« En attendant la COP21 »(2) : voici comment l’Eternel nous met à l’épreuve….si nous marchons ou non selon sa loi.

« L’Eternel dit à Moïse: Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par jour, la quantité nécessaire, afin que je le mette à l’épreuve, et que je voie s’il marchera, ou non, selon ma loi. » (Ex.16v4)

Dans ce passage et dans tout ce chapitre, le verset qui m’a harponné, cette fois-ci, est celui-ci qui souligne la volonté de Dieu de « mettre le peuple à l’épreuve », en lui donnant la manne, « pour voir s’il marchera ou non selon Sa loi ». Comment cela ?

Analysons les principes posés par Dieu(en Ex.16v4-5, 16-19, 21, 29-30), en distribuant la manne au peuple. Quels sont ses commandements posés dès le départ ? Dans quel but ?
Le peuple a-t-il « marché selon Sa loi » ou non ? Comment a-t-il répondu aux commandements de Dieu ? Pourquoi ? (v20, 27-28)
Quelle application pratique voyez-vous pour aujourd’hui, notamment dans le contexte des enjeux environnementaux ? Comment le vivre dans l’Eglise, au sein de la société ? Comment ces textes pourraient-ils inspirer les gouvernants et décideurs ?

On remarque :
– un temps pour ramasser, un temps pour se reposer
– chacun ramasse selon ses besoins, ni trop, ni peu
– Dieu fixe un cadre : « un omer par tête »
– toute spéculation, comme toute tentative pour se déclarer « propriétaire » de tant d’hectares de manne, rendue impossible. Les effets de la spéculation sont décrits aux vv19-20 : en clair, si l’on stocke, « ça pue ».
– une situation où il est permis de conserver de la manne : laquelle ? Pour quelle raison ? (chercher en Exode 16) Cherchez ensuite une actualisation de cette raison.

Comparer avec 2 Corinthiens 8v8-15 : quel est le principe posé dans ce passage ?

Et voir encore notre note de blogue pour approfondir ces passages.

Sur ce, bon week-end !

Notre regard sur la justice ou « Le conte des balances »

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Qu’est-ce que la justice ? La justice de Dieu ?

Une question essentielle qui mérite une étude biblique à elle toute seule. Et ce, d’autant plus que, de même qu’il ne saurait y avoir d’unité sans vérité, il ne saurait y avoir de paix sans justice.

Qu’est-ce que la justice ? Comment « bien juger » ? Tout dépend « de quel côté l’on se place ».

Et Dieu, dans tout cela ? De quel côté se place-t-Il ? Et Ses prophètes, parlant en Son nom ?

Pour illustrer ce propos, voici un conte ou une parabole moderne, intitulé : « le conte des balances ». L’on parle bien ici de ce qui sert à peser et non du terme argotique servant à désigner les indicateurs ! 😉

 

Il y avait une fois, dans une ville d’orient dont je ne me rappelle plus le nom, un vieux sage nommé Abou ben Khalif. Il était si vieux que personne ne se souvenait de l’avoir vu jeune, si blanc, qu’on ne pouvait même pas imaginer que ses cheveux eussent été noirs, si cassé qu’on aurait dit qu’il était né bossu, avec une béquille à la main.
A la fin pourtant, il atteignit la limite des jours ; et comme il se sentait sur le point de mourir, il fit appeler le cadi, c’est-à-dire le juge du village.
-« Cadi », lui dit-il d’une voix faible, « ouvre ce coffre et prends-y mon héritage : il est pour toi. »
Le cadi ouvrit avec empressement le coffre, qui était grand ; mais il fit la grimace en s’apercevant que le coffre était vide, ou presque : il ne contenait qu’une petite balance aux plateaux de cuivre.
-« Prends cette balance », continua le mourant. « Tu découvriras bien vite ses propriétés merveilleuses. Non seulement elle pèse exactement tous les poids, du plus lourd au plus léger, malgré sa petite taille ; mais tu peux y peser bien d’autres choses que des marchandises. Tu peux y peser les actions et les pensées des hommes, leurs paroles et leurs promesses. Jamais elle ne te trompera. Il faut faire bien attention, seulement… »
-« ….Seulement ?… » demanda le cadi.
Mais le pauvre vieux sage fit un signe de la main pour dire qu’il ne pouvait plus parler ; la parole, en effet, s’étrangla dans sa gorge, et à l’instant même, il expira.
Le cadi se trouva à la fois très heureux et très embarrassé. Heureux parce qu’il aimait la justice et la gloire ; il pensait qu’avec l’aide de ses balances, il deviendrait bientôt le plus sage des cadis, agréable aux yeux de Dieu et de grande réputation parmi les hommes. Embarrassé, parce qu’il comprenait que le vieux sage aurait voulu lui donner encore un renseignement, lui faire une recommandation suprême : mais il ne pouvait deviner laquelle. Les parents et les voisins du mort arrivèrent pour rendre à sa dépouille les derniers devoirs ; le cadi mit les balances sous son bras et rentra chez lui.
A quelques jours de là, deux marchands vinrent trouver le cadi. L’un d’eux, Mohammed, avait prêté à l’autre, qui s’appelait Omar, cent dinars d’argent, six mois plus tôt. Omar venait de rendre les cent dinars, ou du moins il affirmait les avoir rendus ; Mohammed, au contraire, soutenait n’en avoir reçu que quatre-vingt-dix et réclamait les dix derniers. Le cadi les écouta. Chacun d’eux affirmait et jurait, invoquant le nom saint de Dieu au milieu d’une histoire si embrouillée que le Bon Roi Salomon lui-même n’y aurait rien compris. Le cadi se tirait la barbe, perplexe.
-« Mais, au fait », pensa-t-il tout à coup, « c’est le moment d’essayer ma balance ! »
Il alla chercher la petite balance(…) Dans l’un des plateaux, il mit cent dinars d’argent et, sur l’autre, la parole d’Omar qui disait les avoir rendus. Les cent dinars étaient plus lourds que la parole d’Omar.
-« Hum !… » fit le cadi, qui ôta un dinar, puis deux, puis trois, puis dix. Alors, lorsqu’il n’y eut plus que quatre-vingt-dix dinars, les deux plateaux s’équilibrèrent(…)exactement. Il se tourna vers Omar, stupéfait :
-« Tu n’as rendu que quatre-vingt-dix dinars ; donne le reste ».
Omar s’exécuta. Mohammed se réjouit ; ils sortirent tous deux remplis d’admiration pour la sagesse du cadi aux balances.
Le surlendemain, deux hommes se présentèrent devant la porte du cadi. Ils étaient très rouges, les habits en désordre : l’un se tenait la joue droite à deux mains ; l’autre appuyait fortement un chiffon de linge sur son côté gauche ; un peu de sang coulait entre ses doigts.
-« Sage cadi », s’écria le blessé, « cet homme vient de me frapper d’un coup de couteau, la blessure me brûle et mon sang coule. »
-« Très sage cadi », reprit l’autre, « il ne te dit pas qu’il m’a, le premier, insulté et frappé du poing, si fort qu’une de mes dents m’est tombée de la bouche et que je l’ai crachée comme un noyau de datte. »
-« Et que voulez-vous ? » demanda le cadi.
Ils dirent ensemble : « justice ! »
Le cadi alla chercher sa balance : il mit d’un côté la dent arrachée, de l’autre le coup de couteau. Le coup de couteau était beaucoup trop lourd.
-« Hum !… » fit le cadi. « Cela ne va pas ». A la place du coup de couteau, il mit successivement un coup de poing, un coup de pied, un coup de bâton…les deux plateaux n’arrivaient pas à s’équilibrer.
-« J’y suis ! » s’écria-t-il tout à coup. En face de la dent arrachée, il mit sur le plateau une seconde dent : et aussitôt les deux plateaux restèrent de niveau et immobiles.
-« Voici ma sentence », dit gravement le cadi. « Tu as eu tort de lui faire sauter une dent, mais il a eu tort de te rendre un coup de couteau. Pour sa dent arrachée, il avait le droit de te prendre une dent : ni plus ni moins. C’est clair ? »
Et il renvoya doucement les deux plaideurs, si surpris d’une pareille sagesse qu’ils en oubliaient leur querelle.
Bientôt, comme il l’avait souhaitait, sa réputation s’étendit dans toute la contrée et même dans les pays voisins : on venait de loin consulter le cadi aux balances ; devant lui, le mensonge hésitait, la ruse était confondue, tous l’appelaient le juste et l’ami de Dieu.
-« J’ai été bien sot », se disait-il parfois, « de me faire du souci pour cette phrase inachevée d’un vieux mendiant. Sans doute, il avait perdu son bon sens au dernier moment, ce qui peut arriver aux plus sages. J’ai eu assez de pénétration pour trouver la manière de me servir de ces balances, sans avoir besoin qu’on me donne la leçon. Les balances sont bonnes, mais il est vrai aussi que je suis sage. »
L’orgueil remplissait son cœur et il ne s’était jamais dit qu’il y a, peut-être, une justice plus juste et plus difficile à rendre que celle qu’il pratiquait.
Un jour d’entre les jours-il était devenu vieux à son tour et sa tête s’inclinait sous le poids des années-un jour d’entre les jours, comme il rêvait, assis devant sa porte, il vit venir à lui un jeune voyageur, beau de visage, droit de stature, l’air noble et radieux, qui le salua respectueusement. Le cadi lui répondit avec bienveillance et même avec curiosité car les voyageurs sont souvent des envoyés de Dieu qui nous apportent des enseignements pleins de profit.
-« Bienvenu sois-tu », dit-il, « en ce pays…. »
Le jeune voyageur tira de sous son burnous une sorte de boîte en osier de forme allongée.
-« Je suis venu », dit-il, « exprès pour te voir et t’apporter ceci… »
De la boîte d’osier, il sortit une balance aux plateaux de cuivre, exactement semblable à celle du cadi.
-« Cette balance », dit-il….
-« J’ai la pareille », répliqua le cadi.
-« Crois-tu ? » demanda l’étranger.
Le lendemain était un jour de marché. Les jours de marché, le cadi s’installait avec ses balances sur le pas de sa porte(…)Du matin au soir, il pesait sa justice, comme un marchand d’épices pèse du poivre, avec soin, avec précision, mais sans hésiter. Il venait de s’asseoir(…)quand il vit reparaître l’étranger. Celui-ci le salua en s’inclinant profondément, la main sur le cœur, ce qui est le signe du plus grand respect ; puis il s’assit par terre à quelque distance, sans façon, ses balances entre les pieds.
Les premiers qui se présentèrent furent deux jardiniers qui travaillaient au jardin du cadi. Ils venaient toucher leur salaire de la semaine, ayant chacun bêché, arrosé, ensemencé la moitié du jardin. C’était si simple que le cadi n’aurait même pas eu besoin de balances pour régler cette affaire-là. Toutefois, il pesa scrupuleusement deux salaires égaux et remit à chacun des jardiniers ce qui lui était dû. Tous deux s’en allaient contents, ou du moins sans rien dire, quand l’étranger les arrêta au passage.
-« A mon tour », dit-il, « si le cadi le permet ».
Le cadi comprit que l’étranger voulait essayer ses propres balances ; il fit oui de la tête et de la barbe, bien sûr que sa pesée était juste. Alors l’étranger mit sur un plateau le salaire du premier jardinier, et, sur l’autre, la femme et les trois petits enfants qu’il avait à nourrir ; et le salaire se trouva beaucoup trop léger(…) Il ajouta quelques pièces de monnaie dans le plateau du salaire ; l’équilibre s’établit ; après quoi, il donna au jardinier son salaire ainsi augmenté. Le cadi était stupéfait et vexé.
-« Je me serai donc trompé ? » s’écria-t-il.
-« Il faut le croire », répliqua l’étranger.
-« Et l’autre ? »
-« Nous allons voir ».
L’étranger recommença l’opération pour le second jardinier ; mais comme ce jardinier était célibataire et n’avait personne à nourrir, le salaire se trouva suffisant, et l’équilibre s’établit du premier coup.
-« Pour celui-là », dit l’étranger, « son compte est juste. » Ce qui consola un peu le cadi.
Le cadi n’avait pas encore eu le temps de bien réfléchir à ce qui venait de se passer qu’un maître et son esclave parurent devant lui. L’esclave était entravé comme un bœuf par de grosses cordes aux pieds et aux mains. Le maître avait un bandeau sur l’œil.
-« Lumière de justice ! » dit le maître en s’inclinant, je n’ai pas voulu châtier moi-même la faute de mon serviteur, je viens m’en remettre à ta sentence. »
-« Tu as bien fait », répliqua le cadi gravement. « Le châtiment qui vient du juge est la justice ; de l’offensé, c’est la vengeance. »
-« Il m’a », reprit le maître, « désobéi et résisté ; et comme je lui reprochais sa rébellion, il s’est jeté sur moi avec tant de violence que mon œil gauche a perdu la vue. »
-« Pour un œil… » reprit le cadi. Mais il n’osa pas achever sa phrase ; il regardait l’étranger.
-« Pèse », dit l’étranger ; je pèserai après. »
Alors le cadi plaça dans un plateau l’œil crevé du maître, et, dans l’autre, l’œil qu’on allait arracher à l’esclave. Il avait fait cette pesée des centaines de fois et, cette fois encore, l’équilibre se trouva juste. Mais il éprouvait tout de même un peu de doute et d’inquiétude devant son infaillible balance.
-« A ton tour », dit-il à l’étranger.
Alors l’étranger mit dans un plateau le châtiment et dans l’autre toute la vie misérable de l’esclave, les mauvais traitements qu’il avait souvent reçus, ses journées de travail sans récompense…et le châtiment se trouva beaucoup trop lourd.
-« Tu vois… », dit l’étranger.
C’était la première fois que le cadi remettait une sentence à la huitaine ; aussi les plaideurs furent-ils stupéfaits. Ils le furent plus encore quand le cadi déclara qu’il se sentait souffrant et que le reste de l’audience aurait lieu plus tard. Il fit signe à l’ étranger, l’étranger le suivit, et ils s’enfermèrent ensemble dans la chambre la plus secrète de la maison.
-« Jeune homme », dit le vieux cadi, « tes balances me paraissent meilleures que les miennes. Vends-les-moi. »
L’étranger se mit à rire.
-« Tes balances », dit-il, « sont excellentes, tu n’en trouveras pas de meilleures. La question est de savoir ce que tu mets dans les plateaux(…)Quand tu mets sur un plateau le salaire de ton serviteur, que mets-tu sur l’autre ? »
-« Mais…son travail », fit le cadi.
-« Tu n’as jamais pensé à compter aussi les petits enfants du jardinier, le pain qu’il faut leur donner, leurs cris quand ils ont faim ? »
-« Non », avoua le cadi.
-« Tu mets sur un plateau le châtiment. Et sur l’autre ? »
-« La faute », répliqua vivement le cadi, « la faute et l’offensé. Jamais je n’ai permis qu’on prît plus d’une dent pour une dent, plus d’un œil pour un œil. »
-« Tu n’as jamais pesé l’ignorance du coupable ? Les injustices qu’il a souffertes ? »
-« …Non », avoua le cadi.
Il resta longtemps songeur(…)
-« Je commence à croire », dit-il enfin, qu’Abou ben Khalif voulait m’expliquer tout cela quand la mort lui a coupé la parole. Ses balances sont de bonnes balances. Peut-être n’ai-je jamais su bien m’en servir. »
-« Peut-être », dit l’étranger.
-« Pourtant », reprit le vieil homme, « pourtant j’ai aimé la justice ; à présent que je vais mourir, je ne regrette pas de lui avoir consacré ma vie. D’autres la serviront mieux, je m’en réjouis. »
-« Tu peux », dit l’étranger, « la servir encore. »
-« Non », répliqua le vieux cadi. « Je ne saurai pas faire ces pesées nouvelles. Du reste, je sens que je vais mourir ; je comprends que tu as été envoyé ici par Dieu pour m’enseigner avant ma mort ce que je n’avais pas trouvé tout seul et pour me remplacer(…) C’est toi qui va devenir le cadi aux balances. Tu feras de meilleures pesées. Promets-moi seulement de ne pas apprendre aux hommes à railler et à mépriser ma mémoire ; car enfin j’ai fait ce que j’ai pu. »
-« Je te promets », répondit l’étranger. « Quand j’aurai pesé et jugé toute ma vie, peut-être un autre viendra-t-il me dire à son tour qu’il fallait mettre autre chose dans les plateaux. »
-« Ce qui me chagrine », reprit le cadi d’une voix affaiblie, « ce qui me chagrine, c’est de voir que la justice est changeante. Je me la représentais éternelle et toujours pareille. »
-« Elle l’est », dit l’étranger. « Seulement nous ne la découvrons que petit à petit. Ce qui change, ce n’est pas la justice, c’est l’idée que nous nous en faisons. C’est nous qui nous trompons, ce n’est pas elle. »
-« J’aime mieux ça… », murmura le cadi.
Sa vieille tête s’inclina sur sa vieille poitrine, il poussa un vieux soupir : il était mort.

 

 

Pour aller plus loin :

« Tu ne commettras point d’iniquité dans tes jugements : tu n’auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice » (Lévit.19v15) ; « Vous ne commettrez point d’iniquité ni dans les jugements, ni dans les mesures de dimension, ni dans les poids, ni dans les mesures de capacité. Vous aurez des balances justes, des poids justes, des épha justes et des hin justes. Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte. »(v35-36)

« L’Eternel est juste dans toutes ses voies et bienveillants dans toutes ses oeuvres »(Ps.145v17) ; Il « fait droit aux opprimés »(Ps.146v7)-c’est à dire qu’Il entend leurs cris et considère que leurs plaintes « pèsent » suffisamment pour être intervenir en leur faveur.

Voici une situation, concernant « le géant » Amazon, dans cet article de Jean-Baptiste Malet, paru en novembre 2013 dans « Le Monde diplomatique »(« Amazon, l’envers de l’écran »). Comment « jugeriez-vous » cette situation ? « De quel côté » vous placez-vous ? Et pourquoi ?

 

Notes :

D’après Waltz, Henriette. Le Conte des Balances IN Récits et nouvelles – 1 (ANTHOLOGIE) Textes réunis par Jacques GOUTTENOIRE. HACHETTE, 1978

Le conte est tirée originairement des « Histoires pour le petit François ». Ed. Fernand Nathan
(L’auteure, née en 1875 et morte en 1968, fut professeur de philosophie et enseigna plusieurs années à Alger. Pourrait-on refuser de voir un lien entre ces faits, la forme du conte et son cadre ? )

Dieu sur le banc des accusés…

Dieu peut-il nous juger ? Et si, Lui-même, venait sur Terre, "en personne" ? (BD de Marc-Antoine Mathieu. Edition Delcourt, 2009)

Dieu peut-il nous juger ?
Et si, Lui-même, venait sur Terre, « en personne » ?
(BD de Marc-Antoine Mathieu. Edition Delcourt, 2009)

Dieu serait-il indifférent à la souffrance ?

Une parabole, récupérée je ne sais comment, fin 1990-2000, sur version papier, tapée à la machine, non datée et d’auteur inconnu. La seule source mentionnée sur le document est : tiré de « Right on », Christian Libération, Berkeley(Californie). A ce jour, je ne l’ai pas retrouvée ailleurs. Je vous la livre telle quelle :

 

A la fin des temps, des milliards d’hommes étaient dispersés sur une plaine immense devant le trône de Dieu. Quelques individus des groupes sur le devant parlaient avec fougue, sans reculer de honte mais au contraire avec violence :

« Comment Dieu ose-t-il nous juger ? Qu’est-ce qu’il connaît de la souffrance ? » lança sèchement une femme brune en se moquant. Elle retroussa brusquement sa manche pour montrer un numéro tatoué dans un camp de concentration nazi. « Nous avons enduré la terreur, les coups, la torture et la mort. »

Dans un autre groupe, un homme noir baissa son col : « et ça alors ? » cria-t-il en montrant une affreuse brûlure faite par une corde. « Lynché pour aucun autre crime que celui d’être noir. Nous avons suffoqué dans les bateaux d’esclaves, été arrachés à nos bien-aimés, travaillé dur jusqu’à ce que seule la mort nous accorde du répit. »

Comme Dieu avait de la chance de vivre au ciel où tout n’est qu’harmonie et lumière, où il n’y a pas de larme, pas de peur, pas de faim, pas de haine. En effet, qu’est-ce que Dieu pouvait bien connaître de ce que l’homme avait été forcé d’endurer sur cette terre ? « Après tout, Dieu mène une petite vie bien tranquille, bien protégée ! » disaient-ils.

Alors, chaque groupe envoya un leader, choisi parce qu’il avait souffert le plus. Il y avait un juif, un noir, un intouchable de l’Inde, un enfant illégitime, une personne venant d’Hiroshima et une d’un goulag de Sibérie. Au centre de la plaine, ils se consultaient entre eux. En fin de compte, ils furent prêts à présenter leur cas.

C’était simple : avant que Dieu puisse être qualifié pour être leur juge, il devrait endurer ce qu’eux-mêmes avait enduré. Leur décision était que Dieu devrait subir la sentence de vivre sur la terre comme un homme. Mais puisqu’il était Dieu, ils mirent en place des garanties pour s’assurer qu’il ne puisse pas utiliser ses pouvoirs divins afin de s’aider lui-même :

-Qu’il naisse de « race juive ».

-Que la légitimité de sa naissance soit mise en doute de sorte que personne ne sache qui était vraiment son père.

-Qu’il puisse défendre une cause tellement juste et radicale qu’elle ferait fondre sur lui la haine, la condamnation et les efforts pour l’éliminer de toutes les principales autorités (not. religieuses) établies.

-Qu’il puisse tenter de décrire ce qu’aucun autre n’a jamais vu, goûté, entendu ou senti. Qu’il puisse tenter de communiquer Dieu aux hommes.

– Qu’il soit trahi par ses plus chers amis. Qu’on puisse l’inculper sur de fausses accusations, qu’il puisse être jugé par un jury partial et qu’il soit reconnu coupable par un juge lâche.

– Qu’il puisse connaître ce que c’est que d’être terriblement seul, complètement abandonné de tout être vivant. Qu’il soit torturé et qu’il meure de la mort la plus humiliante qui soit avec des brigands ordinaires.

 

Alors que chaque leader énonçait sa part de la sentence, des grondements, des murmures d’approbation s’élevaient de l’immense foule.

Lorsque le dernier eut terminé de prononcer la sentence, il y eu un long silence. Plus personne ne murmura un seul autre mot. Parce que, soudainement, tous le reconnurent :

Dieu avait déjà subi cette sentence !

 

Pour en savoir plus, lire cette histoire, racontée par un historien, puis cette autre version. Pour commencer !

La source de ton salut. Ton trésor.

Le Seigneur domine la situation, il réside là-haut.

Partout dans Jérusalem, il a instauré le droit et l’ordre*.

Quant à toi, peuple du Seigneur, tu pourras vivre en sécurité. Être sage et connaître Dieu, c’est être riche du salut** ; honorer le Seigneur, c’est cela ton trésor ! (Es.33v5-6. BFC)

 

Notes :

* Il remplit Sion de droiture et de justice (LSG)

** La sagesse et l’intelligence sont une source de salut(LSG)

« L’aveugle et le boiteux n’entreront pas dans la maison ! »

Et pourtant…
(Méditation sur 2 Sam.5v6-8 et 9v1-13)

« Et le roi marcha avec ses hommes sur Jérusalem, contre les Jébusiens qui habitaient le pays ». (2 Sam.5v6)
Les Jébusiens, censés être chassés du pays de Canaan du temps de Josué, (Jos.15v63) ont encore le contrôle de Jérusalem au temps du Roi David. Ce dernier souhaite prendre le pouvoir de cette ville. Les Jébusiens se moquent de David (« Tu n’entreras pas ici, à moins que tu n’aies repoussé les aveugles et les boiteux ! C’était pour dire : David n’entrera point ici. »), mais le roi remporte tout de même la victoire, « (s’emparant) de la forteresse de Sion : c’est la cité de David. Et David dit ce jour-là : Quiconque battra les Jébusiens et atteindra les créneaux, et les boiteux et les aveugles, ennemis de David… C’est pourquoi l’on dit : L’aveugle et le boiteux n’entreront point dans la maison. » (2 Sam.5v6-8)
Comment comprendre une telle parole, si dure, contre « l’aveugle et le boiteux » ? Cela ne signifie nullement que Dieu rejette les handicapés. L’aveugle et le boiteux symbolisent les hommes pécheurs et évoquent une imperfection morale et spirituelle : La loi précise qu’un boiteux est exclu du service du Temple : «quiconque a un défaut corporel ne s’approchera pas: l’homme aveugle, ou boiteux (…) Nul homme de la semence d’Aaron, le sacrificateur, en qui il y aura quelque défaut corporel, ne s’approchera pour présenter les sacrifices de l’Éternel… » (Lévit.21 v17-21). De même, aucun sacrifice présentant un défaut corporel ne peut être sacrifié à Dieu et agréé par Lui (Lévit. 22v20 et Deut.15v19, 21). La parole de David  exclut les aveugles et les boiteux de la maison de Dieu et donc de la présence de Dieu. L’expression « Qui sont les ennemis de David » témoigne de cette haine de David pour le mal,  à l’image de l’attitude de Dieu face au péché : « Tes yeux sont trop purs pour voir le mal » (Habakuk 1v13) ; « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom.3v23)
Plus tard, David est roi et vainqueur de tous ses ennemis.  Il se souvient alors d’une promesse : « … Est-ce qu’il y a encore quelque survivant de la maison de Saül ? Et je lui ferai du bien pour l’amour de Jonathan. » (2 Sam.9v1) David manifeste-là une bien grande bienveillance, pour l’époque ! Alors même lorsque Saül le pourchasse, cherchant à le tuer, David a eu deux occasions de tuer son ennemi mais l’a toujours épargné, voyant en lui l’ « oint de l’Eternel » et le père de Jonathan (1 Samuel 24 et 26). David aimait Jonathan, et « Jonathan » aimait David « comme son âme » (1 Sam.18v1). Ils s’étaient jurés une amitié inébranlable (1 Samuel 20v12-17). Plutôt que de se venger, David, au contraire,  souhaite manifester « une bonté de Dieu » (v3), c’est-à-dire, une très grande bonté, semblable à celle de Dieu, à celui que l’on trouverait de la maison de Saül qui l’avait tant persécuté.

« Et il y avait un serviteur de la maison de Saül, nommé Tsiba. Et on le fit venir vers David, et (…) le roi dit : Ne reste-t-il personne de la maison de Saül pour que j’use envers lui de la bonté de Dieu ? Et Tsiba dit au roi : Il y a encore un fils de Jonathan perclus des deux pieds. » (2 Sam.9v2-3)

Ce fils de Jonathan cumule un double handicap :

– Il est « Boiteux ». 2 Samuel 4:4 nous informe de l’origine de son infirmité, en même temps que son identité : à la « nouvelle de la mort de Saül et de Jonathan; sa nourrice le prit et s’enfuit, et, comme elle précipitait sa fuite, il tomba et resta boiteux ; son nom était Mephiboscheth » (qui signifie « exterminant la honte » des idoles).

– Il est « de la maison de Saül ».

Il avait donc deux raisons de craindre David ! Par nature, il aurait pu être compté parmi les boiteux et les aveugles qui avaient mérité la haine du roi. (Voir 2 Sam.5v8) Sans ressources,

Mephibosheth se cache, « à l’est du Jourdain, non loin de Mahanaïm à Lodebar » (nom qui signifie « lieu sans pâturage »), où quelqu’un l’a recueilli (v4).
« Et le roi David l’envoya chercher (…) Et quand Méphiboseth, fils de Jonathan, fils de Saül, fut arrivé auprès de David, il tomba sur sa face et se prosterna. Et David dit : Méphiboseth ! Et il dit : Voici ton serviteur.Et David lui dit : Ne crains point, car certainement je te ferai du bien pour l’amour [ou à cause] de Jonathan, ton père ; et je te ferai rendre toutes les terres de Saül, ton père, et toi tu mangeras toujours à ma table.» (2 Sam.9v4-7)

Mephiboseth pouvait s’attendre à être mis à mort, puisqu’il est boiteux et ennemi de David. De sa propre volonté, il ne serait jamais allé vers lui. Ainsi, l’homme qui se sait pécheur et qui ne connaît pas la grâce de Dieu ne peut que fuir la lumière divine. Or, il faut venir à la lumière et confesser son péché, pour être pardonné (1 Jean 1v7-9). David répète à nouveau (v 7) son intention bienveillante devant Mephiboseth et lui dit : « ne crains pas ». Cela nous rappelle les paroles du Seigneur Jésus à Pierre quand ils étaient ensemble dans la barque (Luc 5:8-11).

En entendant la parole de David, Mephibosheth « se prosterna de nouveau devant le roi et dit : « Qu’est ton serviteur, que tu aies regardé un chien mort tel que moi ?» (2 Sam.9v8) Il se sent indigne, conscient n’avoir aucun mérite de cette bienveillance à son égard. Il sait que David tient sa vie entre ses mains. Il se considère comme « un chien mort » (v 8). On se souviendra peut-être que David lui-même s’était estimé tel devant Saül (1 Sam. 24.15) : Mephibosheth se trouve donc devant « un sauveur » qui s’était lui-même abaissé et qui peut le comprendre. De même, nous connaissons l’abaissement du Seigneur Jésus jusqu’à la mort de la croix (Phil. 2.8) et sa « compassion pour nos faiblesses » (Heb.4v15).
Ainsi, de même que Méphiboseth était boiteux (incapable, indigne) et ennemi de David : « … lorsque nous étions encore sans force [boiteux], Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. (….) Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs [indignes], Christ est mort pour nous.(….)Car si, lorsque nous étions ennemis [«de la maison de Saül], nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » et « sauvés par sa vie ». (…) « Nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation. » (Rom.5v6-11). David dit à Mephibosheth que certainement il lui fera du bien « à cause de Jonathan ». De même, Dieu nous pardonne en Jésus, Son Fils : « (nous sommes) justifiés (rendus justes) gratuitement par (la) grâce (de Dieu), au moyen de la rédemption (du salut) qui est en Jésus-Christ. »(Rom.3v24).

Mais David fait encore plus que pardonner à Mephibosheth : il l’enrichit et l’admet à sa table, comme quelqu’un de sa famille. « Méphiboseth mangea à la table [de David] comme un des fils du roi (…) et il était boiteux des deux pieds. » (2 Sam.9v11, 13). « Mephibosheth mangera à la table du roi ». Cette promesse, répétée 3 fois (v.7, 10,11) est respectée (v.13). En plus d’être élevé à la table du roi, les biens et les serviteurs de sa famille lui sont rendus (v10). Dieu nous invite « à Sa table », alors que nous sommes indignes. Il nous regarde avec bienveillance, de « cette bonté de Dieu », nous voyant à travers la justice de Son Fils.

On lira ou relira avec profit d’autres histoires de boiteux dans la Bible : la guérison des aveugles et des boiteux dans le temple par Jésus, marquant l’irruption dans le sanctuaire des rejetés et des exclus, « aveugles et boiteux », à qui Jésus redonne un accès direct à Dieu (Matt.21v1-17), une autre guérison d’un boiteux, « à la porte du temple »( Actes 3v1-26, 4v1-4) et la parabole des noces, qui se conclut par cette invitation : « convies les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles » (Luc 14v21)

La fidélité ne paye pas de mine, mais sa valeur(sa solidité)s’éprouve dans la durée…

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre du billet, nous n’allons pas parler du mariage.

Mais plutôt de la fidélité de Dieu.

Je vous invite à lire, aujourd’hui, le psaume 89, et plus particulièrement les versets 1-18, dans la version du Rabbinat français.

Il s’agit d’un « Maskîl »(ou cantique) d’Ethân l’Esrahite.

Connaissez-vous Ethân l’Esrahite ? Non ? Vous avez tort, car il s’agit d’un homme sage(quoique moins que le Roi Salomon). Ce cantique est, semble-t-il, sa seule oeuvre. Mais quelle oeuvre ! Elle est pour le Roi !

« Toujours », dit-il, « je chanterai les bontés du Seigneur; d’âge en âge, ma bouche proclamera ta fidélité. Car, dis-je, la bonté aura une durée éternelle; dans les cieux tu as rendu immuable ta fidélité.(v2-3)

…….les cieux célèbrent tes merveilles, ô Seigneur, l’assemblée des saints ta fidélité(v6).
Seigneur, Dieu-Cebaot[Dieu des Armées], qui comme toi, est éternellement puissant? Ta fidélité rayonne autour de toi.

Tu domines l’orgueil de la mer; quand ses vagues se soulèvent, tu apaises leur fureur. Tu as écrasé la fière Egypte comme un blessé à mort; par ton bras puissant tu as dispersé tes ennemis.(v9-11)

Ton bras est armé de force, puissante est ta main, sublime ta droite. La justice et le droit sont la base de ton trône, l’amour et la vérité marchent devant toi.  Heureux le peuple connaissant les chants de victoire, cheminant, Eternel, à la lumière de ta face! Sans cesse ils sont en joie à cause de ton nom, et s’élèvent par ta justice. Car la parure de leur force, c’est toi; par ta bienveillance s’élève notre puissance« .(v14-18)

Dieu est fidèle. Il est fiable. Il est puissant.

« Puissamment » bon et fidèle.

« La fidélité de Dieu est immuable » et elle ne fait jamais défaut. Si c’était le cas, tout s’écroulerait.

Mais Dieu n’est pas un homme(instable, changeant)pour décevoir. Sa fidélité est notre stabilité(ainsi que celle de l’univers) et notre sécurité.

La justice et le droit de Dieu(v15) ne sont pas « ce qui se voit immédiatement », mais ils constituent la base, le fondement, de Sa Seigneurie. « Immédiatement visibles » sont « l’amour et la vérité », qui « marchent devant Lui », et le « précèdent ».

C’est par l’amour(ou la grâce) et la vérité que Dieu se fait connaître aux hommes.

Ces quatre piliers(la justice, le droit, l’amour et la vérité), révélateurs de ce que Dieu est, sont également une réponse à ce qui peut nous opprimer. « Par (Son) bras puissant (Il a) dispersé (nos) ennemis »(v11).

La Parole de Dieu nous rappelle qui sont nos ennemis : la chair(1 Pierre 2v11 ; Rom.8v5-8 ; Gal.5v19-21), le monde(1 Jean 2v16) et le diable(1 Pierre 5v8).

Juges 7v25, 8v10-21, nous donnent les noms de quatre autres :

-« Oreb »(« le corbeau », ou « le voleur ») ;et « Zéeb »( » le loup », ou « le tueur »), princes de Madian(Juges 7v25). Nous bénéficions du droit de Dieu, contre le voleur, et de Son amour, contre le tueur.

-« Zébach »(« victime ») et Tsalmunna(« Protection déniée »), autres rois de Madian(Juges 8v10-21) : la vérité de Dieu nous protège contre le premier, et Sa justice contre le second.

Dieu est « comme un héros qui sauve » : Il nous rend capable d’aimer comme Lui, de vivre selon Sa justice, et d’être fidèle(cf 1 Jean ; Gal.5v22). Jésus « nous a lavés de nos péchés par son sang » et a fait de nous « Rois et sacrificateurs pour Dieu, son Père »(Apoc.1v5-6). Et le devoir du Roi, c’est d’« ouvrir la bouche en faveur du muet, pour la défense de tous les vaincus du sort ». D’« ouvrir la bouche pour juger avec équité et faire droit au pauvre et à l’indigent »(Prov.31v8-9).

Pep’s café lungo : « et il ne sera question de confondre… »

…..car le Roi de justice vous restaure et vous transforme !

(Après son « expresso », Pep’s café ! vous invite à déguster son « lungo »)

 

http://www.publicdomainpictures.net/view-image.php?image=21104&picture=cafe&large=1 Dieu a le pouvoir de vous aider, de vous restaurer et de vous transformer...

http://www.publicdomainpictures.net/view-image.php?image=21104&picture=cafe&large=1
Dieu a le pouvoir de vous aider, de vous restaurer et de vous transformer…

A l’heure où le cynisme, l’injustice et l’immoralité sont érigés en vertus, la réponse de Dieu à cette confusion et au fatalisme :

« Voilà qu’un roi régnera alors pour la justice et que des princes gouverneront pour le droit.
 Ils seront tous comme un refuge contre le vent et un abri contre l’orage, comme des cours d’eau dans des lieux arides,
comme l’ombre d’un rocher puissant sur un sol altéré.
Ceux qui voient n’auront plus les yeux troubles, ceux qui entendent prêteront une oreille attentive.
L’intelligence des gens légers apprendra à connaître, et la langue des bègues s’exprimera avec facilité et clarté.
L’homme pervers ne sera plus qualifié de noble et le fourbe ne passera plus pour généreux.
Car l’homme pervers débite des propos pervers, son cœur machine l’iniquité, pour accomplir des actions scélérates, proférer contre Dieu des faussetés,
pour faire languir d’inanition celui qui a faim et priver de breuvage celui qui a soif.
Le fourbe, ses armes sont mauvaises; il trame des projets perfides, afin de perdre les pauvres par des paroles de mensonge et l’indigent qui réclame son droit ».
(Es.32v1-7*)

 

Et un encouragement à la noblesse. La vraie :

L’homme généreux, lui, ne conçoit que des desseins généreux, et il persévère dans sa noblesse.

« L’homme généreux, lui, ne conçoit que des desseins généreux, et il persévère dans sa noblesse »(v8)**.

 

Sur ce, bon vendredi 13 ! 😉

 

 

Notes :

* Dans la traduction du Rabbinat français

** Ou : « Mais celui qui est noble forme de nobles desseins, Et il persévère dans ses nobles desseins »(Version Segond).

La justice de Dieu : « Si on la cherche, on la trouve ! »

Lecture du Psaume 85. 

Un psaume des fils de Coré(v1).
Il est possible de lire l’histoire de leur père dans Nombres 16.

« T’irriteras-tu contre nous à jamais ? Prolongeras-tu ta colère éternellement ? » (Ps.85v6)
Que sont devenus ses fils ? (Nombres 26v9-11). Pourquoi ? Qu’exprime ce psaume 85 ?

« La bonté et la fidélité se rencontrent, La justice et la paix s’embrassent (v10);
La fidélité germe de la terre, Et la justice regarde du haut des cieux(v11).
(…)
La justice marchera devant lui, Et imprimera ses pas sur le chemin(v13).

 
« Justice et paix ».

Sans justice, pas de paix.

L’évangile est grâce et paix(Gal.1)

« Éternel ! fais-nous voir ta bonté, Et accorde-nous ton salut ! » (Ps.85v7)
La justice est dans le ciel : serait-elle inaccessible aux hommes ?
Elle descend sur la terre. Elle marche devant l’Eternel et « imprime ses pas sur le chemin ».
Elle fraye un chemin pour que nous la suivions (1 Pie.2v21, 24).
Elle se voit : elle est concrète et donc proche de nous !

Elle n’est donc pas hors de portée.
Si on la cherche, on la trouve !

 
Pour la vivre et la pratiquer :

« J’écouterai ce que dit Dieu, l’Éternel ; Car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles, Pourvu qu’ils ne retombent pas dans la folie(v8).
Oui, son salut est près de ceux qui le craignent, Afin que la gloire habite dans notre pays »(v9).

Ecouter l’Eternel et le craindre(vivre pour Lui plaire).
S’attacher à Lui : croire en Lui et mettre en Lui notre confiance, parce qu’Il nous a aimé le premier.

« C’est pas juste ! » Justice de Dieu, justice des hommes(bis)

Ce billet fait suite au précédent, intitulé « c’est pas juste ! » et qui peut être considéré comme une amorce à celui-ci.

L’ensemble constituera une leçon pour enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d’ «école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. Le livre de James Packer «Connaître Dieu », ainsi que celui de Jerry Bridges-« L’évangile de la semaine »- a été une grande source d’inspiration concernant la notion de propitiation.

Femme jeunesse d'esprit par Petr Kratochvil

Femme jeunesse d’esprit par Petr Kratochvil

Hier, nous nous interrogions sur ce qui « n’est pas juste » ou « qui est juste », selon l’homme, à travers trois exemples.

Et pour Dieu ?

Qu’est-ce qui « est juste » ou « pas juste », selon Lui ?

 

Lisons ensemble Romains 1v18-21 ; 3v9-12, 19-20, 23

Que nous dit Dieu au sujet de l’homme ? (Il est pécheur et coupable)

Que mérite l’homme ? (Il mérite la colère de Dieu)

Arrêtons-nous un instant sur l’ expression « Colère de Dieu » : Dieu est saint et Il ne peut voir le mal sans le punir. La « colère de Dieu », c’est sa juste et sainte condamnation du péché, qu’il ne peut tolérer. Car le péché-qui est une rébellion à son égard-nous sépare de Lui. Le « salaire du péché, c’est la mort »(Rom.6v23)

Que peut faire l’homme pour échapper à la colère de Dieu ? Rien ! Il est impuissant et ne peut ni manipuler Dieu, ni faire fléchir Dieu.

Quelle issue nous reste-t-il alors ?

Inscrivez-vous - Une façon par Andrew SchmidtPlus d'issue ? Si ! Une !

Inscrivez-vous – Une façon par Andrew Schmidt
Plus d’issue ? Si ! Une !

Nous sommes coincés !

Il nous reste, soit à subir la colère et le jugement de Dieu, soit à demander pardon et à implorer le secours de Dieu.

Comment se manifeste la justice de Dieu ? Que nous offre-t-il ?

Lire Rom.3v21-26

Il nous offre la paix. Sa paix. La paix avec Lui.

Comment cette paix avec le Dieu saint et juste est-elle possible, pour nous pécheurs ?

 La colère de Dieu qui nous était destinée a été apaisée, ou plutôt absorbée, drainée :

C’est ce que la Bible appelle « la propitiation ».

Trois croix sur une colline par Lucy TonerTrois croix...Sur l'une, un seul s'est donné volontaire comme "propitiation" ou sacrifice pour nous sauver.

Trois croix sur une colline par Lucy Toner
Trois croix…Sur l’une, un seul s’est donné volontairement comme « propitiation » ou sacrifice pour nous sauver.

C’est-à-dire une offrande, une victime, offerte à Dieu pour apaiser ou absorber sa colère.

Trois choses, concernant la propitiation :

1) La propitiation est l’œuvre, l’initiative de Dieu. Et de Dieu seul.

Lire Jean 3v16, 1 Jean 4v8-10

Dieu manifeste ainsi sa grâce envers nous, pécheurs, donc non méritants. La grâce est complètement à l’opposée du mérite. Dieu nous a aimé et a voulu nous sauver, alors que nous n’étions pas aimables. De même, en Genèse 1, Dieu a créé les cieux et la terre alors que c’était encore le chaos. Si c’est le chaos dans ta vie, Dieu veut faire de toi une nouvelle création : il a le pouvoir de changer ta vie, pour que tu repartes à zéro.

Cette grâce s’est manifestée « par le moyen de la rédemption (salut par le rachat)en Jésus-Christ ».

Et cette « offrande », cette « victime propitiatoire », c’est le Seigneur Jésus, qui a été choisi par Dieu pour nous sauver. Dieu a voulu, depuis le début, nous sauver de cette façon là. Et le Seigneur est d’accord : il s’est aussi offert volontairement en sacrifice pour nous sauver, pour que la colère de Dieu soit apaisée ou absorbée (et donc ne nous touche pas).

Lire Jean 10v10-18

2) Très important : ce qui a apaisé, absorbé, drainé, la colère de Dieu, ce n’est pas la vie du Seigneur Jésus. Ce n’est pas sa vie parfaite, ni son enseignement, ni même ses miracles ou le bien qu’il a fait. C’est sa mort à la croix, comme sacrifice.

Lire Gal.3v13 ; 1 Pie.1v18-20 ; 1 Pie.2v24 ; 1 Pie.3v18

Le Seigneur Jésus a été notre substitut : lui le juste, il est mort à notre place, nous injustes et a absorbé, drainé la colère de Dieu.

Pour bien comprendre l’œuvre de Dieu, voir l’exemple et l’image des deux boucs, dans Lévitique 16v5, 7-10, 15, 21-22 :

Le jour des expiations, un premier bouc est sacrifié pour le péché.

Un deuxième -appelé le « bouc émissaire »- est chargé des péchés du peuple par le souverain sacrificateur, qui les confessait à haute voix pour que tout le monde entende. Puis le bouc était chassé et éloigné dans le désert.

Le premier bouc sacrifié représente la propitiation : la colère de Dieu s’apaise ainsi par ce sacrifice, qui annonce à l’avance celui -parfait- de Jésus.

Avant la venue de Jésus, Dieu avait « patienté » vis-à-vis de la punition du péché. Par ce sacrifice de bouc, Dieu montre qu’il est juste, car le châtiment a eu lieu.

Le deuxième bouc représente l’expiation : le péché, éloigné, ne trouble plus notre relation avec Dieu.

Quel est le résultat de cette œuvre de Dieu, de ce sacrifice ?

La paix de Dieu et la paix avec Dieu : la paix, ce n’est pas la tranquillité, l’absence de ce qui nous embête. C’est la venue de ce qui est bon.

Nous bénéficions ainsi d’une nouvelle relation avec Dieu. Il ne nous voit plus comme des pécheurs, mais comme des fils, qu’il a adoptés pour Lui.

Résumé :

-La justice des hommes : le mérite

-La justice de Dieu : la grâce

Le cœur de l’évangile : la grâce et la paix.

Qu’est-ce qui prime ou domine réellement dans notre vie, votre vie, ma vie ?

Notre propre justice…ou la justice de Dieu ?

 

Il est possible de terminer par une prière(silencieuse) : que j’apprenne à vivre par la foi (en faisant confiance en Dieu)selon la justice de Dieu et non par la mienne.

Remercier Dieu pour ce qu’Il a fait pour que nous ayons la paix avec Lui.

Versets à retenir : Rom.5v1, 6-8 et Eph.2v4-9

« C’est pas juste ! » Justice de Dieu, justice des hommes…

Très tôt, l’enfant devient sensible aux notions de justice, d’injustice.

Mieux que personne, il sait pousser ce cri du cœur :

L'une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt"Pourquoi lui et pas moi ?"

L’une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt
« Pourquoi lui et pas moi ? »

« C’est pas juste ! »

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Caïn, quand Dieu a agréé l’offrande d’Abel, son jeune frère, plutôt que la sienne…alors qu’il avait tant peiné pour faire sortir des fruits d’une terre si ingrate, car maudite…(Gen.4v3-8 et 3v17-19)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur des ouvriers de la première heure, quand les ouvriers de la dernière heure ont reçu un denier, soit tout autant qu’eux pour une heure de travail !(Matt.20v1-16)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Jonas, constatant que des coupables pouvaient être sauvés. Rivon Krygier, Rabbin de la communauté massorti Adath Shalom(Paris), rappelle, dans « le monde inversé de Jonas »( une fort intéressante étude sur le prophète consultable ici) que « Dieu avait décidé après le déluge qu’Il ne provoquerait plus de destruction sans appel. Dieu a réprimé Sa puissance justicière pour offrir au monde l’occasion du repentir. Mais pour Jonas, la modération ressemble à du laxisme… Il se refuse à en être l’agent, le promoteur(…)

Le livre de Jonas offre le spectacle hallucinant de païens prompts au repentir face à un Juste si confortablement installé dans ses certitudes qu’il juge indigne de sauver de la perdition une ville de 120.000 êtres humains. Un simple ricin, une plante qui lui apporte un petit supplément d’ombrage par rapport à celui que lui offrait la cabane dans laquelle il s’abritait, trouve plus de grâce à ses yeux que la vie des humains trop humains, entachés par le péché ! ».

 

Et Dieu alors ?

Qu’est-ce qui « n’est pas juste » ou « qui est juste », pour Dieu ?

Ses standards sont-ils les nôtres et inversement ?

Car l’un et l’autre peuvent se résumer ainsi :

-Notre standard : le mérite

-Le standard de Dieu : la grâce

Lequel prime réellement dans notre vie, votre vie, ma vie ?

Notre propre justice…ou la justice de Dieu ?