Est-il judicieux de prier pour « les nations » ?  

Surtout ne cessons pas de prier. De prier pour ceux qui habitent en France.

Il est courant, dans la plupart des milieux chrétiens, d’appeler à « prier pour les nations ». Est-ce pertinent ? (1)

En réalité, sur ce type d’initiative, certes louable, se fonde une erreur théologique due au passage du texte biblique de l’hébreu > grec > français.
En effet, sachant que c’est depuis le 16ème siècle que le mot « nation » est devenu un référentiel politique, les « nations » en hébreu et en grec ne sont pas les Etats nationaux ou « les pays », mais plutôt les peuples non-Juifs, les goyim ou « ta ethnè » (« ethnies »).

Quand Dieu bénit les « nations », cela signifie qu’il bénit les non-Juifs aujourd’hui, de la même façon qu’il a béni les Juifs.


De fait, quand nous prions pour « Israël », (normalement) ce n’est pas l’Israël politique refondé en 1948, mais bien pour le peuple d’Israël, répandu parmi les nations.
Quant à prier pour « La France », c’est un peu étonnant, puisque la France est multiforme, ayant tellement évolué au travers des siècles. La France, c’est avant tout des gens qui habitent en France, surtout à l’heure de l’hypermondialisation. D’ailleurs, vous en connaissez beaucoup, de gens dans votre église locale dont les huit arrière-grands-parents étaient « des vrais français » ?
Bref, cette vision théologique « post-Yalta » (du nom de la conférence qui a découpé le monde après la guerre) est en réalité anachronique, lorsque elle donne un sens « d’aujourd’hui » à un terme ou un concept biblique, qui n’a pas ce sens-là.

 

Ceci dit, il serait dommage d’en conclure d’arrêter de prier ou d’intercéder. En clair, prions pour les personnes ou les groupes de personnes, et non pour des constructions culturelles/idéologiques et politiques qui n’existaient pas au temps du Christ et qui n’existeront plus à la fin des temps !

 

 

Note :

(1) Telle est la question posée sur le site « 1001 questions »