Mariages alternatifs

A facetime wedding and a conceptual wedding are explained as possible alternatives to a traditional wedding
(Par Andy Singer : « le mariage numérique » : personne. Juste des ordinateurs portables, des ipads et smartphones. Et plein de superbes photos !
« Mariage conceptuel » : concept de mariage imaginaire, avec des schémas, envoyé aux participants)

Enigme talmudique : quelles sont les modalités du mariage ?

Une énigme sur le mariage, qui commence par un lien improbable...

Une énigme sur le mariage, qui commence par un lien improbable…

Voici une bien curieuse énigme, qui débute par un lien improbable, découverte dans « Zeugma », un excellent ouvrage de M.A. Ouaknin(en cours de lecture), et que je reformule quelque peu :

Le Talmud, dans le traité « Qîddûšîn » pose la question suivante : quelles sont les modalités juridiques du mariage ?
La Michna répond : une femme est acquise selon trois chemins : par l’argent ou une valeur d’argent, par un contrat sans contre-valeur d’argent, par une relation sexuelle.

La Gemârâ’ demande : et d’où sait-on que l’argent est une des voies-modalités du mariage ?

La Michna répond : « Prise, prise du champ d’Ephron ! »

Quel rapport avec la question précédente ?
Une première explication souligne qu’il est écrit à propos de la femme dans le livre du Deutéronome (Deutéronome 24v 1, par ex) : « quand un homme prendra une femme ».

Mais qu’est-ce que « prendre (femme ») ?

Une règle herméneutique exige qu’un passage « obscur » s’explique par un passage « plus clair ». Aussi, l’on se souviendra qu’il existe un autre texte où le verbe « prendre » est utilisé dans une transaction qui se fait par de l’argent. L’on peut donc en conclure que l’argent est l’une des modalités du mariage !

Cet autre texte se trouve en Gen 23v13 : à la mort de Sara, sa femme, Abraham achète un tombeau dans un champ et dit à Ephron, le vendeur : « J’ai donné l’argent du champ, prends (-le-) de moi, et là, j’ensevelirai ma morte ». Abraham paie donc 400 sicles d’argent et acquiert donc le champ et la grotte qui s’y trouve. Tout cela résumé par : « Prise, prise du champ d’Ephron ! »

Selon Ouaknin, cette gezêrâh šâwâh talmudique invite à réfléchir sur la relation entre l’homme et la femme dans le mariage, à l’horizon de la mort de Sara et de l’acquisition du tombeau. Car la question qui est en réalité posée est bien : « qu’est-ce qu’un couple ? »

Au moment précis où l’homme entre dans une relation conjugale, au moment du mariage, il entre, par la gezêrâh šâwâh, « dans une relation à la mort ». Dans ce texte, le Talmud propose de mettre en évidence la distinction entre le « désir » et le « besoin », et par là, il nous présente une recherche d’une définition de l’amour !
Par l’exemple, quelqu’un est dans la solitude et ne supporte pas de vivre seul ; de ce fait, il recherche la compagnie d’une autre personne. Si, pour faire en sorte que l’autre se rapproche de lui, il est amené à dire « je t’aime », peut-on véritablement parler d’ « amour », ou est-il plus juste de parler de « haine de la solitude » ? Aime-t-on l’autre pour lui ou pour soi-même ?
C’est cette question que pose le Talmud en demandant quelles sont les modalités du mariage. Quand le geste de relation à la femme fait référence au geste d’Abraham, que signifie-t-il ?
Lorsqu’Abraham donne cette somme considérable pour acheter le tombeau de Sara, il le fait pour elle, sans espoir d’aucun geste en retour de sa part, puisque cette dernière est morte. Geste de pur don, « transcendant », pour l’Autre. De même, quand l’homme donne de l’argent ou une valeur d’argent dans le rite du mariage en référence à Abraham, il exprime par là un amour non lié à de simples besoins, psychologiques, sentimentaux, sexuels ou autres. Geste pour lequel il n’attend ni « amen, ni merci ». Ce rapport à l’Autre en terme de « transcendance »* pure se nomme « désir » pour l’Autre ou encore désir métaphysique, qui s’oppose au « besoin immanent »* au Moi.
Question subsidiaire : comment atteindre un tel amour si pur ? Quel serait notre modèle ? A moins que l’amour ne soit un « compromis » (une tension ?) entre « désir » et « besoin » ?

Source : M.A. Ouaknin. Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains. Seuil, 2013(Point), pp 149-152

Notes :

*« Donner » est « transcendant » ; « prendre » est « immanent ». Mais il y a des cas où « donner » relève de l’immanence, lorsque nous donnons pour recevoir en retour (par ex, pour attendre un « amen » ou un « merci »)…

Spécial « Saint-Valentin » : le couple au cinéma

Aujourd’hui, « la Saint-Valentin ». Une journée dite « spécifique » pour les amoureux et les couples.

Quelque soit votre avis sur cette fête, c’est l’occasion de penser spécifiquement au fondamental et à ce que vous avez de plus précieux au monde, en plus de votre relation avec Christ. Et l’occasion de rappeler ce que Dieu dit du couple*.

Dans le but de susciter quelques discussions, voici une petite sélection de films et de spectacles sur le sujet, francophones et franco-belge, pour la plupart. A voir entre conjoints(minimum deux) ou par paires de fiancés.

 

 

Rumba(Belgique, France, 2008)
De et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy
Existe en édition DVD

Dom et Fiona sont d’heureux instituteurs (elle enseigne l’anglais, lui le sport) et s’aiment d’amour fou. Dès que la cloche sonne, ils se précipitent pour assouvir leur passion, la danse, en s’entraînant et participant à des concours locaux.
Un jour pourtant, cette vie douce et harmonieuse se trouve bouleversée : pour éviter d’écraser un suicidaire sur la route, Dom et Fiona ont un accident de voiture. Lui perd sa tête et devient amnésique, elle sa jambe. Impensable de reprendre la danse, difficile de revenir enseigner à l’école. Mais pourtant, il faut bien continuer à vivre.
Mais de quoi maintenant ? De ce qui demeure à disposition : Dom pour Fiona, Fiona pour Dom.
(Source : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/rumba.html )

Un burlesque européen francophone, poétique et émouvant, et un univers atypique : Décors aux couleurs vives, des personnages décalés s’exprimant presque uniquement par le corps et le visage…..Cela nous parle d’amour et du défi pour un couple de rebondir après un drame personnel bouchant(en apparence) tout horizon.
A découvrir absolument !

Des scènes du film : http://www.youtube.com/watch?v=44PyVWQFs58 et http://www.youtube.com/watch?v=J-6R_5GOTDE

 

 

Fireproof : Un film d’Alex Kendrick, un pasteur baptiste, financé et distribué par sa communauté chrétienne locale. Lequel a par ailleurs réalisé l’excellent « Facing the giants », ou « Courageous »…
Fireproof  est sorti en salle aux USA en 2008, et une édition DVD est disponible en France, mais uniquement en VOST.
Le film raconte l’histoire de Caleb(interprété par Kirk Cameron), un capitaine des pompiers, qui a pour principe de « ne jamais laisser tomber son partenaire ». Or, ledit pompier est « addict » à la pornographie sur internet et son mariage est en déroute.
Son père, chrétien, lui envoie alors pour l’encourager un cahier décrivant un parcours de 40 jours : Un véritable « défi amoureux », consistant à aimer son conjoint de manière inconditionnelle…

A visionner, en couple, quelque soit l’état de votre mariage.

A noter que le fameux cahier est la traduction du livre  « savoir aimer : le défi du couple »(« Love Dare »). Editions Ourania, 2010, d’ Alex et Stephen Kendrick, dont les premiers défis peuvent se découvrir ici.
Le principe est « d’oser l’amour », l’amour inconditionnel reposant sur celui qui a choisit d’aimer. Or, la bonne nouvelle est que « l’amour, ce n’est pas nous qui avons choisi d’aimer Dieu, mais c’est Dieu qui nous a aimé » de cet amour agapé.(1 Jean 4v10-11 ; Jean 3v16). Cet amour, « Dieu l’a répandu dans nos coeurs par l’Esprit qu’Il nous a donné ».(Rom. 5v5)

 

 

Les Hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus : certes, le « best-seller » de John Gray, vendu à 50 millions d’exemplaires et traduit dans 46 langues. Mais aussi surtout le spectacle éponyme du belge Paul Dewandre, adaptation « personnelle, instructive et hilarante », de ce guide indispensable des relations entre « les Martiens et les Vénusiennes », soit entre les hommes et les femmes. La saison une existe en DVD et la récente saison deux(cliquer ici pour découvrir les dates et lieux des spectacles proches de chez vous), « l’Aventure continue », est actuellement en tournée. Voir ici et , pour connaître les dates et lieux des spectacles proches de chez vous.

Sur ce, bon week-end et bons moments !

Notes :

* Par exemple, ici en Genèse 2v18-24. Repris par le Seigneur Jésus-Christ, par exemple en Matthieu 19v4-6.

« Les licornes existent : j’en ai rencontré (au moins)une ! »

Mythique. Rare, donc précieux….et donc à conserver !

Dernièrement, nous réfléchissions sur la notion d’ « adhérence » ou d’engagement, de fidélité, soit le fait de « coller à ».
« Coller à », ou « aimer comme une colle », est aussi le commandement adressé à l’homme pour sa femme, dans le cadre du couple marié. Et la caractéristique d’un homme mâture, d’un « homme, un vrai », comme le rappelle Florent Varak, citant Ephésiens 5v31 et Gen. 2v24  :
« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » Le terme grec traduit par « s’attacher » veut littéralement dire « coller », avec une portée sexuelle explicite. La caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir sans qu’il soit possible de séparer. Une image idéale du mariage ! Une deuxième caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir deux objets sans qu’il soit possible d’y intercaler quoi que ce soit d’autre. En bref, la Bible parle de pureté au sein du mariage (Héb 13.4). Cette image à deux aspects. L’un positif : il faut déborder d’imagination pour apprendre à créer une union mutuellement satisfaisante. L’autre négatif : il interdit à toute autre présence de s’installer entre les époux, ce qui trahirait l’alliance du mariage ».

 
Quel est le rapport avec les licornes du titre, me demanderez-vous alors ?
Tout d’abord, que croire à la réalité et au respect d’une telle union voulue de Dieu et posée par Dieu « dès le commencement » (l’union entre un homme et une femme dans le cadre du mariage. Une « alliance » et non « un contrat ») peut paraître aujourd’hui « mythique » ou « chimérique », à l’instar, par exemple, de la croyance aux licornes…Croire au mariage biblique de nos jours, c’est croire aux licornes.

C’est le parallèle audacieux, plein d’humour et de poésie (et de pertinence) qu’ose faire le blogueur « Ecbatane » dans un billet datant du 29 mai 2013, intitulé : « Du mythe de l’indissolubilité du mariage et de l’existence des licornes! »
Un billet à lire attentivement et pas en diagonale, qui nous invite à croire et à espérer. D’ « Oser l’amour » pour que « le monde (recommence) à croire en l’amour », au point d’en avoir soif et de « (vouloir) essayer lui aussi! »
Parce que « ce n’est pas parce que l’idéal est minoritaire qu’il ne peut pas être le modèle auquel tout le monde doit aspirer ».
Parce que(comme nous le disions ailleurs, la meilleure réponse à la banalisation du divorce et à ce que l’on présente comme un « progrès humain », reste la défense et le respect du mariage tel qu’il a été conçu « dès le commencement »(voir ce que le Seigneur Jésus en dit dans Matt.19v4-6).

La meilleure réponse, comme le souligne Ecbatane, c’est non seulement d’y « croire »(au mariage biblique). Mais de « le prouver » et d’« affirmer » ce qui peut pourtant paraître comme une évidence.

Parce que le mariage n’est pas un jeu. Mais un enjeu pour aujourd’hui.

Je vous livre une partie de son article et vous invite à en découvrir l’intégralité sur son propre blogue :

(…)« Déjà la définition du couple du XXIème siècle s’éloigne vraiment du mariage chrétien tel que défini par Jésus lui-même : « Au commencement, le créateur les fit homme et femme et il leur dit : « voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère; il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Matthieu 19 4-6). Le couple moderne ne croit pas en l’indissolubilité, il fonde toute sa base sur le sentiment amoureux (purement hollywoodien) et ses fluctuations. Il ne croit pas en la fidélité, mais en l’instinct et en la passion. Il ne croit pas en la liberté de choix. Des contraintes financières, émotionnelles, sexuelles (etc…) peuvent entrer en jeu. Enfin il ne croit pas en la fécondité, vu qu’il limite volontairement le nombre d’enfants au minimum (mais il y a des exceptions). Le couple moderne ne repose donc sur aucun des 4 piliers du mariage chrétien : indissolubilité, fidélité, liberté, fécondité. Et cette vision moderne du couple prédomine complètement la société. Elle est devenue la norme. En fait, on ne peut pas vraiment parler de norme vu que cette modernité du couple a une infinité de combinaisons possibles (et éphémères), mais c’est justement cette infinité de possibilités qui devient norme par rapport à la vision que l’Eglise nous donne du foyer conjugal.
Le modèle qu’on ose présenter comme « traditionnel » est un leurre. Un seul papa, une seule maman, et des enfants. Vraiment ? Très sincèrement, je ne pense pas que ça soit si répandu que ça. L’adultère a existé de tout temps, la polygamie et les répudiations sans raisons valables étaient largement ancrées dans la mentalité de l’ancien testament. Veuvage, remariage, violences dans le couple jusqu’au meurtre, inceste et j’en passe et des meilleures.
Pourtant, il y a ceux qui osent essayer le modèle d’amour présenté par l’Eglise [un modèle qui paraît « minoritaire » et « chimérique » comme les licornes, donc]
(……)
Alors quand on voit l’état des familles de nos jours (en France et dans le monde), on peut comprendre que le peuple soit choqué qu’une minorité se lève pour affirmer que les licornes existent. Il y a un énorme fossé entre ceux qui n’ont jamais vu de licorne et ceux qui en élèvent. Mais le tout n’est pas d’affirmer que les licornes existent, il faut le prouver! »

La suite ici :
http://encheminversecbatane.wordpress.com/2013/05/29/du-mythe-de-lindissolubilite-du-mariage-et-de-lexistence-des-licornes/

Et toi ? Crois-tu aussi « aux licornes » ?  😉

Notre regard sur le mariage : «contrat» ou «alliance» ?

"Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

« Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.
Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

Créé en 1941 dans la résistance par le père jésuite Pierre Chaillet, « Témoignage Chrétien » (se veut)un magazine d’inspiration chrétienne ouvert à toutes celles et ceux qui, croyants ou non, comptent – entre autres – sur les forces de l’esprit pour résister à une société de pure consommation. http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/70-ans-de-resistance/Default-14-3204.xhtml

Familier de cette publication-que je lis depuis 2007-j’apprécie sa façon de rappeler que Dieu est « le Dieu de la veuve, de l’orphelin, du pauvre et de l’étranger », ainsi que ses prises de position concernant la bioéthique.

Pourtant, à la lecture de leur tribune publiée sur leur site et intitulée : « Mariage pour tous, un progrès humain », « Déclaration de Témoignage chrétien à propos de la Loi sur le mariage pour tous et à l’occasion des manifestations du 16 décembre 2012 et du 13 janvier 2013 » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Divers/Mariage-pour-tous-un-progres-humain/Default-56-4260.xhtml?vosreactions=pos#derniere_reaction ), quelque chose ne colle pas et ne me paraît pas tourner rond.
Habituellement capable d’analyse et de recul nécessaire dans son traitement de l’actualité et sur d’autres sujets, TC paraît ici singulièrement sur la défensive sur le sujet du « mariage pour tous ».

En porte à faux avec l’église catholique, d’autres médias chrétiens catholiques (La Croix…) ou de personnalités proches des milieux « chrétiens de gauche » (Ex : http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/09/chretien-et-progressiste-j-irai-manifester-contre-le-mariage-pour-tous_1814532_3232.html ; http://plunkett.hautetfort.com/archive/2013/01/14/ce-qui-va-naitre-du-13-janvier-2013.html#more ; http://chretiensdegauche.com/2012/11/20/834-electeurs-de-gauche-invitent-le-gouvernement-a-ouvrir-un-dialogue-approfondi-sur-le-mariage-pour-tous/#more-571 , http://www.chretiensdegauche.eu/ ….), le journal témoigne par ailleurs, dans sa défense du projet de loi du gouvernement, d’une certaine faiblesse dans l’argumentation, ainsi que d’une vision unilatérale et partisane. Etonnant pour une publication qui revendique pourtant « une voix critique mais constructive, engagée mais sans dogmatisme… » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/Notre-offre-dactualite/Default-14-3200.xhtml ).
A l’inverse, un « Réforme » a su offrir à ses lecteurs une pluralité de points de vue sur le « mariage pour tous » (http://www.reforme.net/une/societe/contre-mariage-protestants-mobilisent ).

Pour ma part, j’estime que la meilleure réponse à ce que l’on présente comme un « progrès humain » reste la défense et le respect du mariage (contre la banalisation du divorce), tel qu’il a été conçu « dès le commencement ». Et c’est bien notre regard sur le mariage(comme sur la vie)qui change tout.
De fait, parce que TC déclare ne pas croire « que le mariage pour tous dissoudra la société », et parce qu’il se persuade que « le divorce n’a pas fait disparaître le mariage », considérant « le projet de loi actuel » comme « une avancée réelle », je me suis décidé à répondre ce qui suit sur le site même du magazine. Voici quelques extraits :

Cher TC (…) à l’instar de nombreux lecteurs, je vous témoigne ici mon étonnement et mon désaccord face à votre « Déclaration ». D’abord, face à une absence totale de débat sérieux sur ce sujet au sein de TC, d’autant plus que ledit sujet ne fait pas l’unanimité parmi les personnes notamment dites de gauche (chrétiennes ou non). On se serait attendu à lire régulièrement dans vos colonnes les prises de position de personnalités opposées au projet de loi sur « le mariage pour tous », et que l’on ne saurait taxer « d’homophobes » (qualificatif disqualifiant, par ailleurs bien commode pour imposer le silence).
Malheureusement, je constate avec tristesse et incompréhension, une absence flagrante de tribunes « contradictoires » sur TC. J’espère que cet « oubli » sera bientôt réparé dans la prochaine nouvelle mouture du journal. Étonnement, enfin, face aux arguments de votre manifeste et particulièrement votre conception du mariage qui me paraît contradictoire avec vos combats habituels.

Ainsi, vous considérez le mariage comme « un contrat (…)qui peut légalement se rompre, ou se renouveler ». Une déclaration qui m’a surpris pour son argumentaire paradoxalement très libéral, car en porte à faux avec ce que je crois avoir compris de l’esprit et du fondement de votre journal. Or, c’est de la conception du mariage que découle tout le reste. En comparaison, il est intéressant de relever que dans le numéro 86 de février 2012 de « La Décroissance », Raoul Anvélaut écrivait notamment ce qui suit, dans un article consacré au Pacs : « Qu’est-ce que le mariage ? C’est un engagement devant des communautés (familiale, nationale, universelle) dont doit découler, par exemple, le soutien à son ou sa conjoint-e, et ce, quoi qu’il lui arrive. C’est un acte purement symbolique, qui ne pourra jamais rentrer dans une logique comptable. (….)le Pacs est parfaitement en phase avec son époque. Toute la dimension d’engagement du mariage est vidée au profit d’un simple « contrat », parfait produit de la logique marchande. L’autre n’est alors plus qu’une marchandise, comme une machine à laver le linge ou une automobile. Quand il ne fonctionne plus, ou simplement qu’il ne me plaît plus, je peux rompre le contrat et le changer contre un nouveau produit…. » Un écho à Erri De Luca, qui, dans sa relecture des « Dix Paroles », relève que « Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ». (Et il dit, p. 79-80) Et c’est en toute logique que Raoul Anvélaut conclue en jugeant que l’ « on ne peut s’effrayer devant la destruction de la nature et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales du même système qui les engendre… »

De même, pour paraphraser ce dernier, je dirai que l’on ne peut s’effrayer(ou s’indigner), du « désordre anthropologique(effectivement réel) d’une société dont les formes de consommation, de production et de partage sont si peu respectueuses de la personne humaine et de sa dignité » et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales (également bien réelles) d’un mariage vidé de son sens(en jugeant à tort cette inquiétude « abstraite »-et ce n’est pas une simple question de mot ou de vocabulaire)

A l’inverse des positions de votre tribune relatives au mariage, quelles sont celles du Seigneur Jésus-Christ (dont votre journal porte fièrement le nom) ? Celui-ci nous invite à revenir « au commencement »(cf Matt.19). Et « au commencement », déclare Jésus, « le créateur fit l’homme et la femme »(v4) Adam une fois créé, Dieu constata « qu’il n’était pas bon que l’homme soit seul »(Gen.2v18)….Adam donna des noms aux animaux, mais sans trouver de « vis à vis »(Gen.2v20). Aussi Dieu décida-t-il de lui former une aide, un « vis-à-vis », à partir d’une de ses côtes. Après que l’homme eut reconnu sa femme comme « étant os de ses os et chair de sa chair », Dieu déclara : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » (Gen. 2v24)

Le mariage, « un contrat » ? Plutôt une alliance. Une création de Dieu qui unit un homme et une femme ayant décidé un plan de vie commun. Je vous remercie par avance, dans votre belle et noble ambition de « témoigner chrétien » et donc de « témoigner Christ », de donner plus de place et tout son sens au mariage, tel qu’il a été conçu « au commencement ». Ce ne sera que pure cohérence avec votre combat, et de nature à lui donner encore plus de poids.

Affaire à suivre…