« Aimez-vous les uns les autres », c’est aussi sur le web !

"La solidarité protestante évangélique" devrait être "nettement" sur le net !

« La solidarité protestante évangélique » devrait être « nettement » sur le net !

Imagine : je suis ton voisin et je passe régulièrement devant ta maison. Puis je me décide enfin à venir te rendre une visite, et ma première remarque porte sur la déco, l’ameublement ou la maison en elle-même, que je juge « pas terrible », dans le style : « ça fait un bout de temps que je voulais faire à mon voisin cette remarque : allons-y franco ».

« Dans la vraie vie », cela ne serait ni correct, ni poli et ni respectueux. Qu’en dis-tu ?

D’autant plus que l’essentiel me paraît être ailleurs : la visite devrait être motivée parce que je porte un véritable et sincère intérêt au voisin (et à ce qu’il fait), dans le fond et l’esprit, et dans un soucis de réciprocité. C’est là le principe du corps de Christ(cf 1 Cor.12).
Mais ce que nous savons fondamental de faire à l’autre « dans la vraie vie », le faisons-nous aussi sur le web (et inversement) ? Ou estimons-nous que l’un et l’autre « n’ont rien à voir » ?

Bref,  « Aimez-vous les uns les autres », ce commandement du Christ, c’est aussi sur le web !

Et « Aimez-vous les uns les autres ou la solidarité (réformée) sur le web » est aussi une excellente initiative d’Olivier Keshavjee, « théologeek » et animateur paroissial réformé suisse, concrétisée via ce site : http://www.aimez.ch/index.html

L’auteur fait avant tout référence au monde réformé, mais l’initiative peut tout à fait s’appliquer au protestantisme évangélique.

La page du site débute par un constat : Le monde [protestant] est bien présent sur la toile, et regorge d’idées, d’initiatives et de compétences. Malgré cela, il y a peu d’interactions entre les différents acteurs, très peu de réjouissance et solidarité envers les projets les uns des autres [ou alors, certains se regroupent par affinité/hobbies, cultivant un certain entre-soi]. En plus d’être triste et décourageant, cela nuit à la visibilité de l’ensemble.

Suivi par le rappel d’un appel particulièrement clair : «Aimez-vous les uns les autres », nous a commandé Jésus. Si nous ne vivons pas cela sur le web, où le vivrons-nous? Le but de ces pages est d’aider de manières très concrètes à répondre à cet appel, en manifestant plus de solidarité entre protestants.

Ensuite, « pourquoi s’aimer sur le net », questionne Olivier Keshavjee ?

Parce que, d’abord, ça fait plaisir : Aimer, commenter ou partager [ce que mon frère ou ma soeur a écrit] — ça fait plaisir. C’est une manière peu coûteuse de dire à l’autre qu’il existe, et ça fait du bien.

Ensuite, cela contribue à une certaine visibilité : Plus nous « likons », suivons, commentons et partageons (plus « nous nous aimons les uns les autres », Jean 13v34, Jean 15v12,17) plus grande est la visibilité des protestants sur le web (et « plus le monde verra… » Jean 13v35).

Mais aimer ne signifie pas être d’accord : On peut « liker » / suivre quelqu’un sans pour autant être d’accord avec tout ce qu’il dit et fait. « Liker » / suivre est néanmoins une manière de dire que l’autre est important, et que je suis solidaire avec lui/elle.

Comment faire concrètement ?

"Droit d'auteur" : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire !

« Aimez », « commentez », « partagez », « suivez »…. !

Commencez par découvrir et aimer de (nouveaux blogues/sites protestants). Aimez ensuite le contenu sur ces pages, remerciez et encouragez son auteur, puis partagez plus loin!

Faites à d’autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse !

Car partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire, cela contribue à la visibilité du protestantisme en général.

Alors ? A quand « la solidarité protestante évangélique sur le web » ?

« Aimons-nous les uns les autres….comme Christ nous a aimé Lui-même ! » Dans « la vraie vie », mais aussi sur le web !

 

 

 

 

 

 

 

« Le changement, c’est maintenant ! »….dit la Bible

"Le changement" ? " Yes, we can", dit la Bible ! Et "c'est maintenant !"

« Le changement » ?  » Yes, we can », dit la Bible ! Et « c’est maintenant ! »

Est-il possible de changer ?

Vaste question ! Mais la Bible répond sans hésiter : « oui ». « Yes, we can », en Jésus-Christ. « Le changement, c’est (même) maintenant » !

Mais qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui a changé pour vous, qui êtes peut-être chrétien et connaissez le Christ comme votre Sauveur et Seigneur personnel ?

En quoi Dieu nous transforme-t-il ? Qu’est-ce que « devenir chrétien » ?

Le changement s’opère-t-il au niveau de nos pensées ? Pour « penser juste » ?

Est-ce au niveau de nos émotions ? Pour « ressentir juste » ?

Est-ce au niveau de nos actions, de notre éthique ? Pour « agir juste » ?

Aucun des trois !

La réponse, dans cette prédication d’Olivier Keshavjee, « animateur paroissial » suisse, sur Ephésiens 4v17-24 : « vivre une vie nouvelle ».

Bonne écoute et bon week-end !

« Holly Spirit » : Un chant sur le Saint-Esprit ?

Voici, pour ce week-end, « Holy Spirit », un chant de Kim Walker-Smith, de « Jésus Culture »(1).

Un chant sur le Saint-Esprit ?

Et pourquoi pas ? D’autre part, parce que Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit(Matt.28v19), et puisque sans le Saint-Esprit, nous ne serions pas « convaincus de péché, de justice, de jugement »(Jean 16v8) ; nous ne naîtrions pas « d’en haut »(Jean 1v12-13 et 3v3-7 ; Tite 3v5) ; et sans Lui, nous ne serions pas membres du corps de Christ, de l’Eglise (1 Corinthiens 12v13) ; nous ne serions ni unis, ni aptes à mener une vie de nature à plaire à Dieu (Eph.4v3-4, 5v18-21 ; Gal. 5v16-25….) ; et nous ne serions pas « conduits dans toute la vérité »(Jean 16v13) ou aptes à connaître ce qui vient de Jésus et le glorifie(v14-15)….et bien d’autres choses encore !

 
Apprenons donc à « Connaître le Dieu Trine » ! Mais qu’est-ce que cela change, me demanderez-vous ?
La réponse dans cette excellente prédication donnée le 2 décembre 2012 par le théologeek suisse Olivier Keshavjee, actuellement « animateur vie paroissial ».
Textes : Ephésiens 1, 3–14 ; 1 Jean 1, 1–14
Plan :
Introduction :
Le prédicateur commence par nous confier avoir été quelque peu « découragé, ces jours. Découragé suite à ces débats d’Églises, l’impression de perdre tellement de temps et d’énergie alors qu’il y aurait tellement plus à faire. Découragé, justement, à cause de tout ce qu’il y a à faire: les champs sont mûrs pour la moisson, et il y a peu d’ouvriers. Découragé parce qu(’il se sent) plein de faiblesse et pas à la hauteur… ». Cependant, il relève « différentes choses qui (lui) ont fait du bien cette semaine, et la principale, ça a été de (se) souvenir un peu plus particulièrement qui est Dieu, qui il est pour (lui). Et ça (lui)a fait un bien fou ».
Qui est le Dieu qui nous sauve?
Quelques pas de danse :
o Connaître Dieu dans la prière
o Connaître Dieu dans la communauté
o Connaître Dieu dans la mission
Conclusion : « Le salut, donc, c’est le Dieu Trinitaire qui invite toute la création dans une communion d’amour avec lui. Apprenons à connaître le Père, le Fils et l’Esprit de manière intime, personnelle. Et que ce soit en famille, dans un groupe de maison, un autre groupe, le salut n’est pas un truc individuel. Recherchons toujours d’avantage cette dynamique, et cela à plusieurs, pour notre joie, et pour qu’elle déborde au-delà de nous, pour la gloire de Dieu ».

Apprenons donc à connaître le Dieu Trine, et, surtout, apprenons à le connaître en famille !

Ecouter ici la prédication http://corsiercorseaux.eerv.ch/rentrer-dans-la-dynamique-du-dieu-trinitaire-ephesiens-1-3-14-1-jean-1-1-4/   (+ « abolir les murs de la haine »)

En guise de prolongement, voir aussi, via la pensée de Dany-Robert Dufour (un auteur pourtant non chrétien), sur ce mystère central du christianisme, combien « la trinité loge dans notre langue » ! Analyse critique des conséquences de cette volonté de la pensée occidentale de réduire le ternaire au binaire dans ce « devoir philo » du journal québecquois « Le Devoir ».

Sur ce, bon Week-end !

 

 

Notes :

(1) « Jésus culture » est une communauté de “leaders de louange” et de musiciens, dont le but, depuis 1999, est « d’amener le corps de Christ à s’abandonner radicalement à un style de vie d’adoration motivé par un désir de voir Dieu recevoir la gloire qui Lui est due ». (Source : enseignemoi.com).

Vous pouvez découvrir un autre chant(« Break every chain ») de Kim Walker-Smith ici.

« Soyez mes imitateurs, comme je suis moi-même un imitateur »…(1 Cor.11v1)

"Droit d'auteur" : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

« Droit d’auteur » : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Télécharger illégalement, serait-ce « pécher inconsciemment » ? s’interroge Gilles Colin, titulaire d’un Master 2 de philosophie des sciences économiques, dans un billet pour Le Bon combat.
Ainsi, selon l’auteur, « qui vole un œuf vole un bœuf*, mais qui consomme un bien virtuel sans le payer, commet-il un méfait ? » Avec une liste de « 4 principes bibliques à considérer avant de consommer un bien non-gratuit sans le payer » : se soumettre aux autorités, rendre à chacun son dû, aimer son prochain comme soi-même et se concentrer sur l’essentiel (soulevant le principe de sobriété, à contre-courant de la société de consommation).

En contraste, voici deux autres articles intéressants et courageux. Leurs auteurs ont le mérite d’ouvrir (et d’élargir) le débat, en nous invitant à aborder les choses sous un autre angle-notamment la notion d’imitation dans la Bible, et la dimension communautaire.
Avec ces nombreuses questions : qu’est-ce que voler ?* Copier et imiter sont-ils synonymes ? Copier et imiter, est-ce voler ? Pour qui sont les lois ? Qu’est-ce qu’une loi juste, une loi injuste ? Comment le chrétien doit-il se positionner bibliquement à ce sujet, pour « rendre témoignage » de ce Dieu juste qu’il prétend servir ?

1) Le premier article est celui de Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin (Aix-en-Provence) : « Imiter consciemment, témoigner légalement », publié sur Le Bon Combat le 14 septembre 2015. Il est une réponse directe à celui de Gilles Colin, soulevant que la position de ce dernier (télécharger “sans payer” va à l’encontre de l’éthique chrétienne) est « problématique sur plusieurs points » :
« Rendre à chacun son dû », d’accord. « Mais quel est le “dû” du chanteur dont vous achetez le dernier album ? Lui devons-nous 10 000 euros, 20 000 euros ? Devons-nous le payer à vie pour une oeuvre qu’il a produite il y a peut-être trente ans ? Oui, tout travail mérite salaire. Mais aucun travail passé ne mérite un salaire éternel. »**
Yannick Imbert recommande, « d’un point de vue chrétien », de ne pas se « limiter à des réponses faciles ou à s’appuyer trop simplement sur quelques rares versets bibliques », mais de privilégier une vision biblique plus profonde, allant « jusqu’à regarder à la notion d’imitation dans la Bible ». S’il estime « important de respecter les lois », il est aussi important « d’aller plus loin, en appelant un changement de ces lois si elles ne sont pas justes »***. A ce titre, la seule question que se pose Yannick Imbert est celle-ci : « Les lois actuelles sont-elles bénéfiques pour tous les artistes et auteurs », ainsi qu’à « celui qui achète » ? C’est ainsi(en apportant une réponse biblique à de telles questions) que « nous serons aussi témoins véritables de Christ. C’est dans tous les domaines de la vie chrétienne que nous sommes appelés à être témoins de notre foi. Pas seulement lorsque nous “évangélisons” ».

Un article qui a suscité de nombreuses réactions et quelques incompréhensions. Quelle est la position exacte de Yannick Imbert ? Est-elle biblique ? Lui-même est-il « pour ou contre » le téléchargement illégal ? A lire sur http://leboncombat.fr/imiter-consciemment-temoigner-legalement/  ( et aussi sur http://leboncombat.fr/imitation-et-telechargement-une-reponse-aux-critiques/ )

2) Le second est « Voler et copier dans le contexte de la communauté » d’Olivier Keshavjee, théologien et « animateur vie paroissial » en Suisse.
Il est une autre réponse-pertinente et indirecte-à l’article de Gilles Colin :
« À l’ère d’Internet et de la copie facile, on entend souvent dire que « copier c’est voler ».
Rien n’est plus faux : Si tu me voles ma montre, il m’en reste 0 et tu en as 1. Si tu me copies ma montre, il m’en reste 1 et tu en as 1. « Copier n’est pas voler ».
Lorsque l’on discute de la légitimité ou non de copier un contenu informatique, il est généralement fait appel à la notion de « droit d’auteur ». L’idée véhiculée est que l’auteur a un droit sur le contenu qu’il produit. La perspective est largement individuelle (plutôt que communautaire), et centrée sur le droit (plutôt que sur le devoir). Si quelqu’un copie le contenu sans que l’auteur n’ait donné son accord, son droit a été bafoué comme s’il avait été victime d’un vol. C’est un acte amoral. Et si l’on abordait les choses sous un autre angle : « Voler et copier dans la communauté de l’Esprit » ? C’est ce que Paul fait lorsqu’il aborde la question du vol, dans son épître aux Éphésiens**** :
La question n’est donc pas: « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Autrement dit, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Puisqu’on en parle, l’écrivain napolitain Erri de Luca juge que « le droit d’auteur se fonde sur une présomption de primeur et d’originalité, et sur la curieuse prétention de croire qu’on peut décerner un brevet aux histoires »( « Droit d’auteur » in « Alzaia », p55-56)
Justement, faut-il contester, à l’instar de Yannick Imbert, la notion de « droit d’auteur », pour lui préférer-« de loin »- celle de « paternité intellectuelle » ?

« Le débat » est ouvert !

 

 

Notes :

* Concernant le vol, Erri de Luca, dans son « Et Il dit »(Gallimard)fait le commentaire suivant :
« Tu ne voleras pas« [surtout dans un contexte où, dans un camp dans le désert, la notion de « propriété » était peu pertinente]. Non, mais tu pourras entrer dans le champ de ton voisin et manger le fruit de ce qu’il a semé. Tu ne prendras avec toi ni panier ni hotte à remplir et à transporter, parce que ça, c’est voler, soustraire le bien d’autrui. Mais dans son champ tu pourras te nourrir et tu n’oublieras pas de remercier son labeur, son bien et la loi qui te permet d’entrer. Et à la saison des récoltes, le propriétaire laissera une dixième partie de son champ au profit des démunis. Et encore : quand les moissonneurs seront passés avec leurs faux, ils ne pourront passer une deuxième fois pour terminer. Ce qui reste revient au droit de grappiller.

Ainsi, tu ne voleras pas poussé par la nécessité et tu ne maudiras pas la terre qui te porte et le ciel qui passe au-dessus de toi. Et si tu travailles pour un salaire, le prix de ta peine te sera payé le jour même. Ainsi est-il dit à celui qui t’engage : « Dans sa journée, tu lui donneras son salaire et le soleil ne passera pas au-dessus de lui, car il est pauvre et vers ce salaire il lève sa respiration. » (Deutéronome, 24, 15). Celui qui retient chez lui la paie due à l’ouvrier qui a fait son travail est semblable au voleur, mais il opprime un pauvre, ce qui est pire […]. Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ».

(op cit, pp 79–80)

** On relèvera cet édifiant commentaire d’un internaute(« Claude R »)  : « Comme l’expliquerait l’économiste Charles Gave, le marché-libre possède la vertu(sic) de s’auto-réguler, tandis que l’intervention autoritaire de l’Etat décourage les initiatives et les prises de risque(re-sic)……Que je sache, la Bible ne pose pas de limite au montant atteint par un compte en banque ; c’est Marx qui a demandé que le salaire soit proportionnel au travail, pas Dieu. Par contre, Dieu s’est exprimé sur la manière dont on dépense l’argent, ou sur celle dont on ne le dépense pas, parce qu’on l’aime. »

Sauf que si : un roi d’Israël, par exemple, ne devait pas avoir certaines choses « en trop » : de l’or, des chevaux et des femmes (Deut.17v16-17).
Autre exemple, la distribution de la manne en Exode 16 : Dieu donne une juste mesure(« un omer par tête »), et chacun a pu ramasser proportionnellement à ses besoins, ni trop, ni peu(Ex.16v16-18 et ss). Voir 1 Tim.6v9-10
***« L’injustice résulte de l’inadéquation de la fin de la loi par rapport au bien de la cité qu’elle est censée servir, ou alors de l’inadéquation des moyens par rapport à la fin juste poursuivie ».
(http://www.objectiondelaconscience.org/faut-il-obeir-aux-lois-injustes/ . Voir aussi http://www.contrepoints.org/2014/03/29/161154-faut-il-obeir-aux-lois-injustes )

Pour Saint Thomas d’Aquin, une loi injuste ne mérite pas d’être appelée loi.

A lire, encore, cet article du juriste-blogueur Eolas : « La sagesse des anciens », dans lequel nous sommes invités à méditer deux textes « qui ne datent pas d’hier », et « desquels le législateur contemporain, qui se croit sûrement meilleur que celui d’hier, devrait s’inspirer » :
http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/02/02/1304-c-est-pas-moi-qui-le-dis
**** Enfin, à propos d’ « imitation », il importe aussi de se garder des « fausses imitations », soit, de ce qui est « frelaté », avec un risque pour la santé (ici, spirituelle) publique.

Foireux liens(6) : « pour quoi faire ? » ou « Est-ce un bien ? »

 

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Une foire aux liens pour questionner l’usage : des pratiques, des « progrès », des mots…

« Le progrès fait rage », avait coutume de dire un célèbre chroniqueur radio !Voici une sélection de ce qui nous est présenté comme un « progrès » ou une « avancée », sous prétexte que ce serait « plus pratique », voire « plus utile ». De telles affirmations ne nous dispensent heureusement pas de nous questionner à ce sujet. A noter enfin que la réflexion nécessaire sur « l’usage » touche aussi aux mots, auxquels il est aussi vital de redonner le juste poids.

 
1) »Ecrire à la main n’est plus utile », juge-t-on en Finlande.

Je l’ai appris hier soir : dès 2016, et ce, bien après les Etats-Unis, les enfants finlandais n’apprendront plus à écrire à la main, mais sur un clavier. Une « compétence » (on ne parle déjà plus de « savoir »-qui se transmet)jugée plus « utile » par l’Office national de l’Education., révèle un blog de la BBC qui reprend l’article d’un journal finlandais.

Et ailleurs-en Allemagne ou en Belgique ? http://www.ufapec.be/nos-analyses/2813-apprentissage-ecriture-sur-ordi/ ; http://www.lalibre.be/debats/ripostes/l-apprentissage-de-l-ecriture-cursive-est-il-revolu-51c980923570b73efa89f0f5 ; http://www.lesoir.be/299198/article/studeo/2013-08-14/abandonner-l-ecriture-cursive-pour-clavier-un-debat-irreel

Est-ce une bonne ou mauvaise idée ? Et en France, c’est possible ?
Ce qu’en pense le linguiste Alain Bentolila.

 

2)« ONU: Les enfants ont droit au sexe, à la drogue et à l’avortement » : une information relayée notamment par le CPDH, encore bien peu commentée(à part peut-être ici) et que l’on peut lire sur c-fam.org : « La terre compte aujourd’hui une jeunesse plus nombreuse que jamais. D’après le dernier rapport du Fonds de l’Onu pour la Population (UNFPA), c’est le moment ou jamais de faire des progrès sans précédent, mais cela requiert que les futures générations soient moins nombreuses. Les instructions de l’ UNFPA visent à ce que le « dividende démographique » garantisse un libre accès à l’avortement aux adolescents, l’abrogation de l’âge minimal de consentement aux relations sexuelles, et l’affaiblissement du rôle des parents dans la formation sexuelle de leurs enfants ».
La principale préoccupation de l’UNFPA est donc de mettre un frein à la croissance démographique. Et si l’on se trompait de cible ? Et si la vraie question était liée au partage des ressources et non à la diminution de la population ? Cette offensive « malthusienne » n’est toutefois pas neuve. Déjà, en 2009

 

"Quand le système repose sur notre envie d'acheter" Ou "Adoracion Capital" (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

« Quand le système repose sur notre envie d’acheter »
Ou « Adoracion Capital » (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

3) Grenoble, première ville française sans publicité ? Une expérience qui s’attire les foudres de Jacques Séguéla qui a déclaré : « C’est criminel(…)Si vous abaissez l’envie d’acheter, vous courez directement vers la fin du système(…)Ce n’est pas parce que les banques ont fait sauter le système qu’il faut s’en prendre à l’affichage(…)Méfions-nous des castrateurs d’imaginaire ! C’est le début de toute dictature. » Où l’on apprend, en vrac, que(comme le commente le journaliste Patrice de Plunkett) : notre « imaginaire » dépend de la pub ; tout recul de la pub est une avancée de « la dictature » ; « le système » repose sur notre « envie d’acheter ».

 

4) Le transhumanisme est-il un « humanisme » ? Oeuvre-t-il pour « le bien de l’humanité » ?
Nous en avons déjà parlé ici, sur notre blogue.
Pour rappel, les transhumanistes se sont réunis à Paris, les 20, 21 et 22 novembre derniers, dans le but de réfléchir aux multiples façons (via les progrès technologiques) d’atteindre « l’homme augmenté ». L’occasion de prendre du recul à ce propos et de réfléchir, outre à leur influence actuelle, aux conséquences éthiques, spirituelles et morales d’un tel mouvement de pensée : lire  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/11/14/face-a-l-offensive-du-transhumanisme-5489852.html et http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/20/31003-20141120ARTFIG00268-le-transhumanisme-n-est-pas-un-humanisme.php . Ce dernier article, découvert via la dernière « foire aux liens » de « Notre Eglise point com », me paraît toucher juste : « certains préfèrent évoquer l’espoir de technologies intelligentes utilisées dans l’intérêt de l’homme, de manière bienveillante. Mais tout ce qu’il sera donné à l’homme de faire, il le fera. L’histoire nous a par trop de fois montré combien l’homme ivre de liberté en oublie sa conscience…».

D’autres réflexions sur « l’usage » : donner du poids(le juste poids), cela va aussi pour les mots.

5) Un numéro de Libération(découvert grâce à cette note de Patrice de Plunkett éditée sur son blogue) consacre une double page à Erri de Luca, 64 ans, écrivain napolitain polyglotte, bibliste hébraïsant (neuf essais ou traductions) et militant écologiste… ce passionné de la Bible, qui se présente comme quelqu’un « qui ne croît pas », pourrait faire honte à certains croyants qui la négligent ou nient qu’elle est « la Parole de Dieu ». L’entretien tourne autour des questions bibliques, et notamment des problèmes (ardus) de traduction de l’hébreu. Lire ici : http://www.liberation.fr/societe/2014/11/07/j-aime-toucher-la-langue-originelle_1138745
6) « Les mots ont un poids, un sens et une histoire. Quand on les utilise sans réfléchir à leur contenu ou à leur passé, on s’englue dans les préjugés », écrivait il y a quelques années la journaliste et écrivain Jacqueline Rémy. Une remarque qui revient en mémoire de Joseph Gynt(co-fondateur des « Cahiers libres »), au regard des derniers débats agricolo-environnementaux. A lire ici : http://cahierslibres.fr/2014/11/edito-grand-mal-mots/

7) Et quand les mots sont des nombres : une exégèse d’Ezech.47 par Pneumatis, en lien avec Jean : http://www.pneumatis.net/2014/11/mais-le-temple-dont-il-parlait-cetait-son-corps/

8)« Doxa » :
Un mot grec employé par Parménide et surtout Platon pour désigner l’opinion, les idées reçues que la pensée rationnelle devait combattre, puis concept sociologique que Pierre Bourdieu, notamment, a développé pour caractériser l’opinion publique, ses interprètes (les doxosophes), ainsi qu’un type de perception du monde constitué par l’évidence des choses (le rapport doxique). Un mot guère connu, du moins jusqu’à ce que politiques, polémistes et « débatteurs » s’en emparent, discutant(ou remettant en cause) les conclusions de scientifiques et d’historiens.
A lire, sur le sujet, un excellent billet d’Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université de Paris Ouest Nanterre et directeur de l’Observatoire des sondages, qui a le mérite de réactualiser ces propos de Thucydide : « En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables, on changea le sens ordinaire des mots » (La guerre du Péloponnèse, CXXXII, III). Un phénomène observé par l’historien pendant la guerre du Péloponnèse (430-404 AC) « quand les Athéniens désemparés par la prolongation du conflit perdaient le sens des mots. Comme hier, la longue crise d’aujourd’hui fait perdre la faculté de juger ».

9) Repérer et décrypter, au-delà du vernis, les mots « qui tuent » : c’est la mission d’un site « qui repère les dérives racistes et antisémites des cadres du Front national » : « Un site internet mis en ligne le 10 novembre, Lentente.net, se propose « d’observer le Front national (FN) » et de traquer les dérives de tous les cadres ou futurs candidats du parti, alors que le FN organise son congrès les 29 et 30 novembre 2014 à Lyon. Depuis que Marine Le Pen, en succédant à son père, a pris la tête du parti et s’est attelée à le « normaliser », et après la victoire aux municipales d’élus d’extrême droite dans une dizaine de communes, une nouvelle forme d’opposition au FN voit le jour », peut-on apprendre sur Fait religieux. Comme le déclarent les animateurs du site dans une courte présentation, « la présence du Front national n’est pas la première raison de la faiblesse du débat d’idées dans l’espace médiatique : mais elle occupe trop les pensées et les discours politiques ».

Et on terminera par là :

10) Focus sur une nouvelle pratique : la curation

Ce terme vient de l’ancien français « curation » qui désigne le traitement d’une maladie. La maladie qui nous intéresse ici est « l’infobésité »(ou « surcharge informationnelle », dans le sens que « trop d’information, tue l’information »). La curation peut alors être considérée comme « un remède ». Ou, selon le blogueur « Zeboute », consultant en sciences de l’information et de la communication, « une alternative intéressante, puisqu’elle permet continuellement de « recycler » ou « dépoussiérer » la connaissance. Pas des éléments de « buzz », mais des vieux articles, des liens url surannés qui nous relient dans la webosphère sur ce qu’il y a de plus précieux : l’intelligence humaine ».
La curation provient également de l’anglais « curator » qui désigne tout type de gardien d’un héritage culturel (conservateur de musée, bibliothécaire, etc.) chargé de prendre soin des œuvres dont il a la charge, de les rassembler et de les organiser pour mieux les diffuser au public.
Pour « Zeboute », encore, « le bon curator » doit donc donner du sens au contenu qu’il diffuse. Comme le bibliothécaire qui conseille le lecteur.
A condition de ne pas contribuer à « l’infobésité » en relayant une information qui existe déjà, ou déjà relayée par d’autres, et de respecter le droit d’auteur.

Appliqué à l’Internet, la curation consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus jugés comme étant les plus pertinents du web, pour une requête ou un sujet donné.
Mais qui va sélectionner l’information ? Sur quels critères ? Dans quel but ? Quel est son intérêt ? Réponse dans cet autre billet de « Zeboute », qui nous propose un « Focus sur cette nouvelle pratique de la curation » des chaînes d’info en continu, « en temps réel » et « au plus vite ». Une pratique « dont la valeur ajoutée pour l’organe médiatique est faible, puisqu’il suffit de « copier/coller » les dépêches AFP. Une tâche ingrate dévolue à un stagiaire. Qui ne mange pas le midi, car à midi, l’info ne s’arrête pas ».
Une dénonciation de l’usage général réservé aux stagiaires, et « d’un journalisme trop concentré sur l’instantanéité de l’information, plutôt que producteur de sens ».

 
11)Connaissez-vous les « non-conférences » ?
À la recherche d’une méthodologie pour animer des discussions théologiques dans sa paroisse, qui soit aisée à organiser, si possible sans préparation, bienfaisante pour la réflexion individuelle et communautaire, conviviale, Olivier Keshavjee s’est souvenu « des non-conférences (unconference), un concept de conférence particulièrement intéressant ». Il nous invite à le découvrir ici , tout en exprimant son « envie de vivre des cultes sur ce modèle ». Néanmoins, comme il l’explique lui-même, ce modèle n’a rien de neuf, puisqu’ « inventé par une Madame L’Esprit, et théorisé par Monsieur De Tarse, dans une lettre Aux Corinthiens, tome 1, ch. 14, v. 26) ».

Foire aux médias(3) : blogues et sites

Suite de notre « Foire aux médias »(mais non « foireux médias ») poursuivie et -avec les blogues chrétiens.
Un blogue personnel, selon Henrik Lindell, « sert fondamentalement à promouvoir l’intelligence de son auteur propriétaire ». Il doit « stimuler et énerver les gens. Il doit aussi susciter la réflexion, quitte à bousculer les idées reçues de ses visiteurs. Ces derniers doivent pouvoir commenter les articles ». Et, je dirai même plus, il doit permettre une certaine interactivité avec ses lecteurs, dans un esprit de respect mutuel et de réciprocité.

Voici des blogues qui correspondent à peu près à ces critères. Nous les divisons en « Proto- » et « Catho- » sphères !

« La protosphère » ou blogosphère protestante évangélique :

Sébastien Fath. Le « weblog citoyen » d’un chercheur au CNRS, historien et sociologue dans le domaine des religions. Sébastien Fath est spécialisé dans l’étude sur le protestantisme évangélique, dont il est lui-même issu : son blogue constitue à lui seul une source intéressante en cette matière. Mais l’on trouve aussi des réflexions ou des « coups de gueule »-que nous ne partageons pas toujours ou que nous ne trouvons personnellement pas toujours très convaincants-sur des sujets de société, de la politique et plein d’autres encore.

Construire une éthique sociale chrétienne. A la base, « le blogue perso » d’Alain Ledain, un ami et un des fondateurs de l’association Actes 6(une mine au service des associations loi 1901 ou 1905 :  assistance dans la gestion administrative et financière ; outils, formations et logiciels),  qui s’intéresse à l’éthique sociale chrétienne. Le titre du blogue( « construire une éthique sociale chrétienne »), particulièrement éloquent, est à découvrir pour son approche des questions sociales, dans laquelle nous nous retrouvons. A noter que depuis quelques années, le blogue s’est « dépersonnalisé » et ouvert à d’autres auteurs. Parallèlement, avec Eric Lemaître, Alain Ledain a également réuni un groupe de chrétiens de différentes confessions, partageant les mêmes pensées sur l’éthique sociale et désireux de travailler ensemble. L’objectif de ces « Eveilleurs » est de « défendre une éthique sociale chrétienne, de travailler à un éveil des consciences et de lutter contre toutes les formes d’exclusion sans cette détestation de l’homme et de sa vulnérabilité ».

Déconstruction de l’Homme ou « critique du système technicien », quand d’autres seraient plutôt « technolâtres » : le blogue d’Eric Lemaître, socio-économiste spécialisé dans les questions éthiques, inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café. Il se fait fort de nous alerter et de nous sensibiliser aux changements en cours, de nature à « déconstruire l’Homme », qu’il s’agisse du transhumanisme, du numérique, de l’économie virtuelle, du consumérisme, de l’eugénisme…L’intérêt de l’approche de l’Eric est de nous montrer à quel point « tout est lié ». Voir également notre interview de ce dernier.

Elle croit : Un excellent blogue, autant dans son esprit que dans son contenu, pensé par des femmes et « pour des femmes qui croient en Jésus-Christ et qui veulent croître en Lui et pour Lui ». Pour toutes les femmes chrétiennes-mariées, célibataires, mères seules ou mariées à un non-encore-chrétien… jeunes converties ou aînées dans la foi, adolescentes ou femmes plus mûres…. Nous en avons parlé ici.

Notre église point com  :  un blogue-ressource chrétien, jadis« pour étrangers et voyageurs », dont nous avions déjà parodié la « La foire aux liens » hebdomadaire. Ce qui était au départ le blogue personnel de Stéphane Kapitaniuk est devenu, depuis, une grosse entreprise collective qui a pour nouveau nom « Tout Pour Sa Gloire ».

Génération Hillsong Nutella : Un étonnant blogue évangélique, dont nous avons déjà parlé, qui ne ressemble à aucun autre, et qui se distingue par son mystère, son originalité, son humour, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, par sa générosité, à mille lieux du cynisme et du fatalisme ambiants : car  GHN ne « cherche rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce que son auteure a reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Le sous-titre « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire » fait d’ailleurs écho à cet essentiel, faisant l’essence du blogue.

Theologeek : l’excellent blogue personnel d’Olivier Keshavjee, théologien et fils(sauf erreur)de Shafique Keshavjee. Où l’on parle de théologie, philosophie des sciences, libertés digitales et autres geekeries… « avec l’art de poser des questions qui dérangent de manière intelligente« , comme l’a déjà dit quelqu’un d’autre avant moi.

Le Bon Combat : un blogue « réformé d’un point de vue théologique et baptiste d’un point de vue ecclésiologique ». Animé notamment par Pascal Denault et Guillaume Bourin(le fondateur).

Phileo-sophia : l’édifiant blogue d’Etienne Omnès, qui a pour seule mission d' »aider au maintien et à la prospérité d’une sagesse chrétienne », sous les deux angles suivants : 1)  « Aborder les questions culturelles et d’actualité sous un point de vue chrétien évangélique » et 2) »Vulgariser et présenter la sagesse des pères de l’église et des médiévaux, en complément de la pensée protestante classique, afin de nous enraciner davantage dans le christianisme de nos pères, et survivre un jour de plus que les vents hostiles de notre époque ».

Plumes chrétiennes : « l’incubateur audacieux des auteurs chrétiens ». Un blogue collectif d’auteurs et de poètes chrétiens qui souhaitent faire découvrir leurs propres créations et trouvailles littéraires (« romans à suivre », nouvelles, poèmes…), ainsi que leurs réflexions autour de la littérature. Si vous aimez écrire, ils sont preneurs !

Point théo : un autre blogue tout aussi édifiant, dont j’apprécie l’esprit, qui a pour objectif d’encourager et nourrir la réflexion biblique et théologique sur internet, de sorte que le lecteur puisse grandir dans la connaissance du Christ et être équipé en vue du service.

Autres sites protestants évangéliques

CPDH : Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine
Fondé par Daniel Rivaud en 1999(il succède à « sentinelle » créé en 1997), il regroupe des chrétiens issus de toute la mouvance protestante en France et en Europe, et se veut le promoteur d’une réflexion protestante au débat éthique : respect de la dignité humaine, la défense et la protection des droits de l’enfant, de la femme, et de l’homme d’une manière générale, la protection du droit à la vie de tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Le CPDH opère un travail de sensibilisation (des églises et des chrétiens à leur rôle dans la société), de veille et de diffusion de l’information sur internet : « anticiper sur l’actualité », et « coller à l’actualité », de sorte à faire entendre un point de vue protestant évangélique sur ces sujets. À cela s’ajoutent : le « CPDH Actualités », revue de presse mensuelle à laquelle on peut s’abonner et que l’on peut recevoir par courrier ou par e-mail ; et son journal Informations, Prières et Actions(IPA). Une démarche et une action, « non de manière dogmatique, mais dans un rôle d’interpellation et de proposition ; non pour juger ou condamner, mais pour avertir, dans une démarche alliant vérité et compassion. »
A suivre, en parallèle de l’approche de « Construire une éthique chrétienne », évoquée ci-dessus.

Christnet : Officiellement lancé en octobre 2000, Christnet est un forum chrétien suisse visant à apporter une réflexion critique sur des sujets touchant aux domaines du social, de l’économie, de l’environnement, de la culture et du développement. Son objectif est de rassembler, de faire discuter et (inter)agir des chrétiens intéressés et préoccupés par des questions d’ordre social et écologique. Quatre forums sont organisés chaque année sur des thèmes très divers tels que l’écologie, la finance, la politique nationale et internationale, le genre, les alternatives économiques.  Voir aussi :  http://www.christnet.ch/sites/default/files/Regard_chretien_mondialisation.pdf

Samizdat : site francophone(québecquois) évangélique de Paul Gosselin, titulaire d’une maîtrise en anthropologie sociale. Après avoir vécu en Nouvelle Ecosse, en Californie et sur l’île de Vancouver, il s’est installé au Québec. Créé en 1999, Samizdat a pour buts « de servir la communauté évangélique francophone internationale et d’informer le chrétien ainsi que le non-chrétien sur une grande diversité de sujets tout en maintenant l’intégrité de la vision du monde judéo-chrétienne » : outre la théologie, les arts, la musique, la littérature, les sciences(naturelles, humaines), « les origines »…On y fait la promotion d’artistes et littéraires évangéliques francophones, sans oublier de mettre en ligne des textes qui représentent une bonne diversité des positions que l’on peut rencontrer chez les évangéliques. Un regard évangélique pluridisciplinaire.

TGC – Evangile 21 :   Evangile 21, la version française de la Gospel Coalition, un blogue et un site, a pour but de « promouvoir la centralité de l’évangile dans la vie, l’église et le ministère pour les générations futures ». Au menu(alléchant) : Bible, culture, théologie, histoire de l’Église. On peut également y découvrir  « Le Dieu qui se dévoile », guide quotidien commenté par Don Carson pour découvrir la Bible en une année, ainsi que le Catéchisme de Heidelberg, chaque dimanche.

Visio Mundus : un blogue original, consacré à « l’apologétique culturelle ». Fondé et animé par deux théologiens réformés : Yannick Imbert et Vincent M.T.. Une démarche actuellement plutôt rare, à souligner et à suivre.

 

« Cathosphère » ou « Blogosphère catholique » :

Eglises & Ecologies(E&E), Actualité de la prise de conscience écologique chrétienne : un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.
L’auteur de ce blog est Dominique Lang, prêtre assomptionniste, scientifique de formation et journaliste (La Croix et actuellement Pèlerin). Il a participé au lancement de la revue « Les Cahiers de Saint Lambert » et collabore aussi – de temps en temps- à la revue Projet.

En chemin vers Ecbatane : soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… ». Un éternel sujet si essentiel, mais traité sous un angle original. A l’instar de GHN, un étonnant blogue qui allie la qualité du fond à la qualité de la forme : c’est suffisamment rare pour être signalé. Edifiant et conforme à l’esprit « évangélique ».

Thomas More (droit, politique et société) : Placé sous le patronage de saint Thomas More, patron des responsables politiques, ce blogue(à ne pas confondre avec le « think thank » libéral éponyme) d’un juriste analyse « des questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne ». Nous aimons l’ indépendance et la relative honnêteté intellectuelle de celui qui ne croit pas « à la neutralité et à l’objectivité, seulement à l’honnêteté, et qui reconnaît « pouvoir se tromper mais ne pas chercher à tromper »

Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

Pneumatis : un intéressant blogue d’exégèse, de l’association éponyme, qui « entend promouvoir les études bibliques en faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».

La plume d’Aliocha, « chroniques journalistiques » : une plume(et non un clavier), mais une plume bien affutée. Celle qui a choisit son pseudo en référence à Aliocha Karamazov[personnage des « Frères Karamazov », de Dostoïevski] parle sur son blogue de journalisme : au sens large ou économique, juridique ou technique. Diplômée d’un 3ème cycle de droit de l’université de Paris II Panthéon Assas, l’auteure a exercé « trois ans en cabinet d’avocat avant de devenir journaliste en 1995 par les hasards de la vie ». Le journalisme est son métier, mais aussi surtout sa passion.

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. Parce que ça existe. Et qui n’oublie pas de s’émerveiller et de rendre grâce à son créateur.

Les Cahiers libres : ouverts depuis le 4 octobre 2013 mais au rythme malheureusement quelque peu ralenti depuis l’été 2016, « les Cahiers » sont une excellente jeune publication catholique, plein de « pep’s », à l’origine animée par six rédacteurs, aidés de contributeurs occasionnels ou réguliers(dont Pep’s Café ! ). Comme me l’a expliqué Benoît, l’un des fondateurs, « Les Cahiers sont nés 1)d’un constat d’un besoin de faire entendre une voix différente au sein de la blogosphère catholique et 2)d’une volonté de mutualiser les forces de quelques blogueurs pour créer un lieu de dialogue, de débat et de réflexion sur le web. Dans l’esprit des « Cahiers de la quinzaine » de Charles Péguy, l’objectif est à la fois de jouer le jeu médiatique tout en cherchant à y introduire « une crise », « une ouverture », « une brèche pour la pensée ». Les « Cahiers » se distinguent également par le ton(« ne pas utiliser les méthodes du monde, toujours rester dans la charité »), la diversité des sujets(actu politique, internationale ; dignité de la vie ; solidarité ; philo; théologie; spiritualité; art ; économie…), le désir d’ouvrir l’horizon du web chrétien en ne parlant pas que « des sujets qui font buzz », et le choix de privilégier des articles de fond (donc long) permettant une formation biblique, philosophique, théologique, des jeunes chrétiens ».

(Pour en savoir plus sur la blogosphère catholique, voir également ici)

 

Suite et fin du dossier, avec, prochainement, une certaine « presse pas pareil »(non chrétienne).

Jésus-Christ a le pouvoir de transformer ta vie : Jean 7v11-17

Note : ce sujet(dont le billet sur le « hesed » est une introduction) a été proposé à des enfants/préados(10-16 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. Il s’inspire des pages 86 à 95 du « Royaume équilibré de Dieu », de Richard Borgman, dont nous avons déjà parlé ailleurs.

Jésus-Christ a le pouvoir de changer ta vie.
Quel est ce pouvoir ? Ou plutôt, face à une situation apparemment sans espoir et sans issue, comment réagit Jésus ?

Lire le passage de Luc 7v11-17 :

« Jésus se rendit ensuite dans une localité appelée Naïn  ; ses disciples et une grande foule l’accompagnaient. Au moment où il approchait de la porte de cette localité, on menait un mort au cimetière : c’était le fils unique d’une veuve. Un grand nombre d’habitants de l’endroit se trouvaient avec elle. Quand le Seigneur la vit, il fut ému de compassion envers elle et lui dit : « Ne pleure pas ! » Puis il s’avança et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent. Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Le mort se dressa et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète est apparu parmi nous ! » et aussi : « Dieu est venu secourir son peuple ! » Et dans toute la Judée et ses environs on apprit ce que Jésus avait fait ».

Puis, si vous disposez d’une grande pièce ou d’un grand espace, au dehors(si le temps le permet), faites jouer la scène relatée dans ce passage. Le moniteur donne les détails de mise en scène suivants :

Représentons-nous la scène comme si elle se passait sous nos yeux, aujourd’hui. Cette scène est une histoire vraie, même si elle s’est passée il y a 2000 ans.

Imaginez….deux foules.

– L’une avec Jésus et ses disciples. Tous se dirigent vers les portes de la ville.
Imaginez comment est la foule qui entoure Jésus ? (Diverse, variée-avec des collecteurs d’impôts, des prostitués, des anciens aveugles ou boiteux…).
Quelle est l’humeur de cette foule ? (Sans doute d’humeur gaie/joyeuse/enthousiaste : que va-t-il se passer de nouveau avec Jésus, ce maître formidable et « anticonformiste », que les chefs religieux n’aiment pas ?)
Où sont les disciples dans cette foule ? Que pourraient-ils faire, penser, dire ?… (ils ouvrent la route, discutent entre eux pour savoir comment nourrir cette foule..)

Où est Jésus ?

-Une autre foule arrive dans l’autre sens. Imaginez l’ambiance, d’après le récit de Luc plus haut.
Sombre, triste, désespérée, affligée…on entend les pleurs et lamentations des femmes….tous se rendent au cimetière, lentement, silencieusement, pour enterrer un mort : le fils unique d’une veuve. Imaginez les émotions et les interrogations de la veuve : que lui reste-t-il à faire, à présent ?

Les deux foules se rencontrent ou se croisent, à la porte de la ville.
Qui remarque la foule qui conduit le mort au cimetière ?
Les disciples ? Les gens qui accompagnent Jésus ?….Et vous-mêmes, qui êtes témoins, en lisant ce récit ? D’ailleurs, où êtes-vous, dans ce récit ? Qu’éprouvez-vous maintenant ? Que faites-vous ?

Qui voit ? Qui agit ?
Jésus ! Il est là, au milieu de ces deux foules. Vous l’aviez oublié ?

Que fait-il d’abord ?
Il voit la veuve qui pleure.
Il est indifférent ? Il continue sa route ?
Non, il est « ému de compassion » pour elle. Le terme grec employé dans ce texte est très expressif : il signifie littéralement, « splanchnizomai »(prononcer « splangkh-nid’-zom-ahee ») c’est à dire » être ému », « remué jusque dans ses entrailles ». Le spectacle que Jésus a sous les yeux « déchire littéralement » et le remue jusqu’au tréfonds de son être. Toute sa personne refléte cette émotion. Il est très touché par ce qui se passe. Il voit, il écoute, il entend, il réagit aux pleurs déchirants de cette femme dans le deuil et désespérée, qui a tout perdu(son mari d’abord, puis son unique fils. Elle n’a plus personne d’autre, plus aucun parent, pour la soutenir).

Etre ému de compassion n’est pas de la sympathie. La sympathie est à la compassion ce que le remords est au repentir.
La sympathie est certes une bonne émotion. Peut-être que les disciples ont manifesté de la sympathie envers la veuve-peut-être lui ont-ils donné une aide pour payer les obsèques.

Mais Jésus est le seul dans cette scène dont on nous dit qu’il a été « ému de compassion ». La compassion va plus loin que la sympathie.

Jusqu’où ? Jusque dans l’amour agapé, cet amour jusqu’au sacrifice, dont parle Jean 3v16 : voilà l’amour que Dieu a eu pour l’humanité(« le monde »), vous, moi…

Et Dieu aime particulièrement les veuves et les orphelins, car Il est le Dieu des veuves, des orphelins…(Deut.10v17-18, Ps.68v6)

La compassion n’entretient pas une attitude fataliste, résignée(« ça me fiche le moral à zéro, mais je n’y peux rien. Personne n’y peut rien de toute façon… »). Mais elle pousse à l’action.

Que fait donc Jésus, « ému de compassion » ?

Jésus parle à la veuve, il communique avec elle : : « Ne pleure pas ! »(v13). Note : On peut communiquer avec ou sans mots. Avec beaucoup ou peu de mots. Mais plus de la moitié des messages passent par le langage du corps et le ton, les silences, les hésitations…

Combien de mots Jésus prononce-t-il ?
Que communique-t-il à travers ses mots ? Dans quelle situation ?

Quels effets ont eu ses paroles ?

D’abord, Tout le monde s’arrête. Imaginez : Jésus parle et tout le monde s’arrête.
Pourquoi ?
Car Jésus communique quelque chose de puissant, à travers cette parole : une parole de vie, motivée par la compassion, dans une situation de mort, de désespoir et dite avec autorité.
Jésus parle et « le monde s’arrête ». La création attend son créateur…faire quoi ? Transformer une vie, faire passer quelqu’un en décomposition de la mort à la vie (cf Gen.1v1 ; Hébreux 1v2)

Jésus « s’avança et toucha le cercueil* ; les porteurs s’arrêtèrent ». Jésus parle à nouveau. Il parle cette fois-ci au jeune homme mort et « dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Le mort se dressa et se mit à parler ». La voix de Jésus, « la Parole », a le pouvoir de réveiller les morts.

« Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète est apparu parmi nous ! » et aussi : « Dieu est venu secourir son peuple ! »  Et dans toute la Judée et ses environs on apprit ce que Jésus avait fait ».

Observez le changement de situation ! C’est ce qui arrive quand Jésus arrive quelque part ou dans une vie. La vôtre, ou la mienne, par exemple.
Mais l’important n’est pas tant dans le côté spectaculaire : que ce soit la résurrection d’un mort, la délivrance d’un possédé, d’un miracle du type la multiplication des pains, de la nouvelle naissance(2 Cor.5v17), ou tout simplement,

l’espérance là où régnait le désespoir, la foi là où régnait la crainte ou le doute, l’amour là où régnait la haine, la lumière là où régnait les ténèbres…la puissance, la transformation résulte d’une rencontre personnelle avec Jésus-Christ.

Cette « Puissance » de Jésus de guérison et de transformation, qui transforme les vies, découle de l’union entre « Compassion » et « Communication »(l’affirmation et la proclamation d’une parole de vie). Ce que Richard Borgman appelle « CCP »(op. cit., p94), ou que l’on peut appeler « PPP »(Présence, Parole, Puissance) pour le « theologeek » Olivier Keshavjee, ou encore John Stott(Présence, Prédication et Persuasion)
Jésus est ému de compassion face à la détresse, la mort…Il s’arrête et communique la vie(la vie de Dieu, la vie éternelle-Jésus est « la vie », « le Dieu véritable et la vie éternelle ». « La vie éternelle » c’est le connaître personnellement**). La puissance est libérée pour changer la situation et transformer les vies.

Le moteur : la compassion. Jésus reproche souvent aux pharisiens ou à ses disciples d’en manquer. Et nous-mêmes ? Que communiquons-nous, lorsque nous proclamons ou affirmons la Parole de Dieu et l’Evangile ?

« Ainsi, désirez les dons les plus importants.
Mais je vais vous montrer maintenant le chemin qui est supérieur à tout. Supposons que je parle les langues des hommes et même celles des anges : si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien de plus qu’un métal qui résonne ou qu’une cymbale bruyante.  Je pourrais transmettre des messages reçus de Dieu, posséder toute la connaissance et comprendre tous les mystères, je pourrais avoir la foi capable de déplacer des montagnes, si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien. Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes , si je n’ai pas d’amour, cela ne me sert à rien ».(1 Cor.12v31-13v1-3)

Autres exemples dans les évangiles : Matt.9v36-10v1 ; Luc 9v11 ; Jean 11v1-46….

« Seigneur, fais de nous… »(un chant de Noël colombier – d’après St François d’Assise)***

Notes :
* Alors que le contact avec un mort rend normalement impur, selon la loi. Cf Lévitique 21 ou Nombres 19v11 et ss

** Jean 14v6 ; 1 Jean 5v20-21 ; Jean 17v3

*** Si quelqu’un connaît une version plus « pep’s » de ce chant, je suis preneur…