« C’est pas juste ! » Justice de Dieu, justice des hommes(bis)

Ce billet fait suite au précédent, intitulé « c’est pas juste ! » et qui peut être considéré comme une amorce à celui-ci.

L’ensemble constituera une leçon pour enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d’ «école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. Le livre de James Packer «Connaître Dieu », ainsi que celui de Jerry Bridges-« L’évangile de la semaine »- a été une grande source d’inspiration concernant la notion de propitiation.

Femme jeunesse d'esprit par Petr Kratochvil

Femme jeunesse d’esprit par Petr Kratochvil

Hier, nous nous interrogions sur ce qui « n’est pas juste » ou « qui est juste », selon l’homme, à travers trois exemples.

Et pour Dieu ?

Qu’est-ce qui « est juste » ou « pas juste », selon Lui ?

 

Lisons ensemble Romains 1v18-21 ; 3v9-12, 19-20, 23

Que nous dit Dieu au sujet de l’homme ? (Il est pécheur et coupable)

Que mérite l’homme ? (Il mérite la colère de Dieu)

Arrêtons-nous un instant sur l’ expression « Colère de Dieu » : Dieu est saint et Il ne peut voir le mal sans le punir. La « colère de Dieu », c’est sa juste et sainte condamnation du péché, qu’il ne peut tolérer. Car le péché-qui est une rébellion à son égard-nous sépare de Lui. Le « salaire du péché, c’est la mort »(Rom.6v23)

Que peut faire l’homme pour échapper à la colère de Dieu ? Rien ! Il est impuissant et ne peut ni manipuler Dieu, ni faire fléchir Dieu.

Quelle issue nous reste-t-il alors ?

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Nous sommes coincés !

Il nous reste, soit à subir la colère et le jugement de Dieu, soit à demander pardon et à implorer le secours de Dieu.

Comment se manifeste la justice de Dieu ? Que nous offre-t-il ?

Lire Rom.3v21-26

Il nous offre la paix. Sa paix. La paix avec Lui.

Comment cette paix avec le Dieu saint et juste est-elle possible, pour nous pécheurs ?

 La colère de Dieu qui nous était destinée a été apaisée, ou plutôt absorbée, drainée :

C’est ce que la Bible appelle « la propitiation ».

Trois croix sur une colline par Lucy TonerTrois croix...Sur l'une, un seul s'est donné volontaire comme "propitiation" ou sacrifice pour nous sauver.

Trois croix sur une colline par Lucy Toner
Trois croix…Sur l’une, un seul s’est donné volontairement comme « propitiation » ou sacrifice pour nous sauver.

C’est-à-dire une offrande, une victime, offerte à Dieu pour apaiser ou absorber sa colère.

Trois choses, concernant la propitiation :

1) La propitiation est l’œuvre, l’initiative de Dieu. Et de Dieu seul.

Lire Jean 3v16, 1 Jean 4v8-10

Dieu manifeste ainsi sa grâce envers nous, pécheurs, donc non méritants. La grâce est complètement à l’opposée du mérite. Dieu nous a aimé et a voulu nous sauver, alors que nous n’étions pas aimables. De même, en Genèse 1, Dieu a créé les cieux et la terre alors que c’était encore le chaos. Si c’est le chaos dans ta vie, Dieu veut faire de toi une nouvelle création : il a le pouvoir de changer ta vie, pour que tu repartes à zéro.

Cette grâce s’est manifestée « par le moyen de la rédemption (salut par le rachat)en Jésus-Christ ».

Et cette « offrande », cette « victime propitiatoire », c’est le Seigneur Jésus, qui a été choisi par Dieu pour nous sauver. Dieu a voulu, depuis le début, nous sauver de cette façon là. Et le Seigneur est d’accord : il s’est aussi offert volontairement en sacrifice pour nous sauver, pour que la colère de Dieu soit apaisée ou absorbée (et donc ne nous touche pas).

Lire Jean 10v10-18

2) Très important : ce qui a apaisé, absorbé, drainé, la colère de Dieu, ce n’est pas la vie du Seigneur Jésus. Ce n’est pas sa vie parfaite, ni son enseignement, ni même ses miracles ou le bien qu’il a fait. C’est sa mort à la croix, comme sacrifice.

Lire Gal.3v13 ; 1 Pie.1v18-20 ; 1 Pie.2v24 ; 1 Pie.3v18

Le Seigneur Jésus a été notre substitut : lui le juste, il est mort à notre place, nous injustes et a absorbé, drainé la colère de Dieu.

Pour bien comprendre l’œuvre de Dieu, voir l’exemple et l’image des deux boucs, dans Lévitique 16v5, 7-10, 15, 21-22 :

Le jour des expiations, un premier bouc est sacrifié pour le péché.

Un deuxième -appelé le « bouc émissaire »- est chargé des péchés du peuple par le souverain sacrificateur, qui les confessait à haute voix pour que tout le monde entende. Puis le bouc était chassé et éloigné dans le désert.

Le premier bouc sacrifié représente la propitiation : la colère de Dieu s’apaise ainsi par ce sacrifice, qui annonce à l’avance celui -parfait- de Jésus.

Avant la venue de Jésus, Dieu avait « patienté » vis-à-vis de la punition du péché. Par ce sacrifice de bouc, Dieu montre qu’il est juste, car le châtiment a eu lieu.

Le deuxième bouc représente l’expiation : le péché, éloigné, ne trouble plus notre relation avec Dieu.

Quel est le résultat de cette œuvre de Dieu, de ce sacrifice ?

La paix de Dieu et la paix avec Dieu : la paix, ce n’est pas la tranquillité, l’absence de ce qui nous embête. C’est la venue de ce qui est bon.

Nous bénéficions ainsi d’une nouvelle relation avec Dieu. Il ne nous voit plus comme des pécheurs, mais comme des fils, qu’il a adoptés pour Lui.

Résumé :

-La justice des hommes : le mérite

-La justice de Dieu : la grâce

Le cœur de l’évangile : la grâce et la paix.

Qu’est-ce qui prime ou domine réellement dans notre vie, votre vie, ma vie ?

Notre propre justice…ou la justice de Dieu ?

 

Il est possible de terminer par une prière(silencieuse) : que j’apprenne à vivre par la foi (en faisant confiance en Dieu)selon la justice de Dieu et non par la mienne.

Remercier Dieu pour ce qu’Il a fait pour que nous ayons la paix avec Lui.

Versets à retenir : Rom.5v1, 6-8 et Eph.2v4-9

« C’est pas juste ! » Justice de Dieu, justice des hommes…

Très tôt, l’enfant devient sensible aux notions de justice, d’injustice.

Mieux que personne, il sait pousser ce cri du cœur :

L'une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt"Pourquoi lui et pas moi ?"

L’une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt
« Pourquoi lui et pas moi ? »

« C’est pas juste ! »

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Caïn, quand Dieu a agréé l’offrande d’Abel, son jeune frère, plutôt que la sienne…alors qu’il avait tant peiné pour faire sortir des fruits d’une terre si ingrate, car maudite…(Gen.4v3-8 et 3v17-19)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur des ouvriers de la première heure, quand les ouvriers de la dernière heure ont reçu un denier, soit tout autant qu’eux pour une heure de travail !(Matt.20v1-16)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Jonas, constatant que des coupables pouvaient être sauvés. Rivon Krygier, Rabbin de la communauté massorti Adath Shalom(Paris), rappelle, dans « le monde inversé de Jonas »( une fort intéressante étude sur le prophète consultable ici) que « Dieu avait décidé après le déluge qu’Il ne provoquerait plus de destruction sans appel. Dieu a réprimé Sa puissance justicière pour offrir au monde l’occasion du repentir. Mais pour Jonas, la modération ressemble à du laxisme… Il se refuse à en être l’agent, le promoteur(…)

Le livre de Jonas offre le spectacle hallucinant de païens prompts au repentir face à un Juste si confortablement installé dans ses certitudes qu’il juge indigne de sauver de la perdition une ville de 120.000 êtres humains. Un simple ricin, une plante qui lui apporte un petit supplément d’ombrage par rapport à celui que lui offrait la cabane dans laquelle il s’abritait, trouve plus de grâce à ses yeux que la vie des humains trop humains, entachés par le péché ! ».

 

Et Dieu alors ?

Qu’est-ce qui « n’est pas juste » ou « qui est juste », pour Dieu ?

Ses standards sont-ils les nôtres et inversement ?

Car l’un et l’autre peuvent se résumer ainsi :

-Notre standard : le mérite

-Le standard de Dieu : la grâce

Lequel prime réellement dans notre vie, votre vie, ma vie ?

Notre propre justice…ou la justice de Dieu ?