Laïcité : Que dire à nos enfants d’« 1-dispensable » ?

"Je sais mais je dirai tout" : d'abord un film de et avec Pierre Richard(1973). Aujourd'hui, il semble que ce soit un nouveau crédo...

« Je sais rien mais je dirai tout » : d’abord un film de et avec Pierre Richard(1973). Aujourd’hui, il semble que ce soit un nouveau crédo…

Connaissez-vous « Le 1 » ? L’hebdo d’idées « qui ne se feuillette pas, mais se déplie », lancé depuis le 09/04/14 par Eric Fottorino, l’ancien directeur du Monde.
Cette « nouvelle expérience de presse », qui se veut « 1-dispensable », comme l’explique Eric Fottorino , est d’abord un curieux objet. Une grande feuille pliée trois fois sur elle même en format A4.
Ensuite, « Le 1 » traite d’un seul thème par semaine sur différents angles, à travers les regards d’écrivains, chercheurs ou artistes pour «comprendre et ressentir le monde qui vient ». Il ne demande pas plus d’une heure de lecture, mais tout de même plus de 20 minutes. Il paraît chaque Mercredi et est vendu 2,80€. Sans publicité*.

Bref, un format original, agréable et une bonne intention de départ(dans le traitement de l’info)qui n’est pas pour me déplaire. Mais quels regards privilégie-t-il ? A ce sujet, le numéro 41 du 28 janvier dernier, intitulé « Que dire à nos enfants ? »**, a récemment retenu mon attention.

Après la tuerie de Charlie Hebdo et ses répercussions, l’école se trouve au centre des interrogations. Comment répondre aux questions des élèves tout en déjouant les provocations ? Comment combattre l’intolérance, l’obscurantisme et transmettre les valeurs républicaines de liberté, de laïcité et de respect ? Il faut plus que jamais faire de l’éducation une priorité et ne pas abandonner les élèves en état de rupture républicaine.

La question est légitime et mérite d’être traitée. Néanmoins, j’ai trouvé le numéro plutôt déséquilibré, me paraissant donner une large place aux points de vue véhiculés par de non-spécialistes de la laïcité (mais vrais dogmatiques, partisans d’une « laïcité stricte »). Ainsi, l’académicienne Danièle Sallenave*** et la philosophe Elisabeth Badinter****, se taillent la part du lion*****. Mais pour dire quoi ? Ou pour que l’on dise quoi, à nos enfants ? D’autant plus que, rappelons-le, l’une et l’autre ne sont aucunement des spécialistes de la laïcité.

Mme Sallenave appelle à un « Un devoir de tolérance réciproque » (titre de l’article qui peut être consulté dans son intégralité ici), même s’il semble que dans l’esprit de son auteur, sauf erreur, il ne soit pas certain que ce devoir soit si réciproque que cela- certains se devraient-ils d’être « plus tolérants que d’autres » ? Extrait : « Ceux qui depuis des années se battent pour que l’école conserve ou retrouve ses valeurs fondatrices se sont félicités de voir les plus hautes autorités de l’État rappeler le lien qui unit l’école à la République, et la charger expressément de réparer un scandale, pourtant prévisible : celui de voir des enfants de familles musulmanes refuser de se joindre au mouvement de protestation unanime de la nation, et se déclarer plus proches de la religion caricaturée que des caricaturistes(Sic). Mais suffira-t-il pour les ramener dans le giron de la République(Re-sic) de décréter une journée de la laïcité, de les faire se lever à l’entrée du maître et ânonner en chœur qu’ils sont « pour la liberté d’expression » ? Je n’en crois rien. Certains de ces enfants, dans les quartiers périphériques ou les cités, ne se sont pas sentis solidaires de ce vaste sursaut patriotique (re-re-sic) parce que, à tort ou à raison, ils n’ont pas le sentiment que leur cité, leur quartier, leur famille même, leurs parents, appartiennent au même monde que celui des centres-villes, des professeurs, des docteurs et des juges. Voilà pourquoi certains refusent l’humour ou l’ironie quand ils visent ce qu’ils considèrent comme leur appartenance de naissance ». (re-re-re-sic : et pourquoi pas « d’origine », pendant qu’on y est ? Faut-il envoyer de tels « déviants » dans des camps de redressement ? Faut-il donc « arracher » ces élèves à tous les « déterminismes » ? Nous ne sommes pas loin de Nathalie Saint-Cricq****** )
Mais, dit-elle, « on ferait mieux de méditer la formule sans ambiguïté du président de la République selon laquelle « les religions n’ont pas leur place à l’école ». Même si elle est aujourd’hui difficile à comprendre et plus encore à mettre en œuvre, il convient de rappeler qu’elle a régné longtemps sur l’école républicaine, et tout le bénéfice que celle-ci, et la République, en ont longtemps tiré ».

Chacun appréciera et fera sa propre analyse.
Pour Mme Badinter, « Il faudrait d’abord enseigner la laïcité aux parents »*******.
Et quelle serait sa définition de la laïcité ? Comment l’expliquerait-elle devant une classe ?
Elle dirait « que toutes les religions sont admises au sein de la République, pas les sectes. C’est cela la laïcité. L’État garantit une protection générale à tous afin que les personnes puissent pratiquer leur religion, mais il ne se mêle de rien. Chacun doit comprendre que les religions n’ont pas à faire la loi en politique. Et j’insisterai, en second lieu, sur la séparation du public et du privé. C’est déterminant. La religion doit se limiter à l’espace familial et aux lieux de culte. La religion, c’est une affaire personnelle ». Mais, de même que « la rue ne saurait gouverner », elle estime « saisissant » que, désormais, les religions se trouvent dans la rue [à moins qu’il ne s’agisse de l’espace public ?]: « dans le grand débat national, en 2013, sur le mariage pour tous », elle déclare avoir été « extrêmement surprise par la réaction militante (sic) d’une grande partie des catholiques. Ce qui n’était habituellement pas visible-le poids des convictions religieuses sur le politique-, nous l’avons tous vu réapparaître comme jamais. La discrétion n’était soudain plus de mise(re-re-sic) et c’est vrai pour beaucoup de pratiquants des trois grandes religions. »

Cachez donc ce croyant ou « ce religieux »(« fanatique » et « terroriste » en puissance ?) que je ne saurais voir ! L’article aurait pu être rebaptisé : « il faudrait d’abord enseigner les religions (mais aussi ce que signifie « tolérance » et « liberté de conscience ») à Elisabeth Badinter », laquelle fait preuve d’une certaine intolérance, liée à un mépris certain. On sera édifié par sa remarque sur la kippa : « je suis stupéfaite de voir des jeunes juifs dans la rue avec une kippa. C’est quoi une kippa ? On se couvre la tête quand on prie. Cela signifie qu’on met une kippa quand on entre dans une synagogue et qu’on l’enlève quand on sort. Quand on va chez son épicier, on a peu de chances de parler à Dieu ! [pourtant, il est possible de prier ou de parler à Dieu en servant le vin, que l’on porte ou non une kippa cf Néh.2v1-5]Nous sommes en présence de revendications identitaires très fortes(…)et c’est désastreux. Depuis une vingtaine d’année, la laïcité recule, recule, recule…Que l’on puisse revendiquer des plats halal, des plats casher dans les crèches ou les écoles, c’est pour moi incompréhensible ! Quand on fréquente l’école publique, on mange comme tout le monde. Les minoritaires n’ont pas à imposer leur régime aux autres ».
Les « minoritaires » apprécieront.
Mais nous restons stupéfaits devant tant d’inculture religieuse. La laïcité serait-elle l’ignorance ? Ou le mépris ?
En guise de « rattrapage », nous suggérons la lecture des articles suivants : l’un d’Akadem, campus numérique juif, et cet autre, tiré du Monde daté du 24/09/12  : « En réaction aux propos de Marine Le Pen, qui a suggéré d’interdire le port du voile islamique et de la kippa dans l’espace public, [celui qui était à l’époque ministre de l’intérieur-et donc des cultes] a tenu à rassurer des fidèles partagés entre incrédulité, inquiétude et mépris pour des propos jugés « antirépublicains ». « Chaque religion a ses rites et ses traditions ; la liberté de croyance, c’est la liberté de porter la kippa, de manger casher, de réaliser la circoncision(…)Je me méfie de ceux qui, comme Marine Le Pen, se disent avocats de la laïcité et sont en fait des incendiaires du débat public. La laïcité n’est pas faite pour jeter les uns contre les autres. Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa(…) C’est la responsabilité des politiques de ne pas répondre à ces provocations. »

Et aussi la responsabilité des journalistes et des intellectuels ?

Bref, les intéressées sont-elles les mieux placées, ou les plus pertinentes, pour parler et même pour expliquer ce qu’est la laïcité ? D’autant plus que ce numéro s’est fait sans Jean Bauberot ********(Professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » à l’EPHE) ou même Raphaël Liogier(sociologue, Professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du religieux), lesquels ont pourtant des choses à nous apprendre sur la question. Et même de quoi répondre aux deux personnalités citées plus haut :

– Ainsi, Raphaël Liogier, de façon indirecte à l’une et l’autre, rappelle que « la laïcité, c’est deux choses : la séparation des églises et de l’État, définie par la loi de 1905 – et non pas la séparation du religieux et du politique – et la neutralité des agents publics. Ce qui n’est pas la neutralité de l’espace public ! Si l’espace public devient un espace contraint[ou restreint] en ce qui concerne l’expression des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses, c’est une régression. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce n’est même pas la neutralité de l’espace public, c’est sa neutralisation, donc un retour à une situation antérieure à 1789, au nom de la laïcité »…..(Lire absolument ces articles sur BastamagLa Provence,  et  sur un blogue de Médiapart)

– et de façon plus directe, Jean Bauberot avait réagi sur son blog aux propos d’ Elisabeth Badinter, qui, lors d’une interview pour le Monde des religions(Le Monde du jeudi 29 septembre 2011 en avait publié de larges extraits) avait déclaré qu’ « en dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité.»

Le même Jean Bauberot avait aussi répondu dans une autre note de blogue à Danielle Sallenave*********, suite à l’intervention de celle-ci sur France culture, lui rappelant que « JAMAIS la laïcité (…) n’aurait triomphé en France si elle n’avait pas su se montrer accommodante. Sans cela le conflit des deux France aurait dégénéré en guerre civile et que la France, avec la laïcité intégrale que certains souhaitaient, aurait quitté l’épure démocratique ». Ce que, reproche-t-il, Mme Sallenave, « inconsciemment ou non peu importe », souhaite « masquer », parce qu’elle ne le supporte pas. Il reste convaincu que prôner « une laïcité non accommodante, l’exact contraire de la laïcité historique (du moins, celle qui, heureusement, s’est imposé politiquement) », c’est là engager « la France dans une voie désastreuse. »

Etonnant choix de la part d’un journal qui se fait fort de proposer chaque mercredi « plusieurs regards sur une question d’actualité »….

On peut aussi s’étonner de ne trouver quasiment aucun représentant des diverses religions-du moins monothéistes : chrétienne (catholique, orthodoxe, protestante-FPF, CNEF ou même CPDH), juive et musulmane, à part la seule contribution (« ne pas insulter la foi des autres ») du prêtre-éducateur Guy Gilbert.
Il aurait été aussi pertinent (plus que de donner une parole excessive à celles qui méprisent les confessions et convictions des autres, y compris celles des enfants) de rappeler qu’ « en France, l’école publique est laïque et accueille ainsi des élèves et des parents de convictions très diverses, en toute neutralité. Toutefois, si l’école est laïque, ses usagers ne le sont pas. Leurs convictions, de toutes natures, ne restent pas à la maison », et ils sont « libres de les dire à l’école », n’en déplaise à Mesdames Sallenave et Badinter. Un petit livre nous invite à réfléchir sur la liberté de conscience et à son libre exercice (comme à son bon usage), particulièrement dans un contexte qui lui semble peu évident et bien peu favorable, de prime abord. L’enjeu restant le « bien vivre ensemble ».

A l’inverse, « Le 1 » nous donne à  lire « Enseigner l’histoire des religions, c’est enseigner l’histoire du doute », de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur : respectivement cinéaste et journaliste, par ailleurs auteurs du fameux « corpus christi » diffusé sur Arte en 1997(+ L’Apocalypse, l’origine du Christianisme)…Il est utile de rappeler que l’un et l’autre n’ont aucune formation philosophique, théologique ou biblique. Ils sont encore moins historiens ou exégètes, mais avant tout des metteurs en scène, faisant parler les spécialistes en les scénarisant selon un plan bien précis.
Selon eux, « Il est primordial de montrer aux élèves la dimension historique du fait religieux. Ils auront ainsi la possibilité de prendre du recul par rapport aux croyances dans lesquelles ils ont été élevés. Apprendre à douter éveille l’esprit critique…. »

Bien vu ! Et pourquoi ne pas « montrer aux élèves la dimension historique » de la laïcité, pour leur donner la possibilité de prendre un recul bienvenu ?
Commentant le numéro du Monde du Week-end dernier dans une note de blogue, Patrice de Plunkett relève que « Jean Baubérot y souligne avec ironie qu’un enseignement de la laïcité ne peut se fonder que sur la connaissance historique(…), mais que la connaissance historique serait dangereuse pour nos marchands de prêt-à-penser qui croient, par exemple, que laïcité et féminisme marchent du même pas : « Apprendra-t-on aux élèves que la France a été le seul pays démocratique où a existé un siècle d’écart entre l’instauration du suffrage masculin (1848) et le suffrage universel (1944) ? Or c’est en invoquant la laïcité que des parlementaires ont régulièrement refusé d’accorder la citoyenneté politique aux femmes, considérées comme  »soumises » au clergé. Un silence sur ce point serait très significatif. »
Il n’est donc pas inutile de rappeler, à l’instar de Jean Bauberot, que « comme toute réalité sociétale, la laïcité doit faire l’objet d’une démarche de connaissance ». De même, sur un plan plus général, que l’histoire reste une science. Et une science exigeante, qui plus est, nécessitant une certaine rigueur, valable pour tous. Bien entendu, l’histoire n’appartient pas aux historiens. Mais sans eux, l’analyse risque de se réduire à la simple expression d’une simple opinion sans fondement scientifique.
Or, il semble que, aujourd’hui, tout le monde prétende informer, enseigner ou même faire(de)l’histoire. En réalité, beaucoup s’expriment. Le plus souvent sur ce qu’ils ne connaissent pas…**********
Il est pourtant « 1-dispensable » d’en prendre conscience, non ?
A lire, dans le Nouveau Testament, Actes 4, où l’on retrouve cette tentation de la foi « en chambre ». Et où comment l’on peut rendre visible ce que l’on croit…

 

 

 
Notes :

* Plus exactement, « Le 1 » est uniquement financé pour le moment par un seul actionnaire, Henry Hermand, 89 ans, entrepreneur et dirigeant d’entreprises. Lequel Henry Hermand a construit l’un des premiers groupes français d’immobilier commercial et a joué un rôle de premier plan dans de nombreux organes de presse comme Esprit, Quinzaine, Tribune des peuples, Faire, Le Matin de Paris…. Il finance notamment le cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS). Ont également des parts dans le titre Éric Fottorino lui-même, Laurent Greilsamer(ancien directeur adjoint du Monde, aujourd’hui directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Le 1 et enseignant à Sciences-Po)et Natalie Thiriez, la directrice artistique. Informations disponibles sur le site du « 1 ».
** Le numéro est construit ainsi :

Le temps de l’émotion
Victor Hugo, Écrit après la visite d’un bagne
Un devoir de tolérance réciproque Danièle Sallenave
Brouillages Robert Solé
Pardon ? Oui, pardon. Jean-Daniel Magnin
Le dessin de Céline Devaux

Le temps de la réflexion
Repères : état et religions depuis 1789 François Olislaeger
« Il faudrait d’abord enseigner la laïcité aux parents » Élisabeth Badinter
École : le handicap des enfants d’immigrés Loup Wolff
Ne pas insulter la foi des autres Guy Gilbert

Le temps de l’évasion
« Je crois à l’interculturel »J.M.G. Le Clézio
Pour la laïque Jean Jaurès
Les « Français » et « nous »Jean-pierre Obin
Déverrouiller l’institution Jean-Michel Croissandeau
Communiquer la sagesse du genre humainJules Ferry
« Je me suis senti en difficulté »Hugo Billard
De la maternelle à l’université Anne-Marie Cocula
Désarroi dans les classes Elsa Delaunay
« Enseigner l’histoire des religions, c’est enseigner l’histoire du doute »Gérard Mordillat Jérôme Prieur
De vives crispations
Je suis Charlie et je suis prof WEBONLYGabrielle Tuloup
Des histoires – WEBONLYThomas Vinau
*** Egalement normalienne et agrégée de lettres classiques. Elle a enseigné la littérature et l’histoire du cinéma à l’université Paris-X Nanterre de 1968 à 2001.

**** Spécialiste du siècle des lumières, féministe et milliardaire : présidente du conseil de surveillance de « Publicis », fondé par son père. En 2014, elle est la deuxième actionnaire de ce groupe.

***** Mme Sallenave bénéficie d’une pleine page, en deux colonnes, en p 3 ; Mme Badinter, de quatre colonnes, étalées sur les pp 5 et 6.

******  Nathalie Saint-Cricq est responsable, depuis juin 2012, du service politique de France 2. Lundi 12 janvier 2015, au journal de 13h, interrogée par Elise Lucet sur la marche républicaine qui a eu lieu la veille un peu partout en France et sur ses conséquences, elle avait déclaré : « C’est justement ceux qui ne sont pas « Charlie » qu’il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui « balancent » sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter*, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale ». (http://blogs.mediapart.fr/blog/gerard-becquet/130115/reperer-et-traiter-ceux-qui-ne-sont-pas-charlie-la-traque-est-ouverte-la-france-est-mure-les-med )
******* Article commentée par Joseph Gynt, dans son édito pour « Les Cahiers libres ».
******** Voir ses blogues : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/ ; http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-bauberot

********* Voir aussi ce débat récent publié dans Le Monde du WE dernier : Après les attentats début janvier, le gouvernement a engagé une « grande mobilisation« de l’éducation nationale pour transmettre les « valeurs de la République ». Mesure pour combattre le fanatisme ou risque de religion laïque ? Deux points de vue :
Les religions n’ont pas leur place dans les établissements scolaires, par Danièle Sallenave (écrivain et membre de l’Académie française). Confrontée à des adolescents qui revendiquent leurs appartenances identitaires, l’école doit tenir à distance et arracher les élèves à toutes les déterminations grâce à l’exercice de l’esprit critique.
– Adopter des politiques incantatoires est inutile, par Jean Baubérot (historien et sociologue). Les récentes annonces faites par la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, visent d’abord les élèves et leurs parents, avec notamment la signature d’une charte de la laïcité. L’exercice risque d’être vain tant l’institution scolaire échappe à toute remise en question.
********** Lundi, sur le plateau de BFM-TV, l’ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet s’est exprimée pour dénoncer la radicalisation des jeunes, s’appuyant sur un «exemple très concret »(en réalité très fantaisiste) : de nombreux enfants arriveraient en retard le matin à cause de la prière. Elle a aussi déclaré que la religiosité des parents était une « radicalisation », que cette radicalisation était de la « maltraitance » envers les enfants, et qu’il fallait donc retirer ces enfants à leurs parents….

Voir : http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/02/03/delire-antireligieux-dans-la-classe-politique-5551073.html#more

http://www.liberation.fr/politiques/2015/02/02/les-enfants-musulmans-a-la-priere-plutot-qu-a-l-ecole-nathalie-kosciusko-morizet-en-pleine-derive_1193977

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20150202.OBS1483/quand-nkm-se-prend-les-pieds-dans-le-tapis-de-priere.html

Foire aux médias(4) : journaux, magazines ou sites « non chrétiens »

Suite et fin de notre « Foire aux médias », débutée ici, et poursuivie ici, et .

Eau turbulente par Daniele Pellati Suivre le courant, au risque de se laisser emporter...ou vivre à contre-courant ?

Eau turbulente par Daniele Pellati
Comment être une presse ou un média « à contre courant » ?

Au menu, des journaux, magazines et sites « non chrétiens » : Certains spécialisés dans le décryptage/ »observatoire des médias » et d’autres, représentatifs d’une curieuse presse « pas pareil » à observer, notamment par le choix de ligne éditoriale, le traitement de l’information, le graphisme, le style et le modèle économique (sans pub) de la plupart.

 

24 heures dans une rédaction : Depuis 2013, un outil simple et pédagogique pour connaître le métier de journaliste. Co-réalisé par l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille et Canal France International, l’agence française de coopération médias à destination notamment de l’Afrique, il propose 4 séries de 24 fiches pratiques sur l’exercice du journalisme. Ces documents rédigés par des journalistes confirmés en télévision, radio, web et presse écrite sont destinés aux journalistes, et formateurs en journalisme, mais aussi pour le grand public.

Acrimed : ou Action-CRItique-MEDias. Sur un mode très différent d’« Arrêt sur image » (lequel n’échappe pas toujours au piège du racolage, à mon goût), une association née en 1996 du mouvement social de 1995, qui se veut un « observatoire des médias ». Elle réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante. Depuis octobre 2011, Acrimed publie par ailleurs une revue papier trimestrielle, le magazine Mediacritique(s)

L’Age de faire : Sympathique périodique national « grand public », paru pour la première fois en octobre 2005(aujourd’hui mensuel) et créé par un ancien entrepreneur dans le BTP. L’Age de faire propose « des outils pour réinventer le monde » : « savoir » et « comprendre », pour « agir », dans les domaines de l’écologie, la citoyenneté et la solidarité, au niveau local comme international. Mais surtout, le journal promeut un mode de vie écologiste « responsable » assez radical. Son indépendance financière (ni subventions, ni publicité) repose sur ses abonnements et sur ses lecteurs : un mode de diffusion original, basé sur des « coopérateurs » qui s’engagent à acheter un certain nombre de numéros par mois et à les diffuser.
Il est possible de trouver l’Age de faire dans les biocoop, épiceries équitables, associations écologiques, stands de producteurs, et même certains cinémas indépendants(tels le réseau « Utopia »). Il est animé depuis fin 2011 par une Sarl Scop (Société coopérative de production). Les six salariés détiennent la majorité des voix et du capital au sein de l’entreprise. Ils décident ensemble du contenu et de la gestion du journal.

Basta Mag : Pure player se voulant « alternatif », Basta ! veut offrir un autre regard sur l’actualité : sur les problématiques sociales et environnementales(qu’il veut décloisonner et traiter de manière transversale), sur la solidarité internationale et l’engagement citoyen. Par la production d’articles, reportages, enquêtes, interviews, vidéos, Basta ! décrypte les crises qui rongent le monde actuel : crise économique, crise sociale, crise de la démocratie, crise environnementale. On aime sa volonté de « ne pas se contenter d’évidences », de creuser et d’essayer de comprendre le fond des sujets, comme sa volonté de ne pas faire le même traitement médiatique que d’autres médias. « Engagé »(avec une production journalistique qui se rapproche parfois du contenu des sites associatifs ou syndicaux), mais pas « partisan ». Excellent. A suivre de près, pour son sérieux.

CQFD : mensuel « de critique et d’expérimentation sociale », distribué tous les premiers vendredi du mois.  Basé à Marseille, son comité de rédaction est composé essentiellement de chômeurs. Il est certes souvent « en colère » mais traite avec professionnalisme des sujets locaux, nationaux et internationaux, liés à la pauvreté, aux mouvements sociaux, aux résistances sociales parmi les salariés, dans les périphéries urbaines et aussi dans le milieu agricole. Car il n’est pas question pour lui de ne publier que des billets d’humeur ou des éditoriaux, ni de faire du « journalisme Google ». Sa ligne éditoriale : « faire un Charlie mieux informé et un Diplo plus accessible. » Sans publicité, il est gratuit pour les personnes incarcérées. A noter que ses numéros d’été traitent le plus souvent de sujets pointus et exigeants (les langues, l’éducation…), quand d’autres médias se laissent aller à la facilité.

Les Dossiers de l’Actualité : « L’actu décodée » – Idéal pour les lycéens et étudiants. Conçus par les journalistes de La Croix (un des quotidiens français de référence) et de Phosphore (mensuel pour les jeunes), Les Dossiers de l’Actualité proposent un temps pour faire le point, chaque mois, de façon pédagogique et éclairante, sur trois sujets qui comptent : politique, économie, culture, environnement, société…

L’Eléphant : une revue trimestrielle qui revendique cette idée jugée désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic : « La culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde ». 

e-media.ch : l’indispensable site suisse romand d’éducation aux médias, qui me paraît beaucoup mieux conçu que celui de son homologue du CLEMI français. On y trouve d’importantes ressources pédagogiques consacrées à la presse papier et audio-visuelle, au cinéma (avec des fiches films détaillées), la publicité, l’internet, les technologies de l’information et de la communication, et la littérature jeunesse.

Le Gorafi : pour ceux qui en ont assez de certains « pure players », ce site se livre à une parodie(en faisant preuve d’ironie) jouissive des sites de presse. Comme le dit si bien la journaliste « Aliocha », « des gens capables de concevoir un article qui dit que « 79% des français refusent de répondre aux sondages » [ou « À l’encontre de son code de déontologie, un journaliste pose une question économique au président »] mériteraient d’être élevés au rang d’antidépresseur recommandé par la faculté de médecine ». A quand la recommandation « sur les chaines d’information continue et des sites de presse de la lecture du Gorafi, au même titre que la consommation de 5 fruits et légumes par jour » ? Certaines personnalités (notamment politiques) s’y sont d’ailleurs laissé prendre, en relayant une « infaux » du « Gorafi », la croyant « vraie ».

Habilomedias : un autre site francophone, canadien, d’éducation aux médias et de litteratie numérique, sans but lucratif, et tout aussi riche que le précédent. Son objectif est de veiller à ce que les enfants et les adolescents développent une pensée critique, pour un usage « citoyen, actif et éclairé » des médias et du numérique. On y trouve quantité d’outils et de ressources pédagogiques destinés aux parents et aux enseignants.

La Décroissance : « le journal de la joie de vivre » et « premier journal d’écologie politique ».
Créée en 2004 par Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateur de « Casseurs de pub », La Décroissance est un mensuel critique qui veut incarner un projet d’écologie politique radical, sans compromis ni compromissions, et promouvoir une société basée sur « la décroissance soutenable »(sachant qu’une croissance perpétuelle est illusoire sur une planète aux ressources limitées). Un étonnant journal, particulièrement intransigeant(au risque de demeurer marginal), qui offre débats, chroniques, coups de gueule, interviews, articles de fond, dessins(d’Andy Singer, Colloghan…) et BD.

 

OWNI :  un média d’enquête, de reportage et de data-journalisme, dédié aux cultures numériques ainsi qu’aux nouveaux enjeux de société.Une référence. Leur charte éditoriale se découvre ici. Placé en liquidation judiciaire le 21 décembre 2012, le site est fermé depuis, mais toutes les archives restent en ligne. C’est un bien commun en « Creative Commons ».

Sciences Humaines : le magazine référence indépendant, sans annonceurs et pariant sur ses lecteurs, « pour comprendre l’humain et la société à travers l’actualité des sciences humaines et sociales ». Conçu, dès l’origine, comme un instrument de synthèse des connaissances.

Le Tigre magazine : un drôle d’animal « curieux » ayant réussi un temps à poser sa griffe dans la jungle médiatique, avant de disparaître en 2015. Découvert « par hasard » il y a quatre ans dans un cadre professionnel, il m’est devenu « familier » avec le temps. « Familier », mais pas « domestique » pour autant.
Fondé en 2006, Le Tigre était un mensuel généraliste, indépendant, éclectique, souvent imprévisible et sans publicité, distribué en kiosques et en librairies. C’était aussi une aventure de presse novatrice avec de petits moyens, à rebours de la logique économique actuelle : il proposait un journalisme inventif, curieux, ouvert au monde, exigeant et constructif, dressant des passerelles entre des secteurs d’ordinaire très éloignés.  On pouvait y découvrir des contributions de journalistes, photographes, dessinateurs, écrivains et universitaires.

Parmi ses choix : le refus« de ne pas faire ce que d’autres font déjà très bien »(comme les recensions de l’actualité culturelle-livres, films, disques, etc), au profit de créations d’auteurs contemporains (pages graphiques et dessins, photographies sans contrainte d’actualité…..) » ; l’ironie plutôt que le pamphlet et la diatribe ; le télescopage, le décalage et le recul aux lignes de fracture traditionnelles. Le Tigre était un animal solitaire : plutôt que la défense d’un groupe, ou de dire ce qu’il faut penser, Le Tigre avait l’ambition de faire réfléchir. Il réveillait en nous non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien.

Depuis 2006, Le Tigre a connu de nombreuses vies : hebdomadaire à sa création, il a été mensuel en 2007, bimestriel en 2008-2009, quinzomadaire en 2010, et mensuel début 2011, avant de cesser de paraître(définitivement ?) depuis 2015. Enfin, Le Tigre était le premier journal en France à être conçu uniquement avec des logiciels libres.

Foire aux médias (1) : médias chrétiens

Médias chrétiens : le pluralisme existe-t-il ?

Médias chrétiens : le pluralisme existe-t-il ?

Suite à l’introduction de notre dossier « Foire aux médias »(et non « foireux médias »)publiée hier, voici notre première partie consacrée aux « médias chrétiens » : journaux, magazines, radios, sites et portails…[Mise à jour le 17/12/16]

 

Médias, sites et portails chrétiens

 

CNEF : le site du Conseil National des Evangéliques de France.

Le Christianisme Aujourd’hui : il est actuellement, à ma connaissance, le seul mensuel d’information et de réflexion protestant évangélique francophone de référence. A ce titre, une source d’information essentielle sur cette branche du christianisme. Né en 2003 de la fusion du « Christianisme au XXIe siècle » (fondé en 1871 !) et du mensuel « L’Avènement », il est publié en deux éditions distinctes, l’une française et l’autre suisse. Le Christianisme Aujourd’hui fait partie du groupe de presse protestant Alliance Presse, qui propose plusieurs magazines, notamment pour les enfants, les jeunes, la famille(Family), ou les femmes(SpirituElles).

Christ seul :  magazine des Eglises Evangéliques Mennonites de France, qui paraît 11 fois par an, et dont l’ objectif est « de contribuer à une foi et une éthique chrétiennes fondées sur Jésus-Christ, vécues en Eglise, pour le bien de tous ».
Découvrir le site du journal et le blogue.
Une bonne publication, au très beau nom, pour mieux connaître cette branche du protestantisme, issue du mouvement anabaptiste parfois qualifié de « Réforme radicale ». Ces premières « Eglises de professants » se caractérisent par : la primauté de la démarche personnelle de choix de la part du croyant, le baptême des seuls adultes, la pratique de la non-violence, et la participation de tous-sans distinction entre clercs et laïcs-« à une vie de simplicité, de partage et de prière ».

La Croix. Fondé en 1880, un des meilleurs(le meilleur ?) quotidiens nationaux français, qui a su rester lui-même, indépendamment des modes. Appartenant au groupe Bayard, il prône un catholicisme moderne et progressiste. Points forts : informations internationales et couverture de faits sociaux. Pas de faits divers. A noter que le responsable du service photo est très à cheval sur les questions éthiques liées à l’image, le respect de la dignité des personnes faisant directement écho aux valeurs du journal.

Croire et Vivre : Un magazine destiné à « donner l’envie de croire », quel que soit le lectorat mais particulièrement pour ceux qui se posent des questions sur leur foi. Il appartient à Croire-Publications, fruit de la rencontre de plusieurs revues complémentaires nées au sein de la FEEBF(Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France)  : Croire-Pocket, Hokhma, Les cahiers de l’école pastorale, Tom et Carotte…

Fait-religieux : ce site non confessionnel indépendant d’actualité (2012-2015)parlait exclusivement(et de façon transversale) du « fait religieux », ou des effets sociaux de toutes les croyances religieuses. Et ce, afin d’informer une population française comprenant 40 % de non croyants, mais aussi des personnes aux convictions religieuses très différentes. Fondé par Sophie Gherardi, ancienne rédactrice en chef du Monde et ancienne journaliste à la Tribune, et par son mari Jean-Luc Pouthier, historien des religions à Sciences Po Paris ; parrainé par le Centre d’études du fait religieux contemporain (Cefrelco), présidé par Jean-Luc Pouthier.
Sur la même thématique :  « Laïcité & religions », une pertinente mais éphémère (septembre 2015-juin 2016) « lettre professionnelle de 8 pages à destination du monde de l’éducation, des acteurs publics et de la société civile ». Remplacée depuis octobre 2016 par LaïCitésLettre pédagogique des faits religieux et de la laïcité, un mensuel de 12 pages diffusé sur abonnement sous forme électronique (format PDF).

Famille chrétienne : Un hebdomadaire « ouvertement catholique » et « confessant », créé en 1978 et appartenant à Edifa. Magazine familial (celui des parents mais aussi de leurs enfants-il est aussi lu par des étudiants catholiques), il contient des reportages et des informations de qualités sur des sujets tels que la famille(évidemment), l’éducation, la vie spirituelle…et des témoignages. Il reflète fidèlement la « ligne » de l’Eglise catholique, surtout en matière éthique privée. Sur le plan spirituel, FC semble plutôt ouvert(voir la place donnée au Renouveau charismatique dans ses colonnes…)et branché « nouvelles évangélisations ». Un lecteur évangélique pourrait s’y retrouver.
Son lectorat est généralement aisé, tendance « tradismatique »*. Néanmoins, l’hebdo sait être à « contre-courant » et souhaite dépasser une certaine étiquette.

Foi & Vie, la revue de culture protestante. A la croisée de plusieurs courants théologiques, une excellente revue fondée en 1898, qui se propose de porter un regard chrétien (protestant) sur les mutations de notre monde.

Interbible : portail catholique francophone(québecois)  interactif créé le 18 février 1999. Avec un moteur de recherche pour accéder au texte complet de la Bible en français courant. La grande clé de l’originalité du site réside dans le fait de créer une zone de dialogue entre les spécialistes de la Bible et le grand public. A explorer.

Phare FM, « la Radio Autrement » – Ensemble de radios web associatives, catégorie A. Le programme national est produit par Phare FM Mulhouse et offert gracieusement aux autres radios Phare FM. Sa ligne éditoriale repose sur l’annonce de l’Évangile, mais « la 1ère radio musicale chrétienne(protestante) en France et en Francophonie » offre particulièrement une musique fraiche, dynamique et positive. Elle se veut ouverte à chacun et propose de courtes rubriques inspirantes, de nature à nous encourager dans la foi et notre vie de tous les jours. Une radio…plein de « pep’s » à découvrir !

Promesses, revue de réflexion biblique : une excellente revue dont nous parlons régulièrement sur Pep’s Café ! S’il y en avait qu’une, ce serait celle-là…

Protestants.org : le portail de la Fédération Protestante de France.

Radio Evangile : Annoncer le message de la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ pour tout homme et femme, sans considération d’âge, d’arrière-plan social, d’origine religieuse ou de culture: telle est sa vocation depuis 1961 !
Ecouter son « trésor sonore »,  plateforme de téléchargement sur laquelle il est possible de récupérer des sons de différentes catégories : message, témoignage, rubrique radio, conférence, jeunes, enfants, livre audio, Bible audio et même musique (soit par téléchargement manuel, soit par abonnement aux podcasts).

D’autres radios protestantes peuvent se découvrir ici.

Radio Notre Dame. Une excellente chaîne de radio communautaire catholique, créée en août 1981 par Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris. Elle partage la fréquence 100,7 FM avec Fréquence Protestante (autre radio de qualité) à Paris. L’une et l’autre peuvent s’écouter en direct(ou se réécouter) via Internet.

Réforme. Hebdomadaire emblématique du Protestantisme français. Créé à la Libération(le premier numéro paraît le 24 mars 1945) par Jean Bosc, Albert-Marie Schmidt, Denise Berthoud (la fille du pasteur Boegner) et Albert Finet, des protestants français, résistants actifs ou philosophiquement engagés. Réforme représente surtout les sensibilités réformée et luthérienne, mais est très ouvert à l’œcuménisme. On peut apprécier tout particulièrement sa volonté d’être « au plus près de l’actualité », son goût pour la confrontation des idées et les débats contradictoires par-delà les sensibilités, sa façon de « problématiser » et sa capacité à prendre des risques face aux grands événements de l’histoire contemporaine : en témoignent son engagement en faveur de la décolonisation, sa dénonciation des tortures pendant la guerre d’Algérie, son soutien de la construction européenne, sa recherche du sens de la contestation de mai 68, comme son opposition au choix de la France de développer l’énergie nucléaire et au surarmement….

Regardsprotestants.com. Un grand portail Internet, créé en décembre 2012 par des protestants et qui fédère la diversité des médias du protestantisme francophone européen.

La Revue réformée : une excellente revue de haut niveau, qui se veut « théologique et pratique », fondée en 1950 par le pasteur Pierre Marcel. Depuis 1960, la publication est assurée par la Faculté libre de Théologie Réformée d’Aix-en-Provence(devenue en 2009 « Faculté Jean Calvin ») « avec le concours des pasteurs, docteurs et professeurs des Eglises et Facultés de Théologie réformées françaises et étrangères ». Elle est destinée à tous ceux – fidèles, conseillers presbytéraux et pasteurs – qui ont le souci de fonder leur témoignage, en paroles et en actes, sur la vérité biblique.
La maintenance du site de diffusion de La Revue réformée est assurée depuis 1997 par Un poisson dans le net, dont nous avons déjà parlé ailleurs. Les numéros sont publiés en texte intégral avec un décalage d’un an environ par rapport à la version papier.

Top Chrétien. « la communauté chrétienne en ligne », fondée en 1999 par le pasteur Éric Célérier, mérite le détour pour plusieurs raisons : portail chrétien le plus visité en francophonie, le « Top » est géré par des évangéliques mais s’adresse à tous. Son offre est extrêmement diversifiée : vidéos, émissions TV, musiques, cultes en ligne, lectures et études de la Bible, prières, enseignements, messages, formations, témoignages, infos/événements, liens vers d’autres sites référencés…
Tous les chrétiens peuvent donc trouver de quoi satisfaire leur curiosité.

La Vie. Hebdomadaire fondé en 1924 sous le nom de « La Vie catholique ». En 1977, il a choisi de devenir « La vie » tout court, tout en restant fidèle à un « catholicisme d’ouverture » aux progressismes et privilégiant un témoignage chrétien axé davantage sur…la vie plus que par la parole. En règle générale, sa ligne éditoriale(actuellement beaucoup plus « confessante » depuis ces dernières années)traduit une approche moderne de la spiritualité et une grande ouverture à toutes les religions. Il appartient au groupe La Vie-Le Monde.

(A suivre, avec, prochainement, des sites « pour s’approcher de Dieu ». Et même « pour aller plus loin avec Dieu », avec un « spécial jeunesse »)

 

 

 

Notes :

* « Tradismatique » : mot valise ou jargon catholique pour illustrer un mix entre « traditionaliste »-dans un sens non schismatique-et « charismatique » catholique. Aux dires des connaisseurs, le jeune « tradismatique » semble avoir beaucoup de points communs avec le jeune évangélique charismatique.

Quelle est ta cuirasse ?

 « L’espace d’un instant, je me suis senti revêtu d’une cuirasse », écrivait Franz Kafka dans son journal, le 21 février 1911*, évoquant la sensation d’être enfermé dans son propre corps.

Et toi, quelle est ta « cuirasse » ?
De quoi est-elle faite ? Dans quel but ?

Les réponses à ces questions seront une source de révélations sur toi-même, tes propres relations avec les autres et…avec Dieu !

 

A lire, pour prolonger la réflexion :

Gen.3v6-11, 21

Exode 12

1 Jean 1v7
1 Pie.1v18-19

Ps.91v4

Eph.6v14
1 Thes.5v8

 

 

 

Notes :

*Kafka, Franz. Journal(Traduit et présenté par Marthe Robert). Le Livre de poche biblio, 1991, p 36.