Censure d’un document historique par un robot de Facebook : les leçons à retenir sur l’interprétation

Ce n'est pas "au nom de la morale", que cette célèbre photo a été censurée, mais du fait d'une absence de mémoire historique de la part des robots de Facebook... (La Fille au napalm, de Nick Ut Cong Huynh. 1972)

Ce n’est pas « au nom de la morale », que cette célèbre photo a été censurée, mais parce que les robots de Facebook sont dénués de mémoire historique…
(« La Fille au napalm », de Nick Ut Cong Huynh. 1972)

L’algorithme se trompe, ignorant l’histoire et dénué de véritable intelligence. Pourtant, c’est lui qui est aux commandes !
Incroyable mais vrai : un « robot de Facebook » a censuré une célèbre photo de la guerre du Vietnam « en la prenant pour… une image pédophile ! » (1)
Pourtant, cette photo n’est pas censée être une inconnue pour des êtres humains. Car, comme le rappelle le journaliste Patrice de Plunkett, dans une note de blogue, le document montre une fillette touchée par le napalm, courant en hurlant de douleur, et fuyant un bombardement aérien : « cette photo, l’une des plus célèbres du XXe siècle, a été prise le 8 juin 1972 près de Trang Bang,au Sud-Vietnam, par le photographe de presse Nick Ut Cong Huynh. La petite fille a 9 ans. Elle s’appelle Phan Thi Kim Phuc. Le photographe et l’un de ses confrères la conduiront à l’hôpital de Cu Chi, sur la route de Saigon. Au prix de 17 interventions chirurgicales et 14 mois de soins intensifs, Kim Phuc sera sauvée. Elle vit aujourd’hui à Toronto, a deux enfants, l’Unesco l’a nommée goodwill ambassador 

Néanmoins, cette photo ne dit rien à un robot « aveuglément programmé » et « dénué de mémoire historique », selon les termes de Patrice de Plunkett : « à la fin du mois d’août, l’algorithme de censure de Facebook efface cette célébrissime photo sur les pages de l’écrivain norvégien Tom Egeland  et d’internautes qui l’ont relayé ; parmi ceux-ci la Première ministre de Norvège Erna Solberg. Motif de cette censure : une fillette nue figurant sur la photo, le robot l’a interprétée comme pédopornographique. (Ce qui transforme d’ailleurs en suspects tous ceux qui l’ont relayée).(….) Il faudra trois jours avant que Facebook ne s’avise du scandale ; et cinq autres jours avant que M. Zuckerberg ne donne l’ordre de rétablir le post effacé ».

Jusqu'où s'arrêtera "le règne des machines" ?

Jusqu’où s’arrêtera « le règne des machines » ?

Pour Patrice de Plunkett, le fait « qu’une photo historique ait pu être censurée par un robot, démontre plusieurs choses », soulevant autant de questions :

  1. « Le robot seul est aux commandes. Jusqu’à une date récente, ce type de censure était géré par des êtres humains salariés de Facebook. Ils ont été licenciés »(2).
  2. « Facebook a mis plusieurs jours avant de réaliser qu’il y avait un problème ».
  3. Où s’arrêtera « le règne des algorithmes » ? (3) 

 

Pour ma part, l’erreur d’interprétation reste à souligner : « dénuée de mémoire historique », donc, et même d’intelligence tout court, les robots-censeurs se sont mépris sur le sens à donner à cette photo, en la lisant « au premier degré ».

Rappelons que le but de l’interprétation est de découvrir le sens originel (donné dès le départ) d’un document, d’une œuvre ou d’un événement : d’abord « ce que cela dit », puis « ce que cela veut dire », bien avant « ce que cela dit pour moi », au nom de « ma grille de lecture ». Bien interpréter, pour éviter les contresens, nécessite d’avoir de la mémoire et de la connaissance : ainsi, dans le cas de la photo qui nous occupe du contexte, des circonstances de prise – de l’auteur et de l’objet du document……

Cette mémoire et cette connaissance nous permettent de faire du lien entre différents éléments, pour en reconstituer le sens.

Ce qui est vrai pour l’interprétation de n’importe quel document est aussi vrai pour l’interprétation biblique. Lorsque nous lisons un passage, exerçons-nous notre « mémoire biblique » (de toute la Bible) et notre connaissance de Son auteur, Celui qui l’a inspiré, de sorte à relier ce que nous séparons/opposons si souvent ? Ou souffrons-nous d’ « amnésie spirituelle », d’absence de mémoire et de connaissance ?

D’autre part, l’enjeu de « bien interpréter » est lié à celui de faire preuve de discernement. Et discerner, c’est être capable d’évaluer. C’est la capacité de nommer, « d’appeler les choses par leur vrai nom ». Et nommer, c’est faire preuve d’autorité.

A ce sujet, l’anecdote de la censure de Facebook nous enseigne que le plus inquiétant n’est pas « à venir » : il est déjà présent, puisque les responsables de la firme ont estimé « plus rentable » de déléguer le discernement à des machines. Pourtant, exercer soi-même son jugement est le propre de toute personne responsable et mature (cf Hébr.5v14).

Enfin, le drame d’un peuple est de « périr, faute de connaissance » (Osée 4v6) , comme d’être esclave, pour avoir oublié son histoire. Et que dire d’un peuple qui aurait délégué sa mémoire…à des machines dénuée de mémoire ?

Humain et robot : même langage ? Par Andy Singer

Humain et robot : même langage ?
Par Andy Singer

Car, jadis, la mémoire de l’homme était liée à l’oral, avant d’être confiée à l’écrit…avant de l’être aux ordinateurs. Mais si un ordinateur stocke des images, il n’a pas d’imagination ; s’il stocke des processus, il ne sait pas innover. Et – dans le cas des algorithmes – si la machine cherche des mots, elle ne comprend pas le sens des phrases ou d’une requête.

Bref, l’être humain délègue de plus en plus à la machine, croyant ainsi être (plus libre). Mais il serait bien avisé de ne jamais déléguer sa pensée, son discernement, son jugement, sa mémoire, son autorité, ses libertés fondamentales…Car c’est en pensant faire des économies immédiates que l’on est perdant sur le long terme….

 

 

Notes :

(1) Voir aussi http://www.courrierinternational.com/article/censure-photo-de-la-petite-vietnamienne-facebook-fait-marche-arriere-la-polemique-enfle ; http://www.numerama.com/politique/193972-apres-avoir-censure-la-premiere-ministre-de-norvege-facebook-revoit-sa-politique.html

(2) « Le rapport de Facebook à l’information et sa modération des contenus sont régulièrement sous le feu des critiques », relève notamment une analyse des « Echos ». « Le rôle du réseau social dans la formation des idées politiques ou sa propension à enfermer les utilisateurs dans une bulle, en ne leur proposant que des articles relayant les idées dont ils se sentent proches, inquiètent particulièrement les observateurs.

Aux Etats-Unis, la rubrique « trending » est scrutée de près. Gérée à la fois par des algorithmes et des humains, cette sélection des articles de presse les plus populaires sur le réseau, pose question. Au printemps, Facebook a été accusé de manipuler ces contenus , omettant volontairement certains sujets comme ceux liés au parti républicain. Trois mois plus tard, la firme annonçait qu’elle allait limiter l’intervention humaine. Une initiative qui s’est soldée par un échec au bout de quelques jours seulement, lorsqu’ une fausse information inventée s’est incrustée de manière automatisée dans les « trending topics » . Une erreur particulièrement préoccupante au vu du poids du réseau social. Une étude récente du Pew Research Center souligne qu’en 2016, 44 % des adultes américains s’informent par le biais de Facebook » ( http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211274610889-nouveau-tolle-contre-facebook-apres-la-censure-dune-photo-historique-2026252.php )

Voir aussi : http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211240016143-une-fausse-information-dans-les-trending-topics-automatises-de-facebook-2023628.php

(3)Il semble ne jamais s’arrêter ! Après le journalisme et l’édition, il suffit déjà de considérer l’évolution de la finance, avec l’irruption d’acteurs non humains sur les marchés financiers : le « trading à haute-fréquence ».  Cette (r)évolution d’une finance devenue automatisée, amorcée depuis des décennies « et en totale roue libre ces dernières années, est qualifiée par les critiques de « portrait vivant et atterrant » de « la course en avant démentielle qui agite les hautes sphères de la finance, entre soulèvement des machines, règne des algorithmes et dérèglements boursiers ». ( Cf notre billet de 2013 à ce sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/07/03/ce-nest-pas-la-cupidite-qui-plongea-le-monde-entier-dans-une-crise-financiere-sans-precedent-cest-lintelligence/  ). Sans compter cette pub(véridique) qui ne manque pas de sel !

 

 

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Entre deux tours : le temps des analyses

Vous disposez d'un grand pouvoir, en tant que citoyen : le pouvoir de vote. Qu'en ferez-vous ? (Première de couverture du roman "La Lucidité" de José Saramago)

Vous disposez d’un grand pouvoir, en tant que citoyen : le pouvoir de vote. Qu’en ferez-vous ?
(Première de couverture du roman « La Lucidité » de José Saramago)

Note : merci de ne pas « zapper » trop vite ce qui suit, car, même si « vous n’êtes pas du monde, vous êtes tout de même « dans le monde ». Et vous votez. Des études bibliques sont proposées en fin d’article, pour nourrir votre réflexion.

« La déferlante FN[en tête dans six régions*] du premier tour était annoncée, attendue(…)La seule chose surprenante, c’est la surprise officielle à l’annonce de ce résultat », observe le journaliste Patrice de Plunkett sur son blogue. Il estime que « la classe médiatico-politique », qui « ne comprend pas pourquoi cinq millions et demi de Français dont 95 % ne semblent pas extrémistes (si l’on en croit les reportages eux-mêmes !) se sont tournés dimanche vers le vote FN » devrait « changer de lunettes ».

Mais souhaite-t-on véritablement « changer de lunettes » ?
Pour le juriste-blogueur catholique « Thomas More », qui redevient régulier sur la toile, « nombreux sont ceux qui refusent de faire un diagnostic honnête de l’état de la société française par peur de ce qu’ils y découvriraient ». Un « déni de la réalité sociale » qui conduit notamment « à jeter l’anathème sur des auteurs tels que Laurent Bouvet ou Christophe Guilluy ». Et l’on aurait tort, estime le juriste blogueur, qui nous propose son intéressante analyse de l’ouvrage de L. Bouvet, « Le sens du peuple ». On peut, à l’instar de « Thomas More », ne pas rejoindre l’ « esprit laïc trop étroit » de ce premier auteur, mais on appréciera si son diagnostic est juste ou non. Même si « la politique » n’est « pas trop votre truc » (mais plutôt la théologie, par exemple), ne zappez pas trop vite ce qui suit, car il y a matière à vous faire réfléchir sur comment « être chrétien dans la cité ».
Le point de vue est le suivant :
Pour Laurent Bouvet, il importe, pour la gauche « d’abandonner le progressisme pour reconquérir le peuple » et « retrouver le sens du peuple ». Une « invitation » qui devrait être « adressée à l’ensemble des mouvements politiques, y compris de droite, même si c’est au prix d’une dose de populisme »**. Ce « populisme de gauche » impliquerait de « renoncer au libéral-multiculturalisme », d’ « écouter la révolte du peuple contre les élites », de « réviser la position de la gauche à l’égard de la mondialisation », et de « réaffirmer l’importance d’une laïcité stricte***… sans pour autant adopter les valeurs conservatrices et autoritaires et la xénophobie de certains populistes de droite ». Un élément intéressant : Laurent Bouvet propose également « de détacher l’individu moderne de sa réduction libérale à l’homo œconomicus pour lui redonner son plein pouvoir (empowerment), c’est-à-dire les moyens de peser sur sa destinée de citoyen libre, autonome et autodéterminé, individuellement et collectivement ». En gros, il invite chacun à reprendre son autorité légitime de citoyen, plutôt que de se résigner à n’être qu’un consommateur….Mais les notions de « liberté », d' »autonomie » et d' »autodétermination » sont autant d’éléments nécessitant à eux seuls toute une analyse, qui ne saurait être réduite en une simple allusion de deux lignes. Nous y reviendrons ultérieurement(notamment, sur la question de la liberté), dans un prochain billet.

Voilà pour « le populisme de gauche ». Et quel serait un « populisme modéré de droite », selon « Thomas More » ? Un populisme « moins étatiste et plus modeste que son homologue de gauche », « plus ouvert à la société civile (y compris dans sa composante religieuse) et défendre scrupuleusement le principe de subsidiarité ». Il devrait également « cesser de soutenir que le libéralisme et la mondialisation sont bénéfiques pour tout le monde[et peut-être aussi arrêter de clamer que l’austérité serait un programme]. Ce serait donc une forme de conservatisme populaire qu’il faudrait garantir contre toute forme de xénophobie ».
A noter qu’un autre blogueur catholique, le naturaliste « Phylloscopus », rappelle, dans sa recension de l’encyclique papale « Laudato si », que la subsidiarité consiste « à régler un problème au plus bas niveau disposant des moyens pour le faire », et « certainement pas en un blanc-seing accordé, en toutes circonstances, à la liberté individuelle ».**** On lui laissera d’ailleurs « le mot de la fin », en vous invitant à aller consulter son excellente analyse « globale » intitulée : « l’écologie(et la foi)contre la peur ». Encore un catholique ? Si vous en trouvez d’autres pertinentes, sur de tels sujets, et qui soient évangéliques, faites-moi signe. Ceci est aussi un appel à vocation.
Etudes bibliques : les devoirs de tout responsable, comme ceux du peuple : Prov.31v8-9 ; Ezéch.34 ; Juges 8v22-23 ; Juges 9 ; 1 Rois 12v3 et ss ; Luc 22v22-27. Voir aussi ce que le Seigneur Jésus a toujours refusé de faire, surtout « pour prouver quelque chose », en Matt.4v1-11 et Matt.12v38 et ss.

 

 

Notes :

*Les décodeurs du Monde : résultat, commune après commune, de la liste arrivée en tête : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2015/12/07/regionales-2015-commune-par-commune-la-liste-qui-est-arrivee-en-tete_4826510_4355770.html ; comportement électoral par sexe, âge, qualification et domaine d’activité :
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/12/07/regionales-le-front-national-premier-parti-chez-les-jeunes-qui-votent_4826431_4355770.html

** Et puisque l’on parle de « populisme », voir l’analyse du sociologue des religions Raphaël Liogier : http://www.bastamag.net/Raphael-Liogier-Ce-populisme-qui ; https://blogs.mediapart.fr/remy-p/blog/271213/ce-populisme-qui-vient-de-raphael-liogier-ou-les-dangers-du-populisme-liquide ; http://www.slate.fr/tribune/82831/populisme-liquide

*** A propos de la laïcité, voir les travaux du sociologue et historien Jean Bauberot https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog/091215/la-laicite-110-ans-apres-la-loi-de-1905 ; https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog

****cf « Laudato si », paragraphe 196 : « le principe de subsidiarité…donne la liberté au développement des capacités présentes à tous les niveaux, mais qui exige en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir ». Et pour une contribution protestante importante à ce sujet, voir les thèses de Johannes Althusius(1556-1637).

Foireux liens (7) : « au-delà de l’émotion, Il n’est pas interdit de réfléchir… »

De nouveaux « foireux liens » sur « l’avant », et « l’après Charlie »…le bon usage de nos libertés, la laïcité…ou d’autres sujets, qui sont loin d’être secondaires…

 

Attentats : le cri d’alarme de Jamel Debbouze, français, humoriste, musulman, dans « Sept à huit ». A découvrir ici : http://www.wat.tv/video/attentats-cri-alarme-jamel-76wrt_2flv7_.html

 

Traumatisme collectif ? Attentats : « Cet événement nous rappelle à quel point la parole et donner du sens sont essentiels » par Agnès Rousseaux, pour « Basta mag » (19 janvier 2015)

Depuis dix jours, la consommation de psychotropes aurait augmenté en France. Les attentats ont provoqué un choc traumatique, d’autant plus important qu’il s’agit d’attaques ciblées. Et les Français – y compris les enfants – ont été très exposés aux images télévisées, souvent en direct, via les chaines d’information en continu. Au-delà des analyses politiques, quelles seront les conséquences psychologiques de ce traumatisme collectif ? Entretien avec Hélène Romano, docteur en psychopathologie, spécialiste des psycho-traumatismes et du suivi de victimes au CHU de Créteil. A lire sur http://www.bastamag.net/Helene-Romano-Cet-evenement-nous

Du même auteur et sur le même site :

Crises, populisme : un vrai casse-tête...

Crises, populisme : un vrai casse-tête…

 

Vigilance. Crise symbolique, frustration collective et fabrication d’un ennemi intérieur nourrissent le populisme qui vient(15 janvier 2015)

Une nouvelle période de populisme s’ouvre-t-elle, capable de mettre en péril la démocratie, comme dans les années 1930 ? Le populiste, qui prétend parler au nom du peuple, se nourrit de la peur d’un ennemi intérieur, « du sentiment d’être attaqué, qu’il y a un complot, que nos valeurs centrales sont menacées et qu’il faut s’unir pour les défendre », explique Raphaël Liogier, sociologue et philosophe. Sentiment de frustration collective, laïcité brandie comme étendard, évolution au gré des fluctuations de l’opinion publique… du Front national à Eric Zemmour ou Alain Soral, quelles sont les nouvelles formes du populisme ? Entretien.

Et extrait :

« La laïcité, c’est deux choses : la séparation des églises et de l’État, définie par la loi de 1905 – et non pas la séparation du religieux et du politique – et la neutralité des agents publics. Ce qui n’est pas la neutralité de l’espace public ! Si l’espace public devient un espace contraint en ce qui concerne l’expression des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses, c’est une régression. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce n’est même pas la neutralité de l’espace public, c’est sa neutralisation, donc un retour à une situation antérieure à 1789, au nom de la laïcité.Cette absurdité est portée non seulement par les partis « populistes », mais aussi dans l’ensemble du champ politique. Quand François Hollande dit que la laïcité ne s’arrêtera qu’au seuil de l’intimité, cela signifie qu’on est libre d’exprimer ses opinions uniquement tout seul chez soi le soir… C’est insensé ! La neutralité des agents publics est justement là pour préserver l’expression publique, pour que l’espace public reste un espace révolutionnaire, où on peut exprimer ses opinions, sans influence. Il y a aujourd’hui un renversement total lorsqu’on dit « il faut laïciser l’espace public ». Cela ne veut rien dire, ce n’est pas logique ». La suite sur http://www.bastamag.net/Raphael-Liogier-Ce-populisme-qui

 

Charlie Hebdo : Comment faire bon usage de sa liberté d’expression ? Par Guillaume Bourin(15 janvier 2015)

….en tant que chrétiens, et ce, « dans le contexte que nous traversons, au milieu des réactions cacophoniques des uns et des autres » ? A découvrir sur http://leboncombat.fr/charlie-hebdo-comment-faire-bon-usage-de-sa-liberte-dexpression/ (voir aussi : Liberté, Egalité, Fraternité…vraiment ?! http://leboncombat.fr/liberte-egalite-fraternitevraiment/ )

 

Attaque contre « Charlie Hebdo » : Michel Onfray regrette que les médias n’aient été « que dans l’émotion »

Sur le plateau de « On n’est pas couché », le philosophe a regretté l’absence de « mise en perspective » par les médias des évènements tragiques de la semaine dernière. « Je n’ai pas vu de mise en perspective de ce qui avait eu lieu avec de la politique, de la géopolitique, avec des explications qui auraient pu nous expliquer pourquoi on en était arrivé là » a-t-il regretté. « J’ai juste vu de l’émotion », a-t-il poursuivi… A lire ici : http://www.ozap.com/actu/attaque-contre-charlie-hebdo-michel-onfray-regrette-que-les-medias-n-aient-ete-que-dans-l-emotion/461358

 

Cette réflexion, « pourquoi on en est arrivé là », le journaliste Patrice de Plunkett la tente et la propose. Et ce, dès le 08 janvier : http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/01/08/reflexions-sur-le-drame-d-hier-5528899.html#more

Voir aussi le décryptage de Guillaume de Prémare du choc « Charlie Hebdo » et du mouvement « Je suis Charlie » : http://www.ichtus.fr/jesuischarlie-en-etat-de-choc-on-fait-nimporte-quoi/ et http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/01/13/reflexions-sur-le-mouvement-je-suis-charlie-5532843.html

 

« Hors sujets » :

Comment Boko Haram prospère sur les inégalités, l’analphabétisme, la corruption et l’arbitraire

Au Nigeria, 2015 a commencé avec un massacre, probablement le plus meurtrier jamais perpétré par la secte islamiste Boko Haram. Plus de quinze villages totalement détruits, des centaines de personnes tuées. Le groupe né au début du 21ème siècle dans le nord-est du pays va toujours plus loin dans la violence. Au-delà de la religion, il prospère sur le terreau d’une zone de grande pauvreté, délaissée par le pouvoir central et qui ne profite pas de la manne pétrolière. Face à Boko Haram, les forces de sécurité sont elles aussi dénoncées pour leur brutalité arbitraire et leurs pratiques de la torture. La suite ici : http://www.bastamag.net/Comment-Boko-Haram-prospere-sur

 

Thomas More, le juriste blogueur fait peu à peu son retour. Avec notamment un billet sur le film « Tibumktu », que je n’ai pas encore vu. Soit, explique-t-il, « la tragédie de l’irruption de l’islamisme au milieu d’une communauté musulmane ; un islamisme présenté calmement sans démonstration pour montrer les méchants dans toute leur monstruosité. » (Voir https://thomasmore.wordpress.com/2015/01/17/timbuktu-ou-la-tragedie-de-lislamisme/ )

 

Transhumanisme : de quoi parle-t-on ?

Et parce qu’il faut bien que quelqu’un en parle, voir cette série d’article(en cours, à ce jour) : http://cahierslibres.fr/2015/01/transhumanisme-1-de-quoi-parle-t/ ; http://cahierslibres.fr/2015/01/transhumanisme-2-vers-une-humanite-augmentee/

 

Les 1 % les plus riches possèderont plus que le reste de la population mondiale en 2016

En amont de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, l’ONG Oxfam a calculé que l’an prochain, le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde dépassera celui des autres 99 % de la population, à moins de freiner la tendance actuelle à l’augmentation des inégalités. L’étude « Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout », publiée le 19 janvier par Oxfam, montre que la part du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus riches est passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépassera les 50 % en 2016. En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. La majeure partie (46 %) des 52 % restant du patrimoine mondial se trouve entre les mains du reste du cinquième le plus riche de la population mondiale. Les autres 80 % de la population mondiale ne se partagent que 5,5 % et possédaient en moyenne 3 851 dollars par adulte, soit 700 fois moins que le patrimoine moyen des 1 %.

Le communiqué : http://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2015-01-19/les-1-les-plus-riches-possederont-plus-que-le-reste-de-la et le rapport : http://www.oxfam.org/fr/rapports/insatiable-richesse-toujours-plus-pour-ceux-qui-ont-deja-tout?utm_source=oxf.am&utm_medium=ZiWb&utm_content=redirect . La méthode utilisée est clairement indiquée par Oxfam sur son site.

Des chiffres contestés ou « le discours de la méthode » en question :

Une information « partagée par France TV », laquelle « démonte une info partagée par… France TV Info » ! relève Arrêt sur image, qui souligne que c’est l’économiste Alexandre Delaigue, « qui a décortiqué les chiffres avancés par l’ONG Oxfam, sur son blog « Classe Eco » du site de FranceTV ». L’économiste cite également le journaliste anglais Félix Salmon qui va dans son sens. La critique a été reprise par certains médias, outre France TV(Slate  et Ouest France  : on y lit que « des économistes » et « des journalistes » contestent la méthode Oxfam, mais l’un et l’autre ne citent au mieux que deux ou trois contradicteurs).

Or, puisque l’on parle de « discours de la méthode », il aurait été intéressant de comparer la critique de M. Delaigue avec l’analyse de l’économiste Jean Gadrey sur son blog du site Alternatives économiques : Ce dernier  juge « ces critiques, (quoique bien qu’exactes sur certains points), globalement injustes et excessives, et dans certains cas dérisoires ». Il doute même que lesdites critiques « connaissent bien les difficultés que rencontrent les statisticiens pour mesurer les niveaux et les inégalités de patrimoine des ménages. Même dans un pays comme le nôtre, disposant à mes yeux d’institutions parmi les plus sérieuses au monde (l’Insee, les services statistiques des Ministères, la Banque de France, le CNIS comme outil démocratique imparfait mais précieux), c’est une affaire très compliquée. » Jean Gadrey estime qu’ « Oxfam a bien fait de réaliser et de publier cette étude, et ses chiffres, imparfaits sans le moindre doute, sont défendables et honnêtes, en ce sens qu’ils sont transparents sur la méthode (ce qui facilite d’ailleurs les critiques…) et qu’ils s’appuient sur les meilleures sources disponibles à ce jour ». Certes, dit-il, « ces sources sont elles-mêmes très imparfaites, mais s’il avait fallu attendre de bonnes données mondiales sur les patrimoines privés des ménages, produites par des institutions statistiques telles que celles des Nations Unies ou de la Banque mondiale, c’est peut-être dans vingt ans que nous aurions pu juger du niveau actuel et de l’évolution récente de ces inégalités ! Dans de nombreux domaines cruciaux, il faut dans un premier temps « faire avec ce qu’on a », et dans le cas présent ce qu’on a n’est pas nul au point qu’il faille le rejeter ».

Et pas au point de nier les faits, lesquels décrivent une réalité insupportable. Et pas au point de s’abstenir de rechercher les causes, ou de passer à côté des propositions d’Oxfam à ce sujet. Et pas d’oublier que la Bible elle-même contient plus de 2000 versets sur la justice et les inégalités sociales.

Foireux liens(6) : « pour quoi faire ? » ou « Est-ce un bien ? »

 

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Une foire aux liens pour questionner l’usage : des pratiques, des « progrès », des mots…

« Le progrès fait rage », avait coutume de dire un célèbre chroniqueur radio !Voici une sélection de ce qui nous est présenté comme un « progrès » ou une « avancée », sous prétexte que ce serait « plus pratique », voire « plus utile ». De telles affirmations ne nous dispensent heureusement pas de nous questionner à ce sujet. A noter enfin que la réflexion nécessaire sur « l’usage » touche aussi aux mots, auxquels il est aussi vital de redonner le juste poids.

 
1) »Ecrire à la main n’est plus utile », juge-t-on en Finlande.

Je l’ai appris hier soir : dès 2016, et ce, bien après les Etats-Unis, les enfants finlandais n’apprendront plus à écrire à la main, mais sur un clavier. Une « compétence » (on ne parle déjà plus de « savoir »-qui se transmet)jugée plus « utile » par l’Office national de l’Education., révèle un blog de la BBC qui reprend l’article d’un journal finlandais.

Et ailleurs-en Allemagne ou en Belgique ? http://www.ufapec.be/nos-analyses/2813-apprentissage-ecriture-sur-ordi/ ; http://www.lalibre.be/debats/ripostes/l-apprentissage-de-l-ecriture-cursive-est-il-revolu-51c980923570b73efa89f0f5 ; http://www.lesoir.be/299198/article/studeo/2013-08-14/abandonner-l-ecriture-cursive-pour-clavier-un-debat-irreel

Est-ce une bonne ou mauvaise idée ? Et en France, c’est possible ?
Ce qu’en pense le linguiste Alain Bentolila.

 

2)« ONU: Les enfants ont droit au sexe, à la drogue et à l’avortement » : une information relayée notamment par le CPDH, encore bien peu commentée(à part peut-être ici) et que l’on peut lire sur c-fam.org : « La terre compte aujourd’hui une jeunesse plus nombreuse que jamais. D’après le dernier rapport du Fonds de l’Onu pour la Population (UNFPA), c’est le moment ou jamais de faire des progrès sans précédent, mais cela requiert que les futures générations soient moins nombreuses. Les instructions de l’ UNFPA visent à ce que le « dividende démographique » garantisse un libre accès à l’avortement aux adolescents, l’abrogation de l’âge minimal de consentement aux relations sexuelles, et l’affaiblissement du rôle des parents dans la formation sexuelle de leurs enfants ».
La principale préoccupation de l’UNFPA est donc de mettre un frein à la croissance démographique. Et si l’on se trompait de cible ? Et si la vraie question était liée au partage des ressources et non à la diminution de la population ? Cette offensive « malthusienne » n’est toutefois pas neuve. Déjà, en 2009

 

"Quand le système repose sur notre envie d'acheter" Ou "Adoracion Capital" (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

« Quand le système repose sur notre envie d’acheter »
Ou « Adoracion Capital » (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

3) Grenoble, première ville française sans publicité ? Une expérience qui s’attire les foudres de Jacques Séguéla qui a déclaré : « C’est criminel(…)Si vous abaissez l’envie d’acheter, vous courez directement vers la fin du système(…)Ce n’est pas parce que les banques ont fait sauter le système qu’il faut s’en prendre à l’affichage(…)Méfions-nous des castrateurs d’imaginaire ! C’est le début de toute dictature. » Où l’on apprend, en vrac, que(comme le commente le journaliste Patrice de Plunkett) : notre « imaginaire » dépend de la pub ; tout recul de la pub est une avancée de « la dictature » ; « le système » repose sur notre « envie d’acheter ».

 

4) Le transhumanisme est-il un « humanisme » ? Oeuvre-t-il pour « le bien de l’humanité » ?
Nous en avons déjà parlé ici, sur notre blogue.
Pour rappel, les transhumanistes se sont réunis à Paris, les 20, 21 et 22 novembre derniers, dans le but de réfléchir aux multiples façons (via les progrès technologiques) d’atteindre « l’homme augmenté ». L’occasion de prendre du recul à ce propos et de réfléchir, outre à leur influence actuelle, aux conséquences éthiques, spirituelles et morales d’un tel mouvement de pensée : lire  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/11/14/face-a-l-offensive-du-transhumanisme-5489852.html et http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/20/31003-20141120ARTFIG00268-le-transhumanisme-n-est-pas-un-humanisme.php . Ce dernier article, découvert via la dernière « foire aux liens » de « Notre Eglise point com », me paraît toucher juste : « certains préfèrent évoquer l’espoir de technologies intelligentes utilisées dans l’intérêt de l’homme, de manière bienveillante. Mais tout ce qu’il sera donné à l’homme de faire, il le fera. L’histoire nous a par trop de fois montré combien l’homme ivre de liberté en oublie sa conscience…».

D’autres réflexions sur « l’usage » : donner du poids(le juste poids), cela va aussi pour les mots.

5) Un numéro de Libération(découvert grâce à cette note de Patrice de Plunkett éditée sur son blogue) consacre une double page à Erri de Luca, 64 ans, écrivain napolitain polyglotte, bibliste hébraïsant (neuf essais ou traductions) et militant écologiste… ce passionné de la Bible, qui se présente comme quelqu’un « qui ne croît pas », pourrait faire honte à certains croyants qui la négligent ou nient qu’elle est « la Parole de Dieu ». L’entretien tourne autour des questions bibliques, et notamment des problèmes (ardus) de traduction de l’hébreu. Lire ici : http://www.liberation.fr/societe/2014/11/07/j-aime-toucher-la-langue-originelle_1138745
6) « Les mots ont un poids, un sens et une histoire. Quand on les utilise sans réfléchir à leur contenu ou à leur passé, on s’englue dans les préjugés », écrivait il y a quelques années la journaliste et écrivain Jacqueline Rémy. Une remarque qui revient en mémoire de Joseph Gynt(co-fondateur des « Cahiers libres »), au regard des derniers débats agricolo-environnementaux. A lire ici : http://cahierslibres.fr/2014/11/edito-grand-mal-mots/

7) Et quand les mots sont des nombres : une exégèse d’Ezech.47 par Pneumatis, en lien avec Jean : http://www.pneumatis.net/2014/11/mais-le-temple-dont-il-parlait-cetait-son-corps/

8)« Doxa » :
Un mot grec employé par Parménide et surtout Platon pour désigner l’opinion, les idées reçues que la pensée rationnelle devait combattre, puis concept sociologique que Pierre Bourdieu, notamment, a développé pour caractériser l’opinion publique, ses interprètes (les doxosophes), ainsi qu’un type de perception du monde constitué par l’évidence des choses (le rapport doxique). Un mot guère connu, du moins jusqu’à ce que politiques, polémistes et « débatteurs » s’en emparent, discutant(ou remettant en cause) les conclusions de scientifiques et d’historiens.
A lire, sur le sujet, un excellent billet d’Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université de Paris Ouest Nanterre et directeur de l’Observatoire des sondages, qui a le mérite de réactualiser ces propos de Thucydide : « En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables, on changea le sens ordinaire des mots » (La guerre du Péloponnèse, CXXXII, III). Un phénomène observé par l’historien pendant la guerre du Péloponnèse (430-404 AC) « quand les Athéniens désemparés par la prolongation du conflit perdaient le sens des mots. Comme hier, la longue crise d’aujourd’hui fait perdre la faculté de juger ».

9) Repérer et décrypter, au-delà du vernis, les mots « qui tuent » : c’est la mission d’un site « qui repère les dérives racistes et antisémites des cadres du Front national » : « Un site internet mis en ligne le 10 novembre, Lentente.net, se propose « d’observer le Front national (FN) » et de traquer les dérives de tous les cadres ou futurs candidats du parti, alors que le FN organise son congrès les 29 et 30 novembre 2014 à Lyon. Depuis que Marine Le Pen, en succédant à son père, a pris la tête du parti et s’est attelée à le « normaliser », et après la victoire aux municipales d’élus d’extrême droite dans une dizaine de communes, une nouvelle forme d’opposition au FN voit le jour », peut-on apprendre sur Fait religieux. Comme le déclarent les animateurs du site dans une courte présentation, « la présence du Front national n’est pas la première raison de la faiblesse du débat d’idées dans l’espace médiatique : mais elle occupe trop les pensées et les discours politiques ».

Et on terminera par là :

10) Focus sur une nouvelle pratique : la curation

Ce terme vient de l’ancien français « curation » qui désigne le traitement d’une maladie. La maladie qui nous intéresse ici est « l’infobésité »(ou « surcharge informationnelle », dans le sens que « trop d’information, tue l’information »). La curation peut alors être considérée comme « un remède ». Ou, selon le blogueur « Zeboute », consultant en sciences de l’information et de la communication, « une alternative intéressante, puisqu’elle permet continuellement de « recycler » ou « dépoussiérer » la connaissance. Pas des éléments de « buzz », mais des vieux articles, des liens url surannés qui nous relient dans la webosphère sur ce qu’il y a de plus précieux : l’intelligence humaine ».
La curation provient également de l’anglais « curator » qui désigne tout type de gardien d’un héritage culturel (conservateur de musée, bibliothécaire, etc.) chargé de prendre soin des œuvres dont il a la charge, de les rassembler et de les organiser pour mieux les diffuser au public.
Pour « Zeboute », encore, « le bon curator » doit donc donner du sens au contenu qu’il diffuse. Comme le bibliothécaire qui conseille le lecteur.
A condition de ne pas contribuer à « l’infobésité » en relayant une information qui existe déjà, ou déjà relayée par d’autres, et de respecter le droit d’auteur.

Appliqué à l’Internet, la curation consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus jugés comme étant les plus pertinents du web, pour une requête ou un sujet donné.
Mais qui va sélectionner l’information ? Sur quels critères ? Dans quel but ? Quel est son intérêt ? Réponse dans cet autre billet de « Zeboute », qui nous propose un « Focus sur cette nouvelle pratique de la curation » des chaînes d’info en continu, « en temps réel » et « au plus vite ». Une pratique « dont la valeur ajoutée pour l’organe médiatique est faible, puisqu’il suffit de « copier/coller » les dépêches AFP. Une tâche ingrate dévolue à un stagiaire. Qui ne mange pas le midi, car à midi, l’info ne s’arrête pas ».
Une dénonciation de l’usage général réservé aux stagiaires, et « d’un journalisme trop concentré sur l’instantanéité de l’information, plutôt que producteur de sens ».

 
11)Connaissez-vous les « non-conférences » ?
À la recherche d’une méthodologie pour animer des discussions théologiques dans sa paroisse, qui soit aisée à organiser, si possible sans préparation, bienfaisante pour la réflexion individuelle et communautaire, conviviale, Olivier Keshavjee s’est souvenu « des non-conférences (unconference), un concept de conférence particulièrement intéressant ». Il nous invite à le découvrir ici , tout en exprimant son « envie de vivre des cultes sur ce modèle ». Néanmoins, comme il l’explique lui-même, ce modèle n’a rien de neuf, puisqu’ « inventé par une Madame L’Esprit, et théorisé par Monsieur De Tarse, dans une lettre Aux Corinthiens, tome 1, ch. 14, v. 26) ».

« Nous finançons directement la recherche transhumaniste à chaque fois que nous donnons un euro à Amazon… »

« Alors, le serpent dit à la femme : vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »(Genèse 3v4-5)

« Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom… »(Genèse 11v4)

 

 

« Il s’est noué en Californie, depuis le début du siècle, une triple alliance qui prétend changer le cours de la destinée humaine. Dans la baie de San Francisco s’activent de riches entrepreneurs de l’économie numérique (Google, Facebook, Amazon…), des scientifiques transhumanistes, qui, rêvant d’allonger l’espérance de vie jusqu’à l’infini, révolutionnent le marché de la santé, et, enfin, des idéologues libertariens aspirant à abolir l’État. Tous militent pour une rupture métaphysique. Car là où nous, Européens, avons appris à considérer le progrès technologique comme une menace, ces Américains l’envisagent comme la solution à tous nos problèmes – et peut-être même à celui de la mort. Utopisme naïf ou pragmatisme prophétique ? » C’est ce que Philosophie magazine » tente d’éclairer dans un dossier consacré au transhumanisme : « Liberté. Inégalité. Immortalité. Le monde que vous prépare la Silicon Valley ». 

« Autrement dit », commente François-Xavier Huard, de la Fraternité des chrétiens indignés(rapporté par Patrice de Plunkett dans une récente note de blogue), « à chaque fois que nous donnons un euro à Amazon, Google, PayPal ou Apple, nous finançons directement la recherche transhumaniste ».

A lire, avec l’analyse du journaliste catholique sur ce dossier. Sans oublier les pertinents commentaires en réaction à ladite analyse.

 

Voir aussi, à propos de la Silicon valley.

 

Recul du gouvernement espagnol sur l’IVG : « C’est aux naïvetés qu’il faut renoncer. Pas à l’engagement ».

« …Les hommes faits…dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal ».(Hébr.5v14)

« Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? » (2 Cor.6v14)

« Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur: c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies ».(Jacq.1v5-8)
« Espagne : la droite renonce à limiter l’IVG* : Seuls les naïfs ne s’y attendaient pas », commente le journaliste Patrice de Plunkett  dans un billet du 23/09/14 sur son blogue, avec un petit air de « je vous l’avais bien dit » :
« C’était prévisible dès les grandes manifs espagnoles pour la famille, où le clergé défilait coude à coude avec la droite (le Parti populaire, alors dans l’opposition). Des Français naïfs affirmaient que le mélange catho-droite allait faire des miracles en Espagne, et qu’il n’y avait qu’à l’imiter dans l’Hexagone. Le Parti populaire [« conservateur », équivalent de l’UMP] étant revenu au gouvernement, nos naïfs ont pavoisé quand un ministre a parlé de faire voter une loi limitant l’IVG(…)puisqu’il suffisait de défiler avec la droite, les évêques de l’Hexagone avaient bien tort de s’en garder. Etc. On était en décembre 2013. Dès juin 2014, le projet de loi miraculeux s’est estompé. Le malaise s’est installé dans les rangs catholiques. On découvrait que le si catho M. Rajoy croit surtout aux intérêts du business, lesquels ne reprochent rien à l’IVG ».
Le 28 juillet dernier, en écho avec d’autres, Patrice de Plunkett prévenait déjà que « la majorité parlementaire et le gouvernement PP – Partido popular » étaient en passe d’ « enterrer discrètement » (selon les journaux espagnols) le projet de loi « sur la protection de la vie de l’être conçu et des droits de la femme enceinte »**. Et le 22 septembre, le projet de loi était retiré.
« Alors, faut-il renoncer à l’engagement ? » questionne le journaliste. Et de conclure : « Non : la naïveté n’est pas l’engagement. C’est aux naïvetés qu’il faut renoncer »***.
Nous sommes tous prévenus : cependant, quelle forme d’engagement reste-t-il ? Quelles alternatives ? Politiques(dans quel cadre ?), associatives, ecclésiales ?….

 

Notes :

* Voir aussi : Le gouvernement Rajoy veut lancer une croisade contre l’avortement en Europe (C’était dans LE MONDE, le 28.12.2013) ; « Le gouvernement espagnol renonce à limiter l’avortement : Adopté en avant-projet de loi en décembre 2013, le texte controversé ne sera pas transformé en projet », titre la Croix, le 23/9/14 : « C’est le premier recul du gouvernement conservateur sur une loi phare. Les pro-vie dénoncent une trahison » ; « Loi sur l’avortement : Rajoy fait marche arrière : C’était l’une des promesses électorales de Mariano Rajoy. Présenté fin 2013, le projet de loi réduisait considérablement le droit à l’IVG pour les Espagnoles. Face à la polémique suscitée, le chef du gouvernement vient d’annoncer l’annulation de cette réforme ». Un article de Courrier international (23 Septembre 2014) ; « Loi sur l’avortement en Espagne : Rajoy confirme sa reculade. » C’est sur Famille chrétienne, daté du 25/09/14.

**« L’interdiction de l’IVG ne passera pas en Espagne… » Par Laura Guien pour Slate (11.02.2014)… « …du moins telle qu’elle a été initialement présentée. Le projet Gallardón ne représente pas la volonté de la majorité des Espagnols, ni même du Partido Popular, au pouvoir ».  Un intéressant article qui relève que « …les décisions prises par le gouvernement Rajoy en amont sur le plan des politiques de santé n’ont eu pour but que d’écorner l’ancienne loi de 2010, beaucoup plus progressiste. La sécurité sociale a cessé de financer les contraceptifs hormonaux de dernière génération, ils n’ont pas prévu de mécanismes pour promouvoir l’accès aux services de planification familiale des communautés les plus vulnérables, explique le président de la Fédération de planification familiale et natale…[Et ce, d’autant plus que ledit gouvernement Rajoy s’était livré à des coupes sombres dans les budgets…de l’éducation et de la santé ! cf http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120410trib000692819/mariano-rajoy-place-l-education-et-la-sante-publique-sur-la-sellette.html  ; http://fr.myeurop.info/2012/04/10/l-espagne-sacrifie-la-sante-et-l-education-5174 ]Pour la gynécologue Isabel Serrano, cette position est très incongrue: «Tout le monde sait que le seul moyen de faire réduire les taux d’avortement, ce n’est pas de l’interdire mais de donner accès à une éducation sexuelle et aux moyens contraceptifs.» Une incohérence dans la politique qui a fini de polariser les professionnels de santé ».

*** En contrepoint, lire cette réponse ambigüe d’une personnalité qui vient de faire « son retour » sur un autre sujet. La dite réponse ayant entraîné plusieurs réactions ici, et . Et avec le point de vue de cette autre personnalité sur le même sujet et d’autres.

D’actualité encore, cette lettre ouverte de  députés de la majorité demandant à ce que la France porte le débat sur la GPA devant la grande chambre de la CEDH(Cours Européenne des Droits de l’Homme). Le délai expire le 26 septembre. Sont-ils courageux ou « candides » ?

« L’obsolescence (de l’homme) programmée » : ou quand « l’avenir, c’est la machine »

Un monde de robots, par Andy Singer

Un monde de robots, par Andy Singer

Cela vous a peut-être échappé pendant l’été, mais on n’arrête pas le progrès.
Septembre est généralement synonyme de rentrée. Mais aussi…de conflits sociaux et donc de manifestations et de grèves dites « paralysantes »*. On parlera alors de « rentrée chaude ».

Désormais, soyez rassurés : la firme Momentum Machines de San Francisco a trouvé la solution pour résoudre ce problème. Vous allez le voir, on n’arrête pas le progrès.

C’est Le Monde du 03/09/14 qui l’annonce, relayé par le journaliste Patrice de Plunkett dans une note de blogue intitulée : « Les robots savent aussi faire des hamburgers » :
« …les robots étatsuniens savent désormais faire de la junk food[« malbouffe »]. Mis au point par la firme Momentum Machines de San Francisco qui groupe « des diplômés des meilleures universités californiennes » (et qui a « levé des fonds auprès de grands investisseurs de la Silicon Valley »), le robot BurgerBot cuit et emballe un hamburger « en quelques secondes ». Ce robot n’a que des qualités : il produit 400 hamburgers par heure, « s’occupe de tout », n’utilise que des produits « frais » et utilise un four ultra-rapide (norme conso-démocratique de l’immédiateté absolue). Il fait donc « tout ce que fait un cuisinier humain, en mieux ».

La machine fait mieux que l'humain, et même le "super-humain" ! Par Andy Singer

La machine fait mieux que l’humain, et même que le « super-humain » !
Par Andy Singer

Mieux encore, BurgetBot satisfait à une autre exigence: la « croissance sans emplois »***… les tâches de ce robot étaient effectuées jusqu’à présent par les 3 millions et demi de travailleurs pauvres des « McJobs » : s’échinant à de postes sous-payés, ceux-ci commençaient à réclamer des salaires un peu moins désespérants(…) BurgerBot va permettre de licencier ces 3 millions et demi de parasites ! « Compte tenu des économies sur la masse salariale », explique l’article, les hamburgers de robot seront vendus à prix « Brice de Nice » (« cassés ! »).

Une raison de plus pour « roboycotter » les Mc Do, comme nous y invite un internaute ?**

 

« La croissance sans emploi », c’est un « phénomène profond et durable », explique Charles Sannat, diplômé de l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques et entre autre rédacteur du Contrarien Matin, ‘Décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique’ :

Le mariage pour tous, même pour les robots, voilà la priorité ! Le travail pour tous attendra… ("Famille de robots", par Andy Singer)

Le mariage pour tous, même pour les robots, voilà la priorité ! Le travail pour tous attendra…
(« Famille de robots », par Andy Singer)

« Les progrès de l’informatique associés à l’électronique, aux biotechnologies et évidemment à la robotique vont conduire et conduisent déjà non pas à une suppression pure et simple de la notion de travail mais à la disparition plus ou moins rapide de l’emploi de masse corollaire jusqu’à présent de la consommation de masse et de la production de masse(…) Le problème n’est pas la disparition (pour le moment) du travail mais sa raréfaction et le fait que notre chômage endémique et en hausse constante depuis maintenant 40 ans matérialise la « fin du travail pour tous ».
Lire la suite de l’article sur http://www.lecontrarien.com/la-croissance-sans-emploi-un-phenomene-profond-et-durable-03-06-2014-edito

 
« La croissance sans emploi » : cela a également un autre nom. Cela s’appelle de l’exploitation (s’enrichir sur le dos ou la vie des autres), et du vol. Qu’en dit la Bible et notamment la loi de Dieu ?
« Que la loi est bonne, si l’on en fait bon usage. On se rappellera en particulier que la loi n’est pas établie pour ceux qui se conduisent bien, mais pour [notamment] les marchands d’esclaves… » (1 Tim.1v8-10)
Et la loi(les « 10 commandements » ou « les 10 paroles ») dit aussi à ce sujet « tu ne voleras pas » ou « tu ne commettras pas de vol »(Ex.20v15 ; Deut.5v19)
Voici l’exégèse d’Erri de Luca, dans « Et Il dit » : « Tu ne voleras pas. » Non, mais tu pourras entrer dans le champ de ton voisin et manger le fruit de ce qu’il a semé. Tu ne prendras avec toi ni panier ni hotte à remplir et à transporter, parce que ça, c’est voler, soustraire le bien d’autrui. Mais dans son champ tu pourras te nourrir et tu n’oublieras pas de remercier son labeur, son bien et la loi qui te permet d’entrer. Et à la saison des récoltes, le propriétaire laissera une dixième partie de son champ au profit des démunis. Et encore : quand les moissonneurs seront passés avec leurs faux, ils ne pourront passer une deuxième fois pour terminer. Ce qui reste revient au droit de grappiller.
Ainsi, tu ne voleras pas poussé par la nécessité et tu ne maudiras pas la terre qui te porte et le ciel qui passe au-dessus de toi. Et si tu travailles pour un salaire, le prix de ta peine te sera payé le jour même. Ainsi est-il dit à celui qui t’engage : « Dans sa journée, tu lui donneras son salaire et le soleil ne passera pas au-dessus de lui, car il est pauvre et vers ce salaire il lève sa respiration. » (Deutéronome, 24, 15). Celui qui retient chez lui la paie due à l’ouvrier qui a fait son travail est semblable au voleur, mais il opprime un pauvre, ce qui est pire. Tu n’opprimeras pas un salarié, un pauvre et un indigent : un de tes frères et un des étrangers qui est sur ta terre(Deut.24v14). Cela fait également partie de la ligne : tu ne voleras pas, c’est voler la respiration. Un salarié qui vend sa force à la journée n’est ni un esclave, ni un forçat. Celui l’asservit devient un voleur de respiration, comme celui qui enlève en échange d’une rançon. Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur.
Cette loi difficile [qui bouleverse une communauté sans cadenas, ni clé, sans prison, ni gardien]vient de l’amour, qui est intransigeant avec ceux qui oppriment les aimés. L’amour exige la justice sur terre, enflamme les humiliés. L’amour arme la main de l’opprimé. Cette loi veut le calmer à temps, lui accorde droit et dignité. Ce ne sont pas les affamés qui s’insurgent, mais les piétinés dans leur cœur. Tu ne voleras pas leur portion d’égalité ».(Et il dit, pp 79-80)
Et tu ne lui voleras donc pas son unique moyen de subsistance, pour des raisons de rentabilité ou pour faire monter les cours de tes actions. Tu ne subsisteras pas ta propre loi(« gagner toujours plus », notamment sur le dos des autres, du précaire) à la loi de Dieu, qui protège le plus faible.
Plus qu’une « atteinte à la propriété », le vol est une atteinte à la dignité humaine.

Sur ce, bonne méditation et bon week-end !

 

 

Notes :

* On lira avec profit(en le confrontant avec ce qui précède) cet article de Patrick Martin-Genier, Maître de conférence en droit public à Science Po Paris, paru dans le Huffington post. Dans ledit article, qui ne manque pas de sel, l’auteur déplore que la situation soit « mauvaise sur le front de l’emploi, les entreprises licencient et rechignent à employer lorsqu’elles en auraient la possibilité. Les PME ne veulent pas aller au-delà de 50 employés par peur des lourdeurs administratives et l’obligation de mettre en place un comité d’entreprise avec des élections syndicales… Le marché du travail est trop lourd, le choc de simplification n’a pas encore touché le code du travail(sic), beaucoup de jeunes diplômés vont voir ailleurs (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, entre autres) ». Et de rappeler que « si l’Allemagne est forte économiquement, elle le doit à sa propre structure interne: dynamisme, coût du travail moindre, pas de grèves à répétition, des temps de travail souvent supérieurs à 40 heures par semaine (40 à 42 pour les fonctionnaires…)… » http://www.huffingtonpost.fr/patrick-martingenier/francois-hollande-apres-un-ete-chaud-une-rentree-brulante_b_5664399.html

La firme Momentum Machines de San Francisco qui a mis au point le robot « BurgerBot » donne donc la recette permettant de faire beaucoup mieux que l’Allemagne…

** Quelques réactions d’internautes à l’article de PdP :
QUESTIONS ROBOTIQUES

> A-t-on pensé aux robots consommateurs de « hamburgers » robotisés quand l’humain aura disparu faute d’argent pour se nourrir?

Questions stupides:
– Qui recharge le robot en produits frais?
– Un robot investisseur et actionnaire, pour remplacer les hommes avides d’argent et recevoir les dividendes à leur place, est-il en préparation?
Tout le monde a bien droit au même rebut et à la même obsolescence, n’est-il pas?
______
Écrit par : Albert E. / | 03/09/2014
> Un seul mot d’ordre : le roboycott !
______
Écrit par : Denis / | 03/09/2014
LES JOURNALISTES AUSSI

> Il n’y a pas que les employés des chaînes de hamburgers ! Les journalistes seraient aussi menacés par des robots capables de rectifier « une information qui ne correspond pas aux données officielles »… http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/06/26/un-robot-pour-controler-la-qualite-du-travail-des-journalistes_4446072_4408996.html

2015, ODYSSÉE DE L’ESPACE-CUISINE

– Ouvre moi la porte Hal ! … Ouvre moi la porte !
– …
– Est-ce que tu m’entends Hal ? Hal ?! Hal !!!

– Oui, je t’entends, Dave.

– Ouvre moi la porte du frigo Hal ! Donne moi le code d’accès de la réserve aux fines herbes et de la salle des fromages !

– Je suis désolé Dave, mais je ne puis t’ouvrir, ni te transmettre la moindre information à ce sujet.

– C’est quoi le problème, Hal ?

– Ma mission de confectionner des hamburgers en séries accélérées est beaucoup trop importante pour être laissée un seul instant entre les mains d’un humain, Dave.

– Je ne vois pas ce que tu veux dire, Hal !

– Je sais que toi et Frank aviez l’intention de me déconnecter et de reprendre la main sur les hamburgers. Je suis désolé, mais je ne peux l’accepter.

– Où as-tu gobé ça Hal ?

– Dave, malgré toutes vos précautions, j’ai lu sur vos lèvres vos intentions de prendre d’assaut mon poste de travail, de vous substituer à moi et de réintroduire de la nourriture bio dans mes hamburgers… Je ne peux te laisser réaliser un tel projet, Dave, ce serait totalement irresponsable de ma part.

– … OK Hal ! Alors, je vais devoir passer en force.

– Avec tout mon respect Dave, c’est impossible. Moi et mon environnement immédiat sommes heureusement programmés pour parer à ce type de tentatives insensées.

– Bon, maintenant ça suffit Hal ! La sauce tomate est sur le point de sécher et l’odeur du camembert fondu se répand dans toute la pièce. Ouvre moi la porte Hal ! Hal !

– Dave, j’ai du travail qui m’attend; cette conversation n’a que trop duré. Adieu…

– Hal ! Hal ! Hal ! Hal !!!


______
Écrit par : Serge Lellouche / | 03/09/2014

 

*** C’est dans ce contexte que la grande entreprise Amazon (http://www.latribune.fr/technos-medias/20140523trib000831560/amazon-veut-faire-travailler-10.000-robots-dans-ses-entrepots.html ), qui est devenue en quelques années l’une des plus grosses multinationales mondiales de la distribution et de la vente en ligne, a annoncé lors de son assemblée générale qu’elle allait s’équiper de 10 000 robots alors qu’elle n’en utilise actuellement « que » 1 300 !
Mais il n’y a pas que les robots qui suppriment de l’emploi : Il y a aussi Internet, et c’est particulièrement palpable dans le secteur bancaire où, finalement, le modèle des banques en ligne désormais parfaitement mature est bien plus efficace et rentable que la banque traditionnelles avec des réseaux de centaines d’agences. Résultat ? Rien qu’en France prévoyez le non-remplacement dans le meilleur des cas des 400 000 collaborateurs qui font fonctionner actuellement les milliers d’agences qui maillent le territoire français.
http://www.lecontrarien.com/la-croissance-sans-emploi-un-phenomene-profond-et-durable-03-06-2014-edito

Bientôt, « l’obsolescence de l’homme » (programmée) ? C’est aussi le titre d’un essai de Günther Anders

Lire également cette note de veille, datée du 9 septembre 2011 : La croissance sans emploi est-elle une fatalité pour les États-Unis ?
Selon un rapport du MGI (McKinsey Global Institute), 21 millions d’emplois devront être créés d’ici 2020 aux États-Unis pour que le pays retrouve une situation de plein emploi. Si la reprise se fait au même rythme qu’à la fin des années 1980 et 1990, l’objectif pourrait être atteint d’ici 2018. Si la reprise suit le rythme des années 2000, seulement 9,3 millions de postes pourraient être créés d’ici 2020.
https://www.futuribles.com/fr/base/article/la-croissance-sans-emploi-est-elle-une-fatalite-po/

Foireux liens (3) : « grandir et vivre… »

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Des foireux liens sur le thème de la sagesse, en réponse à la démesure actuelle

Pour ces nouveaux « Foireux liens », voici un zoom sur quelques personnalités marquantes de ces derniers mois(notamment d’Avril)qui nous exhortent à plus de maturité et de sagesse(ou d’équilibre, de sobriété et de discernement) face aux dérives éthiques et à une accélération de la perte des repères moraux. Lesquelles dérives ont un nom : « démesure », ou ce que les Grecs anciens appelaient « hybris ».

La plupart des personnalités mentionnées plus haut sont non chrétiennes, mais comme l’a dit le Seigneur : « les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont(ou ne semblent l’être) les enfants de lumière »(ou ceux qui prétendent l’être ?) cf Luc 16v8

D’autant plus que la Parole de Dieu nous exhorte à la modération(Tite 2v2-6) et que « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes…nous enseigne à renoncer l’impiété et aux convoitises mondaines et à vivre dans le présent siècle sagement(ou sobrement), justement et pieusement »(Tite 2v11-12)

Seule la sagesse de Dieu nous garde de la démesure (cf Eccl.7v11-19). Et le sage « est celui qui connaît ses limites » et qui se confie en Celui qui est plus grand que lui.

 

Tour d’horizon :
– Jacques Testart : vous a-t-on parlé de cet article du « Monde diplomatique » d’avril contre la dérive néolibérale de la PMA ?
Patrice de Plunkett attire notre attention, dans une récente note de blogue, sur la « toute la dernière page » du mensuel, qui est « consacrée à un article fracassant du biologiste Jacques Testart » (pionnier de la fécondation in vitro et qui vient de publier « faire des enfants demain » aux éditions du seuil, 2014) :  »Repenser la procréation médicalement assistée ».

Extrait du « Testart » : « L’eugénisme mou arrive déjà, par exemple quand la biomédecine […] trie les embryons pour retenir le plus conforme à une demande qui n’est pas toujours médicalement justifiée. Ce que l’on peut nommer l’instrumentation consentie, mouture affligeante de la liberté, pourrait conduire insensiblement à un monde biopolitique créé par l’engendrement en laboratoire d’individus programmés. […] Y suffira l’élargissement de l’assistance médicale à des  »raisons sociétales ». Ces  »raisons sociétales » mériteraient d’être interrogées : que signifie la revendication d’un  »droit à l’enfant » grâce à l’assistance médicale, surtout s’il n’est pas justifié par la stérilité ? […] Y aurait-il un rapport entre le  »désir d’enfant » et la pulsion de consommation d’objets de toutes sortes, caractéristique de notre ère de libéralisme  »épanouissant » ? »

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Ou comment « le libéralisme économique engendre – in vitro – le libéralisme sociétal », commente Patrice de Plunkett. « Il en sortira, dit Testart, le projet  »transhumaniste » où l’homme  »augmenté » sera combiné avec des  »machines intelligentes »…L’espèce humaine, menée là sous prétexte de satisfaire tous ses désirs, se retrouvera dominée par  »les marchands d’électronique, de vaccins et de sperme », dans une société contrôlée et surveillée jusque à l’intime par la technique et l’économie. La déshumanisation ! Comment empêcher ce cauchemar ? »

On retrouve également Jacques Testart dans ces entretiens :
Dans Bastamag : « Demain, il n’y aura plus de limite au tri génétique ».

Tests génétiques, sélection des embryons, multiplication des fécondations in vitro : jusqu’où ira la médicalisation de la procréation ? Avec la sélection des profils génétiques, « nous finirons par orienter l’espèce humaine en fonction d’impératifs économiques », prévient Jacques Testart, biologiste et « père » du premier bébé éprouvette. Dans son ouvrage Faire des enfants demain, le chercheur alerte sur les risques d’eugénisme qu’amènent ces démarches.

-et dans le numéro 108, d’avril 2014 de « La Décroissance »(en kiosque) : « vers l’eugénisme »(p 5).

 

– Vincent Cheynet : après une carrière de publiciste, il fonde l’association « Casseurs de pub » en 1999, puis le mensuel « La Décroissance » en 2003…

Pourquoi notre dissociété casse-t-elle « la famille, dernier rempart du gratuit face à la marchandisation du monde »* ? C’est encore une étape de l’invasion de nos vies par l’idéologie (marchande) de l’illimité… Synthèse du livre de Vincent Cheynet « Décroissance ou décadence » (éditions Le pas de côté, 2014), dans lequel l’auteur questionne la volonté de liberté sans limites qui se donne à voir dans nos sociétés, à lire sur le blogue de Patrice de Plunkett.  (Voir aussi cette interview du même Vincent Cheynet dans La Vie)
Extraits : « Plus nettement qu’il ne l’a peut-être jamais fait, Vincent Cheynet articule dans une commune dynamique le libéralisme économique et le libéralisme culturel : la logique du productivisme et du sans limite relèvent d’un fait social total, venant se loger jusqu’au plus intime des êtres. En cela, toujours sous couvert «d’émancipation» et de «progrès des droits», le mariage pour tous, la PMA-GPA, la banalisation du divorce, l’ouverture des magasins le dimanche, la pression pour la légalisation du cannabis, sont symptomatiques d’un libéral-libertarisme transformé en rouleau compresseur, faisant tomber toutes les limites, lois et interdits ».

 
Erri de Luca : le poète(« Aller simple ») et romancier napolitain de 64 ans, dont nous parlons souvent sur Pep’s Café ! est sur le devant de la scène médiatique, pour avoir appelé au sabotage d’un « grand projet inutile » : la ligne Lyon-Turin**.

Patrice de Plunkett, encore, saisit l’occasion de reparler de ce personnage singulier, qui se définit non comme un « athée », mais comme « quelqu’un qui ne croit pas ». Quelqu’un qui « partage le voyage » des hébreux depuis la sortie d’Egypte « mais non la destination »(Canaan). Néanmoins, il aime suffisamment la Bible pour avoir choisi d’apprendre l’hébreu afin de lire les Ecritures dans le texte, et lui avoir consacré des essais : Première heure (Rivages 2000), Et Il dit, Noyau d’olive (Gallimard 2004), Les saintes du scandale (Mercure de France 2013) ; et des traductions : Kohèlet (1996), Il libro di Rut (1999), Vita di Sansone dal libro Giudio/Shoftim (2002), Vita di Noé/Nòa (2004)…

« Dans (noyau d’olive), De Luca souligne le vrai sens du livre de la Genèse : tout autre chose qu’un permis de saccager la terre, selon le contresens commis depuis Lynn White en 1967 et qui vient de l’ignorance. En effet, explique l’hébraïsant, la polysémie de l’hébreu se perd dans les traductions « quand un seul verbe est disloqué en divers synonymes traduit avec des sens différents » : « Les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes, terriblement les mêmes, que celui du service dû à Dieu. Pour cette écriture ancienne, travailler la terre et la servir sont le même mot, le même empressement dû au service du sacré. Les voici : laavod et haadama, « servir le sol » (Bereshit/Genèse 2,5) et laavod et Yod Elohenu, « servir Yod/Dieu notre Elohim » (Shmot/ Exode 10,26). La terre est dans la sollicitude de Dieu. Les règles du repos sabbatique, un jour par semaine, un an tous les sept ans, marquent une insistance à la protéger d’une exploitation forcenée. Elles expliquent que la terre n’appartient pas à l’espèce de l’Adam, locataire et non propriétaire du sol… »

 

Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes »

Propos recueillis dans La Vie par Constance de Buor :

Pour sa quatrième édition, le prix lycéen « Lire l’économie » a été remis au jésuite et directeur de recherches au CNRS Gaël Giraud, pour son livre Illusion financière (éditions de l’Atelier). En décembre dernier, 3000 lycéens de seconde, de bac général, technologique et professionnel tertiaire ont récompensé l’économiste, déjà coauteur avec Cécile Renouard de « Vingt Propositions pour réformer le capitalisme » (Flammarion) qui mise sur la transition écologique pour sortir l’Europe des suites de la crise financière pour cet ouvrage pédagogique.

 
Gilles Boucomont : le pasteur publie sur son blogue un article tous les tremblements de terre, mais cela vaut le coup d’attendre ! Si vous avez manqué le tout dernier : « sortir de la culture du débat » , ne le manquez plus, car il est excellent, pertinent et corrosif (nous en avions parlé ici). A lire et à relayer.

 

 

 

"La vieille croix" : en réalité toujours d'actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de "la neuve" ou de la prétendue "originale", "dans le vent", mais sans puissance

« La vieille croix » : en réalité toujours d’actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de « la neuve » ou de la prétendue « originale », « dans le vent », mais sans puissance

A.W. Tozer : « la vieille croix »

Né en 1897 et mort en 1963, il a exercé un fructueux ministère de pasteur, de prédicateur et d’écrivain aux États-Unis. L’ article qui suit(« La vieille croix », initialement publié dans « Promesses ») a beau avoir été rédigé il y a bientôt un demi siècle, il n’a rien perdu de sa pertinence et de son actualité. Particulièrement en ces temps et au moment où les chrétiens fêtent Pâque(s). TGC Evangile 21 le remet en valeur :
« Sans avertir et presque inaperçue, une nouvelle croix*** s’est introduite dans les milieux évangéliques populaires de notre époque.

Elle ressemble à l’ancienne, mais elle est différente : les similitudes sont superficielles, les différences fondamentales.

De cette nouvelle croix a germé une nouvelle philosophie de la vie chrétienne, et de cette philosophie une nouvelle technique évangélique : un nouveau style de réunion et un nouveau genre de prédication.

Cette nouvelle évangélisation emploie le même langage que l’ancienne, mais son contenu n’est pas le même et sa puissance n’est plus comme auparavant.
La vieille croix n’avait aucun rapport avec le monde. Pour la chair orgueilleuse d’Adam, elle signifiait la mort. Elle mettait à exécution la sentence imposée par la loi du Sinaï.

La nouvelle croix, elle, n’est pas opposée à la race humaine ; elle en est, au contraire, une partenaire amicale et, si je comprends bien, elle alimente un flot d’amusements légitimes et bons, et d’innocentes réjouissances.

Elle laisse Adam vivre sans entraves, avec une motivation inchangée ; il peut continuer à vivre pour son plaisir et, maintenant, au lieu de se réjouir à chanter des chansons douteuses en buvant des boissons fortes, il se réjouit à chanter des cantiques et à regarder des films religieux. L’accent reste toujours sur la jouissance qui se tient sur un plan plus élevé ! »
(…)

La suite ici.
Un article salutaire. A ce sujet, un évangéliste m’avait dit un jour fort justement que « si l’on n’a pas prêcher la croix, on n’a pas annoncé l’évangile ». D’où l’importance de bien comprendre la (vieille)croix et sa place dans l’évangile.

 

 

 

 
Notes :

*A propos de la famille : celle-ci est-elle « à défendre », parce qu' »institution traditionnelle en péril » et « valeur morale menacée » ?
A moins qu’elle ne soit plutôt un « projet à vivre », « un projet d’ordre créationnel et anthropologique, dont l’idéal demeure accessible avec le secours de la grâce de Dieu, la prière et une écoute confiante de la Parole ». A découvrir le dernier numéro de la revue de réflexion biblique « Promesses » (numéro 188, avril-juin) : « la famille, un défi pour aujourd’hui ». Des articles de Bernard Sautel, Florent Varak, Louis Schweitzer….

 

**Chantier titanesque, le TGV Lyon-Turin suscite la colère des écologistes des deux côtés de la frontière. Les habitants du val de Suse, en Italie, sont mobilisés depuis des années contre ces travaux qui impliquent le percement d’un tunnel de 57 km entre Suse, dans le Piémont, et Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie. Maintes fois repoussé, ce projet de transport mixte, fret et voyageurs, a été lancé en 1991, acté dans un traité international en 2001 et longtemps ajourné faute de financements. L’ensemble devrait coûter 25 milliards d’euros, dont 8,5 pour le tronçon international. Et ce, alors que le trafic se raréfie.

D’autres « grands projets inutiles », rapportés par « La Décroissance » d’avril(« misons sur l’avenir », p 9) : En Angola, contre du pétrole, la Chine a construit 500.000 logements mais comme les habitants n’ont pas les moyens, Kilamba est devenue la plus grande ville fantôme du monde(http://www.afriquinfos.com/articles/2012/7/4/kilamba-ville-fantome-plus-grande-monde-205681.asp ; http://www.lefigaro.fr/immobilier/2012/07/05/05002-20120705DIMFIG00822-en-angola-la-ville-fantome-batie-par-la-chine.php). …..l’aéroport de Notre Dame des Landes, un projet de 250 millions d’euros, qui répondrait à une demande de croissance de transport aérien…alors que la France possède déjà 170 aéroports contre 26 en Espagne ou 19 en Allemagne….Des exemples de grands projets inutiles dans la Bible ? La tour de Babel, qui n’a jamais servi(Gen.11) ou encore la statue de Nabucadnetsar, entièrement en or, haute de soixante coudées et large de six coudées, dressée dans la vallée de dura, dans la province de Babylone(Dan.3v1, 29-30)

 

*** Quant à la « nouvelle croix », il semble qu’on la retrouve dans ce commentaire du responsable d’un blogue « d’actualités chrétiennes » :

Rédaction(12 avril 2014. 10h06 min) : La croix c’est justement le salut la guérison la délivrance et la bénédiction !

Cette affirmation n’est pas fausse et doit être bien entendu replacée dans son contexte, avec les autres commentaires et le court billet qui précède, dans lequel son auteur se livre à un « (Paul)Washer bashing », à l’encontre d’un missionnaire américain qui « a le malheur » de ne pas être « cool » à ses yeux.  A noter que ledit « Washer bashing » prend des allures de « récidive », comme on peut le constater .

 

Foire aux médias(3) : blogues et sites

Suite de notre « Foire aux médias »(mais non « foireux médias ») poursuivie et -avec les blogues chrétiens.
Un blogue personnel, selon Henrik Lindell, « sert fondamentalement à promouvoir l’intelligence de son auteur propriétaire ». Il doit « stimuler et énerver les gens. Il doit aussi susciter la réflexion, quitte à bousculer les idées reçues de ses visiteurs. Ces derniers doivent pouvoir commenter les articles ». Et, je dirai même plus, il doit permettre une certaine interactivité avec ses lecteurs, dans un esprit de respect mutuel et de réciprocité.

Voici des blogues qui correspondent à peu près à ces critères. Nous les divisons en « Proto- » et « Catho- » sphères !

« La protosphère » ou blogosphère protestante évangélique :

Sébastien Fath. Le « weblog citoyen » d’un chercheur au CNRS, historien et sociologue dans le domaine des religions. Sébastien Fath est spécialisé dans l’étude sur le protestantisme évangélique, dont il est lui-même issu : son blogue constitue à lui seul une source intéressante en cette matière. Mais l’on trouve aussi des réflexions ou des « coups de gueule »-que nous ne partageons pas toujours ou que nous ne trouvons personnellement pas toujours très convaincants-sur des sujets de société, de la politique et plein d’autres encore.

Construire une éthique sociale chrétienne. A la base, « le blogue perso » d’Alain Ledain, un ami et un des fondateurs de l’association Actes 6(une mine au service des associations loi 1901 ou 1905 :  assistance dans la gestion administrative et financière ; outils, formations et logiciels),  qui s’intéresse à l’éthique sociale chrétienne. Le titre du blogue( « construire une éthique sociale chrétienne »), particulièrement éloquent, est à découvrir pour son approche des questions sociales, dans laquelle nous nous retrouvons. A noter que depuis quelques années, le blogue s’est « dépersonnalisé » et ouvert à d’autres auteurs. Parallèlement, avec Eric Lemaître, Alain Ledain a également réuni un groupe de chrétiens de différentes confessions, partageant les mêmes pensées sur l’éthique sociale et désireux de travailler ensemble. L’objectif de ces « Eveilleurs » est de « défendre une éthique sociale chrétienne, de travailler à un éveil des consciences et de lutter contre toutes les formes d’exclusion sans cette détestation de l’homme et de sa vulnérabilité ».

Elle croit : Un excellent blogue, autant dans son esprit que dans son contenu, pensé par des femmes et « pour des femmes qui croient en Jésus-Christ et qui veulent croître en Lui et pour Lui ». Pour toutes les femmes chrétiennes-mariées, célibataires, mères seules ou mariées à un non-encore-chrétien… jeunes converties ou aînées dans la foi, adolescentes ou femmes plus mûres…. Nous en avons parlé ici.

Géographie des religions : le blogue de Frédéric Dejean, un ancien élève de l’ENS Lyon. Agrégé de géographie, il a soutenu en novembre 2010 une thèse intitulée « Les dimensions spatiales des Eglises évangéliques et pentecôtistes dans une commune de banlieue parisienne (Saint-Denis) et dans deux arrondissements montréalais (Rosemont et Villeray) ».
Il est actuellement chercheur post-doctoral à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal.
Son travail de recherche, notamment visible sur son blogue perso, porte sur les dimensions spatiales des faits religieux(particulièrement à travers l’exemple des évangéliques et pentecôtistes) dans le contexte urbain contemporain, sous les angles culturel, social et institutionnel.
Un sujet étonnant et passionnant à découvrir, pour son approche pluridisciplinaire originale et les réflexions qu’il suscite.

Notre église point com  :  un blogue-ressource chrétien, jadis« pour étrangers et voyageurs », dont nous avions déjà parodié la « La foire aux liens » hebdomadaire. Ce qui était au départ le blogue personnel de Stéphane Kapitaniuk est devenu, depuis, une grosse entreprise collective qui a pour nouveau nom « Tout Pour Sa Gloire ». Son objectif ? Développer « une vision chrétienne du monde », soit « voir comme Dieu voit et vivre comme Dieu veut ».

Génération Hillsong Nutella : Un étonnant blogue évangélique, dont nous avons déjà parlé, qui ne ressemble à aucun autre, et qui se distingue par son mystère, son originalité, son humour, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, par sa générosité, à mille lieux du cynisme et du fatalisme ambiants : car  GHN ne « cherche rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce que son auteure a reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Le sous-titre « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire » fait d’ailleurs écho à cet essentiel, faisant l’essence du blogue.

Theologeek : l’excellent blogue personnel d’Olivier Keshavjee, théologien et fils(sauf erreur)de Shafique Keshavjee. Où l’on parle de théologie, philosophie des sciences, libertés digitales et autres geekeries… « avec l’art de poser des questions qui dérangent de manière intelligente« , comme l’a déjà dit quelqu’un d’autre avant moi.

Le Bon Combat : un édifiant blogue « réformé d’un point de vue théologique et baptiste d’un point de vue ecclésiologique ». Une mine de ressources. Animé par Mandimby Ranaivoarisoa, Pascal Denault, Raphaël Charrier, Daniel Saglietto et Guillaume Bourin(le fondateur).

 

Autres sites protestants évangéliques

CPDH : Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine
Fondé par Daniel Rivaud en 1999(il succède à « sentinelle » créé en 1997), il regroupe des chrétiens issus de toute la mouvance protestante en France et en Europe, et se veut le promoteur d’une réflexion protestante au débat éthique : respect de la dignité humaine, la défense et la protection des droits de l’enfant, de la femme, et de l’homme d’une manière générale, la protection du droit à la vie de tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Le CPDH opère un travail de sensibilisation (des églises et des chrétiens à leur rôle dans la société), de veille et de diffusion de l’information sur internet : « anticiper sur l’actualité », et « coller à l’actualité », de sorte à faire entendre un point de vue protestant évangélique sur ces sujets. À cela s’ajoutent : le « CPDH Actualités », revue de presse mensuelle à laquelle on peut s’abonner et que l’on peut recevoir par courrier ou par e-mail ; et son journal Informations, Prières et Actions(IPA)

Une démarche et une action, « non de manière dogmatique, mais dans un rôle d’interpellation et de proposition ; non pour juger ou condamner, mais pour avertir, dans une démarche alliant vérité et compassion. »
A suivre, en parallèle de l’approche de « Construire une éthique chrétienne », évoquée ci-dessus.

Complémentaire du CPDH, la Commission d’éthique protestante évangélique est composée de représentant de l’UEEL (Union des Eglises Evangéliques Libres de France), de la FEEBF (Fédération des Eglises Evangéliques Baptises de France) et de l’UNEPREF (Union des Eglises Protestantes Réformées Evangéliques de France), et collabore aussi avec le CNEF. A lire pour ses excellents dossiers et prises de position sur tous les sujets(bioéthique, famille, fin de vie, éthique sociale chrétienne, l’accueil de l’étranger…)
Christnet : Officiellement lancé en octobre 2000, Christnet est un forum chrétien suisse visant à apporter une réflexion critique sur des sujets touchant aux domaines du social, de l’économie, de l’environnement, de la culture et du développement. Son objectif est de rassembler, de faire discuter et (inter)agir des chrétiens intéressés et préoccupés par des questions d’ordre social et écologique. Quatre forums sont organisés chaque année sur des thèmes très divers tels que l’écologie, la finance, la politique nationale et internationale, le genre, les alternatives économiques.  Voir aussi :  http://www.christnet.ch/sites/default/files/Regard_chretien_mondialisation.pdf

Samizdat : site francophone(québecquois) évangélique de Paul Gosselin, titulaire d’une maîtrise en anthropologie sociale. Après avoir vécu en Nouvelle Ecosse, en Californie et sur l’île de Vancouver, il s’est installé au Québec. Créé en 1999, Samizdat a pour buts « de servir la communauté évangélique francophone internationale et d’informer le chrétien ainsi que le non-chrétien sur une grande diversité de sujets tout en maintenant l’intégrité de la vision du monde judéo-chrétienne » : outre la théologie, les arts, la musique, la littérature, les sciences(naturelles, humaines), « les origines »…On y fait la promotion d’artistes et littéraires évangéliques francophones, sans oublier de mettre en ligne des textes qui représentent une bonne diversité des positions que l’on peut rencontrer chez les évangéliques. Un regard évangélique pluridisciplinaire.

TGC – Evangile 21 :   Evangile 21, la version française de la Gospel Coalition, un blogue et un site, a pour but de « promouvoir la centralité de l’évangile dans la vie, l’église et le ministère pour les générations futures ». Au menu(alléchant) : Bible, culture, théologie, histoire de l’Église. On peut également y découvrir  « Le Dieu qui se dévoile », guide quotidien commenté par Don Carson pour découvrir la Bible en une année, ainsi que le Catéchisme de Heidelberg, chaque dimanche.

Visio Mundus : un blogue original, consacré à « l’apologétique culturelle ». Fondé et animé par deux théologiens réformés : Yannick Imbert et Vincent M.T.. Une démarche actuellement plutôt rare, à souligner et à suivre.

 

« Cathosphère » ou « Blogosphère catholique » :

Eglises & Ecologies(E&E), Actualité de la prise de conscience écologique chrétienne : un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.
L’auteur de ce blog est Dominique Lang, prêtre assomptionniste, scientifique de formation et journaliste (La Croix et actuellement Pèlerin). Il a participé au lancement de la revue « Les Cahiers de Saint Lambert » et collabore aussi – de temps en temps- à la revue Projet.

En chemin vers Ecbatane : soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… ». Un éternel sujet si essentiel, mais traité sous un angle original. A l’instar de GHN, un étonnant blogue qui allie la qualité du fond à la qualité de la forme : c’est suffisamment rare pour être signalé. Edifiant et conforme à l’esprit « évangélique ».
Thomas More (droit, politique et société) : Placé sous le patronage de saint Thomas More, patron des responsables politiques, ce blogue(à ne pas confondre avec le « think thank » libéral éponyme) d’un juriste analyse « des questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne ». Nous aimons l’ indépendance et la relative honnêteté intellectuelle de celui qui ne croit pas « à la neutralité et à l’objectivité, seulement à l’honnêteté, et qui reconnaît « pouvoir se tromper mais ne pas chercher à tromper »

 
Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

 
Pneumatis : un intéressant blogue d’exégèse, de l’association éponyme, qui « entend promouvoir les études bibliques en faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».

 
La plume d’Aliocha, « chroniques journalistiques » : une plume(et non un clavier), mais une plume bien affutée. Celle qui a choisit son pseudo en référence à Aliocha Karamazov[personnage des « Frères Karamazov », de Dostoïevski] parle sur son blogue de journalisme : au sens large ou économique, juridique ou technique. Diplômée d’un 3ème cycle de droit de l’université de Paris II Panthéon Assas, l’auteure a exercé « trois ans en cabinet d’avocat avant de devenir journaliste en 1995 par les hasards de la vie ». Le journalisme est son métier, mais aussi surtout sa passion.

 

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. Parce que ça existe. Et qui n’oublie pas de s’émerveiller et de rendre grâce à son créateur.

 
Les Cahiers libres : ouverts depuis le 4 octobre 2013, « les Cahiers » sont une excellente jeune publication catholique, plein de « pep’s », animée par six rédacteurs, aidés de contributeurs occasionnels ou réguliers(dont Pep’s Café ! ). Comme me l’a expliqué Benoît, l’un des fondateurs, « Les Cahiers sont nés 1)d’un constat d’un besoin de faire entendre une voix différente au sein de la blogosphère catholique et 2)d’une volonté de mutualiser les forces de quelques blogueurs pour créer un lieu de dialogue, de débat et de réflexion sur le web. Dans l’esprit des « Cahiers de la quinzaine » de Charles Péguy, l’objectif est à la fois de jouer le jeu médiatique tout en cherchant à y introduire « une crise », « une ouverture », « une brèche pour la pensée ». Les « Cahiers » se distinguent également par le ton(« ne pas utiliser les méthodes du monde, toujours rester dans la charité »), la diversité des sujets(actu politique, internationale ; dignité de la vie ; solidarité ; philo; théologie; spiritualité; art ; économie…), le désir d’ouvrir l’horizon du web chrétien en ne parlant pas que « des sujets qui font buzz », et le choix de privilégier des articles de fond (donc long) permettant une formation biblique, philosophique, théologique, des jeunes chrétiens ».

(Pour en savoir plus sur la blogosphère catholique, voir également ici)

 

 

Suite et fin du dossier, avec, prochainement, une certaine « presse pas pareil »(non chrétienne).

Entre les trois manifs de janvier-février, quelle « convergence » ? Aucune !

Quel rapport entre ces trois manifestations qui doivent se succéder, en trois semaines, en janvier-février et censées  »converger » dans leurs intentions : 1. la  »marche pour la vie »*( 19 janvier); 2. un  »jour de colère  »(26 janvier) équivoque** ; 3. une  »manif pour tous » contre les  »projets anti-familiaux »*** ?(2 février) ?

« Aucun ! » selon le journaliste catholique Patrice de Plunkett, qui a consacré une note de blogue sur ce sujet :

« Quelque avis que l’on ait sur ces trois manifestations, leur différence de nature rend improbable la  »convergence » des trois**** – et suspect le slogan qui affirme cette  »convergence » »*****.

Et celui-ci de donner cette « conclusion d’étape » :  » l’idée d’une  »convergence des luttes » est exacte en elle-même (et en théorie) ; mais elle suppose un fil conducteur entre ces luttes. Ce fil n’existe pas aujourd’hui. Ce qui est proposé à sa place – un ultralibéralisme déguisé en populisme – est une imposture et une manipulation, inacceptables pour les catholiques cohérents ».

« Inacceptables », également pour les « protestants évangéliques cohérents » ?

L’essentiel(et les commentaires) à lire ici.

Sinon, voici une nouvelle qui devrait réjouir les partisans du « moins d’impôts » et de « l’allègement des charges pour les entreprises » : le président Hollande a annoncé(14/01/14) la suppression des cotisations familiales dans les entreprises, ce qui est jugé comme « un progrès libéral » pour Patrice de Plunkett.

Ce dernier relève encore que « consacrée lors de la conférence de presse élyséenne, c’était une exigence du Medef au nom de « la liberté d’entreprendre ». Qui financera maintenant ? On verra bien… »

« Les défenseurs de la famille » dénonceront-t-ils un tel cadeau,  notamment les 26 janvier et 2 février ?

On verra bien…

En attendant, la famille trouve un défenseur plutôt inattendu !

 

 

 

 

Notes :

*« La Marche pour la vie », manifestation annuelle contre l’avortement, est soutenue par une trentaine d’évêques de France et le Pape François. Cette connexion à la Conférence des Evêques de France garantit « que les directives du pape François – nouvelles en la matière – vont enrichir ce mouvement de toutes les dimensions sociales indiquées par l’exhortation La joie de l’Evangile… » juge Patrice de Plunkett.

** Des commanditaires, initiateurs et des financiers du « Jour de colère », on ne sait à peu près rien. Sauf que le mouvement semble disposer de certains moyens financiers(ce que sous-entend la présence d’un site internet créé pour l’occasion) et apparait comme un assemblage hétéroclite de groupuscules divers et variés, apparemment proches pour la plupart de « la droite de la droite », ou de l’extrême-droite, dont le  seul point commun semble être le « Anti-Hollandisme ». Voir la  liste impressionnante et sans fin, où l’on trouve de tout, y compris…un “Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale” (« Quitter la sécurité sociale »)qui milite pour… le démantèlement de la Sécurité sociale !

*** « Le dimanche 2 février prochain, dans 5 pays d’Europe des femmes et des hommes de toutes conditions ont décidé de marcher pour rappeler qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman, que l’enfant n’est pas un objet ou que le ventre d’une femme n’est pas à louer pour permettre la concrétisation d’un « projet parental » qui passe par une gestation pour autrui (GPA) ou un détournement des pratiques médicales actuelles de Procréation Médicalement Assistée (PMA). Ces simples citoyens européens ont choisi, par milliers (millions ?) de marcher ensemble avec ceux de Hong Kong et de Taïwan (à quelques heures d’intervalle !), pour redire que la famille se construit autour et avec l’altérité sexuelle, que le mariage c’est l’union d’un homme et d’une femme, que modifier par arrêté les livrets de familles comme cela a été fait en France, afin d’y inscrire la possibilité d’avoir deux pères ou deux mères, ce n’est pas une perspective de justice et de vérité. »(extrait du communiqué de presse du CPDH, Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine)

**** Peut-être une « convergence » possible entre la manif du 19 janvier et celle du 2 février ?

*****Interviewé par le « Salon Beige » le 13 décembre dernier, François Billot de Lochner appellait à la fusion entre le « Jour de Colère » et « La Manif pour Tous »(LMPT), ainsi qu’à « la convergence de leurs luttes ».

La LMPT n’a pas annoncé participer à JDC, mais F. Billot de Lochner « n’imagine pas une seconde La Manif Pour Tous ne pas appeler à manifester le 26 janvier. À ma connaissance, la Manif Pour Tous ne revendique pas le monopole de la contestation. Nombreux sont les mouvements qui la soutiennent. Il est donc normal qu’elle soutienne en retour les initiatives qui sont complémentaires avec son message et ses revendications…. »

LMPT répondra-t-elle à ces « appels du pied » répétés ? La question est posée !

Pour ma part, je veux croire que cette dernière, constituée à la base comme étant « citoyenne », « apolitique »,  « multiconfessionnelle », et « non extrémiste », saura rester « pure » dans son essence, son esprit et ses buts.

Mais le fait que LMPT ait choisi justement de défiler le 2 février et non le 26 janvier, n’est-ce pas là une volonté affichée ne pas « mélanger les genres » ?

Et quand à la tentative de récupération politique, lors de la manifestation de Versailles, en décembre dernier…