Une manifestation de la gloire de Dieu : une approche biblique du leadership et du gouvernement de l’église locale

En quoi la structure de l’église peut-elle être « une manifestation de la gloire de Dieu » ?

Le titre de l’ouvrage interpelle et incite à la lecture.

Le contenu nous surprend lorsque nous découvrons que, selon son angle, cette « manifestation de la gloire de Dieu » est en lien avec la structure de l’église ! Mieux encore, d’après Mark Dever, son auteur, nous ferions bien de nous en soucier. Car, loin d’être un point secondaire ou « une invention des hommes », l’organisation de l’église trouve son mode d’emploi dans les Écritures bibliques. Comme si Dieu nous exhortait Lui-même de la sorte, dans Sa Parole, à la manière d’Hébreux 8v5 : « ayez soin de tout faire d’après le modèle qui vous est montré ». Organisée, l’église l’est bien, et ce, dès le début de son histoire, comme nous l’apprennent les nombreux exemples du Nouveau Testament : les premiers chrétiens se rencontraient ainsi à des moments précis, ils procédaient à des élections, avaient des responsables, exerçaient la discipline, recueillaient les offrandes, écrivaient des lettres de recommandation, administraient les ordonnances [baptême et Cène) et tenaient à certaines exigences pour devenir membres.

Le livre est lui-même…structuré en quatre parties, chacune consacrée à un aspect essentiel de l’organisation de l’église, recevant un enseignement clair de la part des Ecritures : les diacres, les anciens, la congrégation (l’assemblée) et l’adhésion à l’église locale.

Savoir que la Parole peut ainsi nous servir de fondement pour harmoniser notre vie communautaire nous libère de la tyrannie des dernières modes managériales de l’église, laquelle n’est ni « une caserne », ni une « start up », mais « une institution vivante », « un organisme viable et un corps ».
Une église ainsi organisée selon le conseil de Dieu sera marquée par la sainteté, l’unité et l’amour. C’est ainsi qu’elle manifestera la gloire de Dieu, permettant à chacun de reconnaître qui Il est [cf Matt.6v9]. L’enjeu est de taille, car l’inverse est malheureusement vrai.

Un livre court mais dense, utile et pratique, susceptible de servir de base à une réflexion et à une action collectives, pour une réforme saine et biblique de son église locale.

 

En bref : Une manifestation de la gloire de Dieu : une approche biblique du leadership et du gouvernement de l’église locale, de Mark Dever. Editions Cruciforme, 2019 (9 Marks). Ouvrage reçu gracieusement « en service presse »  de la part de BLF éditions (partenaire avec Cruciforme), que je remercie. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

Extrait à découvrir ici.

Avant d’être un « leader », tu es d’abord un « follower »

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

« Toi, suis-moi », dit Jésus (Jean 21v22)

Dans un monde et une Église, [soucieux] du »leadership » (et de la formation pour devenir « leader »), il est facile d’oublier que nous sommes d’abord à la suite du Christ, pas des « leaders » mais des « followers », des disciples. C’est la base de toute authenticité chrétienne. (Vu sur twitter – paru le 06/09/19)

« Tout le monde veut être leader, mais peu souhaitent être serviteurs ! »

Tout le monde veut prendre sa place ! Vraiment ? Celle du "serviteur" ?

Tout le monde veut prendre sa place ! Vraiment ? Celle du « serviteur » ?

Lecture de Luc 22v24 : « et il y eut une contestation (parmi les disciples) : lequel devait être estimé le plus grand ? »

A l’heure où tout a un prix, tout se vend et où il faut « se vendre », « estimer », c’est « faire une estimation, une estime. Déterminer le prix, la valeur financière qui doit être attribué(e) à telle chose, déterminer, marquer (par un jugement favorable ou défavorable) la valeur que l’on attribue ou doit attribuer à telle personne ou à telle chose abstraite. Accorder de l’estime, apprécier positivement une personne ou une chose qui mérite l’admiration, le respect intellectuel ou moral. Éprouver, manifester un sentiment favorable pour les qualités, les mérites de ». Estimer le courage, l’esprit de (telle pers.). Là, il s’agit d’être estimé « le plus grand ». Mais qu’est-ce qu’être (le plus) « grand » ?

La réponse est dans cette leçon donnée par Jésus, en Luc 22v25-27 : « Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? » Et Lui, Jésus, « cependant, (est)au milieu (d’eux) comme celui qui sert ». Lui, « le Seigneur et le Maître » a donné un exemple, pour que nous fassions aux autres ce que Lui nous a fait(Jean 13v1-5, 12-17) : laver les pieds de ses disciples, tâche normalement dévolue à l’esclave de la maison !

Or, tout le monde veut être leader, mais bien peu souhaitent être serviteurs, une position(celle que Jésus a prise) qui nous expose et nous fait sortir de notre zone de confort. (cf Marc 9v31-37)

« Estimer » si quelqu’un est « grand » ou « petit » implique de le faire selon certains critères. Quelles seront les nôtres ? Car « ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (Luc 16v15). Une juste estimation de soi, réalisée non de manière individualiste, mais dans le contexte de la communauté, conduira à l’humilité, avec cette perspective sur le long terme : « édifier » (Rom.12v3-6)

 

Pour aller plus loin :

Un intéressant article « non chrétien » : Leadership : sommes-nous tous faits pour devenir leader ? Vous avez toujours rêvé d’être un leader, un manager écouté, légitime et à l’autorité naturelle, mais êtes-vous vraiment fait pour cela ? Et si non, « est-ce si grave que ça, docteur ? » Les réponses d’Eric-Jean Garcia, chercheur-conseil en sociologie du leadership.

Le volet 5 de cette série sur le leadership, publiée sur La rebellution : « …contrairement à ce que certains pensent, dans le corps du Christ, le leader n’est pas une tête. Il n’y a qu’une tête et son nom est Jésus-Christ. Il est la tête de son propre corps. Quel est donc la place des leaders ? Il semblerait que Paul soit en train de dire en Col 2.19 que certainement les apôtres et sans doute les autres leaders de l’Eglise sont les jointures, les articulations. Ils ne sont pas forcément visibles. Ils ne sont pas forcément sur le devant de la scène. Ils ne font pas tout. Au contraire, ils sont en connexion avec la tête, pour savoir la direction que Dieu veut et pour permettre aux membres du corps de remplir leur fonction de façon adéquate. Le leader selon la Bible n’est pas une tête. Il est une jointure. Une articulation. Sachez articuler le corps, laisser la place aux autres. Leur donner le pouvoir d’être qui ils sont créés pour être. Soyez des leaders ! Le monde en a besoin. L’Eglise en a besoin. Ainsi, pour récapituler, le leader selon la Bible est celui qui donne la direction autour de lui. Il prend les devants. Il montre la voie. Mais il le fait en soumission à Christ et aux autres. Le leader est le serviteur. Il est esclave. Il est une articulation, qui permet aux autres de faire ce que Dieu les appelle à faire ».

Et enfin : Serviteurs ou seigneurs ? (sur « cœur de berger ») Avec l’enseignement de quelques chapitres dans l’Évangile de Marc concernant l’ambition, suivi par l’enseignement des apôtres, leur exemple dans les Actes et l’exemple de Christ lui-même.

Bonus : « From Heaven You Came – The Servant King »(« Roi serviteur ») de Graham Kendrick(JEM 2 #0553)

Bon week-end !