L’avenir est-il de vendre ce qui est aujourd’hui gratuit ?

"Donnant-donnant" ou les nouveaux "liens (a)sociaux" du XXIe siècle ?

« Donnant-donnant » ou les nouveaux « liens (a)sociaux » du XXIe siècle ?

Dans le prolongement de ce billet, et en guise de seconde introduction au prochain grand thème à paraître mercredi prochain, voici deux autres questions fondamentales : « le travail de l’artiste est-il de nous effrayer » et « l’avenir est-il de vendre ce qui est aujourd’hui gratuit » ?

A la première question, Elias Canetti(1) répond « oui », sans hésiter. Car « tout ce qui nous entoure est effrayant. Il n’y a plus de langage commun. Personne ne comprend l’autre….personne ne veut le comprendre »(2). Il donne l’exemple de « Huguenau », personnage du roman « Les Somnambules » d’Hermann Broch : « dans (le) Huguenau, les hommes y sont établis dans des systèmes de valeurs différents, aucune entente n’est finalement possible entre eux ». Certes, le personnage d' »Huguenau converse encore avec autrui, mais il y a cette lettre qu’il envoie, à la fin du livre », à un autre personnage, « la veuve Esch, où il s’exprime entièrement dans son langage propre : le langage de l’individu entièrement commercial ». Bien sûr, Huguenau est poussé « jusqu’à l’extrême, ce qui le distingue des autres personnages du roman »(2).

Dans d’autres romans – de science-fiction, cette fois-ci, écrits par Ph. K. Dick dans les années 60, « Ubik » ou « Le Guérisseur de Cathédrales » (3) – nous voyons la description d’une société aliénée, où des frigidaires cupides refusent de livrer leur nourriture sans se faire payer et où les services publics sont remplacés par des entreprises privées concurrentes de l’Etat, comme « Monsieur Loi », « Monsieur Travail » ou « Monsieur enclyclopédie », offrant pour seuls interlocuteurs des robots sans âme au bout du fil.

Mais tout ceci est-il encore de la caricature ou de la science-fiction, de nos jours ? 

Une BD de Colloghan, intitulée « Faut pas payer »(4) décrit un échange entre deux hommes, lors d’un apéro, révélant à quel point les liens naturels/sociaux sont aujourd’hui détournés : 

Le premier, plus jeune, au style « cool », explique au second, dont on ne voit jamais le visage, vêtu en costume trois pièces :

« C’est fini de vendre des savonnettes, des sodas et des play-stations. L’avenir est à la vente de ce qui est aujourd’hui gratuit.

Hier, si t’avais trop picolé chez des amis, tu pouvais rester dormir sur le canapé. Aujourd’hui, un site te fera payer ton « couchsurfing ».

Tes amis pouvaient aussi décider de te ramener chez toi en voiture. Aujourd’hui, être transporté par un particulier, ça se paie. C’est fini les trucs gratuits.

Tu prêtais ton appartement ? Airbnb. T’invitais des amis à manger à la maison ? Vizeat. Tu rencontrais tes futures conquêtes dans des fêtes ? Meetic. Tu prêtais ta perceuse ? Allo voisin. Tu faisais du co-voiturage ? Bla bla car…….

Voilà la prestation que je pouvais vous proposer en tant qu’analyste consultant payé pour cette soirée », conclut le jeune homme.

« Payé pour la soirée ? Nous, en tant que groupe d’écoute, on facture à la journée complète », répond alors l’homme au costume.

 

 

A suivre.

 

Notes :

(1) Ecrivain d’expression allemande(1905-1994). Prix Nobel de littérature en 1981.

(2)  Cf « Jeux de regards » (LP Biblio, p 45), le troisième volet de son autobiographie, correspondant aux années 1931-1937. Citation dans le contexte d’une conversation avec l’écrivain autrichien Hermann Broch, sur leurs oeuvres respectives.

(3) 10/18, 1999 et Presses Pocket, 2006

(4) Cf le numéro 134 de novembre de « La Décroissance », p 8

« Pendant la COP21 »(1) : pour « sauver la Terre », faut-il espérer du « développement durable » et raisonner avec une cervelle de colibri ?

Car, ne l’oublions pas, à la fin de l’édifiante histoire racontée par Pierre Rahbi, la forêt brûle….

L’écologie et les questions relatives aux enjeux climatiques intéressent-ils les évangéliques, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes ? Je serai tenté de répondre « oui », puisque nous bénéficions d’au moins 30 ans de contributions évangéliques sur le sujet*. Mais c’est plutôt la perplexité qui m’emporte, après examen-par contraste-de certains sites ou blogues théologiques actuels, que j’aime parfois consulter, vu que les articles sur la question me paraissent-sauf erreur- plutôt rares, quand ils ne sont pas inexistants.

Sensible aux enjeux écologiques et environnementaux, je suis donc toujours intéressé par toutes les réflexions-surtout quand elles émanent d’évangéliques-sur ce sujet, chaque fois que j’en trouve. C’est ainsi que j’ai lu avec intérêt ce billet publié sur La Rebellution, intitulé : « COP21 et développement durable : Sauvons la planète ? »

J’aimerai « positiver », car cette contribution a au moins le mérite d’exister sur un site de (et pour) jeunes, même si ladite contribution n’a recueilli, à ce jour, aucun commentaire depuis sa publication. Mais je conclurai que l’article m’a malheureusement laissé sur ma faim, me paraissant « pécher » sur trois points, et notamment sur des questions de vocabulaire, présentées comme des évidences.

1)L’article débute par une introduction consacrée à la COP21, avant d’enchaîner avec « le sujet du développement durable », comme si ce concept était à lui seul synonyme de problématique écologique. L’auteur, Nicolas B., souligne que « dans les milieux évangéliques, le sujet du développement durable est abordé avec des pincettes. C’est un sujet parfois mis de côté en soutenant  qu’il y a quand même des choses plus importantes… ». Mais le plus exact serait de dire (et je serai d’accord avec l’auteur sur cette formulation) que les questions environnementales sont abordées « avec des pincettes dans les milieux évangéliques »(ou « certains », « de manière générale » ?), comme s’il y avait « mieux à faire » (Ou pour des raisons idéologiques, ajouterai-je). D’autre part, Nicolas B. relève également à juste titre d’autres extrêmes pour des raisons idéologiques, qu’il s’agisse de dégrader la planète « pour hâter le retour de Jésus » ou « de mettre l’accent d’une manière démesurée sur ce thème ». Ce qui est tout aussi démesuré que de négliger les thématiques environnementales et écologiques.

 2)Nicolas B. retient également l’analyse d’un article de Pierre Barthélémy, découvert sur « passeur de sciences », un des blogs du journal Le Monde, et jugé par lui « très intéressant ». L’auteur, un journaliste, estime que « la Terre a déjà subi tellement de cataclysmes que peu importe ce qui arrive, elle survivra toute seule d’une manière ou d’une autre. En fait, l’Homme, en détruisant son habitat est en train de s’autodétruire ». Pour Francis Schaeffer, dans « la pollution et la mort de l’homme »(Réédition BLF, 2015-nous en parlerons bientôt), c’est là une vision purement « pragmatique et égoïste » : la terre, création de Dieu, a une valeur en elle-même, et ne saurait être « une chose » aux ressources illimitées que l’on pourrait exploiter à sa guise. « L’Eglise devrait refuser aux hommes le droit de violer notre terre, comme on leur refuse le droit de violer nos femmes », ajoute crûment Francis Schaeffer(op. cit., p80, 87).

Or, sans expliquer pourquoi, Nicolas B. juge que « cette manière de penser » (est-elle biblique ?) du journaliste serait de nature à « recentrer le débat » (et sur quoi, d’ailleurs ?), et susceptible de « changer notre engagement envers le développement durable ». Mais envers le développement durable, ou envers la planète ? Il ne s’agit pas de confondre, mais de bien comprendre de quoi l’on parle. Qu’est-ce que « le développement durable » ?

Le développement durable est un concept présenté comme une réponse au défi de trouver dès aujourd’hui des solutions agricoles, industrielles et urbaines, susceptibles de nuire le moins possible à l’environnement, tout en permettant de nourrir et d’abriter au mieux le plus grand nombre d’individus. Et ce, bien entendu, sans freiner le progrès économique, technologique, et scientifique. Cette expression forgée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature(IUCN) en 1980 (traduction maladroite de « Sustainable development » ou « développement soutenable ») est entrée dans le vocabulaire courant lorsque fut publié le rapport** de Mme Brundtland en 1987, qui était à l’époque Premier ministre de Norvège et Présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ledit rapport précise que le développement actuel doit aussi permettre aux générations futures de vivre dans des conditions de confort optimales. Il a été popularisé lors du Sommet de la Terre de Rio, en juin 1992.

Frédéric Baudin, directeur de « Culture Environnement Médias » (CEM : association « ancrée dans le protestantisme », qui a pour objet de promouvoir les valeurs chrétiennes dans les domaines de la culture, de l’environnement et des média) et auteur d’un document important (« La protection de l’environnement dans une perspective chrétienne. Pour une éthique de la Création : Bible et écologie »)estime que ce concept de développement durable pose un problème de cohérence : « l’idéal ainsi défini et les ambitions sont élevés, mais ils sont contrariés par les appétits humains les plus irrationnels et les moins maîtrisables » dénoncés dans la Bible »(op. cit., p 16). Je rajouterai également que le concept « développement durable » se heurte à une contradiction entre les rapports entre « développement » et « environnement », lesquels  renvoient à ceux, non moins problématiques, entre l’économie et l’écologie.

Comme mentionné plus haut, l’expression française « développement durable » est un dérivé(une dérive ?) de la version anglaise « développement soutenable » : « soutenable » renvoit aux capacités limitées de la Terre, tandis que « durable » est signe qu’un développement peut durer. Mais jusqu’à quel point ?

Est-il possible de prétendre atteindre un développement illimité dans un monde limité, aux ressources non moins limitées ? Est-il « souhaitable », « soutenable » de faire de l’économie (qui ne devrait être qu’un moyen) une fin en soi ?

Le développement durable serait-il alors « une imposture » ?

Certains le croient***. Il est temps pour les chrétiens évangéliques de s’arrêter pour réfléchir, pour évaluer la pertinence de ce qui pourrait bien être un mythe moderne.

3) En fin de compte, la réponse serait-elle dans « la sagesse (ou « l’espérance ») du colibri », récemment mise en avant par la commission d’éthique protestante évangélique, partenaire du CNEF ?

Au passage, le texte de la Commission éthique sur l’environnement et le climat est globalement très bon, soulevant bien le problème et les enjeux. Il souligne notamment avec justesse que « tout est lié », dans le sens d’une interdépendance des questions climatiques avec de nombreux autres aspects, conduisant à une réflexion plus globale susceptible d’ouvrir bien des horizons (y compris pour le comportement de chacun). Le lien est fait avec la responsabilité et la mission de l’Eglise, dans la proclamation et l’affirmation de l’Evangile.

Or, déclare Luc Olekhnovitch : « Face à l’énormité des problèmes écologiques et humains, ne nous résignons pas mais faisons notre part, c’est l’espérance du colibri, en attendant la venue de notre Seigneur qui établira une nouvelle terre où la justice habitera. »

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette fable amérindienne, racontée par Pierre Rhabi, fondateur(2007) du mouvement…« Les Colibris », justement, voici de quoi il s’agit : « un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou tatillon, et agacé par cette agitation dérisoire lui dit : « hé, colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ». Et le colibri lui répondit : « je le sais, mais je fais ma part. »

Tout cela est très joli, bien gentil et… « très sage », effectivement. Mais la parabole reste limitée.

A ce sujet, Frédéric Baudin déploreop. cit. p 38) que « nous nous contentons souvent de mesures « écologiques » individuelles [ « la goutte d’eau » du colibris-soit «faire notre part »] pour continuer à vivre de la même façon, tout en nous donnant bonne conscience. Nous sommes ainsi inondés de bons conseils visant à préserver notre environnement : fermer le robinet lorsqu’on se lave les dents, éteindre les lumières inutiles, préférer les douches aux bains, isoler nos maisons, etc. Toutes ces mesures, utiles et efficaces si l’on considère qu’elles ont un impact lorsqu’elles sont multipliées à l’échelle d’une population tout entière, restent toutefois superficielles sur le fond : elles semblent nous dispenser de choisir un autre mode de vie, plus respectueux des limites de notre planète, de ce qui la peuple et la compose, de l’être humain même. Ce sont des mesures en trompe-l’œil, sans relief, limitées à la dimension de l’homme et orientées vers lui seul »***.

Et il n’a échappé à personne que les petites gouttes d’eau que le gentil colibri dépose avec son bec n’y font rien, puisqu’à la fin, la forêt brûle…..

La légende pourrait avoir la suite suivante**** : alors arriva devant colibri, l’escargot qui lui tint à peu près ce langage : « dis donc colibri, comme disait Héraclite d’Ephèse, il faut mieux éteindre la démesure plus que l’incendie ! ». « Mais qu’est-ce que cela veut dire », demanda le colibri interdit ? « Cela veut dire que les solutions sont certes individuelles, mais aussi collectives, et qu’à le négliger on fait le jeu de l’individualisme forcené qui est justement la cause de l’incendie », répondit l’escargot. « Que faire, alors ? » demanda le colibri. « Eh bien, on pourrait s’arrêter pour réfléchir et ne pas réagir de manière impulsive…et faire appel à tous les animaux, qui pourraient, par exemple, faire la chaîne avec des seaux… » Et sans oublier de prévenir tout risque d’incendie à l’avenir.

A vous d’écrire la suite !

Conclusion provisoire :

Bref, au-delà de l’action « du » chrétien, de façon personnelle et individuelle***** (il faut effectivement bien commencer), il importe avant tout de penser « le témoignage » et l’action sur un plan global, collectif, communautaire, comme nous y invite le modèle du corps de Christ (cf 1 Cor.1214, Eph.4-6, Rom.12). Et, surtout, de penser de manière interdépendante, puisque tout est lié. C’est ainsi que nos actions paraîtront moins dérisoires.

 

Notes :

* Une bibliographie est prévue, prochainement. A noter que « La Terre, je gère » a été le thème de l’édition 2011 du grand rassemblement évangélique de Lognes(2000 personnes, cette année). De l’aveu des organisateurs à l’ouverture du colloque, à l’époque : « Écologie, environnement, développement durable » sont autant de questions qui prennent une importance croissante dans le débat public, mais qui restent peu abordées dans notre milieu évangélique francophone ». De fait, si des associations évangéliques (comme A Rocha France-qui organise une grande journée le 5 décembre prochain -avec le pasteur Frédéric Baudin) sont engagées sur le terrain en faveur de l’environnement, la théologie évangélique se fait jusqu’à présent peu entendre sur les questions d’écologie. Et maintenant ?

** Voir https://fr.wikisource.org/wiki/Notre_avenir_%C3%A0_tous_-_Rapport_Brundtland ou http://wwwv1.agora21.org/dd.html

*** Voir :

Christine Partoune, Michel Ericx, « Le développement durable – analyse critique », in « Diversité culturelle », répertoire d’outils créés par les formateurs de l’Institut d’Eco-Pédagogie (IEP), actualisé en septembre 2011 URL : http://www.institut-eco-pedagogie.be/spip/?article59

« Le Mythe du développement durable », un article de Florence Rodhain et Claude Llena, publié dans la revue Entropia, en janvier-février 2006 : http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/pre_ventique_RodhainLlena.pdf

Le site du réseau ACDD, qui rassemble des chercheurs et acteurs ayant une approche critique du développement durable / ville durable : http://www.reseaucritiquesdeveloppementdurable.fr/axe-5-durabilite-techniciste/presentation-2

Un hors-série d’Alternatives économiques consacré au « développement durable » (http://www.alternatives-economiques.fr/les-critiques-de-la-croissance-et-le-developpement-durable_fr_art_339_27569.html )

Latouche Serge, « L’imposture du développement durable ou les habits neufs du développement. », Mondes en développement 1/2003 (no 121) , p. 23-30 URL : www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2003-1-page-23.htm. DOI : 10.3917/med.121.0023.

« Comment peut-on encore croire au développement durable ? » Le débat du mensuel « La Décroissance », novembre 2015, numéro 124, pp 18-19

*** comme le relève le journaliste et éditeur Pierre Thiesset : « Paradoxalement, le changement collectif, la solidarité procéderaient donc de l’addition d’une multitude de choix individuels(…), d’une juxtaposition de comportements atomisés, et non plus d’un élan national… ». Et il n’y aurait plus de société, « seulement des individus qui font des petits gestes ». Ce n’est sans doute « pas un hasard si la rhétorique de Pierre Rabhi rencontre un tel succès à la fois dans les rangs d’écolos sincères, mais aussi auprès (…) de publicitaires comme Séguéla ou de libéraux trans-humanistes comme Attali, qui tous l’écoutent avec bienveillance…. »(La Décroissance de novembre 2014. Relayé ici)

Du même Pierre Thiesset, interviewé par Mahaut Herrmann, pour la revue « Limite » : « Il y a un risque à tout miser sur les petits gestes individuels et la construction d’alternatives « par en bas ». Bien sûr, il est indispensable d’opter pour la simplicité volontaire, d’effectuer un travail sur soi et de chercher à construire des rapports sociaux libérés de la marchandise, ici et maintenant, si l’on désire vraiment se défaire de l’emprise de l’économie et de la technique sur nos vies. Mais, comme l’écrit Harald Welzer dans son livre Les Guerres du climat, « il est politiquement irresponsable de donner l’impression qu’on pourrait résoudre par des précautions prises individuellement des problèmes qui sont dus au principe économique de la croissance par exploitation des ressources ». Le mot d’ordre des Colibris, du « chacun fait sa part », peut parfaitement se couler dans l’idéologie libérale actuelle : comme s’il n’y avait pas de société, comme s’il suffisait de changer les comportements de consommateurs atomisés pour lutter contre le changement climatique. Pour prendre un exemple parlant : ce n’est pas parce que 200 000 personnes achètent un panier dans une Amap pendant que 98 % de la population s’alimente en grande distribution que cela ressuscitera la paysannerie, aujourd’hui laminée….».

**** Suite imaginée par le mensuel « La Décroissance », dans une BD intitulée « Colibri le décroissant » (Numéro de février 2014n 106, pp 10-11)

*****  Voir une très intéressante discussion entre un internaute, le blogueur « Tribonien » et Philippe Viguier, co-auteur de « L’Evangile et le citoyen » (Ed. Clé) en commentaire de cet article paru sur Le Bon Combat : http://leboncombat.fr/comment-etre-a-la-fois-chretien-et-citoyen/

 

 

 

 

 

 

« Tout est sur internet » : qu’ont à nous apprendre encore « les vieux » ?

Est-il encore nécessaire d' »apprendre » et même de « transmettre » ? Quid des relations inter-générationnelles ? Une réponse est donnée ici :

Une vidéo que vous connaissez sans doute déjà, mais découverte pour ma part via un article de Pierre Thiesset, « Petite poucette sauvera-t-elle le monde ? » paru dans le numéro 117 de mars 2015 de La Décroissance (pp 8-9). Extrait :

« Born for the internet » : « occidentalisation du monde, fantasme de l’auto-engendrement, triomphe de l’autonomie totale vis-à-vis de la société à commencer par les parents, disparition des différentes étapes du développement…tout y passe dans ce film publicitaire indien[datant d’avril 2014] pour une société de télécommunications où un monstrueux nouveau-né geek sort du ventre de sa mère pour commencer par faire un selfie avec la sage-femme ». Moralité : « qu’ont à nous apprendre encore les vieux ? Tout est sur internet », quand ce n’est pas sur Google…

En parallèle, l’on se souviendra avec bonheur qu’un autre modèle de « croissance » et de développement est possible, tel qu’il est décrit en Luc 2v40-52…..

Dormir pour résister

"Restez éveillés, je le veux !" Semble-t-on nous dire en permanence... (Source : adbusters.org)

« Restez éveillés, je le veux ! » Semble-t-on nous dire en permanence…
(Source : adbusters.org)

Quand « dormir, c’est résister », titre un article du dernier numéro (115, de Décembre, pp 8-9) de « La Décroissance », qui nous annonce une « excellente nouvelle » : cette phase de notre vie qu’est le sommeil, « non dédiée à la production, à la consommation et à la communication, est en passe d’être enfin exploitée », rentabilisée, rationnalisée, contrôlée, réduite, voire en passe de disparaître, « si la science le permet ». « Sleep is the enemy of capital », comme on peut le lire sur Adbusters.

Selon « La Décroissance », Jonathan Crary, auteur du livre « Le capitalisme à l’assaut du sommeil », « a trouvé cette belle formule : impératif 24/7, pour décrire ce nouvel environnement qui se caractérise par une inscription généralisée de la vie humaine dans une durée sans pause, définie par un principe de fonctionnement continu. Un temps qui ne passe plus, un temps hors cadran ». Car, « plus rien ne s’arrête, de jour comme de nuit, la semaine comme le week-end. Des revendications de plus en plus soutenues pour que les magasins soient ouverts les dimanche et les jours fériés, ou que les services, commerces et salles de sport ferment de plus en plus tard le soir-et ouvrent, pour certains clubs de fitness, dès 6h30 le matin-à l’emprise dévorante de nouvelles technologies fonctionnant en permanence, en passant par l’urbanisation croissante des sociétés, avec son lot de lumières artificielles et d’enseignes contribuant à faire disparaître la nuit, tout concourt à ce que rien ne s’arrête jamais, plus de pause véritable, juste parfois un état de veille. Comme l’état dans lequel sont laissés les machines auxquelles nous sommes sommés de ressembler et d’adopter le rythme. Marchés actifs 24 heures sur 24 pilotés par des algorithmes(…)impératif de rester connecté pour ne rien manquer : informations débitées en flux continu, tweets incessants, ou encore la moindre notification sur Facebook…et cela, tout en alimentant soi-même l’insatiable machines en messages, photos, vidéos…telle est la nouvelle condition humaine(….) Ralentissons ce processus, dormons. »Car dormir, c’est résister.(Op. cit. IN La Décroissance, décembre 2014, numéro 115, p.8).

A noter que l’on ne saurait prendre la question du repos nécessaire-et notamment du sommeil-à la légère. Voir ce que la Bible dit à ce sujet : cf Deutéronome 5v12-15 ; Lévitique 26v34-35 et ss ; et voir cette étude sur le site « la Bible : enquête et témoignage » http://bibleenquetetemoignage.blogspot.fr/2014/08/lannee-de-relache-et-le-jubile.html

 

A lire :

https://www.adbusters.org/blogs/sleep-enemy.html (en anglais)

https://resistanceinventerre.wordpress.com/2014/05/24/le-capitalisme-a-lassaut-du-cout-du-sommeil/

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-est-crucial-resister-aux-incitations-monde-moderne-dormir-toujours-moins-bruno-comby-898158.html

http://www.babelio.com/livres/Crary-247–Le-capitalisme-a-lassaut-du-sommeil/612354

 

Foireux liens (3) : « grandir et vivre… »

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Des foireux liens sur le thème de la sagesse, en réponse à la démesure actuelle

Pour ces nouveaux « Foireux liens », voici un zoom sur quelques personnalités marquantes de ces derniers mois(notamment d’Avril)qui nous exhortent à plus de maturité et de sagesse(ou d’équilibre, de sobriété et de discernement) face aux dérives éthiques et à une accélération de la perte des repères moraux. Lesquelles dérives ont un nom : « démesure », ou ce que les Grecs anciens appelaient « hybris ».

La plupart des personnalités mentionnées plus haut sont non chrétiennes, mais comme l’a dit le Seigneur : « les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont(ou ne semblent l’être) les enfants de lumière »(ou ceux qui prétendent l’être ?) cf Luc 16v8

D’autant plus que la Parole de Dieu nous exhorte à la modération(Tite 2v2-6) et que « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes…nous enseigne à renoncer l’impiété et aux convoitises mondaines et à vivre dans le présent siècle sagement(ou sobrement), justement et pieusement »(Tite 2v11-12)

Seule la sagesse de Dieu nous garde de la démesure (cf Eccl.7v11-19). Et le sage « est celui qui connaît ses limites » et qui se confie en Celui qui est plus grand que lui.

 

Tour d’horizon :
– Jacques Testart : vous a-t-on parlé de cet article du « Monde diplomatique » d’avril contre la dérive néolibérale de la PMA ?
Patrice de Plunkett attire notre attention, dans une récente note de blogue, sur la « toute la dernière page » du mensuel, qui est « consacrée à un article fracassant du biologiste Jacques Testart » (pionnier de la fécondation in vitro et qui vient de publier « faire des enfants demain » aux éditions du seuil, 2014) :  »Repenser la procréation médicalement assistée ».

Extrait du « Testart » : « L’eugénisme mou arrive déjà, par exemple quand la biomédecine […] trie les embryons pour retenir le plus conforme à une demande qui n’est pas toujours médicalement justifiée. Ce que l’on peut nommer l’instrumentation consentie, mouture affligeante de la liberté, pourrait conduire insensiblement à un monde biopolitique créé par l’engendrement en laboratoire d’individus programmés. […] Y suffira l’élargissement de l’assistance médicale à des  »raisons sociétales ». Ces  »raisons sociétales » mériteraient d’être interrogées : que signifie la revendication d’un  »droit à l’enfant » grâce à l’assistance médicale, surtout s’il n’est pas justifié par la stérilité ? […] Y aurait-il un rapport entre le  »désir d’enfant » et la pulsion de consommation d’objets de toutes sortes, caractéristique de notre ère de libéralisme  »épanouissant » ? »

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Ou comment « le libéralisme économique engendre – in vitro – le libéralisme sociétal », commente Patrice de Plunkett. « Il en sortira, dit Testart, le projet  »transhumaniste » où l’homme  »augmenté » sera combiné avec des  »machines intelligentes »…L’espèce humaine, menée là sous prétexte de satisfaire tous ses désirs, se retrouvera dominée par  »les marchands d’électronique, de vaccins et de sperme », dans une société contrôlée et surveillée jusque à l’intime par la technique et l’économie. La déshumanisation ! Comment empêcher ce cauchemar ? »

On retrouve également Jacques Testart dans ces entretiens :
Dans Bastamag : « Demain, il n’y aura plus de limite au tri génétique ».

Tests génétiques, sélection des embryons, multiplication des fécondations in vitro : jusqu’où ira la médicalisation de la procréation ? Avec la sélection des profils génétiques, « nous finirons par orienter l’espèce humaine en fonction d’impératifs économiques », prévient Jacques Testart, biologiste et « père » du premier bébé éprouvette. Dans son ouvrage Faire des enfants demain, le chercheur alerte sur les risques d’eugénisme qu’amènent ces démarches.

-et dans le numéro 108, d’avril 2014 de « La Décroissance »(en kiosque) : « vers l’eugénisme »(p 5).

 

– Vincent Cheynet : après une carrière de publiciste, il fonde l’association « Casseurs de pub » en 1999, puis le mensuel « La Décroissance » en 2003…

Pourquoi notre dissociété casse-t-elle « la famille, dernier rempart du gratuit face à la marchandisation du monde »* ? C’est encore une étape de l’invasion de nos vies par l’idéologie (marchande) de l’illimité… Synthèse du livre de Vincent Cheynet « Décroissance ou décadence » (éditions Le pas de côté, 2014), dans lequel l’auteur questionne la volonté de liberté sans limites qui se donne à voir dans nos sociétés, à lire sur le blogue de Patrice de Plunkett.  (Voir aussi cette interview du même Vincent Cheynet dans La Vie)
Extraits : « Plus nettement qu’il ne l’a peut-être jamais fait, Vincent Cheynet articule dans une commune dynamique le libéralisme économique et le libéralisme culturel : la logique du productivisme et du sans limite relèvent d’un fait social total, venant se loger jusqu’au plus intime des êtres. En cela, toujours sous couvert «d’émancipation» et de «progrès des droits», le mariage pour tous, la PMA-GPA, la banalisation du divorce, l’ouverture des magasins le dimanche, la pression pour la légalisation du cannabis, sont symptomatiques d’un libéral-libertarisme transformé en rouleau compresseur, faisant tomber toutes les limites, lois et interdits ».

 
Erri de Luca : le poète(« Aller simple ») et romancier napolitain de 64 ans, dont nous parlons souvent sur Pep’s Café ! est sur le devant de la scène médiatique, pour avoir appelé au sabotage d’un « grand projet inutile » : la ligne Lyon-Turin**.

Patrice de Plunkett, encore, saisit l’occasion de reparler de ce personnage singulier, qui se définit non comme un « athée », mais comme « quelqu’un qui ne croit pas ». Quelqu’un qui « partage le voyage » des hébreux depuis la sortie d’Egypte « mais non la destination »(Canaan). Néanmoins, il aime suffisamment la Bible pour avoir choisi d’apprendre l’hébreu afin de lire les Ecritures dans le texte, et lui avoir consacré des essais : Première heure (Rivages 2000), Et Il dit, Noyau d’olive (Gallimard 2004), Les saintes du scandale (Mercure de France 2013) ; et des traductions : Kohèlet (1996), Il libro di Rut (1999), Vita di Sansone dal libro Giudio/Shoftim (2002), Vita di Noé/Nòa (2004)…

« Dans (noyau d’olive), De Luca souligne le vrai sens du livre de la Genèse : tout autre chose qu’un permis de saccager la terre, selon le contresens commis depuis Lynn White en 1967 et qui vient de l’ignorance. En effet, explique l’hébraïsant, la polysémie de l’hébreu se perd dans les traductions « quand un seul verbe est disloqué en divers synonymes traduit avec des sens différents » : « Les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes, terriblement les mêmes, que celui du service dû à Dieu. Pour cette écriture ancienne, travailler la terre et la servir sont le même mot, le même empressement dû au service du sacré. Les voici : laavod et haadama, « servir le sol » (Bereshit/Genèse 2,5) et laavod et Yod Elohenu, « servir Yod/Dieu notre Elohim » (Shmot/ Exode 10,26). La terre est dans la sollicitude de Dieu. Les règles du repos sabbatique, un jour par semaine, un an tous les sept ans, marquent une insistance à la protéger d’une exploitation forcenée. Elles expliquent que la terre n’appartient pas à l’espèce de l’Adam, locataire et non propriétaire du sol… »

 

Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes »

Propos recueillis dans La Vie par Constance de Buor :

Pour sa quatrième édition, le prix lycéen « Lire l’économie » a été remis au jésuite et directeur de recherches au CNRS Gaël Giraud, pour son livre Illusion financière (éditions de l’Atelier). En décembre dernier, 3000 lycéens de seconde, de bac général, technologique et professionnel tertiaire ont récompensé l’économiste, déjà coauteur avec Cécile Renouard de « Vingt Propositions pour réformer le capitalisme » (Flammarion) qui mise sur la transition écologique pour sortir l’Europe des suites de la crise financière pour cet ouvrage pédagogique.

 
Gilles Boucomont : le pasteur publie sur son blogue un article tous les tremblements de terre, mais cela vaut le coup d’attendre ! Si vous avez manqué le tout dernier : « sortir de la culture du débat » , ne le manquez plus, car il est excellent, pertinent et corrosif (nous en avions parlé ici). A lire et à relayer.

 

 

 

"La vieille croix" : en réalité toujours d'actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de "la neuve" ou de la prétendue "originale", "dans le vent", mais sans puissance

« La vieille croix » : en réalité toujours d’actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de « la neuve » ou de la prétendue « originale », « dans le vent », mais sans puissance

A.W. Tozer : « la vieille croix »

Né en 1897 et mort en 1963, il a exercé un fructueux ministère de pasteur, de prédicateur et d’écrivain aux États-Unis. L’ article qui suit(« La vieille croix », initialement publié dans « Promesses ») a beau avoir été rédigé il y a bientôt un demi siècle, il n’a rien perdu de sa pertinence et de son actualité. Particulièrement en ces temps et au moment où les chrétiens fêtent Pâque(s). TGC Evangile 21 le remet en valeur :
« Sans avertir et presque inaperçue, une nouvelle croix*** s’est introduite dans les milieux évangéliques populaires de notre époque.

Elle ressemble à l’ancienne, mais elle est différente : les similitudes sont superficielles, les différences fondamentales.

De cette nouvelle croix a germé une nouvelle philosophie de la vie chrétienne, et de cette philosophie une nouvelle technique évangélique : un nouveau style de réunion et un nouveau genre de prédication.

Cette nouvelle évangélisation emploie le même langage que l’ancienne, mais son contenu n’est pas le même et sa puissance n’est plus comme auparavant.
La vieille croix n’avait aucun rapport avec le monde. Pour la chair orgueilleuse d’Adam, elle signifiait la mort. Elle mettait à exécution la sentence imposée par la loi du Sinaï.

La nouvelle croix, elle, n’est pas opposée à la race humaine ; elle en est, au contraire, une partenaire amicale et, si je comprends bien, elle alimente un flot d’amusements légitimes et bons, et d’innocentes réjouissances.

Elle laisse Adam vivre sans entraves, avec une motivation inchangée ; il peut continuer à vivre pour son plaisir et, maintenant, au lieu de se réjouir à chanter des chansons douteuses en buvant des boissons fortes, il se réjouit à chanter des cantiques et à regarder des films religieux. L’accent reste toujours sur la jouissance qui se tient sur un plan plus élevé ! »
(…)

La suite ici.
Un article salutaire. A ce sujet, un évangéliste m’avait dit un jour fort justement que « si l’on n’a pas prêcher la croix, on n’a pas annoncé l’évangile ». D’où l’importance de bien comprendre la (vieille)croix et sa place dans l’évangile.

 

 

 

 
Notes :

*A propos de la famille : celle-ci est-elle « à défendre », parce qu' »institution traditionnelle en péril » et « valeur morale menacée » ?
A moins qu’elle ne soit plutôt un « projet à vivre », « un projet d’ordre créationnel et anthropologique, dont l’idéal demeure accessible avec le secours de la grâce de Dieu, la prière et une écoute confiante de la Parole ». A découvrir le dernier numéro de la revue de réflexion biblique « Promesses » (numéro 188, avril-juin) : « la famille, un défi pour aujourd’hui ». Des articles de Bernard Sautel, Florent Varak, Louis Schweitzer….

 

**Chantier titanesque, le TGV Lyon-Turin suscite la colère des écologistes des deux côtés de la frontière. Les habitants du val de Suse, en Italie, sont mobilisés depuis des années contre ces travaux qui impliquent le percement d’un tunnel de 57 km entre Suse, dans le Piémont, et Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie. Maintes fois repoussé, ce projet de transport mixte, fret et voyageurs, a été lancé en 1991, acté dans un traité international en 2001 et longtemps ajourné faute de financements. L’ensemble devrait coûter 25 milliards d’euros, dont 8,5 pour le tronçon international. Et ce, alors que le trafic se raréfie.

D’autres « grands projets inutiles », rapportés par « La Décroissance » d’avril(« misons sur l’avenir », p 9) : En Angola, contre du pétrole, la Chine a construit 500.000 logements mais comme les habitants n’ont pas les moyens, Kilamba est devenue la plus grande ville fantôme du monde(http://www.afriquinfos.com/articles/2012/7/4/kilamba-ville-fantome-plus-grande-monde-205681.asp ; http://www.lefigaro.fr/immobilier/2012/07/05/05002-20120705DIMFIG00822-en-angola-la-ville-fantome-batie-par-la-chine.php). …..l’aéroport de Notre Dame des Landes, un projet de 250 millions d’euros, qui répondrait à une demande de croissance de transport aérien…alors que la France possède déjà 170 aéroports contre 26 en Espagne ou 19 en Allemagne….Des exemples de grands projets inutiles dans la Bible ? La tour de Babel, qui n’a jamais servi(Gen.11) ou encore la statue de Nabucadnetsar, entièrement en or, haute de soixante coudées et large de six coudées, dressée dans la vallée de dura, dans la province de Babylone(Dan.3v1, 29-30)

 

*** Quant à la « nouvelle croix », il semble qu’on la retrouve dans ce commentaire du responsable d’un blogue « d’actualités chrétiennes » :

Rédaction(12 avril 2014. 10h06 min) : La croix c’est justement le salut la guérison la délivrance et la bénédiction !

Cette affirmation n’est pas fausse et doit être bien entendu replacée dans son contexte, avec les autres commentaires et le court billet qui précède, dans lequel son auteur se livre à un « (Paul)Washer bashing », à l’encontre d’un missionnaire américain qui « a le malheur » de ne pas être « cool » à ses yeux.  A noter que ledit « Washer bashing » prend des allures de « récidive », comme on peut le constater .

 

Foire aux médias(4) : journaux, magazines ou sites « non chrétiens »

Suite et fin de notre « Foire aux médias », débutée ici, et poursuivie ici, et .

Eau turbulente par Daniele Pellati Suivre le courant, au risque de se laisser emporter...ou vivre à contre-courant ?

Eau turbulente par Daniele Pellati
Comment être une presse ou un média « à contre courant » ?

Au menu, des journaux, magazines et sites « non chrétiens » : Certains spécialisés dans le décryptage/ »observatoire des médias » et d’autres, représentatifs d’une curieuse presse « pas pareil » à observer, notamment par le choix de ligne éditoriale, le traitement de l’information, le graphisme, le style et le modèle économique (sans pub) de la plupart.

 

24 heures dans une rédaction : Depuis 2013, un outil simple et pédagogique pour connaître le métier de journaliste. Co-réalisé par l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille et Canal France International, l’agence française de coopération médias à destination notamment de l’Afrique, il propose 4 séries de 24 fiches pratiques sur l’exercice du journalisme. Ces documents rédigés par des journalistes confirmés en télévision, radio, web et presse écrite sont destinés aux journalistes, et formateurs en journalisme, mais aussi pour le grand public.

 
Acrimed : ou Action-CRItique-MEDias. Sur un mode très différent d’« Arrêt sur image » (lequel n’échappe pas toujours au piège du racolage, à mon goût), une association née en 1996 du mouvement social de 1995, qui se veut un « observatoire des médias ». Elle réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante. Depuis octobre 2011, Acrimed publie par ailleurs une revue papier trimestrielle, le magazine Mediacritique(s)

L’Age de faire : Sympathique périodique national « grand public », paru pour la première fois en octobre 2005(aujourd’hui mensuel) et créé par un ancien entrepreneur dans le BTP. L’Age de faire propose « des outils pour réinventer le monde » : « savoir » et « comprendre », pour « agir », dans les domaines de l’écologie, la citoyenneté et la solidarité, au niveau local comme international. Mais surtout, le journal promeut un mode de vie écologiste « responsable » assez radical. Son indépendance financière (ni subventions, ni publicité) repose sur ses abonnements et sur ses lecteurs : un mode de diffusion original, basé sur des « coopérateurs » qui s’engagent à acheter un certain nombre de numéros par mois et à les diffuser.
Il est possible de trouver l’Age de faire dans les biocoop, épiceries équitables, associations écologiques, stands de producteurs, et même certains cinémas indépendants(tels le réseau « Utopia »). Il est animé depuis fin 2011 par une Sarl Scop (Société coopérative de production). Les six salariés détiennent la majorité des voix et du capital au sein de l’entreprise. Ils décident ensemble du contenu et de la gestion du journal.

 
Article 11 : journal alternatif (par son organisation collective et économique, ses sujets et ses qualités littéraires) de manière toute aussi alternative (par la maquette et les images). D’abord (et toujours) site web, créé en 2008, puis journal papier de 2010 à 2015, sans pub. Un regard critique et subversif sur des sujets sociaux et politiques contemporains[Y compris environnementaux : vous en connaissez beaucoup, vous, des publications qui consacrent plusieurs articles sur la tomate ?], une exigence esthétique dans le travail de l’écriture, une belle variété des expressions (et des sujets), une complicité réelle avec les lecteurs, le fameux vrai-faux édito(censé être écrit par une personnalité « tête de turc » du journal). Et un format inhabituel, puisque allongé.

 
Basta Mag : Pure player se voulant « alternatif », Basta ! veut offrir un autre regard sur l’actualité : sur les problématiques sociales et environnementales(qu’il veut décloisonner et traiter de manière transversale), sur la solidarité internationale et l’engagement citoyen. Par la production d’articles, reportages, enquêtes, interviews, vidéos, Basta ! décrypte les crises qui rongent le monde actuel : crise économique, crise sociale, crise de la démocratie, crise environnementale. On aime sa volonté de « ne pas se contenter d’évidences », de creuser et d’essayer de comprendre le fond des sujets, comme sa volonté de ne pas faire le même traitement médiatique que d’autres médias. « Engagé »(avec une production journalistique qui se rapproche parfois du contenu des sites associatifs ou syndicaux), mais pas « partisan ». Excellent. A suivre de près, pour son sérieux.

CQFD : mensuel « de critique et d’expérimentation sociale », distribué tous les premiers vendredi du mois.  Basé à Marseille, son comité de rédaction est composé essentiellement de chômeurs. Il est certes souvent « en colère » mais traite avec professionnalisme des sujets locaux, nationaux et internationaux, liés à la pauvreté, aux mouvements sociaux, aux résistances sociales parmi les salariés, dans les périphéries urbaines et aussi dans le milieu agricole. Car il n’est pas question pour lui de ne publier que des billets d’humeur ou des éditoriaux, ni de faire du « journalisme Google ». Sa ligne éditoriale : « faire un Charlie mieux informé et un Diplo plus accessible. » Sans publicité, il est gratuit pour les personnes incarcérées. A noter que ses numéros d’été traitent le plus souvent de sujets pointus et exigeants (les langues, l’éducation…), quand d’autres médias se laissent aller à la facilité.

 

Les Dossiers de l’Actualité : « L’actu décodée » – Idéal pour les lycéens et étudiants. Conçus par les journalistes de La Croix (un des quotidiens français de référence) et de Phosphore (mensuel pour les jeunes), Les Dossiers de l’Actualité proposent un temps pour faire le point, chaque mois, de façon pédagogique et éclairante, sur trois sujets qui comptent : politique, économie, culture, environnement, société…

 

L’Eléphant : une revue trimestrielle qui revendique cette idée jugée désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic : « La culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde ». 

e-media.ch : l’indispensable site suisse romand d’éducation aux médias, qui me paraît beaucoup mieux conçu que celui de son homologue du CLEMI français. On y trouve d’importantes ressources pédagogiques consacrées à la presse papier et audio-visuelle, au cinéma (avec des fiches films détaillées), la publicité, l’internet, les technologies de l’information et de la communication, et la littérature jeunesse.

Le Gorafi : pour ceux qui en ont assez de certains « pure players », ce site se livre à une parodie(en faisant preuve d’ironie) jouissive des sites de presse. Comme le dit si bien la journaliste « Aliocha », « des gens capables de concevoir un article qui dit que « 79% des français refusent de répondre aux sondages » [ou « À l’encontre de son code de déontologie, un journaliste pose une question économique au président »] mériteraient d’être élevés au rang d’antidépresseur recommandé par la faculté de médecine ». A quand la recommandation « sur les chaines d’information continue et des sites de presse de la lecture du Gorafi, au même titre que la consommation de 5 fruits et légumes par jour » ? Certaines personnalités (notamment politiques) s’y sont d’ailleurs laissé prendre, en relayant une « infaux » du « Gorafi », la croyant « vraie ».

Habilomedias : un autre site francophone, canadien, d’éducation aux médias et de litteratie numérique, sans but lucratif, et tout aussi riche que le précédent. Son objectif est de veiller à ce que les enfants et les adolescents développent une pensée critique, pour un usage « citoyen, actif et éclairé » des médias et du numérique. On y trouve quantité d’outils et de ressources pédagogiques destinés aux parents et aux enseignants.

 
Journalismesinfo.fr : le web-observatoire du journalisme sur le web. Une production des étudiants du master Journalisme de l’Ecole de journalisme de Grenoble.  Excellent travail, notamment les dossiers.

 

La Décroissance : « le journal de la joie de vivre » et « premier journal d’écologie politique ».
Créée en 2004 par Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateur de « Casseurs de pub », La Décroissance(qui a du ou devrait bientôt fêter ses dix ans cette année) est un mensuel critique qui veut incarner un projet d’écologie politique radical, sans compromis ni compromissions, et promouvoir une société basée sur « la décroissance soutenable »(sachant qu’une croissance perpétuelle est illusoire sur une planète aux ressources limitées). Un étonnant journal, particulièrement intransigeant(au risque de demeurer marginal), qui offre débats, chroniques, coups de gueule, interviews, articles de fond, dessins(d’Andy Singer, Colloghan…) et BD. A lire, le numéro 101, édition spéciale de juillet-août, qui raconte l’aventure du journal par ceux qui le font.

 

OWNI :  un média d’enquête, de reportage et de data-journalisme, dédié aux cultures numériques ainsi qu’aux nouveaux enjeux de société.Une référence. Leur charte éditoriale se découvre ici. Placé en liquidation judiciaire le 21 décembre 2012, le site est fermé depuis, mais toutes les archives restent en ligne. C’est un bien commun en « Creative Commons ».

 

 

Sciences Humaines : le magazine référence indépendant, sans annonceurs et pariant sur ses lecteurs, « pour comprendre l’humain et la société à travers l’actualité des sciences humaines et sociales ». Conçu, dès l’origine, comme un instrument de synthèse des connaissances.

Le Tigre magazine : un drôle d’animal « curieux » qui a réussi à poser sa griffe dans la jungle médiatique, avant de disparaître en 2015. Découvert « par hasard » il y a quatre ans dans un cadre professionnel, il m’est devenu « familier » avec le temps. « Familier », mais pas « domestique » pour autant.
Fondé en 2006, Le Tigre est un mensuel généraliste, indépendant, éclectique, souvent imprévisible et sans publicité, distribué en kiosques et en librairies. C’est aussi une aventure de presse novatrice avec de petits moyens, à rebours de la logique économique actuelle : il propose un journalisme inventif, curieux, ouvert au monde, exigeant et constructif, qui dresse des passerelles entre des secteurs d’ordinaire très éloignés.  On peut y découvrir des contributions de journalistes, photographes, dessinateurs, écrivains et universitaires. Le Tigre choisit également « de ne pas faire ce que d’autres font déjà très bien »(comme les recensions de l’actualité culturelle-livres, films, disques, etc), au profit de créations d’auteurs contemporains (pages graphiques et dessins, photographies sans contrainte d’actualité…..).  Le Tigre n’est pas militant. Le Tigre préfère l’ironie au pamphlet et à la diatribe, le télescopage, le décalage et le recul aux lignes de fracture traditionnelles. Le Tigre est un animal solitaire : plutôt que la défense d’un groupe, ou de dire ce qu’il faut penser,

Le Tigre a l’ambition de faire réfléchir. Il réveille en nous non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien.
Depuis 2006, Le Tigre a connu de nombreuses vies : hebdomadaire à sa création, il a été mensuel en 2007, bimestriel en 2008-2009, quinzomadaire en 2010, et mensuel début 2011, avant de cesser de paraître(définitivement ?) depuis 2015. Enfin, Le Tigre est le premier journal en France à être conçu uniquement avec des logiciels libres.

 

 

Youphil, le média de toutes les solidarités : créé en 2008, il donne une vision transversale de toute l’actualité sociale et solidaire sous toutes ses facettes(entrepreneuriale, philanthropique, humanitaire, associative).
La rédaction est composée d’une équipe permanente à Paris et d’un réseau de correspondants à l’étranger. Elle s’appuie également sur une centaine de contributeurs : universitaires, responsables d’ONG, entreprises, consultants.   Le site regroupe également une communauté réunie autour d’une soixantaine de blogueurs engagés dans le domaine de la solidarité.

 

 

« Pour vivre esclave, il faut posséder »*

« …la soif de posséder, qui est une idolâtrie. »(Col. 3v5 )

Esclave : qui est sous la puissance absolue d’un maître qui l’a rendu captif ou qui l’a acheté. Et qui donc le possède(cf Rom.6v16).

Aujourd’hui, « pour vivre esclave », il « faut » posséder. Quoi donc ? N’importe quoi. Pourvu que nous soyons persuadés d’être « satisfait », « épanoui », « important », si nous possédons cette « chose » ou ce « n’importe quoi » comme les autres, ou avant les autres.
Mais ce que nous croyons posséder, devenu le centre de nos vies, finit par nous posséder.
C’est ce qui s’appelle « se faire posséder »**.

Patrick McGrath Muñiz "The Escape Plan" ou "Le Plan d'évacuation" (2013)  Huile sur toile 24" x 36"

Patrick McGrath Muñiz
« The Escape Plan » ou « Le Plan d’évacuation » (2013)
Huile sur toile 24″ x 36″

C’est ce qui s’appelle aussi le consumérisme : « une idole ignorée(…)lié à la poursuite du bonheur et de la satisfaction(…)fondé sur le principe de la transformation d’une convoitise en besoin, d’un besoin en nécessité et d’une nécessité en dû », selon Mike Evans. Lequel rappelle qu’« aux États-Unis, le coup d’envoi des achats de Noël est traditionnellement donné le lendemain de Thanksgiving », jour fixé dans les années 40 par
le président Roosevelt « au 4ème jeudi de novembre afin d’étendre la période des achats de Noël, ce qui illustre clairement la subordination d’une fête importante à l’idole de la consommation. Á cette occasion, les grandes marques américaines proposent des rabais importants qui provoquent d’impressionnantes marées humaines dans les magasins(…)
En 2008, 2000 acheteurs n’ont pas su attendre l’ouverture de l’un des grands temples de la distribution. Animés d’une agressivité quasi animale, ils ont détruit les portes du magasin et, dans l’émeute qui a suivi,
quatre personnes ont perdu la vie et de nombreuses autres personnes ont été blessées. Tout cela pour économiser 100$ sur une tablette ! »

Pour mémoire, même s’il n’est en réalité que « bien peu probable » que cela se soit passé un « 25 décembre », Noël est censé fêter ou célébrer la venue du Sauveur dans ce monde. Du Messie, venu « pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres » ; envoyé « pour guérir ceux qui ont le coeur brisé,
Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur »(Luc 4v18-19).

Comment alors privilégier une célébration de « Noël » qui ne sera pas « idolâtre » ?

En rappelant « l’esprit du message de Noël », qui pourrait se résumer à ce verset : « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis »(2 Cor.8v9).

Face à la sagesse de ce monde, recherchons la sagesse de Dieu, notamment à travers le livre des Proverbes, « un mini-guide pour la vie », et apprenons de la grâce de Dieu qui nous « enseigne à vivre sagement, justement et pieusement »(Tite 2v12).

D’autres exemples de « Noël qui a du goût » peuvent se découvrir ici et là(idée des « Christingles »). Vous pouvez aussi organiser, pour Noël, un « banquet mondial »(dont nous avons déjà parlé ici et que nous avons testé sur notre groupe d’ados de l’église, hier, avec d’autres moniteurs)

Notes :

* »Piqué » dans le courrier des lecteurs du dernier numéro de décembre-janvier de « La Décroissance »

** Voir « La Classe ouvrière va au paradis » d’Elio Pétri(1971)

L’histoire de Lulù, ouvrier modèle, dont « la seule ambition dans l’existence est de gagner suffisamment de miettes pour pouvoir, le soir, rentrer chez lui regarder la télévision et acheter, le week-end, les gadgets inutiles qu’il y aura vus vantés par la publicité ».

« Toujours plus ! » Ou quand le consumérisme « consume » tout….

Le travail du dimanche un éternel serpent de mer ?

Le travail du dimanche un éternel serpent de mer ?

 

Le temps d’un week-end, les médias érigeaient l’ouverture des commerces le dimanche en enjeu central pour l’avenir du pays.

 

Enjeu ? Quel enjeu ? C’est là toute la question !

 

 

 

Qui n’a pas encore vu ce dessin de Plantu*, paru le 1er octobre 2013 en une du quotidien « Le Monde » ?

Dessin de Plantu. Le Monde, 1er octobre 2013

Dessin de Plantu. Le Monde, 1er octobre 2013

Le délégué CGT, qui refuse le travail le dimanche, et représenté sous les traits d’un beauf’, est associé avec un fanatique religieux(forcément musulman) qui s’en prend aux fillettes.

« Les syndicats et la religion, quand ils résistent à la marchandisation du monde, sont représentés comme une basse populace extrémiste », constate « La Décroissance », dans un article intitulé « Plantu parfait chez Bergé »**.

Le dessin est « en fait symptomatique de la ligne du quotidien du journal de Xavier NIEL, Matthieu PIGASSE et Pierre BERGE(…) Pierre Bergé, (qui) venait d’ailleurs de se prononcer très sérieusement pour la suppression de toutes les fêtes chrétiennes », sur RTL, le 27 septembre 2013 ! poursuit le mensuel.

« Le 3 septembre, retour au Monde qui titre sur un article d’un professeur à Sciences Po Paris : Christian Lequesne : « choisir son jour salarié est une liberté fondamentale ». Le 16 octobre, convoqué par le même quotidien, le pourtant « socialiste et homme de gauche » Pascal Lamy[et par ailleurs ex-directeur général de l’OMC] enfonce le clou : « le débat sur l’ouverture des magasins le dimanche et le soir est absurde. Bien sûr qu’il faut ouvrir les magasins le dimanche et le soir. Il vaut mieux travailler à 22 heures qu’être au chômage »***.

Je fais ce que je veux****, tel est le mot d’ordre de notre époque.

Mais pourquoi le « débat » sur le travail du dimanche(comme celui de la libéralisation du cannabis)revient comme un serpent de mer dans les grands médias ? s’interroge encore « La Décroissance »**.

 

Homo consumericus Dessin d'Andy Singer

Homo consumericus
Dessin d’Andy Singer

Poussons donc la logique du « Toujours plus » jusqu’à l’absurde :

« Toujours plus ! » (La gloutonnerie consumériste consume tout : le social, l’humain, l’écologie)*****

Or donc, des travailleurs voudraient, disons « spontanément », travailler le dimanche (c’est ma liberté de penser ! répond un travailleur au tee-shirt « exploité aussi le dimanche »)

Et la nuit aussi, tant qu’on y est ! (Béé…qu’est-ce qu’on peut faire d’autre la nuit ? se demande un autre)

Bientôt ce sera les 10-12 ans qui se mobiliseront pour le droit au boulot(« Laissez-nous aller à la mine ! » revendique un collégien, cartable sur le dos)

Et pourquoi pas, travailler sans être payé ?!(C’est une idée, ça ! déclare un doberman en costume-tenant plus du loup aux dents longues)

Ça n’a rien de nouveau. Avant, on appelait ça les syndicats jaunes****** (A bas la sociale ! dit un « jaune » moustachu à casquette)

Sauf qu’on a repeint cette saloperie à la sauce « droit à la conso »(Mais qu’est-ce qu’on ferait de notre dimanche sans Ikéa ?! se demande un couple de consommateurs aux allures de « zombis », poussant un caddy)

 

"Le dimanche, au moins on s'arrête !" Une de "La Décroissance, février 2008, numéro 46

« Le dimanche, au moins on s’arrête ! »
Une de « La Décroissance, février 2008, numéro 46

Quel enjeu de société, disions-nous plus haut  ?

Nous considérons-nous comme des consommateurs plutôt que des travailleurs ou des citoyens ?  Banalisons-nous(en l’intégrant) l’idée que consommer serait notre principale fonction ?

Y tenons-nous, au dimanche ? Pour quoi  ?

 

Versets bibliques à méditer :

Exode 16v22-30 : « Pendant six jours vous en ramasserez(de la manne) ; mais le septième jour, qui est le sabbat, il n’y en aura point. »

Deutéronome 5v14-15 : « …le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton boeuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’étranger qui est dans tes portes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu : c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du repos. »

« Tu ne voleras pas (…)Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ».(Erri de LUCA. Et Il dit, pp79-80)

 

 

Notes :

* Dessin commenté notamment par ACRIMED : « Le Monde court derrière Valeurs Actuelles » et « Le Monde et Plantu au-dessus de toute critique ? »

** »La Décroissance », novembre 2013, 104, p8

*** « J’ai suivi par exemple le débat sur l’ouverture (de magasins) le dimanche, je trouve ce truc absurde. Un boulot à 10 heures du soir est mieux que pas de boulot. Quand le chômage est à ce niveau, il faut accepter de changer les idées qu’on a. »(d’après la transcription des propos de Pascal LAMY, publiée au pied de la vidéo. Par ailleurs, il semble que cet entretien date du 13 octobre et non du 16)

****…« de mon temps, de mon corps, de mon argent, ça ne concerne en rien la collectivité…ou « l’idéologie du c’est mon choix qui peut légitimer aussi bien le travail dominical – un simple contrat entre moi et mon employeur[à l’instar du mariage ? Réduit à être un simple « contrat de confiance » ?]-que l’exil fiscal, la spéculation, la prostitution comprise comme un métier comme un autre, la grossesse pour autrui(GPA)…. » analyse le philosophe Jean-Claude Michéa, cité par la même « Décroissance »(op.cit.)

***** Toujours plus ! Par Colloghan. IN « La Décroissance », novembre 2013, numéro 104, p 9

****** D’après Wikipédia : Forme de syndicalisme (constitué en opposition aux syndicats « rouges », c’est-à-dire socialistes ou communistes) refusant certains modes d’action comme la grève et l’affrontement avec le patronat. Pour les grévistes, les jaunes sont les non-grévistes. Ce qualificatif, en se généralisant, a pris un sens péjoratif, désignant les « traîtres ».

(Les hommes ont-ils le) « virus »(de l’autodestruction) ?

La fin du monde ? On en débat ? Scène du film "Virus", avec Bo Svenson, à droite, et Masao Kusakari, à gauche

La fin du monde ? On en débat ?
Scène du film « Virus », avec Bo Svenson, à droite, et Masao Kusakari, à gauche

Un film et un « débat ».

La fin des temps, on nous l’avait « prédit » pour le 21 décembre 2012, avec la conclusion que l’on sait(vous êtes toujours là, notamment pour lire ces lignes). Pourtant, les « effets d’annonce » ne semblent avoir, ni ridiculisé, ni épuisé le sujet*.
La fin des temps : ce que l’on ne sait pas, ou ce que la Bible ne nous dit pas, c’est « pour quand »(Matt.24v36). Mais ce que la Bible nous assure, c’est qu’elle est certaine, imminente.

Même s’ils ne croient ni en Dieu, ni en la Bible, les hommes sont conscients que les civilisations ne sauraient durer indéfiniment, puisqu’elles ne sont pas éternelles par essence** : elles ne peuvent s’étendre indéfiniment. Or, nous engloutissons toujours plus de ressources pour ne faire que maintenir un état stationnaire. Jusqu’à quand ?(Lire « Quand l’Expansion expire » IN La décroissance, octobre 2013, numéro 103)

« L’être humain a toujours vécu sous la menace de catastrophes, la première étant naturellement sa propre mort. Mais deux traits différencient les catastrophes présentes et futures des catastrophes passées : d’une part elles sont issues de l’homme lui-même(…), d’autre part elles ne sont plus locales, mais globales. La mondialisation est un phénomène total qui ne concerne pas seulement la technique et la finance, mais aussi les catastrophes : guerre mondiale, pandémie, accident nucléaire majeur (…..)Désormais, parce qu’ils dépendent de sources d’énergie elles-mêmes mises en réseau, les appareils sont inter corrélés, et ce à une échelle mondiale, et les hommes sont interdépendants. »
Dans ce contexte, que se passerait-il en cas de « panne » ou d’arrêt de fourniture d’énergie, telle que, par exemple, l’électricité ?
Que deviendrait une société humaine mondialisée dans un contexte de catastrophe globale, privée de ressources habituelles, désorientée dans son cadre de vie et incapable de s’adapter à une situation de grande pénurie ? s’interroge Christian GODIN,philosophe, lors d’un débat « Et quand la mégamachine s’effondrera » ? (Avec également Jacques BLAMONT, astrophysicien, Philippe GRUCA, philosophe et Alband VETILLARD, ingénieur)publié dans La Décroissance, octobre 2013, numéro 103, pp14-15)

Dans une perspective de « fin du monde », quelle réponse chrétienne et biblique ?

Aussi curieux que cela puisse paraître, pour Michel JOHNER, professeur d’éthique à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence, « cette imminence de la fin des temps est une espérance qui, dans la pensée des écrivains bibliques, porte à un investissement prioritaire dans le domaine spirituel. L’urgence du temps porte effectivement à considérer l’évangélisation et le dénouement des blocages spirituels comme étant de première urgence dans la hierarchie des priorités ». Un investissement qui n’exlue pas d’autres formes d’investissements temporels, de nature culturelle, sociale, environnementale ou politique. 

Dans un monde instable et précaire, aux ressources finies, mais où les possessions matérielles sont pourtant idolâtrées comme le symbole-même de la réussite, les chrétiens, « artisans de paix », « lumière du monde » et « sel de la Terre », peuvent, bien entendu, prier, et également témoigner par 1)plus de sobriété, de détachement et de justice par rapport aux biens matériels et 2)par plus de vigilance, face aux séductions diverses. Et favoriser des débats publics sur des sujets d’éthique, économique et social, environnemental, énergétique…rappelant quelles sont les causes durables pour lesquels il importe de vouer sa vie.

Passages bibliques ou livres à lire et étudier : 2 Thes. ; 2 Pierre ; Jude ; Apocalypse ; Matt.5-7, 24-25

Enfin, afin d’alimenter une discussion éventuelle, je vous invite à visionner le film Virus (復活の日, Fukkatsu no hi – littéralement « Le jour de la résurrection ») : un film à mi-chemin entre le film catastrophe et le post-apocalyptique, réalisé en 1980 par Kinji Fukasaku, qui explore, avec une certaine minutie, l’effondrement de nos sociétés victimes d’un mal incurable, et imagine les difficultés auxquelles se retrouvent confrontés les derniers survivants regroupés et organisés en communauté.
La distribution internationale comprend Masao Kusakari, George Kennedy, Robert Vaughn, Chuck Connors, Olivia Hussey, Edward James Olmos, Ken Ogata, Sonny Chiba et Glenn Ford. Avec un budget de 16 millions de dollars, il fut au moment de sa sortie le film japonais le plus cher jamais réalisé. Il est désormais tombé dans le domaine public et peut donc(sauf erreur) être téléchargé ou visionné en toute légalité.

L’histoire :

En 1982, un virus mortel échappé d’un laboratoire secret d’armes biologiques***, le MM88, extermine la totalité de l’humanité, à l’exception des scientifiques et techniciens des bases de l’Antarctique, épargnés du cataclysme par les températures polaires trop basses pour que le virus y soit actif. Les survivants(855 hommes et 8 femmes) s’organisent alors autour de la station américaine Palmer et tentent de recréer une société. Mais une nouvelle menace les attend, « héritage »**** que notre civilisation anéantie offre aux survivants  : le système de défense ARS (Automated Reaction System) a été activé par des militaires américains jusqu’au-boutiste, et un séisme majeur au large de Washington risque de l’enclencher. Le monde connaîtra alors une nouvelle apocalypse, nucléaire cette fois-ci, lorsque la riposte automatisée des deux blocs américain et soviétique entrera en jeu ! La base Palmer serait même sur la liste des cibles visées par la riposte russe… Décidés à tenter le tout pour le tout, nos survivants envoient un sous-marin jusqu’à Washington pour une mission-suicide afin de désactiver le système ARS. Les deux volontaires-Le major Carter, un ancien agent de la C.I.A. et Yoshizumi, un scientifique japonais-pour cette excursion en zone contaminée reçoivent également une dose d’un vaccin expérimental contre le MM88. Tous les espoirs de nos survivants reposent donc désormais sur eux*****. Aurons-nous droit à une fin « happy » ou « pas happy » ?

Un récit dense, des images fortes et certaines scènes qui suscitent le malaise : la décision du conseil de la communauté de l’Antarctique de couler un sous-marin et tout son équipage contaminé par le virus, ou de « réglementer » des relations sexuelles entre 855 hommes et 8 femmes. Les relations conflictuelles entre les membres de ce même conseil, issus des différentes nations désormais disparues, incapables de s’accorder sur la moindre chose, et qui sont pourtant amenés à décider du sort de millions de personnes. Les limites de la science, au service de l’armée. La folie destructrice d’une humanité prise dans la spirale de la course aux armements. Une efficacité sans cesse recherchée pour la destruction. Résultat :  un virus incontrôlé et incontrôlable, sanctionnant la démesure humaine, tel un « châtiment divin ».

En bref :

« Virus », film de science-fiction de Kinji Fukasaku(Japon, 1980) – 2h36 et des poussières, environ….

Scénario : Kinji Fukasaku, Kōji Takada,Gregory Knapp, d’après la nouvelle de Sakyo Komatsu

Acteurs principaux  :

Masao Kusakari (Yoshizumi)
Bo Svenson (Major Carter)
George Kennedy (Amiral Conway)
Olivia Hussey (Marit)
Glenn Ford (Président Richardson)
Robert Vaughn (Sénateur Barkley)
Henry Silva (Gen. Garland)
Chuck Connors (Cne. Mc Cloud)
Edward J. Olmos (Cne. Lopez)
Chris Wiggins (Dr. Borodinov)
Isao Natsuyagi (Dr. Nakanishi)
Cec Linder (Dr. Latour)
Stuart Gillard (Dr. Meyer)
Takigawa Yumi (Noriko)

 

 

 

Notes :

* en tout cas, le sujet est « rentable » : bande dessinée, films(au moins 5 pour 2013 : une « invasion extra-terrestre », une « apocalypse », deux « écologiques », un « virus »)

** « Les diamants sont éternels », titre un fameux « James Bond ».  Les hommes aussi-et c’est ce qui est important de ne jamais oublier.

*** dans le film, il s’agit du « projet Phénix », issu de recherches militaires secrètes américaines, visant à fabriquer une arme bactériologique d’une rare efficacité afin de prendre un peu d’avance sur l’U.R.S.S. dans la course aux armements.

**** Avec ses centrales vieillissantes et son industrie en plein déclin(la part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17 % en 2001 à 9 % aujourd’hui : http://energie.lexpansion.com/energie-nucleaire/de-moins-en-moins-d-electricite-nucleaire-dans-le-monde-_a-32-5270.html ;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/07/15/20002-20130715ARTFIG00439-baisse-record-de-la-production-d-electricite-nucleaire-en-2012.phphttp://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/DELBECQ/20791 ), le nucléaire peut-il être considéré comme une alternative énergétique crédible et rassurante pour notre civilisation ?
Enfin, on l’a peut-être oublié, mais Naoto Kan, premier ministre du Japon pendant l’accident de Fukushima(2011), expliquait que son pays « était proche » de faire évacuer 50 millions de personnes(plus que le nombre d’espagnols) après cet accident « d’origine humaine ».

***** D’après un résumé publié sur « Le Traqueur stellaire, blog science-fiction et culture ».

« Le péché de Sodome… »

Pétards par Peter Griffin Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes " (Bossuet)

Pétards par Peter Griffin
Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes  » (Bossuet)

De Sodome, on retient généralement la perversion sexuelle condamnée par Dieu dans la Bible*, qui est devenue proverbiale.

 
C’est à Sodome que Lot, neveu d’Abraham, a choisi de vivre, parce qu’ il « vit toute la plaine du Jourdain, qui était arrosée partout, avant que l’Éternel détruisît Sodome et Gomorrhe, comme le jardin de l’Éternel, comme le pays d’Égypte, quand tu viens à Tsoar »(Gen.13v10)
Une terre donc très riche et fertile, dont les habitants avaient certainement un niveau de vie élevé.

Mais 1 Samuel 16v7 nous exhorte à ne pas regarder à l’apparence, « car l’Éternel ne regarde pas ce à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au cœur. » Et ce qu’a vu Dieu, à la différence de Lot, c’était que « les gens de Sodome étaient méchants, et de grands pécheurs contre l’Eternel. »(Gen.13v13)
Plus loin, dans Genèse 18:20, « l’Eternel dit (que) le cri contre Sodome et Gomorrhe s’est accru, et leur péché est énorme ». En fin de compte, Dieu détruira Sodome, après avoir sauvé Lot.
Mais quel était le péché de Sodome ? Ezéchiel 16v49-50 nous donne une précision intéressante, peu souvent relevée :
« Voici quel était le crime de Sodome ta sœur ; elle et ses filles vivaient dans l’orgueil, l’abondance et une tranquille sécurité ; et elle ne fortifiait pas l’affligé et l’indigent.
Elles se sont enflées et elles ont commis des abominations devant moi, et je les ai fait disparaître quand j’ai vu cela ».(Ezéchiel 16v49-50)

Et pas le péché sexuel, « bien connu », qui a fait la réputation de Sodome ?
Sans doute parce qu’il n’en est que le fruit et pas la racine.
Philippe Malidor, dans « si j’étais président…. le sel du scrutin présidentiel », relevait  que « les mœurs en matière de sexualité ont de quoi inquiéter, c’est vrai ; cependant, elles ne sont pas le critère unique de l’évaluation des sociétés et des personnes ; et en la matière, rien n’est plus éloquent ni plus moteur que l’exemple de sa propre vie. Je crois que c’est là que les chrétiens sont attendus par leur Seigneur… et par celles et ceux qui les regardent vivre.
Ceci étant posé, on commente fort peu le fait que ce n’est pas le sexe dévoyé ou extraconjugal qui est la cible principale des avertissements du Christ, mais l’Argent : « Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent. » De la servitude qu’on développe à l’égard de cette divinité, le reste dépend d’ailleurs beaucoup : l’affaire du Sofitel de New York en est une fantastique parabole moderne »…
Que peut donc nous apprendre ce rappel du péché de Sodome, selon Ezéchiel 16v49-50 ?
– D’une part, comme déjà souligné plus haut, que se focaliser sur (parfois de façon variable, avec une vision « hiérarchique des péchés ») ce qui est visible et « frappe le plus les yeux » nous empêche de chercher et de déceler la source réelle du mal(relire Rom.1v18-32),
Car, si l’homosexualité est considéré comme un péché grave dans la Bible, et est le péché principal de Sodome, l’incroyance et l’impiété sont pires : parce que coupable sur ces plans,  « Jérusalem a plus péché que Sodome », selon Ezechiel 16v48(Voir Matt.11v23-24 et Luc 10v12) **.
– D’autre part, qu’il est illusoire et vain de prétendre combattre un mal, sans aucune réflexion ou remise en question sur ce qui nourrit ses causes. Cette recherche des causes est pourtant essentielle, dans le cadre du projet de loi Taubira, alors qu’est annoncée la prochaine « Manif pour tous », le 26 mai, à Paris(précédée par un « sit-in » contre Monsanto, la veille, le 25 mai)

Sur ce sujet, « L’arroseur arrosé », un article paru dans le dernier numéro (mai 2013) de La Décroissance, est particulièrement édifiant.
Son auteur, Vincent Cheynet, trouve « tristement comique à voir » cet art de s’épouvanter de l’UMP lorsque la logique libérale-«la chosification de l’humain à travers les projets de PMA ou de GPA »-s’applique à la politique familiale. Alors que les mêmes « ont été à la pointe de toutes les transgressions en matière économique (ouverture des magasins le dimanche, allègement de l’impôt sur les hauts revenus…) et scientifique (nucléaire, OGM, nanotechnologie…) » ! *** « Certes le parti socialiste, les communistes ou lutte ouvrière partagent la même foi progressiste. Mais (…) les mêmes qui (…) nous sommaient de « positiver » (…), de ne pas « être négatif », d' »accompagner » mais de ne pas « résister », de  » s’adapter aux changements » pour ne pas être « dépassés » (…) tout à coup redécouvrent la vertu de savoir dire Non, de savoir poser des limites comme des adultes. Saccager le monde pour satisfaire leurs intérêts économiques de classe, ils ont dit Oui, oui, trois fois oui « No limits! »; s’en prendre à la chair de leur chair (leurs têtes blondes), (…)et les voilà devenus les plus féroces résistants prêts à découvrir les joies des gaz lacrymogènes. Les mêmes gaz dont ils se réjouissaient de voir aspergés les écolos. Les esprits les plus refoulés et les plus étriqués d’entre eux feront des homosexuels les boucs émissaires de cette histoire, démontrant qu’ils n’ont une fois de plus encore rien compris et surtout s’évitant ainsi une douloureuse remise en cause des idées dont ils ont été les meilleurs supporters. (…)
Cette histoire, c’est celle de l’arroseur arrosé. « Dieu se rit des hommes qui déplorent des effets dont ils continuent de chérir les causes », disait Bossuet. »

Notes :
*Lévitique 18v22 commande ne pas coucher avec un homme « comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». Un péché qui est mis sur le même plan que d’autres déviances sexuelles graves dans ce chapitre. Dans 1 cor.6v9-10, il est rappelé que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu (…) ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu ». Autant de péchés dont il est possible de se repentir et d’être justifié : « Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus Christ, et par l’Esprit de notre Dieu. »(v11)
** D’autres « abominations » pour Dieu : Deut.17v1-5, 18v9-14, 22v5, 27v15-26.
***sans compter le « gender », que Luc Chatel, ex-ministre de l’éducation nationale, du gouvernement de l’ex- premier ministre de droite François Fillon, sous la présidence Sarkozy(2007-2012), avait laissé introduire en 2011 dans les manuels de SVT de lycée. A l’époque, L’Association pour la Fondation de Service politique (AFSP) se demandait « Pourquoi le ministère de l’Éducation nationale impose-t-il la théorie du gender sans nuance et sans débat, alors que l’UMP critique le projet socialiste de mariage homosexuel et d’homo-parentalité précisément « parce qu’il y a une dimension essentielle à préserver dans l’altérité sexuelle » ?