Nucléaire, malbouffe : des sujets de débat citoyen en mode « Flash Talk »

Et si l’on débattait de sujets de débat citoyen, qui font rarement débat, « en mode flash mob » ?

Connaissez-vous « Flash Talk » ? Il s’agit d’un magazine diffusé depuis la rentrée 2015 sur France Ô et LCP où le débat citoyen passe en mode flash mob.

Le tournage a lieu dans un espace public et passant, tel un métro, un centre commercial, une université, ou une place publique.

L’émission est de type participatif et interactif :

En compagnie d’experts, Valérie Brochard anime la conversation tandis que Raphäl Yem donne la parole au public (en position debout), lequel est libre d’intervenir à tout moment.

Alternent « le Dataflash » (les chiffres et les mots clés), « le Storyflash » (les avis des internautes) et « l’Œil de Dycosh » (un youtubeur qui propose une version parodique du sujet du jour).

Exemples d’émissions, parmi d’autres, sur deux sujets censés « faire le débat citoyen », à voir entre amis sur LCP et ou Youtube, à l’approche des législatives de juin :

Le nucléaire, une liberté trop chère payée ?

Diffusée le 11/12/2016

Invités :
– Charlotte Mijeon, porte parole du collectif « Sortir du Nucléaire »
– Boris Le Ngoc, directeur de la communication de la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN)

Malbouffe. Du poison dans nos assiettes ?

Diffusée le 13/11/2016

Invités :
– Perico Legasse, critique gastronomique,
– Florent Quellier, historien spécialiste de l’histoire de l’alimentation

Bonne vision et bonnes discussions !

Publicités

(Les hommes ont-ils le) « virus »(de l’autodestruction) ?

La fin du monde ? On en débat ? Scène du film "Virus", avec Bo Svenson, à droite, et Masao Kusakari, à gauche

La fin du monde ? On en débat ?
Scène du film « Virus », avec Bo Svenson, à droite, et Masao Kusakari, à gauche

Un film et un « débat ».

La fin des temps, on nous l’avait « prédit » pour le 21 décembre 2012, avec la conclusion que l’on sait(vous êtes toujours là, notamment pour lire ces lignes). Pourtant, les « effets d’annonce » ne semblent avoir, ni ridiculisé, ni épuisé le sujet*.
La fin des temps : ce que l’on ne sait pas, ou ce que la Bible ne nous dit pas, c’est « pour quand »(Matt.24v36). Mais ce que la Bible nous assure, c’est qu’elle est certaine, imminente.

Même s’ils ne croient ni en Dieu, ni en la Bible, les hommes sont conscients que les civilisations ne sauraient durer indéfiniment, puisqu’elles ne sont pas éternelles par essence** : elles ne peuvent s’étendre indéfiniment. Or, nous engloutissons toujours plus de ressources pour ne faire que maintenir un état stationnaire. Jusqu’à quand ?(Lire « Quand l’Expansion expire » IN La décroissance, octobre 2013, numéro 103)

« L’être humain a toujours vécu sous la menace de catastrophes, la première étant naturellement sa propre mort. Mais deux traits différencient les catastrophes présentes et futures des catastrophes passées : d’une part elles sont issues de l’homme lui-même(…), d’autre part elles ne sont plus locales, mais globales. La mondialisation est un phénomène total qui ne concerne pas seulement la technique et la finance, mais aussi les catastrophes : guerre mondiale, pandémie, accident nucléaire majeur (…..)Désormais, parce qu’ils dépendent de sources d’énergie elles-mêmes mises en réseau, les appareils sont inter corrélés, et ce à une échelle mondiale, et les hommes sont interdépendants. »
Dans ce contexte, que se passerait-il en cas de « panne » ou d’arrêt de fourniture d’énergie, telle que, par exemple, l’électricité ?
Que deviendrait une société humaine mondialisée dans un contexte de catastrophe globale, privée de ressources habituelles, désorientée dans son cadre de vie et incapable de s’adapter à une situation de grande pénurie ? s’interroge Christian GODIN,philosophe, lors d’un débat « Et quand la mégamachine s’effondrera » ? (Avec également Jacques BLAMONT, astrophysicien, Philippe GRUCA, philosophe et Alband VETILLARD, ingénieur)publié dans La Décroissance, octobre 2013, numéro 103, pp14-15)

Dans une perspective de « fin du monde », quelle réponse chrétienne et biblique ?

Aussi curieux que cela puisse paraître, pour Michel JOHNER, professeur d’éthique à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence, « cette imminence de la fin des temps est une espérance qui, dans la pensée des écrivains bibliques, porte à un investissement prioritaire dans le domaine spirituel. L’urgence du temps porte effectivement à considérer l’évangélisation et le dénouement des blocages spirituels comme étant de première urgence dans la hierarchie des priorités ». Un investissement qui n’exlue pas d’autres formes d’investissements temporels, de nature culturelle, sociale, environnementale ou politique. 

Dans un monde instable et précaire, aux ressources finies, mais où les possessions matérielles sont pourtant idolâtrées comme le symbole-même de la réussite, les chrétiens, « artisans de paix », « lumière du monde » et « sel de la Terre », peuvent, bien entendu, prier, et également témoigner par 1)plus de sobriété, de détachement et de justice par rapport aux biens matériels et 2)par plus de vigilance, face aux séductions diverses. Et favoriser des débats publics sur des sujets d’éthique, économique et social, environnemental, énergétique…rappelant quelles sont les causes durables pour lesquels il importe de vouer sa vie.

Passages bibliques ou livres à lire et étudier : 2 Thes. ; 2 Pierre ; Jude ; Apocalypse ; Matt.5-7, 24-25

Enfin, afin d’alimenter une discussion éventuelle, je vous invite à visionner le film Virus (復活の日, Fukkatsu no hi – littéralement « Le jour de la résurrection ») : un film à mi-chemin entre le film catastrophe et le post-apocalyptique, réalisé en 1980 par Kinji Fukasaku, qui explore, avec une certaine minutie, l’effondrement de nos sociétés victimes d’un mal incurable, et imagine les difficultés auxquelles se retrouvent confrontés les derniers survivants regroupés et organisés en communauté.
La distribution internationale comprend Masao Kusakari, George Kennedy, Robert Vaughn, Chuck Connors, Olivia Hussey, Edward James Olmos, Ken Ogata, Sonny Chiba et Glenn Ford. Avec un budget de 16 millions de dollars, il fut au moment de sa sortie le film japonais le plus cher jamais réalisé. Il est désormais tombé dans le domaine public et peut donc(sauf erreur) être téléchargé ou visionné en toute légalité.

L’histoire :

En 1982, un virus mortel échappé d’un laboratoire secret d’armes biologiques***, le MM88, extermine la totalité de l’humanité, à l’exception des scientifiques et techniciens des bases de l’Antarctique, épargnés du cataclysme par les températures polaires trop basses pour que le virus y soit actif. Les survivants(855 hommes et 8 femmes) s’organisent alors autour de la station américaine Palmer et tentent de recréer une société. Mais une nouvelle menace les attend, « héritage »**** que notre civilisation anéantie offre aux survivants  : le système de défense ARS (Automated Reaction System) a été activé par des militaires américains jusqu’au-boutiste, et un séisme majeur au large de Washington risque de l’enclencher. Le monde connaîtra alors une nouvelle apocalypse, nucléaire cette fois-ci, lorsque la riposte automatisée des deux blocs américain et soviétique entrera en jeu ! La base Palmer serait même sur la liste des cibles visées par la riposte russe… Décidés à tenter le tout pour le tout, nos survivants envoient un sous-marin jusqu’à Washington pour une mission-suicide afin de désactiver le système ARS. Les deux volontaires-Le major Carter, un ancien agent de la C.I.A. et Yoshizumi, un scientifique japonais-pour cette excursion en zone contaminée reçoivent également une dose d’un vaccin expérimental contre le MM88. Tous les espoirs de nos survivants reposent donc désormais sur eux*****. Aurons-nous droit à une fin « happy » ou « pas happy » ?

Un récit dense, des images fortes et certaines scènes qui suscitent le malaise : la décision du conseil de la communauté de l’Antarctique de couler un sous-marin et tout son équipage contaminé par le virus, ou de « réglementer » des relations sexuelles entre 855 hommes et 8 femmes. Les relations conflictuelles entre les membres de ce même conseil, issus des différentes nations désormais disparues, incapables de s’accorder sur la moindre chose, et qui sont pourtant amenés à décider du sort de millions de personnes. Les limites de la science, au service de l’armée. La folie destructrice d’une humanité prise dans la spirale de la course aux armements. Une efficacité sans cesse recherchée pour la destruction. Résultat :  un virus incontrôlé et incontrôlable, sanctionnant la démesure humaine, tel un « châtiment divin ».

En bref :

« Virus », film de science-fiction de Kinji Fukasaku(Japon, 1980) – 2h36 et des poussières, environ….

Scénario : Kinji Fukasaku, Kōji Takada,Gregory Knapp, d’après la nouvelle de Sakyo Komatsu

Acteurs principaux  :

Masao Kusakari (Yoshizumi)
Bo Svenson (Major Carter)
George Kennedy (Amiral Conway)
Olivia Hussey (Marit)
Glenn Ford (Président Richardson)
Robert Vaughn (Sénateur Barkley)
Henry Silva (Gen. Garland)
Chuck Connors (Cne. Mc Cloud)
Edward J. Olmos (Cne. Lopez)
Chris Wiggins (Dr. Borodinov)
Isao Natsuyagi (Dr. Nakanishi)
Cec Linder (Dr. Latour)
Stuart Gillard (Dr. Meyer)
Takigawa Yumi (Noriko)

 

 

 

Notes :

* en tout cas, le sujet est « rentable » : bande dessinée, films(au moins 5 pour 2013 : une « invasion extra-terrestre », une « apocalypse », deux « écologiques », un « virus »)

** « Les diamants sont éternels », titre un fameux « James Bond ».  Les hommes aussi-et c’est ce qui est important de ne jamais oublier.

*** dans le film, il s’agit du « projet Phénix », issu de recherches militaires secrètes américaines, visant à fabriquer une arme bactériologique d’une rare efficacité afin de prendre un peu d’avance sur l’U.R.S.S. dans la course aux armements.

**** Avec ses centrales vieillissantes et son industrie en plein déclin(la part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17 % en 2001 à 9 % aujourd’hui : http://energie.lexpansion.com/energie-nucleaire/de-moins-en-moins-d-electricite-nucleaire-dans-le-monde-_a-32-5270.html ;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/07/15/20002-20130715ARTFIG00439-baisse-record-de-la-production-d-electricite-nucleaire-en-2012.phphttp://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/DELBECQ/20791 ), le nucléaire peut-il être considéré comme une alternative énergétique crédible et rassurante pour notre civilisation ?
Enfin, on l’a peut-être oublié, mais Naoto Kan, premier ministre du Japon pendant l’accident de Fukushima(2011), expliquait que son pays « était proche » de faire évacuer 50 millions de personnes(plus que le nombre d’espagnols) après cet accident « d’origine humaine ».

***** D’après un résumé publié sur « Le Traqueur stellaire, blog science-fiction et culture ».