Ne faites pas (la) peur !

Quelles sont tes peurs ? Pourquoi as-tu peur ?

Quelles sont tes peurs ? Pourquoi as-tu peur ?

Comme chaque année, pendant la période fin octobre-début novembre, « le bon goût » a été de « jouer » à (se)faire peur. Certes, les festivités macabres sont derrière nous, mais le thème me paraît toujours d’actualité, d’autant plus que l’on connaît cette sorte de « fascination » pour la peur, de la part de notre prochain, et même des plus jeunes(du moins, ce qu’ils en disent)-illustré par exemple, via un certain goût pour les « films d’horreur ».

Mais qu’est-ce que la peur ? D’où vient cette fascination pour la peur ? Est-elle saine ? Comment la gérer ? Est-on « moins » un « homme » parce que l’on a peur ou parce que l’on a avoue avoir(eu)peur ?

Le pasteur Gilles Boucomont rappelle que la majorité des auteurs bibliques définissent la peur comme le contraire de la foi, ou de la confiance. Le mot « peur » est très présent dans le Nouveau Testament, via le terme « phobos » employé 47 fois, et le terme « phobeo »-avoir peur-employé, lui, à 93 reprises !

Voici un exemple d’événement ayant suscité la peur ou le trouble : Luc 2v9 ; Matt.2v3.

La peur est-elle mauvaise ? Selon les pompiers, par exemple, dans le cadre de formation à la sécurité, la peur peut-être bonne. Celui qui n’a pas peur dans une situation de danger est soit un fou, soit un inconscient. Il existe « une bonne peur » qui sert à nous protéger et à nous tenir en éveil, face à ce qui est franchement dangereux. Sur un plan plus « philosophique », on pense aussi à « l’heuristique de la peur » de Hans Jonas, posé dans son « principe de la responsabilité ».

Cependant, la peur est aussi « mauvaise conseillère », dans le sens que nous pouvons estimer que tout ce qui est nouveau et inconnu(pour ne pas dire « différent ») est potentiellement dangereux : l’entrée dans une nouvelle école, l’arrivée d’un nouveau camarade qui nous paraît « bizarre », une situation nouvelle, etc….La peur est aussi « mauvaise conseillère », parce qu’elle nous pousse à réagir de façon irrationnelle.

Voici un autre exemple où un groupe de personne a pris peur et pourquoi. L’intérêt de cet exemple est aussi de amener à comprendre ce qui a mis fin à la peur : Marc 6v45-51 (cf 1 Jean 4v18 ; Es.30v15)

La peur est toujours « la peur de »(quelque chose : d’un danger ou d’une punition). Elle a toujours un objet, à la différence de l’angoisse, qui est sans objet. La peur est aussi distinct de la crainte, qui est le respect, la vénération, dû(e) à quelqu’un d’autre (cf Ps.111v10 ; Rom.13v7). La peur est tellement présente au point d’être banale que l’exhortation n' »aies pas peur » revient sans cesse(environ 365 fois dans la Bible, sous des formes différentes, selon certains : soit une ressource pour chaque jour de l’année !).

En français, « phobos » et « phobeo » ont donné le mot « phobie », qui exprime toute une gamme de sentiments(de la crainte à la frayeur) à l’égard de personnes, de situations : de l’agoraphobie-la peur des espaces et des foules, exprimée par le personnage joué par Sigourney Weaver dans le thriller « Copycat »(1995)-à la xénophobie(la peur des autres peuples)…A noter une certaine évolution(ou dérive) de langage, traduisant, par exemple, « homophobie » ou « islamophobie »(pour ne pas dire « christianophobie »-qui me paraît impropre)comme étant une haine et non une peur à l’égard des homosexuels, des musulmans ou des chrétiens…(cf ce qu’annonçait le Seigneur Jésus à ses disciples dans Jean 15v18-25 ; Luc 21v17, etc…)

"Peur de son ombre". Dessin préparatoire de Tim Burton pour le court-métrage "Vincent"

« Peur de son ombre ».
Dessin préparatoire de Tim Burton pour le court-métrage « Vincent »

 

Qu’est-ce qu’encore que la peur ? Et surtout, d’où vient-elle ?

Selon Gilles Boucomont, la peur est une construction mentale, dont la cause est une « confiance malade »(ou un manque de confiance en soi, les autres…en Dieu). Nous nous faisons « nos propres films » ou « une tempête dans un verre d’eau », à propos de choses qui n’existent pas. L’ombre d’un chiot(ou notre propre ombre), un rendez-vous chez le médecin ou le dentiste…peuvent ainsi prendre des proportions insoupçonnées.

 
La peur est dangereuse, puisqu’elle peut être exploitée à des fins totalitaires. Examinez ou déconstruisez, par exemple, les discours de certains démagogues, dont l’objectif reste de ne pas vous détromper sur l’objet de votre peur, quand le bouc émissaire commode n’est pas désigné !


A l’inverse, ce que nous propose Jésus, c’est un travail salutaire de déconstruction de nos peurs(ou constructions mentales)et de reconstruction de la confiance-car la réponse à la peur reste l’amour et la confiance. Jésus nous invite à « retrouver le sens des proportions », de sorte à ne pas rester focalisé sur ce qui est en réalité petit ou insignifiant(ou de l’ordre du fantasme), pour considérer l’immensité de la bonté et de la grâce de Dieu, qui est Celui qui nous libère de toutes nos peurs(comme Il a libéré Son peuple d’Egypte, « de la maison de servitude » cf Exode 20v2). Jésus nous invite enfin à passer « de la peur de tout » à la crainte de l’Eternel, pour que nous connaissions « la joie de craindre Dieu ».

(D’après Gilles Boucomont. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit »(Ed. Première partie, 2010, pp 248-251)

 

Pour aller plus loin :

Recherchez les différentes peurs de David et comment celui-ci les a « gérées » (cf 1-2 Samuel et 1 Chroniques)

 

Ceux qui exploitent tes bas instincts : vivraient-ils si on leur retirait leurs griffes ?

« …vous devenez les esclaves du maître auquel vous obéissez… »(Rom.6v16)

Ne tournons pas autour du pot.

Nous avons à lutter contre trois fléaux :

-L’ignorance(et l’oubli-celui de l’histoire, par exemple-et donc la réécriture de l’histoire-la bêtise)

-L’avidité(et le mécontentement, la frustration, la convoitise, « la cupidité-qui est une idolâtrie »-le « no limit », le « toujours plus »…)

-La peur(de l’avenir, des autres, de l’autre…)

Nous sommes avant tout responsables de nourrir en nous(ou non) ces trois fléaux.

Laisser quiconque nourrir ou exploiter ces fléaux(ou en permettant à quiconque de vivre de cette exploitation sur votre dos) est dangereux. Car c’est laisser là un grand pouvoir à ce quiconque exploite ces fléaux en vous.

C’est laisser là à ce quiconque le pouvoir de vous manipuler*. C’est laisser à ce quiconque le pouvoir de se poser en « pourvoyeur » ou en « sauveur », « homme fort », « homme providentiel ». Néanmoins, un tel « chef » (ou « pourvoyeur »)fera toujours en sorte que vous restiez insatisfaits et dépendants.

Ces trois fléaux sont dangereux, car les nourrir conduit à l’irrationnel(une mauvaise décision que vous ne prendriez pas dans un état « normal », de raison) ainsi qu’à faire sauter les verrous moraux et spirituels.

Arrêtons-nous et demandons-nous pourquoi rester dans l’ignorance, l’avidité et la peur ? D’où tirons-nous ce qui nourrit l’ignorance, l’avidité et la peur ?

Arrêtons-nous et réfléchissons un peu : de telles « sources »(personnalités, organismes/associations/groupes/partis politiques, médias papiers ou « webzine »…) vivraient-elles, si on leur retirait leurs griffes, leur « aiguillon »(leur pouvoir de nourrir l’ignorance, l’avidité, la frustration, la peur, la haine de l’autre…)….c’est à dire leur moyen de subsistance ?

De quoi te nourris-tu ? Qui fais-tu vivre ?

A l’inverse, le véritable libérateur est celui qui affranchit.

Il a un nom : Jésus-Christ.

Il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs(Marc 10v45).

Contre l’avidité : Il a par ailleurs refusé d’exploiter les besoins et convoitises humaines, et ainsi d’exercer un pouvoir sur les hommes.

Contre l’oubli : Il laisse un souvenir, afin que celui qui a été libéré par Jésus se souvienne d’où il vient et qu’il est un homme libre.

Contre la peur : Il a vaincu celui qui exerçait son pouvoir par la peur.

Tu appartiens à Christ. Tu portes Son nom : tu es chrétien. « Petit Christ ».

Tu es aujourd’hui porteur d’un message libérateur et d’espérance. Tu es un témoin.

« Lumière du monde » et « sel de la Terre », tu es envoyé, pour réveiller en chacun, non pas les bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien**.

 

 
Notes :

* A ce sujet, on citera le (faussement nommé)« Institut pour la justice », dont les pétitions exploitant l’émotion suscitée par un drame ou une injustice(si cela, ce n’est pas de la manipulation…)fleurissent sur internet.  Je dis « faussement », car il s’agit d’une association et non d’un « institut ». Déjà avant l’actuelle pétition contre le « laxisme » de la ministre de la justice TAUBIRA : http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/11/12/Attention-manip-:-le-pacte-2012-de-l-Institut-pour-la-Justice ; http://www.slate.fr/story/46557/ipj-institut-pour-la-justice-pacte-2012 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_pour_la_justice#cite_note-la_croix15.2F02.2F11-16 ; http://www.rue89.com/2011/11/18/institut-pour-la-justice-hold-droite-sur-les-victimes-226627 ; http://lescoulissesdelinfo.blogspot.fr/2011/11/linstitut-pour-la-justice-vraie.html

Par ailleurs, ce genre de pétition apparaît toujours(comme par hasard) à l’approche d’échéances électorales. Ici, les municipales de 2014.

On rappellera enfin, pour mémoire, que plus de 40 lois dites « sécuritaires » ont été votées en 10 ans.

** Citation(malheureusement perdue) d’une bloggueuse à propos du Tigre magazine. J’ai trouvé que cela pouvait coller pour ceux censés rechercher et disposer du don de discernement(cf 1 Cor.12)

Hier, je suis devenu encore un peu plus « anti-P »

Aucun signe par Piotr Siedlecki Non merci

Aucun signe par Piotr Siedlecki
Non merci

Comme il est important de pouvoir joindre quelqu’un et être joignable, si nécessaire, je me rends avec ma chère et tendre chez l’opérateur X, hier après-midi, afin de recharger une carte, et être en mesure d’utiliser l’un des portables traînant à la maison.
Fouillant dans la jungle des diverses offres, nous cherchons une formule pertinente pour quelqu’un comme moi, un naïf qui considère (peut-être abusivement) qu’un téléphone sert à appeler et à être appelé, et pense n’utiliser son portable que tous les tremblements de terre, ou plus exactement, qu’en cas de besoin.

œufs de mille ans par Scott Meltzer Du durable ou du limité dans le temps ?

œufs de mille ans par Scott Meltzer
Du durable ou du limité dans le temps ?

Malheureusement, on nous propose, au mieux, que des « illimités limités » dans le temps (une semaine, un mois…) : « si vous n’utilisez pas votre compte dans la semaine, les points non utilisés sont perdus », nous explique la vendeuse…qui a du s’en mordre les doigts par la suite, puisqu’en fin de compte nous déclarons « vouloir réfléchir ». Une façon polie de dire que nous n’achetons rien.

C’est alors que je comprends mieux la raison d’être de certaines habitudes idiotes, comme de téléphoner pour un oui ou pour un non : des systèmes d’abonnements poussant à une consommation excessive (jusqu’à l’inutile) et injustifiée du portable.

C’est alors que deux histoires de science-fiction, lues il y a une vingtaine d’années, me reviennent en mémoire. Quel rapport avec le portable, me diriez-vous ?
A vous de juger :

Quand garder sa paye même vingt-quatre heures, c’est une sorte de suicide moral :
Dans la première partie de son roman « Le Guérisseur de cathédrales »* (1969), l’auteur de science-fiction Philip K. Dick imagine une société, où la monnaie,  sous forme de timbres-prime, se dévaluait très vite par l’inflation. Lorsque l’on recevait sa paye, il fallait s’élancer chaque jour le plus vite possible « vers le Gub, le superhypermarchécentrederédemption universel le plus proche, où l’on échangeait rapidement ses billets contre n’importe quoi : de la nourriture, des magazines, des pilules, un nouveau pull, pendant que l’argent avait encore quelque valeur. Tout le monde faisait la même chose. C’était une obligation ; garder l’argent du gouvernement même vingt-quatre heures, c’était s’imposer le désastre, une sorte de suicide moral. En deux jours, l’argent public perdait quatre-vingts pour cent de sa valeur rédemptrice ».(pp 12-13)

« Comment un homme peut-il devenir « anti-P » ? Il a toujours eu les mêmes idées ? Ou quelle mouche l’a piqué ? »**
Dans une de ses nouvelles, « Foster, vous êtes mort »(1955), le même Philip K. Dick nous décrit un monde marqué par la peur d’une guerre nucléaire, il est bon ton de posséder un abri antinucléaire dernier cri dans son jardin.
Mike Foster est un adolescent considéré comme « anormal » par ses camarades de classe et ses amis, parce que sa famille ne dispose toujours pas d’abri. Il rêve d’être comme tout le monde, afin d’échapper à cette pression sociale qui s’exerce sur lui.

Mais Foster a le malheur d’avoir pour père un homme un « anti-P ». « P » pour « portable » ? Plutôt pour « protection». Car le père de Foster refuse de « jouer le jeu » et d’acheter ce qu’il considère comme une vente forcée. En effet, profitant d’une privatisation à tout crin, y compris la défense(censé être l’un des rares domaines régaliens de l’état), et ce, « pour réduire la dette publique »(en 1955 !)***, des industriels proposent sur le marché des abris anti-atomiques familiaux, chaque année de plus en plus performants, donc forcément de plus en plus chers, et surtout aussitôt démodés.

« Science-fiction », vous avez dit ?

 

*Ed. Pocket(science-fiction), 2006

** »Foster, vous êtes mort », de Philip K. Dick, IN « Histoires de fins du monde ». Le livre de poche, 1974(La grande anthologie de la science-fiction), p30.

**« Une question de concurrence entre les villes pour voir laquelle achèterait le plus de matériel dans le minimum de temps. Améliorer notre cité tout en stimulant l’activité commerciale.  Bien sûr, ils faisaient valoir que si nous devions acheter nos masques à gaz et nos abris contre les bombes, nous en prendrions plus de soin. Comme si nous n’avions jamais endommagé les téléphones et les trottoirs ! Ou les autoroutes sous prétexte que c’est l’Etat qui les a payées. Ou les armées. N’y a- t- il pas toujours eu des forces armées? Est- ce que ce n’est pas le gouvernement qui a toujours organisé des hommes à lui pour la défense ? J’imagine que la défense coûte trop cher. J’imagine que par ce moyen, ils économisent une quantité d’argent et qu’ils réduisent la dette publique. »(op. cit., pp 36-37)

Pour toi qui as peur : Jésus-Christ est celui qui…

Port Hoorn 3 par X posid

Port Hoorn 3 par X posid

…. »est devenu comme [nous, qui sommes tous des êtres de chair et de sang] » , et « a participé à leur nature humaine*. C’est ainsi que, par sa mort, il a pu écraser le diable, qui détient la puissance de la mort, et délivrer ceux que la peur de la mort rendait esclaves durant leur vie entière »(Hébr.2v14-15).

Et :

« ….celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde »(1 Jean 4v4)

Il est « plus fort » que « l’homme fort », pourtant bien armé : vainqueur, il a enlevé « les armes » dans lesquelles cet homme fort « mettait sa confiance » et il a libéré ceux que l’homme fort tenait captifs (Luc 11v21-22) !

Note :

*A part le péché, nous dit Hébreux 4v15