Le Défi biblique de l’été : le livre du prophète Sophonie, par Joël

Le but final de Dieu est de se réjouir dans des hommes qu’il aura sauvés, plus encore, d’en faire « sa plus grande joie » ! (Source image : Superman & Co. – Bible et Partage. Sur Pinterest)

Joël, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé plusieurs défis bibliques, nous présente le livre du prophète Sophonie.

 

Quel est ce livre ?

Sophonie, un des « petits prophètes », n’est certainement pas le livre de la Bible le plus connu ! Contemporain de Jérémie et d’Habakuk, Sophonie lance encore un appel au peuple de Juda pour les avertir de l’imminence du « jour de l’Éternel » où Dieu va juger son peuple par les Babyloniens.

En quoi la lecture de ce livre représente un défi pour moi ?

Le « jour de l’Éternel » dont il est souvent question dans ce livre est à la fois spécifique (pour le peuple juif) et universel (il concerne la terre entière). Il est aussi à la fois immédiat (le jugement va venir sur Jérusalem) et lointain (Dieu, un jour, jugera toutes les nations). Ces différents niveaux d’interprétation ne sont pas faciles à distinguer.

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?

Le jugement de Dieu, que Sophonie développe, n’est pas la notion avec laquelle nous sommes le plus à l’aise… Pourtant, ici comme dans tant d’autres livres bibliques, le prophète affirme que ce jugement sera juste : « Le Seigneur est présent dans la ville pour y faire régner la justice et non le mal ; chaque matin sans faute, il rend ses jugements. Malgré cela, les méchants agissent sans aucune honte ! » (3.5) Je devrais avoir honte de mal agir en pensant que le Dieu juste est là et me voit…

Le verset de ce livre qui m’inspire

« L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi un héros qui sauve. Il fera de toi sa plus grande joie. Il gardera le silence dans son amour, puis il se réjouira à grands cris à ton sujet. » (3.17) Le but final de Dieu est de se réjouir dans des hommes qu’il aura sauvés, plus encore, d’en faire « sa plus grande joie » ! Quel Dieu plein d’amour et généreux avons-nous !

 

Dieu sur le banc des accusés…

Dieu peut-il nous juger ? Et si, Lui-même, venait sur Terre, "en personne" ? (BD de Marc-Antoine Mathieu. Edition Delcourt, 2009)

Dieu peut-il nous juger ?
Et si, Lui-même, venait sur Terre, « en personne » ?
(BD de Marc-Antoine Mathieu. Edition Delcourt, 2009)

Dieu serait-il indifférent à la souffrance ?

Une parabole, récupérée je ne sais comment, fin 1990-2000, sur version papier, tapée à la machine, non datée et d’auteur inconnu. La seule source mentionnée sur le document est : tiré de « Right on », Christian Libération, Berkeley(Californie). A ce jour, je ne l’ai pas retrouvée ailleurs. Je vous la livre telle quelle :

 

A la fin des temps, des milliards d’hommes étaient dispersés sur une plaine immense devant le trône de Dieu. Quelques individus des groupes sur le devant parlaient avec fougue, sans reculer de honte mais au contraire avec violence :

« Comment Dieu ose-t-il nous juger ? Qu’est-ce qu’il connaît de la souffrance ? » lança sèchement une femme brune en se moquant. Elle retroussa brusquement sa manche pour montrer un numéro tatoué dans un camp de concentration nazi. « Nous avons enduré la terreur, les coups, la torture et la mort. »

Dans un autre groupe, un homme noir baissa son col : « et ça alors ? » cria-t-il en montrant une affreuse brûlure faite par une corde. « Lynché pour aucun autre crime que celui d’être noir. Nous avons suffoqué dans les bateaux d’esclaves, été arrachés à nos bien-aimés, travaillé dur jusqu’à ce que seule la mort nous accorde du répit. »

Comme Dieu avait de la chance de vivre au ciel où tout n’est qu’harmonie et lumière, où il n’y a pas de larme, pas de peur, pas de faim, pas de haine. En effet, qu’est-ce que Dieu pouvait bien connaître de ce que l’homme avait été forcé d’endurer sur cette terre ? « Après tout, Dieu mène une petite vie bien tranquille, bien protégée ! » disaient-ils.

Alors, chaque groupe envoya un leader, choisi parce qu’il avait souffert le plus. Il y avait un juif, un noir, un intouchable de l’Inde, un enfant illégitime, une personne venant d’Hiroshima et une d’un goulag de Sibérie. Au centre de la plaine, ils se consultaient entre eux. En fin de compte, ils furent prêts à présenter leur cas.

C’était simple : avant que Dieu puisse être qualifié pour être leur juge, il devrait endurer ce qu’eux-mêmes avait enduré. Leur décision était que Dieu devrait subir la sentence de vivre sur la terre comme un homme. Mais puisqu’il était Dieu, ils mirent en place des garanties pour s’assurer qu’il ne puisse pas utiliser ses pouvoirs divins afin de s’aider lui-même :

-Qu’il naisse de « race juive ».

-Que la légitimité de sa naissance soit mise en doute de sorte que personne ne sache qui était vraiment son père.

-Qu’il puisse défendre une cause tellement juste et radicale qu’elle ferait fondre sur lui la haine, la condamnation et les efforts pour l’éliminer de toutes les principales autorités (not. religieuses) établies.

-Qu’il puisse tenter de décrire ce qu’aucun autre n’a jamais vu, goûté, entendu ou senti. Qu’il puisse tenter de communiquer Dieu aux hommes.

– Qu’il soit trahi par ses plus chers amis. Qu’on puisse l’inculper sur de fausses accusations, qu’il puisse être jugé par un jury partial et qu’il soit reconnu coupable par un juge lâche.

– Qu’il puisse connaître ce que c’est que d’être terriblement seul, complètement abandonné de tout être vivant. Qu’il soit torturé et qu’il meure de la mort la plus humiliante qui soit avec des brigands ordinaires.

 

Alors que chaque leader énonçait sa part de la sentence, des grondements, des murmures d’approbation s’élevaient de l’immense foule.

Lorsque le dernier eut terminé de prononcer la sentence, il y eu un long silence. Plus personne ne murmura un seul autre mot. Parce que, soudainement, tous le reconnurent :

Dieu avait déjà subi cette sentence !

 

Pour en savoir plus, lire cette histoire, racontée par un historien, puis cette autre version. Pour commencer !

La chute que les voyants de Babylone n’avaient pas vue(Lisons ensemble Esaïe/8)

Suite de notre lecture d’Esaïe, entreprise à partir du chapitre 40.

Le principe reste toujours le même. Après lecture du chapitre du jour, Il s’agit d’être attentif, à chaque fois, à trois choses : ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

N’hésitez pas à publier en commentaire, au pied de l’article, le fruit de vos réflexions !

Le chapitre d’aujourd’hui est consacré à la chute de Babylone, la capitale du grand empire, comme le chapitre précédent et le prochain.

Après ses dieux(cf chapitre 46), c’est au tour de la ville elle-même de tomber.

En plus des questions ci-dessus, il est possible de s’interroger particulièrement sur les raisons de la chute de la grande ville(comparer avec Apoc.18) :

D’où tombe Babylone ? A qui est-elle comparée ? (v1-4)

Pour quelles raisons tombe-t-elle ?(vv5-7).

« Le pouvoir absolu rend fou » et donne le sentiment d’impunité : cela se vérifie-t-il pour Babylone ? Comment ?

Que va-t-elle expier ? Qui va la châtier ?

Qui, selon elle, pourrait la sauver ? Et pourquoi, selon elle ? Peut-elle relever le défi qui lui est lancé ?  Peut-elle même le prévoir ? (versets 8 à 15) Relever l’ironie de la situation dans laquelle se retrouve Babylone, à l’instar de la blague d’une voyante sursautant à l’entrée d’un visiteur et s’excusant, confuse : « pardon, je ne vous avais pas vu ! » (v11)

 

Bonne lecture et bonne étude !

Eaïe 47

1 Descends et assieds-toi dans la poussière, vierge, fille de Babel! Assieds-toi à terre, faute de trône, fille de Chaldée! Car désormais on ne t’appellera plus la délicate, la voluptueuse.

2 Saisis les meules et va moudre la farine; relève ton voile, retrousse la traîne de ta robe, découvre tes jambes pour traverser les rivières.

3 Ta nudité sera mise à jour et ta honte sera visible; je vais exercer ma vengeance, sans me heurter contre personne.

4 Quant à nous, notre sauveur s’appelle l’Eternel-Cebaot, le Saint d’Israël.
5 Reste assise en silence et enfoncée dans les ténèbres, fille de Chaldée! Car désormais on ne t’appellera plus la reine des empires.

6 J’étais irrité contre mon peuple, j’avais repoussé mon héritage et les avais livrés entre tes mains: tu ne leur témoignas aucune pitié, même sur les vieillards tu fis peser lourdement ton joug.

7 Et tu disais: « À jamais je serai souveraine! » parce que tu ne prenais rien de tout cela à cœur et ne pensais nullement à la fin.

8 Or maintenant, écoute donc ceci, amie des plaisirs, qui trônes en sécurité et dis en toi-même: « Moi et personne hors de moi! Je ne serai pas réduite au veuvage ni n’éprouverai la privation d’enfants! »

9 Eh bien, ces deux coups te frapperont soudain, le même jour: privation d’enfants et veuvage; dans toute leur étendue ils t’atteindront, malgré la multiplicité de tes magies et le nombre infini de tes sortilèges.

10 Tu avais foi dans ta malfaisance, tu disais: « Personne ne me voit! » Ta sagesse, ta science t’ont égarée, et ainsi tu pensais en toi-même: « Moi et personne que moi! »

11 C’est pourquoi, un malheur s’abat sur toi que tu ne sauras prévenir, une catastrophe t’atteint que tu ne pourras conjurer; la ruine t’accable soudain, sans que tu l’aies prévue.

12 Relève-toi donc au moyen de tes sortilèges et de tes nombreuses magies auxquelles tu as consacré tes forces depuis ta jeunesse; peut-être réussiras-tu à en tirer profit, peut-être recouvreras-tu ta puissance.

13 Tu t’es épuisée à force de faire des projets; qu’ils se lèvent donc et te sauvent, ces contemplateurs du ciel qui observent les étoiles, qui pronostiquent à chaque lunaison ce qui doit t’arriver.

14 Mais les voilà devenus comme du chaume, que l’incendie a consumé, ils ne peuvent se préserver des atteintes de la flamme; ce n’est pas du charbon pour se chauffer, ni un brasier devant lequel on puisse s’asseoir. ,

15 Voilà à quoi te servent ceux pour qui tu t’es mise en frais; ceux qui trafiquèrent avec toi depuis ta jeunesse errent chacun de son côté, personne ne vient à ton secours ».
(Version du Rabbinat français)

 

Ce à quoi le son des trompettes nous appelle à faire…

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/1701-1252778335sH8n.jpg Certains seront-ils aux abonnés absents, le jour de la Fête des Trompettes ?

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/1701-1252778335sH8n.jpg
Certains seront-ils aux abonnés absents, le jour de la Fête des Trompettes ?

Vous savez peut-être que la Fête des Trompettes (« Roch Hachanah »)aura lieu, demain, mercredi 4 septembre. Cette fête sera suivie par « Yom Kippour »(le Jour des Expiations), 10 jours plus tard, suivi par Soukkhot, 5 jours plus tard*.

Vous appartenez donc sans doute à une communauté juive (principalement orthodoxe). Ou alors, vous êtes chrétien et les fêtes bibliques ont du sens pour vous.

Mais la plupart d’entre vous, croyants ou non(voire « peu » ou « non pratiquants »)se sentiront sans doute peu concernés et se diront peut-être : « et alors ? »

« Et alors », je vous invite à découvrir un article de David BRICKNER sur ce sujet. Vous ne connaissez peut-être pas David BRICKNER, mais son article est véritablement génial. Il s’intitule « Christ dans les Grands Jours de Fête »**, et a été publié dans la dernière lettre de nouvelles de Juifs Pour Jésus(septembre 2013, numéro 48).

Juifs Pour Jésus, nous avons déjà eu l’occasion de faire allusion à ce ministère (également) génial, à découvrir ici.

Si vous êtes chrétiens et juifs, et surtout si l’Ancien(ou le Premier)Testament est Parole de Dieu pour vous, cet article(dont voici les meilleurs extraits) vaut le coup d’œil. Même si vous n’êtes ni croyant, ni juif, ni chrétien, il y a un message pour vous aussi.

David BRICKNER souligne que même si le Nouveau Testament « ne mentionne pas que Jésus a observé la Fête des Trompettes ou le Jour des Expiations(…)les thèmes et la signification théologique de ces deux jours de fêtes sont certainement en filigramme dans le Nouveau Testament et ont été en fin de compte accomplis en la personne et la mission du Christ ».

La Fête des Trompettes « est généralement appelée Roch Hachana » ou « la Nouvelle Année Juive », mais elle est « Yom Terouah »(le Jour des trompettes)dans la Bible.

« Le son des trompettes »(des cornes de bélier ou « shofar »)était « l’appel à la repentance pour Israël » et, loin d’être « une célébration de nouvelle année », annonçait « un jour de jugement »-celui où Dieu jugera son peuple.

De même, « l’annonce de la mission de Jésus et le contenu de son message étaient un appel à la repentance ».*** Et « Jean Baptiste préparait la venue de Jésus en criant repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche »****.

Que se serait-il passé, s’interroge David BRICKNER, « si Israël avait obéi à cet appel à la repentance ? » Aurait-il accepté Jésus « en masse » ?

De même, que se passerait-il aujourd’hui « si ceux qui suivent Jésus appelaient vraiment à la repentance » ?

A ce propos, il est possible que vous apparteniez à un milieu chrétien, où est il est très populaire « de souffler dans le shofar », comme symbole « de célébration ou de louange », par exemple. « Rien de mal à cela », souligne encore David BRICKNER, sauf qu’une telle pratique lui parait quelque peu « hors-sujet ».

Or, pour ne pas être « hors-sujet », il importe de saisir « ce que le son des trompettes nous appelle à faire » :

Tout d’abord, « être continuellement dans une attitude de repentance », car « la repentance change notre direction de sorte que nous pouvons cheminer avec Dieu… »*****

Enfin, « l’appel à la repentance lors de la Fête des trompettes anticipe(…)un événement qui arrivera bientôt(…)l’arrivée du jour du jugement dernier. Jésus a enseigné que cela arrivera lors de son retour ».******

Et aujourd’hui ?

Vivrons-nous un véritable « réveil, au son du shofar de Dieu » ? Serons-nous véritablement « réveillés » ?

Sur ce, bonne « Fête des Trompettes », demain !

En attendant « le Jour des expiations », 10 jours plus tard, qui apporte la rédemption et le pardon des péchés.

Sur quoi était centrée l’observance de cette fête ?

Devinez !

La suite prochainement, ou à chercher dans la Bible. On en trouve facilement pour le prix d’un café ! 😉

Notes :

*Sur ces fêtes, voir Lévitique 23v24-27 et v34

**pp 2-4, op.cit.

***Voir Marc 1v1-15 ; Matt.4v17

**** Matt.3v2 (citant Es.40)

***** Voir 1 Jean 1v5-9(Voir le lien entre le fait de se voir pécheur, la lumière et le fait que « le sang de Jésus nous purifie de tout péché »)

****** Voir Matt.24v31 et 1 Cor.15v52, 1 Thes.4v16

******* Un exemple de « réveil », soit une réponse à un appel à la repentance, peut se lire dans 2 Rois 22.