« C’est maintenant le moment où se décide le sort de ce monde » : lecture de Pâque(s) selon Jean

Plante verte par George Hodan

Plante verte par George Hodan

Nous sommes vendredi. Voici une lecture pour Pâque(s). Originale. Selon Jean.
Voici d’étranges et mystérieuses déclarations du Seigneur Jésus-Christ, qui semblent-en apparence-« à côté de la plaque », vu les questions de départ posées. A moins qu’elles ne nous prennent à contre-pied et nous invitent à une décision personnelle à son sujet.
Une lecture sans commentaire. Pour que nous soyons attentifs au texte même et aux paroles du Seigneur Jésus.

Bonne lecture, bonne méditation et réflexion(n’hésitez pas à nous faire part de vos réactions à ce passage au pied du présent billet) ! Et un bon « Jésus-Christ est(réellement)ressuscité ! »(Luc 24v34)

 

Parmi ceux qui étaient venus(à Jérusalem)pour adorer Dieu pendant la fête, il y avait quelques Grecs. Ils allèrent trouver Philippe qui était de Bethsaïda en Galilée et lui firent cette demande : nous voudrions voir Jésus.
Philippe le dit à André, puis tous deux allèrent ensemble le dire à Jésus.
Celui-ci leur répondit :
L’heure est maintenant venue où le Fils de l’homme va entrer dans sa gloire. Vraiment, je vous l’assure :

si le grain de blé que l’on a jeté en terre ne passe pas par la mort, ll reste ce qu’il est, un grain unique. Par contre, s’il meurt, il donne naissance à d’autres grains et il porte du fruit en abondance.Celui qui est attaché à sa vie propre la perdra, mais celui qui fait peu de cas de sa vie en ce monde la retrouvera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut être à mon service, il devra me suivre et passer par le même chemin que moi. Mon serviteur sera là où je serai. Si quelqu’un est à mon service, le Père lui fera honneur.
A présent, je suis angoissé, mon coeur est en émoi. que dois-je faire ? Vais-je dire : Père, épargne-moi cette heure de souffrance ? Mais c’est précisément pour passer par cette heure-là que je suis venu ! Je dirai : Père, glorifie ton nom.
Alors, une voix se fit entendre, venant du ciel :
J’ai déjà fait éclater ma gloire, et je continuerai à le faire.
Les gens qui se trouvaient là et qui avaient entendu le son de cette voix crurent que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient :
Un ange vient de lui parler.

Mais Jésus leur déclara :
Ce n’est pas pour moi que cette voix s’est fait entendre, c’est pour vous. C’est maintenant le moment où se décide le sort de ce monde. Oui, maintenant, le prince de monde va être destitué.

"La vieille croix" : en réalité toujours d'actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de "la neuve" ou de la prétendue "originale", "dans le vent", mais sans puissance

« Et quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi », dit Jésus

Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.
Par cette expression, il voulait faire allusion à la manière dont il allait mourir.

La foule objecta : la loi nous apprend que le Messie vivra éternellement. comment peux-tu dire que le Fils de l’homme doit être élevé au-dessus de la terre ? Au fait, qui est donc ce Fils de l’homme ?
Jésus leur dit alors :
La lumière est encore parmi vous, mais plus pour longtemps. Marchez tant qu’il fait clair, pour ne pas vous laisser surprendre par l’obscurité, car celui qui marche dans l’obscurité ne sait pas où il va. Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, confiez-vous en elle afin que vous deveniez vous-mêmes des enfants de lumière.

Après avoir dit cela, Jésus s’en alla et se tint caché loin d’eux.

(Jean 12v20-36. version « Parole vivante »)

La vie par Sa mort ? Un mystère !

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Lorsque nous plongeons nos regards dans les mystères de Dieu, nous nous sentons tout petits…

« Universalisme* versus prédestination » : ou peut-on faire « froidement » de la Haute-théologie à propos de l’amour de Dieu ou des raisons pour lesquelles Christ est mort ?

Tous sauvés ou seulement quelques-uns ?

« L’universalisme est la doctrine théologique que toutes les âmes seront finalement sauvés et qu’il n’y a pas de tourments de l’enfer ». « Il a pour fondement la croyance que le salut promis par Dieu bénéficiera à toute l’humanité, par le biais de la rédemption. L’universalisme s’oppose alors à la prédestination ».

«Nous appelons ‘prédestination’ le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi selon la fin pour laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à la mort ou à la vie.» écrit Calvin dans L’Institution chrétienne, III.xxi.5 (Aix-en-Provence: Kerygma, 1978) – cité par La Revue Réformée**.  (Article à lire pour éviter de simplifier la pensée de Calvin à ce sujet)

« Pour ou contre l’ universalisme » et « universalisme versus prédestination » sont de vieux « débats » récurrents de l’histoire de l’Eglise, notamment au sein du protestantisme.
En guise d’illustration, je relèverai  plusieurs réactions autour de “La vie par sa mort“[ou « The Death of Death in the Death of Christ »], ouvrage dit « polémique »(il affirme que la doctrine du salut universel ne serait pas fondée sur les Ecritures) de John Owen, pasteur et théologien puritain anglais, publié en 1647.
J’ai découvert l’existence de ce livre, ainsi que les diverses critiques et réflexions à son sujet, par le biais de certains blogues protestants évangéliques.

Mais au-delà des débats et analyses théologiques, il me paraît intéressant de relever ici les interrogations de Hillsong nutella à propos de l’ouvrage :

« Owen explique que Christ ne peut être mort pour tous les hommes, puisque tous les hommes ne sont pas sauvés ; son sacrifice n’aurait donc pas été suffisant, ce qui est d’après Owen une hypothèse insultante vis-à-vis de Dieu. Christ est donc mort pour une partie des hommes seulement, ceux que Dieu a élus.
Il donne plein d’arguments très précis ou plus généraux, fondés sur l’étude de nombreux passages de la Bible, pour appuyer sa thèse.
Je ne vais pas rentrer dans le commentaire systématique ici, bien qu’en plusieurs points ses arguments m’ont semblé discutables.
Ce qui me pose vraiment problème, c’est le corollaire de sa thèse : Dieu n’aime pas tous les hommes de la même façon, son amour ne va pas jusqu’à souhaiter leur salut à tous. Comment accepter cette idée ?
(…..)
En ce temps de l’Avent, un temps pour se souvenir et se laisser toucher par cet amour qui est venu jusqu’à nous, cet amour auquel nous sommes plus chers que les oiseaux que pourtant il nourrit, je ne peux pas imaginer que certains humains sont exclus de cet amour.
Tous aussi indignes de cet amour, comment certains en seraient-ils malgré tout bénéficiaires et d’autres exclus ?
Alors on peut discuter sur la prédestination et le libre-arbitre, c’est vrai. Owen en parle. Mais affirmer froidement que Christ n’est pas venu pour tous, ça dépasse ma compréhension ».

Pour ma part, je n’ai pas(encore) lu le livre(je n’en parlerai donc pas, en attendant de pouvoir le lire vraiment) ! 😉  ) Mais j’avoue que cette question me dépasse aussi. En fait, il est normal qu’elle nous dépasse tous, puisqu’elle nous révèle ainsi et de plus en plus un Dieu infini, qui ne ressemble pas à l’homme.
Heureusement ! Et c’est cette grandeur de Dieu qui nous émerveille.

Soyons donc émerveillés.

Néanmoins, je pense que Dieu « ne fait pas de favoritisme »(ou « acception de personnes » dans la Darby) et qu’Il n’exclue personne. Il a « tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle »(Jean 3v16). Et Il « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Timothée 2.4).

Mais « tout le monde » le veut-il, alors qu’il le peut, puisque Dieu le veut et le rend possible ?
Semble-t-il que non, malheureusement.
C’est là que commence la responsabilité humaine.

Je suis conscient que c’est un peu court, et que ce n’est pas là « de la haute théologie ». D’ailleurs la critique de La Maison de la Bible prévient que le livre est « hard(u) » : « le sujet est compliqué et délicat. Le thème de la prédestination n’est en effet pas aisé à traiter; c’est un mystère que personne ne peut élucider claire-ment et de manière juste ».

Bref, en résumé :

« Prédestination » ? Mystère !
Amour et grâce de Dieu(pour tous les hommes, cf Tite 2v11) ? Mystère !

Néanmoins, Jésus-Christ est bien venu dans ce monde pour une « catégorie de gens » : les pécheurs(à la repentance), et non ceux qui se croient justes !(Matt.9v12-13 cf Luc 5:32)

Notes :

*Comme celui affiché par le pape François en septembre dernier, « rassurant les athées » comme l’a relevé Guillaume Bourin en réponse à un commentaire, sur son blogue ?

Lire le contenu(en français) de la fameuse lettre du Pape à Eugenio Scalfari, fondateur du journal « La Repubblica ».

Extraits : « J’en viens(écrit le Pape) ainsi aux trois questions que vous me posez dans votre article du 7 août. Il me semble que, dans les deux premières, ce qui vous tient à cœur c’est de comprendre l’attitude de l’Église envers celui qui ne partage pas la foi en Jésus. Avant tout, vous me demandez si le Dieu des chrétiens pardonne celui qui ne croit pas et ne cherche pas la foi. En admettant que – et c’est là la chose fondamentale – la miséricorde de Dieu n’a pas de limites si l’on s’adresse à lui d’un cœur sincère et contrit, la question pour qui ne croit pas en Dieu réside dans l’obéissance à sa propre conscience. Le péché, même pour celui qui n’a pas la foi, c’est d’aller contre sa conscience. Écouter et obéir à celle-ci signifie, en effet, se décider face à ce qui est perçu comme bien ou comme mal. Et c’est sur cette décision que se joue la nature bonne ou mauvaise de nos actions.

En deuxième lieu, vous me demandez si la pensée selon laquelle il n’existe aucun absolu et donc même pas une vérité absolue, mais uniquement une série de vérités relatives et subjectives, est une erreur ou un péché. Pour commencer, je ne parlerais pas, même pas pour celui qui croit, de vérité « absolue », en ce sens qu’absolu est ce qui est détaché, ce qui est privé de toute relation. Or, la vérité, selon la foi chrétienne, est l’amour de Dieu pour nous en Jésus-Christ. Donc, la vérité est une relation ! À tel point que même chacun de nous la saisit, la vérité, et l’exprime à partir de lui-même : de son histoire et de sa culture, du contexte dans lequel il vit, etc. Ceci ne signifie pas que la vérité soit variable et subjective, bien au contraire. Mais cela signifie qu’elle se donne à nous, toujours et uniquement, comme un chemin et une vie. Jésus lui-même n’a-t-il pas dit : « Je suis la voie, la vérité, la vie » ? En d’autres termes, dès lors que la vérité ne fait, en définitive, qu’un avec l’amour, elle exige l’humilité et l’ouverture pour être cherchée, accueillie et exprimée… »

** Voir cet article, cet autre et cet autre encore de « La Revue Réformée » ;  celui-ci de « Bible ouverte » et ce dernier de la revue « Promesses ».