Comment et pourquoi étudier la Bible (2) : La Bible ? Un livre, mais quel livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu'un livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu’un livre !

Un nouvel article de la série « comment et pourquoi étudier la Bible », faisant suite au précédent (« Nos motivations »)

Aujourd’hui : la Bible est « un livre », mais « plus qu’un livre ».

 

I. La Bible est un livre

Qu’est-ce qu’un livre ?

« Livre » vient du grec : « biblion » et « biblos », mot qui signifie « écorce intérieure »(de l’arbre), « moelle du papyrus », « papier à écrire », « écrit », « livre »…..soit un mot qui désigne un support, un matériau(1) sur lequel on peut écrire pour garder trace, preuve, mémoire et sens, dans un but de transmission.

En latin, le livre se dit « liber » : mot de botanique qui désigne la partie profonde de l’écorce de l’arbre servant à écrire, et à faire des livres.

Mais « liber » signifie aussi « libre » ! (2)

Le terme « Bible » vient du grec « Ta biblia »(pluriel de « biblion »), « les livres ». La Bible est donc un ensemble (ou une bibliothèque) de livres (66 en tout) : « les livres » ou « Le livre ». Elle comprend l’Ancien Testament (écrit en hébreu et en araméen) et le Nouveau Testament (écrit en grec courant).

 

 Rédaction et transmission du texte biblique :

« Dieu a parlé » à l’homme dès sa création (Gen.1v28 ; Hébr.1v1…). Au cours des siècles, Il s’est adressé directement à des personnes choisies. Mais la validité de Ses Paroles n’étaient pas limitées au seul instant où elles étaient prononcées. Elles n’ont pas de « date de péremption », à l’inverse des nouvelles des quotidiens.

Il importait donc de les communiquer aux générations futures (Deut.6v6-7 ; Matt.24v35…), de même que les commandements de Dieu qui devaient être gardés en mémoire (Deut.4v9. Nous avons aussi l’assurance que les premières tables de la loi brisées par Moïse ont été réécrites par Dieu : Ex.34v1).

D’où la mise par écrit de tout ce dont il fallait se souvenir : un texte écrit permet de fixer définitivement ce qu’une tradition orale aurait pu déformer. C’est l’une des raisons d’être de la Bible en tant que livre.

 

La première mention d’un « livre » dans la Bible se trouve en Gen.5v1, où il est question du « livre des générations (ou : généalogies) d’Adam »(3).

En Ex.17v14, Dieu ordonne à Moïse d’ajouter au livre déjà existant le compte-rendu de la bataille contre Amalek, « pour mémoire ».

Le livre fut complété au fur et à mesure des événements et des révélations( voir, par exemple, Jos.24v26…).

Tous les écrits de l’AT furent terminés au 4ème siècle av. JC. La plupart d’entre eux avaient été rassemblés au 5ème siècle av JC (Voir la mention de « la Loi » dans Esd. 7v6-21)

Sont admis comme canoniques : les cinq livres de Moïse, aux environs de 444 av JC ; les prophètes, entre 300 et 200 av JC ; et l’ensemble des Ecritures, dès 165 av JC. Un canon de 39 livres au total est fixé, excluant tous les autres textes non inspirés, plus tardifs (postérieurs au 5ème siècle av JC et d’ailleurs non cités dans le NT)

Le classement de l’AT correspond à celui auquel le Seigneur Jésus se réfère en Luc 24v44 :

« La loi » (« Torah » – les 5 livres de Moïse, de la Genèse au Deutéronome)

« Les Prophètes » (« Neviim » – incluant Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois, sauf Daniel, Chroniques et Lamentations)

« Les Psaumes et autres écrits » (« Ketouvim » : Psaumes, Job, Proverbes, Ruth, Cantique des cantiques, Ecclésiaste, Lamentations, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1-2 Chroniques)

Pour être certain de pouvoir conserver le texte, il fallait faire manuellement un grand nombre de copies. Ce fut là le rôle des scribes de Jérusalem (« les Sopherim »), dont la première tâche a été de compter le nombre exact de lettres que contenait chacun des livres bibliques, écrits sur parchemin. Un seul défaut (une lettre manquante, un espace de séparation non respecté….) suffisait à rendre le livre « inapte à la lecture ».

 

La formation du Nouveau Testament :

 Les épîtres (ou lettres) ont été écrites les premières pour répondre aux besoins des communautés chrétiennes et des croyants individuels. Les premières semblent être 1-2 Thessaloniciens et Galates (50-51 ; 50-55 ap JC). Les dernières sont les écrits de Jean (85-90 ap JC)

La rédaction des Evangiles devint nécessaire suite à la disparition des témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ. Marc semble être le premier(63-68 ap JC)

Le Nouveau Testament (27 livres), rédigé sur papyrus et parchemins, fut achevé avant la fin du 1er siècle ap JC. La liste de ses livres inspirés a été fixée aux 2èmes-3èmes siècles. En 170 ap JC, le fragment de Muratori contient une liste des livres reconnus par l’Eglise primitive et qui est très proche de notre Nouveau Testament actuel.

Aux 4èmes siècles ap JC, le canon des 66 livres de la Bible fut confirmé (et non établi) par divers conciles de l’Eglise primitive (Laodicée en 360, Carthage en 397…)

 

Les témoins du texte biblique ou la question des manuscrits :

 Vous le savez sans doute déjà, mais nous ne disposons plus de manuscrits originaux : seulement des copies…mais des milliers de copies ! Ce qui nous assure un texte bien plus fiable que les textes connus de l’Antiquité, tels que « Les Annales » de Tacite(2 manuscrits), « La Guerre des Gaules de César »(10 copies valables) ou « L’Iliade » d’Homère(643 copies)….sans pour autant que l’on remette en doute leur authenticité.

Concernant l’Ancien Testament, nous disposons de 3000 copies : le texte massorétique (« codex de Léningrad », manuscrit de 1008-1009 ap JC), le Pentateuque samaritain, les manuscrits de la Septante (« codex Sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle ap JC), les manuscrits de la mer Morte découverts en 1947 à Qumran(3èmes-1er siècles av JC), les traductions araméennes ou « targums »(du 1er siècle av JC au 8ème siècle ap JC)……

Concernant le Nouveau testament, nous disposons plus de 5000 manuscrits sur parchemin : le texte « byzantin »(212 manuscrits en majuscule, datant des 5èmes-12 siècles) ; le texte « alexandrin »(« codex sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle) ; « le codex d’Ephrem »(450 ap JC), qui est actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Les documents les plus anciens du NT sont des papyrus : le plus ancien est un extrait de l’évangile de Jean, datant de 130 ap JC.

 

 II. La Bible est plus qu’un livre : inspiration, autorité et unité de la Bible

Son contenu a été déterminé par Dieu Lui-même (2 Pie.1v19-21), qui a veillé à ce que Sa Parole soit transmise intacte (Matt.5v18 ; Es.40v8 ; 1 Pie.1v25…). Nous y avons accès aujourd’hui, en dépit de toutes les tentatives pour la détruire, la discréditer ou l’oublier (Jer.36).

L’inspiration de la Bible est nécessaire pour que Dieu soit connu.

Prenez maintenant une pause pour faire les exercices suivants :

Rom.1v19 et ss relève ce que l’on peut discerner de Dieu dans la création : ……………………………………………………………………………………………………………………

Comment entrer dans la pensée de Dieu ? (Es.55v7-9 ; Gal.1v11-12 ; 1 Cor.2v6-12)……………………………………………………………………………………………………………….

Et seulement si Dieu nous parle ! (Gen.1v28)

 

Inspirée, la Bible elle-même affirme l’être : 2 Tim.3v16 ; 2 Pie.1v20-21

Elle est la révélation, la Parole écrite de Dieu, et « non la parole des hommes »(1 Thes.2v13)

Qu’est-ce que « l’inspiration » ?

Lorsque Dieu « fait passer Son Esprit dans l’esprit de l’homme ».

C’est « l’action surnaturelle de l’Esprit de Dieu dans des hommes » afin que leurs écrits correspondent exactement à la vérité que Dieu veut nous communiquer.

Quel est le rôle de « l’Esprit de vérité » en Jean 14v7, 26 ; 16v13-14 ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

L’Ecriture biblique est infaillible et sans erreur (« inerrante ») : elle est une révélation parfaite donnée par un Dieu parfait (Matt.5v48).

L’inspiration est un miracle de Dieu, au même titre que la naissance miraculeuse de Jésus (Luc 1v35).

Cf 2 Pie.1v21, des hommes (et non des surhommes) ont été « poussés » par Dieu à parler. Ils ont été des instruments conscients (et non des « robots »), disponibles pour l’action de l’Esprit de Dieu (2 Sam.23v1-3 ; Jer.36v1-2 ; Actes 1v16…). La pensée de Dieu a été communiquée sans erreur, par des écrivains dont la personnalité a été préservée(en témoigne la diversité des écrits bibliques).

Comme Jésus-Christ est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme, « Parole faite chair », « Christ venu en chair » (Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), la Bible est en même « Parole de Dieu » et « œuvre humaine », quoique sans erreur, de même que Christ est « sans péché »(Hébr.4v15).

 

L’autorité de la Bible

La qualité de notre marche chrétienne dépend de la reconnaissance de l’autorité, et donc, de l’inspiration de la Bible (Hébr.4v12-13 ; 2 Tim.3v16-17 ; Jean 8v31-32). La Bible fait autorité parce que Celui qui l’a inspirée ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle.

– Comment le peuple d’Israël voyait-il la Bible ?

 Comme la révélation de la volonté divine (Ex.24v4,7 ; Néh.8v1-6…), une norme divine pour la foi (Jos.1v8 ; Ps.1, 119…), des écrits devant être connus, lus, pratiqués, crus (Deut.27v26, 31v9-13…..)

La redécouverte de la Parole de Dieu écrite a été la source de réveils, comme celui sous le Roi Josias : 2 Rois 22-23v1-3 ; 2 Chron.34.

Voir aussi les réveils du passé (16ème, 19ème….)

– Comment Jésus-Christ, Fils de Dieu, voyait-il la Bible ?

Il est de bon ton, de nos jours, de prétendre que la Bible ne serait « pas la Parole de Dieu », et de l’opposer à « Jésus », qui est effectivement « la Parole de Dieu » (Jean 1v1-14)

Or, Christ Lui-même reconnaît l’autorité de la Parole écrite, qu’Il cite fréquemment :

 Il reconnaît que l’Ecriture est inspirée cf Matt.22v41-45 et l’oppose aux traditions humaines, en la plaçant au-dessus comme Parole de Dieu (Matt.15v3-6)

Il atteste globalement l’Ancien Testament dans ses trois parties : « Loi », « Prophètes » et « Psaumes » (Luc 24v44)

Il valide à l’avance les écrits du Nouveau Testament (Jean 14v26, 15v26-27, 16v13-14)

Il croit en l’historicité des récits, événements et personnes de l’Ancien Testament : la création (Matt.19v4), le sacrifice d’Abel, et la mort de ce dernier (« premier prophète » cf Luc 11v51, Noé et le déluge (Matt.24v37 et ss), l’épisode du serpent d’airain (Jean 3v14), Jonas (Matt.12v40-41)….

Il fait référence à Esaïe (Luc 4v16-21), appliquant la prophétie à Lui-même ;

Il interroge régulièrement les autorités religieuses de son temps : « n’avez-vous jamais lu ? »(Matt.21v42), « qu’est-il écrit ? »(Luc 10v26), « comment lis-tu ? »(v26) ;

Il réfute les Sadducéens, « qui disent qu’il n’y a pas de résurrection » en les jugeant « dans l’erreur », parce qu’ils ne connaissent « ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu » (Matt.22v23-29) et leur répond par les Ecritures (vv31-32)

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’ « idolâtrer la Bible », mais de ne pas y croire (Jean 5v39, 46-47 ; Luc 10v28, 16v27-31 ; Matt.5v17-19…)

Il affirme que « l’Ecriture ne peut être anéantie » (Jean 10v35)

Il fait toute une étude biblique aux pèlerins d’Emmaüs pour leur prouver que les Ecritures parlent bien de Lui (Luc 24v25-27 cf vv44-47).

Il répond aux tentations du diable dans le désert par : « il est écrit »(Matt.4v4,10) ou « il est aussi écrit »(v7)

– Comment les apôtres et les croyants de l’Eglise primitive voyaient-ils la Bible ?

L’Ancien Testament : Actes 1v16, 4v25, 7v38, 13v47, 15v15-18, 17v2-3, 28v23 ; Gal.3v8 ; Rom.4v3…….

Le Nouveau Testament : 2 Pie.3v15-16 ; 1 Thes.2v13, 5v27 ; Gal.1v18….voir aussi la raison d’être de l’Ancien Testament expliqué dans l’épître aux Hébreux.

Qu'est-ce que la bible pour vous ? Faites le point !

Vous et la Bible : un « vieux bouquin » ou….Faites aujourd’hui le point !

– Et vous ? Comment voyez-vous la Bible ? Qu’est-elle pour vous ? Faites aujourd’hui le point !

A quoi reconnaît-on que la Bible fait autorité dans une vie ? Cf Jacq.1v22-25

 

 

III. Unité, structure et équilibre dans la Bible

La Bible est composée de 66 livres écrits par des auteurs très divers (plus de quarante), en de multiples circonstances, sur une très longue période(plus de 1500 ans entre le premier et le dernier auteur – fin 1er siècle), en des lieux très différents. Pourtant, cet ensemble présente une unité extraordinaire : un témoignage supplémentaire à l’inspiration divine des Ecritures !

Unité du message biblique :

De quoi ou de qui parle la Bible ? Découvrez le centre de la révélation biblique dans Luc 24v27, 44 : …………………..Et ce, annoncé dès la Genèse : Gen.1v1-4(comparer avec Jean 1v1-9, 1 Jean 1v1-5) et Gen.3v15-21, 4v4…..

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l'on cherche désespéremment

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l’on cherche désespéremment

A noter que pour les « Sopherim »(scribes juifs), le cœur du livre(l’AT)se trouve en Lévitique 10v16, où il est question d’un bouc expiatoire que l’on cherche. Cette quête d’un animal que l’on offre pour les péchés est l’obsession de toute la Bible : « où est l’agneau pour l’holocauste ? » (Gen.22v7)…jusqu’à la pleine révélation que Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1v29, 36)

Le plan du salut forme un tout cohérent, révélé par étapes. Les éléments de l’AT sont « l’ombre des choses à venir », révélées dans le NT (Hébr.8-10 ; Col.2v17) et les deux testaments se complètent. Ex : comparer cette vision de Dan.7v13-14 avec cette déclaration du Seigneur Jésus en Matt.28v18-20.

La Parole de Dieu est également équilibrée dans sa structure et dans son contenu(4) : il est essentiel de la prendre comme un tout et de la lire entièrement.

Ex. : 1 Corinthiens parle de l’abus de liberté (laxisme) et Galates, de l’abus de loi (légalisme). Ephésiens établit l’équilibre entre les deux.

Ex : Ephésiens 2v8-10 fait l’équilibre entre Romains, qui parle du « salut par la grâce sans les œuvres », et Jacques, qui parle de la nécessité des œuvres comme preuve de la foi.

Ex : Proverbes équilibre Job et Ecclésiaste. Ne lire que Job, centré sur la souveraineté de Dieu, conduit à au fatalisme (« Dieu contrôle tout », nous ne sommes que des « robots »). Ne lire que l’Ecclésiaste (vanité d’une vie sans Dieu), et le lire trop vite, sans sa clé (Eccl.12v13-15) conduit à une forme de scepticisme(où l’on doute de tout), de désespoir et d’indifférence.

Lisons donc Job, puis Ecclésiaste, et enfin Proverbes, pour comprendre que la vraie sagesse vient de Dieu et que nous avons à vivre cette sagesse.

 

(A suivre)

 

Notes : 

(1) Concernant l’écriture et les matériaux, l’invention de l’imprimerie datant du milieu du 15e siècle et celles de la photocopie et du scanner étant encore plus récentes, les textes bibliques devaient être copiés et recopiés à la main pour qu’ils traversent les générations et les siècles jusqu’à nous.

Au Proche-Orient, les civilisations de l’Antiquité développèrent très tôt différentes écritures : caractères pictographiques, hiéroglyphiques, cunéiformes…La découverte des caractères alphabétiques se généralisa vers 1500 av JC, simplifiant et rendant l’écriture accessible à un plus grand nombre de personnes. Les supports utilisés sont : les pierres et les briques (Job 19v24 ; Ex.32v15-16 ; Deut.27v2-3) ; le papyrus, d’origine végétale, connus dès le deuxième millénaire av JC, et se présentant sous forme de rouleaux (Esdr.6v2 ; Zach.5v1 ; Ezech.2v9 ; Jer.30v2…..) Inconvénient : sa fragilité. Le parchemin (2 Tim.4v13), d’origine animale, est mis au point au 2ème siècle av JC. Réutilisable, il est bien plus résistant que le papyrus et sans rival pour la conservation.

 (2) Tel que le souligne, par exemple, Marc-Alain OUAKNIN dans « Bibliothérapie ». Seuil, 2008(Points), p 232.

(3) Soit les « générations » ou « généalogies » d’Adam à Noé, relatées dans le chapitre 5 de la Genèse. Marc-Alain OUAKNIN, encore, en écho à l’ouvrage de Catherine CHALIER(« L’Histoire promise »), relève que « le livre fait son entrée en scène du texte juste après le chapitre 4 de la Genèse, où sont racontés la difficile et tragique existence d’Abel, sa presque non-vie et son assassinat » : le « livre des généalogies » est donc une « réparation » de la mort d’Abel (« Bibliothérapie », pp 327-328), restaurant une lignée menacée d’être interrompue.

(4) D’après Richard BORGMAN, dans « Le Royaume équilibré de Dieu ». Ed. Le Lion et l’Agneau, 1994, pp 171-174

« Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières »* : « A.G.I.S. ! »

« L’Evangile selon Marc(1v35)nous relate l’une des habitudes de Jésus : « vers le matin, pendant qu’il faisait encore sombre, il se leva et sortit pour aller dans un lieu désert où il se mit à prier ». Chacune de nos journées devrait débuter par un bref moment de communion avec le Seigneur, car c’est ainsi que le croyant reçoit sa nourriture spirituelle de la journée. Ce moment passé seul devant le Seigneur devrait être consacré à la prière et à la méditation de la Bible. Un simple acrostiche peut nous aider à débuter dans nos prières : AGIS ! »**

 

A, pour Adoration(cf 1 Cor.29v11-14), Aveu des fautes(ou : confession cf 1 Jean 1v9) et Actions de

Grâce(ou compter les bienfaits de Dieu, que Celui-ci nous accorde par Sa miséricorde cf Jacq.1v17, Ps.103 )

I, pour Intercession et

S, pour Supplication(Soit prier pour les autres : nos parents, nos amis, notre famille, notre église locale, notre pays….priez précisément avec foi en apprenant à connaître Sa volonté et attendez-vous à ce que Dieu vous réponde. Cf Jacq.5v16, 1 Tim.2v1-3, 1 Jean 5v14, Jean 9v31)

 

Alors…..AGIS !

 

 

 

Notes :

* Ephésiens 6v18

**D’après Henrichsen, W.. Former des disciples. Edition Farel, 1995, pp 79-81. Le principe convient aussi bien aux jeunes ou nouveaux convertis que l’on souhaite accompagner ou à tous ceux qui souhaitent persévérer dans la prière et dynamiser leur « culte personnel ».

Leanne Payne propose une autre approche possible, inspirée du canevas du « Notre Père »(Matt.6v9-13) : Parole(méditation des Ecritures), louange et reconnaissance, intercession, requête, pardon(cf « La Prière d’écoute ». Ed. Raphaël, 1996, pp20-21)

« Partage des tâches »

Quel "partage des tâches" dans le couple Luther ? Par Andy Singer

Quel « partage des tâches » dans le couple Luther ?
Par Andy Singer

« La première se vêtit en prostituée pour s’offrir à l’homme

désiré.

La deuxième était prostituée de profession et trahit

son peuple.

La troisième se glissa la nuit sous les couvertures

d’un riche veuf et se fit épouser.

La quatrième fut adultère, elle trahit son mari qui

fit tuer son amant.

La dernière tomba enceinte avant ses noces et l’enfant

n’était pas de son époux.

C’est par ces cinq femmes que passe l’histoire la plus ambitieuse du monde, celle du monothéisme et du messie/mashiah, littéralement oint d’huile sainte ».
Telles sont « les saintes du scandale » : Tamàr la Cananéenne, Rahàv la prostituée étrangère, Ruth la Moabite, Bethsabée la femme adultère et Miriam(Marie), « la mère de Jésus ».

« Les saintes du scandale »*, c’est aussi le titre du dernier récit d’Erri de Luca, publié dans une belle édition enrichie d’une quinzaine de reproductions en noir et blanc (dont deux versions d’un tableau de commande du peintre Le Caravage) et lu cet été. Il s’agit d’une nouvelle et passionnante aventure exégétique, dans laquelle l’auteur napolitain parle de « transmission » et reprend « l’histoire la plus ambitieuse du monde, celle du monothéisme et du Messie », en bouleversant les idées reçues. Lesdites idées reçues bouleversées sont relatives aux places respectives de l’homme et de la femme, et, de façon particulière, de celle de la femme dans le plan du salut de Dieu, via la place inattendue de « certaines » femmes dans la généalogie(mâle) du Messie(cf Matthieu 1). Par-delà « le scandale », c’est toute la raison d’être de la venue de Christ dans le monde qui apparaît au travers de cette généalogie ainsi assumée**.

 

A découvrir dans les meilleures librairies !

En attendant, voici un extrait :

« Il existe un partage des tâches entre homme et femme, plus flou aujourd’hui, mais vigoureux alors. La femme est chargée de s’occuper de la reproduction de la vie et à l’homme revient la tâche seconde de transmettre la loi, l’histoire, l’alliance, à graver dans sa chair par l’entaille du prépuce.
Mâle se dit zakhar en hébreu, qui vient du verbe rappeler. C’est en cela que consiste le masculin, recevoir et transmettre à la génération suivante le bagage sacré.
Femelle se dit nekeva en hébreu, du verbe graver. Femelle est incision, fissure, d’où sort la vie. C’est à elle que revient la charge de la nativité. Le nom du premier fils de l’histoire sainte, Caïn, est donné par sa mère. Adam, qui a pourtant mis un nom sur toutes les créatures du jardin, ne peut en donner un à son fils. c’est une prérogative d’Eve/Havva.
Les lettres hébraïques sont du genre féminin. Le corps écrit de la Thora, confié à l’arbre de transmission masculin, est composé de cellules féminines, c’est pourquoi il est vivant et produit de nouvelles pousses à chaque lecture, dans chaque génération. Même l’Ecriture sainte, le domaine le plus strictement masculin, est constituée de vie féminine grâce aux lettres ».(op. cit., pp15-17)

 

Note :

* Erri de Luca. Les saintes du scandale. Mercure de France, avril 2013. Traduction de l’italien par Danièle Valin.

**Voir notre billet sur Matthieu 1 : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/18/qui-jesus-appelle-t-il/