Un verset et une question pour retrouver et vivre un christianisme véritable

Si les fameuses pensées de Kierkegaard nous « attaquent par derrière »….c’est pour mieux nous édifier !

Voici une nouvelle série pour l’été : chaque mercredi, pendant sept semaines, d’après « les pensées qui attaquent dans le dos » du penseur chrétien Soren Kierkegaard(1), un verset et une question pour méditer sur une condition nécessaire pour retrouver et vivre un Christianisme véritable.

Ces questions ne brossent pas dans le sens du poil mais engage celui qui ose s’y plonger. Et si elles l’« attaquent par derrière »….c’est pour l’édifier !

Bonne route, car, comme le rappelle Kierkegaard, « là, c’est avec toi-même que tu (auras) affaire au sens le plus profond, et il s’agit d’une affaire de conscience ».

Note :

(1)Ed. Première partie, 2014.

 

 

Phénomène(s)

"Si vous voyez un grand canard blanc au long cou, soyez sûr qu'il s'agit...d'un cygne !

« Si vous voyez un grand canard blanc au long cou, soyez sûr qu’il s’agit…d’un cygne !

« Il ne faut jamais perdre courage ; lorsque les malheurs s’accumulent le plus effroyablement autour de soi, c’est alors qu’on aperçoit une main secourable dans les nuages » ; ainsi parla le Révérend Jesper Morten(1) aux dernières vêpres. J’ai l’habitude d’aller et venir en plein air, mais n’ai jamais rien remarqué de semblable. Pourtant l’autre jour j’ai observé pendant une promenade un phénomène de ce genre. En vérité ce n’était pas à proprement parler une main, mais plutôt un bras qui sortait des nuages. Je me plongeai dans mes réflexions. L’idée me vint : « Ah ! Si seulement Jesper Morten était là pour me confirmer que c’est bien ce phénomène qu’il avait en vue ! » Au milieu de ces pensées, un passant m’interpelle et, tout en montrant les nuages, me dit : « Avez-vous vu cette trombe d’eau ? Il est rare d’en voir dans ces parages ; elles enlèvent parfois des maisons entières. » Ah, mon Dieu ! Pensai-je, c’est une trombe d’eau. Et je tirai mes chausses au plus vite. Qu’aurait-il donc fait à ma place, monsieur le Révérend Pasteur Jesper Morten ?(2)

« Cette génération méchante et adultère, qui demande un miracle, est incapable de discerner l’aspect du ciel, et ne sait pas mieux discerner les signes des temps », pourrait dire Jésus aujourd’hui…(Matt.16v3).

 

 

Notes : 

(1) Personnage imaginaire, dont le nom est à consonance péjorative.

(2) Parabole racontée par Søren Kierkegaard, penseur chrétien danois (1813-1855), dans « Ou bien, ou bien ». Gallimard, 1973 (Classiques de la philosophie), p 24.

« Espérer du désespoir » avec Kierkegaard

Traité du désespoir, de S. Kierkegaard

Le « Traité du désespoir », de S. Kierkegaard : un classique à redécouvrir, en guise « d’antidote »….

Un titre paradoxal « à la Kierkegaard », pour une critique d’un ouvrage fondamental de ce philosophe danois, lu cet été 2015 : le « Traité du désespoir ». Gallimard, 1988(Folio essais). Où l’on parle, entre autre, de « scandale » et de « péché contre le Saint-Esprit ».

Ma première rencontre avec Sören Kierkegaard(1813-1855) date des années 1980, via une citation du philosophe danois découverte dans « Le petit livre blanc des jeunes », reçu à la fin d’un camp de jeunes* : « de tout ce qui est ridicule dans ce monde ridicule, rien n’est plus ridicule que de s’agiter ». Une citation dont j’ai longtemps cru qu’elle pouvait être apocryphe, et dont j’ai fini par découvrir (« par hasard ») la source le 26 août 2015**. Mais ma véritable découverte de cet étonnant penseur chrétien du paradoxe, à la vie brève mais intense, date d’il y a deux ans environ, à partir de ses écrits « édifiants » ou « religieux » : « Pensées qui attaquent dans le dos »(Ed. Première partie), « Les soucis des païens »(Cerf, foi vivante), ou encore « Crainte et tremblement »(Rivages), auxquels j’ai déjà fait allusion sur ce blogue.

Si vous n’avez jamais rien lu de Kierkegaard, vous pouvez tenter d’approcher, outre « les pensées qui attaquent dans le dos » précitées, le fameux « Traité du désespoir ». Publié en 1849, il est à la fois le dernier des livres fondamentaux et la synthèse de toute l’œuvre de celui que l’on qualifie « le père de l’existentialisme »***. Contrairement à ce que j’aurai pu craindre au départ, il est plutôt abordable, stimulant et particulièrement pertinent pour notre temps. Pour l’anecdote, Dietrich Bonhoeffer l’avait conseillé en guise « d’antidote », parmi d’autres, depuis sa prison, à sa fiancée qui lui demandait un conseil de lecture****.

Appelé également « la maladie à la mort », il n’est pas un « guide pratique » sur « comment bien désespérer », mais « un exposé de psychologie chrétienne à fins d’édification et de réveil » sur le désespoir. Qu’est-ce que le désespoir ? Il est universel ! Il est « la maladie mortelle »(cf Jean 11v4), « une maladie de l’esprit, du moi », qui peut prendre trois figures : « le désespéré inconscient d’avoir un moi, le désespéré qui ne veut pas être lui-même, et celui qui veut l’être »(op. cit., p 61). Le désespoir est à la fois un avantage et un défaut. C’est le fait d’être « passible du désespoir » qui fait la supériorité de l’homme sur l’animal. Et c’est parce qu’il est « conscient » du désespoir que le chrétien est supérieur à « l’homme naturel » : « sa béatitude » consiste dans le fait d’en être « guéri »(op. cit., p64).

Kierkegaard nous donne les personnifications du désespoir, par ordre de gravité croissante : le désespoir de l’ambitieux qui ne réussit pas à être César, le désespoir de l’amant(e) de ne pas être aimé ou de ne pas se sentir capable d’aimer…le désespoir à l’idée qu’il n’y aurait « plus rien après la mort », le désespoir de ses fautes ou de la culpabilité sans remède…. Il explique que le désespoir est aussi le péché. On pêche, selon Kierkegaard, quand, devant Dieu, ou avec l’idée de Dieu, on ne veut pas être soi-même, ou qu’on veut l’être (op.cit., p159, 167, 222). Celui « qui ne veut pas être lui-même » est certainement le plus en danger, puisqu’il nourrit une image négative de lui-même. Il ne prétend pas en effet devenir celui qu’il aurait vocation d’être, mais souhaite en finir avec lui-même. En revanche, celui « qui veut être lui-même » désespère de lui-même au nom d’un moi idéal inatteignable revendiqué(cf l’exemple déjà donné d' »être César »). Dans tous les cas, ajouterai-je, on pêche, parce qu’on « manque le but » de Dieu pour nous.

L’homme pécheur souffre de déséquilibre (op. cit., p98 et ss), du fait d’ :

-une vie marquée par le seul « possible », avec une absence de « nécessité »(de garde-fou). D’où une vie marquée par la démesure et la croyance dans les mythes modernes du « tout est possible »[Par la technologie, par exemple]

-Une vie marquée par la seule nécessité, conduisant au déterminisme et au fatalisme, avec une absence de « possible » et donc, de foi.

Puisque l’on parle ici de « possible », on notera encore cette distinction de Kierkegaard comme quoi « l’espoir » n’est pas « l’espérance ». L’homme sans Dieu n’a que l’espoir(le probable), alors que l’homme qui connaît Dieu et croit(en)Dieu peut vivre l’espérance : « le possible de la foi », qui croit qu’à Dieu, tout est possible(op.cit., pp98-108, cf Marc 9v23, 11v22).

De même que le contraire du péché n’est pas la vertu(« une vue plutôt païenne »), mais la foi(op. cit., pp167-169), le contraire de désespérer, c’est donc croire, avoir la foi. (op.cit., p119)

Le plus grand "scandale" qui soit, qui exige de notre part de prendre clairement position, n'est pas "le papyrus de César". [Extrait du nouvel album d'Astérix de J-Y Ferri et D. Conrad, sorti le 22 ocotobre 2015]

Le plus grand « scandale » qui soit, qui exige de notre part de prendre clairement position, n’est pas « le papyrus de César ».
[Extrait du nouvel album d’Astérix de J-Y Ferri et D. Conrad, sorti le 22 ocotobre 2015]

La forme la plus aboutie du désespoir est le scandale, lié au fait que 1)le Christianisme ne s’adresse pas à la foule et mais à l’individu, lui offrant cette alternative et injonction : « scandalise-toi ou crois ! » ; et 2)que Dieu se fasse homme(et non que ce soit l’homme qui se fasse dieu).

D’où cette curieuse apologie du Christianisme, laquelle consiste non pas à « le défendre »(ce qui est le propre de l’incrédule), mais à le proclamer et à l’affirmer de façon victorieuse comme une bonne nouvelle exigeant une réponse immédiate !(op. cit., p177)

Le point culminant du livre est la description du péché et scandale suprême qu’est le « péché contre le Saint-Esprit »(op. cit., p 250) : un péché « offensif contre Dieu » qui fait du Christ une fable et un mensonge, en faisant de lui quelqu’un de « pas humain »(irréel) ou de « trop humain » (et « pas Dieu »).

A ce stade, vous avez sans doute connu des personnes tourmentées à l’idée d’avoir commis un tel péché. Ou alors, vous estimez être une telle personne. Pour elles ou pour vous, voici une question essentielle à (vous)poser : « que t’en semble du Christ ? Qui dis-tu que je suis (moi, le Christ) ? » cf Matt.16v13-16, 21-27.

Face au Christ, il reste donc le scandale ou la foi, et l’adoration du croyant, de celui qui ne se scandalise pas(cf Jean 6v66-69)

« Heureux celui pour qui (le Christ) ne sera pas une occasion de chute ! »(Matt.11v6, Luc 7v23)

 

 

Notes :

*Op. cit., p 7. Editions « Foi et victoire (épuisé). Date présumée : 1970-1980. Un manifeste, un livre de combat, une profession de foi de trois jeunes chrétiens danois(Johannes Facius, Johnny Noer, Ove Stage)face à la marée de la drogue, du dérèglement sexuel, des philosophies orientales, de l’occultisme….

**Elle se trouve dans « Ou bien, ou bien » de Kierkegaard, à la page 22 de l’édition Gallimard (Collection Tel). La citation exacte est : « de tous les ridicules de ce monde, le plus grand, me semble-t-il, est de s’affairer ».

*** « Existentialiste », sa philosophie l’est bien, puisqu’il s’agit d’une philosophie de l’existence, centrée, non sur la raison mais sur l’absolu(et la question d’une relation profonde avec Dieu). Un absolu auquel l’individu se confronte concrètement, et non abstraitement ou de façon « idéale ». Une philosophie(plutôt à l’opposé de celle de Hegel) qui ne l’a pas amené à cesser de travailler. Au contraire, Kierkegaard a été l’une des personnalités les plus productives de son temps.

****Cité par Frédéric Rognon, dans son article « Un héritage paradoxal » pour le journal « Réforme » du 03/11/11(numéro 3438).

Individualité : tu es unique, précieux, et donc responsable !

Tu es unique ? Moi aussi !

Tu es unique ? Moi aussi !

Lectrices ou lecteurs de la Bible, vous avez sans doute en mémoire ces longues généalogies, listes interminables de noms, pour la plupart inconnus de vous. Autant de passages que nous sommes tentés de « zapper ». Ce qui serait dommage, car, comme me l’a souligné l’un des pré-ados que j’enseignais dans le cadre du ministère aux enfants, « derrière les noms, il y a des histoires ». Et aussi des individus.

La question de l’individu nous invite à nous questionner sur l’individualité*.

A ce sujet, Erri de Luca relève, dans « Alzaia »**, qu’ « en mai 1940, en pleine invasion nazie de la France, André Gide écrivait dans son journal (que) cette désindividualisation systématique à quoi travaillait l’hitlérisme préparait admirablement l’Allemagne à la guerre. Et c’est par là, surtout, (lui semble-t-il), que l’hitlérisme s’oppose au Christianisme, cette incomparable école d’individualisation, où chacun est plus précieux que tous. Nier la valeur individuelle, de sorte que chacun, fondu dans la masse et faisant nombre, soit infiniment remplaçable ». Et d’Erri de Luca d’estimer qu’en cela, « Gide voit juste : l’écrasement de l’individu est nécessaire à la tyrannie moderne. Il donne un avantage matériel au criminel nazi : l’impersonnalité de son action***. Si ce n’était pas lui, un autre aurait exécuté la tâche ». Une excuse « bidon », ou, comme l’estime Erri de Luca, « de la fiction, une fragile couverture ». Car « un homme comme Priebke exécutait les ordres qu’il approuvait pleinement et surmontait avec zèle toutes les difficultés. Ce degré d’efficacité exigeait du dévouement. Le nazi n’obéissait pas aux ordres, il les réalisait, les interprétait, les perfectionnait avec tout son enthousiasme(…).
La phrase de Gide dit au contraire quel est l’antidote de la tyrannie : donner de la valeur à la personne humaine, approfondir l’individualité de chacun, comprendre, comme l’enseigne le Talmud, que Dieu a créé un seul Adam pour faire savoir que celui qui tue un homme tue une espèce toute entière, celui qui en sauve une sauve une humanité entière. » [voir aussi Actes 17v26]

Notre individualité porte donc une très grande responsabilité, sachant que le pendant positif de Priebke est aussi vrai : si ce n’est pas nous qui agissons, ce ne sera personne…****

 

 

 

Notes :

* Une idée en appelle une autre : le politologue James Kurth a décrit la mondialisation actuelle comme un «protestantisme sans Dieu». Un « protestantisme » car les valeurs de liberté, de rationalité et d’ouverture ont fait le succès des multinationales (souvent d’origine protestante).
« Sans Dieu », car la compétition prime sur la collaboration, la domination sur le service, l’accaparement des ressources sur le respect de la nature et des peuples, le profit maximal sur la redistribution des bénéfices. (cité par Shafique Keshavjee : http://www.skblog.ch/wp-content/uploads/Chroniques-refus%C3%A9es.pdf )
De même, « un protestantisme », ou plutôt « un Christianisme sans Christ » ouvre un boulevard à l’« individualisme », forme pervertie de l’individualité.

** Individualité, d’Erri de Luca IN Alzaia. Rivages/Petit Bibliothèque, 2002 (pp 97-98)

***Et aussi une certaine façon impersonnelle de parler/de considérer les personnes : par exemple, au lieu de dire « on » m’a dit que, dire « un tel » ou « une telle » m’a dit que….

Ou encore, ce vieux travers qu’est le fait de généraliser : soit le fait de parler d’un groupe d’un seul bloc, niant les individualités, les différents besoins. Bref, généraliser, c’est stigmatiser.
Comparer avec la façon dont nous sommes invités à nous considérer les uns les autres, au sein du corps de Christ, en 1 Cor.12v12-27.

**** Sachant que Dieu ne s’adresse pas « à tout le monde », mais à toi, personnellement (Jean 21v21-22). « Tout le monde », c’est personne.
Dieu ne s’adresse pas à une foule, mais à des individus distincts et responsables. Responsables de « se scandaliser » ou « de croire », selon Kierkegaard (cf « Traité du désespoir ». Gallimard, 1988. Folio essais, p 235)

Croyons-nous vraiment en l’ Evangile que nous annonçons ?

"De loin", l'Eternel se montre à toi : que fais-tu ?

Quand un verset te « harponne », c’est que Dieu t’invite à le scruter sérieusement !

L’ Evangile, qui est « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit… » (Rom.1v16).

 

Il peut paraître « difficile », pour ne pas dire « fastidieux », de « lire sa Bible régulièrement », surtout si « le passage du jour à l’air de premier abord peu engageant par exemple ». Et par exemple, « relire les actes peu reluisants (d’un personnage biblique) dès le matin ».  Ou encore, Néhémie 3, ou même Matthieu 1v1-17.

Mais l’inverse est aussi vrai. Je trouve personnellement stimulant et encourageant, alors que je lis mes chapitres quotidiens, d’être « harponné » par un verset particulier. « Harponné », et alors invité à méditer longuement le verset. Une « alerte » et un « signe » qu’il est important et à considérer sérieusement. Jeudi 10/09, « le verset-harpon » était 2 Corinthiens 4 vv3-4, considéré ce jour-là sous un autre angle :

« si notre Evangile est voilé, il est encore voilé pour ceux qui périssent ; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé les pensées, afin qu’ils ne voient pas resplendir le glorieux Evangile du Christ, qui est l’image de Dieu ».

Lorsque nous lisons : « ceux qui périssent », « les incrédules »….nous pensons généralement « aux autres », à ceux qui « ne croient pas encore », et « n’ont pas encore accepté l’Evangile ».

Mais pouvons-nous être concernés par ce verset, nous « croyants », qui affirmons que « Jésus est notre Sauveur et Seigneur » ? Pouvons-nous être « incrédules », aux « pensées aveuglées » par « le dieu de ce siècle », de sorte que ce « glorieux Evangile du Christ » que nous annonçons, nous est « voilé » ?

Comment serait-ce possible ? 1)Par notre façon de vivre, « en tant que chrétiens », et 2)par notre façon de parler de l’Evangile.

1) L’Evangile n’est pas seulement « un message » à annoncer. C’est « une puissance pour le salut de quiconque croit », selon Rom.1v16. « Une puissance pour le salut….de quiconque croit« . « Quiconque », c’est vous, c’est moi, c’est nous. Nous en avons tous besoin. Pas seulement « pour aller au ciel » ou « pour le dimanche », mais « pour chaque jour de la semaine »*. Y croyons-nous ? Comment le vivons-nous, personnellement ? Par exemple, le fait que « Christ, notre paix », a, par la croix, « fait mourir[ou « détruit »] l’inimitié » ? (Eph.2v14, 16).

Dans quelle mesure, lorsque, à notre retour à la maison, nous sommes submergés par la fatigue, une dure journée de travail, les factures, le quotidien, les loisirs…nos pensées sont-elles « aveuglées » par « le dieu de ce siècle » ? Dans quelle mesure nos regards sont-ils fixés sur ce dernier (plutôt que sur « le Soleil de justice » cf Mal.4v2, Jésus-Christ), nous empêchant de voir et de vivre la puissance de l’Evangile ?

« On ne peut voir deux Soleils à la fois » : détournons-nous donc de celui qui « se déguise en ange de lumière »(2 Cor.11v14) pour contempler Celui qui est « la lumière du monde »(Jean 8v12) et s’attacher à « la source des eaux vives » (Jér.2v13).

 

2) L’Evangile, que nous annonçons ou prêchons, est donc « une puissance pour le salut de quiconque croit »(Rom.1v16). Encore une fois, y croyons-nous ? Question évidente ou stupide, c’est selon, mais pas tant que cela. En réalité, la réponse est donnée par notre façon de le considérer et d’en parler. A ce sujet, le penseur chrétien danois Soren Kierkegaard estime qu’ un tel Evangile n’a pas besoin d’être défendu(ce qui est une « extraordinaire sottise »**), mais d’être proclamé(et affirmé) par ceux qui y croient. Lui-même « déclare incrédule celui qui (le défend) »**. Car, « s’il croit, l’enthousiasme de sa foi n’est jamais une défense, c’est toujours une attaque, une victoire ; un croyant est un vainqueur. »***

Le croyant est donc un témoin qui déclare ce qu’il a vu, entendu et vécu, avec fidélité et autorité. Un témoin de Christ ne « défend » donc pas l’Evangile, comme s’il s’agissait d’une simple « opinion », ou de quelque chose dont on devrait « s’excuser ». Mais il le proclame et l’affirme comme « une bonne nouvelle, qui exige une réponse immédiate » ****(cf Matt.28v18-20), parce qu’il y croit !

« J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé »(2 Cor.4v13)

 

 

Notes :

*Cf Jerry Bridges. L’Evangile pour la semaine. Europress, 2003

** S. Kierkegaard. Traité du désespoir. Gallimard, 1988(Folio Essais), pp 176-177. Dans ce passage, l’auteur parle plus exactement de « défendre le Christianisme ».

*** C’est à dire un vainqueur, toujours offensif. Dans ses « Pensées qui attaquent dans le dos »(Ed. première partie, 2014, p.19), le même Kierkegaard affirme que « le Christianisme n’a besoin d’aucune défense ; il n’est servi par aucune défense ; il attaque ; le défendre, c’est de toutes les altérations la plus injustifiable, la plus erronée et la plus dangereuse ; c’est le trahir avec une inconsciente perfidie. Le christianisme est militant et il va de soi que, dans la chrétienté, il attaque par derrière[ou dans le dos] ». C’est à dire, dans le sens qu’il cherche à désarmer l’auditeur ou le lecteur. « Edifier », pour Kierkegaard, c’est renvoyer l’homme à son péché, réveiller ceux qui sont endormis, inquiéter ceux qui sont trop apaisés. C’est pousser l’individu dans ses derniers retranchements, pour l’inviter à se mettre en règle avec Dieu[Amos 4v12], et à suivre Jésus-Christ.

**** Lire cette anecdote, rapportée dans « L’Essentiel dans l’Eglise. Apprendre de la vigne et de son treillis », de C. Marshall et T. Payne (Ed. Clé, 2014. Collection IBG, pp57-58) : « après avoir été évangélisé par un homme très poli », Penn Jillette, illusionniste et athée « assumé », évoque cette rencontre :…. »si tu crois vraiment qu’il y a un ciel et un enfer et si tu crois que des gens pourraient aller en enfer ou ne pas atteindre la vie éternelle – peu importe ta conviction-, et si tu dis qu’il ne vaut pas tellement la peine d’en parler, pour la seule raison que, sur le plan social, cela te ferait passer pour un cinglé(…)à quel point devrais-tu détester quelqu’un pour croire que la vie éternelle est possible sans même lui en toucher un mot ? »

 

 

Quels livres emporter sur une île déserte en 10 étapes ?

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Jeune lecteur par Francisco Farias Jr

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les « bons livres » ? Jeune lecteur par Francisco Farias Jr

La « liste de livres à lire », variante du fameux jeu de « l’île déserte », est l’habituel « marronnier » de l’été. C’est aussi l’occasion de faire quelques bonnes découvertes. Ensuite, le choix dépend beaucoup du but et de l’intention initiale : pour quelles raisons emporter tout un tas de livres sur une île déserte ? Et d’ailleurs, pourquoi partir sur une île déserte ? Pour combien de temps ?
Quels sont les paramètres à prendre en compte pour choisir les titres à emporter ?

Premièrement, méfiez-vous de ce qui vous est (trop)familier, surtout le titre avec lequel vous êtes en plein accord, et que vous connaîtrez par cœur au bout de trois jours. La stimulation intellectuelle sera quasi nulle. De même, il est risqué de prendre le dernier « best-seller » (de l’été ou non), qui vous marquera un temps et dont vous aurez vite épuisé l’intérêt au bout d’un mois.
Ensuite, il est important de varier les genres et les styles. Celui qui choisit « l’intégrale de Proust », sous prétexte « que c’est gros », risque vite d’en revenir. Supportera-t-il encore Proust après six mois passés en sa compagnie ?….
Bref, il est essentiel de choisir de « bons livres ». Et qu’est-ce qu’un « bon livre » ? Un « bon livre » est celui qui nous ouvre de nouveaux horizons, au contraire du « mauvais » qui ne nous offre que de « l’attendu ». Cela implique que nous soyons nous-mêmes ouverts et disponibles pour les « bons livres ».
Ensuite, un « bon livre » est celui qui donne envie de le relire. Qui offre de nombreuses grilles d’analyses possibles, et de multiples renvois à d’autres œuvres, permettant une lecture dynamique. Enfin, un « bon livre » n’est pas à notre service : il doit nous stimuler et nous énerver. Car, rien de plus dangereux qu’un livre « à 100 % fascinant ou satisfaisant », ou pire, qu’un livre « qui nous délasse », le statut « pavé de plage » justifiant que l’on laisse son cerveau et son esprit critique au placard, sous prétexte que l’on cherche simplement du « divertissement ».

Ceci dit, voici donc les recommandations de Pep’s Café !, par exemple pour un séjour en île déserte : une liste se voulant diverse, européenne(on y retrouve quelques anglophones), ludique(puisqu’il s’y cache d’autres titres)-avec une touche parodique-dont l’idée et la structure s’inspirent d’un autre blogue. Que vous disposiez de deux mois ou « de deux ans de vacances… »

 
1/ La Bible : « Les livres ». Une bibliothèque idéale à en un volume. Une source inépuisable d’inspiration et pour mieux découvrir Son auteur…
Et même, à l’instar de Robinson*, plusieurs éditions ou traductions de la Bible-surtout celles dont vous n’avez pas l’habitude. Pour ma part, en ce moment, c’est plutôt la Bible du Rabbinat français(pour l’Ancien Testament), et la TOB, pour le Nouveau Testament. Lisez-la(particulièrement les livres qui vous sont moins familiers. Pep’s Café ! propose d’ailleurs plusieurs plans de lecture), méditez-la, étudiez-la, mémorisez-la, déclamez-la,  proclamez-la, et affirmez-la.

2/ Erri de Luca, bien sûr. Ses étonnantes et excellentes « exégèses » ou méditations bibliques : « Et il dit », « Première heure », « Noyau d’olive »… Un recueil de poèmes : « Aller simple », ses nouvelles : « Le Contraire de un », et un récent récit : « le tort du soldat ». Prenez-les tous pour découvrir un écrivain « vivant » et atypique dans toutes ses facettes. Et pour vous donner envie de lire la Bible.

3/ Des philosophes et penseurs chrétiens** ; des écrits pour réfléchir, résister et s’engager :  

Kierkegaard, qu’il faut lire et relire. Par exemple, en commençant par ses  « discours chrétiens » : « Pensées qui attaquent dans le dos » aux éditions « Première partie », dans lesquelles l’auteur se fait « éveilleur » et « réveilleur » ; « Les soucis des païens », dans lesquels, au travers les enseignements de l’oiseau et du lys, nous sommes ramenés aux vraies questions : pauvreté et abondance, insignifiance et grandeur, témérité et angoisse. Voir également son « Crainte et tremblement », un traité d' »épouvante existentielle » dans lequel il est question, à travers l’exemple du sacrifice d’Abraham, du rapport personnel de l’homme à Dieu : l’existence humaine se limite-telle à une série de devoirs, ou bien l’homme est-il appelé à quelque chose de plus grand ? Une philosophie à découvrir, puisque centrée, non sur la raison mais sur l’absolu. Un absolu auquel l’individu se confronte concrètement. Ou comment vivre la vérité (pour qu’elle soit non abstraite ou purement théorique, mais « subjective », « vraie pour moi »)et à vivre, par la foi, une relation personnelle avec Dieu-un Dieu également personnel.

Des écrits de jeunes, témoignant d’un engagement certain et d’un certain itinéraire spirituel :

« Nos limites : pour une écologie intégrale», par trois jeunes initiateurs du mouvement des « Veilleurs » : Gaultier Bès, Marianne Durano et Axel Norgaard Rokvam. Court mais dense.

« Lettres et carnets » de Hans et Sophie Scholl, deux jeunes frère et soeur allemands exécutés par les Nazis, le 22 février 1943 pour avoir élaboré et distribué 6 tracts du réseau de résistance « la Rose Blanche ». Lui avait 25 ans et elle 22. Une lecture recommandable aux jeunes gens, lycéens et étudiants qui y trouveront à la fois la spontanéité de la jeunesse, les contraintes du contexte historique, et les interrogations sur le sens de la vie et de l’histoire.

Sans oublier l’éducation et de quoi réfléchir à une vision biblique du monde : « Transmettre, apprendre », de Marcel Gauchet, « A la reconquête de l’éducation chrétienne » du Dr Albert E. Greene(l’histoire philosophique et culturel d’une éducation centrée sur un parcours scolaire chrétien) et « Modèles pour la société » de Landa Cope. Autant d’ouvrages dont nous parlerons bientôt en détail.

4/ Des livres pratiques et de référence : Un bon livre de cuisine : Pour s’y faire les dents, rêver des bons plats à faire, et être capable d’accommoder n’importe quoi à n’importe quelle sauce. Et un bon vieux dictionnaire-encyclopédique, pour apprendre de nouveaux mots et jouer au fameux jeu(du dictionnaire).

5/  Gilles Boucomont : pasteur de l’église unie du Marais, à Paris et animateur de blogue(un billet tous les tremblements de terre, mais qui vaut le détour à chaque fois). Il est aussi l’auteur de deux ouvrages, édités chez « Première Partie » : « Au nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit » et « Au nom de Jésus, mener le bon combat ». Un séjour sur une île serait donc l’occasion de le lire.

6/Des romans*** : il est utile, surtout en ce moment, d’emporter « Depuis 2000 ans » de Mihail Sebastian : un roman autobiographique(version romancée de son « journal ») qui retrace les dix années de vie d’un jeune juif roumain, de 1923 à 1933. Confronté aux violences de l’antisémitisme-jusque dans les universités et dans les milieux intellectuels, il s’interroge sur les causes qui le nourrissent depuis 2000 ans. Voir aussi son stupéfiant « journal » de 1935 à 1944, un document incomparable sur cet antisémitisme qui a sévi en Roumanie dans les années 30-40 et qui n’a été publié là-bas qu’en 1996, soit 50 ans après sa mort.

Lire aussi « Le Tentateur » d’Hermann Broch : roman posthume qui raconte comment un personnage assoiffé de pouvoir mystifie la population d’un petit village autrichien.

7/ Des livres d’« aventure et de voyage ». Des ouvrages drôles ou cocasses, permettant de passer à autre chose, tels :

« En Patagonie » de Bruce Chatwin. Ou le récit authentique d’une aventure qui a commencé par ce que l’auteur, enfant, croyait être « un morceau de brontosaure »… Le récit d’un voyageur(et non d’un « touriste »), doublé d’un excellent observateur.

« Pas de vacances pour Immense Savoir » de Mark Salzman : les aventures d’un Candide ou « d’un Tintin chinois pris entre le bouddhisme et les Gardes rouges » et un hommage à un grand classique de la littérature chinoise, « La pérégrination vers l’Ouest » de Wu Cheng ‘en. Une utile initiation (pour ceux que cela intéresse, avec une visée missionnaire ou non) à la culture chinoise(par quelqu’un qui a vécu en Chine) et aux multiples différences culturelles séparant orient et occident. Un regard distancié et critique sur les religions (la nuance est importante), les cultures et les traditions, y compris le matérialisme et la société dite « de consommation, d’abondance et de prospérité »(religion moderne ?) de notre occident, dans les 1970’s. Sont également mis en valeur les notions d’engagement et de fidélité.

8/ Un peu de SF avec « Le cycle du Bourreau » de Gene Wolfe. Une œuvre remarquable pour l’écriture très riche en allusions et influencée par la foi catholique de son auteur. Intriguant et déroutant. Une invitation à une lecture attentive. Ou alors de la SF-fantasy plus classique, avec « La Trilogie cosmique » et « les chroniques de Narnia » de CS Lewis.
9/ De la BD, ou plutôt, des « romans graphiques » : « Economix » de Michael Goodwin et Dan E. Burr, et « Maus », d’Art Spiegelman. Sans oublier, dans d’ autres genres, « Mafalda » de Quino, « Calvin et Hobbes » de Bill Waterson et « Le Baron noir », une fable politique de Got et Pétillon…

10/ Plusieurs grands cahiers et carnets, et de quoi écrire le livre manquant.

 

 

 

 

Notes :

* « Robinson Crusoé » (traduction de Françoise du Sorbier) de Daniel Defoe . Pour explorer les possibilités d’une île : la vôtre.

**D’autres auteurs inspirés par la Bible, chrétiens ou non : 

Dostoïevski, inspiré par la personne de Jésus-Christ. Voir « L’idiot » ou « les frères Karamasov », pour leur figure du Christ.

Saint-Exupéry, qui ne s’est jamais présenté en chrétien, mais dont l’œuvre comporte des principes bibliques : « Citadelle », un recueil de réflexions de l’auteur du « Petit Prince » sur la condition de l’homme et son lien à Dieu. Une oeuvre qui comporte plusieurs niveaux de lecture.

Charles Péguy : un auteur chrétien catholique engagé, mort au front le 5 septembre 1914,  et pour qui la foi, inspirée de la Bible, ne peut être qu’en action. Voir, par exemple, son œuvre poétique(« Le Mystère des Saints innocents » ou « Le Mystère du porche de la deuxième vertu », une méditation en versets, plutôt qu’en vers, sur l’espérance, l’amour de Dieu et l’innocence) ou son « Notre jeunesse »(un texte écrit après sa conversion et dans lequel l’auteur revient sur tout son parcours depuis l’affaire Dreyfus. Une sorte de « testament ».)

*** Si vous avez encore de la place dans vos bagages, osez vous attaquer à des cycles romanesques ou des romans cycliques : par exemple, « Les hommes de bonne volonté » (seraient-ce ceux capables de lire les 27 volumes ?) de Jules Romains : une vaste fresque du premier quart du vingtième siècle secoué par la guerre de 1914 et par les bouleversements sociaux qui l’ont précédée et suivie. Une multitude de personnages, issus de toutes les classes sociales, de “bonne” comme de “mauvaise” volonté. A lire d’une traite ou par blocs de trois ou quatre, si vous êtes en forme.
A moins que « la comédie humaine » de Balzac ne vous tente…

 

Si vous disposez de deux mois, ou moins, privilégiez la Bible, Erri de Luca, Kierkegaard, « Nos limites », au moins un des livres sur l’éducation, le livre de cuisine, le dictionnaire et la BD « Economix ». Sans oublier un cahier et de quoi écrire.

« Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste ».

Qu’est-ce que la vérité ?

Question essentielle et fondamentale, s’il en est, puisque de la réponse dépend notre liberté. Rien moins. Nous y reviendrons.

La question avait été posée jadis par Pilate à Jésus. Le procurateur romain attendait-il une réponse ? Il semble malheureusement que non, puisque l’intéressé sortit avant de l’entendre.

Selon Héraclite, « qui cherche la vérité doit être prêt à l’inattendu, car elle est difficile à trouver et, quand on la rencontre, déconcertante ».

Il existe « une vérité qui dérange », à l’instar du film éponyme d’Al Gore.

Dans « L’ultimatum des trois mercenaires », l’ultime film de Robert Aldrich*-enfin disponible dans son intégralité chez Carlotta-qui décrit une société où l’image est omniprésente et fragmentée, et où l’on s’identifie à l’aide de numéros, le personnage du président des Etats-Unis estime que la vérité (et la transparence) est « un devoir des gouvernements, vis à vis des citoyens », qui sont jugés suffisamment mûrs pour « avoir le droit de savoir ».

Charles Péguy, enfin, a eu l’ambition de « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste. »**

Qu’est-ce que la vérité ?

D’après le Nouveau Dictionnaire Biblique Emmaüs, le mot hébreu ’emet’, dans l’Ancien Testament, généralement traduit par « vérité », est lié à un verbe qui veut dire « supporter, soutenir, établir », avec l’idée de solidité, de fidélité. Il est appliqué à des faits, qui peuvent être appréciés pour être vrais ou faux. C’est son sens intellectuel. Mais il a aussi le sens existentiel et moral qui présente la vérité en tant qu’attribut d’une personne : être vrai, c’est être droit, honnête, authentique, sûr, fidèle, juste, homme de parole…

La Vérité (absolue) existe-t-elle ?
La question est toujours d’actualité et un défi pour le chrétien, face au relativisme et à la « fuite de l’absolu », qui caractérise notre occident post-moderne et que dénonce d’ailleurs Paul Gosselin, anthropologue évangélique ( cf  http://assr.revues.org/6342 ; http://assr.revues.org/21575?lang=en )
Or, l’on sera peut être surpris de constater que cette « fuite de l’absolu » n’est pas le monopole du postmodernisme, puisqu’il est notamment revendiqué dans cet article découvert depuis peu et dont voici l’introduction : « Jusque maintenant, la seule religion qui officiellement interdit le mensonge, c’est l’Islam. Le christianisme le combat et le condamne mais ne l’interdit pas, ce qui serait ridicule ».

De quoi s’agit-il exactement ? L’auteur, présenté sous le nom d’ «Andrea De Filippi » dénonce « deux amendements relatifs à l’IVG et à la notion de « détresse » (…) qui ont été « votés par le Parlement, dans le cadre de la loi sur l’égalité  » homme-femme ». Outre le fait qu’il s’agit de postures électoralistes plus que discutables, il faut remarquer que l’un de ces deux amendements vise ni plus ni moins à interdire le mensonge ».

Une telle dénonciation, si le but est bien de mettre en garde contre les conséquences de tels amendements, peut se comprendre. Un décryptage (texte à l’appui***) aurait été pertinent et judicieux. Néanmoins, l’auteur plombe lui-même de façon maladroite son propre argumentaire(ou supposé tel). Car « Interdire le mensonge » (ce que supposerait le texte) ou « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui », semble être là le cœur du problème dénoncé par l’auteur, pour qui la fin justifie sans doute les moyens. Ce dernier se livre à un étonnant et inquiétant « plaidoyer », de toute façon peu convaincant (et fondé sur le silence, de fait de l’absence d’une seule citation biblique) sur le caractère supposé « relatif » de la vérité et du mensonge.
Cela fait beaucoup de suppositions ! On peut de fait douter du sérieux de l’auteur (dont l’identité affichée n’est peut-être que relative), et de sa capacité réelle à traiter et à maîtriser son sujet, autant dans les domaines théologiques et bibliques que juridiques. Sait-il en vérité de quoi il parle ?

Chacun jugera. Florilège :

 

« Nous savons tous que le mensonge est un concept plus que relatif ! »
Vous ne rêvez pas : c’est bien écrit. A la vingt-sixième ligne.
Ce « (nous) savons », loin d’apporter des certitudes solides, est plutôt de nature à « savonner » la marche des lecteurs sincères(chrétiens ou non), les entraînant sur un terrain glissant.

Car enfin, qu’est-ce que le mensonge ? Une « altération volontaire de la vérité dans le but de tromper ».
Contrairement à ce qui est affirmé plus haut, les Ecritures font plus que simplement « condamner » le mensonge : elles s’y opposent et l’interdisent radicalement (Ex.20v16, Deut .5v20), puisque le mensonge est associé à l’idolâtrie(Jér.10v14)et au rejet de Christ(1 Jean 2v22). A la base du péché, on trouve la volonté de « changer la vérité de Dieu en mensonge »(Rom.1v25). Le mensonge prend diverses formes, comme les demi-vérités, les faux poids, les faux serments, l’hypocrisie….

D’ailleurs, il est particulièrement périlleux de jouer avec la vérité et le mensonge, puisque « la colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive »(Rom.1v18).  De plus, « le faux témoin qui dit des mensonges », comme « celui qui excite des querelles entre frères », fait partie « des six choses que hait l’Éternel », et même « sept qui sont en abomination à son âme »(Prov.6v16-19, cf 12v22 et 14). « Celui qui dit des mensonges périra », annonce solennellement deux fois Prov.19v5, 9. Cf Lévitique 5v20-26, 2 Rois 5v20-27 et Deut.13v1-5.

Le Nouveau Testament n’est pas plus « cool » que le Premier à ce sujet : on relira cette histoire édifiante et malheureusement vraie dans Actes 5v1-11, et l’on se rappellera, en avec Apocalypse 21v8, 22v15, quelle est la part de ceux « qui aiment et pratiquent le mensonge ».

Pourquoi tant « intolérance biblique » vis à vis du mensonge ?
Cela s’explique par la nature de Dieu même : lequel est « lumière et il n’y a en Lui aucune ténèbres » (1 Jean 1v5). De fait, « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous ». (1 Jean 1v6-10)

Dieu ne ment point(Tite 1v2, Hebr.6v18) ; « L’Eternel est un Dieu de vérité »(Jer.10v10) et « la vie éternelle, c’est de connaître (le)seul vrai Dieu et Celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ »(Jean 17v3)

Par contraste, Mme de Filippi invoque ses lecteurs supposés, dont « aucun n’(est censé)ignorer qu’en réalité, il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde, abstraction faite de la foi de chacun ».
Une affirmation fausse et dangereuse, qui tend à favoriser une foi subjective, ne reposant sur rien de solide ou d’absolu, puisque selon l’auteur, « il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde ». Bref, une subjectivité plus proche de la mauvaise foi et bien éloignée de « la foi subjective »(ou personnelle-que chacun doit s’approprier et donc vivre personnellement, de manière authentique) de Kierkegaard. N’est pas philosophe qui veut.

Mieux, l’auteur assène un « Qui peut encore croire, à part quelques extrémistes de tout bord – se manifestant aussi sur ce site d’ailleurs – que dire la vérité tout le temps est possible? »

Jésus-Christ, peut-être ? Lequel « extrémiste », à moins qu’il ne soit en vérité radical, a par ailleurs affirmé : « je suis le chemin, la vérité et la vie » ?(Jean 14v6). Lequel Jésus est « le Dieu véritable »(1 Jean 5v20), « Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude… »(1 Pie.2v22) ?

A l’inverse, Satan est « menteur et Père du mensonge »(Jean 8v44, 2 Cor.11v14). Sa technique n’a pas changé depuis le commencement : « proposer une bouteille contenant 99,9 % d’eau pure et 0,1 % de poison ». En buvant, ce n’est pas l’eau de la vérité qui vous tue, mais le poison qui y est mélangé[« pas touche » in Promesses janvier-mars 2014, 187 – « l’occultisme démasqué »)

La vérité peut-être elle connue ? Oui, car la vérité est incarnée en Jésus.  Elle « est en Jésus »(Eph.4v21). La vérité existe donc : elle est non seulement incarnée, mais aussi relationnelle, à l’instar de la vie éternelle. Elle n’est donc pas relative, mais absolue. Dieu la veut reproduite en nous, Ses enfants : Eph 4v15, 21-24

A quoi reconnaît-on les disciples de Jésus ? D’abord, à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Ensuite, « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »(Jean 8, 31 – 42)

A quoi reconnaît-on les enfants du Dieu véritable, qui est lumière ? Ils rejettent « les choses honteuses qui se font en secret », ils n’ont « point une conduite astucieuse », et ils n’altèrent « point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité », ils se recommandent « à toute conscience d’homme devant Dieu » (2 Cor.4v2-4). Ils n’avancent pas masqués, agissent selon la vérité et « viennent à la lumière, afin que (leurs) œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu ». (Jean 3v19-21cf matt.5v14-16). Ils sont sanctifiés par la vérité(jean 17v17). Ils sont passés des ténèbres à la lumière, sont enfants de lumière et leur fruit consiste en toutes sortes de « bonté, justice, vérité »(1 Thes.5v5-6 ; Eph.5v8-13) : vérité relative ? Bonté relative ? Justice relative ?
A noter encore que le Saint-Esprit est « l’Esprit de vérité »(Jean 16v13) et la Parole de Dieu « est la vérité »(Jean 17v17)….à moins que les Ecritures n’aient qu’une autorité « relative » pour l’auteur ? Lequel auteur juge que « Nous mentons dans les faits, dans les attitudes, dans les paroles et tant mieux, parce que cela nous évite d’être totalement seuls et rejetés de partout ».
Un aveu personnel de l’auteur, qui n’aurait recours qu’au seul buzz pour exister ? Bref, prônons donc l’hypocrisie, levain des pharisiens (Luc 12v21).

Il est d’ailleurs singulier de pouvoir lire de tels propos sur un site s’affichant « évangélique », et qui ambitionne de donner à lire de « l’actualité chrétienne ». Il est aussi singulier que l’on ait pu écrire un tel article pour un tel site, et que le propre responsable dudit site ait pu accepter de publier un tel article.
Mais il est plus encore singulier qu’un tel article ayant provoqué plus de 100 commentaires(dont pas mal de hors-sujets) ait suscité si peu de réactions(voire presqu’aucune****) contre ce qui apparaît comme une apologie du relativisme, donnant à lire une vision caricaturale et fausse du Christianisme biblique.

Mais peut-être que cet article n’est-il en réalité qu’un vaste canular ? Faut-il le prendre « au second degré » ? Peut-être n’a-t-il en réalité pour seul but que de dénoncer le relativisme, sous le mode de l’ironie, en feignant de prendre sa défense ?
On peut rêver, mais non. La preuve étant les interventions du modérateur-le responsable du site (« Rédacteur »), qui se veut « pédagogue » pour expliquer l’intention de l’auteur :
Rédaction
23 janvier 2014 • 11 h 17 min
« Le christianisme n’interdit pas aux non chrétiens de vivre dans le mensonge ou dans de fausses croyances. C’est de cela qu’il s’agit ici ».

Ou pour rappeler à l’ordre celui qui, selon lui, n’a « rien compris à (la) chronique » :
Rédaction(23 janvier 2014 • 13 h 36 min)
« Lorsque le Christianisme a voulu « interdire le mensonge », cela s’appelait l’inquisition… On remet en place les bûchers au nom de la vérité absolue ou on accepte l’idée que interdire le mensonge chez les autres n’est pas une solution. Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. (Et le 8ème commandement***** s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… ne soyons pas comme les islamistes qui massacrent les non-musulmans qui refusent de se conformer à la charia) »

Cette mise au point de « Rédacteur » pose toutefois problème :

« Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. Et le 8ème commandement s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… »

Or, 1) Si la vérité n’est que « relative », comment combattre le mensonge ? A moins de considérer le mensonge comme relatif ? Et 2)D’autre part, cette façon d’affirmer que « le 8ème commandement « (comme les autres) ne s’’adresserait qu' »aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… » relègue de façon insultante Dieu comme un « dieu » purement et simplement tribal. Or, Dieu est le Dieu de la création toute entière et non pas seulement de l’Alliance.
Ensuite, ladite affirmation est plombée par la raison même du choix d’Israël comme « peuple élu »  ou « peuple-témoin »: Gen.12v1-3, Deut.4-9, et particulièrement face à Rom.2v11-16

 

 

Conclusion : « Il est plus facile de ruiner que de fonder »(Péguy)

Alors, « chrétiennes », les actus ? Relativement, peut-être. Mais dans l’absolu, pas vraiment.
Après le faux humour « cool », « Actu » ferait-il la promotion d’un nouveau concept, « décomplexé », « cool » et « tendance » ? « Tendance » amorale, et cynique, quasi-nihiliste ?

Bref, pour l’information et l’édification, mieux vaut aller voir ailleurs…

Pour lire, par exemple, ces excellents articles sur la vérité :

http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=119&n1=1&n2=5&n3=36

http://www.larebellution.com/2012/12/28/moi-mentir-jamais-13/

http://www.larebellution.com/2012/12/29/moi-mentir-jamais-23/

http://www.larebellution.com/2012/12/30/moi-mentir-jamais-33/

http://larevuereformee.net/articlerr/n193/verite-et-foi

http://www.publicroire.com/hokhma/divers/article/quest-ce-que-la-verite-orientations-bibliques-dans-le-debat

 

 

Notes :

*L’ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming). Réalisé par Robert Aldrich(1977, USA-Allemagne de l’Ouest)
Avec : Burt Lancaster, Joseph Cotten, Charles Durning, Richard Jaeckel, Richard Widmark, Paul Winfield, Burt Young….
Résumé : Novembre 1981. Lawrence Dell (Burt Lancaster), un ancien général de l’US Air Force condamné pour meurtre, et trois autres codétenus parviennent à s’échapper de la prison militaire où ils sont enfermés et à s’emparer de Silo 3, une base de lancement de missiles nucléaires située dans le Nevada. Depuis le centre de contrôle, Dell contacte le général Mackenzie (Richard Widmark) et menace de lâcher les neuf têtes nucléaires qu’il a en sa possession sur l’U.R.S.S. s’il n’est pas mis directement en relation avec le président David T. Stevens (Charles Durning). Il expose à ce dernier ses revendications : 10 million de dollars, la mise à disposition de l’Air Force One pour quitter le sol américain et surtout que le président rende public un document du Conseil National de la Sécurité jusqu’ici tenu secret et qui éclairerait d’un jour nouveau l’intervention américaine au Vietnam. Stevens, qui doit lui-même se rendre à Silo 3 pour prouver sa bonne foi, découvre effaré l’existence de ce document.(source : dvdclassik)

**En créant Les Cahiers de la Quinzaine en 1900, Charles Péguy proposait un nouvel espace de réflexion critique, ancré dans son temps.
L’ambition des « Cahiers » tenait dans cette formule célèbre : « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste » (Lettre du provincial).
La quasi-totalité des Cahiers de la Quinzaine est disponible sur le site internet de la Bibliothèque universitaire de Toronto (Canada). Pour y accéder, cliquer ici, puis taper « Cahiers de la Quinzaine » dans l’outil de recherche « search ».
Chacun des documents peut être soit lu en ligne, soit téléchargé (format pdf notamment), le tout gratuitement.

*** Selon l’auteur, il s’agit d’ « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ».
L’internaute Exhine(23 janvier 2014 • 21 h 08 min) donne heureusement à lire « le texte incriminé ». Lequel exhine de s’étonner(25 janvier 2014 • 13 h 34 min) « qu’aucun site » n’ait « pris la peine de donner les textes de loi et les amendements le modifiant, comme si la simple réalité n’était pas suffisante ou utile pour informer. Ou alors il faut penser que le bruit et la colère sont les objectifs recherchés ».

Article L2223-2
Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption de grossesse ou les actes préalables prévus par les articles L. 2212-3 à L. 2212-8 :
– soit en perturbant de quelque manière que ce soit l’accès aux établissements mentionnés à l’article L. 2212-2, la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces établissements ou les conditions de travail des personnels médicaux et non médicaux ;
– soit en exerçant des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans ces établissements, des femmes venues y subir une interruption volontaire de grossesse ou de l’entourage de ces dernières.
L’amendement déposé:
L’article L. 2223-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est complété par les mots : « ou de s’informer sur ces actes » ;
2° Au dernier alinéa, après les mots : « y subir », sont insérés les mots : « ou s’informer sur ».

Et de commenter : « Je ne vois pas trop comment, sur base de cet amendement, on pourrait, je cite : « Interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ». On pourrait, tout au plus, interdire à certaines associations de se rendre dans les hôpitaux avec des prospectus mensongers, pour les remettre aux femmes qui ont déjà pris l’initiative de venir à l’hôpital.
Il n’est pas question de vérité ou de mensonge, il ne s’agit, dans ce cas précis, que d’une mesure limitée visant à protéger les femmes ayant déjà décidé. On ne pourra pas poursuivre les sites internet anti-IVG sur base du nouvel amendement.
Par ailleurs, en 1980, le conseil d’état a émis cet avis: « il ressort de ce texte éclairé par les travaux préparatoires de la loi que la disposition en cause, qui présente un caractère purement facultatif, n’a ni pour objet ni pour effet de priver la femme majeure du droit d’apprécier elle-même si sa situation justifie l’interruption de la grossesse » rendant l’idée même de « notion de détresse » vide de sens. Donc le nouvel amendement ne change rien à la situation ».
(…)

D’autres commentaires sur ce texte :
http://www.numerama.com/magazine/28111-editer-un-site-anti-ivg-pourrait-devenir-un-delit-penal.html

http://www.bfmtv.com/politique/projet-loi-egalite-hommes-femmes-dit-vraiment-texte-livg-690778.html

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Avortement-les-deputes-votent-la-suppression-de-la-notion-de-detresse-2014-01-22-1094881

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/22/notion-de-detresse-dans-l-ivg-pour-ou-contre-quels-arguments_4352253_3224.html

 

****A part « Un pasteur », qui a du se sentir bien seul.
(23 janvier 2014 • 13 h 26 min) :
« Les moralistes ont donc eu tort d’énoncer le 8° commandement*** du décalogue sous la forme impérative bien connue de : « Tu ne mentiras point ». Car le mensonge n’étant que relatif, l’injonction est inapplicable, suite à des contestations sans fin.
Le « Tu ne tueras point » deviendra-t-il lui aussi caduc, si par aventure madame de Filippi venait à déclarer le concept de meurtre « plus que relatif » ? En tous cas ce qui est certain c’est que pour elle l’inconvénient de l’avortement n’est que « relatif ». Relatif à la détresse de la patiente.
En soi, il n’est pas mauvais d’avorter parce que Dieu serait absolument contre, mais parce que celle qui sera l’objet de cet acte médical, risque d’éprouver une « détresse », dont madame de Filippi a l’insigne courage de signaler aux médecins ignorants qu’elle peut survenir après l’avortement aussi bien qu’avant ».(…) Sur un autre fil un commenteur écrivait : « C’est une instrumentalisation subtile qui, sous le couvert d’un christianisme, vient tromper et déstabiliser les chrétiens de bonne foi. Compte tenu de ces observations, on peut dire que ce genre d’idéologie chrétienne n’a rien à voir avec le christianisme. »
Sur le coup je trouvais son jugement exagéré ; là je commence à penser qu’il a plus que relativement raison ».

***** Il s’agit en réalité du neuvième : voir son interprétation(intéressante et éclairante, du fait de sa connaissance de l’hébreu biblique) par Erri de Luca dans « Et Il dit »(Ed. Gallimard).
« Tu ne répondras pas dans ton compagnon en faux témoin ». Il te sera demandé et tu devras répondre. Souviens du premier, né d’une femme, qui a été interrogé : ce fut Caïn….suis-je le gardien de mon frère ? Du moment où il prononça la phrase, il s’enchaîna à elle. : il était devenu le gardien de son frère….Toi aussi, au moment où l’on te questionne, tu deviens le gardien de ton frère. »(op. cit. p83)

Voir aussi : « Tu ne soulèveras pas le nom de Yod ton Elohim pour l’imposture. Rien à voir avec la version où on lit : tu ne nommeras pas en vain. Qui peut décider quand ce nom est vain sur des lèvres ?… »Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations….tu n’oseras pas soulever ce nom pour soutenir une imposture…car n’absoudra pas Yod celui qui soulèvera son nom pour l’imposture. »….Lashàue, pour l’imposture, dit l’hébreu, rien à voir avec en vain.
On le comprend bien grâce à une autre ligne : tu ne répondras pas en témoin pour l’imposture(Lashàue)contre ton prochain »(Deutéronome/Devarim 5v20)
Op. cit. pp63-65