Des jeunes « pro-vie » contre « la culture et le supermarché de la mort »

Plus d’un million de personnes, dont de nombreux jeunes, ont marché sur Washington et dans de nombreuses villes des Etats-Unis, le 24 mars dernier, pour sensibiliser l’opinion américaine et les pouvoirs publics sur la question du contrôle des armes à feu et de la sécurité dans les établissements scolaires. Cette « Marche pour nos vies » a été initiée par les élèves survivants du lycée Stoneman Douglas, à Parkland, en Floride où a eu lieu une tuerie qui a fait 17 morts le 14 février dernier(1).

Une situation qui me rappelle quelque peu celle-ci et tant d’autres.

Jusqu’à présent et ce, en dépit des nombreuses tueries ayant notamment lieu dans les établissements scolaires (une fusillade tous les trois jours depuis janvier 2018), le « cycle infernal » est toujours le même aux USA : fusillade, indignation et prières, promesses, oubli. Malgré les bonnes volontés, la situation semble être condamnée à ne jamais évoluer, au nom « du culturel » (« la culture des armes ») et au nom du « sacro-saint » deuxième amendement, qui donne le droit constitutionnel aux Américains de « posséder et de porter des armes », et défendue âprement par le lobby des armes à feu, la National Rifle Association (NRA).

Sauf que là, non. C’est la plus grande manifestation jamais organisée en faveur d’une régulation des armes à feu aux Etats-Unis(1).

Ils ont marché. Maintenant, ils veulent mener jusqu’à son terme « le bon combat » pour leur vie et peser aux « midterm », les prochaines élections de mi-mandat, en novembre, avec pour mots d’ordre : « Never again » (plus jamais ça) », « Changez la législation sur les armes ou changez le congrès ».

Comme nous pouvons le lire sur le site du mouvement : “Be counted today, at the March For Our Lives in Washington DC and 800+ sibling marches across the globe. Be counted this November. And if you’ve already registered to vote – register your friends. Be counted next week, and the next, by continuing to show up and speak truth to power. Demand action. Join us in this Fight for our Lives”.

Saluons la prise de conscience de ces jeunes et de ceux qui les soutiennent, lesquels ont compris que la « culture de vie » ne se limite pas à condamner l’avortement et l’euthanasie. Et qu’être « pro-vie » n’est pas insister davantage et seulement sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, des millions de citoyens vivants.

Ils ont aussi compris que les belles paroles et les seules prières ne suffisent plus(2) : ils veulent des actes et interpellent leurs élus – certains liés à la NRA, à l’instar du Président Trump, lui-même farouche défenseur de ce lobby.

Ils manifestent ainsi « leur volonté de vivre dans un monde qui ait du sens, avec des adultes qui soient conscients de leurs responsabilités », souligne la psychanalyste Claude Halmos« Ils réclament – et ils le disent – un monde normal. Un monde où ils puissent vivre sans risquer d’être, un beau matin, abattu comme du gibier, par un déséquilibré. Un déséquilibré qui aura pu s’acheter une arme de guerre, aussi facilement qu’il se serait acheté un portable, parce que les ventes d’armes rapportent beaucoup d’argent à des lobbies prêts à tout – et surtout au pire – pour en gagner ». Et il est « rassurant », estime encore Claude Halmos, « que ces lycéens soient capables de prendre, de cette façon, leur destin en mains, d’en appeler à la loi et de demander aux adultes de tenir leur place et de les protégerIl est important qu’en France, les enseignants, dans les écoles et les lycées, parlent de ces manifestations à leurs élèves, dont certains peuvent être fascinés par le maniement des armes. Parce que ces lycéens sont un exemple, et un exemple particulièrement positif ».

De fait, ceux qui ont manifesté ont également compris d’emblée quel est le vrai problème : il n’est pas impossible en soi de légiférer sur les armes, sauf que certaines forces empêchent toute réforme en ce sens.

Ainsi, dire « c’est culturel, on n’y peut rien », en réponse aux survivants et aux proches des victimes des tueries, sonne comme une malédiction aux relents (pourris) de fatalisme. C’est aussi un aveu d’impuissance et un aveu (et un témoignage) que l’Eglise (certains évangéliques soutiennent par ailleurs la NRA, à moins qu’ils ne soient soutenus par elle) et par là même le Christ, fléchit les genoux devant une culture et un culte, des puissants et des puissances. Car les cultures sont des cultes et qui dit cultes dit religions. En réalité, rien n’est simplement culturel dans la mesure où une culture est ce qui relie plusieurs personnes, ce qui est l’exacte définition d’une religion. Or, le Christ n’avait pas d’arme et ne m’a pas forcé à le suivre.

Où sont les Églises, dans cette lutte spirituelle contre la « culture » et l’« industrie de la mort » ?

Prions premièrement pour la détermination et la protection de ces jeunes « pro-vie ». Prions aussi pour la repentance des responsables évangéliques inactifs, ainsi que pour celle des dirigeants et des élus, pour que ceux-ci soient à même de légiférer avec courage, sans compromission et sans craindre la pression des lobbies. En effet, la repentance des plus hauts responsables est de nature à briser des verrous et à libérer une nation.

 

Et en France ? On le sait peut-être moins mais il existe aussi chez nous un « supermarché » et une « industrie de la mort ». Qu’en est-il du positionnement et de la réflexion des Églises sur ce sujet ?

Nous lirons avec intérêt cet article du magazine mennonite « Christ Seul », lequel braque le projecteur sur le salon de l’armement, « pudiquement baptisé « Eurosatory salon international de Défense et de Sécurité », (qui) se tiendra à Paris du 11 au 15 juin 2018. Comme tous les deux ans, une myriade de délégations et de professionnels viendront découvrir les mille et une façons les plus récentes de trucider son prochain, de surveiller sa population, ou, pour la bonne conscience du salon, de réagir à des situations de catastrophe. Car, ne nous y trompons pas, la motivation principale d’Eurosatory est bien la vente d’armes. Bien entendu, ce salon accueille sans hésitation des représentants de régimes répressifs, voire de dictatures ou de pays impliqués dans des crimes de guerre. Soyons certains que les contrats négociés ne rendront pas le monde plus sûr, ils ne font que préparer la mort ».

Les Églises mennonites de région parisienne y manifestent, depuis plusieurs années, contre ce salon et le marché des armes. Le réseau Church & Peace se joint souvent à eux et l’organisation de la manifestation se fait conjointement avec les Quakers. Sans doute, ce type action est peut-être moins médiatisé mais c’est bien comme Église de paix que les Mennonites prennent position contre ce commerce et toutes ses conséquences. Ils estiment en effet que la non-violence (« la force d’aimer », à l’heure où l’on célèbre les 50 ans de la mort de Martin Luther King) fait normalement partie du message de l’évangile…

A découvrir, cet article de Christ Seul, qui profite de cette occasion pour passer en revue quelques idées fausses sur le commerce des armes.…et cet autre, sur Bastamag, qui révèle qu’« un rapport pointe la responsabilité juridique du gouvernement français et de plusieurs entreprises de défense pour leurs ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, deux pays fortement impliqués dans la guerre au Yémen. Ces équipements militaires, employés pour le blocus, serviraient à affamer les populations yéménites, et, utilisés pour les bombardements aériens, contribueraient au lourd bilan des civils tués. Or, exporter des armes dans un tel contexte, est interdit par les traités signés par la France et l’Union européenne ».

 

 

 

Notes :

(1)D’origine spontanée, cette initiative est devenue la plus grande manifestation contre les armes de l’histoire des Etats-Unis.

Plus d’un million de personnes, surtout des jeunes, se sont rassemblées samedi 24 mars dans plusieurs villes des Etats-Unis pour réclamer un encadrement plus strict de la vente d’armes à feu après une série de tueries de masse en milieu scolaire. Plus de 800 rassemblements ont été recensés à travers le pays et à l’étranger.

A New York, ils étaient 175 000 dans les rues, selon le maire Bill de Blasio. A Atlanta, Chicago, Dallas, Houston, Nashville, Seattle, Las Vegas, La Nouvelle-Orléans ou Los Angeles, des milliers de personnes sont descendues dans les rues. A Washington, le nombre de manifestants a atteint 800 000 personnes.

A l’étranger, les habitants sont aussi sortis en nombre à Londres, Montréal, Ottawa, Edimbourg. A Paris, une trentaine de personnes se sont réunies au Trocadéro pour soutenir cette cause.

Un résumé des faits et des principales étapes du mouvement ici.

(2) Et ce, à l’instar de l’actrice Mia Farrow, qui, très active sur Twitter, a répondu à un tweet de Donald Trump dans lequel il déclare envoyer ses «prières et condoléances aux familles des victimes, quand il ne propose pas, plutôt que de limiter la prolifération des armes individuelles, de « travailler avec les États » afin d’armer davantage les écoles en formant le personnel enseignant au maniement d’engins létaux (*): «Monsieur, nous avons besoin de plus que des prières et des condoléances. Nous avons besoin d’une législation rationnelle sur les armes » (Sir, we need more than prayers and condolences. We need rational gun legislation (14 févr. 2018 )

(*)En cela, il ne fait que reprendre les propositions de la NRA, qui avait suggéré, en réponse à la tuerie de Newtown (le carnage dans une école maternelle en décembre 2012) que « La seule façon de stopper un méchant avec une arme, c’est de lui opposer un gentil avec un arme ».

Citons aussi le twitt de l’acteur Mark Ruffalo : « Les prières sans action concordante sont des mensonges silencieux que l’on se dit à soi-même, elles ne sont entendues par aucun dieu et reviennent à ne rien faire. L’action est le langage de la vérité, la prière des saints » (« Prayers without accordant action are silent lies told to oneself, heard by no God, amounting to nothing. Action is the language of truth, the prayers of the Saints”. 23:51 – 14 févr. 2018)

« Foireux liens » de mars : « J’ai placé devant toi la mort et la vie : choisis la vie ! » (26-a)

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité placée sous le signe du respect de la vie

Nos « foireux liens » sont de retour, pour ce mois de mars. Du fait de leur densité, nous avons choisi de les publier en deux temps : une première sélection du matin, suivie d’une seconde du soir. Bonne lecture !

Au sommaire de celle-ci, assez « franco-française » pour l’essentiel, avec quelques petites excursions à l’étranger : élections en Russie ; les lycéens rescapés de la tuerie de Parkland (USA) opposent « une marche pour nos vies » au géant NRA ; les États généraux 2018 de la bioéthique en France ; projet de réforme de la SNCF ; projet de loi sur l’immigration ; Bure ; explications des vagues de froid en Europe ; les raisons des erreurs de management ; le concept de « charge mentale » ; dans la peau d’un rédacteur de « Fake news » ; citations apocryphes sur l’éducation…

 

« Poutinocratie », paru dans CQFD n°163 (mars 2018), rubrique Chien méchant, illustré par Fritz

1)  Le dessin du mois : Russie : une élection sans suspens. Sauf coup de théâtre, le président Vladimir Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans, devrait être réélu le 18 mars prochain. Face à lui, les sept candidats semblent bien inoffensifs. L’abstention s’annonce très élevée, d’après l’institut de sondages indépendant Lewada]

2) Aux USA, des jeunes « pro-vie » dénoncent « la culture de mort »

Après la tuerie qui a fait 17 morts à Parkland, de nombreuses voix s’élèvent, notamment chez les jeunes, pour dénoncer la libre circulation des armes à feu dans le pays.

« Piquée sur twitter » : Une parole du Christ réactualisée par The Old South Church de Boston, laquelle ne mâche pas ses mots !

Les lycéens de Parkland survivants prévoient un grand rassemblement le 24 mars à Washington (une « marche pour nos vies »), mais invitent aussi les américains à manifester dans leur propre ville. Plusieurs entreprises ont même informé publiquement la NRA qu’elles ne veulent plus être associés au lobby qui promeut les armes aux États-Unis.

3) (France) Débats et consultations : Les États généraux 2018 de la bioéthique

« Quel monde voulons-nous pour demain ? » C’est sur cette question que se sont ouverts le 18 janvier 2018 les États généraux de la bioéthique. Ceux-ci doivent durer six mois et aboutir à une nouvelle loi sur la bioéthique à la fin de l’année 2018. L’actuelle loi bioéthique du 7 juillet 2011 prévoit qu’elle doit faire l’objet d’une révision par le Parlement dans les 7 ans et que cette révision doit être précédée d’un débat public sous la forme d’États généraux organisés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Le CCNE lance donc une vaste consultation afin de recueillir l’opinion de la société française sur un certain nombre de thèmes. En savoir plus ici sur le cadre, les thèmes, les différentes formes du débat et le calendrier.

 Voir aussi : «  La vie ne peut pas être louée. Un enfant ne peut pas être acheté ». Sylviane Agacinski, philosophe et auteure de « Le tiers-corps, réflexions sur le don d’organes », où elle réfute l’idée d’un marché légal des organes et le consentement présumé du défunt. La philosophe souhaite remettre en avant la misère dans laquelle se retrouvent les gens qui acceptent de vendre leur sang, des organes ou de porter l’enfant d’autrui par intérêt financier.

Offensive des partisans de l’euthanasie à l’Assemblée nationale : Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 1er mars, 156 députés, dont une grande majorité de LREM, souhaitent l’inscription dans la loi d’une « aide active à mourir ».

Exclusif : le Grand Orient de France planche déjà sur l’euthanasie des enfantsAlors que la loi sur la fin de vie est réexaminée à l’Assemblée nationale, la principale obédience maçonnique française organisait le 3 octobre à Paris un colloque dédié à la fin de vie des enfants. Pour les intervenants, l’étape suivante est déjà d’introduire l’euthanasie des mineurs, sur le modèle de la loi belge. Famille Chrétienne s’est glissée parmi l’assistance. Récit.

États généraux de la bioéthique : quel serait LE débat à surveiller ? La modification du génome est en train de passer de fiction à réalité, grâce à Crispr-Cas9, des ciseaux à ADN révolutionnaires. Avec quelles conséquences ?

Ces milliardaires et multinationales qui investissent dans la quête d’immortalité et de jeunesse éternelle

Des start-up se lancent dans des transfusions de sang de patients jeunes vers des personnes plus âgées dans le but de prolonger la vie. Des grandes fortunes ou des multinationales, comme Google-Alphabet, investissent dans des biotechnologies pour identifier les gènes de longévité et ralentir le vieillissement. D’autres mènent des expérimentations pour dupliquer le cerveau dans des machines. L’industrie de la cryoconservation – congeler un organisme en attendant un hypothétique remède contre la mort – connaît un succès grandissant. Tous partagent l’ambition transhumaniste : créer un être humain à la longévité décuplée, voire immortel. Sans aucune réflexion sur les conséquences sociales. Une enquête extraite de l’ouvrage Au Péril de l’humain, co-écrit par Agnès Rousseaux, journaliste de Basta !.

 4) « A quels enfants laisserons-nous le monde ? » (et non le contraire) par Cédric Biagini. De nombreux professionnels de la santé font désormais des constats alarmants à propos de l’impact des nouvelles technologies sur les enfants : dégradation du langage et de la pensée, troubles de l’attention, problèmes de comportement, de communication, difficultés d’apprentissage, pertes de capacités physiques, dépendance…voici ce que génère l’enfermement dans le virtuel. A lire dans le numéro de février de « La Décroissance », le mensuel des « objecteurs de croissance », p3 et 8. Accessible en kiosque ou consultable dans les bibliothèques, ces lieux que l’on peut fréquenter même quand il ne pleut pas ! 😉

 5) Service public : démantèlement de la SNCF : avec 30 ans de retard, Macron va-t-il répéter les mêmes erreurs que les Britanniques ?

Le gouvernement envisage d’accélérer la libéralisation du rail et la transformation, sinon le démantèlement, de la SNCF. Les recettes proposées sont les mêmes que celles qui ont été appliquées aux autres entreprises publiques, de France Télécom à EDF, et qui n’ont bénéficié ni aux salariés ni aux usagers. L’exemple de la libéralisation des chemins de fer britanniques, initiée dans les années 1990 et marquée par une succession de faillites et de scandales, devrait pourtant inciter à la prudence. Au Royaume-Uni, un mouvement pour la ré-appropriation de ce service public par les usagers et les salariés prend de l’ampleur.

6) Immigration : le projet de loi contesté

Gérard Collomb, qui porte ce projet de loi asile et immigration, l’a décrit comme « un texte totalement équilibré qui s’aligne sur le droit européen. »Pour le directeur général de France Terre d’Asile, Pierre Henry, invité du Soir 3, ce n’est pas vraiment le cas. « La totalité des associations qui travaillent dans le secteur, le défenseur des droits, mais aussi la commission nationale des droits de l’homme, la plupart des experts pensent que ce texte est déséquilibré. On peut se poser la question de son utilité. La dernière loi date de 2016 et les décrets ne sont même pas sortis », déplore-t-il. Alors est-il vraiment utile ?

7) « Bure et Bure et ratatam » : 20 ans de projet et de contestation

C’est à la lumière du dossier Notre-Dame-des-Landes, de sa ZAD et de son évacuation, que le projet de stockage de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse s’est révélé au grand public, au-delà des territoires concernés. Alors que le gouvernement a lancé l’évacuation du terrain occupé par des opposants, coup de projecteur sur le projet et les raisons de l’opposition au projet de stockage de déchets nucléaires, qui ne datent pas d’hier. Voir aussi https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/bure-quel-est-ce-projet-de-stockage-de-dechets-nucleaires-et-pourquoi-est-il-conteste-1519292642

8) Froid ici, mais trop chaud au Pôle : et c’est lié !

Les vagues de froid européennes de ces dernières semaines et des années récentes sont liées au réchauffement de l’Arctique : voir, sur le blogue de Patrice de Plunkett, la démonstration des scientifiques, non pour ceux qui la refuseront « jusqu’à la tombe », mais pour ceux qui, de bonne foi, ne la connaitraient pas.

9) La fin du management et du manager ?

Le management hiérarchique traditionnel est mort. Vive « le nouveau management » ! Les premières graines qui ont poussé les entreprises à se « bouger » sont celles qui ont miné les Etats-Unis au moment de la crise des subprimes. Tout le monde savait qu’on allait dans le mur, et la plus grande banque américaine Enron fait faillite. Pourquoi ? Parce qu’on n’ose s’exprimer. On n’ose pas remonter les problèmes. La responsabilité est laissée au final à une hiérarchie coupée de la base. Des erreurs sont faites dans les entreprises qui ont refusé l’écoute, et au contraire cultiver le silence. Explications par « Zeboute », sur son blogue.

Quel « partage des tâches » dans le couple Luther ? Par Andy Singer

10) « Fallait demander ! » Emma, blogueuse devenue star du Web féministe depuis la publication de sa BD sur « la charge mentale ». Voir aussi ce portrait dans La Croix.

11) Petit cimetière des citations apocryphes sur l’éducation

Plongée distrayante dans l’obscurantisme numérique moderne : Les citations apocryphes pullulent sur le web, parfois sans auteur ou au contraire attribuée à une foule d’auteurs très différents, le plus souvent sans aucune référence, parfois même à contresens du texte d’origine… quand ce texte existe seulement ! Cet usage compulsif des citations dit quelque chose de notre modernité : par sa brièveté, elle se prête parfaitement à l’immédiateté du prêt-à-penser, sa réplication à l’infini fait de la citation un poncif au sens propre. Et plus que jamais les idées sont reçues. En voici quelques-unes concernant l’éducation, que vous connaissez sans doute déjà…

12) Insolite : Dans la tête d’un rédacteur de Fake news

« Je favorise l’ignorance, certainement, et peut-être que je contribue à une atmosphère de haine. Mais je ne crois pas que des gens soient morts en conséquence de mon travail. Peut-être que je suis plus nihiliste que la plupart des gens, mais à la fin, c’est un travail et il paye bien.» C’est un jeune thésard britannique qui écrit. Étudiant en arts, se considérant de gauche, il se fait passer pour un Américain pro-armes d’âge mûr, militant sur des sites d’extrême droite : cela cultive un certain sens de «l’humour absurde», s’amuse-t-il avec ses amis.(…) Cette mise à distance forcenée des discours qui cherche à les présenter comme simples tours de passe-passe sans conséquences tend à faire oublier que derrière les mots, il y a des idéologies, et devant les idéologies, des vies…

 

Bonne lecture !

Deuxième partie de ces « foireux liens » à 17h00.