« Je respecte infiniment la liberté de conscience, mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne »

« L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ? »

Le simple fait de constater un stupéfiant niveau de tensions et de confusions autour des propos de « chrétiens en campagne », dans le cadre de cette élection présidentielle, devrait être de nature à nous interpeller : l’une invite à « un vote révolutionnaire » en faveur de la candidate d’extrême-droite, se persuadant qu’il ne s’agit pas d’un « vote d’adhésion » ; d’autres mettent Macron et Le Pen sur le même plan (au risque de banaliser celle-ci), appelant à « voter blanc » ou à glisser un bulletin « Jésus » dans l’urne (mais « son royaume » est-il « de ce monde » ? Peut-on « voter » pour Christ, comme s’il n’était qu’un « candidat », une « option », parmi d’autres ? ), parce que voter l’un ou l’autre serait dans tous les cas « soutenir (un) projet politique estampillé par la marque de la Bête, quel que soit son visage » ou « sceller une alliance inique pour la France »….Comment a-t-on pu en arriver là ?

Au milieu de toute cette agitation, « Zabou the terrible », une jeune blogueuse catholique au nom étrange, nous interpelle et nous fait part de ses incompréhensions, dans ce très beau texte intitulé « Pas l’indifférence ». Mais qu’est-ce que l’indifférence ? C’est un trouble de la perception ou « l’incapacité de distinguer les différences ».

Et « Zabou » de s’interroger, au lendemain d’élection :

(…) Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

(….) L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

La suite ici.

 

« Action » mais pas « réaction » !

"300, naissance d'un empire"(2014)

« 300, naissance d’un empire »(2014)

Depuis environ une semaine, l’affiche du film(sorti hier) « 300, naissance d’un empire »* se voit à peu près partout.

Une affiche troublante, extrêmement sanglante et violente, avec les « slogans »  : « Gloire et vengeance », ou(pour une autre) « Athènes brûlera »….L’ensemble reflètant un esprit vindicatif et revanchard.

Et le chrétien, dans son engagement personnel ou dans l’exercice du mandat divin, quel que soit son champ de mission ? Quel esprit doit-il manifester ?

« Il importe de ne pas agir par réaction », ai-je entendu le week-end dernier… Par réaction ou avec un esprit revanchard ?

On se souviendra que Christ est venu, non avec un esprit de (re)conquête, de domination(c’était l’une des trois tentations du diable et Il l’a rejetée !), de revanche, ou pour chercher une vaine gloire…mais « pour servir et donner Sa vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45).

Dans Matt.12v18-21, Il est présenté comme « le serviteur » choisi par Dieu(« Mon bien-aimé en qui mon âme a pris mon plaisir ». Je mettrai mon Esprit sur lui »), « qui annoncera la justice aux nations, il ne contestera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triomphé la justice ». et les nations espéreront en son nom. »(D’après Es.42v1-4)
Ce serviteur annoncé par les prophètes, bien-aimé, choisi et oint de Dieu, annonce la justice à toutes les nations. Mais remarquez comment :
« Sans argumenter  sans arrêt—il n’est pas politicien !
Sans crier — ce n’est pas un molosse[ou un pitbull] !
Sans s’imposer — il n’est pas colporteur »

Et nous, qui portons Son nom ? Venons-nous servir, étant appelés dans notre champ de mission(quel qu’il soit), en aimant les hommes, comme Dieu les a aimés ?(Jean 3v16)**.

Notes :

*Suite de 300(que je n’ai pas vu), adaptation cinématographique(2007)de la bande dessinée de Frank Miller sur la bataille des Thermopyles(480 av JC), 300 : la naissance d’un Empire(qui ne me tente pas) de Noam Murro(2014) se déroule cette fois en mer, puisque « le général grec Thémistocle doit affronter l’invincible armada perse, emmenée par le dieu-roi Xerxès et la redoutable Artémise, à la tête de la marine perse.
Conscient que son seul espoir de vaincre son ennemi consiste à fédérer toutes les forces de la Grèce, Thémistocle s’engage dans une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre ».(Source : Première. Lire aussi cette analyse)

D’autres préféreront sans doute les 300 de Gédéon ?

**L’on peut poursuivre la réflexion avec cet excellent article : « la mission en trois M ».