Une Eglise rayonnante : le témoignage de la grâce

Un livre rare, qui ne vient pas vers nous avec ses réponses toutes faites, mais parce qu’il a plein de questions à nous poser.

« Une Eglise rayonnante »(1), de  Jonathan Hanley(2), est un livre rare. Il commence par soulever un paradoxe : les chrétiens savent, par la Bible, qu’ils sont tous sur pied d’égalité, étant des pécheurs graciés, au bénéfice du pardon divin. Pourtant, nombre d’entre eux établissent une hiérarchie entre les différents péchés et réagissent comme si ces derniers étaient « extérieurs » à l’Eglise. Certains péchés sont plus condamnés que d’autres. En tête, ceux associés au SIDA, qui sont autant de défis et de révélateurs des richesses comme des lacunes de l’Eglise dans l’accueil de l’autre : la pratique de l’homosexualité, les relations sexuelles hors mariage et la toxicomanie. En clair, constate son auteur, qui a passé 13 ans de sa vie dans la lutte contre ce fléau du SIDA, il nous manque, à nous chrétiens, « une conscience de la grâce que Dieu répand sur tous ses enfants pour les sauver et les affermir dans son amour » (op. cit., p 11)

Sur ce plan, nous avons tous manqué le but : c’est pourquoi Jonathan Hanley, sortant des sentiers battus, à contre-courant d’une vision « conservatrice » ou « libérale » sur ce sujet sensible, nous invite individuellement et collectivement à nous remettre au diapason de la grâce, pour redécouvrir Dieu tel qu’il est vraiment, et non une caricature légaliste ou laxiste.

L’ouvrage, empreint d’un certain « réalisme pastoral », est écrit avec humilité, compassion et lucidité. Percutant, il n’hésite jamais à appeler les choses par leur nom, mais sans pour autant sombrer dans le cynisme, le fatalisme ou la diatribe. Des pages pleines d’espérance nous rappellent ce que les Ecritures appellent la grâce et comment le vivre individuellement et communautairement, de façon créative et féconde. C’est ainsi que nous serons en mesure de mieux accueillir, écouter et discerner les véritables questions et soifs spirituelles de nos contemporains, pour mieux leur répondre, en équilibrant « affirmation » et « proclamation » de l’Evangile.

Cependant, comme l’auteur tient à le préciser dans un autre cadre, il n’a « pas écrit Une Église Rayonnante parce (qu’il avait) plein de réponses à donner, mais plutôt parce (qu’il avait) plein de questions à poser ». Il n’écrit donc pas en tant que « donneur de leçons », mais en tant que « compagnon de route spirituel », nous invitant à marcher avec lui sur le chemin de la redécouverte d’une vision et d’un projet de Dieu : l’idéal de l’Eglise de Jésus-Christ, appelée à s’incarner dans le monde.

Le livre pourra paraître « daté » aux « digitals natives » des générations Y-Z, témoignant d’une époque où l’internet, déjà présent, n’était pas encore aussi développé qu’aujourd’hui. Néanmoins, il reste toujours aussi actuel, abordant un sujet essentiel, à l’heure où, plus que jamais, l’on s’interroge, même parmi les chrétiens, sur l’Eglise et sa pertinence pour aujourd’hui.

 

Notes : 

(1) Hanley, Jonathan. Une Eglise rayonnante : le témoignage de la grâce. Editions Farel, 2003. Disponible ici ou .

(2) Jonathan Hanley habite près de Dinan en Bretagne. Après avoir œuvré au Pakistan parmi les réfugiés afghans, il a travaillé avec les Groupes Bibliques Universitaires puis exercé en tant que pasteur en Provence. Il a poursuivi pendant une quinzaine d’années un engagement auprès des malades du Sida avec l’association Signe de Vie-Sida. Il anime le comité de sélection des Éditions-LLB (Ligue pour la Lecture de la Bible) et contribue régulièrement à plusieurs périodiques francophones. Écrivain et traducteur apprécié, il est l’auteur de plusieurs livres publiés aux Éditions Farel.

« Depuis que mon premier livre a été publié en 2003, je suis toujours en train d’en écrire. Dans l’écriture, je trouve un outil qui me permet de mettre un peu d’ordre dans mes interrogations, mes découvertes et mes réflexions », explique-t-il sur le blogue artspiin.

 

« Un coach nommé Jésus » : Epanouissement personnel et Evangile

« Un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile et une lecture managériale des Ecritures bibliques ».

J’avoue avoir d’abord « tiqué » à la lecture du titre de ce livre de Sophie Soria, qu’un ami m’a prêté : Un coach nommé Jésus : Epanouissement personnel et Evangile – Editions Dunod (12 mai 2005). En réalité, l’ouvrage mérite que l’on s’y arrête pour sa démarche et la portée de son propos….

Apparu il y a environ 25 ans, le coaching est aujourd’hui à la mode et se retrouve un peu partout – sport, entreprise, vie personnelle et même église…avec ce point commun : accompagner des personnes ou des équipes pour favoriser le développement de leur potentiel professionnel.

L’ouvrage veut simplement, semble-t-il, rendre compte d’un constat : Jésus serait « un coach extraordinaire. Coach du sens de la vie, de l’accompagnement au changement, de la sagesse et de la transformation intérieure, coach par ses paraboles, il demeure, à travers les siècles, toujours moderne et innovateur. Son message libérateur offre des points de repère et des méthodes pour guider notre existence vers un épanouissement durable, professionnel et personnel »(Résumé de 4ème de couverture). Mais Jésus est-il vraiment un « coach » ? Une telle comparaison est-elle raison, à l’heure où chacun se choisit les maîtres à penser qu’il veut, dans un esprit « free style » ?

Ce livre est publié chez Dunod, un éditeur spécialisé dans les ouvrages de formation universitaire et professionnelle (parmi ses domaines : la gestion et le management, ainsi que le développement personnel). D’où l’angle choisi de cet ouvrage théorique sur le coaching : nous présenter un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile et une lecture managériale des Ecritures bibliques.

Treize « paroles de sagesse » de Jésus donnent treize principes : relativiser l’argent, rassurer l’inquiétude, entreprendre la prise de risques, donner et pardonner dans l’amour-agapè, servir avec humilité, rêver et créer dans un esprit d’enfance, décider avec discernement, chercher avec persévérance, résister librement, changer de cadre pour créer le paradoxe, gagner en lâcher-prise, renaître de l’épreuve et savourer la joie. Suivent trois paraboles « du coaching » tirées des Evangiles, lesquelles se basent sur 4 grands principes : la parabole des talents (le potentiel), la parabole du sel de la terre et de la lumière du monde (la sagesse et la vérité) et la parabole de la maison bâtie sur le roc (les valeurs éthiques). La finalité étant de « vivre en plénitude la vie surabondante ». A la fin de chaque chapitre d’inégale longueur, Sophie Soria nous propose des exercices d’autocoaching fondés sur des situations concrètes de la vie personnelle et professionnelle.

En fin de compte, la démarche d’actualisation du langage biblique, plutôt originale et osée, se révèle pertinente en soulignant le caractère universel et intemporel de l’enseignement de Jésus-Christ. J’ai particulièrement apprécié le chapitre sur la liberté, avec le « décodage » des trois tentations de Jésus au désert. Certains trouveront que c’est ainsi réduire le Fils de Dieu et la portée de son message que de le présenter en simple « coach », « conseiller en communication », ou « maître de sagesse » (managériale), et que les quatre « titres » donné par l’auteure à Jésus (et dont elle fait les quatre parties de son livre) sont bien peu messianiques : « Jésus, conseiller merveilleux » ; « Jésus, coach du changement » ; « Jésus, coach de la sagesse » ; « Jésus, coach par la parabole ».

Mais l’on peut noter que l’auteure, autrefois juive athée, s’est convertie au christianisme (elle est catholique pratiquante), ayant reconnue Jésus comme étant bien le Messie promis et attendu par Israël. Et bien qu’elle prétende le contraire, cet ouvrage est un (e) remarquable « catéchisme/exégèse pratique », liant le spirituel au concret. Il explique, sans forcer à croire[mais en invitant à faire appel au « pouvoir de croire »], en quoi choisir Jésus-Christ et son enseignement, loin de pousser à la résignation et à la haine de soi, rend « réellement libre » et heureux aujourd’hui. Un tel livre peut alors toucher des personnes susceptibles d’être séduits par le New Age, l’ésotérisme et l’occultisme ou par l’ambiguïté de certaines techniques de communication et d’influence, pour mieux les conduire à Celui qui est le « Dieu véritable » et dont les paroles sont « esprit et vie ». Ce qui ne serait déjà pas si mal !

En bref :

Un coach nommé Jésus, par Sophie Soria
Chez InterEditions, collection épanouissement personnel et professionnel – 155 x 240 mm – 272 pages – 2005 – ISBN : 2100486845 – Prix : 19 €
Sommaire :
Ce livre…Jésus, «conseiller merveilleux», coach à part entière Jésus, coach du changement Jésus, coach de la sagesse l’argent. L’inquiétude. La prise de risques. L’amour. L’humilité. L’esprit d’enfance. Le discernement. La persévérance. La liberté. Le paradoxe. Le lâcher-prise. Le sens de l’épreuve. La joie. Jésus, coach par la parabole. Vivre en plénitude.

L’auteure : Coach certifié et conseil en communication. D’abord journaliste, elle devient coach en 2000 suite à une formation de 3 ans au coaching comportemental selon la psychologie humaniste. Après de premières armes en entreprise auprès de collaborateurs et dirigeants de grands groupes qu’elle coache, elle créée en 2002 son cabinet Le Coaching Ethique, orienté vers la réussite éthique. En 2005, elle publie un livre théorique sur le coaching : « Un coach nommé Jésus », devenu ouvrage de référence. Son livre présente un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile. En 2007, elle se spécialise dans l’aide aux victimes de harcèlement moral dans l’entreprise et la vie privée. Par son expérience d’aide à la reconstruction des femmes ayant subi de la violence psychologique dans le milieu familial, Sophie SORIA-GLO est alors amenée à établir sa méthodologie pour le leadership des femmes. Elle est aussi la secrétaire de l’association AVHMVP, Aide aux victimes de harcèlement moral et de violences psychologiques dans la vie privée ou professionnelle.

 

« Ça change tout ! » : L’Evangile qui transforme ta jeunesse

Vivre intégralement l’Évangile : « ça change tout ! »

« Ça change tout ! » pourrait être un nouveau slogan pour faire rêver. En réalité, il s’agit du constat d’une réalité : comment l’Évangile, « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit », et comment aimer et suivre chaque jour Jésus, notre Seigneur, génèrent le changement intégral dans notre vie.

« Ça change tout ! L’Evangile qui transforme ta jeunesse » est le livre co-édité par la Rébellution(1) et BLF Éditions (28/04/18)– que j’ai trouvé fort bien écrit et construit – de Jaquelle Crowe, une « rebellutionnaire » américaine de 19 ans (2) qui s’adresse franchement à sa génération pour l’encourager : « de jeune à jeune et de disciple de Jésus à disciple de Jésus », elle partage avec simplicité et humilité ce qu’elle a elle-même appris dans les Écritures bibliques, Parole de Dieu, pour vivre une vie abondante. Particulièrement bienvenu, ce livre, que j’ai reçu gracieusement de l’éditeur (que je remercie), vient rappeler que la jeunesse a besoin avant tout de solide pour non seulement croire mais croître dans la foi, sur de bons fondements. Par moments, il m’a fait penser à « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété » de Kent Hughes, mais en version « jeune », pour son approche holistique. En effet, chacun des 8 chapitres composant ce livre aborde un thème classique de la vie chrétienne, comme autant d’illustrations complémentaires du changement opéré par l’Évangile. En utilisant le « nous » inclusif dans les titres de chapitres, Jaquelle Crowe invite d’ailleurs ses lecteurs, disciples de Jésus-Christ, à s’approprier pour eux-mêmes chacune de ces thématiques et à vivre personnellement que l’Évangile change tout, avec de nouvelles (meilleures) perspectives : « notre identité », « notre histoire » ; « notre communauté » (L’Église) et notre nouveau regard/rapport à celle-ci, « notre (attitude face au) péché » (que nous n’aimons plus mais haïssons et combattons – les péchés plus « ordinaires » étant les plus dangereux), nos priorités (aimer Jésus et désirer lui ressembler toujours mieux, soit les finalités de l’exercice des disciplines spirituelles), « notre croissance » (pour nous exercer au discernement), « notre (rapport au) temps » (parce qu’il est précieux) et « nos (façons de vivre nos) relations » avec les autres (parents, frères et sœurs, amis et personnes du sexe opposé).

Ce changement intégral, dans tous les domaines, nous rendra libre de vivre joyeusement à contre-courant de la culture ambiante, qui est un redoutable « faiseur de disciple », et libre d’aimer, glorifier et plaire à un autre que nous-même :  Jésus-Christ, notre Seigneur !

Au final, cette lecture est parfaitement recommandable pour tout jeune, particulièrement né dans une famille chrétienne et s’apprêtant à témoigner que Christ est le Seigneur de toute sa vie, dans le cadre de son baptême. Elle sera également rafraichissante pour les lecteurs moins jeunes. Dans tous les cas, elle est idéale pour l’été, période de défis et de tentations !

 

En savoir plus :

Le lien du livre et cette vidéo :

 

Notes :

(1) « Rébellution » est un mot-valise, composé de « rébellion » et de « révolution ». Une rébellion de jeunes chrétiens non pas contre des autorités instituées par Dieu, mais contre les exigences médiocres de notre société. Le blogue, écrit par des jeunes pour des jeunes, a du « pep’s » et contient quantité de ressources pour booster sa foi et nous encourager à vivre pour Dieu. Il est la version francophone d’un mouvement(« rebelution », avec un seul « l ») initié par Alex et Brett Harris. Si vous êtes anglophone, ne manquez pas de découvrir la version « originale », laquelle met également en avant des projets humanitaires, sociaux et caritatifs.

(2) Jaquelle Crowe est une jeune auteure de 19 ans qui vient de l’est du Canada. Elle est éditrice en chef de TheRebelution.com et contributrice de the Gospel Coalition, desiringGod.org et Unlocking the Bible. Elle anime aussi un atelier pour jeunes écrivains, le Young Writers Workshop. Ca change tout : l’Évangile qui transforme ta jeunesse est son premier livre.

 

 

 

« La seule chose que je sais »…c’est que je ne sais pas prier !

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d'aujourd'hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?  (Source : convergence bolcho-catholiques)

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Nous ne savons pas prier.

Cette déclaration peut paraître paradoxale, et peut-être fausse, aux oreilles des femmes et hommes de prière, ou fidèles intercesseurs, que vous êtes.

Néanmoins, les disciples du Seigneur Jésus ont osé faire cet aveu à leur maître, puisqu’ils lui ont un jour demandé(et ce, alors que celui-ci était en train de prier « en un certain lieu »)de leur « apprendre à prier »(Luc 11v1).

« Savoir prier » n’est donc pas si évident que cela !

Le bibliste Joël Sprung, alias le blogueur « Pneumatis », relève ce paradoxe, dans son excellent « Notre Père, cet inconnu » (Editions Grégoriennes, 2013) : on peut être « très pieux, prier abondamment, sans savoir prier vraiment. De même que l’on peut lire et relire la Parole de Dieu, sans jamais l’écouter vraiment ».

Nous ne savons pas prier, donc. Sans doute parce que notre centre de gravité n’est pas le bon(cf Jacq.4v3). C’est pour cela que, souligne encore Joël Sprung, « de même que la Parole ne s’assène mais se rumine et s’annonce, la prière ne se récite pas mais s’apprend et s’exerce chaque jour. »(op. cit.)

Heureusement, nous disposons du meilleur professeur qui soit en la matière : le Seigneur Jésus-Christ, qui, après avoir rappelé ce que la prière n’est pas, nous enseigne, non pas « une prière à apprendre », mais LA prière, par laquelle on apprend(op. cit.). Il s’agit du Notre Père (Luc 11v2-4 et Matt.6v5-15), qui débute ainsi :

« Notre Père qui es aux cieux !

Que ton nom soit sanctifié(ou « montre à tous qui tu es ». TOB) ;

que ton règne vienne ;

que ta volonté soit faite sur la terre, comme au ciel… » (Version de Matthieu)

Jésus prend également soin de nous enseigner où et dans quel état d’esprit prier (Matt.6v6) : non de façon ostentatoire, « pour être vu »(v5), mais « dans le lieu secret »(de la chambre ?), soit au plus profond de notre intimité, là où il ne sera pas possible de tricher avec et devant Dieu.

D’autre part, le Saint-Esprit nous vient aussi en aide dans notre faiblesse à ce sujet, puisque « nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières ».(Rom.8v26 et ss)

Revenons donc à la source, pour apprendre à prier ! Et apprendre à prier requiert une volonté…d’apprendre, en s’asseyant aux pieds de Celui que l’on prétend suivre. Sans oublier que le Royaume des cieux est à ceux qui ressemblent aux enfants….(Matt.19v14)

Lecture complémentaire : 1 Chron.16v8-36 (qui est le sujet de cette prière ?)

Ecouter, chanter et adorer :

 

 

Sur ce, ce blogue se met en pause durant l’été. Retour à la rentrée.

Merci à vous pour votre fidélité et vos encouragements. Je vous souhaite, selon, de rencontrer le Seigneur Jésus-Christ, et/ou de vous (r)approcher de Lui, car Il est le chemin, la vérité et la vie(Jean 14v6). Et ce, en l’écoutant à travers la Bible, Parole de Dieu, par la prière et en mettant en pratique ce que vous avez appris de Lui.

Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains

Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains, de M.A. Ouaknin

Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains, de M.A. Ouaknin

Le présent billet se propose de répondre indirectement, et quelque peu en avance, à la fameuse question : « que lire cet été ? » Et ce, d’autant que cela fait bien longtemps que je n’ai pas parlé de livres.

Dans le prolongement des deux billets précédents(chacun verra le lien évident)et alors que certains souhaiteraient voir les chrétiens relégués dans une posture moraliste(pour ne pas dire « moralisante »), voici(en attendant de lire peut-être l’encyclique du Pape sur le sujet) un livre stimulant et souvent drôle qui parle fort opportunément de « lien » ou de ce qui fait lien. Il s’agit de « Zeugma : Mémoire biblique et déluges contemporains » de Marc-Alain Ouaknin(Seuil, 2013. Points Essais). Une réflexion pertinente et perspicace sur « l’éthique du futur » -« le principe de responsabilité »- dans le Judaïsme. Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler ici sur Pep’s café !

 

L’auteur : Rabbin et Docteur en Philosophie, Marc-Alain Ouaknin est professeur associé à l’Université Bar-Ilan de Ramat-Gan, en Israël. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur le Judaïsme et la pensée philosophique juive.

 

Le livre :

Il s’agit, comme l’explique l’auteur(op. cit., p 20), « non pas d’un essai, mais plutôt d’un journal philosophique, où se croisent à la fois des notes sur l’éthique et l’arche de Noé, l’ours polaire et l’exégèse biblique, l’archéologie et les cathédrales englouties, l’humour et la théologie »(et même « la théoulogie »), et, surtout, l’énigme d’un mot grec : « zeugma », qui signifie « le pont », « le lien », « le joug » et « l’attelage ».

Le zeugma est une figure littéraire où s’exprime un lien insolite, incongru, riche de sens, entre des mots, des locutions, des phrases(Ex : le « Vêtu de probité candide et de lin blanc » de Victor Hugo, dans son « Booz endormi »)….un lien de nature à nous faire rêver, rire ou sourire et voyager… qui « raconte l’essence du lien, du rapport à l’autre et au monde »(op. cit., p 21).Mais Zeugma, « c’est aussi le nom d’une ville », un site découvert en 2007 par une mission archéologique dans la moyenne vallée de l’Euphrate, en Turquie, et menacé par la construction d’un barrage. Un site où trônait une mosaïque, la « Joconde de Zeugma » (cf illustration plus haut, qui est aussi la couverture de l’ouvrage).

Coïncidence ? Sans doute pas, ou alors avec « un grand D », car pour Marc-Alain Ouaknin, « Zeugma, c’est la confrontation de la technique et de l’éthique ».

 

« Zeugma » est donc ce fil conducteur qui nous permet, avec Marc-Alain Ouaknin, de revisiter le déluge biblique(Noé et son arche) de manière pluridisciplinaire pour mieux parler des « déluges contemporains »*. En référence au philosophe Hans Jonas et à son « principe de responsabilité », l’auteur nous invite à réfléchir sur « une éthique du futur ». Son principe ? Le fameux « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » de Lévitique 19v18 doit se prolonger en « Tu aimeras ton lointain comme toi-même »(cf Luc 10v25-37). Celui que l’on ne connaît pas encore, car « caché », « pas encore né »…celui que « nos yeux ne seront plus là pour voir… »(Op. cit., pp 355-357)Car, selon la formule talmudique : « Ezéou Hakham ? Haroé èt hanolad ! » : « Qui est le sage ?** Celui qui voit le futur ! »(Op. cit., p 358) Ou celui qui dit, non pas « dans quel monde vivons-nous ? » mais « dans quel monde vivront-ils ? »

Bref, l’un de mes meilleurs livres depuis janvier 2015, qui, plaisant à lire et souvent drôle[quel livre profond a eu récemment cet effet sur vous ?], nous offre une réflexion biblique profonde et salutaire sur le passé, le présent et l’avenir, face aux « court-termismes ». Il nous invite également à redécouvir « la joie de penser », et plus exactement la joie de « penser en zeugma » : soit de construire des ponts entre des champs de savoirs apparemment indépendants les uns des autres pour mieux appréhender notre monde complexe. A l’heure de la pensée binaire et à l’heure « où l’on ne cherche plus que ce qu’on ce qu’on connaît déjà, à coups de fils rss, d’alertes google, ou de liens repérés par les amis Facebook, cultivant un entre-soi intellectuel assez dangereux »***, l’enjeu n’est pas mince. Et c’est tout le mérite de cet excellent livre. 

 

 

Notes :

* Les dérèglements économiques, sociaux, politiques, écologiques… qui ont cours dans notre monde préoccupent beaucoup Marc-Alain Ouaknin, qui s’en est expliqué sur http://cjnews.com/node/86803 :

« Le plus grand dérèglement auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui est indéniablement le déluge d’information, celui des images et des paroles, qui ne permettent plus vraiment de se retrouver “chez soi” et qui submergent l’homme de rumeurs et d’informations à l’infini, noyant l’accès au livre, à la lecture et à l’interprétation, rendant difficile l’imagination créatrice qui ouvre à ce que la Philosophie nommait jadis “transcendance”. Nous sommes noyés par une technologie qui n’est plus maîtrisée, et qui n’est plus maîtrisable, qui propage des pléthores de rumeurs, d’informations… La communication nous assaille de toutes parts. Le téléphone, le téléphone cellulaire, l’ordinateur, l’ordinateur portable… régissent désormais nos vies. Chaque fois qu’on téléphone à quelqu’un, on lui demande: “Tu es où?” Comme si on ne pouvait plus être quelque part sans avoir à donner des explications et un compte rendu du lieu où on se trouve. C’est ce que j’appelle une crise de l’intime.

À partir du moment où on est surexposé dans l’information de soi par rapport aux autres, il n’y a plus la possibilité de se retrouver “chez soi” et d’avoir une intimité, ce qu’on appelle en grec l’oikos, qui est le véritable sens de l’écologie. L’écologie c’est le discours, la raison, la pensée de la maison, c’est-à-dire la pensée de l’intime. Or, aujourd’hui, la question de l’intime est absolument dévastée par cette surexposition du sujet qui fait, en fin de compte, qu’il n’y a presque plus de sujet. Dans le passé, le sujet était un “Je” ou un “Je suis” qui avait la capacité de se retirer dans un “chez soi”.

Les nouveaux “analphabètes” du XXIe siècle sont des personnes qui savent lire parfaitement et qui sont souvent lettrées. Nous vivons désormais ce que l’humanité a vécu aussi en 1492, quand l’imprimerie fut inventée. Nous assistons à une mutation du monde technologique. Aujourd’hui, grâce à Internet et à d’autres outils technologiques de communication très sophistiqués, nous avons accès instantanément à des kyrielles d’informations. Notre grand défi, ce n’est pas d’obtenir des informations, c’est d’apprendre à les hiérarchiser, les contextualiser, les analyser… Donc, aujourd’hui, on a une obligation de retourner à l’apprentissage de la lecture. L’humanité fait face à une nouvelle forme d’analphabétisation. Dans le passé, les analphabètes ne savaient pas lire. Aujourd’hui, les analphabètes savent lire. Tout le monde sait lire mais on est redevenus analphabètes parce qu’on ne sait pas comment lire un texte, c’est-à-dire comment avoir une compréhension réelle de celui-ci. Dans « La Torah expliquée aux enfants », j’explique pourquoi la tradition juive est une expérience et une pédagogie de la lecture basées sur l’esprit critique, la hiérarchisation et la complexification de la pensée. La Torah offre à l’homme la possibilité de se réconcilier avec la vie et la joie de penser ».

 

** Et la sagesse, souligne le blogueur « Pneumatis », c’est de « commencer par le commencement, de se soumettre à la pédagogie divine, d’être à l’écoute de la parole de Dieu, en relisant par exemple le livre des Proverbes « pour savoir sagesse et discipline, pour comprendre les dires de l’intelligence » (Pr 1,2). Car « la crainte de YHVH est le principe de la connaissance / sagesse et discipline, les fous, ils méprisent » (Pr 1,7). Et de nous inviter à relire « ce grand texte d’un père à son fils », et de le transmettre. « Le contraire serait sans doute mépriser la sagesse, endurcir notre coeur, et demeurer des serviteurs de Pharaon… au lieu de devenir des enfants du Seigneur »

*** C’est aussi le constat du blogueur « Koz », interviewé par « Les Cahiers libres ».

 

 

 

 

Si Dieu en personne venait sur Terre

 

 

Que se passerait-il si Dieu en personne venait sur Terre ?

 

Quelles seraient les réactions ?

Sa venue déclencherait-elle un phénomène médiatique majeur ?…Lui-même rejoindrait-il un camp (politico-religieux) en particulier ?

 

 

 

 

Peut-on demander des comptes à Dieu  ?

Peut-on demander des comptes à Dieu ?

A moins qu’un procès ne soit organisé contre lui….

 

Et surtout, pourquoi venir sur Terre ? Pour répondre à nos nombreuses questions ?* Satisfaire nos nombreux besoins ou notre curiosité ?**  Fasciner, dominer…? Ou…. ?***

 

Pour y répondre, trois ou quatre livres à découvrir pour l’été : autant de regards différents et complémentaires, et contenant des déclarations étonnantes.

Et même des versions en BD ! Celle-ci, accessible, ou cette autre, plus exigeante.

 

Bonnes lectures !

 

Sinon, ce blogue et son bloggueur déconnectent à compter de ce soir et se mettent au repos  durant juillet-août. Retour prévu, au plus tard, la dernière semaine d’Août. Profitez-en pour explorer le blogue et pour commenter les billets qui vous auront interpellés.

Mieux encore : profitez de cet été pour lire au moins cinq articles intelligents/édifiants par jour(si possible, sur du papier)et évitez de grignoter des séries TV/émissions débilitantes entre les romans et les essais ! 😉

Bon repos !

 

 

Notes :

* Extrait 1

** Extrait 2

*** Extrait 3

Quels livres emporter sur une île déserte en 10 étapes ?

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Jeune lecteur par Francisco Farias Jr

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les « bons livres » ? Jeune lecteur par Francisco Farias Jr

La « liste de livres à lire », variante du fameux jeu de « l’île déserte », est l’habituel « marronnier » de l’été. C’est aussi l’occasion de faire quelques bonnes découvertes. Ensuite, le choix dépend beaucoup du but et de l’intention initiale : pour quelles raisons emporter tout un tas de livres sur une île déserte ? Et d’ailleurs, pourquoi partir sur une île déserte ? Pour combien de temps ?
Quels sont les paramètres à prendre en compte pour choisir les titres à emporter ?

Premièrement, méfiez-vous de ce qui vous est (trop)familier, surtout le titre avec lequel vous êtes en plein accord, et que vous connaîtrez par cœur au bout de trois jours. La stimulation intellectuelle sera quasi nulle. De même, il est risqué de prendre le dernier « best-seller » (de l’été ou non), qui vous marquera un temps et dont vous aurez vite épuisé l’intérêt au bout d’un mois.
Ensuite, il est important de varier les genres et les styles. Celui qui choisit « l’intégrale de Proust », sous prétexte « que c’est gros », risque vite d’en revenir. Supportera-t-il encore Proust après six mois passés en sa compagnie ?….
Bref, il est essentiel de choisir de « bons livres ». Et qu’est-ce qu’un « bon livre » ? Un « bon livre » est celui qui nous ouvre de nouveaux horizons, au contraire du « mauvais » qui ne nous offre que de « l’attendu ». Cela implique que nous soyons nous-mêmes ouverts et disponibles pour les « bons livres ».
Ensuite, un « bon livre » est celui qui donne envie de le relire. Qui offre de nombreuses grilles d’analyses possibles, et de multiples renvois à d’autres œuvres, permettant une lecture dynamique. Enfin, un « bon livre » n’est pas à notre service : il doit nous stimuler et nous énerver. Car, rien de plus dangereux qu’un livre « à 100 % fascinant ou satisfaisant », ou pire, qu’un livre « qui nous délasse », le statut « pavé de plage » justifiant que l’on laisse son cerveau et son esprit critique au placard, sous prétexte que l’on cherche simplement du « divertissement ».

Ceci dit, voici donc les recommandations de Pep’s Café !, par exemple pour un séjour en île déserte : une liste se voulant diverse, européenne(on y retrouve quelques anglophones), ludique(puisqu’il s’y cache d’autres titres)-avec une touche parodique-dont l’idée et la structure s’inspirent d’un autre blogue. Que vous disposiez de deux mois ou « de deux ans de vacances… »

 
1/ La Bible : « Les livres ». Une bibliothèque idéale à en un volume. Une source inépuisable d’inspiration et pour mieux découvrir Son auteur…
Et même, à l’instar de Robinson*, plusieurs éditions ou traductions de la Bible-surtout celles dont vous n’avez pas l’habitude. Pour ma part, en ce moment, c’est plutôt la Bible du Rabbinat français(pour l’Ancien Testament), et la TOB, pour le Nouveau Testament. Lisez-la(particulièrement les livres qui vous sont moins familiers. Pep’s Café ! propose d’ailleurs plusieurs plans de lecture), méditez-la, étudiez-la, mémorisez-la, déclamez-la,  proclamez-la, et affirmez-la.

2/ Erri de Luca, bien sûr. Ses étonnantes et excellentes « exégèses » ou méditations bibliques : « Et il dit », « Première heure », « Noyau d’olive »… Un recueil de poèmes : « Aller simple », ses nouvelles : « Le Contraire de un », et un récent récit : « le tort du soldat ». Prenez-les tous pour découvrir un écrivain « vivant » et atypique dans toutes ses facettes. Et pour vous donner envie de lire la Bible.

3/ Des philosophes et penseurs chrétiens** ; des écrits pour réfléchir, résister et s’engager :  

Kierkegaard, qu’il faut lire et relire. Par exemple, en commençant par ses  « discours chrétiens » : « Pensées qui attaquent dans le dos » aux éditions « Première partie », dans lesquelles l’auteur se fait « éveilleur » et « réveilleur » ; « Les soucis des païens », dans lesquels, au travers les enseignements de l’oiseau et du lys, nous sommes ramenés aux vraies questions : pauvreté et abondance, insignifiance et grandeur, témérité et angoisse. Voir également son « Crainte et tremblement », un traité d' »épouvante existentielle » dans lequel il est question, à travers l’exemple du sacrifice d’Abraham, du rapport personnel de l’homme à Dieu : l’existence humaine se limite-telle à une série de devoirs, ou bien l’homme est-il appelé à quelque chose de plus grand ? Une philosophie à découvrir, puisque centrée, non sur la raison mais sur l’absolu. Un absolu auquel l’individu se confronte concrètement. Ou comment vivre la vérité (pour qu’elle soit non abstraite ou purement théorique, mais « subjective », « vraie pour moi »)et à vivre, par la foi, une relation personnelle avec Dieu-un Dieu également personnel.

Des écrits de jeunes, témoignant d’un engagement certain et d’un certain itinéraire spirituel :

« Nos limites : pour une écologie intégrale», par trois jeunes initiateurs du mouvement des « Veilleurs » : Gaultier Bès, Marianne Durano et Axel Norgaard Rokvam. Court mais dense.

« Lettres et carnets » de Hans et Sophie Scholl, deux jeunes frère et soeur allemands exécutés par les Nazis, le 22 février 1943 pour avoir élaboré et distribué 6 tracts du réseau de résistance « la Rose Blanche ». Lui avait 25 ans et elle 22. Une lecture recommandable aux jeunes gens, lycéens et étudiants qui y trouveront à la fois la spontanéité de la jeunesse, les contraintes du contexte historique, et les interrogations sur le sens de la vie et de l’histoire.

Sans oublier l’éducation et de quoi réfléchir à une vision biblique du monde : « Transmettre, apprendre », de Marcel Gauchet, « A la reconquête de l’éducation chrétienne » du Dr Albert E. Greene(l’histoire philosophique et culturel d’une éducation centrée sur un parcours scolaire chrétien) et « Modèles pour la société » de Landa Cope. Autant d’ouvrages dont nous parlerons bientôt en détail.

4/ Des livres pratiques et de référence : Un bon livre de cuisine : Pour s’y faire les dents, rêver des bons plats à faire, et être capable d’accommoder n’importe quoi à n’importe quelle sauce. Et un bon vieux dictionnaire-encyclopédique, pour apprendre de nouveaux mots et jouer au fameux jeu(du dictionnaire).

5/  Gilles Boucomont : pasteur de l’église unie du Marais, à Paris et animateur de blogue(un billet tous les tremblements de terre, mais qui vaut le détour à chaque fois). Il est aussi l’auteur de deux ouvrages, édités chez « Première Partie » : « Au nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit » et « Au nom de Jésus, mener le bon combat ». Un séjour sur une île serait donc l’occasion de le lire.

6/Des romans*** : il est utile, surtout en ce moment, d’emporter « Depuis 2000 ans » de Mihail Sebastian : un roman autobiographique(version romancée de son « journal ») qui retrace les dix années de vie d’un jeune juif roumain, de 1923 à 1933. Confronté aux violences de l’antisémitisme-jusque dans les universités et dans les milieux intellectuels, il s’interroge sur les causes qui le nourrissent depuis 2000 ans. Voir aussi son stupéfiant « journal » de 1935 à 1944, un document incomparable sur cet antisémitisme qui a sévi en Roumanie dans les années 30-40 et qui n’a été publié là-bas qu’en 1996, soit 50 ans après sa mort.

Lire aussi « Le Tentateur » d’Hermann Broch : roman posthume qui raconte comment un personnage assoiffé de pouvoir mystifie la population d’un petit village autrichien.

7/ Des livres d’« aventure et de voyage ». Des ouvrages drôles ou cocasses, permettant de passer à autre chose, tels :

« En Patagonie » de Bruce Chatwin. Ou le récit authentique d’une aventure qui a commencé par ce que l’auteur, enfant, croyait être « un morceau de brontosaure »… Le récit d’un voyageur(et non d’un « touriste »), doublé d’un excellent observateur.

« Pas de vacances pour Immense Savoir » de Mark Salzman : les aventures d’un Candide ou « d’un Tintin chinois pris entre le bouddhisme et les Gardes rouges » et un hommage à un grand classique de la littérature chinoise, « La pérégrination vers l’Ouest » de Wu Cheng ‘en. Une utile initiation (pour ceux que cela intéresse, avec une visée missionnaire ou non) à la culture chinoise(par quelqu’un qui a vécu en Chine) et aux multiples différences culturelles séparant orient et occident. Un regard distancié et critique sur les religions (la nuance est importante), les cultures et les traditions, y compris le matérialisme et la société dite « de consommation, d’abondance et de prospérité »(religion moderne ?) de notre occident, dans les 1970’s. Sont également mis en valeur les notions d’engagement et de fidélité.

8/ Un peu de SF avec « Le cycle du Bourreau » de Gene Wolfe. Une œuvre remarquable pour l’écriture très riche en allusions et influencée par la foi catholique de son auteur. Intriguant et déroutant. Une invitation à une lecture attentive. Ou alors de la SF-fantasy plus classique, avec « La Trilogie cosmique » et « les chroniques de Narnia » de CS Lewis.
9/ De la BD, ou plutôt, des « romans graphiques » : « Economix » de Michael Goodwin et Dan E. Burr, et « Maus », d’Art Spiegelman. Sans oublier, dans d’ autres genres, « Mafalda » de Quino, « Calvin et Hobbes » de Bill Waterson et « Le Baron noir », une fable politique de Got et Pétillon…

10/ Plusieurs grands cahiers et carnets, et de quoi écrire le livre manquant.

 

 

 

 

Notes :

* « Robinson Crusoé » (traduction de Françoise du Sorbier) de Daniel Defoe . Pour explorer les possibilités d’une île : la vôtre.

**D’autres auteurs inspirés par la Bible, chrétiens ou non : 

Dostoïevski, inspiré par la personne de Jésus-Christ. Voir « L’idiot » ou « les frères Karamasov », pour leur figure du Christ.

Saint-Exupéry, qui ne s’est jamais présenté en chrétien, mais dont l’œuvre comporte des principes bibliques : « Citadelle », un recueil de réflexions de l’auteur du « Petit Prince » sur la condition de l’homme et son lien à Dieu. Une oeuvre qui comporte plusieurs niveaux de lecture.

Charles Péguy : un auteur chrétien catholique engagé, mort au front le 5 septembre 1914,  et pour qui la foi, inspirée de la Bible, ne peut être qu’en action. Voir, par exemple, son œuvre poétique(« Le Mystère des Saints innocents » ou « Le Mystère du porche de la deuxième vertu », une méditation en versets, plutôt qu’en vers, sur l’espérance, l’amour de Dieu et l’innocence) ou son « Notre jeunesse »(un texte écrit après sa conversion et dans lequel l’auteur revient sur tout son parcours depuis l’affaire Dreyfus. Une sorte de « testament ».)

*** Si vous avez encore de la place dans vos bagages, osez vous attaquer à des cycles romanesques ou des romans cycliques : par exemple, « Les hommes de bonne volonté » (seraient-ce ceux capables de lire les 27 volumes ?) de Jules Romains : une vaste fresque du premier quart du vingtième siècle secoué par la guerre de 1914 et par les bouleversements sociaux qui l’ont précédée et suivie. Une multitude de personnages, issus de toutes les classes sociales, de “bonne” comme de “mauvaise” volonté. A lire d’une traite ou par blocs de trois ou quatre, si vous êtes en forme.
A moins que « la comédie humaine » de Balzac ne vous tente…

 

Si vous disposez de deux mois, ou moins, privilégiez la Bible, Erri de Luca, Kierkegaard, « Nos limites », au moins un des livres sur l’éducation, le livre de cuisine, le dictionnaire et la BD « Economix ». Sans oublier un cahier et de quoi écrire.