N’attendez pas d’avoir le temps mais prenez le temps d’une pause Pep’s café

« Prenez le temps » d’une pause pep’s café salutaire, car le temps disponible ne se donnera jamais.
(Source : rawpixel)

S’arrêter sur ce blogue, c’est d’abord répondre à une invitation.

Une invitation à prendre le temps de s’arrêter, deux fois par semaine, les mercredi et vendredi.

Une invitation à prendre le temps d’une véritable pause, à l’heure du café (ou du thé), pour une rencontre salutaire, propice au partage et à la réflexion, avant de reprendre la route.

J’écris bien : « prendre le temps », car le temps disponible ne se donnera jamais.

Pour Erri de Luca, ces « heures prises au reste de la journée » est un « bout d’oreille », une « patte (qu’il a) retirée au gaspillage inexorable, grand dévorateur du temps accordé », à l’instar du berger du livre d’Amos, lequel « sauve de la gueule du lion deux jambes ou un bout d’oreille… »(Amos 3v12)

Comme Erri de Luca l’explique lui-même dans la préface de son livre, « Première heure »(Folio, pp 9-10), « tout au long de (ses)années de vie d’ouvrier », celui qui est maintenant un écrivain feuilletait « les Saintes Ecritures et leur hébreu ancien une heure avant de partir au travail. Il (lui)semblait ainsi saisir un peu de chaque jour nouveau avant qu’il ne soit dérobé par la fatigue(…)Encore maintenant, alors (qu’il)n’exerce plus ce métier, (ll a)gardé cette habitude et cet horaire. »

« Un bout d’oreille, deux jambes »…des morceaux qui peuvent paraître dérisoires, mais quels morceaux ! « Un bout d’oreille » pour prendre le temps d’écouter la Parole d’un autre que nous même ; et « deux jambes », pour « marcher », mettre en pratique ce que l’on aura reçu et compris de cette Parole du jour.

Tu cherches à voir la gloire de Dieu : voici comment Dieu te répond

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu...Mais comment Celui-ci nous répond-t-il ?

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu…Mais comment Celui-ci nous répond-t-il ?

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu…nous lui demandons de nous faire connaître ses voies…Mais comment Dieu nous répond-t-il ?

Lecture : Exode 33v1234v1-8

 

Lors de l’épisode du veau d’or, Moïse a brisé les tables de la loi, sans doute pour que le peuple, devenu idolâtre, ne tombe pas sous le coup de la malédiction et du jugement(cf Exode 20v4 ; Galates 3v10). Mais Dieu a par la suite réécrit les tables de la loi. Comment ?

Après l’épisode du veau d’or, « Moïse dit à l’Éternel : Voici, tu me dis : Fais monter ce peuple ! Et tu ne me fais pas connaître qui tu enverras avec moi. Cependant, tu as dit : Je te connais par ton nom, et tu as trouvé grâce à mes yeux. Maintenant, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître tes voies ; alors je te connaîtrai, et je trouverai encore grâce à tes yeux. Considère que cette nation est ton peuple. »(Ex.33v12-13). L’Eternel lui assure alors qu’Il marchera Lui-même avec lui et qu’Il lui donnera du repos(v14). Il répondra à la demande de Moïse, car il a trouvé grâce à Ses yeux, et qu’il est connu de Dieu par Son nom(v17).

Moïse lui demande alors de lui faire voir Sa gloire(v18).  Voici comment l’Eternel répondit :

« Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel ; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde ». Mais comme l’homme ne peut voir sa face, et vivre, l’Éternel dit : « Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher. Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Et lorsque je retournerai ma main, tu me verras par derrière, mais ma face ne pourra pas être vue.« (vv19-23).

Le rocher, c’est Christ(1 Cor.10v4). Si nous le connaissons comme Sauveur et Seigneur, notre vie « est cachée en Christ »(Col.3v3-4).

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu, mais Dieu nous révèle d’abord Sa bonté(cf 1 Rois 19v12). Il a d’ailleurs réécrit les tables de la loi avec toute Sa bonté, et même avec deux fois plus d’amour que la première fois*.

Ne méprisons pas Sa bonté, car Sa bonté nous pousse à la repentance.

 

Chant : « Que ces lieux soient visités… » Par Corine Lafitte (JEM 2 numéro 647)

 

Que ces lieux soient visités

Par Ta Sainte Présence,

Que toute ombre soit chassée

Par Ta lumière éclairée,

Dans Ta main, tiens-nous cachés,

Garde-nous au creux du rocher,

Lorsque Tu passeras parmi nous,

Que Ta bonté soit proclamée.

 

 

Notes :

* Erri de Luca relève à ce sujet que l’ Eternel proclame Son nom dans une série d’adjectifs aux versets 6 et 7 du chapitre 34 de l’Exode. La tradition hébraïque en compte treize dans ces versets, « qui comptent un détail unique : le nom de l’Eternel n’est répété deux fois qu’ici, une après l’autre ». Et ce, alors que le tétragramme(YHVH)est écrit « plus de six mille fois dans l’Ancien Testament ». Une explication se fonde sur le fait qu’en hébreu, les lettres de l’alphabet sont aussi des nombres, « et ainsi deux mots éloignés entre eux peuvent avoir une étrange coïncidence, comme une rime, à travers leur valeur numérique produite par la somme des lettres ». Or, « le nombre du tétragramme coïncide avec le mot un, qui est l’attribut par excellence de Dieu, plus le mot amour. C’est ainsi qu’à travers ces treize attributs et cette répétition unique du nom sacré, nous apprenons que ces secondes tables ont été données avec encore plus d’amour que les premières…Ces secondes tables, bien qu’étant égales aux premières, contiennent un amour plus intense ». Au point que « la peau du visage de Moïse brille d’un reflet lorsque, au bout de quarante jours, il descend dans la vallée auprès des siens.. ».(« Nous sommes » IN « Première heure ». Folio, 2012, pp60-61)

 

La Bible est-elle la Parole de Dieu ?

Question d’importance, d’autant plus que certains(y compris au sein du Christianisme)le nient*.

Or, si la Bible n’est pas la Parole de Dieu, il nous sera impossible, quoiqu’on en dise, de disposer d’une norme absolue**, et il sera toujours tentant(ou possible)pour d’autres de substituer à la Parole de Dieu leur propre parole…qu’ils présenteront comme « Parole de Dieu ».

D’autre part, ceux qui nient que la Bible est la Parole de Dieu, mais qui affirment « qu’elle contient la(ou des)parole(s) de Dieu » se heurtent à un écueil : comment discerner les parties « qui seraient Parole de Dieu », et celles « qui ne le sont pas »(à l’instar du double problème de faire la distinction entre ce qui est historique et ce qui relèverait du « mythe » dans la Bible) ? Avec pour conséquence le risque de dérive et d’erreur lié au choix de prendre dans la Bible ce qui nous convient pour bâtir une théologie ou une philosophie « qui nous parlera plus »***.

 

La Bible est-elle la Parole de Dieu ?

La question est essentielle, disais-je plus haut. Elle liée à celle de l’autorité, et surtout, à la raison(pratique) pour laquelle nous devons prêter attention à ce que dit cette Parole. Ceux qui débattent sans fin, pour tenter de prouver que la Bible n’est pas la Parole de Dieu, oublient généralement d’y répondre, ou, du moins, noient tellement le poisson que ce point passe sous silence.
Sur ce qu’est la Bible, il existe plusieurs passages, notamment le témoignage rendu par le Seigneur Jésus-Christ aux Ecritures*.

Mais un autre élément, découvert dimanche dernier à la lecture de « Première heure » d’Erri de Luca, est aussi intéressant à considérer. J’en suis resté sur les fesses et en ai tiré deux enseignements :

Au chapitre 4 du Deutéronome, Dieu donne un avertissement au vers 9(concernant la manifestation de Sa présence au Sinaï) : « tu n’oublieras pas les paroles que tes yeux ont vues ». Mais nous savons que sur les pentes du Sinaï, les Hébreux entendirent des mots, et non qu’ils les virent. Quelques vers plus loin, nous lisons : « et a parlé à vous Dieu de l’intérieur du feu : voix de mots vous écoutez et image vous ne voyez pas, en dehors d’une voix ». Ici encore revient une voix qui est à voir au lieu d’être écoutée. L’Ecriture ici ne confond pas les verbes, mais elle raconte une expérience prodigieuse déjà décrite dans le livre de l’Exode , là où il est écrit que le peuple voit des voix, des foudres et la voix du cor et la montagne qui fume. Dans ce vers(le v18 du chapitre 20) se mêlent sous l’unique verbe voir des choses qui concernent la vue et des choses qui devraient concerner l’ouïe. Qu’est-ce que cela signifie ?

Deux maîtres du Talmud se sont interrogés à ce propos en donnant des réponses différentes. Rabbi Ishmaël cherche le sens raisonnable et explique que le peuple voyait ce qui était visible et entendait ce qui était audible. Rabbi Akiva reste fidèle au sens littéral et explique qu’ils voyaient la voix de Dieu faite de parler de feu. Il s’appuie pour cela sur le vers du Psaume 29 où on lit : « la voix de Dieu creuse des flammes de feu », c’est à dire forme avec son souffle une écriture incandescente. C’est ce que voyaient les Hébreux au pied du Sinaï. Rabbi Akiva, soucieux de s’en tenir au sens littéral, enseigne que la véritable écoute, lorsqu’elle est intense, coïncide avec la vision. Celui qui est profondément attentif  l’impression de lire, pas seulement d’entendre, les mots qu’il écoute. Dans le désert, la voix de Dieu est si puissante, si retentissante, qu’elle brouille les sens, qu’elle cause un vertige de l’oreille interne(…). Nul ne serait encore capable d’une telle écoute. Avec la sécurité de la distance, à travers la simple écriture d’un livre, nous recevons cet avertissement : « tu n’oublieras pas les paroles qu’ont vues tes yeux ». Aujourd’hui, voir ces paroles c’est toute l’expérience que peut faire celui qui lit ces aventures sacrées, avec un peu de nostalgie pour cette voix enflammée qui bouleversait les sens de ceux qui étaient tout entiers, en chair, en os et en nerfs, tendus, à l’écoute »(« La voix écrite » d’Erri de Luca In « Première heure », Folio, pp 63-65).

 

« La morale de l’histoire » ou les deux enseignements à retirer : 

1)la Bible est bien la Parole de Dieu. Dieu le proclame Lui-même et nous commande d’y prêter une grande attention. « Ecouter » ce Dieu qui a créé le monde au moyen de sa voix, à commencer par la lumière, et qui parle, « est la première urgence, la première requête », dit encore Erri de Luca. « Lire les Saintes Ecritures, c’est obéir à une priorité de l’écoute ».(Noyau d’olive, p 43)

2)Cela, nous pouvons le lire d’un ouvrier, passionné de Bible, quoique se déclarant « non croyant », et non de la part de quelqu’un se revendiquant « chrétien » et revendiquant des années d’études ou un titre universitaire. Dieu se glorifie ainsi par ce que le monde(y compris le « monde chrétien » ?) méprise.

 

 

 
Notes :

*Il est aussi « de bon ton »(dans les milieux « branchés » ?) d’opposer Christ, que l’on veut bien reconnaître comme « la Parole de Dieu », et la Bible, « les Ecritures », que l’on dévalue ou nie être la Parole de Dieu. Justement,  comment Jésus, « la Parole (de Dieu)faite chair », considérait-il la Bible ?

Lui-même a déclaré n’être pas « venu pour abolir la loi ou les prophètes »[les deux premières sections de l’Ancien Testament], mais être « venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé » (Matthieu 5 : 17-18).

Il reconnaît la Bible comme étant :

– Divinement inspirée  : « Et Jésus leur dit : Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit… » (Matthieu 22 : 43).

-Parole de Dieu : distincte de la tradition humaine (« Il leur répondit : Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère.Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition » cf Matt.15v3-6 ;  « Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l’Ecriture ne peut être anéantie » cf Jean 10v 35).

– Faisant autorité et ayant le dernier mot : « Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4 v4). « Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu » (verset 7). « Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (verset 10).

– Comme étant vraie, la vérité : Matthieu 12 : 40, Matthieu 24 : 37, Matthieu 19 : 4-5, Jean 17 : 17, Matthieu 22 : 29…..

-Et témoignant qu’elle témoigne de Lui, et qu’elle est centrée sur Lui : « Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait » (Luc 24 : 27).

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’être « bibliolâtres », mais de ne pas y croire :  « Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi » . (Jean 5 v39-47).

Les auteurs du NT proclament eux-même que leurs écrits sont revêtus de l’autorité divine :

« Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. »(1 Corinthiens 2 : 13)

« C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » (1 Thessaloniciens 2 : 13)

Un exemple d’attitude d’hommes du NT, face à un enseignement, serait-il « inspiré de l’Esprit » ou venant d’un éminent serviteur de Dieu : Actes 17v11(« Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact »).

Concernant ce que l’Ecriture dit d’elle-même :
« Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » (2 Tim. 3v16)

etc…

**A ce sujet, relève Guillaume Bourin, « les questions dites épistémologiques que nous devons toujours nous poser sont toujours : Comment je sais ce que je sais ?, comment puis-je être sûr que ce que je crois est vrai ? » D’autre part, souligne Guillaume Bourin, « ….nous nous devons de reconnaître que lorsque Dieu communique à ses créatures, il le fait en tant que Seigneur. Il n’abandonne pas sa seigneurie lorsqu’il nous parle, et ainsi sa parole nous est donnée de façon personnelle tout en portant les marques de sa puissance absolue, son autorité et sa présence… » ( http://leboncombat.fr/pourquoi-levolutionnisme-theiste-seduit-il-certaines-franges-du-monde-evangelique-francais/#comment-4262 )

*** Daniel Saglietto relève que « lorsque l’on a saisi que le texte biblique signifie exactement ce qu’il dit, alors l’ultime recours est de remettre en question la légitimité épistémologique du texte biblique(…)Cette approche est en fait un écho de la position libérale du XXe siècle qui ne pouvait ni supporter le fait de dire que les écrits canoniques sont Parole de Dieu, ni accepter que la Bible puisse correspondre de façon objective à la réalité ».

Voir la suite de l’excellent article de Daniel Saglietto sur le blog « Le Bon Combat », à propos de ce qu’est la Bible : http://leboncombat.fr/parole-dieu-parfaite/