Lâcher prise

Deux passages lus le même jour, cette semaine, susceptibles de nous éclairer sur nous-mêmes, avant de trouver une application plus large :

Le premier relate un tournant dans la vie d’Ozias, un roi pourtant ingénieux et ingénieur, « aimant la terre » :

«Il rechercha Dieu pendant la vie de Zekaryahou, qui l’instruisait dans la crainte de Dieu, et pendant qu’il resta fidèle au SEIGNEUR, Dieu le fit prospérer. »(v5) Puis, « il fit à Jérusalem des machines spécialement inventées pour être placées sur les tours et les angles et pour lancer des flèches et de grosses pierres. Sa renommée se répandit au loin, car il fut merveilleusement aidé, jusqu’à devenir puissant. En raison de sa puissance, son cœur s’enorgueillit jusqu’à sa perte et il fut infidèle envers le SEIGNEUR son Dieu : il entra dans le temple du SEIGNEUR pour offrir de l’encens sur l’autel des parfums. Le prêtre Azaryahou entra derrière lui, accompagné par quatre-vingts courageux prêtres du SEIGNEUR. Ils se dressèrent contre le roi Ozias et lui dirent : « Ce n’est pas à toi, Ozias, d’offrir l’encens au SEIGNEUR, mais aux prêtres, fils d’Aaron, consacrés pour cette offrande ! Sors du sanctuaire, car tu as été infidèle ! Par l’action du SEIGNEUR Dieu, ce ne sera pas pour toi un titre de gloire ! » Ozias se mit en colère, alors qu’il avait en mains l’encensoir. Pendant sa colère contre les prêtres, la lèpre apparut sur son front, devant les prêtres, dans la Maison du SEIGNEUR, près de l’autel des parfums. Le grand prêtre Azaryahou et tous les prêtres regardèrent vers lui, et voilà qu’il était lépreux sur le front ! Vite ils l’expulsèrent de là et lui-même se dépêcha de sortir, car le SEIGNEUR l’avait frappé. Le roi Ozias resta lépreux jusqu’au jour de sa mort. Comme lépreux, il dut résider à part dans une maison, car il était tenu à l’écart de la Maison du SEIGNEUR ». (2 Chron.26v15-21) Cette même maison où il a voulu entrer, voulant avec obstination prendre plus que sa part.

Le second passage a trait au roi Amatsia, le père d’Ozias : « Il avait vingt-cinq ans lorsqu’il devint roi et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Yehoaddân, de Jérusalem. Il fit ce qui est droit aux yeux du SEIGNEUR, non pas toutefois d’un cœur intègre », ou « sans partage »(2 Chron.25v1-2).

« Il recruta en Israël cent mille vaillants guerriers, pour cent talents d’argent. Mais un homme de Dieu vint lui dire : « O roi ! qu’une armée d’Israël ne vienne pas avec toi, car le SEIGNEUR n’est pas avec Israël, tous ces fils d’Ephraïm ! En effet, si elle vient, tu auras beau, toi, être fort dans le combat, Dieu te fera trébucher devant tes ennemis, car c’est Dieu qui a la force de secourir ou de faire trébucher. » Amasias dit à l’homme de Dieu : « Et que faire des cent talents que j’ai donnés aux troupes d’Israël ? » L’homme de Dieu répondit : « Le SEIGNEUR a de quoi te donner bien plus que cela. » (vv6-9).

Comme quoi, il faut savoir lâcher prise pour gagner « bien plus » que ce que l’on craint de perdre. Par exemple, savoir lâcher nos opinions, le pouvoir…pour pouvoir saisir la vérité, la justice, l’intégrité….

« Ne vous vantez pas…mais vantez-vous plutôt de… »

Ainsi parle le SEIGNEUR : Que le sage ne se vante pas de sa sagesse ! Que l’homme fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante de ceci : d’être assez malin pour me connaître, moi, le SEIGNEUR qui mets en œuvre la bonté fidèle, le droit et la justice sur la terre. Oui, c’est cela qui me plaît – oracle du SEIGNEUR.

(Jer.9v22-23. Version TOB. Comparer avec Matt.7v21-23)

 

Sur ce, bonne méditation ! Prochain billet, mercredi prochain.

La chute que les voyants de Babylone n’avaient pas vue(Lisons ensemble Esaïe/8)

Suite de notre lecture d’Esaïe, entreprise à partir du chapitre 40.

Le principe reste toujours le même. Après lecture du chapitre du jour, Il s’agit d’être attentif, à chaque fois, à trois choses : ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

N’hésitez pas à publier en commentaire, au pied de l’article, le fruit de vos réflexions !

Le chapitre d’aujourd’hui est consacré à la chute de Babylone, la capitale du grand empire, comme le chapitre précédent et le prochain.

Après ses dieux(cf chapitre 46), c’est au tour de la ville elle-même de tomber.

En plus des questions ci-dessus, il est possible de s’interroger particulièrement sur les raisons de la chute de la grande ville(comparer avec Apoc.18) :

D’où tombe Babylone ? A qui est-elle comparée ? (v1-4)

Pour quelles raisons tombe-t-elle ?(vv5-7).

« Le pouvoir absolu rend fou » et donne le sentiment d’impunité : cela se vérifie-t-il pour Babylone ? Comment ?

Que va-t-elle expier ? Qui va la châtier ?

Qui, selon elle, pourrait la sauver ? Et pourquoi, selon elle ? Peut-elle relever le défi qui lui est lancé ?  Peut-elle même le prévoir ? (versets 8 à 15) Relever l’ironie de la situation dans laquelle se retrouve Babylone, à l’instar de la blague d’une voyante sursautant à l’entrée d’un visiteur et s’excusant, confuse : « pardon, je ne vous avais pas vu ! » (v11)

 

Bonne lecture et bonne étude !

Eaïe 47

1 Descends et assieds-toi dans la poussière, vierge, fille de Babel! Assieds-toi à terre, faute de trône, fille de Chaldée! Car désormais on ne t’appellera plus la délicate, la voluptueuse.

2 Saisis les meules et va moudre la farine; relève ton voile, retrousse la traîne de ta robe, découvre tes jambes pour traverser les rivières.

3 Ta nudité sera mise à jour et ta honte sera visible; je vais exercer ma vengeance, sans me heurter contre personne.

4 Quant à nous, notre sauveur s’appelle l’Eternel-Cebaot, le Saint d’Israël.
5 Reste assise en silence et enfoncée dans les ténèbres, fille de Chaldée! Car désormais on ne t’appellera plus la reine des empires.

6 J’étais irrité contre mon peuple, j’avais repoussé mon héritage et les avais livrés entre tes mains: tu ne leur témoignas aucune pitié, même sur les vieillards tu fis peser lourdement ton joug.

7 Et tu disais: « À jamais je serai souveraine! » parce que tu ne prenais rien de tout cela à cœur et ne pensais nullement à la fin.

8 Or maintenant, écoute donc ceci, amie des plaisirs, qui trônes en sécurité et dis en toi-même: « Moi et personne hors de moi! Je ne serai pas réduite au veuvage ni n’éprouverai la privation d’enfants! »

9 Eh bien, ces deux coups te frapperont soudain, le même jour: privation d’enfants et veuvage; dans toute leur étendue ils t’atteindront, malgré la multiplicité de tes magies et le nombre infini de tes sortilèges.

10 Tu avais foi dans ta malfaisance, tu disais: « Personne ne me voit! » Ta sagesse, ta science t’ont égarée, et ainsi tu pensais en toi-même: « Moi et personne que moi! »

11 C’est pourquoi, un malheur s’abat sur toi que tu ne sauras prévenir, une catastrophe t’atteint que tu ne pourras conjurer; la ruine t’accable soudain, sans que tu l’aies prévue.

12 Relève-toi donc au moyen de tes sortilèges et de tes nombreuses magies auxquelles tu as consacré tes forces depuis ta jeunesse; peut-être réussiras-tu à en tirer profit, peut-être recouvreras-tu ta puissance.

13 Tu t’es épuisée à force de faire des projets; qu’ils se lèvent donc et te sauvent, ces contemplateurs du ciel qui observent les étoiles, qui pronostiquent à chaque lunaison ce qui doit t’arriver.

14 Mais les voilà devenus comme du chaume, que l’incendie a consumé, ils ne peuvent se préserver des atteintes de la flamme; ce n’est pas du charbon pour se chauffer, ni un brasier devant lequel on puisse s’asseoir. ,

15 Voilà à quoi te servent ceux pour qui tu t’es mise en frais; ceux qui trafiquèrent avec toi depuis ta jeunesse errent chacun de son côté, personne ne vient à ton secours ».
(Version du Rabbinat français)

 

« Ce n’est pas la cupidité qui plongea le monde entier dans une crise financière sans précédent, c’est l’intelligence »

Excès de vitesse de taxi par Bobby Mikul Démesure

Excès de vitesse de taxi par Bobby Mikul
Démesure

« Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles »(1 Pie.5v5)

« …se disant sages, ils sont devenus fous. »(Rom.1v22)

Certains parlent naturellement de la crise. Comme si ses causes étaient naturelles….

Dimanche dernier, je feuillette un vieux numéro de « Promesses »(juillet-septembre 2008), que l’on m’a rendu depuis peu et ayant pour thème « intégrité et corruption ». J’y redécouvre un excellent article intitulé « regard sur la crise financière actuelle » . Son auteur, Nathanaël Bourgeois, loin de considérer la crise comme un phénomène naturel, explique « que la cupidité est à l’origine de la crise ».

Personnellement, j’ai longtemps cru que la cupidité était la cause de la crise. Je le crois toujours en partie. En réalité, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la cupidité qui plongea le monde entier dans une crise financière sans précédent, c’est l’intelligence.

Ou la démesure. Ou l’orgueil.

La démesure, ou l’orgueil, la Bible en parle. Valable hier, son message est toujours actuel pour notre temps.

L’orgueil, c’est le péché de celui ou celle qui a déjà beaucoup et qui veut « toujours plus » : c’est celui de Lucifer(Es.14v12-15), d’Eve et d’Adam(Gen.3), du roi Ozias(2 Chron.26v16-23)…..

L’orgueil se termine toujours de la même façon : par la chute.

L’orgueil touche tous les domaines et personne(à part le Seigneur Jésus-Christ) n’est à l’abri de succomber à une telle tentation.

Je disais plus haut que la véritable cause de la crise était « l’intelligence ». Ou plutôt la démesure. Ou l’orgueil, qui se perçoit dans l’évolution de la finance, avec l’irruption d’acteurs non humains sur les marchés financiers : le « trading à haute-fréquence » *.  Cette (r)évolution d’une finance devenue automatisée, amorcée depuis des décennies « et en totale roue libre ces dernières années « **  est détaillée par Alexandre Laumonier, jeune éditeur belge et spécialisé dans l’anthropologie, dans son essai « 6 »***, que je n’ai pas encore lu, mais que j’ai découvert dans le numéro 12, de mai-juin 2013, du journal « Article 11 »(article consultable en ligne). Cette évolution est qualifiée par les critiques de « portrait vivant et atterrant » de « la course en avant démentielle qui agite les hautes sphères de la finance, entre soulèvement des machines, règne des algorithmes et dérèglements boursiers ».

A ce stade de la lecture, certains d’entre vous seront peut-être tentés de zapper cet article, s’estimant ou peu concernés par un sujet complexe et bien « peu spirituel », ou étrangers aux maths et aux algorithmes (c’est mon cas), ou les deux. A ceux-là, je me permets de leur dire que c’est parce que ce sujet est complexe, et même largement méconnu, qu’il mérite justement toute notre attention. Surtout si un tel système, progressivement livré à lui-même et devenu entièrement automatisé, a produit les fruits que l’on a vus en 2007-2008. Fruits que l’on mange encore aujourd’hui. Aussi, je remercie d’avance le lecteur de prendre le temps nécessaire de lire attentivement(en contrepoint avec cet autre sujet ) le contenu des différents liens.

En attendant, que faire ?

Nathanaël Bourgeois, dans l’article pré-cité, juge avec raison que des lois ne peuvent changer le comportement humain. Bien entendu, les lois sont utiles(cf Rom.13), telles celles contre le meurtre, le vol…car elles nous protègent. Mais il reste que l’homme n’est pas améliorable**** et Dieu ne veut pas l’améliorer : Il veut le changer, le transformer. Changer son cœur(Ezech.11v19, 36v26 ; Deut.30v6 ; Jér.24v7), parce celui-ci est « trompeur et incurable »(Jer.17v9).

De plus, le seul remède à l’orgueil et à la démesure est la grâce de Dieu. Cette grâce, nous pouvons, vous pouvez la recevoir si vous confiez votre vie à Dieu et si vous acceptez de vous soumettre à Lui. Et il sera alors manifeste que cette grâce agit dans vos vies, dans nos vies, si nous nous soumettons les uns les autres et si nous nous servons les uns les autres, en recherchant leur intérêt(1 Cor.13 et Jean 13)

Notes :

* Selon Wikipédia, « Les transactions à haute fréquence, ou trading haute fréquence, sont l’exécution à grande vitesse de transactions financières faites par des algorithmes informatiques. Ces opérateurs de marché virtuels peuvent ainsi exécuter des opérations sur les bourses en un temps calculé en microsecondes.  »  Voir également cet article sur « Basta mag ! »

**« En 2013, les algorithmes que l’on appelle ’traders à haute fréquence’ réalisent aux États-Unis plus de 70 % des transactions contre 10 % en 2001. ».

***« 6 ».  Editions Zones Sensibles, 2012(ouvrage signé du pseudonyme « Sniper ». Une critique peut être lue ici.

Extraits ici :

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la cupidité qui plongea le monde entier dans une crise financière sans précédent, c’est l’intelligence(p 11).

Jusqu’à la fin du XXe siècle, les marchés financiers baignaient dans une ambiance sonore faite de cris en tout genre. Puis, en moins d’un quart de siècle, le silence s’est peu à peu imposé : les humains ont été remplacés par des machines.(p14)

 En 1977, des premières réflexions sur l’importance croissante des machines eurent vite fait de convaincre tous les acteurs que l’avenir des marchés financiers reposait sur les machines. Grâce à la montée en puissance de la technologie, les Bourses allaient radicalement changer de visage.

Elles allaient même perdre tout visage.Il faudra pour cela faire sauter les filtres humains.

Libéraliser les marchés et déréguler la finance. Changer des règles qui remontaient parfois à deux siècles. Il faudra investir des centaines de millions de dollars, puis des milliards. Il faudra concevoir un algorithme capable de gérer la priorité de temps. Puis soumettre les humains à la temporalité des ordinateurs.

Ainsi débutera une nouvelle ère, celle du soulèvement des machines…(pp20-21)

****De même, est-il réaliste de prétendre « moraliser » un système économique immoral dans son essence, particulièrement à l’heure où ce système devient de plus en plus abstrait et financier ?