Retour sur la rencontre du 19/11/17 avec le Dr. Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », au CEIA.

Pour le Dr Mukwege, il est essentiel de travailler sur l’éducation, et ce, dès le berceau, pour éduquer les petits garçons « au regard » sur les petites filles.

Denis Mukwege, pasteur et chirurgien congolais, est en première ligne contre la violence faite aux femmes. Quel rôle avons-nous à jouer pour soutenir ce combat pour la défense des droits des femmes en Afrique, mais aussi ailleurs ? Quel pourrait être la part de l’Église dans l’éducation au regard des hommes sur les femmes  (et inversement) ?

Dimanche 19/11, j’ai eu l’occasion de me rendre, avec mon épouse, au Centre Évangélique d’Information et d’Action (CEIA),  le rendez-vous annuel du protestantisme évangélique, à Dammarie-les-Lys, près de Melun. Le thème de cette édition était « Bible et guérison ».
J’ai pu y retrouver certaines connaissances – tenant des stands – et avoir la joie d’en faire de nouvelles, notamment Ruben Nussbaumer (directeur de BLF éditions) et Nicolas Fouquet (en charge de l’éducation au développement, au SEL), que je remercie pour m’avoir aimablement invité à participer à une rencontre exceptionnelle avec le Docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes » victimes de violences sexuelles au Kivu (Congo). La présence de ces trois hommes n’était pas fortuite. En effet, les deux premiers sont respectivement co-éditeur et auteur du livre « ils ont aimé leur prochain » (1), par ailleurs préfacé par le troisième. Cet ouvrage, qui s’inscrit dans les 500 ans de la Réforme, retrace le parcours de 30 figures chrétiennes (dont le préfacier) qui se sont engagées dans différents domaines de la solidarité au cours de l’histoire de l’Église [un 31ème, laissé en blanc, reste à écrire par le lecteur].

Rencontre en deux temps avec le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », préfacier du livre « Ils ont aimé leur prochain », dimanche 19/11

La rencontre s’est déroulée en deux temps : une conférence de presse de 30 minutes, au cours de laquelle le Docteur Mukewege et Nicolas Fouquet ont pu échanger avec plusieurs responsables de médias chrétiens/communication d’organismes/d’œuvres chrétiennes (Gospel mag, Croire et vivre, Christianisme aujourd’hui, La Gerbe, Fédération Protestante de France…), dont moi-même et ma moitié, pour Pep’s café ! . Le tout suivi d’une conférence publique devant 200 auditeurs, introduite par Patrick Guiborat, Directeur Général du SEL et initiateur du Défi Michée en France, et Étienne Lhermenault, président du CNEF et membre du conseil d’administration du CEIA.

Que retenir des différentes interventions du Docteur Mukwege ?

Deux choses entendues lors de la conférence de presse m’ont interpellé :

Premièrement, ce qui lui permet « d’espérer dans l’avenir », c’est « la force de résilience des femmes » qu’il soigne et accompagne. Car, dit-il, celles-ci « ne vivent pas pour elles-mêmes mais sont tournées vers les autres, la communauté » et « sont enclines au partage ». Ainsi, affirme-t-il, notre monde se porterait sans doute « beaucoup mieux » et pourrait changer, avec une meilleure répartition des ressources de notre planète généreuse, si plus de femmes étaient appelées à de hautes responsabilités, au sein du gouvernement des États. Mais est-il nécessaire de nous poser une telle question ? Avons-nous évolué depuis la pièce du comique grec Aristophane « l’Assemblée des femmes »(392 av JC, à une époque où seuls les hommes libres siégeaient à l’Assemblée du Peuple, « l’Ekklesia »), dont le message est simple : « …Je dis qu’il nous faut remettre le gouvernement aux mains des femmes », puisque « c’est à elles, en effet, que nous confions, dans nos maisons, la gestion et la dépense. » Toutefois, il est difficile de savoir, ne vivant plus à l’époque des Grecs anciens, si le but d’Aristophane était de se moquer des femmes, ou au contraire de les louer pour leur initiative.

Deuxièmement, le docteur nous invite à miser sur l’éducation de cette génération, notamment « l’éducation au regard » que nous, les hommes, pouvons porter sur les femmes. Ainsi, affirme-t-il, « lorsque nous enseignons aux garçons de ne pas pleurer », de refouler leurs sentiments, « nous nous faisons du mal sans nous en rendre compte ». Certes, il existe des lois, des forces de police et de justice contre les violences, mais il importe de prévenir celles-ci. Pour cela, il est essentiel de travailler sur l’éducation, et ce, dès le berceau, pour enseigner aux enfants (notamment les garçons) la considération de l’autre sexe, pour ne pas le maltraiter une fois adulte.
Or, m’a souligné mon épouse, par ailleurs enseignante dans le privé et engagée dans la promotion de l’éducation chrétienne en France, « le respect mutuel des sexes, ainsi que le respect de la différence, sont une telle évidence pour nous en tant que chrétiens nés et éduqués dans un pays occidental et démocratique…que nous pourrions oublier de l’intégrer parmi les objectifs pédagogiques et éducatifs d’une école chrétienne.  »

Et aujourd’hui, combien encore, parmi les chrétiens, pensent que l’homme est supérieur à la femme et que celle-ci n’a pour seul droit que de se taire ou de s’occuper des enfants ?

Le Docteur Mukwege a tenu ensuite un discours durant la conférence publique qui a suivie, laquelle était adressée à tous ceux qui sont appelés à être « le sel de la terre » et à « transmettre un message de guérison » selon le mandat de Marc 16v15-18 et « le programme de guérison et de restauration de l’humanité blessée » en Luc 4v18-19 et en Genèse 3v15.

Dans son plaidoyer, le Docteur nous a expliqué la situation au Kivu, une zone en apparence « bénie » puisque riche en minerais. Mais ces minerais sont en réalité des « minerais de sang » (notamment le coltan, servant à fabriquer les smartphones et ordinateurs portables), et qui constituent l’enjeu de guerres entre milices. L’arme la plus utilisée pour le contrôle de ces zones minières est le viol de masse des femmes et des enfants : une stratégie de destruction planifiée et non le fait de pulsions sexuelles. Et une guerre « à moindre coût » qui détruit les communautés.
Lui-même dit avoir mis du temps à le réaliser : En 1999, après que la guerre au Rwanda a débordé au Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), il découvre une patiente mutilée. Il a d’abord pensé à l’acte isolé d’un barbare mais quelques mois plus tard, dit-il, des dizaines de nouvelles victimes sont accueillies à l’hôpital de Panzi où il exerce. Depuis, près de 50.000 victimes de ces viols ont été prises en charge de manière « holistique »(soins médicaux, assistance psychologique mais aussi socio-économique, judiciaire et juridique). La plus jeune des victimes ayant 6 mois et la plus âgée 80 ans !

De ce discours, je retiendrai encore trois choses :

Premièrement, une autre « évidence » : le Royaume de Dieu (ou l’Eglise ?) est « un corps, composé de membres de toutes origines » et « la souffrance [d’un membre, qu’il soit en Syrie, en Irak, au Yémen ou en RDC…] affecte tout le corps ».

Deuxièmement, tout disciple de Jésus-Christ doit témoigner des trois attitudes indispensables : « compassion, engagement et proclamation » [soit d' »affirmer hautement quelque chose » cf Esaïe 52, et, c’est moi qui souligne, les chrétiens ne sauraient se taire]. La compassion, c’est « souffrir avec » ceux qui souffrent. Elle n’est pas une simple « sympathie » mais un amour profond chérissant toute l’humanité, qui nous pousse à aller plus loin pour remédier/mettre fin à la souffrance, ou du moins, la soulager, pour conduire à l’espérance. Et aucune guérison divine n’est possible sans compassion, qui est le moteur de notre engagement.

La compassion est même « une obligation ». D’ailleurs, moi-même, dans une situation analogue à celle que vit celui ou celle qui souffre, qu’aurai-je voulu voir dans le regard de l’autre ? »

Le Docteur Mukwege nous prévient : l’Église doit montrer le visage du Christ. Elle ne doit pas « fermer ses yeux et ses oreilles » et ne pas oublier qu’elle vit dans le monde réel. L’on peut ainsi « parler du ciel » en étant « déconnecté du réel ». Or, dit-il crûment, « l’Église qui a perdu la compassion a perdu son âme ». Elle n’est plus que « du sel qui a perdu sa saveur ».

Par ailleurs, l’engagement ne saurait se limiter à de l’aide « directe » et « locale » aux victimes, mais implique de prendre en compte une réalité plus large encore : la lutte contre la globalisation sauvage, sachant que nos modes de vie individuels et collectifs peuvent être sources d’injustices et de déstabilisation dans d’autres parties du monde.

Troisièmement, le Docteur Mukwege peut-il être une source d’inspiration pour notre génération ? Comme je l’ai rappelé plus haut, il fait partie « des 30 » qui « ont aimé leur prochain », dans le livre de Nicolas Fouquet. Et, détail intéressant, lorsqu’il lui est demandé qui est sa propre source d’inspiration, il nous parle d’un parfait inconnu (pour moi, en tout cas) : un pasteur/missionnaire norvégien en Afrique, dont les écrits ne sont actuellement pas traduits en français (mais sans doute accessibles en anglais). Ce qui a fait sourire la salle, personne ne se voyant lire du norvégien !

Enfin, le 31ème portrait « laissé en blanc », à la fin du livre précité, doit-il être nécessairement un individu [vous, moi ?] ou une communauté, l’Église ? Chacune et chacun pouvant ainsi agir de manière complémentaire et interdépendante, « holistique », à la fois de manière « locale et globale ». La question reste ouverte, mais j’aime à croire que le Docteur Mukwege apprécierait d’y répondre.

 

Note : 

(1) Fouquet, Nicolas/Mukwege, Denis(Préf.). Ils ont aimé leur prochain. BLF/SEL, 2017.  Voir la présentation du livre sur les sites de BLF et du SEL.

 

« Le sel de la terre » : we want equality !….

…..et qualité de vie !

 

Que s’est-il passé le 28 avril ?
Comme tous les ans, et à cette date, le Bureau International du Travail a organisé une Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, soit une journée de sensibilisation autour des conditions de travail dans le monde.

Le thème retenu, pour cette édition, était « La sécurité et la santé dans l’utilisation des produits chimiques au travail ». Lire le rapport 2013 de l’Organisation Internationale du Travail qui fait le bilan sur la prévention des maladies professionnelles.

Le sel de la terre, de Herbert J. Biberman (1953). Un film engagé.

Le sel de la terre, de Herbert J. Biberman (1953). Un film engagé.

Nous avions déjà évoqué cette initiative la semaine dernière, mais le présent billet vous invite à profiter de l’occasion pour voir ou revoir « Le sel de la terre »(1953), film au titre évangélique d’Herbert J. Biberman*.

 

L’histoire, en bref : Esperanza, épouse du mineur Ramon Quintero et qui attend son troisième enfant, se souvient des semaines de grève de Zinc Town(qui s’appelait autrefois San Carlos), qui se prolongèrent quinze mois. Son mari se préoccupait alors de la solidarité entre tous les mineurs pour revendiquer de meilleures conditions de travail, de sécurité dans la mine (quand les américains descendent à trois, un mexicain descend seul), l’égalité des mexicains et des « yankees », le droit au confort élémentaire…et ce, plus que de sa vie de couple et de famille[voir la scène où Ramon Quinterro se voit rappeler par son propre fils-venu le chercher au bar-le jour de l’anniversaire de sa femme].

We want equality et qualité de vie !

We want equality et qualité de vie ! Scène du « sel de la terre » d’Herbert J. Biberman

 

La grève éclate à la suite d’un accident dans la mine. Le piquet tient courageusement, malgré les provocations de la police ralliée à la Compagnie. Tout à coup, une décision de justice force les mineurs à se disperser. Les femmes prennent alors la relève des hommes : elles font preuve de détermination et de courage, s’opposant à la brutalité des policiers et en dépit du scepticisme ou de la réprobation de leurs époux. Mais dans les familles, c’est le désarroi, puisque les hommes sont relégués aux taches ménagères…

 
Avis : il s’agit là de l’un des films les plus singuliers des années 1950, peut-être celui qui résume le mieux l’époque du maccarthysme. Produit en coopérative avec l’appui de plusieurs syndicats américains et réalisé en quasi clandestinité par des « blacklistés »**, « le sel de la terre » est une œuvre méconnue, mais forte et dure, sans concession. « Engagée ». La lutte syndicale de ceux qui sont méprisés et dépossédés***, montrée de manière épique, est certes le thème principal. Mais l’intérêt est ailleurs : le réalisateur a en effet choisi de privilégier « l’humain », les individus, en brossant un portrait fouillé des personnages principaux et secondaires. Il n’oublie pas non plus

Mari et femme. Scène du "sel de la terre", d'Herbert J. Biberman

Mari et femme.
Scène du « sel de la terre », d’Herbert J. Biberman

les conséquences morales et psychologiques de ce conflit social sur les rapports (raciaux, sociaux) des hommes entre eux, leur comportement/leur motivation et la vie des couples. Les questions de la « transmission »(quel « héritage » moral et social lèguera-t-on à la jeune génération, « le sel de la terre » ?) et de la condition féminine ne sont pas non plus absents :

Courageuse Esperanza Scène du "sel de al terre", d'Herbert J. Biberman

Courageuse Esperanza
Scène du « sel de al terre », d’Herbert J. Biberman

voir le rôle des femmes(et épouses) dans l’action civique, qui se battent pour obtenir de leurs maris le respect légitime que ceux-ci n’ont pas de la part de leurs exploiteurs.
En elle-même, l’œuvre, de style néo-réaliste,  est d’une grande qualité cinématographique, de par son montage, son rythme(avec un zest d’humour) et ses cadrages qui donnent au film beauté et expressivité. Née d’un fait divers relaté en 1951 et primé par la Catholic Legion of Decency du Mexique et réalisé avec le concours d’acteurs professionnels(dont le rôle principal d’Esperanza, confiée à l’actrice mexicaine Rosaura Revueltas-c’est assez rare pour être signalé), amateurs, et mineurs de Silver-City.

 

 

Notes :
*Le Sel de la terre(Salt of the Earth), film américain(1953)d’Herbert J. Biberman. NB, VOST. 1h32. Ed. DVD Wilside. Collection « Les introuvables » (2011. Version restaurée). Avec un documentaire : Les clandestins d’Hollywood : présentation par Pierre Rissient et Thomas Wieder (VF – 26’33)
Document expliquant l’origine du film : le maccarthysme avec un rappel des faits précis, l’équipe du film pour la plupart blacklistés. Le tournage au travers de ses différents aspects.

 
** Le réalisateur, Herbert J. Biberman, fut l’un des « Dix de Hollywood » emprisonnés en 1950 pour avoir refusé de répondre à la commission d’enquête parlementaire sur les activités anti¬américaines. Le producteur Paul Jarrico, le scénariste Michael Wilson et le compositeur Sol Kaplan figuraient sur la liste noire. Le tournage, délocalisé à deux reprises après des menaces de mort, fut espionné par le FBI. Réalisé en 1953, il ne put sortir qu’à la fin de l’année 1965. Mais seules douze salles acceptèrent de projeter le film sur l’ensemble des Etats-Unis.
Voir ici, pour plus de détails : http://books.google.fr/books?id=Z43oCq1rxpAC&pg=PA147&lpg=PA147&dq=le+sel+de+la+terre+critique+film&source=bl&ots=ZAUnV1EGud&sig=kl4QUZXDyvqxp80SlV2zG7AZNGo&hl=fr&sa=X&ei=0MB1UqzeOoGm0AXYlICYDw&ved=0CDQQ6AEwATge#v=onepage&q=le%20sel%20de%20la%20terre%20critique%20film&f=false

*** A noter que le village où se déroule l’action est dépossédé de son nom (de San Carlos, il est rebaptisé « Zinc Town »), comme ses habitants sont dépossédés de leur terre et de leurs maisons, le tout au profit d’une grande société minière et des banques qui collaborent avec elle. Une société où « les profits valent plus que les vies » de ceux qui sont exploités, manifestement.

 

 

Béatrice Bourges : la grève de la faim justifie-t-elle les moyens ?

Ou décryptage d’un chantage inutile.

Voici une intéressante analyse : « Béatrice Bourges et la grève de la faim », à propos d’un événement récent, publiée le 29 janvier 2014 dans « Les Cahiers libres ».

[Précision : quoique, chrétien protestant évangélique,  je sois attaché au respect du modèle biblique du mariage, de la famille-structure de base de la société, et de la vie-que je ne limite pas au début ou à la fin de vie, ou à « l’éthique » et aux questions exclusivement sociétales, je tiens à dire d’emblée que je ne suis ni proche de Mme Bourges-concernant l’esprit de ce qui l’anime, ses moyens et ses buts, ni proche de son mouvement, le « Printemps français », que je considère par ailleurs contradictoire avec LMPT, ainsi qu’avec la nature et l’esprit de l’évangile de Jésus-Christ].

Ceci dit, voici quelques extraits de l’analyse des « Cahiers » :

« On ne s’engage pas sans trembler pour traiter un tel sujet … La grève de la faim est une arme politique extrêmement puissante. Relayée par des journalistes avides d’infos sensationnelles, elle bénéficie souvent d’une bonne couverture médiatique.
(….) probablement consciente de la violence que peut avoir l’expression pour nos convictions évangéliques, Béatrice Bourges » déclare avoir entamé un « jeûne spirituel ». « Mais les médias ne s’y sont pas trompés : elle est entrée en grève de la faim, et ce tant que des députés n’initieront pas une procédure de destitution du Président de la République*.
[une grève de la faim, qui a par ailleurs suscité plusieurs réactions ironiques ]

Soyons clairs : cette grève de la faim est choquante, absurde et inutile, pour trois raisons.
Madame Bourges a-t-elle pris conseil avant de prendre sa décision ? (…)Arrêter de (nourrir son corps), le réduire à être le porte-drapeau d’une cause (même si elle est bonne … ce qu’il faut également discerner), c’est être complice volontaire de ma propre chosification : je ne suis plus quelqu’un, je suis quelque chose ! Je marche le long d’une ligne rouge, je joue avec ma vie, ma santé, mes nerfs, au gré de mon succès médiatique.
Bref, cette action est choquante car elle participe justement de la logique que nous avons combattue toute l’année dernière : la chosification de l’homme.

D’autant plus que cette action est parfaitement inutile, puisqu' »en appeler à l’article 68 est impossible. La procédure de la destitution n’a pas fait l’objet d’une loi organique.… »

Lire la suite ici.

Cette initiative, que je trouve personnellement malsaine, pose plusieurs problèmes d’ordre éthique et spirituel :

– L’usage du jeûne :  compte-tenu du sens du jeûne, ce dernier  ne saurait être banalisé ou dévoyé, au risque de perdre sa pertinence.

Le chrétien est appelé « le sel de la Terre » Mais « si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent ».(Matt.5v13) » dit Jésus.

 
-Le respect des autorités : Rom.13, 1 Pierre 2v11-17
Nous connaissons l’expression « toute autorité vient de Dieu » (Romains 13v1). Toutefois, il importe de bien la comprendre en prenant en compte son contexte littéraire, pour éviter tout fantasme, emballement, abus et prétexte pour asseoir toutes les formes d’autorité, même les plus oppressives. Sans oublier le contexte historique et politique(avec pour cadre de référence le pouvoir impérial romain des années 54 ap JC)
Bref, de quelle autorité Paul parle-t-il ? Quelles sont les caractéristiques principales d’une autorité qui peut se réclamer d’origine divine ?
« En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu n’avoir pas à craindre l’autorité? Fais le bien et tu recevras des éloges ; car elle est un instrument de Dieu pour te conduire au bien. Mais crains, si tu fais le mal ; car ce n’est pas pour rien qu’elle porte le glaive : elle est un instrument de Dieu pour faire justice et châtier qui fait le mal ». (Rom 13,3-4)

Quel est le rôle de l’autorité ?** Que doit-elle garantir ? Comment comprendre le passage « toute autorité vient de Dieu » ?
Dans quel cadre serait permise une « désobéissance civile », selon le moment où « il faut obéir à Dieu et non aux hommes » ?(relire le contexte en Actes 4v19)

D’autre part, Les chrétiens sont également exhortés, « comme étrangers et voyageurs sur la terre, à (s’)abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme.  (Ayant) au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils (les) calomnient comme s'(ils étaient) des malfaiteurs, ils remarquent (leurs) bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera ».
Soyons « soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. Car c’est la volonté de Dieu qu’en pratiquant le bien (nous réduisions) au silence les hommes ignorants et insensés, étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu ». Exerçons « la culture de l’honneur » : (Honorons) tout le monde; (aimons) les frères; (craignons) Dieu; honorez le roi ». (1 Pie.2v11-17)

Ceci dit,  je trouve qu’il y a là quelque chose d’hypocrite dans cet appel à  la destitution du président de la république :

on critique généralement les grèves et les manifs à caractère social ou pour la paix, le respect de l’environnement, ou en faveur des étrangers, sous prétexte qu’il s’agirait là de « contestations », d’un « non-respect des autorités », et on appelle à la révolte et à la rébellion contre un pouvoir légitimement élu. Appel variable selon le bord politique, bien entendu : a-t-on d’ailleurs entendu ou lu de tels appels ou initiatives contre la présidence précédente ?

Contradiction ?

On relèvera que ce qui permet notamment de discerner les faux enseignants est leur mépris de l’autorité (2 Pierre 2 v9-10). De par leur influence néfaste et dangereuse, ils séduisent d’autres croyants pour les inciter à les suivre. Nous sommes enfin avertis que « dans les derniers jours », nous assisterons à un renversement du respect du à l’autorité (2 Timothée 3 v1-5). Sommes-nous déjà dans ces temps ?

Devons-nous nous étonner de ce climat de rébellion ? Non, puisque la Bible nous révèle que Satan est  « le prince de ce monde » (2 Corinthiens 4 :4), « le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion », et qui influence(ou brouille) la communication.(Ephésiens 2 :2).
Notre défi et notre responsabilité, en tant que chrétiens, est de vivre à contre-courant des sirènes ou des buzz médiatiques, et de faire preuve de discernement(1 Jean 4 :1), caractéristique des « hommes faits ».

De fait, cette volonté de remise en question une autorité, au nom de la « démocratie » et de la défense de « nos libertés » ne cacherait-elle pas une volonté de pouvoir et de puissance ?

A propos du « Printemps français », de ses buts et de ses moyens d’action, l’internaute exhine (29 janvier 2014 • 21 h 20 min) donne à lire « ce qui est proposé sur le site du printemps français »:

« Nous promulguons la supériorité du « Droit naturel classique », hissant la sagesse au-dessus du consentement, sur le « Droit naturel égalitaire », faisant primer le consentement sur la sagesse.

Non pas que nous soyons opposés à la démocratie, mais cette dernière suppose des citoyens capables d’être gouvernés ET de gouverner, ce qui demeure, vu sous un angle réaliste, problématique. »

Et l’internaute de commenter : « On y parle de la « Trinité romaine , à savoir la trilogie : Tradition – Religion – Autorité » et s’inquiète pour le catholicisme[ou une certaine vision du catholicisme ? Dans l’esprit de l’Eglise et du Pape actuel ?], et pas pour le christianisme.

D’après certains, ce groupe serait proche de Civitas [mouvement intégriste, proche des lefebvristes et sans aucun rapport avec l’Eglise catholique. Son actuel secrétaire général est Alain Escadas, ancien du Front National de Belgique et candidat aux législatives belges sur les listes du parti d’extrême-droite Zut]et quand on lit un peu ce qu’ils espèrent voir arriver comme système de gouvernement, on peut le croire assez facilement. Ils voudraient voir des « sages » vous diriger, mais ils seraient, bien entendu, ceux qui désignent qui est sage et qui ne l’est pas. Les protestants seraient probablement mieux traités que les athées, mais resteraient-ils des citoyens de première catégorie?

Pour la méthode de communication, c’est simple, c’est expliqué sur leur site.

Principe 1: Pour révéler au grand jour les mensonges du pouvoir et l’injustice des nouveaux codes moraux qu’il tente de nous imposer, la transgression des règles est un mode d’action légitime. Nous ne sommes pas de ceux qui confondent la légalité avec la légitimité, les instruments du régime avec le bien fondé du pouvoir. Nous devons repousser les limites du système en révélant son impuissance face à la transgression. Affronter un pouvoir injuste passe par l’irrévérence, qui exerce sur lui une pression psychologique permanente… Sachons-nous en servir !

Principe3: Notre troisième mode d’action est la création de situations concrètes. L’événement provoqué devient le média du militantisme. Nous devons rechercher l’efficacité politique du témoignage jusque dans sa mise en scène. Il s’agit de perturber la codification convenue de l’information pour créer un sens différent. Le nouvel impératif de la politique est d’installer l’événement au centre du débat. C’est de cette manière que nous briserons l’encerclement médiatique ».

Bref, « la fin justifie les moyens », le mensonge est érigé en vertu(le chrétien sait pourtant que le diable est « le père du mensonge »), et une forme de dictature(une domination de « despotes » soit-disant « éclairés » ?) que l’on appelle de ses vœux : un nouvel évangile ? Plutôt un « autre » évangile, cf Galates 1. Mais cet « autre » n’est plus l’évangile. C’est une tromperie.

 

 

 

Notes :

*Voir : http://www.leparisien.fr/societe/manif-anti-hollande-la-porte-parole-du-printemps-francais-en-greve-de-la-faim-27-01-2014-3532819.php   et http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/29/on-ne-lache-rien-slogan-anti-catholique-par-excellence-5284532.html

**A lire avec profit :

Besoin d’un chef mais lequel ? par Michel Bertrand, IPT Montpellier : Quand les sondages parlent de défiance, retrouver un chemin de confiance.
Un texte toujours d’actualité, pour éviter les confusions.

Sur l’autorité : http://www.evangile-et-liberte.net/auteur_94_Bertrand-Michel

Et une conférence de Michel Bertrand : ET SI NOUS PRENIONS LA PAROLE ? Aix-en-Provence 11.10.2012
Question judicieuse ! L’essentiel étant de savoir comment et pourquoi !

« Président bashing » ou « Président blessing » ?

« Bashing », c’est une tendance tristement « tendance » : il suffit d’observer les couvertures de nos magazines et la une de nos quotidiens, qui proposent ainsi « un titre radical, un  mec à descendre, une tête à trancher ». ou…à « déprécier » – c’est la traduction officielle de « bashing ».
 D’après l’édition anglophone de Wikipédia : « Bashing is a harsh, gratuitous, prejudicial attack on a person, group or subject. » Pour les autres, traduction: « Le bashing est une attaque violente, gratuite et préjudiciable lancée contre une personne, un groupe ou un sujet ». Et de préciser que cette pratique s’applique à des domaines tels que « la religion, la nationalité, la sexualité et la politique ».

Mais ce qui « marche » le plus est le « Hollande bashing ».*

Tapez « Hollande bashing » sur Google et vous obtenez « environ 182 000 résultats. (0,17 secondes)

Plus simplement encore, tapez « Hollande » sur Google, et à ce nom se trouvent associés : « démission », « sondage », « Syrie », « hué »[un certain 11 novembre 2013], « popularité », « juif », « guignol »…..**
Après « l’hyperprésident », l’ « hypercontesté »*** ?

Mais ceci posé et constaté, que vous ayez voté François Hollande ou non, et que vous soyez « déçus » ou non par le Président de la République, notre réflexion se veut ailleurs : comment, dans une telle situation, les chrétiens peuvent-ils, ou doivent-ils, se positionner ? A quoi, d’ailleurs, sont-ils appelés à « être » ?

A ce sujet, Henri BLOCHER, ancien professeur de théologie systématique au « Wheaton College »(USA) et à la Faculté de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine(France), rappelle, dans un article pour la revue « Promesses »****,  que « les deux volets principaux de la mission de l’Eglise dans le monde sont bien résumés par les deux images que le Seigneur Jésus utilise dans le Sermon sur la Montagne (Matt.5v13-16) :

Sel et poivre par Marina Shemesh Sel ou poivre de la terre ?

Sel et poivre par Marina Shemesh
Sel ou poivre de la terre ?

vous êtes le sel de la Terre ; vous êtes la lumière du monde ».

Etre « lumière du monde », « c’est la mission de l’Eglise, des chrétiens, de communiquer la Bonne Nouvelle » de Jésus-Christ, mort pour nos péchés et ressuscité pour nous rendre justes(op cit, p14).

Etre « le sel de la terre », c’est la mission des chrétiens « présents dans la cité terrestre, dans la société qui elle-même n’est pas chrétienne, en mission en faveur du bien, comme continuant la guerre de Dieu contre le mal.
En Jérémie 29, le prophète parle au nom de Dieu aux exilés du peuple qui sont en Babylone et dit au verset 7 : recherchez la paix de la ville où je vous ai exilés et intercédez pour elle auprès du Seigneur, car votre paix dépendra de la sienne ».
Ce mot paix(shalom)suggère aussi la prospérité, la bonne santé. La situation des chrétiens, dans le monde aujourd’hui, est assez semblable. en effet, ce verset(Jér.29v7)ne s’adresse pas à Israël dans son pays, avec un état spécialement construit par le Seigneur.
Il est donné aux Judéens, membres du peuple de Dieu, au coeur d’une société païenne. Or, nous sommes le peuple de Dieu dans une société païenne, et le Seigneur nous dit : recherchez la paix, la prospérité de cette société même. C’est le rôle de sel de la terre.
(…)Nous sommes engagés dans des relations interpersonnelles, de prochain à prochain(relations dites courtes).
C’est par exemple, le Samaritain qui, voyant l’homme[qui n’est même pas son « compatriote », bien au contraire ! Note perso]qui gît au bord de la route, s’arrête, le prend en charge, panse ses plaies et le conduit à l’auberge. Un amour du prochain qui s’exprime de manière immédiate(…)Mais notre relation avec ce prochain se réalise aussi dans la vie de la société entière, dans le cadre de toutes les structures qui déterminent notre façon de vivre :
ce sont les relations longues, indirectes à bien des égards. Elle s’exprimera, par exemple, en favorisant une politique anti-chômage, en votant une loi en faveur des exclus. »*****(op cit, pp 12-14)

Etre le sel de la terre, c’est donc rechercher la paix de la société où nous vivons en « étrangers », c’est prier et intercéder « pour tous les hommes » et particulièrement pour les autorités, « les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. C’est bon et agréable devant Dieu notre sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. »******(1 Tim.2v1-4)

C’est prier positivement, à cette fin, pour le Président de la République et ses ministres, afin que ceux-ci gouvernent avec sagesse et justice.

Alors, « Président bashing » ou « Président blessing » ?******* 😉

 

 

Notes : 

*A ce sujet, concernant les médias dits « séculiers », « qui en a fait le plus (et est-ce que ça fait vendre) ? » (http://www.erwanngaucher.com/article/27/06/2013/hollande-bashing–qui-en-a-fait-le-plus-et-est-ce-que-ca-fait-vendre-/1120 )

 
Sur un blog d' »actualités chrétiennes », les mots-clés « Hollande » ou « François Hollande » renvoient aux pages suivantes : http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/hollande/ ; http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/hollande/page/2/ ; http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/hollande/page/3/ http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/francois-hollande/

Avec les qualificatifs suivants : « franc-maçon », « imposteur », « dangereux », « sans expérience »(pour Bernard Tapie), « élu grâce au vote musulman », « autiste »…et accusé de vouloir « supprimer la race »(par Alain Escada, militant et activiste belge issu du courant d’extrême droite national-catholique, secrétaire général de Civitas-groupement intégriste catholique proche des leféveristes-depuis 2009, ancien cadre du front nouveau de Belgique et lepéniste historique)
A l’inverse, et comparativement, les mots-clés « Marine Le Pen », « FN », « Front national »(et par extension, « extrême-droite », « identitaires »), renvoient à des articles généralement ou le plus souvent favorables-quand ils ne sont pas « neutres »-à cette personnalité et à ce mouvement politique : http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/fn/ ; http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/front-national/ ; http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/marine-le-pen/ ; http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/identitaires/ ; http://actualitechretienne.wordpress.com/tag/extreme-droite/

 
Mais le « bashing politique » n’est-il pas vain ? Car où mène-t-il ? « À la dépréciation de la politique en général. Bonne affaire pour les populistes de Droite et de Gauche, mais pas forcément pour une presse de plus en plus faiblarde. Déprécier, c’est ce qui reste quand à partir de trois dépêches d’agences on pond huit mille signes avec du goudron et des plumes… «  juge sévèrement Bakchich info.

**Une des fonctionnalités  du célèbre moteur de recherche appelé « Google Autocomplete » ou « saisie semi-automatique », qui nous permet « de rechercher des informations rapidement en nous proposant des requêtes de recherche similaires à la nôtre à mesure que nous saisissons notre requête dans le champ de recherche Google. » ( https://support.google.com/websearch/answer/106230?hl=fr  )
Et comment Google associe-t-il ces mots ? Tout simplement grâce à un algorithme qui brasse tous les termes tapés par les utilisateurs pour proposer les mots complémentaires les plus fréquemment utilisés.
En d’autres termes, si la saisie automatique associe le mot « démission » au nom du président de la république française, c’est parce que des millions de personnes ont, par exemple, cherché ou tapé sur Google la requête « Hollande démission ». Autrement dit si le moteur de recherche doit être reconnu fautif pour ses suggestions parfois tendancieuses, douteuses, voire racistes(http://www.metronews.fr/high-tech/google-a-l-origine-du-plus-grand-fichier-juif-de-l-histoire/mldB!9buB4r33l6ODs/ ; http://owni.fr/2012/05/23/le-vrai-faux-proces-google-suggest-juif/ ), les millions d’internautes à l’obsession « hollandaise » le sont tout autant.

 
***  Comme le titre Médiapart :
http://www.mediapart.fr/journal/france/291013/hollande-lhyperconteste
Après un an et demi seulement de pouvoir pour François Hollande, les mécontents seraient nombreux, y compris dans son camp, pour des raisons économiques et sociales, sociétales, fiscales….

**** »BLOCHER, Henri. La mission de l’église » in « Promesses », octobre-décembre 2013, numéro 186, pp 12-18.

*****John STOTT,  cf Le Chrétien et les défis de la vie moderne, vol.1. Ed. Sator(collec. Alliance), 1987, p 21., fait la distinction entre « l’action sociale »(la suppression des causes de souffrance humaine, la lutte contre les causes structurelles des inégalités et de la pauvreté, les activités politiques et économiques… »les relations longues ») et « le service social »(l’aide humanitaire, les actions caritatives et philanthropiques, le soutien des individus et des familles-les « relations courtes »). Deux formes d’actions inséparables et complémentaires

******« La fidélité d’une Eglise ne se mesurera pas au degré de contrôle qu’elle opèrerait par rapport à la société, mais par sa capacité de pouvoir vivre le projet divin comme signe et messagère du shalom. Dans cette perspective, la préférence est donnée à l’amour envers tous par rapport à la domination. Selon ce modèle, l’éthique se dégage de la pratique sociale préconisée en temps d’exil ou de diaspora par Jérémie (« Recherchez le shalom de la ville, car votre shalom dépend du sien », Jér. 29.7). C’est l’éthique que devaient adopter les synagogues juives du temps de la diaspora. Cette éthique est cohérente avec une eschatologie chrétienne en voie de réalisation ».

« Pour une éthique de la paix ». Claude Baecher. Directeur du Centre Mennonite du Bienenberg, Liestal.

******* A lire sur le site de l’hebdomadaire protestant « Réforme », cette fort intéressante analyse du pasteur Olivier Brès intitulée « Les athées du Hollandisme », une « analogie pertinente entre foi et politique ».

« Tu as un secret, qui met du sel dans ta vie… »

« ….et te donne(donne aux autres) soif de fondamental… »

(Note : ce sujet, dont cet autre billet a été une forme d’introduction, a été proposé à des enfants/préados(10-17 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche » su le jeûne. Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe.)

Tout commence par un « Pop-corn »(pas movie)
Le jour de la leçon, faire passer un bol de pop-corn salé(un peu plus que d’habitude, mais de façon à ce que cela reste mangeable) et donner pour consigne à chaque jeune d’en prendre une poignée pour en manger. Faire tourner le bol plusieurs fois. Ne pas distribuer les boissons.

Tout en faisant tourner le bol, en profiter pour prendre des nouvelles des jeunes et pour faire un récapitulatif de la dernière leçon abordée. Au bout d’un moment, chacun devrait éprouver ce qui est attendu : la soif.

Questionner :

Pourquoi avez-vous soif ? Qu’est-ce qui l’a provoqué ? (Réponse attendue : Le sel présent dans le pop-corn)
A quoi sert le sel ? (A donner du goût, à conserver…à donner soif !)
Donner ensuite de l’eau(au lieu des jus de fruits ou sodas habituels) à boire et demander s’ils l’ont appréciée ? Pourquoi ?*
(A ce moment des préliminaires-à ne pas zapper, faire réfléchir sur ce simple geste : « boire de l’eau, manger du pop-corn…c’est tout ce qu’il y a au goûter ? Oui ! »)

I. Enchaîner avec ce temps de discussion quelque peu philosophique ou métaphysique(veiller à le rendre concret, surtout pour les plus jeunes) :

De quoi peut-on avoir soif ?
C’est quoi une « bonne soif » ?
(Avoir soif, c’est ce que se rendre compte que nous avons un manque terrible de ce qui est vital pour nous. C’est d’avoir soif-désirer, vouloir-de ce qui est essentiel, fondamental, important, vital, nécessaire pour vivre, nous faire grandir, etc…)

Puis, lecture de Esaïe 55v1-3(version français courant, pour plus de « Pep’s » !) :

1 Holà, vous tous qui avez soif,
voici de l’eau, venez.
Même sans argent, venez ;
prenez de quoi manger, c’est gratuit ;
du vin ou du lait, c’est pour rien.

2 A quoi bon dépenser de l’argent
pour un pain qui ne nourrit pas,
à quoi bon vous donner du mal
pour rester sur votre faim ?
Ecoutez-moi bien,
et vous aurez à manger
quelque chose de bon,
vous vous régalerez
de ce qu’il y a de meilleur.

3 Accordez-moi votre attention
et venez jusqu’à moi.
Écoutez-moi, et vous revivrez.

(Faire réfléchir sur ce texte et faire énumérer les « bonnes soifs » : les aider ensuite, s’ils ont du mal à trouver, en leur présentant un par un des cartons de couleur, sur lesquels figurera chacune de ces soifs)

Ainsi, l’on pourra avoir soif  :

-d’amour/pardon
-de vérité/d’authenticité(être vrai-le vrai « moi » et pas celui dont je donne une image/un masque)
-de « nouveau »
-d’abondance(de vie)
-de sens, d’être utile
-de justice, de sainteté, de pureté
-d’appartenance(de faire partie d’un groupe, d’une famille…)
-Liberté

Questions : 

Avez-vous soif de ces choses ?
Comment cherchez-vous à satisfaire ces soifs ? Y a-t-il eu un moment, dans votre vie(ou est-ce le cas en ce moment ?), où vous avez cherché à satisfaire vos soifs seuls, ou en allant voir « ailleurs » ?
Etes-vous satisfaits ?

Comment certains pensent-ils satisfaire leur soif de sens, d’abondance(être « plein »), d’appartenance, d’amour ? (Par l’alcool, la drogue, le tabac, le travail, le sport, les activités diverses, les jeux-virtuels, par ex, « les écrans », l’internet, les réseaux dits sociaux, les bandes, le flirt…) Est-ce que ce sont de bons moyens ?
Il est possible de lire un extrait tiré du roman de science-fiction de F. POHL et de C. KORNBLUTH : « Planète à gogos » (ou « The Space Merchants ». Ed. Denoël, 1953) : dans le futur décrit par ce roman, la publicité est omniprésente et irrésistible. Au point où il est presque impossible de résister à un « Craquesel », puis à l’envie de boire de la limonade pour étancher la soif que cela vous donne(un seul verre ne suffit généralement pas), et ensuite à l’envie de fumer des cigarettes Starr, suscitée par le goût laissé par la limonade. Sans compter que les cigarettes Starr donnent, elles, envie de manger des Craquesels…(voir extrait, pp 105-106). Un cycle sans fin, et un cercle vicieux, qui laisse insatisfait.

Quel est le problème des personnes addictives citées plus haut ? Elles sont désespérément à la recherche de « sel » dans leur existence, soit ce qui va donner du « goût » et du sens, à leur vie. Mais elles cherchent ce « sel » de la mauvaise façon, d’une façon qui laisse insatisfait, esclave et dépendant.

Quel est ce sel que l’on peut ajouter dans notre vie, pour avoir soif des bonnes choses ? Et pour que notre soif soit satisfaite réellement ?

II. Comment avoir soif et faim de ce qui est fondamental ? En mettant du sel dans notre vie !

Ce sel…..vous avez un secret ! Une vie secrète avec quelqu’un qui rend libre et donne du sens à notre vie.

Dans la nouvelle « Quizz aux travaux forcés », de Dino Buzzati(dans le recueil « Le K »), un prisonnier condamné aux travaux forcés raconte à tout le monde qu’il a un secret : il peut emprunter un passage secret lui permettant, de sa cellule, d’atteindre un jardin secret, où il peut se rendre quand il le souhaite et y retrouver une femme qui l’aime. (op. cit., p 318).

Dans la réalité, ce quelqu’un qui rend libre et donne du sens à notre vie, c’est Jésus-Christ.

La réalité de votre relation avec Jésus est le « sel » de votre existence : Jésus est à la fois le sel qui donne soif de l’essentiel, et Celui qui satisfait de façon durable, véritable, vos soifs.

Voilà ce que Jésus affirme :
(Lecture de Jean 4v13)
« Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; 14 mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’où jaillira la vie éternelle. »

Bref  : « ayez soif et faim de Jésus ». Allez vers Jésus. Il est vital de se repositionner, de se recentrer sur Jésus.

Comment se repositionner, se recentrer sur Jésus ? En passant plus de temps avec et pour Lui. En se rendant plus disponible pour Lui, pour l’écouter et savoir ce qu’Il veut pour nous(comment ? Par la lecture de la Parole et la prière avec un coeur et un esprit écoutant et obéissant).
Quand nous sommes trop « pleins » ou trop occupés de ce qui n’est pas fondamental/essentiel/vital ou même nocif, nous ne pouvons avoir soif(désirer)ce qui est bon et fondamental.

Un temps de jeûne partiel, dit « de Daniel », peut nous y aider : Quand on jeûne de ce dont on a l’habitude de manger, de s’occuper, de se distraire…on aura beaucoup plus de temps pour mieux nous consacrer à ce qui est essentiel.
Nous priver volontairement de certaines choses va vous donner faim et soif des choses essentielles/fondamentales » énumérées plus haut.

Le but de ce jeûne, c’est de vous permettre de vous repositionner et de vous recentrer sur Jésus.

Il est également possible de citer l‘exemple de David Wilkerson, dans « La Croix et le Poignard »(ed. Vida, 1963, pp 9-11) : celui-ci, jeune pasteur d’une église rurale en pleine croissance, se trouvait insatisfait. Mettant Dieu au défi à la façon de Gédéon, il décida un jour de vendre sa télévision, devant laquelle il passait deux heures par soirée, pour prendre le temps nécessaire et vital avec Dieu. Ce n’est qu’après cette décision qu’il a reçu son appel d’aller évangéliser les Gangs de jeunes à New York.

III. Se préparer au jeûne

Pendant le jeûne, il est important de confesser devant Dieu(et de s’en repentir) « notre dieu personnel », soit tout ce qui peut entraver notre relation avec Jésus.

Le jeûne n’est pas un jeu mais un enjeu pour notre vie spirituelle.
Le jeûne, c’est un combat spirituel, dont il est possible de sortir vainqueur, en restant en et avec Jésus.

Pour quoi, enfin,  jeûner ?(Dans quel but ?)

Rappelons-nous, « le sel de votre existence », c’est votre vie secrète avec Jésus. Ce temps passé avec Jésus dans le secret, ce que vous faites avec Lui(prier, lire la Parole)…doit rester un secret ! Ce que l’on doit voir, c’est le résultat de ce temps d’intimité (de cette « vie secrète » avec Dieu) dans nos vies, nos rapports avec les autres (Mt 6, 16-18).

Le résultat du jeûne dans notre vie :

On aura soif de Jésus, du fondamental, de vie…et on donnera soif aux autres de ce qui est bon, essentiel, vital en étant « lumière et sel ». On « fera envie » de connaître autre chose, de connaître Jésus. On sera plus sensible à ce que dira Jésus et on sera plus sensible aux autres : ceux qui ont besoin de toi, ceux qui ne connaissent pas encore Jésus et qui sont perdus.

 

Conclusion :

Ce sel de notre vie, et qui est notre « jardin secret », notre « vie secrète », c’est la façon dont nous cultivons une relation privilégiée, personnelle et intime avec quelqu’un de Plus grand que toi ; c’est aussi de se consacrer à ce quelqu’un de Plus Grand que nous(autre que nous), à une cause plus grande que nous et de durable : se consacrer à Dieu et aux autres.

Mais avant toutes choses, « venir à Jésus….et boire ! » pour que nos soifs soient satisfaites.
(Mettre les papiers de couleur contenant « les soifs » dans une bouteille étiquetée « Jésus-Christ », faire passer la bouteille et inviter à « boire »(en imaginant que l’on boit « l’eau que donne Jésus »), et lire ce qui suit, pendant que chacun « boit » : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de son coeur», comme dit l’Écriture. Jésus parlait de l’Esprit de Dieu que ceux qui croyaient en lui allaient recevoir. » Jean 7v37-39)

Avoir soif d’une eau éternelle

L’on trouve beaucoup d’invitations, dans la Bible.

 

Notamment une, « à celui qui a soif », que l’on peut découvrir dans Esaïe 55, l’Évangile selon Jean 4 et 7, et(l’invitation ultime) dans Apocalypse 21v5-7.

 

 

 

 

Qui a soif ? Soif de quoi ?

Par exemple :

1)soif d’authenticité, de vérité. De savoir « qui je suis ? »

2)soif d’amour, de compassion, de pardon

3)soif de « nouveau »

4)soif d’une vie abondante

5)soif de justice, soit vivre de la meilleure façon qui soit(avec quels standards ?)

6)soif d’appartenance

7)soit de sens et d’utilité

 

Aussi simple que d'offrir un verre d'eau en Son nom...

Aussi simple que d’offrir un verre d’eau en Son nom…

Qui peut étancher de telles soifs ?

Un seul, Jésus-Christ.

L’Évangile de Jean est sans doute l’évangile qui nous permet de découvrir comment et pourquoi le Seigneur Jésus-Christ est le seul capable de répondre à toutes ces soifs :

L’on peut lire Jean 8v12-18, 28-32 ; Jean 14v1-11, 23…pour découvrir ce que Jésus dit de Lui-même.

Jean 7, 8 et 11v1-46 nous permettent de découvrir la compassion de Jésus et son pouvoir miraculeux de changer les vies.

Jean 3 et 4 contiennent les réponses de Jésus à un théologien et à une femme de mauvaise réputation.

Jean 10 et 19(ainsi que Marc 89) nous révèlent pourquoi Jésus devait mourir.

Et Jean 20 rappelle que Jésus n’est plus dans le tombeau et qu’il est ressuscité(voir aussi Luc 24). Ce qui est essentiel(voir 1 Cor.15)

Selon Florent Varak, celui qui a soif est « celui qui cherche Dieu(…)son salut »(…)et « l’essence du christianisme(c’est)être rassasié d’une eau éternelle ».* Le prix de cette eau ? « Elle est gratuite ! Ou plutôt, elle a été (payée)par quelqu’un d’autre, en sorte qu’on en bénéficie par pure grâce(Eph.2v8-9)….la seule nécessité est de se repentir dans la foi. Seul Christ ouvre l’accès à cette promesse(Actes 4v12).

 

Pour celui qui a accepté Christ comme sauveur et seigneur, il importe aussi d’avoir soif. Notamment de la présence de Jésus et de désirer son retour.

Sel et poivre par Marina Shemesh Sel ou poivre de la terre ?

Sel et poivre par Marina Shemesh
Sel ou poivre de la terre ?

D’avoir soif et de donner soif de Celui qui, seul, peut satisfaire nos soifs…en étant « sel de la terre »(Matt.5v13).

Le sel, en effet, donne soif,  « conserve »(préserve de la corruption), augmente la tension(ou l’attention !), donne de la saveur ou « relève » celui qui est abattu(Es.40v29-31, Col.4v6)…à condition de saler avec mesure et à bon escient !

*Varak, Florent. « Le Nouvel univers »(Apocalypse 21v1-8) IN Promesses juillet-septembre, numéro 185(« L’Apocalypse : l’avenir pour le présent »), pp 36-40

Ce que n’est pas et ce qu’est l’Eglise ?

Sel et poivre par Marina Shemesh Sel ou poivre de la terre ?

Sel et poivre par Marina Shemesh
Sel ou poivre de la terre ?

Il ya quelques mois, fin avril 2013, Frédéric Dejean, géographe des religions, nous relatait sur son blog son périple à « la Saddleback Church (dans le Orange County), Église du pasteur Rick Warren, figure majeure du monde évangélique américain » et qui, par ailleurs, s’est chargé de la prière d’investiture du président Obama lors de son premier mandat.

Une description à donner froid dans le dos, personnellement…Mais chacun jugera…

Faut-il « réinventer » ou « repenser » l’Eglise ?
A moins qu’il n’importe davantage de (re)découvrir le sens de l’Eglise ?

Qu’est-ce que l’Eglise ?
Un club ? Une organisation ? Une entreprise ?
Serait-elle un parti* ou un lobby ?

Doit-elle « vivre avec son temps » et suivre le courant, la mode ?
Détient-elle la vérité ?
Peut être « libérale-conservatrice » ?**
Les chrétiens sont-ils les « conservateurs » de la terre ou « le sel de la terre » ?(Matt.5v13)***

Qu’est-ce que l’Eglise ?
En guise de réflexion et d’introduction à un futur billet sur la question, voici quelques questions de départ, avec des références bibliques à lire et à étudier :
Qui est l’auteur de l’Eglise ? Le fondement ? Qui la compose, la construit ? Dans quel(s)but(s) ?

Lire 1 Cor.3v10-11, et 1 Cor.12-14 ; Rom.12v5, Eph.2, 4-5 ; 1 Pie.2v1-10 ; 1 Tim.3v15.

N’hésitez pas à nous faire part du fruit de vos réflexions, nourries par ces lectures, en commentaire !

A bientôt !

Notes :

*http://www.lavie.fr/religion/lamatinale/la-revue-jesuite-america-bannit-les-termes-conservateur-et-progressiste-02-07-2013-42076_400.php

**Si une telle contradiction était possible ? Pour rappel, le libéralisme « fait de l’individu et de ses droits inaliénables (liberté, propriété…) le centre et l’origine des relations sociales ». Mais qualifié de « main invisible, qui, sans contre-pouvoir ni encadrement extérieur, classe et hiérarchise », il est aussi destructurant par essence : « le libéralisme disloque la société, mais ne la conserve pas ».

***Un « conservateur » (alimentaire)est un additif alimentaire, soit une « substance chimique minérale ou organique, ajoutée aux aliments afin d’améliorer leur conservation ». A noter que le sel a ce même effet(en mieux ?) de conservation ou de lutte contre la corruption.

« Séparer » ou « distinguer » ?

« Vous serez saints, car moi, l’Éternel votre Dieu, je suis saint. »(Lévitique 19v2 et 1 Pie.1v15-16)

Dans notre désir d’être saint, comme Dieu nous y appelle,

notre façon de vivre nous isole-t-elle des autres, ou permet-elle que « l’on fasse la différence », ou que l’on distingue que nous appartenons bien à Dieu ?

Rebecca Pippert écrivait, dans La Saveur partagée (Ed. Farel) : « si notre conception de la spiritualité nous isole de nos semblables, il est à craindre que nous ressemblions aux pharisiens[qui, par ailleurs, ont rejeté et condamné Jésus].

Si nous avions la notion de sainteté qu’avait Jésus, alors nous ne nous isolerions pas des autres, mais en même temps nous ne serions pas confondus avec eux. »(op. ci., p 96)

« Etre saint », c’est être « mis à part »(pour Dieu)et être pur.

L'eau et les verres par George Hodan

L’eau et les verres par George Hodan

« Pur », c’est être « sans mélange ». Une attitude intérieure( cf Marc 7v14-23) sans aucune ambiguïté ou confusion(de personnes, de rôles ou de fonctions-par exemple : confusion croyants/incroyants, confusion des sexes-masculin, féminin…)

Ainsi, Dieu a créé les cieux, la Terre, la mer…et a distingué chacun de ces éléments. Il n’a pas attendu la fin du chaos pour créer mais a d’abord créé la lumière au milieu du chaos.(Gen.1v1-3)

Sa création est donc distincte du chaos, comme Lui-même est distinct(et au-dessus) de Sa création.

Que dit Lévitique 19-20 sur la façon d’être saint, questionne encore Rebecca Pipert ? « Honore tes parents, ne mens pas, ne vole pas, accorde le juste salaire, ne commets pas d’injustice, ne triche pas…Si nous sommes tentés de ne voir la sainteté qu’au ciel où est Dieu, nous constatons qu’elle doit nous accompagner sur les routes et dans nos maisons, là où se déroule notre vie. Nous qui concevons la sainteté en terme de séparation, nous constatons qu’elle se vit dans nos relations aux autres. Nous qui associons la sainteté à la divinité, nous découvrons qu’elle se démontre dans notre humanité, par la manière dont nous traitons notre prochain. »(Op. cit. pp 99-100)

A l’inverse, la conception de Jésus de la sainteté l’a conduit à une « identification totale » aux pécheurs qu’il est venu sauver, « dans une séparation radicale »(cf Hébr.4v15)

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

« Vous êtes la lumière du monde », dit Jésus de ceux qui lui appartiennent(Matt.5v13-16). Et « le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. »(Eph.5v9)

De fait, le chrétien doit afficher sa différence :

-En ayant soif de justice(celle de Dieu-et en se conformant à cette justice), en procurant la paix et en ayant le coeur pur.

– Etre sel et lumière

-En rendant un culte sincère à Dieu, « en Esprit et en vérité »

-En cherchant d’abord la gloire de Dieu

-En servant les autres et non en les critiquant, jugeant, condamnant

-En obéissant à Christ comme Seigneur

(Rebecca Pippert, op. cit., pp 104-105)