Comment savoir si je suis vraiment chrétien : une question fondamentale

Le chrétien affirme que c’est Jésus le Seigneur qui a désormais autorité dans sa vie.
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Une question fondamentale, soulevée par un article publié sur La Rebellution, un très bon blogue jeunesse que je recommande, est de « savoir si je suis vraiment chrétien », et comment peut-on le savoir.  Ce qui suit est une synthèse de ma contribution à la discussion suscitée par ledit article.

La question est effectivement importante, car, « comme l’a écrit J. C. Ryle », cité dans l’article de La Rebellution, « une des plus grandes erreurs de l’Église c’est de ne jamais avoir assez rassuré les chrétiens de leur salut (et du fait qu’ils ne le perdront jamais) et en même temps de ne pas avoir dit assez honnêtement aux non-chrétiens qu’ils allaient en enfer (même s’ils croient le contraire) ». L’article donne la définition « d’un chrétien selon la Bible », mais présente comme « une erreur répandue » de croire « que pour que quelqu’un soit chrétien, il faut forcément qu’il y ait un « avant » et un « après » conversion, qu’il passe par un changement radical (jamais mentionné dans la Bible). C’est bien sûr le cas de ceux qui viennent d’une famille non-chrétienne. Mais certains, par la grâce de Dieu, ont grandi dans une famille chrétienne, ont toujours sincèrement cru en Christ et portent des bons fruits (….) ». Si quelqu’un était dans ce dernier cas, il ne devrait pas attendre « le changement incroyable qui n’arrivera jamais » et ne plus douter.

Même si on peut lire de bonnes choses dans cet article, j’avoue que l’affirmation suivante me gêne un peu : « Une erreur répandue est de croire que pour que quelqu’un soit chrétien, il faut forcément qu’il y ait un « avant » et un « après » conversion, qu’il passe par un changement radical (jamais mentionné dans la Bible)…»

Effectivement, chaque vie est différente et il ne convient pas de se comparer avec d’autres qui ont pu avoir une vie plus bouleversée que d’autres avant leur conversion. Il importe donc de ne pas stéréotyper la façon dont devrait se réaliser/manifester la conversion en Jésus-Christ, qu’il s’agisse d’un enfant de chrétien ou d’une personne qui n’a eu aucun arrière-plan chrétien ou religieux, sur la base de notre vécu et de notre propre référentiel. Alors, oui, les expériences de conversions sont différentes. Elles peuvent être spectaculaires (pour un enfant de chrétien ou non) comme elles peuvent être peu visible (idem). Elles peuvent se produire à un instant précis ou être le résultat d’un parcours plus long, quelle que soit la personne, sa situation, son arrière-plan ou l’étape de sa vie.

Néanmoins, il y a forcément, pour chacun, quel que soit notre arrière-plan, « un avant » et « un après » : le Seigneur Jésus déclare d’ailleurs à un homme de très bonne réputation, sans doute déjà âgé (Nicodème), qu’il lui faut (je souligne) « naître de nouveau » (cf Jean 3v3, 5). Cet exemple édifiant nous révèle que notre vie peut basculer et changer à tout moment, et qu’à tout moment, nous pouvons être rejoint, trouvé et transformé par Jésus-Christ. Cette « nouvelle naissance » est un….changement radical, lequel engage toute notre personne dans ce processus de transformation.

C’est donc bien biblique : faire une rencontre personnelle avec Jésus-Christ, mourir avec Christ et ressusciter avec lui pour une vie nouvelle, être marqué par l’Esprit de Dieu qui fait de nous des enfants du Père céleste, devenir « une nouvelle création » en Christ…C’est « radical », comme changement, non ?

Ceci dit sans jugement (c’est un constat), le drame de certains jeunes, nés dans une famille chrétienne, est d’estimer qu’ils n’ont pas besoin de passer cette étape, confondant sans doute le fait d’avoir été élevé dans la foi avec leur responsabilité personnelle de prendre position pour Christ. Je ne sais pas s’il est juste de dire que des enfants de chrétiens auraient « toujours cru en Christ et vécu selon sa loi », mais ce qui me paraît fondamental est, qu’à un moment de notre vie, nous ayons confessé clairement que « Jésus-Christ est le Seigneur à la gloire de Dieu, le Père » (cf Philippiens 2v11). Pour ma part, bien que né dans une famille chrétienne, Jésus m’a trouvé lorsque j’avais 16 ans. Je lui appartiens aujourd’hui.

Dit autrement, au-delà des étapes/parcours de conversions différentes, nous savons que nous sommes chrétiens, quand nous témoignons, affirmons (par notre vie) et confessons (avec des mots) clairement qu’il y a eu et qu’il y a désormais un changement radical dans ce qui fait autorité dans notre vie. Et le chrétien affirme que c’est Jésus le Seigneur qui a cette autorité dans sa vie. C’est pourquoi l’on peut dire qu’il y a bien « un avant (Jésus Seigneur) et un après (Jésus Seigneur) ». A noter que prier à haute voix nous permet de manifester ouvertement notre confiance en la puissance de Dieu, qui seul nous sauve et nous transforme, plutôt que dans les hommes et/ou une forme de rituel « magique ».

L’enjeu de toute notre vie chrétienne est de vivre ensuite au quotidien cette Seigneurie de Jésus, en veillant à ce qu’il n’y ait plus de « zones réservées/privées », c’est-à-dire des domaines de vie qui ne concerneraient pas Jésus. Tout dans notre vie le concerne. Un témoignage de ce changement radical, après avoir rencontré Jésus, est la démarche logique dès que l’on a fait le pas de la foi : c’est le sens du baptême, qui permet à l’adulte qui se fait baptiser de marquer ce changement, comme sa volonté d’affirmer sa foi.

L’autre enjeu spirituel est de vivre, non plus en « bébé » ou en « enfant », mais en « chrétien adulte », manifestant un christianisme non « identitaire » mais « d’adhésion », affranchi de la foi/désirs de ses parents dans la chair/spirituels.

Concernant notre certitude d’être sauvé, Ephésiens 2v8 souligne que « c’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu ». Le salut est donc l’œuvre de Dieu seul. Si donc c’est Dieu qui nous sauve, qui pourrait renverser ou détruire ce que Dieu fait ? Qui est plus puissant que Dieu pour détruire Son œuvre ?
En fin de compte, on ne peut pas « perdre son salut », sinon en choisissant de le refuser et de le renier.

Notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ a dit : « J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Ecriture soit accomplie. » (Jean 17v12).

Toi, lecteur, qui es-tu ? A qui appartiens-tu ?

Born again

Josh Garrels est un artiste chrétien américain hors du commun, que j’ai découvert récemment grâce au blogue « Cep et sarment », mais dont on parle fort peu sur la toile francophone. Cela peut se comprendre vu à quel point il est « hors de nos communs », surtout si nous sommes habitués à la louange pop de type Hillsong, Jésus culture, ou Glorious.

Vincent M.T. qui a écrit une note de blogue à son sujet sur Visio Mundus, relève que cet auteur-compositeur-interprète indépendant s’est notamment fait connaître par sa chanson Farther along (2011), inspirée du cantique éponyme (attribué à W.B. Stevens), où il évoquait le mystère du mal et l’amour du Christ.

Son style musical est extrêmement varié, touchant notamment à la folk, à la country, ou au rap/hip-hop. S’il ne « cache pas son drapeau » (chrétien), ses chansons parlent aussi bien à des chrétiens qu’à des gens qui ne le sont pas, simplement parce qu’il nous donne à entendre ses états d’âmes, ses questions, ses prières et ses espoirs en toute transparence et authenticité.  Sa musique se prête donc plutôt bien à l’introspection, ayant pour effet de remuer en nous des sentiments que l’on n’ose pas toujours explorer.

Ainsi, par exemple, dans « Born again » (« Renaître »), une chanson « pour les heures les plus sombres », Josh Garrels fait référence à cette exigence que Jésus présente dans l’Evangile selon Jean à la dernière personne qui semble ne pas en avoir besoin : le vieux docteur de la loi Nicodème, un homme qui n’a plus rien à prouver…Aujourd’hui encore, cette exigence garde toute son actualité et s’adresse également à nous, que nous ayons ou non un arrière-plan chrétien.

Cette chanson (voir le clip plus haut) est le cri de celui qui se sait esclave d’une maladie déshumanisante qui ronge le cœur de l’homme : le péché. Avant de prendre vos jambes à votre cou à la lecture de ce qui précède, notez que, contrairement à ce que nous pensons souvent, le péché n’a rien à voir avec le fait d’avoir « un mauvais comportement » ou une « mauvaise moralité ». Pécher, étymologiquement(en hébreu comme en grec), veut dire « manquer le but », soit « être à côté de la plaque » et « passer à côté » du cadre de l’alliance de Dieu avec l’homme, en violant celle-ci. Sans ce cadre, la liberté devient une liberté de tous les désirs et le résultat est la dispersion et la cassure, puisque l’éloignement avec Dieu casse ce qui nous relie aux autres.

Cette chanson est enfin le cri de désespoir de celui qui sait pécheur et enfermé dans une impasse. C’est pour cela qu’elle est aussi pleine d’espérance, parce qu’elle nous montre le chemin vers celui qui n’est pas venu « nous faire la morale », mais pour nous faire passer de la mort à la vie, de sorte que nous pourrons prendre un nouveau départ sur des bases entièrement nouvelles.

Bonne écoute !

 

« Le Premier jour de la semaine » : dimanche, pas lundi

Et alors ?

« Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous !
Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur ».(Jean 20v19-20)

Ce jour est le premier de la semaine : lundi ? Non ! le dimanche.

C’est le premier jour de la semaine que Jésus, mort et enseveli trois auparavant, est ressuscité, « selon les Ecritures » (Jean 20v9 et cf Luc 24v25-27, 44-47, 1 cor.15v3-4).

Et alors ? Et alors, voici les conséquences de la résurrection de Jésus :

Sors ! Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

Sorti !
Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

-Une évidence : il n’est plus dans le tombeau. Il n’est plus parmi les morts. Il n’est donc pas à chercher là.(cf Matt.28v6)

– Jésus ressuscité se manifeste à ses disciples dans la crainte, qui s’étaient pourtant enfermés à double tour. Il leur déclare : « la paix soit avec vous ! »

Jésus ressuscité transcende les barrières, dépasse les murs et nous rejoint là où nous (en) sommes. Il vient au milieu de nous nous apporter la paix : la paix avec Dieu, la paix de Dieu, établissant des relations nouvelles et meilleures avec ceux qui étaient dans la crainte, enfermés sur eux-mêmes.

« Sans justice, pas de paix ». Or, justement, Jésus est ressuscité « pour nous rendre justes ».

-Jésus est réellement ressuscité. Il montre à ses disciples « saisis de frayeur et d’épouvante », qui croyaient voir un esprit », les preuves de sa résurrection : « il leur montra ses mains et son côté »(Jean 20v20) et « il leur dit(…)Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu’ils étaient dans l’étonnement, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ? Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit, et il mangea devant eux ».(Luc 24v37-43)

-Et donc, « Les disciples furent dans la joie quand ils virent le Seigneur »(Jean 20v20).

Rencontrer Jésus ressuscité procure la paix et la joie.

Rencontrer Jésus ressuscité marque le début d’une nouvelle naissance, une nouvelle vie.

Jésus ressuscité fait renaître ses disciples : Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint Esprit (Jean 20v20 : comparer avec Gen.2v7)et les équipe.

Il les équipe-« il leur ouvre l’Esprit »-pour comprendre les Ecritures, qui déclarent que « le Christ souffrirait et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour », et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem »(Luc 24v45-47), pour faire d’eux « les témoins de ces choses »(v48)

 

Tout ceci s’est passé « le premier jour de la semaine ».

Et alors ?

Savez-vous que Jésus est mort pour vos péchés et ressuscité pour vous rendre justes ? (Rom.4v25)

Avez-vous fait cette rencontre avec Jésus ressuscité ?

Ce « premier jour de la semaine » est-il le premier d’une nouvelle vie, pour vous ?

Si c’est oui, vous n’avez peut-être pas vu Jésus, comme l’ont vu les disciples. Néanmoins, la Bible, Parole de Dieu, vous le déclare :

« Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! » (Jean 20v29)

« (Jésus)que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse… »(1 Pierre 1v8)

 

Questions métaphysiques à l’heure d’hiver

Ou quand « recommencer n’est pas reculer… »

Attention : le changement d’heure aura lieu ce week-end, dans la nuit du samedi 26 à dimanche 27 octobre. Ce qui nous fera passer de l’heure d’été à l’heure d’hiver et ainsi gagner une petite heure de sommeil.

Il faudra donc penser à reculer d’une heure les pendules en vous couchant ce samedi soir : À 3 heures du matin, il sera donc 2 heures.

Un simple geste, qui nous donne également l’opportunité de réfléchir aux questions suivantes, d’ordre « spirituel »(ou « métaphysique »), mais tout aussi pratique* :

Si l’on vous donnait une heure de plus, qu’en feriez-vous ?

Si vous pouviez reculer dans le temps d’une heure…..voire « naître de nouveau » et « repartir à zéro »**, qui seriez-vous ?

Bonne réflexion et bonne recherche !

 

A lire : « Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.
Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? » (Jean 3v3-4 et ss)

« Les jours passent mais quel est leur sens? Incontrôlable le temps fuit, maintenant la question se pose à moi! Qu’ai-je fais de tout ce temps ? »(« Confiance » – numéro 24, strophe 3 – Recueil « Mélody »)

Et à écouter(à défaut de chanter) : « Tu peux naître de nouveau ».

 

 

Notes :

*Plus utile que la fameuse question métaphysique du capitaine HADDOCK, dans l’album Tintin « Coke en stock » : « dormir la barbe au-dessus ou en-dessous des couvertures ? »

**Dans « Un jour sans fin »(« Groundhog Day » – 1993), le film d’Harold RAMIS, le personnage joué par Bill MURRAY revit sans cesse la même journée…