La série biblique de l’été : Lecture suivie du livre de la Genèse (4)

« L’Hiver ou la déluge », huile sur toile de Nicolas Poussin (1660-1664). Musée du Louvre

Quatrième épisode de notre lecture suivie du livre de la Genèse, la nouvelle série biblique de l’été proposée par mon ami et frère Louis-Michel, pasteur, à paraître chaque semaine sur Pep’s café ! le blogue. Les notes et la suggestion finale de lecture sont de moi. A noter que la série fera une petite pause à partir de cet épisode, pour reprendre en septembre.

6 : 1-12

Lorsque les hommes eurent commencé à être nombreux … L’adverbe « lorsque » est flou quant à la période des événements relatés dans ce chapitre. On peut quand même affirmer que l’auteur de la Genèse souhaite attirer l’attention du lecteur sur l’état de l’humanité (v.1, 3).

Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles … La beauté de ces filles honore en soi le Créateur, mais malheureusement, dans la nature humaine corrompue par le péché, cette beauté attise la convoitise (v.2). Les « fils de Dieu » qui convoitent sont peut-être des anges déchus16. Ces unions d’ordre démoniaque vont donner naissance à des « géants », des héros, des hommes célèbres (v.4).

Il faut noter dans ce passage, que le mariage institué par Dieu est bafoué. Le verset 2 insiste sur le « plaisir » lié à la beauté … Il n’y a ici aucun sens de la responsabilité démontré.

Et l’Eternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et que tous les desseins des pensées de son coeur n’étaient que mal continuellement : Le constat est clair, la responsabilité de l’homme est engagée (v.5). Rien n’échappe au regard divin (Hébreux 4 : 12-13).

Et l’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé dans son coeur :

Le mot « repentance » ici ne signifie pas que Dieu se détournerait de Sa création, mais plutôt qu’Il s’adapte au changement de direction effectué par l’être humain. Ce verset 6 nous révèle le fait que Dieu peut ressentir une émotion violente, une affliction si douloureuse qu’il manifeste cette adaptation. Le verset 3 nous a révélé que Son Esprit allait laisser l’homme prendre ses propres orientations mais qu’il en limiterait la durée de vie à 120 ans, les versets 6 et 7 semblent montrer la nécessité pour le Dieu Créateur affecté de mettre en oeuvre une adaptation.

Et Noé trouva grâce aux yeux de l’Eternel : Fils de Lémec, descendant de Seth, Noé était désigné comme celui qui soulagerait ses parents de la pénibilité de leur vie (V, 28-32). La grâce (ou faveur) de l’Eternel fait toute la différence ! Il semble être le seul homme qui puisse obtenir cette grâce. Mais il ne faut pas oublier que Dieu accorde Sa grâce à qui Il veut, car Il est Souverain. Cela n’enlève nullement à Noé ses qualités, mais met en valeur la souveraineté de Dieu dans Son choix (v.8) car Noé n’était pas parfait puisqu’il « trouva grâce ».

C’est ici l’histoire de Noé : Ce nom signifie « apaisé ». Il y a un aller-retour entre Dieu et Noé. Dieu apaise Noé en lui accordant sa faveur, et Noé apaise Dieu en vivant selon Sa justice et Son intégrité (v.9-12). Ces deux qualités divines se retrouvent dans l’expression « marchait avec Dieu ». Noé semble manifester le caractère divin au milieu d’une génération totalement corrompue (v.9-12).

6 : 13-22

Et Dieu dit à Noé : « La fin de toute chaire est venue devant moi » … Décision divine résumée et qui fait le pendant avec le verset 12 (v.13).

Fais-toi une arche de bois résineux : Le mot « arche » signifie « caisse » (théba) et ne se trouve qu’ici et dans Exode 2 : 3 lorsqu’il s’agit du petit « berceau » de l’enfant jeté sur les eaux du Nil et qui deviendra Moïse. Certains commentateurs pensent que l’arche était fabriquée avec du bois d’acacia, d’autres avec du bois de cyprès (le bois résineux).

… tu la feras composée de cellules et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors : On admire dans ce verset 14, l’intelligence organisationnel du Seigneur, et son souci de sécuriser l’arche.

Et voici comment tu la feras : La coudée hébraïque est de 48 cm. Celle de Babylone de 52 cm. Approximativement, l’arche faisait 150 mètres de longueur, 25 mètres de largeur et 15 mètres de hauteur (F. Godet). Ce genre de bâtiment ne peut pas aller vite mais peut supporter une charge supérieure à tous les bateaux construits selon les normes classiques (v. 15). Dieu prévoit une ouverture sur le côté, et descendant depuis le toit, assez importante pour aérer l’intérieur de l’arche. Noé devra construire l’arche sur trois étages (v.16).

Et moi je vais faire venir le déluge : À chacun sa responsabilité ! Dieu est responsable du déluge, et Noé de l’arche. Le mot hébreu pour déluge est « mabboul ». On le trouve une seule fois dans la Bible, dans le Psaume 29 : 10 quand il est fait mention des événements avec Noé. Qu’est-ce qu’un déluge ? « une inondation de la terre » (v.17).

Mais j’établirai mon alliance avec toi : Dieu devance toujours l’histoire des hommes. Il met en place l’alliance comme une promesse, et comme un fait, avant même que le déluge arrive (v.18-21).

Et Noé se mit à l’oeuvre : L’alliance est le cadre plein d’amour de Dieu pour le travail de Noé. C’est dans cette alliance qu’il y a l’assurance d’être sauvé (v.22).

7 : 1-10

Et l’Eternel dit à Noé : « Entre, toi et toute ta famille, dans l’arche, car je t’ai vu juste devant moi au milieu de cette génération » :

Dieu privilégie la famille, elle fait partie de Son plan de restauration de l’humanité. Quelle merveille pour Noé de pouvoir travailler avec son épouse, avec Sem, Cham, et Japhet, et avec ses belles-filles. Dieu rappelle la raison principale de ce « sauvetage » : « je t’ai vu juste ». Non pas que Noé était meilleur que les autres hommes, mais son coeur avait les mêmes aspirations que son Créateur. Il avait le même sens de la justice que Dieu parce que Dieu en est l’auteur (v.1).

De tous les animaux … Les animaux sont accueillis dans l’arche deux par deux, en paire, un mâle et sa femelle. Le Créateur prévoit, comme au commencement, la reproduction des espèces. Les oiseaux ne sont pas mis au ban. Pourquoi l’adjectif « purs » est-il mentionné ? Godet suggère que de cette manière Noé pourrait offrir des sacrifices à l’Éternel à la sortie de l’arche (v.2-3).

Car sept jours encore, et je ferai pleuvoir sur la terre quarante jours et quarante nuits :

Dieu donne à Noé un repère temporel, une espérance donc. Même si le Seigneur répète son intention d’effacer les êtres humains de cette génération avec une profonde douleur exprimée par « les êtres que j’ai faits » (v.4-5). Noé obéit (v.5). Il a 600 ans quand le déluge commence (v.6) et que toute sa famille s’installe dans l’arche (v.7), ainsi que les animaux (v. 8-9).

Et au bout des sept jours, les eaux du déluge furent sur la terre : Le verset 10 est une transition entre les préparatifs à la catastrophe et le déluge lui-même.

7 : 11 à 8 : 5

L’an six cent de la vie de Noé, au deuxième mois, le dix-septième jour du mois … :  Il s’agit ici de l’année civile qui commençait en octobre/novembre, le mois de Marcheschvan [le mois de la pluie]..

En ce jour-là, toutes les fontaines du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s’ouvrirent : Un mouvement d’en-bas et un mouvement d’en haut. Certains écrits anciens font mention d’un grand bouleversement qui aurait eu lieu. Imaginons que les eaux des mers remontent à vive allure et envahissent les terres, puis que les nuages laissent libres cours à toutes les eaux qu’ils contiennent potentiellement … Qui peut en réchapper ? (v.11-12).

En ce jour même, Noé entra dans l’arche, ainsi que Sem, Cham, et Japhet … Toute la famille s’installe donc à la suite des animaux, puis le moment vient où Dieu ferme la porte de l’arche (v.13-16). Cela nous enseigne une fois de plus que le temps appartient à la souveraineté de Dieu, et l’histoire du monde en dépend.

Et le déluge fut quarante jours sur la terre : Le phénomène du déluge se repère à certaines expressions = « les eaux grossirent », « devinrent extrêmement grosses », « les hautes montagnes furent couvertes », « et les eaux furent hautes », « et les eaux baissèrent », « les fontaines de l’abîme et les écluses des cieux se fermèrent », « et la pluie cessa » (v.17 à VIII, 5a).

Le premier jour du mois, apparurent les sommets des montagnes : l’espérance (v.5b).

8 : 6-19

Et il arriva qu’au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre … :

Noé est en train de voir la réalisation de la promesse de Dieu (v.6). L’espérance du verset 5 se confirme.

… et lâcha le corbeau … et il lâcha la colombe : C’était déjà un usage répandu que de lâcher un oiseau pour s’orienter. Le corbeau carnassier ne trouve pas assez de nourriture pour vivre, alors il revient. La colombe est envoyée trois fois jusqu’au verset 12 du récit.

Enfin, Noé, ne voyant plus revenir l’animal, comprend que la terre est presque sèche (v.13a).

Noé ôta la couverture de l’arche : La pluie a cessé, la terre a séché. C’est bientôt la fin de l’épreuve. Selon Godet, le déluge aurait finalement duré environ une année … Le texte du chapitre 7 + VIII, 4, mentionne donc deux fois le chiffre de 150 jours … Ce n’est pas en soi un problème. Par contre, le fait que Noé ouvre le toit du bâtiment, nous montre sa confiance absolue dans ce que Dieu a dit.

Et Dieu parla à Noé : C’est le moment choisi pour le retour sur terre ! (v.15-19).

8 : 20 à 9 : 17

Et Noé construisit un autel à l’Eternel et prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, et offrit des holocaustes sur l’autel : Préfiguration du sacrifice de Christ (il fallait que ce soit Dieu qui est parfaitement pur).

Et l’Eternel sentit une odeur d’apaisement : Le coeur de Dieu est touché, apaisé, il sait que le coeur de l’homme est incurable quant au péché (v.20-21a). Il fait alors une promesse qui a été transmise de génération en génération : il maintiendra l’équilibre naturel et ne frappera plus l’humanité (v.21b-22).

Et Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit … C’est comme si l’on revenait au début de la Genèse. Il établit une alliance avec Noé et sa famille ou plutôt il la perpétue «

Fructifiez, multipliez-vous, et remplissez la terre » (IX, 1, 8-17). Le genre humain dominera sur le genre animal (IX, v.1-3, 7). Dieu demande à l’homme de ne pas manger de chair avec son sang car Il veut communiquer cette pensée fondamentale que le sang fait circuler la vie (v. 4-5). Il transmet aussi ce qu’est la justice avec ce chiasme « qui versera le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé » (v.4-6).

Dieu affirme encore qu’il ne permettra pas de nouveau déluge (v.11) et présente le signe physique (et scientifique) de son alliance : l’arc-en-ciel (v.11-14). À chaque fois que je vois cet arc dans la nue, je me souviens de ce texte, ce signe rappelle sans cesse la miséricorde de Dieu, et ces paroles résonnent dans le coeur de l’homme « Je me souviendrai » (v.15a, 16a)… …

À ce point du récit, je voudrais mentionner les faits du déluge relatés dans divers pays du globe terrestre, ce qui montrera l’étendue du bouleversement :

En Egypte avec le conseil des dieux et déesses qui décident du déluge, puis à la fin le dieu Râ qui affirme qu’il ne refera plus de déluge.

Les Grecs : Deucalion et Pyrrha se réfugient dans un coffre au sein d’un déluge décidé par Zeus, survivent et offrent un sacrifice.

Les Celtes (donc en Gaule nordique), les Scandinaves et les Lituaniens possèdent quelques variantes d’une catastrophe diluvienne avec un héros qui en réchappe.

Au Mexique, c’est l’histoire de Tezpi qui est relatée. Cet homme et sa femme construisent un bateau spacieux et traversent sans danger une longue période d’un terrible déluge et survivent grâce à des réserves abondantes.

En Polynésie, certaines tribus racontent aussi l’histoire d’un homme qui survit à un cataclysme.

En Chine, en Inde (avec Manou), des histoires semblables à celle de la Bible ont été racontées puis écrites.

Enfin, on peut découvrir dans le palais d’Assurbanipal, des tablettes où est inscrit le récit d’un déluge étrangement semblable à celui de la Bible. Tous ces documents, toutes ces histoires démontrent qu’il y a bien eu un déluge à divers endroits sur terre (Asie, Europe, Amérique…) … Cependant, il n’est pas utile de vouloir absolument affirmer que le déluge a envahi tout le globe … Des chercheurs explorent depuis des dizaines d’années le phénomène de la dérive des continents, etc.

9 : 18-29

Et les fils de Noé qui sortirent de l’arche étaient Sem, Cham, et Japhet :

À partir du verset 18 du chapitre 9 jusqu’au chapitre 11, nous avons la description du développement de l’humanité, du déluge jusqu’à Abraham (Archer, Godet) …

Le début de cette section est prophétique, annonçant le caractère et le destin de chacun des trois frères dans le cadre de l’extension de la communauté humaine. Le verset 18 donne un détail au sujet de Cham qui était « père de Canaan ». Les trois frères sont les ascendants de « tous les habitants de la terre » (v.19). Il n’y avait donc aucune autre population après le déluge. Noé, étant cultivateur, travaille la terre, et plante de la vigne. L’Arménie est le pays primitif de la vigne (v.20) …

… et il but du vin et fut ivre … : Noé est certainement un héros des temps anciens, mais il est comme tous les hommes, faillible. La Bible ne cache rien. On peut déduire, avec les biologistes, que le fruit de la vigne fermentait après le déluge, et Noé a été surpris par les effets de cette fermentation (v.21).

… et il se découvrit au milieu de sa tente : Dans l’état d’ivresse, Noé n’a plus le contrôle de soi (v.21b).

Et Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père et le rapporta à ses deux frères :

Quelle est la faute de Cham ? Une tradition juive met en avant le fait de voir la nudité d’un parent sans le couvrir. C’est probable, surtout le fait de ne pas le couvrir !(1) Ce serait à notre époque non assistance à personne en danger. C’est au minimum un manque de respect de la pudeur de l’autre. On peut comprendre que Noé, bien sûr mécontent, maudisse son fils lorsqu’il reprend conscience (v.22-25)(2).

Puis il dit : La prophétie de Noé établit l’ordre des choses pour l’avenir. Canaan sera serviteur de ses frères (les descendants), Japheth vivra dans « les tentes de Sem » (v.26-27).

Il faut éviter deux écueils dans la lecture de ce passage : Le premier serait de penser que le peuple de Canaan aurait été massacré plus tard par les descendants de Sem et Japhet (ce qui est impossible) ; le second serait de penser que le peuple issu de Cham et Canaan serait le peuple Noir et l’on justifierait ainsi l’esclavage des Noirs (impossible car pourquoi alors des Blancs auraient-ils été esclaves puisqu’ils n’auraient pas été maudits puisque descendants soi-disant de Sem ?). Le texte nous apprend plutôt que la nature humaine est mauvaise depuis la Chute en Eden, et que Cham a cédé au mépris pour son père, et que le plus jeune de ses fils a cédé aussi à cette attitude. Si on parle de « race », il faut parler de la « race « de ceux qui n’ont pas le même coeur que Dieu. On a déjà vu ça avec Caïn avant le déluge.

Et Noé vécut après le déluge trois cent cinquante ans … et il mourut :

Ces informations complètent celles du chapitre 5. (v.28-29). Ces mentions de dates et d’âges apportent des précisions sur les époques, mais ne sont en aucun cas des éléments de doctrine.

10 : 1-7

Voici la postérité des fils de Noé … : Ceux de Japhet : Gomer (qui a eu trois fils), Magog, Madaï, Javan (qui a eu quatre fils), Tubal, Mésec, Thiras … Ceux de Cham : Cuch, Mitsraïm, Put (pas de fils), et Canaan. Les descendants de Cham vont migrer vers le nord et l’est de l’Afrique, mais pas uniquement. Je note ici, que des hommes à la peau mate, basanée, noire ou presque, ont vécu dans ces régions mais aussi vers l’Asie, donc dans la direction opposée, et n’étaient pas des Chamites. Ceux de Sem : Elam, Assur, Arpacsad (famille nombreuse), Lud, Aram (Quatre fils). (v.1-7).

10 : 8-31

Et Cusch engendra Nimrod … : Les passionnés de généalogie se régalent en lisant ce chapitre 10 !!! C’est là, avec les noms des fils de Noé et de leurs descendants, que nous pouvons situer les peuples de l’Asie à l’Europe … Il y a parmi eux des noms que l’on reconnait car ils ont une importance dans le déroulement et l’explication de l’histoire de l’humanité. Prenons le premier nom cité « Nimrod » : Celui-ci bâtira la Tour de Babel, amènera l’idolâtrie d’une fausse déesse en la personne de sa propre épouse qu’on a nommé « Sémiramis » (K-E Schmidt). Tous ces noms, ce sont des personnes qui ont ou n’ont pas accompli la volonté de Dieu, ce sont des personnes, toutes précieuses pour le Créateur ; c’est la vie ! Et c’est plus important que l’histoire elle-même et toutes les théories que nous développons des milliers d’années plus tard. Dans ce sens, la Bible apparait comme une oeuvre d’art, scientifique, morale, et sociale. Combien ces versets nous révèlent les trésors contenus dans le lien social entre les générations.

Telles sont les familles des fils de Noé selon leurs générations, dans leurs nations … :

Au fil du temps et des migrations, les fils forment des peuples, des nations. Celles-ci sont toutes issues de Noé et ne peuvent jamais dire qu’elles ne sont pas concernées par l’alliance de l’Eternel avec l’humanité, et l’arc-en-ciel est vu de tous, partout ! (v.32).

11 : 1-9

Or toute la terre avait la même langue et les mêmes mots : Universalité de la langue (v.1).

Et étant allés su côté de l’orient, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Sinéar, et ils s’y établirent … Les hommes repartent d’Arménie et s’arrêtent dans une plaine fertile et riche (v.2), abandonnent leurs tentes pour construire des maisons (v.3), et bâtir une ville, dont une tour « dont le sommet soit dans les cieux » (v.4). Le verset 4 révèle l’intention de ce projet de construction d’une ville, c’est la peur d’être dispersés (ont-ils la crainte de Dieu soudainement, ou veulent-ils défier Dieu ?).

Et l’Eternel descendit … : Dieu constate l’avancement des travaux. La tour est un lieu qui rallie les hommes, alors que ceux-ci devraient se rallier dans la présence de Dieu, lui faire confiance à Lui seul et non dans leurs entreprises (Psaume 49: 12). Alors, le Seigneur décide de disperser ces hommes, probablement pour leur apprendre à Lui faire confiance (v. 5-8).

C’est pourquoi elle fut appelée Babel :

Les hommes voulaient bâtir Babel pour les rassembler (on pourrait dire sous un seul drapeau). Mais Dieu a fait autrement, en les dispersant, provoquant la diversité des langues, et finalement la multiplication des êtres humains à travers la terre … (v.9). Pour les uns, le nom « Babel » signifie « confondre », pour les autres, il veut dire « porte de Dieu » … Cela peut nous faire comprendre que c’est au plus près de Dieu, que les hommes l’ont oublié et ont péché par orgueil, pensant que leur unité dépendait de leur moyen de sécurité mis en oeuvre, alors est venue la confusion …(3)

(A suivre)

[A lire, en complément : « Zeugma : Mémoire biblique et déluges contemporains » de Marc-Alain Ouaknin(Seuil, 2013. Points Essais). Ou le déluge biblique revisité de manière pluridisciplinaire, pour mieux parler des « déluges contemporains ; et une réflexion pertinente et perspicace sur « l’éthique du futur » – « le principe de responsabilité »- dans le Judaïsme]

Notes :

(1)Sur l’intime, voir ce commentaire de Marc-Alain Ouaknin, rabbin et docteur en Philosophie, sur https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/01/24/laffaire-mila-vies-privees/

(2) Et c’est ainsi que la (re)découverte de cet épisode biblique nous permet de prendre conscience des dégâts provoqués par les paroles maudissantes d’un des plus célèbres ivrognes….https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/06/12/en-finir-avec-le-racisme/

(3) Sur la tour de Babel encore, voir notre méditation.

« Sortez de votre zone de confort » : quelle est votre vision pour les hommes de votre église locale ?

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich - 1818) Pour apprendre à connaître quelqu'un, sortez-le de sa "zone de confort" habituelle et...montrez-lui ce tableau !

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich – 1818)
Pour apprendre à connaître quelqu’un, sortez-le de sa « zone de confort » habituelle et…montrez-lui ce tableau !

La Bible donne plusieurs exemples d’hommes conduits(ou contraints) à « sortir de leur zone de confort ».

Ainsi, Noé(Genèse 6), pour qui la foi était nécessaire pour saisir le sens(en apparence peu évident)de ce que Dieu lui demandait de construire(Hébr.11v7)-un travail qui lui a pris environ 100 ans…

Abraham, parti à l’appel de Dieu, « sans savoir où il allait… »

Ou encore Moïse, que Dieu a sorti de sa retraite de 40 ans, et qui a déclaré être incapable de répondre à cet appel(Ex.4v10 ). Avant cela, nous dit l’Ecriture, il avait su choisir entre les richesses de l’Egypte et le partage de l’opprobre de son peuple(Hébr. 11v24-26)…..

…..Jonas, chargé d’aller vers les païens pour leur transmettre le message sans doute le plus court de tous les livres des prophètes… ou encore le Seigneur Jésus-Christ, qui a quitté le ciel pour « devenir chair »(Jean 1v14) et comme l’un de nous, à part le péché(Hébr.4v15). Lequel est venu, « non pour les justes, mais pour les pécheurs »(Matt.9v13), a parlé à une samaritaine, a touché des lépreux, s’est invité chez un publicain et est « mort pour des injustes, Lui le juste »(1 Pie.3v18 et cf Rom.5v6, Es.53)

D’une façon globale encore, le peuple d’Israël, en sortant d’Egypte ; ou l’Eglise naissante, corps de Christ, où croyants d’origine juive durent côtoyer croyants issus des nations(Actes 1011), et où « les plus honorables » durent donner « plus d’honneur » aux « moins honorables »(1 Cor.12v13-27)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Et d’une façon plus particulière, comment encouragez-vous les hommes de votre église locale à « sortir de leur zone de confort » ? De sorte qu’ils puissent vivre une réelle communion et manifester un véritable esprit d’équipe inter-générationnel, dans un unique but : plaire à un autre qu’à eux-mêmes ? Quelle est votre « vision pour les hommes » ?

Car, le problème pour un homme, ou les hommes en général, outre le fait de se retrouver régulièrement ensemble, c’est d’être confronté à ces trois défis ou obstacles :

– Penser que l’on a quelque chose à prouver

– Reculer, parce que l’on croit avoir quelque chose à perdre

– Se cacher et donc jouer un personnage…ou un double-jeu.

Or, l’homme véritablement consacré à Dieu est celui qui n’a rien à prouver cf Matt.4v3-7(et est donc à mille lieux d’un esprit de performance ou de compétition), qui n’a rien à perdre(et donc ne sacrifie pas la pertinence pour la popularité cf Gal.1v10)et n’a rien à cacher(et donc ne joue pas un personnage ou un rôle qui n’est pas le sien cf Jean 8, 12)

L'esprit d'équipe selon "Lagaan"("Once Upon a Time in India"), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

L’esprit d’équipe selon « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Une bonne vision pour les hommes de votre église les inspirera « à sortir de leur zone de confort », leur inculquera un véritable esprit d’équipe(ne pas craindre de demander de l’aide) à l’instar de ces quatre(Marc 2v3-4), et l’esprit du don(cf Eph. 2v2, 25)avec la volonté de chercher à plaire à quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes !

Sachant que nous disposons des ressources suivantes :

-Un modèle, le Seigneur Jésus-Christ(Marc 10v45)

– Une base, un fondement de vérité : la Parole de Dieu (1 Pie.1v22-25 ; 2 Tim.3v16)

– Un conseiller, le Saint-Esprit en nous, qui nous équipe et nous rend capable de et d’être (1 Cor.12 ; Jean 14– et ss ; Eph.4 ; Rom.8….)

 

 

 

 

 

« Apocalypse No(é) » : ou quand l’adaptation personnelle d’un épisode biblique est prétexte à raconter ses propres obsessions

La façon de mettre en scène les catastrophes en dit long sur nous-mêmes Par Andy Singer

La façon de mettre en scène les catastrophes en dit long sur nous-mêmes
Par Andy Singer

Difficile d’y échapper, du fait d’une campagne de promotion tapageuse et omniprésente.
Il s’agit bien entendu du film « Noé » (que je n’ai pas vu), de Darren Aronofsky*.
Le film n’était même pas encore sur les écrans français qu’il faisait déjà l’objet d’un déluge de critiques**.
La plus sévère étant celle de Jeremy Sourdril(«Pourquoi vous ne devriez pas aller voir le film NOÉ au cinéma ») , dans enseignemoi.com, mettant en garde les croyants contre les ajouts et l’esprit du film*** : « Le film Noé vous ment sur la véritable histoire de Noé. Il vous ment sur Dieu et sur les démons ».

Et de pointer le contraste entre l’acteur principal Russel Crowe****-qui, « fier de son film », a déclaré que « Beaucoup de gens pensent qu’ils connaissent l’histoire de Noé, mais ce ne sont que de vagues souvenirs de catéchisme, pas ce que la Bible dit vraiment » !-et le réalisateur, « qui, lui, athée », aurait déclaré[je n’ai pas pu vérifier] que « c’était le film biblique le moins biblique jamais réalisé ».

Qu’a voulu exprimer le réalisateur avec ce film ? Faut-il aller le voir ? Peut-il être un « vecteur d’évangélisation »(gros mot pour certains) ?

 

Les américains, des raconteurs d'histoire : la leur ! (Scène du film : "Mud, sur les rives du Mississipi)

Les américains, des raconteurs d’histoire : la leur !
(Scène du film : « Mud, sur les rives du Mississipi », de Jeff Nichols-2012)

Avant d’aller plus loin, il convient de garder à l’esprit une évidence, soit que l’adaptation du récit de Noé est américaine. Or, comme le soulignait fort pertinemment le chercheur en relations internationales Chady Hage-ali (Voir son blog « Stratpolitix ») dans un commentaire daté du 13 mars 2014, en réaction à l’un de nos billets « action mais pas réaction » :
« Le cinéma américain[ou un certain « cinéma américain »*****], qu’on l’aime ou pas, n’est jamais neutre et gratuit, comme, du reste, toute œuvre artistique ou production humaine. Qu’il s’agisse de faire de la propagande ou de l’argent [ou dans l’idéal, les deux à la fois], le cinéma US est une « machine à rêves », une « arme idéologique » qui s’intègre au « soft power », donc à une stratégie de séduction, de diffusion des idées et valeurs, de rayonnement culturel ou de « conquête des esprits » douce et affûtée. Il faut toujours appréhender une œuvre en pleine connaissance de cause et pleine conscience. Hélas, on n’incite certainement pas les jeunes à développer leur esprit critique afin de ne pas inhiber leurs (si rentables) pulsions consuméristes. Même lorsque l’on regarde un film américain portant sur un épisode de la Bible (actuellement, c’est « Noé » qui fait l’objet d’une promotion tapageuse), il faut avant tout se mettre en tête que la Bible est un prétexte que les Américains utilisent pour se raconter eux-mêmes… »

Tirer parti d’une adaptation littéraire ou-ici, biblique-pour raconter tout autre chose, et, surtout, soi-même.

Effectivement, sur ce point, l’une des critiques(non chrétienne-celle du site Critikat) les plus intéressantes du film, parce qu’elle en dit long sur les objectifs et obsessions du réalisateur, relève qu’« Au-delà de sa relecture apocryphe du mythe(sic), Noé est avant tout la chronique – presque minimaliste – d’une obsession, cette aliénation de l’esprit à l’idée(…) Ici, cela revient à jouer des trous du texte : qu’est-ce qui a pu amener Noé, élu de Dieu et sauveur de toute race vivante, à finir ivrogne, nu, endormi sur une plage, maudissant sa progéniture ? »

Ce qui est vrai en journalisme dans le traitement de l’information est aussi vrai dans la façon de raconter une histoire(en l’adaptant) : tout est une question d’angle (de point de vue) et de regard. Et ici, quel est le regard du réalisateur-adaptateur sur ce récit de Noé, contenu dans les chapitres 6-9 de la Genèse ? Quel est son regard sur Dieu, l’homme, l’engagement de Dieu par rapport à l’homme ? Qui est valorisé, glorifié, en fin de compte ? La question semble être là.

Un autre internaute, au sujet de la mini-série « The Bible », jugeait déjà que le propre d’un film (ce qui est aussi son problème) vient « de ce que les images (et les sons) s’impriment dans nos mémoires. Il suffit d’une expression du visage ou de quelques mots inventés pour nous donner une autre compréhension de l’Evangile… » qui risque de ne plus être l’évangile.
Une telle « superproduction » aura-elle un impact positif sur les spectateurs ? Peut-elle donner à connaître fidèlement et véritablement le message de la Bible ?

Avec « Noé, le film », il semble que l’on en soit loin. Car, ici, comme l’analyse Critikat, l’idée du film « est de transformer, par une suite de glissements parfois rocambolesques, son super-héros primitif en dément obtus, dévoué à sa mission jusqu’à l’absurde. À savoir que Noé, pris d’une sorte de folie fondamentaliste, aurait condamné l’humanité dans son ensemble, jusqu’à en dessouder sa descendance (….) ». L’idée, jugée «belle», « parce qu’elle conjugue, pour les mettre en crise, les deux pôles élémentaires des genres cinématographiques invoqués par le mythe de Noé : le film biblique et le film catastrophe. Côté Bible : le récit des pionniers en mission pour Dieu, vieille lubie hollywoodienne, qui consiste à rabattre l’Ancien Testament sur l’histoire de l’Amérique. Côté apocalypse : la famille en crise, éternel envers du disaster movie, qui profite du cataclysme pour renouer les liens. Dans le fond, Noé a moins à voir avec Les Dix Commandements ou 2012 qu’avec Shinning ou (…)Take Shelter******. C’est-à-dire des films où la cellule familiale se retrouve menacée par les obsessions entropiques du patriarche. Le film d’Aronofsky partage avec celui de Jeff Nichols le motif de l’abri servant à trouver refuge autant qu’à attiser une angoisse – et avec celui de Kubrick l’idée du film-labyrinthe, une boîte-cerveau ici prétexte à un duel à distance entre deux pères prédateurs, repliant ainsi à échelle humaine l’interrogation à double tranchant du récit : un conflit entre obédience divine (l’homme doit se résigner aux voies du Seigneur – mais jusqu’à quel point ?) et humanisme vaguement nietzschéen (l’homme ne doit pas obéir à Dieu mais à sa propre volonté – de puissance) ?….. »

Bref, si l’on en croit ce qui précède, la simplicité du message biblique semble noyée dans « Noé », film se voulant complexe et ambitieux. Pourra-t-on encore faire un « Noé biblique » après celui-ci ? A moins que cela ne soit « Noé, le film : après moi, le déluge ? »

Pour ma part, je ne suis guère tenté (pour l’instant) d’aller voir ce film, mais si vous souhaitez absolument(et légitimement)vous faire votre propre opinion, il me paraît judicieux de vous conseiller de lire avant le récit original de la vie de Noé et du déluge, dans le livre de la Genèse (chapitres 5v29 et 610).
A noter que l’on reparle de Noé dans l’Ancien Testament : Premier livre des Chroniques 1v4 ; Esaïe 5v:9 ; Ezéchiel 14v14, 20
Et dans le Nouveau Testament.
A propos de Noé et de son arche : http://bibliorama.fr/archeo_deluge.html

Un article de la revue Promesses, sur « l’après-Noé ».

 

 

 
Notes :

*« Noé » de Darren Aronofsky(USA, 2013. Sortie française 9 avril 2014) Avec Russell Crowe (Noé), Jennifer Connelly (Naameh), Douglas Booth (Sem), Logan Lerman (Cham), Emma Watson (Ila), Anthony Hopkins (Mathusalem), Ray Winstone (Tubal-Caïn)

 

** D’autres critiques :

http://cahierslibres.fr/2014/04/faut-il-bruler-noe-darren-aronofsky/

http://evangelion116.fr/noah/

http://www.fait-religieux.com/-noe-de-darren-aronofsky-face-a-un-deluge…de-critiques

http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Noe-5020.html

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-film-Noe-s-attire-les-foudres-de-chretiens-et-de-musulmans-2014-03-11-1118731

http://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-noe-que-pense-la-critique-americaine-du-film-22995.htm

http://www.huffingtonpost.fr/2014/04/09/noe-bible-darren-aronofsky-blockbuster_n_5110985.html

Et le point de vue du réalisateur :
http://www.metronews.fr/culture/darren-aronofsky-noe-c-est-mon-film-de-super-heros/mndh!1qNui8yW7icug/

http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Darren-Aronofsky-il-fallait-que-le-spectacle-de-Noe-soit-enorme-que-les-miracles-soient-sur-l-ecran-3978671 : « J’essayais d’être fidèle au Livre et je voulais qu’il y ait une petite ambigüité à la fin. C’est l’histoire d’une seconde chance donnée à l’humanité. Et cette seconde chance, c’est nous », explique le réalisateur.

*** des éléments(« les ajouts » au récit biblique)dénoncés par la critique sur enseignemoi.com corroborés ici : « Dans cette Terre d’avant le Déluge, quelques générations seulement se sont écoulées depuis qu’Adam et Eve ont été chassés de l’éden, la mue du Serpent (oui LE serpent) est une relique presque magique et des anges déchus appelés Gardiens désormais prisonniers de corps de Pierre cohabitent avec les hommes. Ainsi cet univers ne nous semble pas si éloigné finalement des Terres du Milieu de Tolkien ou de l’Age Hyborien de Robert E.Howard toile de fond des aventures de Conan le Barbare(…)
La seconde partie s’ouvre sur une séquence que n’aurait pas reniée un Mallick ou un Kubrick, Noé raconte la création de l’univers, Aronowsky tente de concilier le récit biblique et la science montrant que les « jours » évoqués dans la Genèse couvrent des millions d’années.
Le film troque alors sa dimension épique pour un huis-clos, Noé devenant un antagoniste quand il annonce, menaçant qu’il n’y a pas de place dans ce nouveau monde pour l’humanité et qu’elle doit s’éteindre avec eux. On retrouve le thème du sacrifice très présent dans l’Ancien Testament Noé étant prêt à sacrifier ses futurs petits enfants à ce qu’il croit être la volonté divine(…)un vilain plus complexe qu’il n’y parait, traversé lui aussi d’interrogations sur ce Créateur dont il attend des réponses qui ne viennent jamais. Il développe une philosophie intéressante sur la place de l’homme dont le destin d’après lui est de dominer la création (…)
Plus mythologique que biblique, plus chamanique que religieux, aussi ésotérique qu’épique, Noé bien qu’imparfait est un film d’une ambition démesurée qui par sa puissance évocatrice reste longtemps à l’esprit ».

 

**** Lequel Russel Crowe avait pensé faire appel au Pape François pour faire « la promo du film » : « Sur Twitter, l’acteur a ainsi interpellé lundi 24 février @Pontifex : « Cher Saint-Père… le film Noé : une projection ? Le message du film est puissant, parlant, retentissant… » Un message immédiatement suivi d’un appel aux internautes à relayer le message : « Compte tenu de son message environnemental et de ses connaissances savantes, j’essaie d’organiser une projection de Noé pour le pape François… Vous m’aidez ? »
Sans réponse de l’évêque de Rome, Russell Crowe s’est montré particulièrement déterminé en insistant le 25 février : « Cher Saint-Père, désolé d’avoir mis le bazar dans vos réseaux sociaux… Je pense sincèrement que le film Noé va vous fasciner. » Appel qu’il a encore ponctué un peu plus tard d’un « peut-être que ça se fera, Inch’Allah ».

 

***** Je nuance, car, je tiens à le préciser, j’apprécie beaucoup « un certain cinéma américain »(d’auteur-classique et contemporain : voir les différentes critiques de films sur ce blogue)

 
******Take Shelter
Drame réalisé en 2011 par Jeff Nichols
Avec Michael Shannon , Jessica Chastain , Tova Stewart …
Date de sortie : 04 janvier 2012

Histoire d’un homme ordinaire, mari et père concerné, ouvrier de chantier, dont les nuits et bientôt les jours sont hantés par des visions de catastrophes et de menaces sur sa famille et sa communauté. Leur persistance le conduisant à les prendre pour prémonitoires, il s’attelle à la sécurisation de son foyer, sous le regard impuissant de son entourage observant son comportement de plus en plus obsessionnel et paranoïaque – notamment à la restauration de l’abri anti-tempête enfoui dans son jardin… (http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/take-shelter.html )

 

 

 

 

 

« Sens » + « utile » = « ustensile » (ou : la foi, concrètement)

Note : ce sujet a été proposé à des enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. L’accroche s’inspire de celle utilisée par Judith ERDMANN, pour son article « Vivre sa foi au quotidien », paru dans le volume 1 d' »Efferv’Essence », ressources d’études bibliques et de thèmes pour Jeunes, pp 88-89(Ed. LLB, 2001)

Objectifs :

– (Re)découvrir ce qu’est la foi et ce qu’est « avoir la foi »

– Développer et manifester ma foi en Dieu au quotidien

-Découvrir que ma vie a du sens et est donc utile, pour être un « ustensile » entre les mains de Dieu, pour le but que Lui a prévu pour moi.

Passage à étudier : Hébreux 11v1-7

Accroche :

1)Présenter à vos enfants/jeunes un premier groupe de lettres(découpées dans du carton, par exemple) dans le désordre. Celles-ci doivent être réunies pour former le mot à découvrir : U T I L E

Inscrivez-vous - Une façon par Andrew Schmidt Plus d'issue ? Si ! Une !

Inscrivez-vous – Une façon par Andrew Schmidt
Plus d’issue ? Si ! Une !

2)Présentez-leur un deuxième groupe de lettres, avec la même consigne. Ils doivent trouver S E N S

3)Mélanger toutes les lettres et demandez enfin de trouver un nouveau mot.

Ce sera……..U S T E N S I L E !

« Moralité » : une vie qui a du SENS est une vie UTILE. Soit la raison d’être d’un USTENSILE.

Qu’est-ce qu’un USTENSILE ? C’est un objet d’usage quotidien, pour un usage précis. Ainsi, une gamelle doit pouvoir contenir de l’eau, des aliments et résister aux chocs, au feu…Elle ne sert, « ne vit » que si elle est utilisée pour le but pour lequel elle est prévue.

Si l’on utile la gamelle pour un usage « contre-nature »,

l’on « se plante »*. Son usage doit être JUSTE.

Par association d’idées, comment notre vie à nous peut-elle être juste ? Avoir du sens, être utile, dans le but prévu…? En acceptant d’être un USTENSILE dans les mains de Dieu !

Et à quelle condition Dieu pourra-t-il diriger notre vie, pour qu’elle ait du SENS et pour qu’elle soit UTILE et JUSTE ?

Si nous lui faisons confiance, en faisant preuve de foi, bien sûr !

Lisons ensemble ce passage de la Bible, Parole de Dieu, pour découvrir un premier principe sur la foi :

« Or le juste vivra de foi » (Hébr.10v38)

Qu’est-ce que la foi ? Avoir la foi** ?

« Or la foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas.
Car c’est par elle que les anciens ont reçu témoignage.
Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent.
Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste,
Dieu rendant témoignage à ses dons; et par lui, étant mort, il parle encore.
Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu.
Or, sans la foi il est impossible de lui plaire; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le recherchent.
Par la foi, Noé, étant averti divinement des choses qui ne se voyaient pas encore, craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi »(Hébr.11v1-7).

1) La foi, c’est….

« une assurance », « une conviction », une certitude. Du solide !C’est croire sans voir(cf 2 Cor.5v7), en se fiant à quelque chose/quelqu’un de sûr, de sérieux, fiable et digne de confiance.

La foi nous donne un bon témoignage, une bonne réputation. De qui ? De Dieu !

Celui qui a la foi est-il un fou ou un sage, un homme intelligent ? La foi rend intelligent, car « c’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la Parole de Dieu….(Le monde que nous voyons a donc du sens, un but et une origine)….de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible »(ce que l’on voit n’est pas tout)

La foi rend humble : car face à un créateur invisible et infini, plus grand que nous, nous prenons conscience que nous sommes limités. Nous sommes face à une réalité qui nous dépasse. Nous ne maîtrisons pas tout

et nous n’avons pas de vue d’ensemble des choses. Dieu, oui.

La foi, c’est enfin chercher à plaire à Dieu et donc (re)considérer nos priorités : pour quoi, pour qui vivre ?

La foi me pousse à être fidèle à quelqu’un d’autre que moi.

2)Avoir la foi, c’est….

« Croire que Dieu existe » et que ce Dieu qui existe est digne de confiance. Il récompense celui qui le cherche. Cherche Sa volonté. Et sa récompense, c’est Son approbation, Son « bravo ».

La foi repose sur le fait de croire en l’existence de Dieu et sur Sa fidélité : on ne sera donc pas effrayé par les circonstances ou les épreuves ; on ne se reposera pas sur nos limites ou les limites de ce que l’on voit.

Terminons par trois exemples d’hommes de foi, présentés dans les vv1-7 d’Hébreux 11 : quel témoigne chacun a-t-il reçu de la part de Dieu ? Pourquoi ?

– Abel (Hébr. 9v22 ; 11v4 ; Gen.4v4) : « par la foi », il a offert à Dieu un sacrifice de plus grande valeur(« des premiers-nés de son troupeau, et leur graisse ») que celui de Caïn. Par sa foi, il fut déclaré juste. Dieu témoigne de ses offrandes : par elles, Abel « parle encore »***.

– Hénoc(Hébr.11v5 ; Gen.5v22-24) : voilà un homme dont on ne sait que très peu de choses,  à part qu’il a « marché 300 ans avec Dieu », c’est à dire qu’il a vécu en étroite relation avec Dieu et pour Lui plaire à tous égards. Le contexte de sa vie est édifiant à souligner : le chapitre 5 du livre de la Genèse, dont lequel on trouve cette information sur Hénoc, est une généalogie, comme on aime à en lire dans la Bible. Les personnes mentionnées vécurent un grand nombre d’années, mais tous avec la même conclusion : « et il mourut ».

Même si nous vivons tous extrêmement longtemps, nous finirons tous par mourir un jour. Quelle attitude avoir, alors, dans une telle perspective bien peu réjouissante ? Soit « jouir de la vie sans entrave », être pessimiste, ou, au contraire, « s’investir » dans ce qui est « durable » : la Parole de Dieu et les hommes.

Hénoc a (bien) choisit : il « engendra des fils et des filles »(et a sans doute été préoccupé de leur éducation ?), confiant dans l’avenir, et a « marché 300 ans avec Dieu ». La conclusion de sa vie ? « Et Hénoc marcha avec Dieu; et il ne fut plus, car Dieu le prit ».

-Noé, enfin(Hébr.11v7 ; Gen.6v1-22) : « c’est par la foi que Noé, divinement averti[implique de sa part une grande communion avec Dieu, particulièrement à une époque où l’humanité était pleine de corruption et de violence : pas de quoi encourager à la droiture et à plaire à Dieu, soit à vivre à contre-courant ! ]de ce qui ne se voyait pas encore[l’annonce et l’exécution du jugement de Dieu sur une humanité corrompue] et saisi d’une pieuse crainte, construisit une arche pour sauver sa famille : c’est(par cette arche)qu’il condamna le monde et devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi ». Par la foi, Noé a obéit à Dieu. L’arche construite est à la fois le moyen de salut révélé par Dieu, et le révélateur du jugement de Dieu.

Quel est le point commun de ces trois hommes de foi ?

Voyage par George Hodan   Les  chrétiens : des "voyageurs", "en séjour", dans ce monde

Voyage par George Hodan
Les chrétiens : des « voyageurs », « en séjour », dans ce monde

 

 

Ils ont témoigné de fidélité(foi), de persévérance et de patience. Et ils ont ainsi confessé qu’ils étaient « étrangers et résidents temporaires » sur cette terre : « dans le monde », quoique « pas du monde » !

 

 

 

 

 

 

Notes :

* Au risque de prendre une gamelle ?

** « Foi » se traduit aussi par « adhérence ».

*** L’offrande de Jésus-Christ parle mieux encore.