Le livre du mois : « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hughes

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hugues : un livre que tout homme se doit de lire….un livre qui nous saisit et nous provoque…

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété ! » C’est d’abord une exhortation de Paul à son disciple et « enfant spirituel » Timothée (1 Timothée 4v7-8). Mais Timothée n’est pas le seul concerné, puisque tout « homme de Dieu » peut s’approprier cette exhortation pour lui-même. Et, connaissant Jésus comme sauveur et seigneur, nous sommes tous des « hommes de Dieu » !

La piété est une thématique qui m’a beaucoup interpellé à un certain moment de ma vie, il y a 9 ans, et qui continue de m’interpeller encore maintenant. Dans les épîtres à Timothée, c’est un mot-clé qui revient avec une certaine insistance, et la clé de notre vie chrétienne, ce qui fait toute la différence. La « piété » est ce qui plaît à Dieu et le propre d’un homme « attaché à Dieu ». Nous sommes exhortés à la rechercher (1 Tim.6v11) et à nous y exercer (1 Tim.4v7, 6v6), ce qui devrait être un élan du cœur, un don de l’être tout entier par amour, avec ces promesses : « Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux » (2 Pie.2v9) ; Dieu « aime la piété et non les sacrifices… » (Osée 6v6)

Ensuite, « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », est le titre de l’ouvrage de Kent Hughes, paru aux éditions BLF/Cruciforme en octobre 2017, et qui a attiré mon attention.

Il s’agit d’un livre que tout homme se doit de lire, puisqu’il traite de ces sujets dont on parle curieusement peu, mais pourtant  largement abordés dans les Écritures : la piété et la discipline, ou plutôt, « l’exercice de la piété » ! Une expression qui, aux dires de l’auteur, « sent l’odeur de la sueur », celle « qui vient d’un bon entraînement ».

Ce livre nous saisit et nous provoque, comme nous provoquerait de façon franche et directe, mais toujours avec grâce, un aîné ou un père qui aurait fait du chemin avec Dieu, tout en étant conscient qu’il n’est pas encore « arrivé », lui non plus : « Et si vous recherchiez toujours plus à ressembler au Christ ?  Pour cela, exercez-vous à [la discipline qui conduit à] la piété ! »

C’est aussi un livre exigeant avec lequel on lutte au corps à corps – tant son sujet, l’exercice de la piété nous est à ce point bien peu naturel – avec la détermination « de ne pas le lâcher avant qu’il ne nous ait bénit »(cf Gen.32v26). A l’instar de Jésus, « qui, bien qu’il fut Fils,  a du apprendre l’obéissance par les choses qu’il a souffertes »(Hebr.5v8), nous avons en effet à apprendre à devenir des hommes pieux, attachés à Dieu, et ne pas nous complaire dans « une grâce à bon marché » – la véritable grâce de Dieu étant en effet « une grâce qui a coûté » (à Christ) et « qui coûte » parce qu’elle appelle à l’obéissance (selon la formule de Dietrich Bonhoeffer et selon 1 Tim.4v7-10). Mais c’est « à cause de sa piété que Christ a été exaucé » (cf Hébr.5v7).

Ce livre nous rend conscient que la piété n’est pas « un truc religieux » ou « un truc de femme », puisqu’elle est concernée par tous les domaines de la vie. En clair, « s’exercer à la piété » implique de travailler ses relations [en veillant à sa pureté, à son mariage, mais aussi ses amitiés], de prendre soin de son âme [ses pensées, son temps de recueillement et sa vie de prière…] et de son caractère[sa langue, sa façon d’être au travail…], et de porter une attention particulière à son ministère[son regard sur l’Église ; sa façon d’exercer le leadership, de donner et de servir….] (1). A ce sujet, mes luttes/défis ne seront sans doute pas les vôtres. Dans tous les cas, il ne convient pas de « choisir » l’une ou l’autre des disciplines, décrites dans ce livre d’une manière inédite, mais de comprendre qu’elles forment un tout, comme autant de facettes d’une vie complète, pleine de sens et d’espérance de l’homme pieux authentique.

Ensuite, la discipline n’est en rien « une lubie légaliste », car le moteur de la discipline prend sa source dans l’amour et la grâce de Dieu. D’ailleurs, dans son chapitre introductif intitulé « la discipline au service de la piété », Kent Hughes nous explique que tout débute par une sorte de « coup de foudre », lequel nous enseigne « que la discipline personnelle est la clé pour accomplir quoi que ce soit dans cette vie. Si cela est vrai, cela est doublement vrai pour les questions spirituelles. Dans d’autres domaines, nous pouvons peut-être revendiquer quelque avantage naturel. Un athlète peut être né avec un corps robuste, un musicien avec une oreille parfaite ou un artiste avec la perspective dans l’œil. Mais aucun de nous ne peut se vanter de posséder une supériorité spirituelle innée. En fait, nous sommes tous tout autant désavantagés. Aucun de nous ne cherche Dieu de façon naturelle, personne n’est intrinsèquement juste, personne ne fait instinctivement le bien(cf. Romains 3 : 9-18). Par conséquent, en tant qu’enfants de la grâce, tout est dans la discipline spirituelle – tout ! Je le répète… tout est dans la discipline. »

Mais l’exercice de la discipline qui conduit à la piété, pour devenir un « homme de Dieu » accompli, est tout à la fois un commandement et une promesse de Dieu : « Car (si) l’exercice corporel est utile à peu de chose (…) la piété est utile à tout, ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. C’est là une parole certaine et entièrement digne d’être reçue ». Et parce que la clé de la victoire consiste aussi à jouer en équipe et non en solo, « nous travaillons, en effet, et nous combattons, parce que nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants » (1 Tim.4v8-10).

Un véritable défi pour les hommes, déjà peu portés vers les choses spirituelles et moins disciplinés dans ce domaine que les femmes, et par ailleurs individualistes de nature !

Ce livre rencontrera-t-il un large écho auprès des hommes de cette génération ? D’ailleurs, comment se fait-il qu’un tel livre [datant de 1980] ne soit traduit en français que maintenant ?

Comme me l’a expliqué Ruben(2), des éditions BLF, et que je remercie pour m’avoir envoyé gracieusement le livre, « c’est un titre qui existe depuis plusieurs années en Français. Il avait été publié par un institut biblique québecois (Sembeq) et nous avons pu le récupérer dans notre catalogue. Nous en avons profité pour faire une révision de fond en comble de la traduction pour la moderniser (plusieurs centaines d’heures de travail) et nous avons refait la couverture aussi. Nous le ressortons maintenant après un temps où il n’était plus disponible en librairie. Et nous espérons clairement toucher une nouvelle génération qui n’a pas connu ce livre. Et visiblement, c’est réussi puisque tu ne connaissais pas le livre avant qu’on te l’envoie 🙂 Son contenu, même s’il date des années 80 est assez intemporel dans ses principes ».

Sur ce, bonne lecture et bonne découverte !

En bref : « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété : les disciplines spirituelles d’un homme attaché à Dieu », de Kent Hughes. BLF éditions/Cruciforme, 24/10/17.
Kent Hughes a été pasteur pendant 41 ans à Wheaton, aux États-Unis. Il est marié à Barbara, auteur de Femme de Dieu, exerce-toi à la piété, livre chroniqué ici. Ils ont quatre enfants et vingt-et-un petits-enfants.

 

Notes :

(1) Le livre est construit en 5 parties, composées chacune de 4 ou 5 chapitres en moyenne – chapitres suivis de « questions de réflexion » pour faire le point après la lecture.

PREMIÈRE PARTIE : LES RELATIONS 
2. La discipline de la pureté
3. La discipline du mariage
4. La discipline de la paternité
5. La discipline de l’amitié

DEUXIÈME PARTIE : L’ÂME
6. La discipline de l’esprit
7. La discipline du recueillement
8. La discipline de la prière
9. La discipline de l’adoration

TROISIÈME PARTIE : LE CARACTÈRE
10. La discipline de l’intégrité
11. La discipline de la langue
12. La discipline du travail
13. La discipline de la persévérance

QUATRIÈME PARTIE : LE MINISTÈRE
14. La discipline de l’Église
15. La discipline du leadership
16. La discipline de l’offrande
17. La discipline du témoignage
18. La discipline du ministère

CINQUIÈME PARTIE : LA DISCIPLINE
19. La grâce de la discipline

RESSOURCES
Témoignage de James et Deby Fellowes
Plan de lecture biblique quotidienne de M’Cheyne
À travers la Bible
Proverbes concernant l’usage de la langue
Psaumes de louange pour vos temps personnels avec Dieu
Notes
Index des références bibliques

(2) Pour l’anecdote, le même Ruben m’a permis de faire la connaissance de Daniel Henderson, des éditions Publications chrétiennes, lors du CEIA de Dammarie-les-lys, le 19 novembre 2017, me le présentant comme étant celui « qui est derrière (le livre) Homme de Dieu, exerce-toi à la piété ».

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Un verset et une question(1) : « Prends garde à ton pied quand tu entres dans la maison de Dieu »

« Prends garde à ton pied quand tu entres dans la maison de Dieu » (Eccl 4v17).

Pourquoi y viens-tu ? Es-tu sincère, quand tu te trouves dans la maison de Dieu et donc devant Dieu ?

Un protestant-évangélique peut-il « faire le carême » ? Comment jeûner de façon « non religieuse » mais « biblique » ?

« J’aimerai savoir pourquoi les chrétiens ne font pas le carême ? Seulement les catholiques ? Est-ce religieux ? Non biblique ? » (Christopher)

Excellente question, liée à la vie de foi personnelle du chrétien, et particulièrement d’actualité, vu que certains, parmi les chrétiens, s’apprêtent à « faire carême » à compter de ce mercredi 1er mars. Merci, Christopher, de l’avoir posée !

Il serait plus juste de demander : « pourquoi certains chrétiens (protestants-évangéliques) ne font pas le carême ? Seulement les catholiques ? ». Ensuite, est-ce une pratique « religieuse », « non biblique » ? Mais la vraie question est sans doute : « pourquoi jeûner » et « comment » ? Qu’est-ce qu’un « jeûne religieux » et qu’est-ce qu’un « jeûne biblique », pour le tourner à la positive ?

Pour mieux répondre, intéressons-nous d’abord à ce qu’est le carême, d’où il vient et par qui, et pour quoi, il est encore aujourd’hui pratiqué :

Sur le site de la Fédération Protestante de France, nous apprenons que ce terme est étymologiquement affilié au mot Quadragésime (quadragésima en latin) qui signifie littéralement « quarantième ». Ainsi, le Carême désigne la période de quarante jours précédant Pâques durant laquelle le croyant est invité à méditer sur sa propre vie en ayant à l’esprit le cheminement du Christ jusqu’à la Croix. Cette démarche spirituelle a notamment pour but de raviver la foi et de sortir le Chrétien de son inertie, de son endormissement en le poussant à abandonner sa routine quotidienne.

D’un point de vue historique, l’Eglise primitive organisait ce temps autour de la préparation au baptême des catéchumènes qui était célébré la nuit de Pâques.
A partir du IVe siècle le temps de Carême devient de plus en plus consacré à la pénitence et au renouvellement de toute la communauté croyante par la pratique du jeûne et de l’abstinence de certaines viandes.

L’Eglise orthodoxe a opté pour une application radicale de la pratique pénitentielle qui est encore aujourd’hui très stricte. Le catholicisme a à l’inverse peu à peu assoupli ses exigences en ne recommandant plus que le jeûne le mercredi des Cendres (premier jour de Carême) et le Vendredi Saint, ainsi que l’abstinence de viande tous les vendredi.
La Réforme n’a en rien contesté l’importance du Carême pour la spiritualité, mais elle n’impose pas la pratique de la pénitence. Il faut cependant relever que le luthéranisme a continué d’insister sur l’importance de la remise en question et du recueillement de sorte qu’une maigre forme de pratique pénitentielle a été maintenue (abstention de viande le Vendredi Saint et pendant longtemps interdiction de célébrer des mariages qui sont propices à la fête et au repas copieux).
Mais d’une manière générale le protestantisme est beaucoup moins directif que les autres confessions. Il part du principe que chacun est libre de vivre ce temps de préparation de Pâques selon ses convictions car aucune consigne particulière n’a été laissée par les Apôtres.
Actuellement, les Eglises de la Réforme ont malgré tout la volonté de marquer ce temps de Carême par l’organisation de nombreuses actions incitant le croyant à aller vers les autres (sous formes de don ou d’action humanitaire par exemple).

Ceci dit,  « vivre le carême », ce serait quoi, pour un protestant (et un évangélique), pour ne pas jeûner « de façon religieuse » mais « biblique » ?

Le jeûne fait partie de la discipline offerte par le Seigneur Jésus-Christ pour nous rendre un peu plus disponible, sur le plan spirituel. Le principe du jeûne est de se priver de quelque chose (pas que de nourriture, d’ailleurs !) pendant un certain temps, pour laisser la place à autre chose. Jésus insiste d’ailleurs sur le fait qu’il ne s’agit là que d’une pratique personnelle, qui doit rester discrète jusqu’au fait que les autres ne doivent pas le voir ou le savoir. Il rejoint, en les prolongeant ainsi, les aspirations des prophètes qui, avant lui, critiquaient justement les jeûnes proclamés, lesquels étaient en réalité l’occasion d’étaler une piété ostentatoire, plus préoccupée par les apparences :

« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (dit Jésus en Matthieu 6v16-18)

D’autre part, le jeûne biblique n’amène pas « de puissance ». Il offre simplement du temps et de l’espace (ou de la disponibilité) intérieur-e, comme nous l’avons écrit plus haut. Ce sont les sorciers –et non les chrétiens, disciples de Jésus-Christ – qui jeûnent « pour la puissance ».

Le prophète Esaïe a rappelé, de la part de Dieu, ce que doit être l’objectif du jeûne : un temps de consécration  ou de reconsécration, afin de permettre à la justice de Dieu de se manifester.

« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l’on rompe toute espèce de joug ; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la gloire de l’Éternel t’accompagnera. » (Esaïe 58,6-8)

Certains, en effet, voient dans le jeûne une façon de « négocier avec Dieu », de lui soutirer des grâces. C’est là « une conception marchande de Dieu », dans le but de l’instrumentaliser pour nos projets les plus autocentrés (et non Christocentrés !) ou….les plus religieux !

Voir aussi : http://1001questions.fr/jaimerais-savoir-a-quoi-ca-sert-de-jeuner-autrement-dit-pourquoi-dans-certains-cas-la-priere-ne-serait-pas-a-elle-seule-suffisante-yemi/

Une autre réponse, plus « longue » et plus détaillée sur le jeûne, avec cet article de John Stott, publié dans « Promesses », revue de réflexion biblique (N° 176, avril-juin 2011, pp 10-14) : Les pharisiens jeûnaient « deux fois par semaine » (Luc 18.12), le lundi et le mercredi. Jean-Baptiste et ses disciples jeûnaient assez régulièrement, et même « souvent », mais les disciples de Jésus ne jeûnaient pas (Mat 9.14) ; aussi est-il surprenant que Jésus attende de ses disciples qu’ils jeûnent et consacre une partie de son enseignement sur la colline aux détails de cette pratique. Nous-mêmes, nous vivons souvent comme si ce passage n’existait pas dans la Bible. La plupart des chrétiens insistent sur l’importance de la prière quotidienne et de la libéralité, mais peu nombreux sont ceux qui attachent de l’importance au jeûne. Les chrétiens des courants évangéliques qui insistent sur le caractère intérieur de la vie chrétienne, laissant une large place au cœur et à l’esprit, ne parviennent pas toujours à s’accommoder de cette discipline extérieure, corporelle qu’est le jeûne. Ne serait-ce pas une pratique de l’Ancienne Alliance ordonnée par Moïse le Jour des Propitiations, pratique exigée plusieurs fois l’an après le retour de Babylone, mais que le Christ serait venu abroger ? Les contemporains de Jésus ne sont-ils pas venus lui demander : « Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent-ils et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Le jeûne n’est-il pas une pratique propre à certaines Églises ou un reste de l’Église médiévale qui a élaboré un calendrier détaillé des jours de fête et des jours de jeûne ? N’est-il pas lié à une conception du culte rendu à Dieu qui attacherait beaucoup d’importance aux rites ?

En utilisant tantôt les Écritures, tantôt l’histoire de l’Église, on pourrait probablement répondre positivement à toutes ces questions. Mais quelques faits permettent de rétablir une vue plus globale de cette pratique.

 

Et encore, sur cet inépuisable sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/10/jeuner-pour-avoir-faim-de-dieu-soyons-des-champions-de-jeune/

« Radical… »

« ….tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés; mais les hommes méchants et les imposteurs iront de mal en pis, séduisant et étant séduits.
Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu, sachant de qui tu les as apprises… » (2 Tim.3v12-14)

« Radical » : Essentiel, fondamental, décisif. Qui va jusqu’au bout de chacune des conséquences impliquées par le choix initial. Complet, total, absolu.

Radicalité : qui n’admet ni d’exception (« ce que l’on fait pour l’un, on le fait pour tous »), ni d’atténuation.

A ne pas confondre avec :

« Extrême » : Qui est tout au bout(Au risque de basculer, tomber)…Démesuré.

2 Timothée 3v12-14 nous parle de « radicalité » :

Mur blanc par George Hodan

Mur blanc par George Hodan

-L’une, « dans le bien », dans une vie pieuse en Jésus-Christ, et avec pour prix à payer la persécution( « le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi », et, a dit Jésus en Jean 15v20)

-L’autre,

Fond noir par Junior Libby

Fond noir par Junior Libby

« dans le mal », la méchanceté et l’imposture. Ceux-là estiment en effet que « la piété est une source de gain » et veulent, non glorifier le Seigneur Jésus dans leur vie, mais se faire un nom. Néanmoins, « égarés eux-mêmes », ils « égarent les autres ».

Demeurons donc dans ce que l’on a appris et « reconnu pour vrai », et restons attachés à « la vraie Parole » pour exhorter et réfuter !

« Veille sur toi-même et sur ton enseignement » : une exhortation pour tout enseignant, moniteur et parent

(Ce qui suit a été reçu le 05/02/10. A la base, il y a eu une discussion avec un jeune adulte sur la parabole de l’ivraie. Laquelle discussion m’a, de fil en aiguile, conduit à toute une réflexion. Celle-ci, mise une première fois par écrit, a été reformulée le 27/10/11, synthétisée et transmise comme exhortation à des moniteurs d’école du dimanche et parents le 13/05/12. Je la publie ici en espérant qu’elle sera utile)

Pourquoi une telle exhortation ?

Mare et poulains par Karen Allen

Mare et poulains par Karen Allen

Parce que tout enseignant est confronté au défi suivant en ces temps difficiles que nous vivons : répondre à un refus d’apprendre/d’être enseigné et à un rejet de ce qui nourrit.

Or, nous ne devons pas nous décourager et nous souvenir que Dieu nous dit qu’ «aujourd’hui est le jour du salut !»(2 cor.6v2) : nous devons être, à la fois actifs et persévérants pour le Seigneur, et actifs pour chercher, transmettre la vérité. Car, combien de temps encore pourrons-nous le faire ? Le Seigneur « revient bientôt », « promptement ». Nous, chrétiens, vivons dans cette espérance de son retour et comme si ce jour était le dernier.

Recentrons-nous sur les priorités : pour nous, enseignants, moniteurs, ou parents, ces priorités que nous avons choisis sont les enfants et la Parole de Dieu. Seules choses « durables » et éternelles.

Dans cette perspective, la présente exhortation se résumera à  : « veille sur toi-même » et « sur ton enseignement ».

Passages de référence : 1 et 2 Timothée ; 2 Rois 2, 4, 6(exemples d’Elisée)

I)« Veille sur toi-même »

Tout enseignant enseigne d’abord ce qu’il est. Nous, enseignants, moniteurs et parents,

Vigne par gabile gabile Soyons attachés au cep pour porter du fruit

Vigne par gabile gabile
Soyons attachés au cep pour porter du fruit

nous sommes ce que nous sommes, parce que nous sommes avant tout rattachés « au Cep », le Seigneur Jésus-Christ. Parce que nous connaissons Jésus-Christ comme sauveur et seigneur de nos vies.

A)Nous sommes exhortés à persévérer dans la fidélité et le témoignage.

Dans 1 et 2 Timothée (lettre de Paul à son disciple, Timothée), plusieurs verbes à l’impératif : « garde », « demeure », « tiens ferme ». Dieu nous demande « d’être » et de « vivre », plus que de « faire ».

« Garde-toi (ou conserve-toi) pur » (1 Tim.5v22), c’est-à-dire, « sans mélange », sans compromis.

« Sois un modèle…en paroles, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 tim.4v12)

« Garde le bon dépôt » (2 Tim.1v13-14, 1 Tim.6v20)

« Combat le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience » (1 Tim.1v18)

Child and Book par George Hodan Demeurons dans un enseignement d'avenir

Child and Book par George Hodan
Demeurons dans un enseignement d’avenir

« Demeure dans les choses que tu as apprises et reconnues certaines » (2 Tim.3v14)

Nous sommes exhortés à « nous exercer » et « à rechercher » : ici, toujours dans Timothée, un mot-clé, qui revient avec une certaine insistance. C’est-là la clé, ce qui fait la différence. C’est le mot « piété » : ce qui plaît à Dieu. Cultivons donc l’amour et l’amitié de Dieu.

« Exerce-toi à la piété » (1 Tim.4v8, 6v6) ; « Recherche la piété » (1 Tim.6v11)

Une promesse :

« Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux » (2 Pie.2v9) ; Dieu « aime la piété et non les sacrifices… » (Osée 6v6)

Dieu réclame de nous un élan du cœur, un don de l’être tout entier par amour : c’est ce qui motive aussi pour enseigner les (nos) enfants.

« Le mystère de la piété est grand » : l’incarnation et la glorification du Seigneur (1 Tim.3v16)

« La doctrine est selon la piété » (1 Tim.6v3)

B) Nous sommes exhortés à « déclarer », « exposer », « rappeler », «enseigner la vérité » (1 Tim.4v6, 11 ; 2 tim.2v14 ; 2 Tim.4v2)

« Présente-toi devant Dieu comme un homme éprouvé (…) qui dispense droitement la parole de la vérité » (2 Tim.2v15)

« Reprends », « exhorte » (1 Tim.5v20-21 ; 2 Tim.2v24-25 ; 2 tim.4v2)

« Applique-toi à la lecture…à l’enseignement. » (1 tim.4v13, 2 tim.3v15-17) : sois un homme (ou une femme) de la Parole de Dieu !

[Parenthèse pratique : mieux vaut une modeste lecture sur un temps court, mais régulière, systématique et suivie d’un livre – commencer par un « petit livre », comme 1 Jean, Galates, Philippiens…puis Jean, Deutéronome, Esaïe « le cinquième évangile ». Exemples de plans de lecture ici]

II) « Veille sur ton enseignement » (1 Tim.4v16)

Sur quoi ou sur qui se recentrer, recentrer ? Quel doit être le nœud de notre enseignement ?

Trois exemples avec Elisée, « un type de Christ » :

A)« Les eaux de Jéricho » (2 Rois 2v19-22) : la grâce de Dieu
B)« La mort dans la marmite » (2 Rois 4v38-41) : Christ, dans son humanité, son incarnation
C)« La cognée perdue » (2 Rois 6v1-7) : la croix qui libère

A)« Les eaux de Jéricho »

« les eaux sont mauvaises » et le pays « stérile » (2 Rois 2v19). Il est important de remonter à la source du mal (v21). Du sel est ajouté, « jeté » à la source des eaux, qui furent « assainies » et « il n’en proviendra plus ni mort, ni stérilité » (v21-22).

Cristaux pour le bain par Talia Felix

Cristaux pour le bain par Talia Felix

Le sel purifie et renvoie à la grâce de Dieu : « ayez toujours une parole pleine de grâce, assaisonnée de sel, pour communiquer la grâce… » (Col.4v6)

B)« La mort dans la marmite » 

Un contexte de famine (2 Rois 4v38) : que donner à manger ?
On décide de cuire un potage. Mais le contenu du potage est rendu amer par des « coloquintes sauvages », que « l’on ne connaissait pas » (v39). Nous tous, moniteurs, contribuons « à faire la soupe », mais veillons à ne rien apporter quoique ce soit de contraire à Christ et à la Bible.
A noter que la marmite n’a pas été renversée : de la farine a été ajoutée au contenu.
La farine renvoie au pain, donc au corps de Christ « donné  pour nous » (Luc 22v19).

Est-il prêt par Donna Cosmato

Est-il prêt par Donna Cosmato

Cela nous parle de Christ dans son humanité, son incarnation (cf 1 Jean 1v1-4. « Tout esprit qui déclare publiquement que Jésus-Christ est venu en chair est de Dieu », cf 1 Jean 4v1-3).

C)« La cognée perdue »(2 rois 6v1-7) 

« Elisée coupa un morceau de bois, le jeta à la place de la cognée perdue et fit surnager le fer ». Le bois « libère le fer » : de même, la croix nous a libéré de la mort qui nous retenait captif. (Comparer avec Exode 15v22-27).

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

Enseigner la croix est essentiel, car sans la croix on n’a pas enseigné l’évangile. C’est le seul chemin qu’a suivit le Seigneur, bien que le diable ait tenté (sans succès) de lui faire prendre « un raccourci », de même que Pierre sans doute bien intentionné(« surtout pas ce chemin-là, voyons, Seigneur »…)

Au centre de notre enseignement et de notre vie chrétienne : la grâce, la personne de Christ « parfaitement Dieu et parfaitement homme », la croix.

Nous devons donc enseigner une personne, car la vérité est une personne : « la vérité est en Jésus » (Ephésiens 4v21), qui se présente comme lui-même comme « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6).

Conclusion : Quelques mots-clés

Le mot du diable est toujours « demain », « plus tard ». De toute façon, il trouve toujours quelque chose à faire pour nous occuper…et nous rendre dépendants de choses qui nous asservissent.(alcool, drogue, jeu, travail, sport, divertissement…technologie !)

Le mot de Dieu est toujours « aujourd’hui », car « aujourd’hui est le jour du salut »(2 Cor.6v2). Demain sera sans doute trop tard.

Le Seigneur revient. Le temps est à l’urgence. Profitons-en pour être actif dans et pour le Seigneur.

Trois mots d’ordre :

"3 singes modernes"Ceux du monde (cf les 3 convoitises de 1 Jean 2v16)sont : « consomme », « amuse-toi » et « sois (reste) jeune ».

Ceux de Dieu (2 Tim.2v3-6), sachant que nous sommes exhortés à «se « fortifier dans la grâce qui est en Jésus-Christ »(2 Tim.2v1) et à « souffrir comme des bons soldats de Jésus-Christ »(2 Tim.2v3), à dire non à nous-même et oui à Dieu, car cela a été le chemin du Seigneur sur la terre :

Toujours Ensemble par George Hodan

Toujours Ensemble par George Hodan

« Plais » au Seigneur, sois loyal envers Lui (image du soldat) ; « respecte les règles »(image de l’athlète) et ne prends pas de raccourcis ; « travaille en prenant de la peine », si tu veux récolter les fruits(image du cultivateur)

Ne te décourage pas ! (2 Tim.4v5)