Foireux liens de janvier(13) : « treize embêtant ! »

« Si cela vous fait plaisir…cela ne coûte pas cher ! » Dessin d’Yves Montagne, publié le 18 novembre 2014, le lendemain de « soirée des dupes » de Sens commun

« Si cela vous fait plaisir…cela ne coûte pas cher ! » Ou l’enjeu de la crédibilité en politique.
Dessin d’Yves Montagne, publié le 18 novembre 2014, le lendemain de « soirée des dupes » de Sens commun

Voici nos treizièmes « foireux liens », par aileurs-comme par un fait exprès-au nombre de treize. Ce qui sera « treize embêtant » pour certains superstitieux. Mais au-delà du calembour facile, les divers enjeux soulevés sont de taille, puisqu’ils touchent, tour à tour, à la crédibilité politique, la laïcité, l’éducation, le code du travail, le TAFTA, la concentration multimédia, la figure du « self made man », la croissance, la prospérité…et même la fragilité, « bonne » ou « mauvaise ». Prenez donc le temps d’une bonne lecture et d’une bonne réflexion !

1) « C’était couru : Sarkozy ne touchera pas à la loi Taubira », annonce le journaliste Patrice de Plunkett sur son blogue, avec un petit air de « je vous avais prévenu ! »

« Après le livre d’Alain Juppé, qui n’a jamais caché son approbation du « mariage pour tous », voici le livre de Nicolas Sarkozy qui ne l’a jamais désapprouvé… mais laissa croire le contraire. Le Figaro nous apprend que si l’ex-président de la République est élu en 2017, il ne touchera pas à la loi Taubira.
Ce n’est pas une surprise… mais la seule surprise, c’est que certains (qui ont sans doute cru que NS pouvait être « le candidat des valeurs chrétiennes ») en soient surpris : En 2011 M. Sarkozy était vaguement favorable à l’idée d’un mariage gay. En 2013 il s’est gardé de prendre position. En 2016 il continue dans la même ligne ».

A lire, également, les réactions du blogueur « Koztoujours », qui soulève tout l’enjeu de la crédibilité du politique.

2) Le Premier Ministre serait-il le « pompier pyromane » de la laïcité ? s’interroge le sociologue Sébastien Fath sur son blogue :

« On est en plein paradoxe. Le premier Ministre français Manuel Valls, qu’on a connu beaucoup mieux inspiré, a quelque peu égratigné l’exigence laïque en volant au secours, devant les amis du CRIF, d’une intellectuelle retraitée(1) de plus en plus citée par le Front National, dont de récents propos sur Europe 1 contribuent à banaliser l’islamophobie . Et pourtant, le Premier ministre actuel de la République française s’est cru compétent, tel un pompier pyromane, pour donner des leçons de laïcité à l’excellent travail d’équipe conduit par Nicolas Cadène (rapporteur) et Jean-Louis Bianco (président) à la tête de l’Observatoire de la Laïcité, une structure publique qui s’évertue à défendre et sauver le socle laïque dont la France se réclame ».

En réaction, 150 universitaires et chercheurs(2) rappellent, dans une lettre de soutien adressée au président de la République, le «travail salutaire» à la tête de l’Observatoire de la laïcité de Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène alors qu’ils sont contestés par le Premier ministre.

Voir aussi :
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/01/20/l-absurde-querelle-de-la-laicite-5747747.html ; http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/19/quel-debat-autour-de-la-laicite_4850049_4355770.html ; http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2016/01/20/nouvelles-3064766.html

3) Un site pour décrypter la réforme du collège
Par une équipe d’une vingtaine de personnes, très majoritairement des professeurs en poste en collège, et accueillant aussi des parents d’élèves dans leur équipe.
Ils sont aujourd’hui 28 à rédiger et mettre en forme les remarques et les questionnements de bien plus d’enseignants et de parents d’élèves.

 

4) Débat sur le code du travail : vous avez certainement déjà entendu ça et là que le code du travail français serait « trop gros », quand il ne serait pas « un carcan » empêchant « la libération des richesses de ce pays ». Parallèlement au projet de réforme Badinter, voici quelques rappels sur ce qu’est un code du travail, et sur ce qu’il en est vraiment du nôtre, en comparaison de ses voisins européens, pour casser quelques idées reçues, ainsi qu’une analyse sur les raisons de vouloir « moderniser » le code du travail.
5) Les grandes manœuvres de concentration multimédia :
Un phénomène qui pose un vrai problème de pluralisme de l’information et donc de bonne santé de la démocratie. Chrétiens, vous êtes tout autant concernés par ce phénomène que les « non chrétiens », vu que l’acte s’informer est sans doute « une seconde nature » pour vous.
D’autant plus que l’on assiste, ces derniers mois, à une accélération inédite des rachats de médias, de nature à soulever l’inquiétude ou l’indignation des journalistes.

A lire, ces analyses de Julia Cagé, économiste de la presse, et d’Acrimed, qui soulève que si les journalistes « ont largement posé la question de l’indépendance éditoriale dans un univers médias très concentré, ils ont aussi largement éludé celle des raisons profondes de ces vagues de concentrations ».

6) Est-il possible de « bloquer les funestes accords dits de « libre échange » en 2016… ?
L’économiste Jean Gadrey « positive », mais pour inciter à poursuivre les mobilisations contre le traité transatlantique entre l’UE et les Etats-Unis ou « TAFTA ». Il relève « plusieurs bonnes nouvelles récentes », et rappelle que dans le passé ont été bloqués 1) l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement), un projet proche du Tafta, abandonné en 1998 à la suite d’une opposition française, 2) l’ACTA, accord commercial dit anti-contrefaçon, rejeté par le Parlement européen en 2012 à la suite de fortes mobilisations, 3) et même L’AGCS (Accord général sur le commerce des services), plus ou moins gelé à l’OMC depuis 2005/2006.

Rappels ici, si vous avez raté le début de l’épisode : https://www.laquadrature.net/fr/TAFTA ; http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/13/si-vous-n-avez-rien-suivi-au-tafta-le-grand-traite-qui-effraie_4788413_4355770.html ; http://multinationales.org/Tafta-l-elaboration-des-normes-et-des-lois-bientot-confiee-aux-lobbies ; http://www.bastamag.net/Accord-Europe-Etats-Unis-que-nous et cf http://www.bastamag.net/Tafta-comment-la-cooperation-reglementaire-permet-deja-aux-lobbys-industriels-d

7) Nous sommes entrés dans « Le troisième âge du suffrage universel », selon Alain Garrigou :
Une intéressante réflexion d’actualité sur le suffrage universel, qui, depuis son origine, a reposé sur « un fondement élémentaire : que les citoyens s’en servent(…)correctement, en somme qu’ils deviennent des électeurs réguliers ». Le deuxième âge du suffrage universel est « celui de son évidence », celui de « la participation, comprise à la fois comme désir spontané et comme devoir intériorisé de s’exprimer. Tout au long d’un siècle environ, ce fut une assurance d’efficacité. Cette croyance est en train de se déliter ». Bienvenue dans « le troisième âge du suffrage universel », qui est « celui qui voit, après les électeurs apprentis, les citoyens arbitres des luttes politiques devenir leurs otages » : ces derniers « refusent le jeu et lorsqu’ils reprennent éventuellement le chemin des bureaux de vote », c’est pour être « plus contre que pour ».

8) « Une croissance contre nature ». Extrait du prochain livre d’Eric Jaffrain « la guérison de l’économie ». Sortie prévue en 2016 aux Editions Jouvence. A lire sur le site de l’auteur cette réflexion sur « la croissance », tant attendue par les politiques et industriels « comme un messie qui semble être le seul capable de résorber le chômage et d’augmenter le niveau de vie de la population, ou encore de réduire la pauvreté ». Mais cette croissance-dont la venue certaine est sans cesse annoncée par les prophètes du XXIe siècle, mais que l’on attend toujours-en avons-nous vraiment besoin ? A-t-elle du sens aujourd’hui ?

Et puisque l’on parle de « croissance »,

9) Voici le compte-rendu par Steve Morales de sa visite d’une « megachurch » prônant l’évangile de la prospérité, publié sur TGC Evangile21. L’article va bien au-delà d’une dénonciation « classique », et c’est ce qui fait tout son intérêt : « Nul besoin de partager une nouvelle vidéo montrant des pratiques ridicules des églises prônant l’évangile de la prospérité. Partageons l’Évangile lors de tête-à-tête, et démontrons patiemment en quoi le Seigneur Jésus vaut bien plus que toutes les promesses de richesses terrestres ». En clair, « arrêtez de dénoncer sur votre page facebook ces faux docteurs. Cherchez plutôt à amener avec douceur ceux qui les écoutent à Christ ».

Peut-être le pendant de cet autre article sur une certaine « abomination ».

10) Une urgence : casser le mythe du self made man, « un mythe dangereux » qui mène inévitablement à l’idolâtrie et à la fin d’un peuple, comme nous le rappelle l’Ecriture.

Ce « mythe moderne », le documentariste Pierre Carles appelait déjà à « le briser », dans une interview sur Acrimed : Cessons « d’appréhender la société par le seul biais de l’individu, soit la figure du self made man, du héros entrepreneur ou du sauveur providentiel qui ont contaminé les JT et les magazines d’information, avec le message implicite que la collectivité n’a pas d’importance, que l’individu existe en dehors d’elle, qu’il s’est forgé tout seul. Car c’est ça, l’idéologie de l’information télévisée, sa propagande »
11) « Pour ou contre le baptême d’enfant ? Et si c’était plus compliqué que ça… ? »
Comment dépasser le fameux « choix binaire de type baptême / pas baptême »(des enfants), avec l’alternative(plus biblique) de la présentation d’enfant (ou bénédiction d’enfant)-que nous pratiquons dans notre église.
Une intéressante et honnête réflexion sur le blogue du théologien suisse Philippe Golaz.

12) « Et si l’on parlait du sacerdoce universel, plutôt que de se limiter à un lectorat exclusif de pasteurs » ? A lire sur TGC – Evangile 21 : L’auteure-qui est une femme- n’est « pas intéressée par la prédication dominicale ». Mais elle chérit « l’espoir qu’un jour tout cela se soldera par un sermon sur le sacerdoce universel des croyants : Mes frères, nous ne sommes pas tous des frères. Chérissez la fraternité du ministère pastoral, mais pour l’amour de l’église, invitez vos sœurs à trouver leur place dans le ministère, une place que vous auriez voulu offrir à un homme par réflexe ».
Et si vous n’êtes pas superstitieux, voici un treizième et dernier lien, dans la série « Leurs Meilleurs vœux : en guise de rattrapages » :
13)Celui d’Alain Ledain, publié fin 2015 sur son blog « Ethique chrétienne » : « Une courte méditation sur la fragilité », où il s’agit « de choisir entre la bonne et la mauvaise fragilité, entre la vie et la mort (c’est-à-dire entre la relation ou la séparation relationnelle), entre l’acceptation de ce que nous sommes (fragiles) ou le masque lassant de la performance et de la compétitivité ».

 

 

 

Notes :

(1) Qui s’était « taillée la part du lion » dans les colonnes du journal « le 1 » , pour expliquer « comment parler de la laïcité à nos enfants », et ce, alors qu’elle n’est pas spécialiste de la question.

 
(2) Dont Olivier ABEL, professeur de philosophie, IPT de Paris, Fonds Ricoeur, Jean BAUBEROT, président honoraire EPHE, ancien titulaire chaire Histoire et sociologie de la laïcité, fondateur du Groupe Sociétés, religions, laïcités, Rachid BENZINE, historien, herméneutique coranique, IPT Paris, Jean-Dominique DURAND, professeur émérite histoire contemporaine, université Jean-Moulin, Lyon-3, Etienne FOUILLOUX, professeur émérite en histoire contemporaine, université Lumière, Lyon 2, Sébastien FATH, chargé de recherche CNRS, Groupe Sociétés Religions Laïcités, Raphaël LIOGIER, professeur, IEP Aix-en-Provence, Collège International de Philosophie, Paris, coresponsable du réseau Sociologie et Religions de l’AFS, Michel WIEVIORKA, directeur d’études, EHESS, European Research Council, Président du directoire de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Jean-Paul WILLAIME, directeur d’études émérite EPHE, ancien directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités…….

« Les licornes existent : j’en ai rencontré (au moins)une ! »

Mythique. Rare, donc précieux….et donc à conserver !

Dernièrement, nous réfléchissions sur la notion d’ « adhérence » ou d’engagement, de fidélité, soit le fait de « coller à ».
« Coller à », ou « aimer comme une colle », est aussi le commandement adressé à l’homme pour sa femme, dans le cadre du couple marié. Et la caractéristique d’un homme mâture, d’un « homme, un vrai », comme le rappelle Florent Varak, citant Ephésiens 5v31 et Gen. 2v24  :
« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » Le terme grec traduit par « s’attacher » veut littéralement dire « coller », avec une portée sexuelle explicite. La caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir sans qu’il soit possible de séparer. Une image idéale du mariage ! Une deuxième caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir deux objets sans qu’il soit possible d’y intercaler quoi que ce soit d’autre. En bref, la Bible parle de pureté au sein du mariage (Héb 13.4). Cette image à deux aspects. L’un positif : il faut déborder d’imagination pour apprendre à créer une union mutuellement satisfaisante. L’autre négatif : il interdit à toute autre présence de s’installer entre les époux, ce qui trahirait l’alliance du mariage ».

 
Quel est le rapport avec les licornes du titre, me demanderez-vous alors ?
Tout d’abord, que croire à la réalité et au respect d’une telle union voulue de Dieu et posée par Dieu « dès le commencement » (l’union entre un homme et une femme dans le cadre du mariage. Une « alliance » et non « un contrat ») peut paraître aujourd’hui « mythique » ou « chimérique », à l’instar, par exemple, de la croyance aux licornes…Croire au mariage biblique de nos jours, c’est croire aux licornes.

C’est le parallèle audacieux, plein d’humour et de poésie (et de pertinence) qu’ose faire le blogueur « Ecbatane » dans un billet datant du 29 mai 2013, intitulé : « Du mythe de l’indissolubilité du mariage et de l’existence des licornes! »
Un billet à lire attentivement et pas en diagonale, qui nous invite à croire et à espérer. D’ « Oser l’amour » pour que « le monde (recommence) à croire en l’amour », au point d’en avoir soif et de « (vouloir) essayer lui aussi! »
Parce que « ce n’est pas parce que l’idéal est minoritaire qu’il ne peut pas être le modèle auquel tout le monde doit aspirer ».
Parce que(comme nous le disions ailleurs, la meilleure réponse à la banalisation du divorce et à ce que l’on présente comme un « progrès humain », reste la défense et le respect du mariage tel qu’il a été conçu « dès le commencement »(voir ce que le Seigneur Jésus en dit dans Matt.19v4-6).

La meilleure réponse, comme le souligne Ecbatane, c’est non seulement d’y « croire »(au mariage biblique). Mais de « le prouver » et d’« affirmer » ce qui peut pourtant paraître comme une évidence.

Parce que le mariage n’est pas un jeu. Mais un enjeu pour aujourd’hui.

Je vous livre une partie de son article et vous invite à en découvrir l’intégralité sur son propre blogue :

(…)« Déjà la définition du couple du XXIème siècle s’éloigne vraiment du mariage chrétien tel que défini par Jésus lui-même : « Au commencement, le créateur les fit homme et femme et il leur dit : « voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère; il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Matthieu 19 4-6). Le couple moderne ne croit pas en l’indissolubilité, il fonde toute sa base sur le sentiment amoureux (purement hollywoodien) et ses fluctuations. Il ne croit pas en la fidélité, mais en l’instinct et en la passion. Il ne croit pas en la liberté de choix. Des contraintes financières, émotionnelles, sexuelles (etc…) peuvent entrer en jeu. Enfin il ne croit pas en la fécondité, vu qu’il limite volontairement le nombre d’enfants au minimum (mais il y a des exceptions). Le couple moderne ne repose donc sur aucun des 4 piliers du mariage chrétien : indissolubilité, fidélité, liberté, fécondité. Et cette vision moderne du couple prédomine complètement la société. Elle est devenue la norme. En fait, on ne peut pas vraiment parler de norme vu que cette modernité du couple a une infinité de combinaisons possibles (et éphémères), mais c’est justement cette infinité de possibilités qui devient norme par rapport à la vision que l’Eglise nous donne du foyer conjugal.
Le modèle qu’on ose présenter comme « traditionnel » est un leurre. Un seul papa, une seule maman, et des enfants. Vraiment ? Très sincèrement, je ne pense pas que ça soit si répandu que ça. L’adultère a existé de tout temps, la polygamie et les répudiations sans raisons valables étaient largement ancrées dans la mentalité de l’ancien testament. Veuvage, remariage, violences dans le couple jusqu’au meurtre, inceste et j’en passe et des meilleures.
Pourtant, il y a ceux qui osent essayer le modèle d’amour présenté par l’Eglise [un modèle qui paraît « minoritaire » et « chimérique » comme les licornes, donc]
(……)
Alors quand on voit l’état des familles de nos jours (en France et dans le monde), on peut comprendre que le peuple soit choqué qu’une minorité se lève pour affirmer que les licornes existent. Il y a un énorme fossé entre ceux qui n’ont jamais vu de licorne et ceux qui en élèvent. Mais le tout n’est pas d’affirmer que les licornes existent, il faut le prouver! »

La suite ici :
http://encheminversecbatane.wordpress.com/2013/05/29/du-mythe-de-lindissolubilite-du-mariage-et-de-lexistence-des-licornes/

Et toi ? Crois-tu aussi « aux licornes » ?  😉

Opposants au « Mariage pour tous » : par où continuer ?

 

Dans un billet sur son blog, datant du 22/04/13, Patrice de Plunkett renvoit à une émission de France Info, « fort instructive », selon lui, lors de laquelle Tugdual Derville-l’un des porte-parole de « La Manif pour tous »- « rappelait le seul objectif de la mobilisation de masse : défendre la famille et la filiation contre le saccage de l’état-civil.

A France Inter, les débatteurs constataient l’absence d’incidents hier à Paris et l’émergence du phénomène des Veilleurs : courant jeune, gandhiste, et immunisé radicalement contre… la « radicalisation »(…)

Cela dit, par où continuer ? Le pari des manifestations à répétition ne peut durer indéfiniment, ne serait-ce qu’en raison des vacances : celles de printemps et celles d’été. Présenter des candidats aux municipales est une idée, mais lointaine. Dans l’entre-deux, il est urgent de lancer le mouvement d’écologie humaine auquel Tugdual Derville a fait de nouveau allusion (…) à France Info. A la condition d’aller réellement au fond des choses, c’est-à-dire jusqu’à la mise en cause du modèle économique dominant.

Par où continuer ?

« par une manif pour tous pour les victimes de trafics d’humains, les prostitués, handicapés, les abandonnés… pour les Français !(…)
pour les paysans, réduits en quasi servage par les supermarchés et l’agro alimentaire
pour les marins-pécheurs :idem
pour les français d’outre-mer victimes de la corruption administrative et dont on ne s’occupe pas parce que eux ne font pas de chantage à l’indépendance
pour les habitants de régions touristiques (leurs élus, prostitués à la manne touristique, les oublient complètement)
pour les profs qui passent leur temps à faire le boulot de parents,
pour les parents qui font le boulot de l’éducation nationale
pour les femmes qui « s’excusent de demander pardon » à leur employeur d’être enceintes
pour les maires courageux qui résistent au chantage de Valéo
pour les prisonniers abandonnés dans les zones de non-droits que sont les prisons
pour les avortées qui sont sommées de ne pas parler de leurs troubles psychologiques
(…)
pour la dignité du corps
pour les familles éclatées par l’économie folle
pour le droit à la beauté, à l’intelligence dans les médias
pour les villages ravagés par une autoroute inutile
pour les déracinés »

commente le même jour l’ internaute E. Levavasseur, en réponse au billet du journaliste.

Par où continuer ?

Au lendemain du vote solennel adoptant la Loi Taubira en assemblée nationale hier soir, Patrice de Plunkett, encore, rappelle, dans un billet posté le 24/04/13  « tout  l’engrenage du « changement de civilisation » annoncé par Madame la Garde des Sceaux :

: Vieux engins par Peter Griffin

: Vieux engins par Peter Griffin

Loi Taubira > PMA > GPA »

Car, explique  le journaliste, « la loi votée hier est vide tant que les réseaux biotechnologiques n’auront pas le feu vert. Ils pensent l’obtenir.

L’un de ces réseaux a ouvert une antenne à Paris avant même le vote de la loi.

Le fond du problème est là : la dislocation de la filiation, et l’artificalisation du vivant, sont voulues par le système économique et commercial occidental. D’où l’engagement spectaculaire de Goldman Sachs (et autres) pour booster ce processus aux Etats-Unis et en Europe.

Disons-le aux centaines de milliers d’indignés par la loi Taubira : maintenant il faut comprendre que le libéralisme sociétal est inséparable du libéralisme économique et financier ; on ne combat pas les effets sans combattre la cause.

Sur le terrain, des Français de tous bords et des immigrés de toutes origines se rencontrent dans ce combat pour l’humain. Cette rencontre doit devenir un creuset ».

Une nouvelle manif dimanche contre le « mariage pour tous » : et après ?….

Hier, dimanche 24 mars, des centaines de milliers de gens-sans doute plus d’un million, selon les organisateurs-ont à nouveau manifesté dans Paris leur opposition au projet de loi du « mariage pour tous ».

« Et après ? »

Il s’agit là, non d’une question futile ou méprisante, mais d’une question essentielle, dépassant la simple analyse « à chaud »(voire les réactions purement polémiques, au risque d’être stériles à comparer avec ces témoignages) des événements d’hier. Il s’agit de s’interroger de façon positive, raisonnée et constructive sur « l’après ».

Cette réflexion, Patrice de Plunkett  nous la propose justement sur son blog, dans un fort pertinent billet (24/03/2013) intitulé : « Marée humaine dans Paris – Et ensuite ? Le temps du travail en profondeur commence… »
« La question qui se pose maintenant est : par où continuer ? », questionne le journaliste catholique, qui ne manque pas de souligner que, et L’UMP, et l’extrême droite,  espèrent récupérer les bénéfices(électoraux) d’une manif(dont ils ne sont ni les initiateurs, ni les promoteurs ou les organisateurs). Néanmoins, poursuit PdP, « ce n’est évidemment ni avec l’UMP, ni avec l’extrême droite, qu’un phénomène nouveau peut naître. C’est sur d’autres bases, avec une autre profondeur de champ.
Le phénomène nouveau naîtra, non « de » ces immenses (donc éphémères) rallyes de masse, mais « à partir » d’eux. Plus précisément : à partir du plus grand nombre possible de ceux qui se sont mobilisés dans tout le pays pour les réussir, avec une énergie significative.
Significative de quoi ? D’une intuition qui se propage : beaucoup sentent que le problème est la forme de société que nous subissons. Il faut leur proposer, dans tout le pays, des rencontres pour étudier réellement ce problème qui est le seul décisif, donc le seul urgent : il faut étudier le système pour savoir ce qu’il est, comment le combattre et par quoi le remplacer.

Comment réaliser ces rencontres ? …»

La suite et le détail du billet, ainsi que les commentaires qui suivent, ici.

Notre regard sur le mariage : «contrat» ou «alliance» ?

"Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

« Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.
Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

Créé en 1941 dans la résistance par le père jésuite Pierre Chaillet, « Témoignage Chrétien » (se veut)un magazine d’inspiration chrétienne ouvert à toutes celles et ceux qui, croyants ou non, comptent – entre autres – sur les forces de l’esprit pour résister à une société de pure consommation. http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/70-ans-de-resistance/Default-14-3204.xhtml

Familier de cette publication-que je lis depuis 2007-j’apprécie sa façon de rappeler que Dieu est « le Dieu de la veuve, de l’orphelin, du pauvre et de l’étranger », ainsi que ses prises de position concernant la bioéthique.

Pourtant, à la lecture de leur tribune publiée sur leur site et intitulée : « Mariage pour tous, un progrès humain », « Déclaration de Témoignage chrétien à propos de la Loi sur le mariage pour tous et à l’occasion des manifestations du 16 décembre 2012 et du 13 janvier 2013 » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Divers/Mariage-pour-tous-un-progres-humain/Default-56-4260.xhtml?vosreactions=pos#derniere_reaction ), quelque chose ne colle pas et ne me paraît pas tourner rond.
Habituellement capable d’analyse et de recul nécessaire dans son traitement de l’actualité et sur d’autres sujets, TC paraît ici singulièrement sur la défensive sur le sujet du « mariage pour tous ».

En porte à faux avec l’église catholique, d’autres médias chrétiens catholiques (La Croix…) ou de personnalités proches des milieux « chrétiens de gauche » (Ex : http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/09/chretien-et-progressiste-j-irai-manifester-contre-le-mariage-pour-tous_1814532_3232.html ; http://plunkett.hautetfort.com/archive/2013/01/14/ce-qui-va-naitre-du-13-janvier-2013.html#more ; http://chretiensdegauche.com/2012/11/20/834-electeurs-de-gauche-invitent-le-gouvernement-a-ouvrir-un-dialogue-approfondi-sur-le-mariage-pour-tous/#more-571 , http://www.chretiensdegauche.eu/ ….), le journal témoigne par ailleurs, dans sa défense du projet de loi du gouvernement, d’une certaine faiblesse dans l’argumentation, ainsi que d’une vision unilatérale et partisane. Etonnant pour une publication qui revendique pourtant « une voix critique mais constructive, engagée mais sans dogmatisme… » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/Notre-offre-dactualite/Default-14-3200.xhtml ).
A l’inverse, un « Réforme » a su offrir à ses lecteurs une pluralité de points de vue sur le « mariage pour tous » (http://www.reforme.net/une/societe/contre-mariage-protestants-mobilisent ).

Pour ma part, j’estime que la meilleure réponse à ce que l’on présente comme un « progrès humain » reste la défense et le respect du mariage (contre la banalisation du divorce), tel qu’il a été conçu « dès le commencement ». Et c’est bien notre regard sur le mariage(comme sur la vie)qui change tout.
De fait, parce que TC déclare ne pas croire « que le mariage pour tous dissoudra la société », et parce qu’il se persuade que « le divorce n’a pas fait disparaître le mariage », considérant « le projet de loi actuel » comme « une avancée réelle », je me suis décidé à répondre ce qui suit sur le site même du magazine. Voici quelques extraits :

Cher TC (…) à l’instar de nombreux lecteurs, je vous témoigne ici mon étonnement et mon désaccord face à votre « Déclaration ». D’abord, face à une absence totale de débat sérieux sur ce sujet au sein de TC, d’autant plus que ledit sujet ne fait pas l’unanimité parmi les personnes notamment dites de gauche (chrétiennes ou non). On se serait attendu à lire régulièrement dans vos colonnes les prises de position de personnalités opposées au projet de loi sur « le mariage pour tous », et que l’on ne saurait taxer « d’homophobes » (qualificatif disqualifiant, par ailleurs bien commode pour imposer le silence).
Malheureusement, je constate avec tristesse et incompréhension, une absence flagrante de tribunes « contradictoires » sur TC. J’espère que cet « oubli » sera bientôt réparé dans la prochaine nouvelle mouture du journal. Étonnement, enfin, face aux arguments de votre manifeste et particulièrement votre conception du mariage qui me paraît contradictoire avec vos combats habituels.

Ainsi, vous considérez le mariage comme « un contrat (…)qui peut légalement se rompre, ou se renouveler ». Une déclaration qui m’a surpris pour son argumentaire paradoxalement très libéral, car en porte à faux avec ce que je crois avoir compris de l’esprit et du fondement de votre journal. Or, c’est de la conception du mariage que découle tout le reste. En comparaison, il est intéressant de relever que dans le numéro 86 de février 2012 de « La Décroissance », Raoul Anvélaut écrivait notamment ce qui suit, dans un article consacré au Pacs : « Qu’est-ce que le mariage ? C’est un engagement devant des communautés (familiale, nationale, universelle) dont doit découler, par exemple, le soutien à son ou sa conjoint-e, et ce, quoi qu’il lui arrive. C’est un acte purement symbolique, qui ne pourra jamais rentrer dans une logique comptable. (….)le Pacs est parfaitement en phase avec son époque. Toute la dimension d’engagement du mariage est vidée au profit d’un simple « contrat », parfait produit de la logique marchande. L’autre n’est alors plus qu’une marchandise, comme une machine à laver le linge ou une automobile. Quand il ne fonctionne plus, ou simplement qu’il ne me plaît plus, je peux rompre le contrat et le changer contre un nouveau produit…. » Un écho à Erri De Luca, qui, dans sa relecture des « Dix Paroles », relève que « Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ». (Et il dit, p. 79-80) Et c’est en toute logique que Raoul Anvélaut conclue en jugeant que l’ « on ne peut s’effrayer devant la destruction de la nature et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales du même système qui les engendre… »

De même, pour paraphraser ce dernier, je dirai que l’on ne peut s’effrayer(ou s’indigner), du « désordre anthropologique(effectivement réel) d’une société dont les formes de consommation, de production et de partage sont si peu respectueuses de la personne humaine et de sa dignité » et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales (également bien réelles) d’un mariage vidé de son sens(en jugeant à tort cette inquiétude « abstraite »-et ce n’est pas une simple question de mot ou de vocabulaire)

A l’inverse des positions de votre tribune relatives au mariage, quelles sont celles du Seigneur Jésus-Christ (dont votre journal porte fièrement le nom) ? Celui-ci nous invite à revenir « au commencement »(cf Matt.19). Et « au commencement », déclare Jésus, « le créateur fit l’homme et la femme »(v4) Adam une fois créé, Dieu constata « qu’il n’était pas bon que l’homme soit seul »(Gen.2v18)….Adam donna des noms aux animaux, mais sans trouver de « vis à vis »(Gen.2v20). Aussi Dieu décida-t-il de lui former une aide, un « vis-à-vis », à partir d’une de ses côtes. Après que l’homme eut reconnu sa femme comme « étant os de ses os et chair de sa chair », Dieu déclara : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » (Gen. 2v24)

Le mariage, « un contrat » ? Plutôt une alliance. Une création de Dieu qui unit un homme et une femme ayant décidé un plan de vie commun. Je vous remercie par avance, dans votre belle et noble ambition de « témoigner chrétien » et donc de « témoigner Christ », de donner plus de place et tout son sens au mariage, tel qu’il a été conçu « au commencement ». Ce ne sera que pure cohérence avec votre combat, et de nature à lui donner encore plus de poids.

Affaire à suivre…