Les Jeunes sont-ils « l’avenir de l’église » ?

Devons-nous nous réjouir lorsqu’une église assemble essentiellement des « jeunes » ? (Source : rawpixel)

Enfin une génération de jeunes qui se lèvent pour Jésus ! C’était super de voir une église dans laquelle il n’y a que des jeunes … ça bouge enfin ! Il n’y avait pas de vieux, personne de plus de 50 ans. Les responsables c’était les jeunes ! Enfin une église de jeunes, et ça c’est vraiment l’avenir de l’église !

Je crois que c’est le temps que Dieu a choisi pour lever une grande armée de jeunes—une génération de Josué. Des jeunes qui brûlent de passion pour Jésus et qui ont le coeur de voir une transformation radicale dans leur nation.

*

« Voilà. Ce sont les générations Josué, Daniel ou encore Joseph ! Il y en a autant que de « jeunes » dans les pages de la Bible. Et chacun y va de son personnage biblique. Etrangement la seule « jeune » qu’on ne trouve pas … c’est Marie. Et oui ! Pas de « Génération Marie » sur le web évangélique. Pas de Génération Timothée non plus (c’est plutôt la mode des « Formations Timothée). Et comme il faut faire « dans le temps » pour être crédible, on affuble de sigles improbables les nouvelles formations. « Génération Joseph 2.0 » … pourquoi pas. Inventons un slogan : « La nouvelle mise à jour des jeunes qui s’engagent pour ranimer le feu dans l’église ».

Ceci dit « franco » par Yannick Imbert,  professeur d’apologétique et doyen de la Faculté Jean Calvin à Aix-en-Provence dans…« un vieil article » mais ô combien d’actualité.

Et ce qui précède ne « ne sont que quelques commentaires » qu’il déclare avoir « entendu assez régulièrement », tout en étant « bien certain que ce genre de commentaires (nous) sont aussi bien familiers. Ils font les titres des journaux chrétiens, et font l’objet de livres et articles de mission, d’évangélisation. On appellera le « feu » du renouveau à venir sur « cette » génération—sans préciser pour autant de quelle génération il peut bien s’agir ! C’est bien en tous cas le sens des commentaires dans le deuxième paragraphe en italique en début d’article ».

« Cependant », précise-t-il, « c’est le premier commentaire en italique qui me perturbe particulièrement. Alors autant le dire de suite, ce n’est pas je pense que les jeunes ne sont pas importants dans l’église. Leur place est très importante et je ne suis pas convaincu qu’ils l’aient encore vraiment trouvée. Je ne veux donc pas insinuer dans le reste de ces quelques pages que nous n’avons pas à nous préoccuper des jeunes dans l’église. Je crois même que lorsque nous disons que les jeunes sont « l’avenir » de l’église nous insinuons en fait sans le vouloir qu’ils sont l’avenir de l’église et pas son présent. Ce qui est une sérieuse erreur ». Plus encore, Yannick Imbert se dit « plus que sceptique quant à cette réjouissance irréfléchie face à une « église de jeunes ». Pour le demander clairement : devons-nous nous réjouir lorsqu’une église assemble essentiellement des « jeunes »—ce par quoi beaucoup veulent dire les moins de 30 ans ? Faut-il se réjouir qu’il y ait plus de jeunes que de « vieux »—ce par quoi d’autres veulent dire les plus de 35-40, dont je fais donc quasiment partie ? »

Yannick Imbert nous répond et nous explique en deux temps trois mouvements pourquoi « il ne faut pas forcément s’en réjouir, et que dans la situation présente il ne faut peut-être pas du tout s’en réjouir ».

L’une des clés de réponse concerne la nature du mandat missionnaire de l’église, lequel mandat, « résumé par l’envoi de Matt.28 », concerne le monde entier. Ce mandat commence « par ceux qui nous sont proches, déjà au niveau national. Il nous faut aller par toute la terre faire des disciples, les baptiser et leur enseigner à garder le fondement biblique communiqué par Dieu dans sa révélation. Il nous faut donc aller vers. Et vers qui ? Vers tous ceux qui composent la diversité démographique du monde dans lequel nous vivons !

En d’autres termes, il faut que notre ministère, que l’effort missionnaire, diaconal, et évangélisateur de nos églises reflète (plus ou moins) les conditions de notre société. Conditions ethniques, socio-économiques, et bien sûr, démographiques. Autant dire qu’une église manifeste que son ministère est pertinent pour notre société lorsqu’elle manifeste qu’elle est prémices du royaume, c’est à dire qu’elle proclame qu’elle est ambassadrice de la réconciliation. On pense souvent que cette réconciliation touche d’abord, et essentiellement, les rapports entre hommes et femmes, ou encore entre peuples et personnes d’origines religieuses différentes. Mais cette réconciliation ne s’applique-t-elle pas finalement à tout ce qui divise les autres communautés humaines ? Là où des pays sont divisés à cause de la « race » ou de l’origine ethnique et tribale. Là où des communautés étaient divisées par leur genre biologique, notre société contemporaine n’est-elle pas divisée … démographiquement ? Ne sommes-nous pas dans une société du mythe de la jeunesse éternelle, une société qui valorise la jeunesse et parce que ses seniors dans des lieux soit disant « adaptés » lorsqu’ils ne sont plus productifs ou « utiles » pour la société ? L’église, ambassadrice de la réconciliation n’aurait-elle pas un message d’espérance à proclamer ? Et d’ailleurs, ne faudrait-il pas le vivre ? »

Lire la suite sur son blogue.

 

 

« Sortez de votre zone de confort » : quelle est votre vision pour les hommes de votre église locale ?

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich - 1818) Pour apprendre à connaître quelqu'un, sortez-le de sa "zone de confort" habituelle et...montrez-lui ce tableau !

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich – 1818)
Pour apprendre à connaître quelqu’un, sortez-le de sa « zone de confort » habituelle et…montrez-lui ce tableau !

La Bible donne plusieurs exemples d’hommes conduits(ou contraints) à « sortir de leur zone de confort ».

Ainsi, Noé(Genèse 6), pour qui la foi était nécessaire pour saisir le sens(en apparence peu évident)de ce que Dieu lui demandait de construire(Hébr.11v7)-un travail qui lui a pris environ 100 ans…

Abraham, parti à l’appel de Dieu, « sans savoir où il allait… »

Ou encore Moïse, que Dieu a sorti de sa retraite de 40 ans, et qui a déclaré être incapable de répondre à cet appel(Ex.4v10 ). Avant cela, nous dit l’Ecriture, il avait su choisir entre les richesses de l’Egypte et le partage de l’opprobre de son peuple(Hébr. 11v24-26)…..

…..Jonas, chargé d’aller vers les païens pour leur transmettre le message sans doute le plus court de tous les livres des prophètes… ou encore le Seigneur Jésus-Christ, qui a quitté le ciel pour « devenir chair »(Jean 1v14) et comme l’un de nous, à part le péché(Hébr.4v15). Lequel est venu, « non pour les justes, mais pour les pécheurs »(Matt.9v13), a parlé à une samaritaine, a touché des lépreux, s’est invité chez un publicain et est « mort pour des injustes, Lui le juste »(1 Pie.3v18 et cf Rom.5v6, Es.53)

D’une façon globale encore, le peuple d’Israël, en sortant d’Egypte ; ou l’Eglise naissante, corps de Christ, où croyants d’origine juive durent côtoyer croyants issus des nations(Actes 1011), et où « les plus honorables » durent donner « plus d’honneur » aux « moins honorables »(1 Cor.12v13-27)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Et d’une façon plus particulière, comment encouragez-vous les hommes de votre église locale à « sortir de leur zone de confort » ? De sorte qu’ils puissent vivre une réelle communion et manifester un véritable esprit d’équipe inter-générationnel, dans un unique but : plaire à un autre qu’à eux-mêmes ? Quelle est votre « vision pour les hommes » ?

Car, le problème pour un homme, ou les hommes en général, outre le fait de se retrouver régulièrement ensemble, c’est d’être confronté à ces trois défis ou obstacles :

– Penser que l’on a quelque chose à prouver

– Reculer, parce que l’on croit avoir quelque chose à perdre

– Se cacher et donc jouer un personnage…ou un double-jeu.

Or, l’homme véritablement consacré à Dieu est celui qui n’a rien à prouver cf Matt.4v3-7(et est donc à mille lieux d’un esprit de performance ou de compétition), qui n’a rien à perdre(et donc ne sacrifie pas la pertinence pour la popularité cf Gal.1v10)et n’a rien à cacher(et donc ne joue pas un personnage ou un rôle qui n’est pas le sien cf Jean 8, 12)

L'esprit d'équipe selon "Lagaan"("Once Upon a Time in India"), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

L’esprit d’équipe selon « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Une bonne vision pour les hommes de votre église les inspirera « à sortir de leur zone de confort », leur inculquera un véritable esprit d’équipe(ne pas craindre de demander de l’aide) à l’instar de ces quatre(Marc 2v3-4), et l’esprit du don(cf Eph. 2v2, 25)avec la volonté de chercher à plaire à quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes !

Sachant que nous disposons des ressources suivantes :

-Un modèle, le Seigneur Jésus-Christ(Marc 10v45)

– Une base, un fondement de vérité : la Parole de Dieu (1 Pie.1v22-25 ; 2 Tim.3v16)

– Un conseiller, le Saint-Esprit en nous, qui nous équipe et nous rend capable de et d’être (1 Cor.12 ; Jean 14– et ss ; Eph.4 ; Rom.8….)

 

 

 

 

 

Transmission

Grand-père et petit-fils par George Hodan Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Grand-père et petit-fils par George Hodan
La transmission, d’une génération à l’autre : un enjeu, à l’ère où tout ce qui est « vieux » est dévalorisé

« L’Homme de bien transmet son héritage aux enfants de ses enfants… »(Prov.13v22)

L' »homme de bien » est aussi un homme sage. A mille lieux d’une vision à court terme, il pense à l’avenir. Et même au-delà de ses propres intérêts, de ce qui peut « rapporter tout de suite », ou même de ses propres enfants. Il se soucie de ce qui sera laissé aux petits enfants.

« Ce qui sera laissé »(« l’héritage ») est révélateur de ce qui a (pré)occupé cet « homme de bien » durant sa vie : cet héritage sera-t-il matériel, moral, culturel, environnemental ou spirituel ? A moins qu’il ne soit…Dieu Lui-même ? (Deut.10v9) Sachant qu’en comparaison, Dieu s’est choisi des personnes pour héritage.(Deut.9v29)

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Nos (petits)enfants nous accuseront-ils ? Et d’ailleurs, se préoccuperont-ils de ce qui leur sera laissé ?

Mais ce qui est aussi révélateur est la façon dont les bénéficiaires recevront l’héritage. Car la question qui suit-au delà du « comment transmettre »- reste d’actualité :

Qu’en feront-ils ?