PEP’S CAFE a lu « une tête de nuage » et vu son auteur, Erri de Luca

« Une tête de nuage » : c’est la tête de celui « qui change de forme et de profil selon le vent »

Lui est un beau jeune homme de bonne famille, qui compte parmi ses ancêtres des noms illustres. Ce méridional au métier recherché, qui a émigré au Nord, s’est fait une situation.  Il s’apprête à épouser une splendide jeune fille de la région. Et voilà que le ciel lui tombe sur la tête, sa fiancée est enceinte avant le mariage, et pas de lui. Très rude épreuve pour un homme, dont nul ne peut juger s’il n’y a pas été confronté.

Lui, c’est Iosèf/Joseph. Elle, c’est Miriàm/Marie. Ils ne sont pas « deux personnes séparées mais un couple » (1)

Vous connaissez sans doute cette histoire, où il se passe « des choses invraisemblables » (2). Elle a été revisitée par Erri de Luca dans « une tête de nuage », un nouveau récit court mais dense(3), découvert « par hasard » (un hasard « avec un grand D », m’empresserais-je de rajouter) dans une librairie à la mi-mars.

Pour l’anecdote, j’ai aussi vu Erri de Luca, l’un des rares auteurs à me toucher personnellement et que j’ai découvert il y a 5 ans dans des circonstances particulières. J’en parle souvent sur ce blogue. J’ai eu l’occasion de le voir et de l’écouter le 27/03/18, à 18h30, à La Procure (Paris 6e), ayant appris le jour même qu’une telle rencontre se tiendrait là. Questionné par le responsable de la librairie, et face au public présent, l’auteur a parlé de son livre, et notamment de son travail de « modification de l’illustration officielle » de cette histoire bien connue : ainsi, par exemple, « Matthieu et Luc, les deux évangélistes qui racontent les faits précédant la naissance de Ièshu/Jésus, ne disent pas (que Iosèf/Joseph) était vieux. Il est donc probablement jeune, beau et très amoureux ».

Iosèf est aussi « celui qui ajoute » (en hébreu, du verbe iasàf, « ajouter») :

Il « ajoute sa foi seconde » à la vérité « invraisemblable », « scandaleuse » de la grossesse de sa fiancée. Quand celle-ci lui annonce qu’elle attend un enfant dont il n’est pas le père, Iosèf ne la dénonce pas aux autorités, comme la loi le prescrit. Il croit en sa parole. Il « croit Miriàm, il croit qu’elle est enceinte d’une annonce, même si elle est arrivée à l’improviste en chair et en os dans sa chambre en plein jour et accueillie sans un cri d’effroi(4). Iosèf croit à l’invraisemblable nouvelle parce qu’il aime Miriàm. En amour, croire n’est pas céder, mais renforcer, ajouter quelques poignées de confiance ardente » (5)

Il « ajoute » ensuite son rôle de « mari second », touchant, non une pierre pour être le premier à la lapider, selon la loi, mais la main de Miriàm pour l’épouser.

Il « ajoute » enfin le nom de Ièshu/Jésus comme « le fils de Joseph » sur le registre de naissance, l’inscrivant ainsi dans la lignée de David (cf Matt.1).

Nous le voyons, « une tête de nuage » est un beau petit livre très touchant, qui parle d’une famille et d’un couple où règne l’amour. Plus exactement encore, il nous parle des circonstances de la naissance, marquée par le danger et l’exil, ainsi que de l’appel et de la vocation d’un enfant unique en son genre. Sans oublier le rôle de ses parents dans la libération de cette vocation.

Le titre du livre, mystérieux et poétique, est une belle réponse à tous ceux qui voudraient que Jésus « ressemble à tout le monde », avec la tentation de l’instrumentaliser. Car non, dit Iosèf/Joseph agacé, Jésus « n’a pas une tête de nuage qui change de forme et de profil selon le vent » (6) : pourquoi le raccrocher au passé ? Il est essentiel de le laisser vivre la vie qu’il doit vivre et non celle que les autres rêvent qu’il vive. C’est aussi un encouragement à voir ce qu’un enfant « sera », plus ce qu’il « pourrait être » à nos yeux, et une invitation « à laisser tomber toutes les ressemblances ». Car lorsque (l’enfant Jésus) « sera grand, il aura une apparence bien à lui et définitive » (7).

« Une tête de nuage est (enfin) le destin de (Jésus) qui est pris pour quelqu’un d’autre » et « qui démissionne des attentes des autres » (8), ces autres qui attendent un roi ou un signe de sa part que « le grand soir » est arrivé.

J’ai dit plus haut que j’ai eu l’occasion de voir et d’écouter Erri de Luca. J’ai même pu repartir avec une dédicace du livre. En revanche – et c’est là ma grande déception – je n’ai pu lui parler (ou à peine, au moment de la dédicace : en gros, j’ai pu lui dire que j’étais heureux de le rencontrer et quel a été mon premier livre de lui. « Grazzie molto », m’a-t-il répondu), du fait des conditions de la rencontre, marquée par une absence totale d’interaction avec le public, le responsable de la librairie étant le seul à poser des questions.

Je note tout de même- en risquant ce parallèle – que, si Erri de Luca « écoute Dieu » très tôt, tous les matins, en lisant les Ecritures bibliques dans le texte, il se dit aussi « incapable » de Lui parler, « de le tutoyer » ou de l’interpeller. C’est l’une des raisons pour laquelle il se présente, non comme un athée, mais comme « quelqu’un qui ne croit pas ». Selon lui, comme il nous l’a confié mardi soir, « la connaissance des Ecritures n’a rien à voir avec la foi ». Et « celui qui a la foi a une relation avec Dieu que lui n’a pas ».

Pourtant, le même Erri de Luca écrit ces mots à la page 81 d’ « une tête de nuages » : « dans une ultime énergie de souffle, le dernier vent entré dans sa poitrine écrasée par la position crucifiée, (Jésus) a remis sa vie à l’intérieur des pages de l’Ecriture sainte. Il l’enferme là-dedans afin que quiconque l’ouvre, la retrouve ».

Et l’Ecriture biblique rappelle que « celui qui cherche trouve » et que « la foi vient de ce que l’on entend, et ce que l’on entend par la Parole de Christ… » 

 

Découvrir les 20 premières pages ici.

 

 

Notes :

(1) « Une tête de nuage » d’Erri de Luca, p 51.

(2) op. cit., p 48

(3) Edité chez Gallimard, mars 2018 (Hors Serie Litterature), le livre est structuré par « une préface », « trois actes » et autant « d’appendices » : « dernières instructions (Jésus et les pélerins d’Emmaüs), « le discours » (ou le sermon sur la montagne) et « Dayènu, ça nous suffit » (sur la colline de Gethsémani)

(4) Ce qui la rend encore plus « insoutenable » d’un point de vue légal, pour présenter sa version, n’ayant pas crié face au Messager. Or, Deut.22v23-24 stipule que « si une jeune fille vierge est fiancée à un homme, et qu’un autre homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous les deux à la porte de cette ville, vous les lapiderez et ils mourront : la jeune fille, du fait qu’étant dans la ville, elle n’a pas crié au secours ; et l’homme, du fait qu’il a possédé la femme de son prochain. Tu ôteras le mal du milieu de toi ».

(5) op.cit., p 10

(6) op. cit., p51

(7) op. cit. p48

(8) op. cit., p 57, 61

Le savais-tu ? Tu es « libre de le dire à l’école » !

Libre de le dire à l'école ? Sérieux ?? Si je l'avais lu plus tôt...!

Libre de le dire à l’école ? Sérieux ?? Si je l’avais lu plus tôt…!

« Libre de le dire », parce que tu es déjà libre de le croire….

 

« Libre de le dire à l’école » vient de sortir. C’est un petit livre bienvenu, qui nous invite à réfléchir sur la liberté de  conscience et à son libre exercice(comme à son bon usage), particulièrement dans un contexte qui lui semble peu évident et bien peu favorable, de prime abord. L’enjeu restant le « bien vivre ensemble ».

L’ouvrage est un « manuel » (à avoir toujours à la main) qui se veut « pratique » : pratique dans son format, il peut tenir dans la poche. Il est aussi pratique dans sa finalité et peut être utilisé à des fins « pédagogiques ». Sa mise en page est claire et sobre, sans couleur. Le texte figure dans des bulles qui se répondent, comme pour évoquer le dialogue, l’échange ou la discussion.

Il rappelle qu’ « en France, l’école publique est laïque et accueille ainsi des élèves et des parents de convictions très diverses, en toute neutralité. Toutefois, si l’école est laïque, ses usagers [et non « clients »] ne le sont pas. Leurs convictions, de toutes natures, ne restent pas à la maison », et ils sont « libres de les dire à l’école ». Mais comment alors exercer la liberté de conscience et d’expression ?

Le livre informe parent et enfant, mais aussi-accessoirement-enseignants [ce qui les concerne sera traité plus en détail dans « liberté de le dire au travail ». Même éditeur, même collection. Parution prévue pour début 2015] sur leurs droits et devoirs en matière de liberté de conscience, de croyance, et d’expression dans le cadre de l’école publique et laïque française. Mais aussi sur la liberté d’éducation, pour les parents. Il est important de souligner (car on peut vite l’oublier) que le livre, bien qu’édité par un éditeur chrétien (évangélique), s’adresse à tout parent et enfant, de croyances et convictions diverses.

Sa force tient dans les différentes citations de textes de loi, auxquels il se réfère : articles de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10/12/1948 (art. 18, 19, 26-3), du code français de l’Education (art. L. 141-2, L.131-1 à L.131-12, R. 131-1 à R.131-10), de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales(protocole 1, 20 mars 1952-art. 2) ; de la convention internationale des droits de l’enfant du 20/11/1989 (Art. 14), de la charte de la laïcité à l’école du 06/09/13(son point 3)-avec un rappel succinct de ce qu’est et de ce qu’elle n’est pas ; rappel de déclarations de la Cour européenne des droits de l’homme(07/12/1976, 29/06/2007, 25/05/2000, 17/06/2004, 13/09/2001)comme quoi « dans l’établissement du contenu des enseignements, il est interdit à l’Etat de poursuivre « un but d’endoctrinement des enfants…contraire à la liberté de conscience des enfants et des parents » ; et enfin la loi du 15/03 2004(et la circulaire du 18/05) sur le port de signes religieux à l’école.

Le livre invite à l’équilibre, au respect et au dialogue : il rappelle ainsi les droits (et devoirs) des parents- notamment que ces derniers sont les premiers éducateurs de leur enfant (et « ses racines »), et que « la famille est le premier terrain d’apprentissage et d’éducation ». Concernant les droits des enfants, ceux-ci « disposent de la liberté de pensée, de conscience et de religion » : ils sont libres de croire et de le dire à l’école. Il est ainsi bon de savoir que « la cour de récréation n’est pas soumise à la censure » et que, en vertu de la liberté d’expression, les enfants sont libres de parler de leurs convictions à leurs camarades, comme ils sont libres d’en parler en classe. Il est aussi rappelé que la Bible ou le Coran sont au programme de Français en 6e et sont étudiés en tant que « textes fondateurs ». On sera peut-être plus surpris d’apprendre qu’il est possible de prier à l’école, dans certaines limites (dans la mesure où la prière reste discrète- intérieure, personnelle ou en petits groupes-non imposée et ne troublant pas l’ordre public), ou de porter « un signe religieux discret » à l’école (cf circulaire N° 2004-084 du 18 mai 2004 du MEN).

Il est aussi rappelé que les élèves étant « des usagers de l’école publique, les parents en respectent aussi les règles ». L’exercice de « la liberté de dire ou de manifester ce que l’on croit à l’école » sera donc nécessairement limité, « dans le but de préserver la liberté d’autrui, la neutralité scolaire et l’ordre public », et à condition que l’expression et le partage de convictions ne s’apparentent pas à du prosélytisme, ou n’entraînent pas le refus d’un enseignement. Les principes de la laïcité-et de ce qui est censé être leur usage-sont aussi rappelés, avec l’exigence de neutralité religieuse et idéologique pour l’école laïque.

L’ouvrage contient également, outre des témoignages (« paroles de parents »), un « spécial parents », avec 5 clés(s’impliquer dans l’éducation de son enfant, s’informer sur ce que vit et apprend son enfant à l’école, dialoguer avec son enfant et avec ses enseignants, s’associer avec d’autres parents et d’autres associations qui veillent à l’intérêt de l’enfant, s’exprimer dans le respect de la liberté) ; mais aussi un spécial « élèves de primaire », et un spécial « élèves du secondaire »(de la 6e à la terminale, un test du « vrai ou faux »)

 

Bref, l’ouvrage est clair, facile à lire, utile et pertinent. Il est bon de le faire connaître, et surtout, de le lire ensemble.

Quelques remarques de fond et de forme : l’ouvrage est certes un collectif, émanant du CNEF, mais il me paraît manquer une mention d’auteurs, avec leurs noms et qualités.

La structure du livre n’est pas évidente de prime abord. Un plan clair avec sommaire, ainsi qu’un index et un récapitulatif des différents textes de loi ou de référence cités, auraient été les bienvenus. De même, l’on aurait apprécié une partie plus conséquente sur les modalités de mise en œuvre et sur les défis (qui restent de taille) que posent la mise en pratique des principes posés. Sans cela, le contenu (même reposant sur un rappel bienvenu et pertinent de textes de loi) risque de rester idéalisé et paradoxalement théorique, malgré l’aspect pratique du livre.

La partie sur l’école privée-réduite à la seule « sous contrat »-aurait pu être plus étoffée. Et si l’on veut chipoter un peu, la couverture ne reflète pas tellement « la diversité des croyances » évoquée dans le livre. Mais cela reste un détail.

Les limites signalées, relatives au contenu, tiennent au format de la collection (64 pages). Ceci dit, l’ouvrage devrait susciter pas mal de questions et me paraît constituer un utile et pertinent travail préparatoire sur le sujet, de nature à être complété par d’autres études ou ouvrages plus détaillés et approfondis.

Mais l’essentiel à ne pas oublier, me paraît être ceci : l’esprit avec lequel l’on manifestera sa liberté « de le dire à l’école », qui, rappelons-le, n’est pas une fin en soi, ni un prétexte pour dominer ou chercher une forme de pouvoir, dans un « esprit de revanche ». La finalité étant, me semble-t-il, de témoigner ou de rendre visible le fruit de nos croyances et convictions. Le chrétien que je suis dira aussi, à destination d’autres chrétiens, que notre finalité est de « donner à voir » la personne de Jésus-Christ dans la manière d’exercer notre liberté et nos droits, tout en respectant nos devoirs, et d’être ainsi « sel et lumière de la terre » (Matt. 5v13-16 ; cf Gal.5v13-15, 1 Pie.3v8-17).

 

Collectif(CNEF). Libre de le dire à l’école : parent et enfants. Ecole maternelle et primaire, collège, lycée. BLF éditions, 2014(collection « libre de le dire »), 64 pages. 4,90 euros

« Si les fils sont des flèches, les parents sont des arcs(stables) »

L'équilibrage des roches par Petr Kratochvil Une génération solide, stable et libre ? Ou...

L’équilibrage des roches par Petr Kratochvil
Une génération solide, stable et libre ? Ou…

Le « mariage pour tous » et « la manif pour tous » feraient presque passer sous le radar une autre réforme sociétale(aux enjeux tout aussi essentiels)  :
la « refondation de l’école de la république » du ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon (Voir aussi ici )

Après l’Assemblée nationale le 19 mars, le Sénat a adopté en première lecture dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25/05 le projet de loi de refondation de l’Ecole. Il doit désormais retourner au Palais Bourbon, pour une seconde lecture.

De quoi s’agit-il exactement ?
Ce projet prévoit notamment d’introduire un enseignement obligatoire de la morale laïque. Morale laïque, dont le but est, pour le ministre qui s’est exprimé dans un entretien dans le JDD daté du 01/09/12, « de permettre à chaque élève de s’émanciper, car le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix ».

Girouette par George Hodan ...Ou en perte de sens et de repères, « ballottée ça et là » ?

Girouette par George Hodan
…Ou en perte de sens et de repères, « ballottée ça et là » ?

Il s’agit aussi de lutter dès le plus jeune âge contre les stéréotypes de genre.

A ce sujet, comme le souligne un internaute sur le blog de Patrick de Plunkett, on se souviendra « de la polémique autour de la lettre que Vincent Peillon (avait écrite) aux recteurs, suite à celle d’Eric de Labarre aux enseignants des établissements catholiques. Au-delà du débat autour du projet de loi sur le « mariage pour tous », une question se pose: si aujourd’hui tant de couples hétérosexuels n’estiment plus nécessaire de se marier pour « protéger » leurs enfants (pacs, concubinage), pourquoi le mariage deviendrait-il si important pour protéger les enfants de couples homosexuels et leur « offrir un cadre juridique » ? N’y a t’il pas d’autres motifs derrière cette revendication?
Le mariage pour tous est la partie émergée d’un iceberg dont la lettre de M. Peillon permet d’entrevoir les contours :
au-delà de sa conception dangereuse de l’éducation (« Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités »), le ministre exprime avec force le positionnement inacceptable du gouvernement en matière d’éducation sexuelle dans les écoles. En particulier, il invite les recteurs « à relayer avec la plus grande énergie la campagne de communication relative à la « ligne azur» », dont voici une partie du contenu :
– théorie du genre:
http://www.ligneazur.org/sante-sexuelle/situations-individuelles-multiples;
– sensibilisation aux pratiques, par exemple :
http://www.ligneazur.org/Tomber-la-culotte, avec la brochure consultable sur le lien suivant (extraits en pj.): http://www.sida-info-service.org/sites/sida/IMG/tomber_la_culotte/.

« La ligne azur », un service soutenu par l’Education nationale depuis trois ans : l’actuel ministre de l’éducation nationale « déploie donc une campagne mise en place par le gouvernement précédent*.
Théorie du genre, normalisation de comportements sexuels, dogme du relativisme : tout cela fait partie d’un tout idéologique qui fait son chemin sans que les gens s’en aperçoivent vraiment, compte tenu de la banalisation médiatique et politique…. »

De fait, « les parents qui voudront transmettre leurs valeurs, leur religion ou leurs traditions à leurs enfants se heurteront donc à un projet qui vise à refonder la société via l’école, tout comme le projet Taubira qui refonde la filiation via le mariage… »**, comme le souligne « zardovoz », qui est aussi mère, dans un billet publié le 08/05/13 sur son blog, et intitulé  : « Ce que je veux pour mes enfants » .

Grand-père et petit-fils par George Hodan

Grand-père et petit-fils par George Hodan

Dénonçant le projet de refondation de l’école***, elle déclare surtout que ce qu’elle veut pour ses enfants « et le rôle de la cellule familiale est de leur transmettre à mon tour ce qui m’a été transmis : un ensemble de valeurs, une religion, une culture et tout ce que mes parents m’ont donné, tout ce qui fait aujourd’hui de moi ce que je suis, un individu fort, pensant, et conscient que ce sont mes racines et mon héritage qui me rendent libre.
Voilà ce que je veux pour mes enfants : au moins autant de chances que moi.
Non mes enfants n’appartiendront pas à l’Etat, pas plus qu’ils ne m’appartiendront à moi ; ils sont sujets et non objets. Ce qui m’appartient cependant, c’est le devoir de leur donner toutes les chances de se construire hors de tout endoctrinement, pour qu’ils puissent un jour offrir ces chances à leurs propres enfants.
Parce que notre héritage ne se limite pas à de l’actif imposable. »

« Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, Le fruit du sein maternel est une récompense.
Comme des flèches dans la main d’un homme fort, Tels sont les fils de la jeunesse ;
Heureux l’homme qui en a plein son carquois ! Ils ne seront pas confus, Quand ils parleront avec des ennemis à la porte », dit le psaume 127v3-5.

Jeune Hawks Ospreys par Christina Spiegeland

Jeune Hawks Ospreys par Christina Spiegeland

Mais si « les fils » sont « des flèches », les parents sont « des arcs » :

« Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable ».
(Khalil Gibran. Le Prophète)
Sur cette question « d’héritage », transmise par nos parents, grands-parents et les générations précédentes, un poème, jadis écrit en 1965 par un grand-oncle maternel(instituteur) me revient en mémoire :
« l’école ne sera sauvée que par ses anciens », nous a-t-on dit(…)
certes ! mais à une condition qui nous paraît vitale : elle sera sauvée par ceux(directeurs…..professeurs…)qui n’entretiendront pas dans l’esprit des jeunes dont ils ont la charge, la funeste illusion qu’ils peuvent se libérer seuls ;
par ceux qui ne craindront pas de leur dire :
défiez-vous de vos propres forces,
défiez-vous de vos richesses qui, déjà vous tiennent liées,
défiez-vous de vos préjugés de caste, de race, de religion,
défiez-vous de vos bonnes résolutions, fruits corrompus de la « vieille nature ».
Seule nous délivre,
seule nous sauve,
une rencontre personnelle avec le Christ Vivant !

L’Ecole sera sauvée par ceux qui, persuadés eux-mêmes de l’efficacité d’une telle rencontre, sauront le dire aux jeunes, dont ils ont la charge, en faisant suivre leurs paroles d’une fervente intercession.
Que les Anciens, aussi bien que les Actuels soient invités à cette croisade pacifique.
Ainsi pourrait se constituer un cercle de prières, un cercle invisible qui irait s’élargissant !
Et, en fin de compte, un tel cercle ne serait-il pas la véritable de l’Ecole ? »

(E.A., « Après avoir vu la première partie du film japonais « Rashomon » à l’Ecole des Roches ». 1965)

Notes :

*http://www.sos-homophobie.org/presidentielle/presidentielle-2012-reponses-de-nicolas-sarkozy-au-questionnaire-de-sos-homophobie  (voir notamment réponse 10)

**Un autre aspect de la « Refondation de l’école » pose également un problème pour la transmission : il s’agit de la volonté ministérielle du « tout numérique » à l’école. Nous y reviendrons dans un prochain billet.

***Voir aussi http://zardovoz.wordpress.com/2013/05/27/2013-annee-de-mobilisation-pour-la-doctrine-a-lecole/

« On en calcula le prix… » ou Actes 19v18-20 « XXIe »

Rêvons un peu….

Imaginons les effets d’une prédication sur Actes 19v18-20, adaptée à un auditoire du XXIe siècle :

Téléphone cellulaire brisé par Petr Kratochvil

Téléphone cellulaire brisé par Petr Kratochvil

Et plusieurs de ceux qui avaient cru s’engagèrent à couper leur portable pendant deux heures durant le culte, chaque dimanche matin. Et un assez grand nombre, ayant apporté leurs smartphones, tablettes numériques et autres nomades…, les détruisirent en présence de tous. Et on en calcula le prix, et on trouva qu’il se montait à environ 70.000 euros. Ainsi la parole du Seigneur progressait avec force et manifestait sa puissance. (Actes 19v18-20)

Voilà un geste radical pour exprimer une volonté d’abandonner tout ce qui est susceptible de nous asservir[dans l’original du texte, il s’agit de livres de magie]. Néanmoins, un tel geste-s’il est nécessaire-reste insuffisant.

Il convient aussi, en effet, d’

Eduquer au jugement

A la question du « comment mieux éduquer » sur le plan de l’usage des outils numériques et jeux vidéos (pas seulement les enfants ou les jeunes), on trouvera une fort pertinente et intéressante réponse sur E-media.ch (un portail romand de l’éducation aux médias) :

Voir ce conseil aux parents(parmi d’autres), dans  « Smartphones. Tous accros », de Sabine Pirolt, publié dans L’Hebdo daté du 21/03/13 : Montrer l’exemple, c’est à dire ne pas vivre avec son smartphone à la maison (…) « on n’éduque pas avec des trucs qui changent le comportement d’un jeune du jour au lendemain. Il faut prendre la peine de soi-même se former, puis dire, transmettre, surveiller, revenir à la charge et développer le  jugement du jeune », rappelle Jean-Charles Nayebi, auteur d’ « enfants et adolescents face au numérique »(Odile Jacob)

Voir encore le dossier « impact des médias » sur les individus et la société :
http://www.e-media.ch/CMS/default.asp?ID=1023

Le site du docteur Nayebi :

http://nayebi.fr//index.htm

Et encore :

http://www.pearltrees.com/#/N-f=1_3215227&N-fa=2639456&N-p=24065808&N-play=0&N-s=1_3215227&N-u=1_262478