« Mission (im)possible » pour Jonas : lecture suivie (2)

L’Evangile : pas un devoir, mais une bonne nouvelle à annoncer, qui exige une réponse immédiate !

Suite et fin de la lecture suivie du prophète Jonas, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. 

JONAS 3 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une deuxième fois : C’est en quelque sorte une seconde chance pour le prophète (v.1). E. Stegen raconte l’histoire d’un prédicateur qui avait à coeur de prêcher trois fois le même message lors d’une tournée. Mais il était accompagné par un pasteur qui ne connaissait pas le Réveil. Après un temps d’hésitation, l’homme de Dieu décida de donner ce message trois fois de suite. Sur la route du retour, le pasteur lui dit : Heureusement que tu as donné le même message trois fois car c’est au troisième que j’ai vraiment compris ce que Dieu voulait me dire !

–    « Lève-toi, va à Ninive et fais-y la proclamation que je t’ordonne » : Dieu ne se lasse pas de me répéter Sa pensée. Il insiste auprès de Jonas pour que Ninive reçoive le Salut. Et Jonas doit apprendre de son erreur, maintenant il doit faire exactement ce que Dieu veut (c’est un ordre !). Ma question : Est-ce que je désire apprendre à faire la volonté de mon Dieu ? (v.2).

JONAS 3 : 3-10

–    Jonas se leva et alla à Ninive, conformément à la parole de l’Éternel : On peut se dire que c’est un peu tard, mais le proverbe populaire dit « Mieux vaut tard que jamais ! » … Si je suis capable, après m’être détourné du Seigneur, de revenir à Lui et de me conformer à Sa Parole, alors je peux prétendre vivre selon le standard de ce prophète (v.3a).

–    Or Ninive était une immense ville : Le tour de la partie fortifiée de la ville faisait 12 km. Il fallait trois jours de marche pour faire le tour de la cité, ce qui fait un peu plus de 50 km à parcourir … (Archeo, BS21, Guide Biblique, Dictionnaire Culturel de la Bible …). McArthur parle de 100 km de circonférence !

–    Jonas fit d’abord dans la ville une journée de marche : Pour approcher le coeur de l’homme, Dieu utilise différentes méthodes. L’approche de Jonas est intéressante, il se fait voir par le peuple, il le voit, et proclame un message tout simple, mais très provocateur : « Dans 40 jours, Ninive sera détruite » (v.4). C’est important de chercher la pensée de Dieu pour savoir comment approcher nos contemporains.

–    Les habitants de Ninive crurent à Dieu : Honnêtement, au premier regard, je me dis qu’il manque quelque chose au message de Jonas … Pourtant, il est conforme à l’ordre de Dieu. Moi, j’aurais prêché la personne de Dieu, Son plan d’amour pour les païens, la repentance … mais le prophète annonce un JUGEMENT IMMINENT. Dans notre époque, on parlerait d’un « fou », d’un « prophète de malheur » ou d’un « gouru évangélique » … Je dois PROCLAMER ce que Dieu veut. Jonas n’est pas dans la situation d’enseigner ceux qui appartiennent à Dieu (ce que font les docteurs de la loi, ou par moments d’autres prophètes). Mais les habitants de Ninive prennent la menace à coeur et mettent leur foi dans le Dieu de Jonas ! Je n’ai pas de mot en français pour exprimer cette merveille (v.5a). Ils manifestent leur repentance par les signes de deuil et d’humiliation qui se pratiquaient en Orient (v.5b).

–    Le roi apprit la nouvelle : Il peut être inquiet pour la religion de son royaume et même pour l’économie (le commerce des idoles est très important). Mais rien ne l’arrête, il va dans le sens du peuple, son coeur est saisi, il retire son manteau (signe de sa royauté) pour se soumettre à l’Éternel – (v.6) ; puis il proclame un jeûne total pour les humains et les animaux. Chacun est appelé à changer de conduite, espérant ainsi que Dieu reviendra sur Son jugement … En fait, Jonas a provoqué par quelques mots, et le Roi de Ninive a donné la suite. Il est ainsi devenu pasteur de son peuple. Jonas repartira certainement, alors le Roi s’occupe de cette affaire … (v.7-9).

–    Dieu vit : Oui, Dieu voit ! Il voit le péché (Jonas 1 : 2), et il voit la repentance. Dieu est vivant ! Le texte dit : « Dieu regretta le mal dont il les avait menacés ». Ainsi est mon Dieu, prêt à s’adapter aux élans de mon coeur. Combien il aime celui dont le coeur est brisé et l’esprit contrit (Psaume 51) ! Et l’Éternel renonce à Son jugement (v.10). C’est pour cela que je dois me conformer absolument à ce que Dieu me dit par Sa Parole, par l’Esprit Saint (Romains 8).

Jonas 4 : 1-11

–    Jonas le prit très mal : On touche ici au coeur du problème qui tourmente Jonas. Le prophète réagit à la grâce de Dieu négativement. Combien de fois, dans ma vie, n’ai-je pas réagi comme cela ? Dieu aurait quand même pu leur montrer la vraie valeur de leur iniquité … Et puis, ce serait la justice … etc.

–    … et fut irrité : L’irritation (ou la colère) vient souvent d’une opinion personnelle qui ne correspond pas à ce que Dieu fait ou laisse faire …

–    Il pria l’Éternel en disant … J’aime cet échange quasi permanent entre Dieu et Jonas. Même si le prophète est coriace, le dialogue n’est pas rompu. Dieu fait tout pour que Son plan s’accomplisse à travers Jonas. Dans son irritation, il prie, il dit à son Dieu ce qu’il pense, honnêtement et sans hypocrisie. Il est sûr de lui et de sa doctrine. Il pense même que Dieu se trompe, et le lui dit !!!

–    Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais … c’est ce que je voulais éviter en fuyant à Tarsis … Voilà l’explication de la fuite (v.2a). Le prophète pense réellement qu’il sait mieux que Dieu ce qu’il faut faire envers Ninive. Il est un peu « moralisateur » ! D’ailleurs, je vois bien que j’en suis aussi tout à fait capable !

–    En effet, je savais que tu es un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté : À la question « Qui est Dieu ? », on peut donner la définition de Jonas. Si Dieu n’est pas grâce , qui peut être sauvé ? (v.2b). Paul dit que là où le péché a abondé, la grâce surabonde … L’attitude du Seigneur envers les habitants de Ninive nous laisse beaucoup d’espoir pour notre génération. Jonas aurait du se réjouir, mais il déprime … et le Seigneur, avec beaucoup de tendresse, lui demande s’il fait bien de se fâcher (v.3-4), parce qu’il voudrait tant que son prophète se réjouisse aussi de la repentance de Ninive, objectif de sa mission (CB Emmaüs).

–    Jonas sortit de la ville et s’assit à l’est de la ville … Pourquoi ne reste-t-il pas dans la ville, au milieu du peuple qui s’humilie ? Il préfère s’éloigner, se construire une cabane de fortune, pour observer la suite (v.5). Suis-je un chrétien « qui observe » ou un chrétien « qui participe » ? Lors de l’arrestation de Jésus, la Bible dit que « Pierre suivait de loin … » . Dommage !

–    L’Eternel Dieu fit pousser une plante … Dieu est Créateur dans Son éternité. Pourtant, il donne vie à un végétal pour protéger Jonas (à travers le vent chaud d’Arabie qu’on nomme Sirocco). Il semble que la cabane construite par le prophète ne le protégeait pas assez car il avait mal à la tête ! Ce cadeau de Dieu donne une grande joie à Jonas (v.6). Quand nous sommes dans la faveur de Dieu, nous ressentons si fort le bonheur. Mais quand nous « pédalons » dans les difficultés, nous pouvons alors murmurer si facilement … Le lendemain, un ver fait sécher la plante protectrice (v.7) et le soleil étourdit Jonas au point qu’il défaille (v.8a). N’en pouvant plus, le prophète réclame la mort, c’est la déprime, la colère (v.8b) …

–    Dieu dit à Jonas : « Fais-tu bien de t’irriter à cause de la plante ? Il répondit : « Je fais bien de m’irriter jusqu’à la mort » … De nouveau cette question pleine de tendresse. Dieu est patient, vraiment ! Ce ricin est un signe de Dieu. Le Seigneur parle souvent par les circonstances, et nous ne le comprenons pas. Le mécontentement aveugle le serviteur de Dieu (v.9).

–    Dieu dit : « Tu as pitié de la plante qui ne t’a coûté aucune peine … et moi, je n’aurai pas pitié de Ninive ? » : L’homme est tellement égocentrique, souffrant de ses maux, tournant autour de ses problèmes, sans jamais se poser la question si les autres ne souffrent pas davantage !!! Au fond, Jonas a-t-il pitié du ricin ? Il a pitié de lui-même, ça c’est sûr !… Cette parole de Dieu nous rappelle que son coeur est compatissant. La grande ville est composée de 120 000 humains dans l’aveuglement, et beaucoup d’animaux (Pour McArthur, il s’agit de 120 000 enfants car l’expression « leur droite de leur gauche » concerne traditionnellement les enfants). Oui, Dieu veut leur faire du bien. Evidemment, nous n’avons pas la fin de l’affaire. Qu’est devenu Jonas ? Le plus important est pour moi : Ce que je deviens après ma lecture !

 

En effet, je termine l’histoire de Jonas, le prophète récalcitrant, et je m’y retrouve ! Maintenant, je me pose les questions suivantes :

1)    Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ?

2)    Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ?

3)    Est-ce que je suis capable de m’humilier lorsque je suis en échec ?

4)    Est-ce que j’ai le courage de repartir à zéro pour accomplir le plan de Dieu ?

5)    Est-ce que je suis prêt à faire ce que Dieu veut même si je ne comprends pas ?

6)    Est-ce que j’ai la liberté d’ouvrir mon coeur à Dieu comme Jonas l’a fait ?

7)    Est-ce que je suis prêt à annoncer le message de Dieu, selon la forme et le contenu qu’Il a choisi pour les personnes concernées ?

8)    Est-ce que j’accepte de ne pas comprendre, d’obéir quand même, avec patience, sans irritation ?

9)    Est-ce que je suis un acteur de l’Évangile ou un observateur (prêt à critiquer) ?

10) Enfin, est-ce que je désire vraiment le salut des âmes (même lorsque j’estime qu’elles n’en sont pas dignes !) ?

 

Comment Dieu nous parle-t-il ?

Ecoute ! Dieu te parle !

Voici un exemple de question posée à « 1001questions.fr », excellent site dont nous avons déjà parlé ici : « comment Dieu nous parle-t-il ? »

La réponse, postée le 18/03 :

De tas de manières différentes ; il est libre !

Mais l’outil qui m’est donné pour l’entendre, c’est le texte biblique. Ce qui suppose un certain nombre de précautions propres à ce media particulier. Ainsi, il faut d’abord lire intelligemment le texte, en usant des mêmes moyens que pour n’importe quel texte (les notes qui accompagnent le texte y aident parfois) : le sens des mots et expressions, le contexte littéraire (= la Bible elle-même, à commencer par ce qui entoure le texte choisi) et historique (= ce qu’on sait du temps et du lieu de l’écriture), etc. Et puis il faut se demander ce que le texte m’apprend, me dit sur Dieu, sur moi, sur mes relations aux autres. Enfin il faut demander à Dieu de me faire comprendre ce qu’il veut me faire entendre, lui qui est une vraie personne vivante, à moi qui en suis une autre.

Il faut aussi accepter que Dieu se taise, ou dise autre chose que le texte biblique (choisi à bon escient ou au hasard). Mais c’est toujours la Bible qui reste le critère : si j’entends Dieu me dire le contraire, alors ce n’est pas Dieu ! Comme toute parole, celle de Dieu est un acte relationnel, qui m’implique autant que lui. C’est ma foi, pas mes connaissances, qui est sollicitée, elle concerne ma propre vie. C’est la parole d’amour d’un père, par elle je reçois la vie du Christ qui est mort et ressuscité pour moi. Dans le concret de mon existence. À proprement parler, c’est lui, Jésus, qui est la parole de Dieu pour moi.

Le critère pour savoir si c’est Dieu qui parle et pas mon inconscient ou l’air du temps : « sola scriptura » ! L’Ecriture seule a autorité.

Je puis donc aussi entendre cette parole à travers l’Église, les autres, les événements, la tradition, la nature, etc. Mais dans tout ça, je n’ai pas de moyen de savoir que c’est Dieu plutôt que mon inconscient ou que l’air du temps. Là encore, le critère, c’est la fidélité de ce que j’entends à la révélation biblique. C’est ce que les théologiens protestants appellent le « sola scriptura » : l’Écriture seule a autorité…

A cette réponse claire et précise, je rajouterai ceci : il est toujours frappant(mais pas étonnant) de constater que ceux ou celles qui remettent en question une telle autorité ont généralement tendance à lui substituer une autre parole et donc une autre autorité. La leur, le plus souvent…..

 

Voir aussi cette autre question, sur le même site : « comment entendre la voix de Dieu ? »

« En attendant la COP21 »(2) : voici comment l’Eternel nous met à l’épreuve….si nous marchons ou non selon sa loi.

« L’Eternel dit à Moïse: Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par jour, la quantité nécessaire, afin que je le mette à l’épreuve, et que je voie s’il marchera, ou non, selon ma loi. » (Ex.16v4)

Dans ce passage et dans tout ce chapitre, le verset qui m’a harponné, cette fois-ci, est celui-ci qui souligne la volonté de Dieu de « mettre le peuple à l’épreuve », en lui donnant la manne, « pour voir s’il marchera ou non selon Sa loi ». Comment cela ?

Analysons les principes posés par Dieu(en Ex.16v4-5, 16-19, 21, 29-30), en distribuant la manne au peuple. Quels sont ses commandements posés dès le départ ? Dans quel but ?
Le peuple a-t-il « marché selon Sa loi » ou non ? Comment a-t-il répondu aux commandements de Dieu ? Pourquoi ? (v20, 27-28)
Quelle application pratique voyez-vous pour aujourd’hui, notamment dans le contexte des enjeux environnementaux ? Comment le vivre dans l’Eglise, au sein de la société ? Comment ces textes pourraient-ils inspirer les gouvernants et décideurs ?

On remarque :
– un temps pour ramasser, un temps pour se reposer
– chacun ramasse selon ses besoins, ni trop, ni peu
– Dieu fixe un cadre : « un omer par tête »
– toute spéculation, comme toute tentative pour se déclarer « propriétaire » de tant d’hectares de manne, rendue impossible. Les effets de la spéculation sont décrits aux vv19-20 : en clair, si l’on stocke, « ça pue ».
– une situation où il est permis de conserver de la manne : laquelle ? Pour quelle raison ? (chercher en Exode 16) Cherchez ensuite une actualisation de cette raison.

Comparer avec 2 Corinthiens 8v8-15 : quel est le principe posé dans ce passage ?

Et voir encore notre note de blogue pour approfondir ces passages.

Sur ce, bon week-end !

« Dieu m’a dit…. » (1 Rois 13)

"Dieu m'a dit..." Ha bon ? Dieu ne m'a rien dit d'autre que ce qu'il m'a dit au départ...!

« Dieu m’a dit… »
Ha bon ? Dieu ne m’a rien dit d’autre que ce qu’il m’a dit au départ…!

Lecture de 1 Rois 13.

L’histoire de trois hommes déterminés  : un roi,  un « Homme de Dieu », et un vieux prophète. Sans oublier  un lion non moins déterminé et un âne…Un chapitre étrange, de par ses protagonistes et son déroulement. Qu’en penser ?

Trois hommes déterminés, donc.
Un roi idolâtre, déterminé à ne pas obéir à Dieu et donc à persévérer dans son attitude idolâtre(autant « avant » qu' »après » cf 1 Rois 12v26-33 ; 13v1, 33-34).
Un « Homme de Dieu », envoyé par Dieu et déterminé à accomplir sa mission(avec la puissance et la miséricorde de Dieu), comme à suivre un ordre de Dieu strict(1 Rois 13v8-10). Rien ne devrait le détourner, en tout cas certainement pas l’intimidation ou la promesse de cadeaux(v4, 7). Rien ? Ha, si ! Seul un autre prophète-un vieux prophète-a pu le détourner de la voie qu’il devait suivre : parce qu’il est « prophète comme lui »(v18) et parce que, soit disant, « Dieu lui a dit »…ou plutôt, parce qu' »un ange lui a parlé de la part de Dieu »(v18).

L’Homme de Dieu aurait du s’en tenir à ce que Dieu lui avait dit, à lui(Dieu serait-il une girouette ?), et se souvenir qu’il est vital d’être deux fois vigilant, surtout après une victoire. Il paiera de sa vie cette rébellion, attaqué par un lion(v21-22, 24). L’Homme de Dieu n’est donc pas un superhéros invincible.

Parlons maintenant du « troisième homme » : « le vieux prophète », qui entre en scène à partir du v11. Si la première partie du chapitre 13(v1-10)nous place tout d’abord en terrain familier, la seconde nous désarçonne et nous met mal à l’aise.  Car si « le vieux prophète » était un « faux prophète », encore ! Mais non, il s’agit bel et bien d’un prophète. Un vrai, sauf que là il ment à l’Homme de Dieu pour le détourner de sa route et l’inviter chez lui. Comment expliquer cela ?

Autant ses motifs paraissent peu clairs, autant son état spirituel semble l’être encore moins(clair). Car, peut-on être prophète de Dieu en résidant à Béthel, sanctuaire idolâtre ?(1 Rois 12v29)
Le poids des ans, l’expérience, la position(ou le titre-de prophète, comme d' »Homme de Dieu »), ne dispensent pas d’être obéissant et connecté à « la source des eaux vives »(cf Jer.2v13, comme de se garder de toute compromission. Ce vieux prophète ment. Ce qui ne l’empêchera pas de prononcer des paroles justes, venant de Dieu, qui se réaliseront plus tard…(1 Rois 13v21-24, 32)
Car, en dépit de la faiblesse humaine, Dieu reste souverain. Il n’a d’ailleurs pas permis que le lion, qui a tué l’Homme de Dieu, ne dévore celui-ci ou ne déchire son âne(v24-25, 28).

En fin de compte, face à la désobéissance humaine, ces animaux nous offrent un témoignage silencieux d’une réelle soumission à Dieu. Le lion, sans doute envoyé par Dieu, n’était-il pas déterminé à accomplir sa mission, lui aussi ? Mais sans aller au-delà de ce qui lui était permis…A moins qu’il ne s’agisse là d’une nouvelle démonstration de la puissance(dans le sens : « on ne se moque pas de Dieu ») et de la miséricorde de Dieu ?

Mais nous avons un meilleur(et parfait)exemple de soumission à Dieu, source de salut pour tous les hommes. Source de salut pour vous et pour moi. Le meilleur exemple d’une vie parfaite : le Seigneur Jésus-Christ, lequel ne s’est jamais laissé détourner, et de sa mission, et du chemin qu’Il devait prendre, pour notre salut : le chemin de la croix(cf Luc 9v51).

 

 

 

La Bible est-elle la Parole de Dieu ?

Question d’importance, d’autant plus que certains(y compris au sein du Christianisme)le nient*.

Or, si la Bible n’est pas la Parole de Dieu, il nous sera impossible, quoiqu’on en dise, de disposer d’une norme absolue**, et il sera toujours tentant(ou possible)pour d’autres de substituer à la Parole de Dieu leur propre parole…qu’ils présenteront comme « Parole de Dieu ».

D’autre part, ceux qui nient que la Bible est la Parole de Dieu, mais qui affirment « qu’elle contient la(ou des)parole(s) de Dieu » se heurtent à un écueil : comment discerner les parties « qui seraient Parole de Dieu », et celles « qui ne le sont pas »(à l’instar du double problème de faire la distinction entre ce qui est historique et ce qui relèverait du « mythe » dans la Bible) ? Avec pour conséquence le risque de dérive et d’erreur lié au choix de prendre dans la Bible ce qui nous convient pour bâtir une théologie ou une philosophie « qui nous parlera plus »***.

 

La Bible est-elle la Parole de Dieu ?

La question est essentielle, disais-je plus haut. Elle liée à celle de l’autorité, et surtout, à la raison(pratique) pour laquelle nous devons prêter attention à ce que dit cette Parole. Ceux qui débattent sans fin, pour tenter de prouver que la Bible n’est pas la Parole de Dieu, oublient généralement d’y répondre, ou, du moins, noient tellement le poisson que ce point passe sous silence.
Sur ce qu’est la Bible, il existe plusieurs passages, notamment le témoignage rendu par le Seigneur Jésus-Christ aux Ecritures*.

Mais un autre élément, découvert dimanche dernier à la lecture de « Première heure » d’Erri de Luca, est aussi intéressant à considérer. J’en suis resté sur les fesses et en ai tiré deux enseignements :

Au chapitre 4 du Deutéronome, Dieu donne un avertissement au vers 9(concernant la manifestation de Sa présence au Sinaï) : « tu n’oublieras pas les paroles que tes yeux ont vues ». Mais nous savons que sur les pentes du Sinaï, les Hébreux entendirent des mots, et non qu’ils les virent. Quelques vers plus loin, nous lisons : « et a parlé à vous Dieu de l’intérieur du feu : voix de mots vous écoutez et image vous ne voyez pas, en dehors d’une voix ». Ici encore revient une voix qui est à voir au lieu d’être écoutée. L’Ecriture ici ne confond pas les verbes, mais elle raconte une expérience prodigieuse déjà décrite dans le livre de l’Exode , là où il est écrit que le peuple voit des voix, des foudres et la voix du cor et la montagne qui fume. Dans ce vers(le v18 du chapitre 20) se mêlent sous l’unique verbe voir des choses qui concernent la vue et des choses qui devraient concerner l’ouïe. Qu’est-ce que cela signifie ?

Deux maîtres du Talmud se sont interrogés à ce propos en donnant des réponses différentes. Rabbi Ishmaël cherche le sens raisonnable et explique que le peuple voyait ce qui était visible et entendait ce qui était audible. Rabbi Akiva reste fidèle au sens littéral et explique qu’ils voyaient la voix de Dieu faite de parler de feu. Il s’appuie pour cela sur le vers du Psaume 29 où on lit : « la voix de Dieu creuse des flammes de feu », c’est à dire forme avec son souffle une écriture incandescente. C’est ce que voyaient les Hébreux au pied du Sinaï. Rabbi Akiva, soucieux de s’en tenir au sens littéral, enseigne que la véritable écoute, lorsqu’elle est intense, coïncide avec la vision. Celui qui est profondément attentif  l’impression de lire, pas seulement d’entendre, les mots qu’il écoute. Dans le désert, la voix de Dieu est si puissante, si retentissante, qu’elle brouille les sens, qu’elle cause un vertige de l’oreille interne(…). Nul ne serait encore capable d’une telle écoute. Avec la sécurité de la distance, à travers la simple écriture d’un livre, nous recevons cet avertissement : « tu n’oublieras pas les paroles qu’ont vues tes yeux ». Aujourd’hui, voir ces paroles c’est toute l’expérience que peut faire celui qui lit ces aventures sacrées, avec un peu de nostalgie pour cette voix enflammée qui bouleversait les sens de ceux qui étaient tout entiers, en chair, en os et en nerfs, tendus, à l’écoute »(« La voix écrite » d’Erri de Luca In « Première heure », Folio, pp 63-65).

 

« La morale de l’histoire » ou les deux enseignements à retirer : 

1)la Bible est bien la Parole de Dieu. Dieu le proclame Lui-même et nous commande d’y prêter une grande attention. « Ecouter » ce Dieu qui a créé le monde au moyen de sa voix, à commencer par la lumière, et qui parle, « est la première urgence, la première requête », dit encore Erri de Luca. « Lire les Saintes Ecritures, c’est obéir à une priorité de l’écoute ».(Noyau d’olive, p 43)

2)Cela, nous pouvons le lire d’un ouvrier, passionné de Bible, quoique se déclarant « non croyant », et non de la part de quelqu’un se revendiquant « chrétien » et revendiquant des années d’études ou un titre universitaire. Dieu se glorifie ainsi par ce que le monde(y compris le « monde chrétien » ?) méprise.

 

 

 
Notes :

*Il est aussi « de bon ton »(dans les milieux « branchés » ?) d’opposer Christ, que l’on veut bien reconnaître comme « la Parole de Dieu », et la Bible, « les Ecritures », que l’on dévalue ou nie être la Parole de Dieu. Justement,  comment Jésus, « la Parole (de Dieu)faite chair », considérait-il la Bible ?

Lui-même a déclaré n’être pas « venu pour abolir la loi ou les prophètes »[les deux premières sections de l’Ancien Testament], mais être « venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé » (Matthieu 5 : 17-18).

Il reconnaît la Bible comme étant :

– Divinement inspirée  : « Et Jésus leur dit : Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit… » (Matthieu 22 : 43).

-Parole de Dieu : distincte de la tradition humaine (« Il leur répondit : Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère.Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition » cf Matt.15v3-6 ;  « Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l’Ecriture ne peut être anéantie » cf Jean 10v 35).

– Faisant autorité et ayant le dernier mot : « Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4 v4). « Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu » (verset 7). « Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (verset 10).

– Comme étant vraie, la vérité : Matthieu 12 : 40, Matthieu 24 : 37, Matthieu 19 : 4-5, Jean 17 : 17, Matthieu 22 : 29…..

-Et témoignant qu’elle témoigne de Lui, et qu’elle est centrée sur Lui : « Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait » (Luc 24 : 27).

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’être « bibliolâtres », mais de ne pas y croire :  « Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi » . (Jean 5 v39-47).

Les auteurs du NT proclament eux-même que leurs écrits sont revêtus de l’autorité divine :

« Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. »(1 Corinthiens 2 : 13)

« C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » (1 Thessaloniciens 2 : 13)

Un exemple d’attitude d’hommes du NT, face à un enseignement, serait-il « inspiré de l’Esprit » ou venant d’un éminent serviteur de Dieu : Actes 17v11(« Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact »).

Concernant ce que l’Ecriture dit d’elle-même :
« Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » (2 Tim. 3v16)

etc…

**A ce sujet, relève Guillaume Bourin, « les questions dites épistémologiques que nous devons toujours nous poser sont toujours : Comment je sais ce que je sais ?, comment puis-je être sûr que ce que je crois est vrai ? » D’autre part, souligne Guillaume Bourin, « ….nous nous devons de reconnaître que lorsque Dieu communique à ses créatures, il le fait en tant que Seigneur. Il n’abandonne pas sa seigneurie lorsqu’il nous parle, et ainsi sa parole nous est donnée de façon personnelle tout en portant les marques de sa puissance absolue, son autorité et sa présence… » ( http://leboncombat.fr/pourquoi-levolutionnisme-theiste-seduit-il-certaines-franges-du-monde-evangelique-francais/#comment-4262 )

*** Daniel Saglietto relève que « lorsque l’on a saisi que le texte biblique signifie exactement ce qu’il dit, alors l’ultime recours est de remettre en question la légitimité épistémologique du texte biblique(…)Cette approche est en fait un écho de la position libérale du XXe siècle qui ne pouvait ni supporter le fait de dire que les écrits canoniques sont Parole de Dieu, ni accepter que la Bible puisse correspondre de façon objective à la réalité ».

Voir la suite de l’excellent article de Daniel Saglietto sur le blog « Le Bon Combat », à propos de ce qu’est la Bible : http://leboncombat.fr/parole-dieu-parfaite/