimons dans une presse ou un média digne de ce nom  : un projet éditorial clair, sérieux et original ; des enquêtes de terrain et des reportages ; un véritable travail sur les sources et « la fabrique de l’information » ; une diversité de sujets et de genres ; que l’on m’informe et non que l’on m’affirme ; que l’on me donne à comprendre et non que l’on me gave de faits divers, de « people », « d’insolite », ou de spectaculaire plus ou moins racoleur ; une véritable indépendance, notamment vis à vis des institutions, du pouvoir, de la pub, de l’argent ou toute activité sans aucun rapport avec la presse et l’édition ; et bien entendu, le respect de la déontologie de la presse.

La liste est établie selon le plan suivant : « médias chrétiens »(presse et radio, essentiellement), « sites et portails chrétiens », « blogues »(de partage, d’étude et de méditations bibliques ; de théologie ; d’infos)…sans oublier une certaine « presse pas pareil », non chrétienne.
Enfin, avant d’aller plus loin, n’oubliez pas  de consulter les liens suivants-fort instructifs !-vers des articles de réflexion ou des manifestes sur la presse et les médias :

http://www.le-tigre.net/Pourquoi-pas-Le-Monde-texte.html ; http://owni.fr/2011/12/09/raphael-meltz-le-tigre/ ; http://www.article11.info/?Raphael-Meltz-Le-Tigre-Il-vaut ; http://www.acrimed.org/article3488.html ; https://pepscafeleblogue.files.wordpress.com/2013/02/xxi-manifeste-un-autre-journalisme-est-possible.pdf ; http://cahierslibres.fr/2014/01/du-journalisme-des-journalistes-4-les-nouveaux-horizons/ ; http://www.mediaculture.fr/2012/10/16/editeurs-de-contenus-si-vous-cessiez-de-vous-faire-phagocyter-par-google-et-facebook/ ; http://www.mediaculture.fr/2011/01/16/les-impostures-de-l%E2%80%99ecriture-web/

Bonne lecture, en attendant la première partie de ce dossier, consacré aux « médias chrétiens », très bientôt publiée à la suite de cette introduction.

N’hésitez d’ailleurs pas à réagir sur ce sujet(en donnant une réflexion, un témoignage…), au pied de cet article, que vous soyez journaliste ou non, chrétien ou non, ou tout simplement quelqu’un d’intéressé à la question des médias et de leurs enjeux !

 

 

Notes :

*Né en janvier 2008, http://www.dieu-et-moi faisait déjà entendre une voix chrétienne originale….avant de disparaître brusquement trois ans plus tard. Il nous manque beaucoup. Selon son créateur et animateur, le journaliste Henrik Lindell(« Horizons évangéliques », « Témoignage Chrétien », et actuellement « La Vie »), un « média chrétien » doit être : « ancré dans la foi en Christ, pédagogique, pratique et indépendant de toute institution ecclésiale(et même politique) ». Il doit « s’intéresser à l’innovation et s’inscrire résolument dans la fraternité ». Il doit être « un témoignage authentique de la relation entre l’individu et Dieu. Et être au service de tous les chrétiens et de tous ceux qui s’intéressent à la foi ».

** Merci également aux « Cahiers libres » (dont nous avons déjà parlé et qui figurent dans la liste), et notamment à l’un de ses responsables, « Benoît Sibille »(qui est venu nous rendre une petite visite amicale, sur Pep’s Café !), pour ses éclairages bienvenus sur sa propre publication et sur d’autres médias catholiques. A noter que « Les Cahiers… » ont également aimablement publié, la semaine dernière, l’un de nos billets : « Président bashing ou Président blessing ? »

Des « Manifestes », un Superman(qui) démissionne…

Manifeste :

Du latin manifestus, palpable, manifeste, évident, qui se laisse voir.

L’adjectif « manifeste » qualifie ce qui est évident, apparent, reconnu de tous.
Synonymes : notoire, évident, visible, patent, explicite, indéniable, indiscutable, flagrant, ostensible.
Antonymes : caché, incertain, douteux, implicite, latent.

Un manifeste est un texte, un livre, un exposé théorique qui est considéré comme étant à l’origine d’un nouveau mouvement ou courant politique, philosophique ou artistique.

Par extension, un manifeste est une proclamation écrite et publique par laquelle un parti, un gouvernement, une organisation, un groupe présente son action ou expose son programme, sa manière de voir les choses, son point de vue sur un problème.

Le manifeste a pour objectif d’attirer l’attention du public, de l’alerter sur quelque chose ou de faire connaître ses idées.

Synonymes : déclaration, proclamation, affiche, avis, adresse.

http://www.toupie.org/Dictionnaire/Manifeste.htm

Parmi certains manifestes récents, on relèvera ceux de « Témoignage Chrétien »(nous avons déjà répondu pour le premier), pour qui il est « évident », « palpable », « manifeste », que le « mariage pour tous » est un « progrès humain ».

Un autre, qui nous paraît digne d’intérêt est le manifeste intitulé

Un autre regard sur la presseLes journaux et les lunettes par George Hodan

Un autre regard sur la presse
Les journaux et les lunettes par George Hodan

« un autre journalisme est possible » de XXIe, publication trimestrielle et publié le 10 janvier, dans son 21e numéro, à l’occasion de son cinquième anniversaire.

Un drôle de pavé dans la mare lancé par le « mook »(mot-valise désignant une publication à la frontière du « magazine » et du « book ») !

En effet, dans un contexte de crise qui touche l’ensemble de la presse papier(y compris nos grands quotidiens nationaux), XXI fait office d’ovni insolent en affichant une formule sans pub, avec de (longs)articles de fond, des récits et des grands reportages. Une formule qui semble gagnante puisque le trimestriel(à 15 euros le numéro), qui se trouve en librairie, affiche un tirage de 50.000 exemplaires et revendique 10.000 abonnés, avec un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros.

Le manifeste de XXI, rédigé par Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, les fondateurs de XXI, se décline en plusieurs parties :

« Un autre journalisme est possible » ; « La révolution numérique n’est pas celle que l’on croit » ;  « DES JOURNAUX SANS PUBLICITÉ, C’EST POSSIBLE » ; « Pour un journalisme utile ».

Tout en posant les questions suivantes :

Et s’ils avaient tort ?
Et si la conversion numérique  était un piège mortel pour les journaux?
Et si les dirigeants de la presse mondiale se trompaient en investissant à tour de bras dans les applications, les sites et les rédactions multimédias ?
Et si les chiffres mirobolants des pages vues et les audiences faramineuses des titres de presse transformés en marques médias  étaient un leurre ?

Ils restent convaincus, comme d’autres, que :
– Le numérique n’est pas responsable de la crise
actuelle, il l’a accentuée.
– Sur papier ou sur écran, le journalisme a besoin
avant tout d’accomplir une « révolution copernicienne ».
– Il est possible de refonder une presse post-Internet conçue pour les lecteurs, et non à partir des annonceurs.

Bref, nous avons, d’un côté, une publication qui choisit de suivre le courant, « au nom du progrès »(humain), tandis qu’à l’inverse, une autre revendique d’être « à contre-courant ».

Face au manifeste de XXI, on relèvera de nombreuses réactions, dont celle-ci, et surtout…celle(relevé d’ailleurs dans le manifeste) du personnage de BD  Clark Kent, alias Superman ! La nécessité d’un « journalisme utile » aurait-il été porteur de sens pour le superhéros ?

Marie-Catherine Beuth relaye, dans un billet pour son blog daté du 29 octobre 2012, « le scoop »(qui prend des allures de parabole moderne) selon lequel « l’homme d’acier jette l’éponge et démissionne de son poste au Daily Planet, le quotidien dans lequel il officiait sous l’alias de Clark Kent depuis la fin des années 30″dans le numéro 13 de la BD « Superman ».

Au Galaxy Broadcasting building, « domicile du journal Daily Planet et de son édition numérique« , raconte la journaliste-bloggueuse du Figaro, Clark Kent  se voit sommer par son rédacteur en chef, de donner des nouvelles de Superman. Clark  se met alors à questionner les choix éditoriaux de sa hiérarchie, qu’il accuse de « ne plus savoir identifier l’information » avant de dénoncer leurs derniers reportages – copié-collé des communiqués de la Maison Blanche, couvertures de people….

Son patron réplique par un attendu « la presse est un média agonisant » qui ne peut résister que si elle offre aux lecteurs ce qu’ils veulent. Tant pis si c’est « une Une sur une star de la téléralité ».

C’en est trop pour notre héros, qui se lance alors dans une long monologue-apologue, dans lequel il exprime ses illusions perdues et dénonce les travers du journalisme moderne : « des opinions à la place des faits, du divertissement à la place de l’information, des reporters devenus dactylos« …avant de partir-seul-en guise de point final à sa protestation.

La suite de l’histoire ne nous dit pas s’il a rejoint XXI. Mais il paraîtrait qu’il serait devenu bloggueur….

Et vous ? Jugez-vous cette revendication d’un « autre journalisme » : utile, nécessaire, superflu, autre…(rayez la mention inutile)?