« Rock of Ages » : ce chant a une histoire

Les "rochers des Âges" ("Rock of Ages"), dans la combe de Burrington, où Toplady est supposé s'être abrité.

Les « rochers des Âges » (« Rock of Ages »), dans la combe de Burrington, où Toplady est supposé s’être abrité.

Tu as été au misérable… un abri contre l’orage (Ésaïe 25v 4)

Lui seul est mon rocher et mon salut, ma haute retraite; je ne serai pas beaucoup ébranlé (Psaume 62v 2)

« L’Éternel dit : Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre. L’Éternel dit : Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher. Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé…. »(Ex.33v20-23)

« Votre vie est cachée avec Christ en Dieu »(Col.3v3)

 

À l’abri dans la fente du rocher

Alors qu’il voyageait dans la campagne près de Burrington, le poète et pasteur anglais, Augustus Toplady (1740-1778) fut surpris par un orage aussi soudain que violent. Tonnerre, éclairs, trombes d’eau dévalant des falaises, rendaient le lieu particulièrement inhospitalier. Où trouver un abri de fortune? C’est alors qu’il aperçut dans la falaise qu’il longeait, une grande fente dans la roche. Sans hésiter, il se réfugia dans la cavité providentielle (où se trouve à ce jour une plaque commémorative). Ressentant de façon particulièrement intense la valeur de ce refuge, il pensa à celui que tout chrétien trouve dans l’œuvre de Jésus Christ. Cette délivrance lui inspira les paroles du cantique “Rock of Ages” (Éternel rocher), dont voici les paroles traduites en français:

Ô Christ, éternel rocher,

Je viens en Toi me cacher!

De ton côté s’écoulèrent

L’eau, le sang qui régénère:

Que par ce flot rédempteur

Du péché je sois vainqueur.

Tous les travaux de mes mains

Pour te plaire seraient vains,

Lors même qu’en ma détresse,

Mes pleurs couleraient sans cesse,

Ils ne sauraient me laver:

Toi seul peux et veux sauver!

Seigneur, je n’apporte rien,

Ta croix seule est mon soutien.

Nu, je viens au sacrifice

Qui me revêt de justice;

Souillé, je viens à la croix

Qui rend pur celui qui croit.

Dans mon passage en ces lieux

Et quand, ayant clos mes yeux,

Je serai devant le maître

Devant qui je dois paraître,

Ô Christ, éternel rocher,

En Toi tu veux me cacher.

(Calendrier de La bonne Semence. Feuillet du samedi 02 mai 2015 )

 

A écouter, cette version de Fernando Ortega :

 

Ou celle-ci, très « pep’s » de Jimmy Needham :

 

Ou encore, celle d’un chœur mennonite

 

 

 

 

Tu cherches à voir la gloire de Dieu : voici comment Dieu te répond

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu...Mais comment Celui-ci nous répond-t-il ?

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu…Mais comment Celui-ci nous répond-t-il ?

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu…nous lui demandons de nous faire connaître ses voies…Mais comment Dieu nous répond-t-il ?

Lecture : Exode 33v1234v1-8

 

Lors de l’épisode du veau d’or, Moïse a brisé les tables de la loi, sans doute pour que le peuple, devenu idolâtre, ne tombe pas sous le coup de la malédiction et du jugement(cf Exode 20v4 ; Galates 3v10). Mais Dieu a par la suite réécrit les tables de la loi. Comment ?

Après l’épisode du veau d’or, « Moïse dit à l’Éternel : Voici, tu me dis : Fais monter ce peuple ! Et tu ne me fais pas connaître qui tu enverras avec moi. Cependant, tu as dit : Je te connais par ton nom, et tu as trouvé grâce à mes yeux. Maintenant, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître tes voies ; alors je te connaîtrai, et je trouverai encore grâce à tes yeux. Considère que cette nation est ton peuple. »(Ex.33v12-13). L’Eternel lui assure alors qu’Il marchera Lui-même avec lui et qu’Il lui donnera du repos(v14). Il répondra à la demande de Moïse, car il a trouvé grâce à Ses yeux, et qu’il est connu de Dieu par Son nom(v17).

Moïse lui demande alors de lui faire voir Sa gloire(v18).  Voici comment l’Eternel répondit :

« Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel ; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde ». Mais comme l’homme ne peut voir sa face, et vivre, l’Éternel dit : « Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher. Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Et lorsque je retournerai ma main, tu me verras par derrière, mais ma face ne pourra pas être vue.« (vv19-23).

Le rocher, c’est Christ(1 Cor.10v4). Si nous le connaissons comme Sauveur et Seigneur, notre vie « est cachée en Christ »(Col.3v3-4).

Nous cherchons à voir la gloire de Dieu, mais Dieu nous révèle d’abord Sa bonté(cf 1 Rois 19v12). Il a d’ailleurs réécrit les tables de la loi avec toute Sa bonté, et même avec deux fois plus d’amour que la première fois*.

Ne méprisons pas Sa bonté, car Sa bonté nous pousse à la repentance.

 

Chant : « Que ces lieux soient visités… » Par Corine Lafitte (JEM 2 numéro 647)

 

Que ces lieux soient visités

Par Ta Sainte Présence,

Que toute ombre soit chassée

Par Ta lumière éclairée,

Dans Ta main, tiens-nous cachés,

Garde-nous au creux du rocher,

Lorsque Tu passeras parmi nous,

Que Ta bonté soit proclamée.

 

 

Notes :

* Erri de Luca relève à ce sujet que l’ Eternel proclame Son nom dans une série d’adjectifs aux versets 6 et 7 du chapitre 34 de l’Exode. La tradition hébraïque en compte treize dans ces versets, « qui comptent un détail unique : le nom de l’Eternel n’est répété deux fois qu’ici, une après l’autre ». Et ce, alors que le tétragramme(YHVH)est écrit « plus de six mille fois dans l’Ancien Testament ». Une explication se fonde sur le fait qu’en hébreu, les lettres de l’alphabet sont aussi des nombres, « et ainsi deux mots éloignés entre eux peuvent avoir une étrange coïncidence, comme une rime, à travers leur valeur numérique produite par la somme des lettres ». Or, « le nombre du tétragramme coïncide avec le mot un, qui est l’attribut par excellence de Dieu, plus le mot amour. C’est ainsi qu’à travers ces treize attributs et cette répétition unique du nom sacré, nous apprenons que ces secondes tables ont été données avec encore plus d’amour que les premières…Ces secondes tables, bien qu’étant égales aux premières, contiennent un amour plus intense ». Au point que « la peau du visage de Moïse brille d’un reflet lorsque, au bout de quarante jours, il descend dans la vallée auprès des siens.. ».(« Nous sommes » IN « Première heure ». Folio, 2012, pp60-61)