Discernes-tu le discernement ?

Scènes du film "Le Silence des agneaux"(J. DEMME, 1991)

Scènes du film « Le Silence des agneaux »(J. DEMME, 1991)

Parmi les dons spirituels énumérés en 1 Corinthiens 12v10, le discernement paraît discret, peu valorisant et quelque peu « coincé » entre plusieurs autres dons
au caractère plus « charismatique » que lui :  « miracles », « prophétie », « diversité des langues »….
Pourtant, rappelle Neil ANDERSON, dans son ouvrage « Le Libérateur »(Edition Clé, 2002), « le discernement spirituel est notre premier moyen de défense contre la tromperie. Le Saint-Esprit a établi sa demeure dans chaque croyant et il ne reste
pas silencieux quand nous sommes en présence d’une contrefaçon. Le discernement, c’est cette petite sonnerie qui se déclenche en nous quand il se passe quelque chose d’anormal. »(op.cit., p 219)

Le discernement, nous rappelle la Parole de Dieu, la Bible, c’est ce qui caractérise un homme mature, un « homme fait » : « ceux qui, par l’usage, ont le sens exercé à discerner le bien et le mal. »(Hébr.5v14)
C’est ce qui permet de penser d’abord à chercher qui se cache derrière certaines pétitions qui fleurissent sur le net, avant de cliquer. Ou de penser à lire attentivement un programme politique, plutôt que de relayer sans discernement des slogans simplistes et « vulgarisés »(vulgaires ?).

Cependant, ajoute Neil ANDERSON(op. cit., p219), « si nous voulons avoir un esprit de discernement, il est d’abord nécessaire d’examiner nos motivations », à l’instar du Roi Salomon(cf 1 Rois 3v5-14)
« Le véritable discernement n’est jamais motivé par le désir de se mettre en avant, la recherche du gain personnel ou la volonté de s’assurer un avantage sur autrui-pas même sur un ennemi(…)Le discernement n’a qu’une seule fonction : distinguer le bon du mauvais afin que le bon puisse être reconnu et le mauvais rejeté. En 1 Corinthiens 12v10, le discernement est présenté comme étant la faculté accordée par Dieu de distinguer un bon esprit d’un mauvais. Il s’agit d’une manifestation de l’Esprit, qu’il convient d’utiliser dans le but d’édifier l’Eglise »(op. cit., pp 219-220).

Le discernement, c’est ce qui nous permet de ne pas croire tout esprit, mais d’éprouver les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu(1 Jean 4v1 et ss).
Le discernement nous permet d’éprouver les dons, pour vérifier qu’ils viennent bien de Dieu.

« Le discernement spirituel », dit encore Neil ANDERSON, n’est pas une fonction de la pensée, mais une fonction de l’esprit.
C’est parce que nous sommes unis à Dieu que nous pouvons avoir du discernement spirituel. »(op. cit., pp 219-220)

Le discernement est donc un don à rechercher. Est-ce un don que l’on recherche, dans et pour l’Eglise ?
Aspire-t-on à être un homme mature, un « homme fait », capable de faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal ? Bien et mal selon Dieu, s’entend. Cela n’a pas changé, même si, aujourd’hui, on tend à faire passer pour « bien » ce qui est mal et « banal » ou de « bon sens » ce qui est mal.

Le discernement est donc un don. Un don de grâce. Nous pouvons le recevoir. Nous pouvons aussi le perdre, en plus du danger d’en faire un mauvais usage, si nous négligeons de l’exercer.

Tu aspires à être un homme(une femme)spirituel(le) mature ? Aspire au don de discernement pour édifier l’Eglise ! Et exerce-toi à l’exercer !

« Ma Parole est comme un feu et comme un marteau qui brise le roc », dit le Seigneur…

Dans sa lettre à Oskar Pollak, Franz Kafka écrit qu’ « …un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous ».

Une citation qui m’en rappelle une autre, du prophète Jérémie. Ce dernier compare les songes(de ceux qui se prétendent prophètes, dans le passage qui suit) à « de la paille » et la Parole de Dieu « à du froment » ou du grain, ainsi

Ammonite et rockhammer par Jennifer P

Ammonite et rockhammer par Jennifer P

qu’à « un marteau qui brise le roc » :

« Moi, le Seigneur, j’ai entendu ce que disent les prophètes. Ils prétendent parler de ma part, mais c’est faux. Ils annoncent : «J’ai eu un rêve, une vision !» Jusqu’à quand en sera-t-il ainsi ? Qu’y a-t-il dans l’esprit de ces prophètes, quand ils proclament ce qui est faux, ce qui n’est qu’invention trompeuse ? Avec leurs visions, qu’ils se racontent l’un à l’autre, ils ne visent qu’à faire oublier à mon peuple qui je suis, comme ses ancêtres, qui m’avaient oublié au profit du dieu Baal. Si un prophète a un rêve, eh bien, qu’il raconte son rêve ! Mais s’il a un message de moi, eh bien, qu’il le proclame fidèlement !

Il ne faut pas confondre
la paille avec le grain,
déclare le Seigneur.

Le feu par Petr Kratochvil"Ma Parole n'est-elle pas comme un feu...?"

Le feu par Petr Kratochvil
« Ma Parole n’est-elle pas comme un feu…? »

Ma parole est comme un feu,
comme un puissant marteau
qui brise le rocher ».

(Jér. 23v25-29 – Français courant)

A ce sujet, Neil Anderson explique, dans son livre Le Libérateur, que « Dieu a souvent parlé à des personnages de la Bible [Note : et parle même encore aujourd’hui] par des songes. Mais comparés au froment nourrissant de sa Parole, les songes ne sont que de la paille. Si vous donnez à manger uniquement de la paille à du bétail, il mourra. Il se couchera dessus, mais il n’en mangera pas car elle ne contient pas d’éléments nutritifs. De même, les songes ont une certaine valeur, mais ils ne doivent jamais être mis sur un pied d’égalité avec la Parole de Dieu, ni servir de base à notre foi. Ce sont les songes qui doivent être en accord avec la Parole de Dieu- jamais l’inverse.

Et de Jérémie de poursuivre, au nom de l’Eternel : Ma parole n’est-elle pas comme un feu, et comme un marteau qui fait éclater le roc ? » (v29)

Et qu’est-ce que cette parole de Dieu, qui est comme un feu et comme un marteau qui fait éclater le roc ? Une parole qui vient vraiment de Dieu aura pour effet d’inciter le peuple de Dieu à marcher dans la justice, et non de le tranquilliser dans un péché caché, non confessé.

Car « Dieu se soucie plus de la pureté de l’Eglise que de sa croissance, car la pureté de l’Eglise est une condition préalable à sa croissance. Le réconfort est apporté uniquement à ceux qui souffrent et qui sont persécutés à cause de la justice. »

(Neil Anderson op. cit. pp 213-214)

Moralité : ne confondons pas la paille avec le grain !