« Le chrétien peut-il faire grève ? » Ou Notre regard sur le travail et les manifestations contre la loi Travail

Le « I would prefer not to » (ou :  « je préférerais ne pas ») de Bartleby, personnage d'Hermann Melville : une façon d'affirmer sa dignité, soit de ne pas dire "oui" à tout et n'importe quoi...?

Le « I would prefer not to » (ou : « je préférerais ne pas ») de Bartleby, personnage d’Herman Melville : une façon d’affirmer sa dignité, soit de ne pas dire « oui » à tout et n’importe quoi…?

« Le Roi d’Egypte leur dit : ……pourquoi voulez-vous débaucher le peuple de ses travaux ? Allez à vos corvées !(…) Vous êtes des paresseux, des paresseux !  » (Ex.5v4, 17. TOB)

« Jour après jour, tournés vers moi, ils désirent connaître e que j’attends d’eux. On dirait une nation qui agit comme il faut, et qui n’abandonne pas le droit proclamé par son Dieu. Ils réclament de moi de justes jugements et désirent ma présence. Mais ils me disent : « A quoi bon pratiquer le jeûne, si tu ne nous vois pas ? A quoi bon nous priver, si tu ne le remarques pas ? » Alors je réponds : Constatez-le vous-mêmes : jeûner ne vous empêche pas de saisir une bonne affaire, de malmener vos employés, ni de vous quereller ou de donner des coups de poing ! Quand vous jeûnez ainsi, votre prière ne m’atteint pas ». (Es.58v2-4. BFC)

L’excellente revue « Promesses » a mis en ligne son numéro consacré au « travail et (au) chômage » (N° 192, avril-juin 2015), consultable intégralement ici.

Dans le contexte du projet de loi « travail », actuellement en débat au parlement(1), et dans le contexte des diverses manifestations et grèves en réaction à ce texte(2), voici l’occasion de chercher ensemble ce que serait « porter un regard biblique » sur les divers aspects du travail : « labeur, chômage, vocation et revenu, témoignage à nos places de travail, relations dans le travail, congés et sécurité dans nos occupations ». Une façon d’aller plus loin que les éternels : « c’est le bazar en France »(pour rester poli), ou les « que font-ils à la France ? ». Car, plutôt que dénoncer systématiquement ces travailleurs qui « se focaliseraient sans cesse sur leurs droits », comment rester à l’écoute des revendications de ceux qui ploient sous la charge ?(3) Car, rappelons-le, les opposants au projet de loi « travail » ne sont pas de ceux qui « ne voudraient pas travailler », mais plutôt de ceux qui défendent leur dignité, soit leur droit de ne pas dire oui à tout et n’importe quoi.
Ainsi, parmi les « Sept questions sur le travail » recensée par Joël Prohin, en voici une, que l’auteur ose poser, susceptible de nous intéresser : Le chrétien peut-il se mettre en grève ? (4)

Son analyse : « L’Écriture demande clairement aux « serviteurs » (aux salariés, dirait-on aujourd’hui) de se soumettre à leurs « maîtres » (leurs supérieurs) – et cela que ces derniers soient « bons et doux » ou qu’ils aient « un caractère difficile » (1 Pi 2.18). L’obéissance à l’autorité hiérarchique est un principe biblique général que tout chrétien est tenu de respecter. Néanmoins, la Bible condamne tout aussi fermement l’oppression des pauvres : Jacques rejoint la voix de prophètes comme Amos lorsqu’il dénonce vertement le comportement des riches qui frustrent les ouvriers d’un salaire digne (Jac 5.v4). Si un croyant peut supporter paisiblement une injustice qui le touche personnellement, il peut aussi apporter une critique justifiée face à un comportement patronal inéquitable qui porte atteinte à son prochain ou à toute une catégorie sociale.

Dans les pays où le droit de grève est reconnu par la législation, lorsque la négociation n’a pas pu aboutir, on peut donc concevoir que le chrétien puisse user de ce droit comme un moyen de « dire la justice » (cf. Ps 40.9). Le danger est alors de glisser vers la défense d’intérêts matériels ou catégoriels, ou bien d’être entraîné dans des mouvements dont les fondements peuvent être diamétralement opposés à l’Évangile. Il est donc impossible d’édicter une règle de conduite générale et uniforme et il convient à chacun de se laisser diriger par l’Esprit pour vivre et montrer l’équilibre toujours délicat entre une soumission dans la douceur (Phil 4.5) et une dénonciation courageuse du mal ».

Dans le même numéro, Frédéric Mondin propose une réflexion biblique sur la base du texte principal d’Éphésiens 6.5-9 : « Patrons et employés : entre soumission zélée et devoirs réciproques ». C’est nous qui soulignons.

« Le texte d’Éphésiens 6.5-9 et son corollaire en Colossiens 3.18-25 pensent la relation entre patrons et employés dans le cadre des relations familiales, après la relation conjugale (5.22-33) puis parentale (6.1-4)…..Le principe qui dirige toute relation familiale saine est celui d’une soumission mutuelle de personnes elles-mêmes soumises à Christ (Éph 5.21 ; 1 Pi 5.1-6)…..Sans tomber dans une lecture révolutionnaire de l’Évangile, Paul revalorise ces trois entités familiales socialement déconsidérées à la lumière de l’Évangile, pour lequel l’aspect « mutuel » des rapports fait loi. Il enrichit ainsi le devoir de soumission d’un devoir de réciprocité. Ouvrant un droit d’accès égal à la nouvelle alliance, il montre aussi que la nouvelle communauté de la foi ne fait acception de personne, puisque, d’un point de vue strictement spirituel, tous sont un en Christ (Gal 3.28s ; Éph 6.9 ; Col 3.11) ».

Ainsi, au verset 9 d’Ephésiens 6 (« Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, et abstenez-vous de menaces.»), « après avoir exhorté l’esclave à se soumettre sans faille à ses devoirs d’esclave en faveur du patron, Paul se tourne vers les maîtres pour leur dire une chose incroyable : « Faites de même » ! Autrement dit : « Patrons, soumettez-vous sans faille à vos devoirs de patrons pour le bien de votre employé. » Ou encore : « Vos employés vous servent, vous devez aussi les servir.(…) Paul rappelle régulièrement à ses lecteurs le principe de Deutéronome 10.17 de l’impartialité de Dieu (Rom 2.11 ; Gal 2.6 ; Col 3.25), comme pour imposer un garde-fou à celui qui, détenant un pouvoir que sa faiblesse humaine maîtrise peu, serait tenté d’en faire un usage exacerbé »[cf Col.4v1]. Garde-fou qui nous paraît actuellement battu en brèche, de par le « détricotage » du code du travail par la « loi travail » El Khomri (1).

Enfin, dans un autre article de la revue, à l’heure où certains acquis sociaux sont battus en brèche (voir par exemple le travail du dimanche), David Richir rappelle qui est réellement « l’inventeur…des congés payés » !

Côté catholique, Benoît dénonce l’ « aliénation du travailleur » sur « Les Cahiers libres » : « Notre modernité a réussi cette chose incroyable : nous faire oublier que nous travaillons. Faut-il y voir une libération ? Non, c’est une illusion. La libération consisterait en la sortie d’un mode de production déshumanisant (l’homme réduit à un outil parmi d’autre, ainsi que l’exprime à merveille cette pub de Renault) ; l’illusion consiste au contraire à nous faire oublier l’aliénation. L’aliénation n’a, en un sens, jamais été aussi forte. Non seulement le travailleur est aliéné par un mode de production qui le considère comme une simple ‘ressource’ – une matière première ou un outil comme un autre – ; mais cette aliénation est elle-même aliénée. Le travailleur n’a même plus conscience d’être un travailleur et se trouve donc incapable de se reconnaître comme aliéné ». Précision pour info que « politiquement », l’auteur de cet article déclare « (espérer) plus dans le retour du Christ que dans les prochaines élections ; en attendant, il fait ce qu’il peut ».

Et si vous l’avez manqué, ne manquez pas à ce sujet son intervention (courte mais dense et pertinente) sur Radio Notre Dame : Une façon de répondre à ceux qui disent que, au sein d’une entreprise, les bénéfices ne seraient pas générés par les employés/ouvriers-lesquels « se focaliseraient(exclusivement) sur leurs droits …»

Et pour finir, La Rebellution nous offre un article d’Alex et Brett Harris, paru le 8 octobre 2014 sur « Joshua Wong : 17 ans et leader du « Nuit Debout » de Hong Kong » et traduit de l’anglais. L’équipe estime « intéressant de le publier aujourd’hui, dans le contexte du mouvement « Nuit Debout »(2) qui a lieu actuellement en France ».

 

 

 

 

Notes :
(1) La loi El Khomri en est actuellement au stade du projet de loi. Le texte a d’abord été présenté au Conseil des ministres du 24 mars 2016. Il a ensuite été examiné par la Commission des affaires sociales au début du mois d’avril. Le texte est débattu actuellement au Parlement. Après sa présentation à l’Assemblée nationale le 3 mai, le Premier ministre Manuel Valls a utilisé la procédure de l’article 49-3 de la Constitution qui a permis de faire adopter le projet de loi par l’Assemblée nationale en 1ère lecture sans vote des députés. La motion de censure déposée par la droite a en effet été rejetée le 12 mai (246 voix alors que 288 voix étaient nécessaires). Le projet de loi El Khomri est maintenant examiné par le Sénat. Il sera débattu en séance à compter du 13 juin. Avant son retour à l’Assemblée nationale fin juin-début juillet. Selon le premier ministre Manuel Valls, le texte devrait être définitivement adopté au mois de juillet.

Quelques mesures prévues par le projet de loi :

1)Le droit du travail fixe actuellement des durées de travail maximales par jour et par semaine. Le projet de loi prévoit d’augmenter ces plafonds. Ainsi, la durée maximale de travail par jour est aujourd’hui fixée à 10 heures. La réforme prévoit d’augmenter cette limite pour la porter à 12 heures. Cette hausse ne pourra être mise en place que par accord collectif. Elle devra nécessairement répondre à une augmentation de l’activité de l’entreprise ou à des motifs d’organisation.

Dans le même sens, la durée maximale de travail hebdomadaire, aujourd’hui fixée à 48 heures par semaine, pourra être portée à 60 heures. Autorisée par l’inspection du travail, cette augmentation ne devra être que ponctuelle : elle ne pourra être appliquée qu’en cas de « circonstances exceptionnelles » propres à l’entreprise.

2)L’article 2 de la loi Travail est particulièrement critiqué par les opposants au projet de loi dans la mesure où il introduirait une « inversion de la hiérarchie des normes ». En matière de temps de travail, il prévoit en effet qu’un accord négocié au sein de l’entreprise (accord d’entreprise) puisse remplacer les dispositions d’un accord de branche, même si ces dispositions sont plus favorables pour les salariés. Au contraire de la CFDT, la CGT exige donc le retrait de cet article 2.

3)Les PME de moins de 50 salariés pourront proposer à leur salarié de passer au forfait jour (et donc de déroger aux règles des 35 heures) et ce même sans accord collectif. A noter que la commission des affaires sociales du Sénat (qui examine le texte) est revenue, dans les grandes lignes, à la première version du projet de loi travail. Sur le temps de travail, elle est allée plus loin en supprimant la notion de durée légale de travail (http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/loi-travail-les-senateurs-suppriment-les-35-heures_1798043.html ; http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/loi-travail-senat-retablit-ajoute-supprime-1371818 )

4)Le projet compte modifier les règles applicables à la validité des accords d’entreprise. Ils devront désormais être majoritaires, c’est-à-dire signés par des organisations syndicales représentant au moins 50 % des salariés. Mais le texte prévoit aussi la possibilité de mettre en place un référendum d’entreprise à la demande des syndicats représentant moins de 30 % des salariés. L’accord sera validé s’il est approuvé par la moitié des suffrages exprimés par les salariés. Les syndicats, même majoritaires, ne pourront pas s’y opposer.

5)Actuellement, la rémunération des heures supplémentaires est majorée de 25 % pour les 8 premières heures et de 50 % pour les suivantes. Mais un accord collectif peut prévoit une majoration de seulement 10 %, à condition qu’aucun accord de branche ne s’y oppose. Le projet de loi prévoit de supprimer cette dernière condition. En d’autres termes, une entreprise sera plus libre de négocier un accord pour réduire le bonus de rémunération des heures supplémentaires. Cet accord primera sur l’accord de branche si celui-ci prévoit un bonus plus important.

6)Le texte compte définir avec plus de précisions les motifs pouvant entraîner un licenciement économique. Les difficultés économiques rencontrées par l’entreprise pourront notamment être caractérisées par une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires pendant un certain nombre de trimestres consécutifs, qui varie en fonction de la taille de l’entreprise. Ce nombre est fixé à :

1 trimestre de baisse du chiffre d’affaires ou des commandes pour les entreprises de moins de 11 salariés ;
2 trimestres pour les entreprises employant entre 11 et 49 salariés ;
3 trimestres pour les entreprises ayant entre 50 à 299 salariés ;
4 trimestres pour les entreprises de 300 salariés ou plus.

Il suffira désormais que l’entreprise remplisse ces conditions posées par la législation pour que le licenciement économique soit mis en oeuvre. Il sera alors difficile pour un salarié de contester le motif économique de son licenciement dès lors que ces critères sont réunis. Cette définition plus précise, avec l’introduction de nouveaux critères, aura également pour effet de réduire le pouvoir d’interprétation des tribunaux quant aux motifs économiques avancés par l’entreprise pour justifier le licenciement.

Sources : http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/52536-loi-el-khomri-loi-travail-ce-qui-va-changer
Voir aussi : http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/06/02/la-contestation-de-la-loi-el-khomri-permet-aux-salaries-de-redecouvrir-le-code-du-travail_4931682_1656968.html et http://loitravail.lol/

(2) Un mouvement enclenché le 31 mars, d’abord contre la loi travail, puis qui s’est étendu ensuite  : voir le site du mouvement ; ces analyses du mouvement : http://www.sudouest.fr/2016/04/13/nuit-debout-neuf-choses-que-vous-ne-savez-peut-etre-pas-2328865-5166.php, http://www.europe1.fr/societe/en-quoi-consiste-le-mouvement-nuit-debout-2710441. Autres regards : http://www.famillechretienne.fr/politique-societe/politique/dans-la-penombre-de-la-nuit-debout-192273 ;  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/04/12/nuit-debout%C2%A0-un-temoignage-5787725.html ; http://www.lavie.fr/actualite/france/quand-un-veilleur-observe-nuit-debout-13-04-2016-72208_4.php ; http://www.bastamag.net/Nuit-Debout

(3) Et aussi une façon de ne pas oublier que défendre «la dignité humaine » ou « les valeurs chrétiennes »– ne se limite pas à condamner l’avortement et l’euthanasie ». Etre « pro-vie », ce n’est pas non plus  insister davantage et seulement sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, des millions de citoyens vivants.

(4) Voir aussi cet article sur le même sujet, paru en 2008 sur « Christ seul », publication mennonite : « le chrétien peut-il faire la grève ? »

Il est notamment rappelé que « les sociétés où le travail est régi par le salariat ont compensé le statut subordonné des salariés en organisant différentes instances de concertation et en octroyant, sous certaines conditions, le droit de grève qui est, notons-le, une forme de protestation non-violente qui a été autorisée, souvent, suite à des tueries à balles réelles ». La participation du chrétien à de telles formes d’action entre dans la ligne des cas suivants : « Cela ne nous choque pas qu’Esther soit intervenue auprès de l’empereur du moment pour intercéder en faveur de son peuple. Néhémie a fait la même chose. Paul, lorsqu’il s’est retrouvé en procès, a usé des arguments juridiques qui existaient à son époque pour défendre sa cause. Paul et Jacques ont interpellé les maîtres d’esclaves et les riches pour qu’ils changent d’attitude. C’est ainsi que les choses se faisaient dans les sociétés d’autrefois. Le sort des plus faibles dépendait de la bienveillance des plus forts et, pour faire entendre leur voix, les faibles devaient adresser une supplique personnalisée à ceux dont leur sort dépendait. La soumission aux autorités que les apôtres ont recommandée n’a pas exclu des réclamations diverses, pour peu que ces réclamations respectent le cadre normal de la société de l’époque. Même dans l’Église primitive, il n’a pas paru choquant que certains récriminent (Actes 6), parce que leurs veuves n’étaient pas suffisamment prises en compte ».

D’autre part, il est relevé que «  la grève n’est pas un geste individuel. C’est un geste collectif. Les salariés protestent collectivement, et pas nécessairement pour eux-mêmes en particulier, contre des conditions de travail dangereuses ou indignes, contre un niveau de rémunération qu’ils considèrent comme injuste, contre des sanctions qu’ils estiment injustifiées. Ils engagent d’ailleurs d’autres qu’eux-mêmes et, en particulier, ceux qui les suivront dans l’avenir. Nous sommes tous au bénéfice des grèves contre les conditions de travail dangereuses qui ont été menées par nos devanciers ».

Foireux liens de mai(15) : « ne passons pas à côté de l’essentiel ! »

Les "Foireux liens" de Mars : une actualité "chaude", qui ne devrait pas vous laisser "froid"...

Les « Foireux liens » de Mai : une invitation à « ne pas se conformer au monde présent » et à adopter une vision sociale et sociétale biblique !

Et « l’essentiel », c’est avant tout les relations. D’avoir de bonnes relations. Et surtout, de cultiver ces relations, sachant que la fidélité n’est pas acquise pour toujours. Les liens ci-dessous ont trait aux relations avec Dieu, premièrement, puis « les uns les autres » – un enjeu, surtout à une époque du cloisonnement et de l’atomisation.
1)Ainsi, comment prendre ne seraient-ce que « quatre minutes » avec Dieu par la Bible et la prière « pour une bonne journée » ? Une décision vitale, face au stress, « au surbooking et à un rythme de vie décapant ». C’est le défi que nous invite à relever ce « guide expresso » (1)pour les 25-45 ans de la Ligue pour Lecture de la Bible(LLB). Un programme qui peut paraître peu ambitieux(en comparaison du défi relevé chaque matin par l’écrivain napolitain Erri de Luca), à moins qu’il ne s’agisse de « réalisme ». Mais quatre minutes seront-elles « suffisantes » pour se nourrir, ou « toujours trop », par « manque de temps » ?

Pour les visuels – et les pressés – une présentation vidéo ici :

Si nous prenons la peine et le temps de lire et d’étudier la Bible, nous nous poserons les questions suivantes, avec le bibliste Joël Sprung :

2) « Dans la loi qu’est-il écrit ? Comment lis-tu ? » Le « bon sens » (est-il) « près de chez vous » ?

L’animateur du blog « pneumatis » souligne que « nous vivons une époque dans laquelle la confrontation des méthodes exégétiques, dans les milieux chrétiens, est très vive(…)Quoiqu’il en soit, il convient au moins de rappeler ici que cette confrontation est au moins aussi ancienne que la pluralité des milieux de réception de l’Ecriture. Dès lors, comment s’y retrouver ? Une « méta-méthode », qui pourrait prétendre à faire l’unanimité, et qui pourrait sinon être au moins le mouvement premier du lecteur croyant, consisterait finalement à interroger l’Ecriture elle-même, pour savoir ce qu’elle dit de la manière de l’interpréter. Étrange paradoxe alors, a priori, que de devoir lire pour savoir comment lire ! »

3) « Mais que dit la Bible ? » Notamment à propos de ce sujet controversé et sensible de l’homosexualité, à découvrir sur TGC – Evangile 21. Pour Kévin de Young, « en tant que chrétiens vivant au milieu de la controverse, il y a trois choses que nous devons garder ouvertes : nos cerveaux, nos cœurs et nos Bibles ».

4) « Que dit la Bible » : une question qui ne porte pas seulement(et exclusivement)sur des « questions de société », mais qui porte aussi sur des « questions sociales ». On se reportera donc avec profit sur cette étude d’Alain Nisus – « Connaissance de Dieu et justice sociale chez le prophète Jérémie » : Ou comment il ne saurait y avoir « de disjonction entre la piété et l’éthique ; entre la pratique de la justice sociale et la pratique du culte ; entre l’orthodoxie et l’orthopraxie. La piété authentique s’exprime aussi par un souci de justice sociale ». Et comment il ne saurait y avoir « de disjonction entre l’éthique sociale et l’éthique sexuelle ».

5) Un autre sujet de société : le célibat. Serait-il « Hors norme », notamment de nos jours ? « Pour une valorisation(et une vision biblique) du célibat », il est possible de lire l’édifiante recension du livre d’Albert Hsu sur « elle croit », de nature à inspirer toute réflexion sur cet éternel sujet.

6) Mondialisation : Le « globish » serait-il « la langue de Babel » ?
Est-ce « s’isoler » que de « parler français aux Français, en France » ? s’interroge Patrice de Plunkett, relayant sur son blogue une tribune de Xavier Combe (enseignant à Paris-X et président de l’Association française des interprètes de conférence), à lire intégralement sur Libération. En effet, mot-valise formé à partir de « Global » et de « English », le « globish » est devenu « la langue véhiculaire de la planète » et surtout « la langue de la mondialisation ». Mais, « contrairement au mythe de Babel », estime Xavier Combe, « la malédiction serait que les hommes ne disposent plus que d’une seule langue, d’une unique et même façon de penser ».

7) « Ubérisation » :  un néologisme devenu omniprésent dans la presse, également orthographié «uberisation» sans accent aigu, en référence à « Uber », la fameuse entreprise de mise en relation de chauffeurs professionnels indépendants et de client.
« Au carrefour de l’économie du partage, de l’innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d’indépendance des Français »(sic), un « phénomène » vu par un « observatoire de l’ubérisation »(2), comme « une lame de fond » susceptible d’ « impacter [ou de bouleverser ]petit à petit tous les secteurs de l’économie traditionnelle des services ». Voici six exemples de ces bouleversements : la profession de taxi, les libraires et l’édition (investie par Amazon), les hôtels, les professions juridiques, les banques et les restaurateurs….Un point commun : offrir la possibilité de se servir tout seul, rapidement, avec la suppression des intermédiaires.

Avec quelles conséquences ? Est-elle « une chance pour l’économie » ?

Faut-il (et peut-on y) résister ?(3) « Uberisation » rime-t-il aussi avec « paupérisation » et « précarisation » ? Chacun – et notamment le chrétien, invité à « ne pas se conformer au monde présent »(cf Rom.12v2) – est appelé à s’interroger.

8) D’ailleurs, il y a deux ans, dans un article consacré à Althusius, un penseur politique protestant, nous soulignons cet affaiblissement des « corps intermédiaires » entre l’Etat et l’individu, soit de toutes les formes de vie associative non gouvernementale, y compris la famille et l’Église(cela concerne aussi l’entreprise).  Un affaiblissement qui favorise l’essor de l’individualisme et du libéralisme, lequel « fait de l’individu et de ses droits inaliénables (liberté, propriété…) le centre et l’origine des relations sociales ». La « main invisible » a aussi un effet destructurant par essence, puisqu’elle « disloque la société, mais ne la conserve pas ». L’occasion de reconsidérer une contribution oubliée de la pensée politique protestante, soit une vision de la vie sociale et politique fondée sur les notions d’alliance et de consensus. Une vision de nature à nous faire réfléchir, d’une part, sur l’exercice équilibré de l’autorité dans la société, en termes de consensus, et, d’autre part, sur l’importance des institutions médiatrices entre l’Etat et l’individu.

Dit autrement :

9) « Comment bâtir des relations authentiques ? » Ou « comment entretenir des relations où les gens se sentent assez à l’aise pour se montrer vulnérables ? » Un article découvert via elle croit.com, et un enjeu fondamental qui concerne aussi les hommes !

Et pour finir :

10) Cette excellente intervention récente de Benoît, des « Cahiers libres », sur le sens de la grève contre la loi travail : une « scandaleuse atteinte aux droits des consommateurs » ? A moins de se souvenir que le consommateur est aussi un travailleur. Et si on donnait prioritairement la parole à ce dernier, pour le laisser s’exprimer sur ses droits légitimes ? C’est sur le « blog notes » de Radio Notre Dame, et c’est à (ré)écouter sur les « Cahiers libres ». Ne pas manquer le démontage en règle du fameux sophisme : « faciliter les licenciements et précariser le travailleur permettra de lutter contre le chômage » !

 

Notes : 

(1) Parmi les contributeurs, on y retrouve entre autres Olivier Keshavjee, théologien réformé et « animateur de paroisse » en Suisse. Il est aussi censé animer son blogue « Théologeek ». Mais si vous en avez assez d’attendre qu’« une particule de créativité traverse le vide interstellaire(j’allai écrire « intersidéral »)pour s’écraser sur un de ses neurones »(ce qui n’est plus arrivé, à l’heure où j’écris, depuis le 9 avril 2015), vous pouvez toujours le lire sur le guide « Express’o » !

(2) On notera que ledit « observatoire » a été fondé par des auto-entrepreneurs (FEDAE) et l’association « Parrainer la Croissance ». Il se donne « pour but d’accompagner l’ubérisation, d’apporter un constat précis et de proposer des pistes de réflexion autour de la réforme du code du travail, du dialogue social, de l’évolution du Droit… ». 

(3) Cf cet article du Monde diplomatique. Voir aussi ces autres exemples pour l’économie et l’université.  A lire, également, « ultramoderne solitude », entretien avec Philippe Breton, dans « La Décroissance », avril 2016, numéro 128, pp3-5 : « sur l’uberisation de l’économie, il y a des résistances très fortes, on voit ce que donne la déréglementation du travail. Les partisans des nouvelles technologies nous flattent en disant : « l’individu moderne n’a pas besoin de régulation ». Mais les gens voient que tout n’est pas possible, que la toute-puissance de l’individu est relative, que les professions doivent être réglementées. Ils ont conscience que ce sont les règles collectives qui nous permettent de vivre en société, qu’il faut des normes, des médiations, des régulations. On sent que dans un monde non régulé, la violence refait rapidement surface »(op. cit., p 5).

 

Foireux liens de mars (14): « choix de société, de vision du monde »

La question reste celle "des valeurs". Mais quelles "valeurs" ?

La question reste celle « des valeurs ». Mais quelles « valeurs » ?

De nouveaux « foireux liens », marqués par les attentats de Bruxelles et la fête de la Pâque, sans oublier une réflexion nécessaire sur nos visions du monde, face aux diverses crises actuelles :

1)Les Attentats de Bruxelles : paroles de chrétiens.

Revendiquées par l’État islamique, les attaques ravivent la douleur et la peur, quatre mois à peine après les attentats de Paris et après ceux de Turquie, du Mali, de Côte d’Ivoire. La rédaction de Réforme a donné la parole à des intellectuels protestants.

Voir notamment celle de F. Rognon, philosophe des religions : « il nous reste l’espérance chrétienne : non pas l’adaptation servile à une condition nouvelle de menaces permanentes, mais la traversée du danger, assurés que depuis les premières Pâques, le Christ nous précède, nous accompagne, nous porte ».

La première réaction du chrétien sera sans doute de prier, outre de manifester la compassion pour les victimes. Voici justement 10 sujets de prière à découvrir.

Mais « assez pleuré », réplique le blogueur Koztoujours, lequel en a « soupé des larmes(…) du pathos. Du compassionnel dans lequel on excelle. Assez de fournir aux terroristes et à leurs sympathisants le spectacle qu’ils espèrent, le tableau qu’ils attendent. Privons-les de la jouissance de ces scènes, même si cela suppose de faire violence à l’inclination sirupeuse de nos sociétés et de nos médias, de nous priver de l’auto-contemplation de notre statut de victimes – ultime collier d’immunité de notre époque. Aujourd’hui, c’est la colère qui prend la place. La colère, pas la haine. Mais la détermination(…) Il faut à tout cela une réponse policière, et si nous voulons bien dépasser les débats parlementaires insignifiants dans lesquels nous sommes englués, nous pourrions en débattre davantage. Mais il faut aussi une réponse politique, culturelle, intellectuelle, spirituelle, civilisationnelle ».

Et surtout, ne soyons pas dupes de « la stratégie de Daech pour miner l’Occident de l’intérieur » :  cet article publié dans « La Vie » a le mérite de rappeler que « la stratégie vis-à-vis des Occidentaux est la provocation : il s’agit de pousser leurs armées à intervenir sur le terrain. Le journaliste et ancien otage de Daech Nicolas Hénin raconte ainsi dans son livre Jihad Academy (Fayard) que la plupart des djihadistes de l’EI ont accueilli la nouvelle des bombardements occidentaux avec joie : pour eux, cela prouvait que la prophétie était en train de s’accomplir. Que faire alors pour contrer cette stratégie ? »

Dans le même esprit, Patrice de Plunkett analyse qu’avec les attentats de Bruxelles, « Daech fait encore un pas en avant…pour dresser les « communautés » les unes contre les autres » :

« De la part de Daech ce but fait partie d’une stratégie, celle de tous les terrorismes insurrectionnels : forcer deux populations à se séparer et s’affronter, en commençant par faire couler entre elles une rivière de sang. Atroce mais rationnel. Ce qui n’est pas rationnel, c’est de croire combattre Daech en appliquant la même logique de séparation et d’affrontement. Le vrai contreterrorisme n’est pas un « terrorisme contraire » mais le contraire du terrorisme. C’est ce que veut faire comprendre le général Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT en jargon militaire) dans sa tribune du 21 mars au Figaro : appelant à la « cohésion nationale », il constate que l’ennemi progresse auprès de jeunes Français par une « offre de valeurs » que l’on ne peut combattre que par « une offre supérieure » ; la juste riposte au mythe djihadiste serait de « prendre l’ascendant dans le champ immatériel » en « rassemblant autour de nos valeurs », écrit le CEMAT ». Reste à savoir ce que sont « nos valeurs » ?

Quel impact ont les attentats sur les enfants ? pense à questionner « La Croix », se souciant des « dégâts collatéraux » ou des « éclats de grenade » susceptibles de toucher les plus jeunes.

Puisque l’on parle des enfants, demandons-nous

2) Qui veut la peau des petites écoles et des pédagogies innovantes ? Rares mais indispensables, des écoles élémentaires à une, deux ou trois classes, mêlant des enfants de plusieurs niveaux et de tous âges, existent encore. Ces petites écoles constituent le dernier service public, le dernier lieu de vie et d’attractivité des villages où elles sont implantées. Elles affichent souvent de bons résultats scolaires. Là où les pédagogies y sont innovantes, les enfants apprennent solidarité et démocratie. Pourtant, l’Éducation nationale veut en réduire le nombre. Reportage sur Bastamag.

 

3) Quel avenir pour les classes médias au collège ?

Les « classes médias » sont proposées par le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information) dans l’académie de Paris, depuis 2012, au collège (en 6e, 5e ou 4e), au lycée et au lycée professionnel ainsi qu’en UP2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants). Ces cours optionnels s’inscrivent dans le temps scolaire, au rythme de 2h par semaine et sont pris en charge par deux enseignants volontaires (dont un documentaliste), avec le parrainage d’un journaliste professionnel. L’objectif est de donner aux élèves des outils pour analyser et comprendre le fonctionnement médias, mais aussi de leur permettre de maîtriser l’expression médiatique à travers la création d’un journal scolaire, d’un blog, d’une Web radio, d’une Web TV ou encore d’un profil sur un réseau social.

« Il est indispensable d’avoir un temps identifié pour éduquer aux médias, sinon cette éducation ne se fait pas, ou dans l’urgence, comme on a pu le voir après les attentats, explique Étienne Récamier, coordonnateur du CLEMI de l’académie de Paris. Pourtant, ces classes sont aujourd’hui menacées par la réforme du collège[en porte à faux avec la volonté ministérielle de « créer au moins un média par collège et par lycée »]qui entrera en vigueur en septembre 2016. À ce jour, on ne sait pas si elles seront maintenues. »

 

4)Accord Canopé-Amazon pour initier les profs à l’auto-édition : les éditeurs scolaires inquiets. A lire ici :

En effet, il n’y a pas que les librairies de quartier qui sont menacées par le géant, dont le crédo est de supprimer tout (corps) intermédiaire entre l’auteur(« producteur » ?) et le lecteur(« consommateur » ?) : En apparence Amazon prétend « démocratiser » l’édition en permettant à n’importe quel auteur de proposer son ebook à la vente sur sa plateforme. Mais avec pour conséquence de se substituer à l’édition traditionnelle, Amazon devenant alors tout à la fois éditeur, producteur, diffuseur et vendeur. Avec, au final, une position de monopole au sein de l’industrie culturelle ?

Pour l’anecdote, rapportée dans Le Monde Diplomatique (1), le journaliste allemand Günter Wallraff (auteur de « tête de turc ») raconte avoir lui-même tenté un bras de fer avec le mastodonte du commerce en ligne : « Quand j’ai découvert les conditions de travail de ses ouvriers, j’ai immédiatement appelé au boycott et demandé à mon éditeur de retirer mes livres du site. Cela lui a posé problème : Amazon représente 15 % de ses ventes. Après avoir débattu de l’idée, la maison d’édition s’est néanmoins alignée sur mon exigence. Mais, désormais, Amazon se fournit chez des grossistes pour continuer de vendre mes livres ! Et cela, je ne peux malheureusement pas l’empêcher. Je suis donc critiqué par des gens qui me disent : “Tu fais de beaux discours, mais tes livres continuent d’être vendus sur Amazon”… En réalité, on ne peut pas combattre cette entreprise individuellement. C’est une multinationale organisée selon une idéologie bien définie. Son système ne nous pose pas la simple question, neutre, de savoir si nous voulons ou non consommer sur son site Internet ; il nous pose des questions politiques : celles de notre choix de société. » Et celui de notre vision du monde.

 

5) « Le protestantisme interrogé par la décroissance » : c’est à lire dans « L’âge de faire », une publication écologiste.

Martin Kopp est l’un des artisans de la mobilisation des religions autour de la justice climatique. Il prépare une thèse intitulée « Croire et décroître ? La théologie protestante interrogée par la décroissance selon Serge Latouche ». Entretien. Propos recueillis par Lisa Giachino pour le journal L’âge de faire.

Extrait : Pourquoi lier un auteur athée, Serge Latouche, et la théologie protestante ?

Martin Kopp : Je pense qu’il y a deux portes d’entrée dans la critique de la société de croissance. La critique écologiste rationnelle est un jugement de fait : la croissance n’est pas soutenable. Serge Latouche, lui, a une approche culturaliste et philosophique. Il porte un jugement de valeur : la croissance n’est pas souhaitable. Pour lui, la critique écologiste ne vient qu’ajouter un caractère d’urgence. Il estime que notre imaginaire social est colonisé par l’économie et qu’il n’y aura pas de transition écologique tant que l’imaginaire ne sera pas le bon. Cette porte d’entrée peut être reprise par les religions : quelle est notre vision de l’être humain, notre représentation du monde, notre hiérarchie de valeurs ? Est-ce que nous ne devrions pas, en tant que chrétiens, être dans une critique décroissante ?

 

6) Pourquoi la réforme du code du travail met en péril la santé et la sécurité des salariés ? Une pertinente mise en garde dans « Bastamag » contre d’autres « dégats collatéraux », de nature à redonner du sens à « la culture d’honneur », qui consiste, selon Dieu, à donner plus à ceux qui ont moins, cf 1 Cor.12v24 :

Chaque jour, trois personnes meurent de leur travail en France : plus d’un millier de décès chaque année dont les trois quarts à cause d’un accident du travail souvent évitable ou d’une maladie professionnelle. Si la prise en compte de la santé et de la sécurité des salariés a progressé depuis trois décennies, et permis de sauver des vies, le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri risque de réduire ces avancées sociales à néant. Les organisations du travail et les cadences pourront être durcies, le suivi médical affaibli, et les salariés fragilisés seront remerciés par un licenciement. Quand le gouvernement prône l’insécurité au travail…

« La vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié. Il ne faut jamais l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties », expliquait le ministre de l’Économie Emmanuel Macron en janvier. Comme si les salariés, assurés d’un revenu en fin de mois et d’horaires de travail fixes, ne prenaient jamais de risques. Une petite phrase qui révèle une fois de plus l’ignorance totale du monde du travail et de ce qui s’y joue par une partie des dirigeants politiques, alors que le projet de réforme du Code du travail fait peser une menace sur la santé et la sécurité des salariés.

L’enquête à lire ici.

 

7) Nous voici en plein week-end de (la ) Pâque. Etes-vous prêts à « passer le cap » ?

L’occasion de nous souvenir que « Tout (a été) accompli » : à lire, sur TGC – Evangile 21, la sixième partie de la série « Les Derniers Jours de Jésus », publié par Desiring God pour la Semaine Sainte de 2014. Cette série est inspirée par le nouveau livre « The Final Days of Jesus » (« Les Derniers Jours de Jésus ») de Justin Taylor et Andreas Kostenberger.

Vendredi 3 avril 33. Le jour le plus sombre de l’histoire humaine – mais la plupart des humains n’en ont aucune idée. À Rome, Tibère s’occupe des nombreuses tâches qui incombent à un empereur. Partout, dans le monde habité, des enfants naissent, des gens mangent et boivent, se marient et sont donnés en mariage, font des affaires au marché, pilotent des navires marchands, sont engagés dans des batailles. Des enfants jouent, des vieilles femmes se livrent au commérage, des jeunes hommes à la convoitise, et des gens meurent. Mais aujourd’hui, une mort en particulier, brutale, horrible, la pire et la meilleure de toutes les morts humaines….

Mais cette fête est moins l’occasion de « fêter la mort du Seigneur » que Sa Résurrection. A ce sujet, « comment peut-on affirmer que Jésus est ressuscité? Jésus est ressuscité ! À l’approche de Pâques, il est bon de réaffirmer nos raisons de croire. Matthieu Giralt a résumé un article de Matt Perman, qui met en avant les preuves historiques de la résurrection de Jésus. Extrait :   « Si nous nions la résurrection, nous sommes devant 3 mystères inexplicables et nous devons alors donner une explication pour ces 3 faits. Mais si Christ est ressuscité, alors tous ces faits s’éclairent ».

 

Pour finir, un sujet dont il convient de dépasser le caractère polémique, pour aller plus loin dans la réflexion :

8) 400 entreprises menacent de boycotter l’État de Georgie, lit-on depuis le 29 février sur « 8ème étage », le site qui se fait fort de « différencier l’information de l’actualité ».
Une coalition de plus de 400 entreprises s’oppose ouvertement à un projet de « loi sur la liberté religieuse », aussi connu sous le nom de « First Amendment Defense Act » (FADA), que l’État de Géorgie pourrait très prochainement adopter d’ici le 3 mai.. Elles considèrent en effet qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une forme déguisée de discrimination envers les couples de personnes de même sexe. En réaction, plus de 400 entreprises opérant sur le territoire de Géorgie ont décidé de s’opposer ouvertement à cette « loi sur la liberté religieuse » et de s’engager en faveur d’un « traitement équitable de tous les Géorgiens et de leurs visiteurs ». Dans les rangs de la coalition, baptisée Georgia Prospers, un certain nombre de géants américains comme Coca-Cola, Delta ou encore Home Depot.
Les conséquences économiques de l’adoption d’une telle loi pourraient être catastrophiques pour la Géorgie. La chambre de commerce et l’office de tourisme de la ville d’Atlanta ont réalisé deux études indépendantes à ce sujet et estiment que les pertes potentielles pourraient s’élever à un voire deux milliards de dollars. Il existe déjà un précédent en la matière aux États-Unis. En Indiana, un projet de loi similaire a coûté plus de 60 millions de dollars à l’État (environ 55 millions d’euros), et ce avant même son adoption, rapporte l’agence AP.
Récemment, j’apprends encore que Disney et Marvel menacent de ne plus tourner dans cet état, pour les mêmes raisons(2).
Qui l’emportera ? Le souci des « valeurs »…ou celui des « valeurs » ? Les Evangéliques boycotteront-ils à leur tour Disney et Marvel ? (Ce qui leur permettrait de proposer d’autres films d’autres origines et non exclusivement anglophones à leurs enfants…)
Mais au-delà du débat sur ce sujet épineux(reste à décrypter dans le détail le contenu et les conséquences d’une telle loi, même si l’on croit au modèle biblique du mariage), il est aussi intéressant de s’interroger sur le poids économique des entreprises privées, lesquelles sont susceptibles de « peser » sur les décisions politiques, influençant le processus législatif – l’intérêt privé et financier l’emportant sur « le bien commun ». Nous avons ici un cas de « liberté de conscience », de nature à télescoper une question de « discrimination ». Ailleurs, « le chantage économique » peut concerner un refus de normes d’hygiène/santé publique ou environnementales….

 

Sur ce, bon WE !

 

 

Notes : 

(1) Le même « Monde diplomatique » rappelle que « pour la seule année 2012, l’Association des libraires américains (American Booksellers Association, ABA) évaluait à quarante-deux mille le nombre d’emplois anéantis par Amazon dans le secteur : 10 millions de dollars de chiffre d’affaires pour la multinationale représenteraient trente-trois suppressions d’emplois dans la librairie de proximité ».

(2) Voir sur http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Disney-Marvel-et-AMC-boycottent-la-Georgie-a-cause-d-une-loi-anti-LGBT ; http://www.theguardian.com/film/2016/mar/23/disney-marvel-georgia-religious-liberty-bill-boycott