En ce moment, j’écoute : « Güngör ». Question de style ou d’idée ?

"Tout seul au fond de l'espace" : ou comment parler(chanter sur) de ce qui nous dépasse ?

« Tout seul au fond de l’espace » : ou comment parler(chanter sur) de ce qui nous dépasse ?

Güngör (Comme le nom ne l’indique pas, cela se prononce simplement « Gungor »-les trémas étant là pour faire joli ou donner un style) est un groupe conduit par le couple Michael et Lisa Gungor, découvert en mai dernier, grâce à l’article(02 mai 2014) de « Nathan », de la « Réb’Team louange », publié sur le site de la Rebellution le 02 mai 2014, à l’époque où « le blog qui défie tes attentes » était encore en rouge et noir.

Sur la forme d’abord, ledit groupe est plutôt original et particulièrement intéressant dans le sens qu’il n’oublie pas de faire de la musique avant toute chose. Il prend d’ailleurs le parti de refuser l’appellation de groupe « chrétien »-une stratégie qui peut être payante, surtout si on vise un public plus large qu’un public « d’église » ou « chrétien » en général. Tout dépend le but final que l’on vise. Nous y reviendrons plus loin.

D’autre part, sa musique est plutôt déroutante et difficile à situer, à contre-courant du style « louange », rendant le groupe particulièrement inclassable : pour faire simple, on le qualifiera de « pop-folk chrétien alternatif » ou de « post-rock liturgique ».

Pour vous faire une idée, prenez le temps de découvrir leur premier opus « Beautiful Things » (2010)


Ou leur troisième album, « I Am Mountain »(2013), plutôt expérimental :

 

Question texte, il semble que l’on soit servi, notamment avec « Beautiful Things », justement,  « sorte d’encouragement puissant sur notre utilité sur Terre », ou avec « I Am Mountain » qui « explore subtilement la condition si particulière de l’homme (en tant que création), à la fois composé de poussières et de merveilles, nous ouvrant les yeux sur la complexité et la richesse de la création divine », comme le souligne Nathan, dans son article.

Ceci dit, écouter du Güngör est une expérience particulièrement intéressante, si vous voulez découvrir un style et un genre de nature à vous surprendre. Pour ma part, j’estime qu’il est bon que des artistes en général se distinguent du conformisme ou de la soupe ambiante, comme il est bon que des artistes se distinguent par leur talent, leur originalité et leur créativité. Sachant qu’un artiste-et chrétien, qui plus est, ne saura se distinguer exclusivement par son style musical, mais saura se distinguer aussi par la qualité de ses textes, porteurs de sens.
Concernant Güngör, on peut comprendre et apprécier ce refus d’une étiquette (« groupe chrétien »)de nature à enfermer dans un genre et empêcher d’atteindre un plus vaste public. Néanmoins, ce positionnement rendra-t-il le drapeau plus visible ?

En creusant un peu et en allant un peu au-delà de ce que l’on peut lire ici ou là sur des sites ou blogs français(si vous avez d’autres sources francophones complètes sur Güngör, merci de me les signaler en commentaires), il est possible de prendre connaissance de cet édifiant entretien* avec les Gungor(Pour ceux qui lisent l’anglais) : répondant à diverses questions, le couple s’exprime sur ses « positionnements théologiques »(sur ce qu’il croit, quoi), sur ce qu’implique « croire », et sur ce qu’est une vie juste, selon eux(si j’ai bien lu). Autant de positionnements susceptibles de soulever pal mal de discutions*.

Pour ma part, même si je peux comprendre certaines interrogations dans le détail, j’avoue ne pas les rejoindre sur la Bible**, « les origines »*** et l’historicité du déluge, tout en les rejoignant sur une nécessité d’une vie cohérente avec ce que l’on professe pour vrai. Cependant, une vie juste peut-elle l’être durablement, « en vérité », sans un fondement de vérité ou avec un fondement « sélectif » de vérités ?
Bref, si le chrétien « est dans le monde, quoique pas du monde », et si le royaume de Son Seigneur et maître, Jésus, « n’est pas de ce monde », il est important de ne pas être confondu (comme de ne pas se mettre à l’écart)avec le monde, mais de se distinguer(dans le sens d’être distinct), pour un témoignage vivant et vrai. Et quel est ce témoignage ? Celui de rendre visible (sans caricature et en vérité)le Seigneur Jésus-Christ lui-même, « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20). Ce qui est valable pour le chrétien « lambda » l’est aussi pour le chrétien artiste.

Je conclue en rappelant que le Christ, qui a dit que les Ecritures « témoignaient de Lui »(Jean 5v39), a aussi dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux ».(Matt.5v17-20)
Ceci dit (et je pense qu’il convient de savoir à qui on a affaire exactement, comme de savoir ce que l’on chante vraiment), j’apprécie leur musique, particulièrement originale et déroutante. Une question demeure : être créatif, décalé et à contre-courant, est-ce inconciliable avec le fait de croire, par exemple, que la Bible est la Parole de Dieu et que les récits bibliques ne sont pas « des histoires »(dans le sens de « mythes ») ?

Et comme un morceau vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir un petit dernier, en plus des deux premiers plus haut :

Bonne écoute et bon WE !

 

 

Notes :

* Lire, en contrepoint, cet autre article (plutôt vif) : http://blogs.answersingenesis.org/blogs/ken-ham/2014/09/01/christian-singer-michael-gungor-makes-more-outrageous-claims/

Voir aussi : http://www.todayschristianmusic.com/artists/gungor/biography/

 
**Tout dépend ce que l’on appelle « lecture littérale des Ecritures ». Ainsi, il importe, par exemple, d’interpréter selon une méthode « historico-grammaticale » : traiter comme historiques, à l’instar du Seigneur et des apôtres(concernant Abel, le déluge…par exemple)les récits qui se présentent comme tels dans l’Ecriture ; éviter une lecture « bêtement littérale ». Mais ne pas traiter hâtivement de « symbolique » une déclaration gênante avant d’avoir bien déterminé le style du texte, en se basant sur des critères littéraires précis ; lire la Bible comme Jésus lisait l’Ancien Testament et faire un usage biblique de la Bible ; tirer de chaque enseignement une application pratique valable. Lire humblement, dans la prière et dépendant du Saint-Esprit ; faire de la théologie de piété, du cœur et de terrain-et non « en chambre »(D’après WINSTON, George. L’Eglise avec un grand E. Ourania, 2010(Questions de foi), pp 19-20.

Sur la lecture de la Bible, voir : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/07/05/comment-lis-tu/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/01/25/les-10-commandements-de-linterprete-de-la-parole-de-dieu/

Et voir encore le blogue « Le Bon Combat », qui aborde régulièrement ces questions-là.

 

*** Quoiqu’on puisse ne pas être d’accord avec une création « en 6 jours de 24 heures », même si l’on pense que la théorie de l’évolution est plus philosophique et idéologique que véritablement scientifique, et même si l’on croit que « la Terre et l’univers » ont été créés par Dieu-cf position de Ralph Shallis dans « Il faut beaucoup de foi pour être athée ».
Dans tous les cas, l’important est la façon(avec quel esprit)on lit la Bible, et pourquoi. En se souvenant d’où elle nous vient et qui nous parle à travers elle.

Les voeux de Pep’s Café pour 2014 : pour une année d’harmonie et d’équilibre

Premier janvier 2014.

Le début d’une nouvelle année et presqu’un an pour ce blogue, né le 11 janvier 2013. Et le temps des voeux.

Justement, quels vœux formuler, outre « une bonne année, une bonne santé et prospérité » ?

Deux séries de mots me sont venus à l’esprit, durant la semaine suivant Noël, ainsi que deux CDs et deux livres que l’on m’a offert.

« Force et pertinence »

Tout d’abord, un premier CD que j’ai en ma possession depuis douze ans environ et que j’ai été incité à réécouter durant Noël : il s’agit de « Place Grand Clément »(Bésaou production) de Jean-Marc L., album enregistré et mixé au « studio de la cave »(Lyon 8ème) entre janvier et septembre 1998. Jean-Marc est membre de mon ancienne église de la banlieue lyonnaise(que j’ai fréquentée dans les années 1990, jusqu’à début 2000)et qui était engagé à l’époque dans un ministère dans les prisons et auprès des jeunes délinquants(infos supplémentaires bienvenues !).

Douze ans après, en réécoutant ce CD(précieux car devenu rare : je n’ai retrouvé aucune trace sur internet et je ne suis plus certain qu’il soit encore disponible en librairie chrétienne), je reste frappé par la force de ces textes et de cette musique(écrits et composée pour l’essentiel par Jean-Marc L), ainsi que pour leur pertinence et leur sincérité.

L’album est dédié « à tous les enfants qui un jour ont eu froid, peur, faim, et qui n’ont pas eu le privilège d’être aimés ». A ceux-là, l’auteur-compositeur leur dit : « Pardonne à la bêtise humaine. Jésus t’aime : Il est le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), et rend « grâce » et « donne gloire » à Dieu pour la force donnée pour l’écriture et l’accomplissement de cet album ».

Extraits :

« Quand j’ai froid ou quand j’ai peur, quand j’ai mal au fond du coeur, Quand le monde est trop grand pour moi, Seigneur, je tends les mains vers toi(bis)…Toute ma vie elle est à toi, toi qui pour moi es seul roi, tout mon être t’appartient Seigneur tiens moi fort par la main »(bis) – « Quand j’ai froid » – Auteur et compositeur inconnu

« Prendre quelques instants, vivre le temps présent, et faire silence. Dans cette paix du moment, du soleil au firmament, j’aspire à ta présence. Te chercher ABBA Père, te faire une prière, pour te dire je t’aime, je t’aime…. » – Ma Prière – Jean-Marc L.

« Force et pertinence », également, pour « La Force d’aimer » de Martin Luther King, ouvrage essentiel dont la réédition toute récente(2013) est salutaire, assortie d’une préface inédite du sociologue et historien du protestantisme(CNRS) Sébastien Fath(Critique ici ). Là aussi, je reste frappé par la force et l’actualité de ces 17 sermons, publiés en 1963. L’on en retire qu' »aimer », face à la haine, à l’extrémisme, au fanatisme, au fatalisme ou au cynisme, est une grande force à la portée révolutionnaire(dans le sens d’un pouvoir de transformation et de changement radical). Et  certainement pas la caractéristique des « bisounours », comme voudraient nous le faire croire les promoteurs d’un esprit « pitbull », placé sous le sceau du « bon sens ».

« Harmonie et équilibre »

« La Force d’aimer » de Martin Luther King, soit d’aimer de l’amour de Christ, avec l’amour de Christ et comme Christ(Rom.5v5)trouve sa pertinence dans l’harmonie d' »un coeur tendre et d’un esprit ferme » : Un « esprit ferme », capable de discerner le vrai du faux, et (non pas « ou »)un « coeur tendre », capable de compassion authentique(celle de Christ). « La grandeur de notre Dieu tient au fait qu’Il est à la fois ferme d’esprit et tendre de coeur »(op.cit., p26)

Une harmonie qui n’est possible qu’en Christ : « c’est pourquoi (une telle)espérance ne trompe point »(Rom.5v5).

Cette harmonie en Christ, du Christ , est celle des (quatre)évangiles.

« L’harmonie des évangiles » est le titre d’un autre ouvrage que l’on m’a offert à Noël, dont l’auteur est Cor Bruins, ex-missionnaire au Moyen-Orient. Cette harmonie est celle d’un message toujours actuel(le seul véritablement « révolutionnaire »), celui de « la Bonne nouvelle de Jésus-Christ »(Marc 1v1)qui réconcilie : d’abord avec Dieu, puis avec les autres et avec soi.

Enfin, pour célébrer une « harmonie retrouvée », voici des « Improvisations » dites « messianiques » : une « musique messianique » par des Juifs qui ont trouvé leur identité dans leur foi en « Jésus, le Messie ».

A écouter ici.

Bref, pour 2014, nous vous souhaitons une nouvelle, heureuse et harmonieuse année, « équilibrée » :

L’harmonie avec vous-même(corps, âme et esprit), avec les autres, avec et en Dieu par Jésus-Christ. Jésus-Christ, pleinement Dieu et pleinement homme, sans péché (Hébr.4v14-16, Jean 8v6)

L’harmonie et l’équilibre(qui n’est pas la compromission), pour nous garder de tout extrémisme et pour que nous ne soyons ni paresseux, ni fanatique(1 Pie.4v7)

Bonne année harmonieuse 2014 !

Sur ce, je vous donne rendez-vous après le 11 janvier, jour anniversaire du blogue.