Retrouver la joie de prier

Une invitation décomplexante et stimulante

Voici un petit livre décomplexant, en ce qu’il ne s’adresse pas à ceux qui savent prier, les experts « es prière », ou à ceux qui, décomplexés, pratiquent ce qu’ils appellent « prière, mais qui n’est en réalité qu’un monologue sans fin.

Bonne nouvelle : il s’adresse à tous ceux qui, comme moi, ne savent pas prier ou ayant longtemps fui la prière. En effet, constate Michael Reeves, son auteur, qui se met dans le lot, « nous ne sommes pas doués pour la prière. C’est malheureusement vrai pour la plupart d’entre nous, et cela ne devrait pas nous étonner », car « nous sommes tous pécheurs » (1). Et nous connaissons « l’ami des pécheurs », Jésus-Christ (1), et qui, du pharisien et du publicain venus au temple pour prier, est reparti justifié.

Il ne s’agit pas non plus d’un manuel sur la prière.

Il s’agit d’une invitation stimulante et bienfaisante à « retrouver la joie de prier », joie que l’on a pu perdre, en étant trop centré sur la prière perçue comme « une chose que le chrétien doit faire » ou comme un domaine dans lequel nous devons progresser….A ce stade, lorsque la prière est tellement centrée sur elle-même ou sur celui qui prie, au point que celui avec qui je suis censé être en relation ne compte plus, alors ce n’est déjà plus une prière….

Au contraire, rappelle Michael Reeves, citant une expression de Jean Calvin, « la prière est le principal moyen d’expression de la vraie foi », que nous accueillons avec reconnaissance, et le principal moyen de la confiance authentique dans le Dieu vivant et vrai, lequel est un Dieu relationnel parce que « Trine », Père, Fils, Saint-Esprit.

« Prier, c’est encore respirer »(2). Pas plus qu’on ne respire l’oxygène ou l’azote isolés, pas davantage le souffle de la prière ne s’alimente isolément de Dieu.

La prière consiste donc à s’en remettre à un Père bon et puissant « au lieu d’être livré à une effrayante solitude où tout dépend de nous. La prière, c’est l’antithèse de l’autonomie. Elle est notre non à l’indépendance (et à) l’ambition personnelle » (3)

Le livre est très court (61 pages). Sans doute pour mieux nous inviter, non à « causer » sans fin de la prière, mais à vite rejoindre Dieu, lequel nous attend déjà, pour « causer » avec Lui en toute assurance et confiance, dans la liberté d’un enfant de Dieu devant Son Père, qui ne cherche plus à obtenir ou à arracher quelque chose, mais qui apprend à recevoir.

 

En bref : « Retrouver la joie de prier », de Michael Reeves. Editions Cruciforme, 2020. Reçu gracieusement de la part de BLF éditions, que je remercie. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

 

Notes :

(1) « Retrouver la joie de prier », de Michael Reeves, p 1, 17

(2) Comme l’écrivait Kierkegaard dans son « Traité du désespoir » (pp 105-106)

(3) Michael Reeves, op., cit., p 43