Jésus-Christ a le pouvoir de transformer ta vie : Jean 7v11-17

Note : ce sujet(dont le billet sur le « hesed » est une introduction) a été proposé à des enfants/préados(10-16 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. Il s’inspire des pages 86 à 95 du « Royaume équilibré de Dieu », de Richard Borgman, dont nous avons déjà parlé ailleurs.

Jésus-Christ a le pouvoir de changer ta vie.
Quel est ce pouvoir ? Ou plutôt, face à une situation apparemment sans espoir et sans issue, comment réagit Jésus ?

Lire le passage de Luc 7v11-17 :

« Jésus se rendit ensuite dans une localité appelée Naïn  ; ses disciples et une grande foule l’accompagnaient. Au moment où il approchait de la porte de cette localité, on menait un mort au cimetière : c’était le fils unique d’une veuve. Un grand nombre d’habitants de l’endroit se trouvaient avec elle. Quand le Seigneur la vit, il fut ému de compassion envers elle et lui dit : « Ne pleure pas ! » Puis il s’avança et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent. Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Le mort se dressa et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète est apparu parmi nous ! » et aussi : « Dieu est venu secourir son peuple ! » Et dans toute la Judée et ses environs on apprit ce que Jésus avait fait ».

Puis, si vous disposez d’une grande pièce ou d’un grand espace, au dehors(si le temps le permet), faites jouer la scène relatée dans ce passage. Le moniteur donne les détails de mise en scène suivants :

Représentons-nous la scène comme si elle se passait sous nos yeux, aujourd’hui. Cette scène est une histoire vraie, même si elle s’est passée il y a 2000 ans.

Imaginez….deux foules.

– L’une avec Jésus et ses disciples. Tous se dirigent vers les portes de la ville.
Imaginez comment est la foule qui entoure Jésus ? (Diverse, variée-avec des collecteurs d’impôts, des prostitués, des anciens aveugles ou boiteux…).
Quelle est l’humeur de cette foule ? (Sans doute d’humeur gaie/joyeuse/enthousiaste : que va-t-il se passer de nouveau avec Jésus, ce maître formidable et « anticonformiste », que les chefs religieux n’aiment pas ?)
Où sont les disciples dans cette foule ? Que pourraient-ils faire, penser, dire ?… (ils ouvrent la route, discutent entre eux pour savoir comment nourrir cette foule..)

Où est Jésus ?

-Une autre foule arrive dans l’autre sens. Imaginez l’ambiance, d’après le récit de Luc plus haut.
Sombre, triste, désespérée, affligée…on entend les pleurs et lamentations des femmes….tous se rendent au cimetière, lentement, silencieusement, pour enterrer un mort : le fils unique d’une veuve. Imaginez les émotions et les interrogations de la veuve : que lui reste-t-il à faire, à présent ?

Les deux foules se rencontrent ou se croisent, à la porte de la ville.
Qui remarque la foule qui conduit le mort au cimetière ?
Les disciples ? Les gens qui accompagnent Jésus ?….Et vous-mêmes, qui êtes témoins, en lisant ce récit ? D’ailleurs, où êtes-vous, dans ce récit ? Qu’éprouvez-vous maintenant ? Que faites-vous ?

Qui voit ? Qui agit ?
Jésus ! Il est là, au milieu de ces deux foules. Vous l’aviez oublié ?

Que fait-il d’abord ?
Il voit la veuve qui pleure.
Il est indifférent ? Il continue sa route ?
Non, il est « ému de compassion » pour elle. Le terme grec employé dans ce texte est très expressif : il signifie littéralement, « splanchnizomai »(prononcer « splangkh-nid’-zom-ahee ») c’est à dire » être ému », « remué jusque dans ses entrailles ». Le spectacle que Jésus a sous les yeux « déchire littéralement » et le remue jusqu’au tréfonds de son être. Toute sa personne refléte cette émotion. Il est très touché par ce qui se passe. Il voit, il écoute, il entend, il réagit aux pleurs déchirants de cette femme dans le deuil et désespérée, qui a tout perdu(son mari d’abord, puis son unique fils. Elle n’a plus personne d’autre, plus aucun parent, pour la soutenir).

Etre ému de compassion n’est pas de la sympathie. La sympathie est à la compassion ce que le remords est au repentir.
La sympathie est certes une bonne émotion. Peut-être que les disciples ont manifesté de la sympathie envers la veuve-peut-être lui ont-ils donné une aide pour payer les obsèques.

Mais Jésus est le seul dans cette scène dont on nous dit qu’il a été « ému de compassion ». La compassion va plus loin que la sympathie.

Jusqu’où ? Jusque dans l’amour agapé, cet amour jusqu’au sacrifice, dont parle Jean 3v16 : voilà l’amour que Dieu a eu pour l’humanité(« le monde »), vous, moi…

Et Dieu aime particulièrement les veuves et les orphelins, car Il est le Dieu des veuves, des orphelins…(Deut.10v17-18, Ps.68v6)

La compassion n’entretient pas une attitude fataliste, résignée(« ça me fiche le moral à zéro, mais je n’y peux rien. Personne n’y peut rien de toute façon… »). Mais elle pousse à l’action.

Que fait donc Jésus, « ému de compassion » ?

Jésus parle à la veuve, il communique avec elle : : « Ne pleure pas ! »(v13). Note : On peut communiquer avec ou sans mots. Avec beaucoup ou peu de mots. Mais plus de la moitié des messages passent par le langage du corps et le ton, les silences, les hésitations…

Combien de mots Jésus prononce-t-il ?
Que communique-t-il à travers ses mots ? Dans quelle situation ?

Quels effets ont eu ses paroles ?

D’abord, Tout le monde s’arrête. Imaginez : Jésus parle et tout le monde s’arrête.
Pourquoi ?
Car Jésus communique quelque chose de puissant, à travers cette parole : une parole de vie, motivée par la compassion, dans une situation de mort, de désespoir et dite avec autorité.
Jésus parle et « le monde s’arrête ». La création attend son créateur…faire quoi ? Transformer une vie, faire passer quelqu’un en décomposition de la mort à la vie (cf Gen.1v1 ; Hébreux 1v2)

Jésus « s’avança et toucha le cercueil* ; les porteurs s’arrêtèrent ». Jésus parle à nouveau. Il parle cette fois-ci au jeune homme mort et « dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Le mort se dressa et se mit à parler ». La voix de Jésus, « la Parole », a le pouvoir de réveiller les morts.

« Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète est apparu parmi nous ! » et aussi : « Dieu est venu secourir son peuple ! »  Et dans toute la Judée et ses environs on apprit ce que Jésus avait fait ».

Observez le changement de situation ! C’est ce qui arrive quand Jésus arrive quelque part ou dans une vie. La vôtre, ou la mienne, par exemple.
Mais l’important n’est pas tant dans le côté spectaculaire : que ce soit la résurrection d’un mort, la délivrance d’un possédé, d’un miracle du type la multiplication des pains, de la nouvelle naissance(2 Cor.5v17), ou tout simplement,

l’espérance là où régnait le désespoir, la foi là où régnait la crainte ou le doute, l’amour là où régnait la haine, la lumière là où régnait les ténèbres…la puissance, la transformation résulte d’une rencontre personnelle avec Jésus-Christ.

Cette « Puissance » de Jésus de guérison et de transformation, qui transforme les vies, découle de l’union entre « Compassion » et « Communication »(l’affirmation et la proclamation d’une parole de vie). Ce que Richard Borgman appelle « CCP »(op. cit., p94), ou que l’on peut appeler « PPP »(Présence, Parole, Puissance) pour le « theologeek » Olivier Keshavjee, ou encore John Stott(Présence, Prédication et Persuasion)
Jésus est ému de compassion face à la détresse, la mort…Il s’arrête et communique la vie(la vie de Dieu, la vie éternelle-Jésus est « la vie », « le Dieu véritable et la vie éternelle ». « La vie éternelle » c’est le connaître personnellement**). La puissance est libérée pour changer la situation et transformer les vies.

Le moteur : la compassion. Jésus reproche souvent aux pharisiens ou à ses disciples d’en manquer. Et nous-mêmes ? Que communiquons-nous, lorsque nous proclamons ou affirmons la Parole de Dieu et l’Evangile ?

« Ainsi, désirez les dons les plus importants.
Mais je vais vous montrer maintenant le chemin qui est supérieur à tout. Supposons que je parle les langues des hommes et même celles des anges : si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien de plus qu’un métal qui résonne ou qu’une cymbale bruyante.  Je pourrais transmettre des messages reçus de Dieu, posséder toute la connaissance et comprendre tous les mystères, je pourrais avoir la foi capable de déplacer des montagnes, si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien. Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes , si je n’ai pas d’amour, cela ne me sert à rien ».(1 Cor.12v31-13v1-3)

Autres exemples dans les évangiles : Matt.9v36-10v1 ; Luc 9v11 ; Jean 11v1-46….

« Seigneur, fais de nous… »(un chant de Noël colombier – d’après St François d’Assise)***

Notes :
* Alors que le contact avec un mort rend normalement impur, selon la loi. Cf Lévitique 21 ou Nombres 19v11 et ss

** Jean 14v6 ; 1 Jean 5v20-21 ; Jean 17v3

*** Si quelqu’un connaît une version plus « pep’s » de ce chant, je suis preneur…

« Jésus revient » : es-tu « Marathanien » ou « marathonien » ?

Voyage par George Hodan   Les  chrétiens : des "voyageurs", "en séjour", dans ce monde

Voyage par George Hodan
Les chrétiens : des « voyageurs », « en séjour », dans ce monde

« Jésus revient ! » L’attends-tu ?

Comment l’attends-tu ? Comme un être cher ?

Pourquoi l’attendre ?

Parce que Jésus a dit qu’Il reviendrait. Notamment quatre fois dans le livre de l’Apocalypse.

Parce que le retour du Seigneur Jésus est l’un des plus importants des enseignements bibliques :

Le Nouveau Testament nous parle 9 fois de la nouvelle naissance, il nous parle 20 fois du baptême, 70 fois de la repentance et plus de 300 fois du retour de Jésus-Christ. Toutes les prophéties de l’Ancien Testament(près de 400) annonçant la première venue de Jésus-Christ se sont accomplies. Il est donc permis de croire que les prophéties concernant Sa deuxième venue s’accompliront elles aussi.

Je me souviens d’ailleurs d’une parole d’un moniteur, lorsque j’étais adolescent, en camp : Jésus-Christ revient. Il peut revenir ce soir, dans quelques minutes, dans quelques heures…ou dans quelques mois…Mais Il revient.

Tiens, d’ailleurs, depuis quand remonte le dernier enseignement que vous avez entendu sur le retour de Jésus ?

« Jésus revient ».

Quand revient-Il ?

« Bientôt », c’est à dire « promptement », « subitement ». A un moment où l’on ne s’y attendra pas.

Mais « quand » ?!

Jésus Lui-même l’a dit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a réservé de sa propre autorité! »(Actes 1v7)

Mais l’important est ailleurs : plus que de spéculer sur les dates et les moments exacts de son retour, il importe davantage de se préparer à Son retour, et de veiller en travaillent de tout notre cœur pour le jour où nous le verrons enfin face à face.

Comment l’attendre ?

Faut-il, selon l’expression de Richard Borgman, dans son « Le Royaume équilibré de Dieu »,

être « marathanien »(vivre sur le court terme, « puisque Jésus revient ») ou « marathonien »(travailler sur le long terme, et être prêt pour le retour de Christ, puisqu’Il revient justement « bientôt », soit « promptement », « subitement »)*

La réponse semble être dans l’équilibre : « marathanien » et « marathonien ».

« Nous avons tous besoin de prier afin de mener une vie sainte comme si Jésus revenait ce soir, tout en faisant des projets et en nous préparant pour un éventuel long parcours. Comme l’a dit l’apôtre Paul, « la couronne de justice » est pour ceux qui combattent le bon combat(sans nécessairement gagner toutes les batailles), finissent la course(pas nécessairement à la première place), et gardent la foi(pas nécessairement celle qui est la plus grande) »** cf 2 Timothée 4v7-8

Alors ?

Peux-tu témoigner ainsi : Je crois que Jésus-Christ est mon sauveur et mon seigneur, et j’attends(désire)son retour ?

Si la réponse est oui, tu feras la différence ! Et l’on verra la différence !

A lire : Philippiens 3v10-17 ; 2 Tim.4v7-8 ; Matt.24 ; Marc 13v35-37 ; 1 Thes.4v13 ; Jean 14 ; 1 Cor. 15 ; Luc 17v34-36 ; 2 Pie.3

Notes :

* Borgman, Richard. La vie équilibrée de Dieu. Ed. Le Lion et l’agneau, 1994, pp 297-303

** op. cit. p 303

« Le Royaume équilibré de Dieu » de Richard BORGMAN

Déjà annoncée, voici enfin une fiche de lecture sur « Le Royaume équilibré de Dieu »*, ouvrage de Richard BORGMAN**, que certains d’entre vous connaissent peut-être.

Ce livre, lu cette année et relu cet été, déjà évoqué sur ce blogue, est un curieux livre, souvent déroutant.

Il se veut « un tableau du Dieu qui prend soin de chacun de nous et qui se laisse connaître d’une manière très personnelle. »

Il est un mélange(« équilibré », dirions-nous)d’enseignement, d’expérience(les bonnes comme les moins bonnes) et de témoignage vécu, avec un soucis d’être fondé bibliquement et « Christocentrique ».
Il implique le lecteur et se présente également comme un « voyage », auquel nous sommes conviés dans ce que l’auteur appelle « le Royaume équilibré du Dieu de la Bible ».
Mais, d’emblée, Richard BORGMAN nous prévient : ce livre ne conviendra pas à un lecteur pressé ou superficiel :
Ce voyage, à finalité pratique, est à suivre sans tricher, en commençant par le tout début et en se gardant des raccourcis.

 

L’ouvrage se structure autour des parties suivantes : « Dieu », « le Royaume »(ou le Règne-de Dieu) et « l’équilibre ».
« Dieu » est traité dans les six premiers chapitres, regroupés sous le titre « L’Expérience d’une vie »(pp 7-63) :
elle concerne la rencontre personnelle de Richard et son épouse avec Dieu et témoigne comment cette rencontre a radicalement changé leur vie à tous les deux(voir le récit du « pneu crevé). Cette partie, stimulante, illustre et révèle de façon originale les principes de base du récit de la multiplication des pains par le Seigneur Jésus(dans Luc 9v10-17) :
« Notre vie est le pain de l’histoire ». Jésus « prend notre vie » pour en faire quelque chose de beau et d’utile ; Il « rend grâce pour elle » et la bénit. Il la « rompt », « la multiplie » et nous envoie « chercher les morceaux qui restent »(dont personne ne veut).

« Le Royaume de Dieu » ou « Son règne sur tous les domaines de la vie » (incluant nos rapports aux autres dans le monde) est traité dans le partie intitulée « Vivre continuellement dans la présence de Dieu »(pp 65-157).
Une présence, une communion, où « il y a plénitude de joie » et « délices éternelles »(cf Ps.16v11)

« L’équilibre » ou partie-clé, fondamentale, du livre, est à découvrir dans la partie « Le Royaume de Dieu dans l’équilibre »(pp 157-240).
Elle décrit les « équilibres complexes du Royaume de Dieu » et explique comment nous, « citoyens équilibrés du Royaume », pouvons connaître Dieu dans Sa plénitude et vivre ensemble avec sagesse et dans la joie.
Cette compréhension(dans l’application dans nos vies)de cette notion d' »équilibre » nous permet également d’éviter les pièges d’un « monde en déséquilibre »(ou « le Royaume de l’homme en déséquilibre », pp 241-271)dans lequel nous sommes, « sans en être »(cf Jean 17v11, 14-16) »d’illusions, de psychoses et d’excès » et de vivre dans une juste perspective, décrite dans la dernière partie de l’ouvrage (« Sa bannière sur nous, c’est l’amour », pp 273-295) :

Cette « juste perspective », c’est garder, cultiver, et vivre « le premier amour » dans nos relations avec Jésus-Christ, notre conjoint et le corps de Christ ;
fixer les regards sur Celui que Richard BORGMAN présente comme « le centre du Royaume équilibré de Dieu » : « Jésus-Christ, le souverain roi, et rien d’autre ».
C’est aussi attendre le retour de Christ : Faut-il être « marathanien »(vivre sur le court terme, « puisque Jésus revient ») ou « marathonien »(travaillons sur le long terme, et soyons prêts pour le retour de Christ, puisqu’Il revient justement « bientôt », soit « promptement », « subitement »)

 

Avis personnel :

« Rien de nouveau », mais une certaine fraicheur dans ces diverses révélations et enseignements, présentées sous un angle nouveau, que l’auteur et son épouse se sont appropriés personnellement et efforcés de vivre. L’ouvrage, à lire avec un esprit bienveillant et ouvert (ce qui n’est pas contradictoire avec un esprit critique et de discernement) m’a paru bien construit, bien écrit, inspirant et stimulant, grâce à son style vivant et imagé, où se côtoient

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/33-1212867830uraI.jpg "Le Dieu du pneu crevé" ou le Dieu qui s'intéresse à tous les aspects de notre vie.

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/33-1212867830uraI.jpg
« Le Dieu du pneu crevé » ou le Dieu qui s’intéresse à tous les aspects de notre vie.

un pneu crevé, un morceau de pain « qui reste », une maison et sa chambre haute, des montagnes avec leurs pics, le lion et l’agneau(par contraste avec le loup et le ver), le joug(ou « zugos »), une citrouille, des bananes à lâcher….
L’auteur souhaite nous orienter vers Jésus-Christ et à nous fonder sur la Parole de Dieu. Il exprime de l’amour pour le Seigneur, de l’amour pour (tous)les frères(il se veut « tout à tous » et est à l’aise dans le corps de Christ, si l’on partage l’essentiel) et de la compassion pour tous les hommes.

Pour toutes ces raisons, l’ouvrage mérite d’être (re)découvert.

Néanmoins, quelques remarques.
– Je reste réservé sur certains points, comme, par exemple : certaines lectures proposées par Richard BORGMAN, que je ne partage pas, les trouvant peu pertinentes pour une invitation à vivre l’équilibre(cf p 93 ) ; une suggestion (développer des relations personnelles avec chaque personne de la Trinité-dont le Saint-Esprit)que je trouve plus inspirée par un certain livre de Benny HINN que réellement justifiée bibliquement(du fait du rôle et de la nature de la personne du Saint-Esprit : voir par exemple ce qu’en dit Jésus dans Jean 14-16)

– Richard BORGMAN encourage beaucoup à la communion et à l’amour des frères, par-delà les barrières dénominationnelles. Une volonté juste et louable de communion(l’unité des enfants de Dieu, sur la seule base véritable qui est Jésus-Christ) qui me paraît parfois friser avec l’œcuménisme. Veillons à être équilibré : ni sectarisme, ni confusion entre deux termes qui ne sont pas synonymes.

-Il est enfin difficile de parler « du Royaume équilibré de Dieu » sans parler de l’évolution personnelle de son auteur, Richard BORGMAN, converti au catholicisme avec son épouse(expérience qu’il relate ici : http://www.amazon.fr/Une-vie-conduite-par-mis%C3%A9ricorde/dp/2353890148 )
Une telle décision(que l’on peut à la fois comprendre et ne pas comprendre, du moins approuver) l’a-t-elle conduit à un « déséquilibre », lui qui encourage à ne pas se détacher du « centre du Royaume équilibré de Dieu » qui est « Jésus-Christ, le souverain roi, et rien d’autre » ? Chacun répondra à la question. Lui-même d’abord !

Plusieurs leçons sont à tirer de tout cela :
-Un seul est parfait : Jésus-Christ
-La Parole nous rappelle qu’il est essentiel d’imiter, non la vie, mais la foi de ceux qui nous ont précédé, et de considérer l’issue de leur vie(cf Hébr.13)
Ne soyons donc pas pressés de condamner Richard BORGMAN, même si l’on peut légitimement(« théologiquement » ?)ne pas approuver ses choix.
-Le danger guette chacun de nous(y compris celui qui a écrit un livre sur « l’équilibre… »-voir plus haut)de tomber dans le déséquilibre. C’est l’avertissement donné par l’apôtre Jean, dans sa deuxième épître, à ceux qui « vont plus loin ».
A chacun de s’éprouver soi-même et de discerner qui demeure le centre, le fondement de notre foi et de notre vie. Sachant qu’il n’y a qu’un seul médiateur et que nul ne peut servir deux maîtres sans que l’un d’eux soit trompé(cf 1 Tim.2v5-6, Matt.6v24)
-Il est difficile de se maintenir et de persévérer dans ses propres principes, ou plutôt les principes découverts dans la Parole et que l’on reconnaît pour vrais.
Sachons faire preuve d’humilité et soyons conscients que nous avons tous besoin de la grâce de Dieu.
-Si nous vivons un christianisme bibliquement authentique, fondé sur la Parole, et si nous connaissons intimement Notre Dieu, qui est aussi Notre Père, Saint, lumière, amour, compatissant, alors nous serons « les fils de notre Père », « fils de lumière », « compatissants » et donc « équilibrés », et « en communion les uns avec les autres »(cf 1 Jean 1)
-L’évolution personnelle de l’auteur justifie-t-elle de disqualifier le contenu du livre ? Éprouvons toutes choses, retenons ce qui est bien et abstenons-nous de toute forme de mal, nous dit la Parole de Dieu.

Ceci dit, bonne lecture, car l’ouvrage me paraît digne d’être lu et examiné !

En attendant, avant de débuter « le Royaume équilibré de Dieu », l’auteur recommande de lire les versets-clés de l’ouvrage : Luc 9v10-17(confions notre vie à Jésus et Il saura quoi en faire), Rom.11v33-12v21(la plénitude du Saint-Esprit), Eph.4v7-16 et Matt.11v28-30(qu’est-ce que prendre sur soi « le joug de Jésus-Christ » ? Le joug, c’est l’équilibre !) et Eccl.3v1-14(« un temps pour toutes choses » : soyons pertinents et à propos)

Je publierai quelques extraits qui m’ont paru significatifs dans de prochains billets.

 

Notes :

*BORGMAN, Richard. Le Royaume équilibré de Dieu. Ed. « Le lion et l’agneau », 1995(Malheureusement épuisé)

**Quelques notes bibliographiques à lire ici : http://www.emeth-editions.com/auteurs/borgman/borgman.htm

« Ni pour, ni contre »(bien au contraire)

Divers pavillons par Petr Kratochvil

Divers pavillons par Petr Kratochvil

« Dieu vous garde ! » lance un officier sudiste à l’un de ses espions, dans un album des « Tuniques bleues »(« Les Cavaliers du ciel »).

Je me souviens qu’en lisant cette BD, enfant, je m’étais demandé naïvement : « ils ont Dieu, eux aussi, pour leur faire gagner la guerre ? »

Pour qui donc est Dieu, dans cette guerre(celle de Sécession, 1861-1865)relatée dans cette série ?

En réalité, comme le relève Richard Borgman, dans son « Royaume équilibré de Dieu »*, Dieu n’est ni dans notre camp, ni dans « celui d’en face ». Il est dans le Sien.

Josué, dans le livre qui porte son nom(ch.5v13-15), demande à l’homme qui se tient devant lui, « son épée nue à la main », s’il est ami ou ennemi. Ce à quoi le mystérieux inconnu répond : « ni l’un, ni l’autre(ni pour vous, ni contre vous). Je travaille pour Dieu. »(v14) De même, que répondrait aujourd’hui le Seigneur Jésus si nous lui demandions « à quelle église »(ou quel parti, quel organisme, quel lobby…)il appartient ? Chacun de nous peut chercher à répondre.

Eau turbulente par Daniele Pellati Suivre le courant, au risque de se laisser emporter...ou vivre à contre-courant ?

Eau turbulente par Daniele Pellati
Suivre le courant, au risque de se laisser emporter…ou vivre à contre-courant ?

Or, la lecture des quatre évangiles semble plutôt révéler un Jésus « non conformiste » et particulièrement déconcertant, puisque sans cesse à contre-courant.** Il n’est ni fait à notre image, ni manipulable par une façon de prier frisant la formule magique(ou « la vaine redite », cf Matt.6v7), nos « bonnes oeuvres », nos(bonnes)causes, nos croisades, un programme politique, un certain style(ou pratique)religieux(ou non)…Il ne se laisse pas mieux enfermer dans un personnage.***

Car Jésus est notre Dieu. « Le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20), « le Seigneur et le maître »(Jean 13v13), « la Parole faite chair, qui a habité parmi nous »(Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), « Je suis »(Jean 6v35 ; 8v12, 58).

Jésus, « le non-conformiste », a dit aussi qu’Il est venu « pour donner la vie en abondance »(Jean 10v10). Et le secret de cette vie abondante n’est pas dans l’imitation d’un modèle stéréotypé. Le secret est dans une rencontre et une relation personnelles et quotidiennes avec Jésus-Christ ****, cultivée dans la prière, la lecture, l’étude et la méditation de la Parole de Dieu, l’obéissance à Jésus, notre amour pour Lui et les uns pour les autres*****.

Notre espérance, c’est « Christ en(nous), l’espérance de la gloire« (Col.1v27 et ss). C’est « Christ qui vit en moi », « dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré Lui-même pour moi »(Gal.2v20). C’est Lui que nous devons annoncer(Col.1v28-29) et sur lequel nous devons « fixer les regards »(Heb.12v2)….au risque de passer, à notre tour, pour « non-conformistes » !

 

 

 

Notes :

*Edition « Le Lion et l’agneau », 1996.  Les éléments ayant servi à élaborer ce billet se trouvent aux pages 75-85. Nous reviendront prochainement sur ce livre lu cette année.

**Par exemple : Marc 10v45 ; Jean 4 et 6 ; Marc 1v40 ; Marc 8v31-33 ; Marc 9v36 ; Marc 10v13 ; Matt.9 ; Matt.16 ; Matt.19 ; Matt.23 ; Luc 10v25-37 ; Luc 19v28-45….

*** Présenter Jésus comme un « non-conformiste », n’est-ce pas encore « l’enfermer » dans un personnage ? Le paradoxe est intéressant. Mais mieux vaut peut-être découvrir ce que Jésus dit de Lui-même(voir notamment les « Je suis »)dans les évangiles.

**** Jean 3v14-21, 14v21-23, Jean 15v1-17, 17v3 ; 1 Jean 1v1-2v2, 4v15-16, 5v20 ; Apoc.3v20

***** 1 Jean 3v11-24 ; Rom.12v17-21, 13v8-10 ; Luc 10v25-37