« Mission (im)possible » pour Jonas : lecture suivie (2)

L’Evangile : pas un devoir, mais une bonne nouvelle à annoncer, qui exige une réponse immédiate !

Suite et fin de la lecture suivie du prophète Jonas, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. 

JONAS 3 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une deuxième fois : C’est en quelque sorte une seconde chance pour le prophète (v.1). E. Stegen raconte l’histoire d’un prédicateur qui avait à coeur de prêcher trois fois le même message lors d’une tournée. Mais il était accompagné par un pasteur qui ne connaissait pas le Réveil. Après un temps d’hésitation, l’homme de Dieu décida de donner ce message trois fois de suite. Sur la route du retour, le pasteur lui dit : Heureusement que tu as donné le même message trois fois car c’est au troisième que j’ai vraiment compris ce que Dieu voulait me dire !

–    « Lève-toi, va à Ninive et fais-y la proclamation que je t’ordonne » : Dieu ne se lasse pas de me répéter Sa pensée. Il insiste auprès de Jonas pour que Ninive reçoive le Salut. Et Jonas doit apprendre de son erreur, maintenant il doit faire exactement ce que Dieu veut (c’est un ordre !). Ma question : Est-ce que je désire apprendre à faire la volonté de mon Dieu ? (v.2).

JONAS 3 : 3-10

–    Jonas se leva et alla à Ninive, conformément à la parole de l’Éternel : On peut se dire que c’est un peu tard, mais le proverbe populaire dit « Mieux vaut tard que jamais ! » … Si je suis capable, après m’être détourné du Seigneur, de revenir à Lui et de me conformer à Sa Parole, alors je peux prétendre vivre selon le standard de ce prophète (v.3a).

–    Or Ninive était une immense ville : Le tour de la partie fortifiée de la ville faisait 12 km. Il fallait trois jours de marche pour faire le tour de la cité, ce qui fait un peu plus de 50 km à parcourir … (Archeo, BS21, Guide Biblique, Dictionnaire Culturel de la Bible …). McArthur parle de 100 km de circonférence !

–    Jonas fit d’abord dans la ville une journée de marche : Pour approcher le coeur de l’homme, Dieu utilise différentes méthodes. L’approche de Jonas est intéressante, il se fait voir par le peuple, il le voit, et proclame un message tout simple, mais très provocateur : « Dans 40 jours, Ninive sera détruite » (v.4). C’est important de chercher la pensée de Dieu pour savoir comment approcher nos contemporains.

–    Les habitants de Ninive crurent à Dieu : Honnêtement, au premier regard, je me dis qu’il manque quelque chose au message de Jonas … Pourtant, il est conforme à l’ordre de Dieu. Moi, j’aurais prêché la personne de Dieu, Son plan d’amour pour les païens, la repentance … mais le prophète annonce un JUGEMENT IMMINENT. Dans notre époque, on parlerait d’un « fou », d’un « prophète de malheur » ou d’un « gouru évangélique » … Je dois PROCLAMER ce que Dieu veut. Jonas n’est pas dans la situation d’enseigner ceux qui appartiennent à Dieu (ce que font les docteurs de la loi, ou par moments d’autres prophètes). Mais les habitants de Ninive prennent la menace à coeur et mettent leur foi dans le Dieu de Jonas ! Je n’ai pas de mot en français pour exprimer cette merveille (v.5a). Ils manifestent leur repentance par les signes de deuil et d’humiliation qui se pratiquaient en Orient (v.5b).

–    Le roi apprit la nouvelle : Il peut être inquiet pour la religion de son royaume et même pour l’économie (le commerce des idoles est très important). Mais rien ne l’arrête, il va dans le sens du peuple, son coeur est saisi, il retire son manteau (signe de sa royauté) pour se soumettre à l’Éternel – (v.6) ; puis il proclame un jeûne total pour les humains et les animaux. Chacun est appelé à changer de conduite, espérant ainsi que Dieu reviendra sur Son jugement … En fait, Jonas a provoqué par quelques mots, et le Roi de Ninive a donné la suite. Il est ainsi devenu pasteur de son peuple. Jonas repartira certainement, alors le Roi s’occupe de cette affaire … (v.7-9).

–    Dieu vit : Oui, Dieu voit ! Il voit le péché (Jonas 1 : 2), et il voit la repentance. Dieu est vivant ! Le texte dit : « Dieu regretta le mal dont il les avait menacés ». Ainsi est mon Dieu, prêt à s’adapter aux élans de mon coeur. Combien il aime celui dont le coeur est brisé et l’esprit contrit (Psaume 51) ! Et l’Éternel renonce à Son jugement (v.10). C’est pour cela que je dois me conformer absolument à ce que Dieu me dit par Sa Parole, par l’Esprit Saint (Romains 8).

Jonas 4 : 1-11

–    Jonas le prit très mal : On touche ici au coeur du problème qui tourmente Jonas. Le prophète réagit à la grâce de Dieu négativement. Combien de fois, dans ma vie, n’ai-je pas réagi comme cela ? Dieu aurait quand même pu leur montrer la vraie valeur de leur iniquité … Et puis, ce serait la justice … etc.

–    … et fut irrité : L’irritation (ou la colère) vient souvent d’une opinion personnelle qui ne correspond pas à ce que Dieu fait ou laisse faire …

–    Il pria l’Éternel en disant … J’aime cet échange quasi permanent entre Dieu et Jonas. Même si le prophète est coriace, le dialogue n’est pas rompu. Dieu fait tout pour que Son plan s’accomplisse à travers Jonas. Dans son irritation, il prie, il dit à son Dieu ce qu’il pense, honnêtement et sans hypocrisie. Il est sûr de lui et de sa doctrine. Il pense même que Dieu se trompe, et le lui dit !!!

–    Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais … c’est ce que je voulais éviter en fuyant à Tarsis … Voilà l’explication de la fuite (v.2a). Le prophète pense réellement qu’il sait mieux que Dieu ce qu’il faut faire envers Ninive. Il est un peu « moralisateur » ! D’ailleurs, je vois bien que j’en suis aussi tout à fait capable !

–    En effet, je savais que tu es un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté : À la question « Qui est Dieu ? », on peut donner la définition de Jonas. Si Dieu n’est pas grâce , qui peut être sauvé ? (v.2b). Paul dit que là où le péché a abondé, la grâce surabonde … L’attitude du Seigneur envers les habitants de Ninive nous laisse beaucoup d’espoir pour notre génération. Jonas aurait du se réjouir, mais il déprime … et le Seigneur, avec beaucoup de tendresse, lui demande s’il fait bien de se fâcher (v.3-4), parce qu’il voudrait tant que son prophète se réjouisse aussi de la repentance de Ninive, objectif de sa mission (CB Emmaüs).

–    Jonas sortit de la ville et s’assit à l’est de la ville … Pourquoi ne reste-t-il pas dans la ville, au milieu du peuple qui s’humilie ? Il préfère s’éloigner, se construire une cabane de fortune, pour observer la suite (v.5). Suis-je un chrétien « qui observe » ou un chrétien « qui participe » ? Lors de l’arrestation de Jésus, la Bible dit que « Pierre suivait de loin … » . Dommage !

–    L’Eternel Dieu fit pousser une plante … Dieu est Créateur dans Son éternité. Pourtant, il donne vie à un végétal pour protéger Jonas (à travers le vent chaud d’Arabie qu’on nomme Sirocco). Il semble que la cabane construite par le prophète ne le protégeait pas assez car il avait mal à la tête ! Ce cadeau de Dieu donne une grande joie à Jonas (v.6). Quand nous sommes dans la faveur de Dieu, nous ressentons si fort le bonheur. Mais quand nous « pédalons » dans les difficultés, nous pouvons alors murmurer si facilement … Le lendemain, un ver fait sécher la plante protectrice (v.7) et le soleil étourdit Jonas au point qu’il défaille (v.8a). N’en pouvant plus, le prophète réclame la mort, c’est la déprime, la colère (v.8b) …

–    Dieu dit à Jonas : « Fais-tu bien de t’irriter à cause de la plante ? Il répondit : « Je fais bien de m’irriter jusqu’à la mort » … De nouveau cette question pleine de tendresse. Dieu est patient, vraiment ! Ce ricin est un signe de Dieu. Le Seigneur parle souvent par les circonstances, et nous ne le comprenons pas. Le mécontentement aveugle le serviteur de Dieu (v.9).

–    Dieu dit : « Tu as pitié de la plante qui ne t’a coûté aucune peine … et moi, je n’aurai pas pitié de Ninive ? » : L’homme est tellement égocentrique, souffrant de ses maux, tournant autour de ses problèmes, sans jamais se poser la question si les autres ne souffrent pas davantage !!! Au fond, Jonas a-t-il pitié du ricin ? Il a pitié de lui-même, ça c’est sûr !… Cette parole de Dieu nous rappelle que son coeur est compatissant. La grande ville est composée de 120 000 humains dans l’aveuglement, et beaucoup d’animaux (Pour McArthur, il s’agit de 120 000 enfants car l’expression « leur droite de leur gauche » concerne traditionnellement les enfants). Oui, Dieu veut leur faire du bien. Evidemment, nous n’avons pas la fin de l’affaire. Qu’est devenu Jonas ? Le plus important est pour moi : Ce que je deviens après ma lecture !

 

En effet, je termine l’histoire de Jonas, le prophète récalcitrant, et je m’y retrouve ! Maintenant, je me pose les questions suivantes :

1)    Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ?

2)    Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ?

3)    Est-ce que je suis capable de m’humilier lorsque je suis en échec ?

4)    Est-ce que j’ai le courage de repartir à zéro pour accomplir le plan de Dieu ?

5)    Est-ce que je suis prêt à faire ce que Dieu veut même si je ne comprends pas ?

6)    Est-ce que j’ai la liberté d’ouvrir mon coeur à Dieu comme Jonas l’a fait ?

7)    Est-ce que je suis prêt à annoncer le message de Dieu, selon la forme et le contenu qu’Il a choisi pour les personnes concernées ?

8)    Est-ce que j’accepte de ne pas comprendre, d’obéir quand même, avec patience, sans irritation ?

9)    Est-ce que je suis un acteur de l’Évangile ou un observateur (prêt à critiquer) ?

10) Enfin, est-ce que je désire vraiment le salut des âmes (même lorsque j’estime qu’elles n’en sont pas dignes !) ?

 

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Mission (im)possible pour Jonas : lecture suivie (1)

« La colombe n’est pas le symbole de la paix, mais le signe de la présence de Dieu Esprit Saint ». Première de couverture de « Noyau d’olive », d’Erri de Luca

« Il devait y avoir quelque chose de spécial dans le timbre de voix de Iona pour que Dieu aille le choisir lui précisément, le plus récalcitrant, le plus rebelle de tous les prophètes de l’Histoire sainte. » Erri de Luca. Quatre pas avec Iona/ Jonas IN Noyau d’olive. Gallimard, 2012 (Folio), pp 97-98.

Le message de ce prophète est le plus court de toute la section des « Prophètes », dans l’Ancien Testament, puisqu’il se résume à un demi-verset. L’essentiel de son message est donc ailleurs, plus particulièrement dans sa personne et son comportement. 

Voici une LECTURE SUIVIE DU LIVRE DU PROPHÈTE JONAS (2018), proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. Qu’il en soit remercié !

Base de l’étude : Thompson 21 / BS 21 (archéologie) / Bible McArthur / La Bible en BD (LLB) / Le Christ dans toutes les Écritures (Hodgkin) / Bible du Semeur / L’Ancien Testament Bridel 1872 / Les prophètes de l’A-T (P. de Benoit) / Jonah and Micah (J. Vernon McGee) / Old Testament Survey (P. Hammond) / Introduction à l’AT (G.L Archer) / Commentaire Biblique d’Emmaüs (CB) …

 

Première Remarque : La BS 21 propose une lecture à deux entrées, l’une qui serait historique, l’autre fictive (une légende avec une leçon spirituelle). Comme McGee et P. Hammond, je n’arrive pas à lire ce récit comme étant fictif … Ce texte annonce clairement, par avance, le rôle rédempteur de Jésus-Christ (ch.2), il se situe dans un contexte historique précis qui est la décadence de l’Empire dont Ninive était le flambeau. Même l’histoire du « grand poisson » est plausible, selon BS21 et d’autres spécialistes … Aucun doute chez GL Archer, H. Blocher, J-M Nicole, etc.

Seconde remarque : Le Livre de Jonas est de la plus haute importance puisqu’il a été mentionné par Jésus lui-même lorsque les religieux lui demandaient un signe. Jésus explique que CE SIGNE DE JONAS annonçait la mort et la résurrection du Messie (Matthieu 12 : 38-42). Il précise même que le SIGNE du « Fils de l’homme » pour cette génération était semblable à celui de Jonas pour sa génération (Luc 11 : 30) – (Y. I-Bing Cheng, entretienschrétiens.com).

Troisième remarque : Qu’est-ce qu’un SIGNE ? C’est la chose qui permet de comprendre le contenu d’un message. Quand nous voyons le signe « L’Eléphant Bleu », nous savons tous qu’il s’agit d’une station de lavage de voitures. Quand nous considérons Jonas, nous savons tous qu’il s’agit de la mort de Jésus et de sa résurrection.

JONAS 1 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï : On date ce récit dans la première moitié du 8ème siècle avant J-C (793-753 av.J-C). Le nom de Jonas signifie colombe(1). Celui de son père signifie fidèle. La colombe n’est pas le symbole de la paix(2), mais elle est le signe de la présence de Dieu Esprit Saint. Nous avons ici un père fidèle qui a engendré un fils vivant de l’Esprit de Dieu. N’est-ce pas une belle image de la transmission divine entre le Père céleste et Jésus le Fils, et entre les aînés et la jeune génération ? Dieu parle à Jonas car il a une mission à lui donner. Cette mission, on le verra, sera une bénédiction pour Ninive et pour Jonas lui-même.

–    Lève-toi, va à Ninive … : Ninive a été la capitale de l’Empire assyrien dans les années 700 av. J-C, basée sur la rive est du Tigre à plus de 400 km de Babylone. Nahum l’a qualifiée de « ville sanguinaire » (3:1). Dans la ville, il y avait deux tertres  dont un nommé « Prophète Jonas » (un tertre est un mémorial). La découverte du palais de Sanchérib a révélé la grandeur et le luxe de Ninive. C’est pour cela que Dieu la nomme « grande ville » (découverte de H. Layard en 1845). Pour parler à cette extraordinaire cité, le Seigneur a choisi Jonas. Il lui demande de SE LEVER pour se rendre à Ninive. Jonas devait être « assis », dans une position de stabilité, de confort, de routine. Tout allait bien. Sa vision concernait son peuple. D’un seul coup, l’Eternel lui demande l’impossible … aller chez les païens, les ennemis … (v.2a).

–    … la grande ville, et crie contre elle, car sa méchanceté est montée jusqu’à moi » : L’auteur du récit (on ne le connait pas) révèle tout d’abord la méthode voulue par Dieu pour toucher le coeur des habitants de « la grande ville » : Jonas devra CRIER. Ensuite, on découvre le contenu qui sera de DÉNONCER LA MÉCHANCETÉ de Ninive. Lorsqu’on sert le Seigneur, il est important de comprendre ce qu’il attend de nous, dans la forme comme dans le contenu. L’expression « montée à moi » signifie que Dieu a vu, entendu, senti, et ressenti ce qu’il se passait à cet endroit parmi ses habitants. Dieu n’ignore rien de nos vies ! (v.2b).

JONAS 1 : 3-16

–    Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis loin de la présence de l’Eternel : Il prend le bateau à Jaffa (nom signifiant « beauté », vers l’ouest, donc dans le sens opposé de Ninive). On ne sait pas de quelle Tarsis le livre de Jonas fait mention : Tarsis en Espagne (ce qui justifie le mot « loin », Tarsis en Sardaigne (selon un écrit phénicien), Tarsis au nord de l’Afrique (selon la version latine ce serait Carthage ou dans sa proximité), Tarsis en Anatolie (l’actuelle Turquie) ou tout simplement « en haute mer » (selon Saint Jérôme, père de l’Église). En fait, le lieu a peu d’importance, c’est le fait de s’enfuir loin de Dieu qui met Jonas en danger. Lorsque nous sortons de la présence de Dieu, nous prenons de gros risques ! (v.3).

–    L’Eternel fit souffler sur la mer un vent impétueux : Ce vent se transforme en « grande tempête », le bateau part à la dérive et risque de « faire naufrage ». C’est Dieu qui dirige le vent. Il en est le créateur et l’utilise pour que sa volonté soit faite. Jonas pense fuir Dieu, mais Dieu le poursuit jusque sur la mer Méditerranée ! (v.4).

–    Les marins eurent peur ; ils implorèrent chacun leur Dieu : C’est intéressant de voir comment ces marins sont terrorisés par la tempête. Comme ils sont religieux, ils prient. Aujourd’hui, des païens, des moqueurs, des blasphémateurs se mettent à prier Dieu quand les choses tournent mal … le coeur de l’homme est étonnant ! Les marins allègent leur navire pour essayer de le maintenir à flots. Pendant ce temps, Jonas « dormait profondément » au fond du bateau. Le capitaine le lui reproche car il veut que Jonas prie aussi son Dieu … qui sait ? L’homme en danger est prêt à essayer n’importe quelle religion ou superstition pour sauver sa propre vie ! (v.5-6).

–    Puis ils se dirent l’un à l’autre : « Venez, tirons au sort … » : Le sort tomba sur Jonas ! Incroyable ! Dieu répond à la détresse des marins au sein de leur idolâtrie.

–    Alors, ils lui dirent : « Dis-nous qui nous attire ce malheur » : On a du mal à imaginer ce dialogue au milieu d’une tempête, mais il est crucial pour les marins, ils jouent leur vie ! Le dialogue peut faire ressortir des choses intéressantes et peut permettre une guérison morale ou sociale. Le capitaine demande des comptes à Jonas sur son identité … (v.7-8).

–    Il leur répondit … La réponse de Jonas est à peine croyable. Il est hébreu. Et il déclare « craindre l’Éternel ». En passant, il désigne son Dieu comme étant le Créateur, donc au-dessus des dieux des marins. Cette expression CRAINDRE signifiait qu’il rendait un culte à une divinité. Un repère social à cette époque (v.9). Puis, il leur explique qu’il est en train de fuir son Dieu … Ce que ses interlocuteurs ne comprennent pas. On ne défie pas une divinité … La peur saisit leur âme (v.10).

–    Ils lui dirent : « Que te ferons-nous ? » … L’idée est d’éloigner la tempête et la mort, le jugement de ce Dieu de Jonas. Ils lui posent la question car Jonas s’est désigné lui-même coupable. La mer est en furie, il faut trouver une solution ! D’ailleurs, le prophète en propose une : de le jeter à la mer. Il est conscient de sa faute et accepte la mort comme châtiment (v.11-12).

–    Ces hommes ramèrent pour gagner la terre ferme, mais ils ne purent pas y arriver : La mer est puissante lorsqu’elle est déchainée ! Les voiles ? Plus rien ! Les rames ? Comment quelques marins peuvent triompher d’une tempête meurtrière ? Impossible ! Alors, quelque chose d’extraordinaire se passe : l’équipage se met à prier le Dieu de Jonas ! Chacun le reconnait comme souverain (v.13-14).

–    Puis ils prirent Jonas et le jetèrent dans la mer : Lorsque Jonas a reconnu sa faute, les marins auraient pu le jeter hors du navire, mais ils ont pardonné la faute. Seulement, là, ça ne suffisait pas. C’est pourquoi ils appliquent la parole de Jonas.Ils le condamnent à mort … Mais cela les chargeait terriblement. Dès que la mer est calmée, ils offrent un sacrifice, non pas à leurs dieux, mais à l’Éternel (v.15-16). Je me dis que Dieu est bon, il utilise la désobéissance de son prophète pour amener ces hommes à une rencontre avec Lui ! Le comble de Son amour ! Bien sûr, il n’est pas question de se laisser aller à faire n’importe quoi dans notre société, en pensant que Dieu va l’utiliser pour sauver les gens dans notre entourage !!! Il y a une autre leçon à apprendre pour Jonas et pour nous. En effet, le prophète rencontre des non-juifs, et à travers la tempête, Dieu l’humilie face à eux. Il se croit plus grand qu’eux, et cela ne peut pas être. On retrouvera cet état de coeur un peu plus tard lorsque Jonas reprochera à Dieu sa compassion à l’égard des Ninivites.

JONAS 2 : 1-11

–    L’Éternel fit venir un grand poisson … La Bible Archéo dit qu’il s’agit, non d’une baleine (qui n’avale que des petits animaux marins), mais d’une GRANDE CRÉATURE MARINE. Le débat au sujet du poisson est bien animé par Satan qui voudrait bien nous faire oublier que c’est Dieu qui commande aux éléments naturels, et qui oriente les animaux selon Sa volonté. Il ne faut jamais oublier que les animaux, les végétaux, et les humains sont au service de Dieu.

–    … pour avaler Jonas : Donc Jonas est resté entier, protégé de la noyade dans le « ventre » du poisson (Le texte ne parle pas de l’estomac – Le mot « ventre » est un terme employé au sens général).

–    Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson : Selon McArthur, il faut compter trois jours. C’est la culture hébraïque. Il s’agit d’un laps de temps d’environ trois jours. La connaissance de cette tradition permet d’effacer toutes les interprétations concernant les fameux trois jours entre la mort et la résurrection de Jésus. En tout cas, pour Jonas, ce fut certainement un temps bien difficile à vivre, un profond désespoir ! (v.1).

–    Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel son Dieu : Que fait-on quand tout va bien ? On oublie le Seigneur ! Et quand tout va mal ? On le prie ! Que nous sommes méchants !!! Mais ce qui est beau ici, c’est que Dieu a entendu Jonas. Il l’avait conduit dans le ventre de ce poisson, attendant un élan de son coeur d’homme perdu, une repentance … (v.2).

–    Dans ma détresse, j’ai fait appel à l’Éternel, et il m’a répondu … On a l’impression de lire l’histoire de la relation entre Israël et son Dieu. Déjà, le prophète récalcitrant reconnait qu’il est en situation de détresse. Ensuite, il demande le secours à Dieu. Enfin, Dieu répond (pas seulement des mots, mais des actes !). Avec ce début de prière nous avons un texte digne du Livre des Psaumes.

–    Du milieu du séjour des morts … Cette expression est à rapprocher des mots « Dans ma détresse ». En fait, Jonas fait face à la mort, elle est imminente.

–    Tu as entendu ma voix : Répétition de « Il m’a répondu ». La première partie de ce verset fait partie du récit, la seconde est la prière à Dieu (v.3).

–    Tu m’as jeté dans l’abîme, dans les profondeurs de la mer, et les courants m’ont environné ; toutes tes vagues et tes flots sont passés sur moi : Jonas reconnait la main de Dieu dans le jugement à son encontre (v.4).

–    Je disais : « Je suis chassé loin de ton regard, mais je verrai encore ton Saint Temple » : Jonas se voit perdu, mais l’espérance de Dieu est toujours dans son coeur. Paul déclare que l’amour, la foi et l’espérance demeureront (1 Cor. 13) … Je crois qu’il y avait ces trois choses dans le coeur de Jonas, au-delà de son péché (v.5).

–    L’eau m’a couvert … Jonas décrit la terreur que représentaient l’élément marin dans lequel il s’enfonçait, vers la mort … (v.6-7).

–    Quand mon âme était abattue en moi … « Ô mon âme, pourquoi es-tu abattue en dedans de moi ? ». On reconnait l’Esprit des psaumes. N’avons-nous jamais vécu cette détresse de l’âme ? C’est ce ressenti profond qui pousse Jonas vers Dieu. C’est pourquoi, si nous sommes dans la dépression, ou dans le découragement, nous avons une grâce, nous sommes prêts à chercher l’Éternel ! (v.8).

–    Ceux qui s’attachent à des idoles sans consistance : Il dit cela pour montrer la consistance de Dieu. En même temps, l’idolâtre peut comprendre son péché l’éloigne de Dieu (v.9).

–    Quant à moi, je t’offrirai des sacrifices : Dans sa détresse, Jonas pense à ce qu’il donnera à Dieu lorsqu’il sera libéré. Ces sacrifices seront remplis de reconnaissance … Il faudra se rappeler de cet engagement quand nous lirons le dernier chapitre du Livre (v.10). La prière est courte mais puissante, violente, remplie d’espoir !

–    L’Éternel parla au poisson : Dieu continue à diriger sa créature au bénéfice de son prophète. Le poisson vomit Jonas sur un rivage de la mer. On peut imaginer dans quel pitoyable état devait se trouver Jonas, mais sauvé (v.11) ! En effet, avec lui, nous pouvons proclamer « Le salut vient de l’Éternel » (v.10b) !

A suivre vendredi….

 

Notes : 

(1) [Jonas = Iona, en hébreu]. C’est la même Iona qui a été envoyée par Noé depuis l’arche après le déluge, mais aussi le participe présent du verbe iana, opprimer.

(2) La colombe tenant un rameau d’olivier a été rendue célèbre en tant que symbole de la paix au XXe siècle à travers « la Colombe de la paix », dessinée par Picasso en 1949, à la demande du Parti Communiste dont il était membre. En même temps, l’Union soviétique préparait son premier essai nucléaire le 29 août 1949… Et puisque l’on parle de symbole, les LGBT, quant à eux, ont repris l’arc-en-ciel qui représente l’alliance avec Dieu.

« Sortez de votre zone de confort » : quelle est votre vision pour les hommes de votre église locale ?

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich - 1818) Pour apprendre à connaître quelqu'un, sortez-le de sa "zone de confort" habituelle et...montrez-lui ce tableau !

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich – 1818)
Pour apprendre à connaître quelqu’un, sortez-le de sa « zone de confort » habituelle et…montrez-lui ce tableau !

La Bible donne plusieurs exemples d’hommes conduits(ou contraints) à « sortir de leur zone de confort ».

Ainsi, Noé(Genèse 6), pour qui la foi était nécessaire pour saisir le sens(en apparence peu évident)de ce que Dieu lui demandait de construire(Hébr.11v7)-un travail qui lui a pris environ 100 ans…

Abraham, parti à l’appel de Dieu, « sans savoir où il allait… »

Ou encore Moïse, que Dieu a sorti de sa retraite de 40 ans, et qui a déclaré être incapable de répondre à cet appel(Ex.4v10 ). Avant cela, nous dit l’Ecriture, il avait su choisir entre les richesses de l’Egypte et le partage de l’opprobre de son peuple(Hébr. 11v24-26)…..

…..Jonas, chargé d’aller vers les païens pour leur transmettre le message sans doute le plus court de tous les livres des prophètes… ou encore le Seigneur Jésus-Christ, qui a quitté le ciel pour « devenir chair »(Jean 1v14) et comme l’un de nous, à part le péché(Hébr.4v15). Lequel est venu, « non pour les justes, mais pour les pécheurs »(Matt.9v13), a parlé à une samaritaine, a touché des lépreux, s’est invité chez un publicain et est « mort pour des injustes, Lui le juste »(1 Pie.3v18 et cf Rom.5v6, Es.53)

D’une façon globale encore, le peuple d’Israël, en sortant d’Egypte ; ou l’Eglise naissante, corps de Christ, où croyants d’origine juive durent côtoyer croyants issus des nations(Actes 1011), et où « les plus honorables » durent donner « plus d’honneur » aux « moins honorables »(1 Cor.12v13-27)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Et d’une façon plus particulière, comment encouragez-vous les hommes de votre église locale à « sortir de leur zone de confort » ? De sorte qu’ils puissent vivre une réelle communion et manifester un véritable esprit d’équipe inter-générationnel, dans un unique but : plaire à un autre qu’à eux-mêmes ? Quelle est votre « vision pour les hommes » ?

Car, le problème pour un homme, ou les hommes en général, outre le fait de se retrouver régulièrement ensemble, c’est d’être confronté à ces trois défis ou obstacles :

– Penser que l’on a quelque chose à prouver

– Reculer, parce que l’on croit avoir quelque chose à perdre

– Se cacher et donc jouer un personnage…ou un double-jeu.

Or, l’homme véritablement consacré à Dieu est celui qui n’a rien à prouver cf Matt.4v3-7(et est donc à mille lieux d’un esprit de performance ou de compétition), qui n’a rien à perdre(et donc ne sacrifie pas la pertinence pour la popularité cf Gal.1v10)et n’a rien à cacher(et donc ne joue pas un personnage ou un rôle qui n’est pas le sien cf Jean 8, 12)

L'esprit d'équipe selon "Lagaan"("Once Upon a Time in India"), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

L’esprit d’équipe selon « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Une bonne vision pour les hommes de votre église les inspirera « à sortir de leur zone de confort », leur inculquera un véritable esprit d’équipe(ne pas craindre de demander de l’aide) à l’instar de ces quatre(Marc 2v3-4), et l’esprit du don(cf Eph. 2v2, 25)avec la volonté de chercher à plaire à quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes !

Sachant que nous disposons des ressources suivantes :

-Un modèle, le Seigneur Jésus-Christ(Marc 10v45)

– Une base, un fondement de vérité : la Parole de Dieu (1 Pie.1v22-25 ; 2 Tim.3v16)

– Un conseiller, le Saint-Esprit en nous, qui nous équipe et nous rend capable de et d’être (1 Cor.12 ; Jean 14– et ss ; Eph.4 ; Rom.8….)

 

 

 

 

 

Un Poisson dans le Net : « nettement » au service de l’évangile

Il y a beaucoup de poissons dans la Bible.
Le plus connu est sans doute celui* qui a avalé le prophète Jonas** et l’a gardé trois jours avant de le « vomir » sur la terre ferme. Un récit dont l’authenticité et l’historicité ont été attesté par Jésus Lui-même et dont le principal protagoniste-Jonas-est « un signe », « le seul miracle » qui a été donné à sa génération. De même, Jésus est le seul signe donné à sa génération, cette génération qu’Il appelle « méchante et adultère », elle-même friande de miracle(cf 1 Cor.1v22). « Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ».(Matt.12v39-41 et Luc 11v29-32)

En grec, « poisson » se dit « ikhthús » (« ichtus ») : un terme adopté comme symbole par les chrétiens persécutés(Ier siècle-IVe siècle), puisqu’il parle de Christ par acrostiche ou acronyme : on retrouve en effet dans ce mot les initiales de « Iêsous Christos Theou Uios Sôtêr »(« Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur »)

L’image ou le nom « ikhthús » (« ichtus ») se trouvait fréquemment sur les murs des catacombes, nous apprend le Nouveau dictionnaire biblique « Emmaüs ».

Aujourd’hui, on trouve un poisson dans le net, qui est aussi le nom d’un site chrétien francophone de ressources évangéliques-l’un des premiers du genre, ouvert le 1er mars 1996 :

Un poisson dans le net : un site au service de l’évangile
Animé par une équipe de chrétiens évangéliques de la Fédération Évangélique de France, parrainé par les éditions CLÉ, Il est composé d’un blog(contenu proposé : Étude biblique, Événement chrétien, Livre chrétien, Méditation biblique, Réflexion, Site chrétien) et d’un site web classique. Celui-ci s’explore par thèmes à l’aide du « méga-nuage de mots-clés » !
Il est possible de s’abonner par courriel aux nouveautés parues sur le site.
Depuis, « petit poisson » est devenu grand, et propose actuellement un éventail très complet et édifiant de ressources en ligne et des centaines de documents !
Ainsi, on relève ses :
1)Faire découvrir :
-l’évangile : pour ceux qui ne le connaissent pas encore. Et pour les chrétiens désireux de trouver des ressources pertinentes sur lesquelles s’appuyer pour en parler le mieux autour d’eux : des études, des guides de découverte, des ouvrages en texte intégral dans lesquels puiser de l’inspiration.
– Études/découvertes de la Bible : foire aux questions … des chrétiens vous répondent (12 thèmes), outils pour l’école du dimanche ! La famille … des hommes et des femmes face à face (13 études)
– Et « en exclusivité » :
Le Messie, qui est-il ? (ouvrage en texte intégral)
Et après ?, Que se passe-t-il après la mort ? (ouvrage en texte intégral)  Ancien site
Au commencement … Dieu ? Dieu a-t-il vraiment créé le monde ?
La réincarnation analysée à la lumière de la Bible (ouvrage en texte intégral)
Art Chrétien
2)Approfondir ses connaissances : De très nombreuses ressources pour son édification personnelle. Des séries consacrées à des livres bibliques. Des dossiers et autres ressources.
3)Bibles du net (de nombreuses versions francophones proposées)
4)Ses (sites) incontournables

A consulter sans modération !

Notes :

* »Un grand poisson » anonyme, et non une « baleine » : on ne connaît ni son nom, ni son espèce, mais on parle encore de lui aujourd’hui. Dieu l’aurait-il créé spécialement pour cette mission(avaler Jonas) ?

**Le message de ce prophète est le plus court de toute la section des « Prophètes », dans l’Ancien Testament, puisqu’il se résume à un demi-verset. L’essentiel de son message est donc ailleurs, plus particulièrement dans sa personne et son comportement. Nous avons eu l’occasion de parler de Jonas ici.

« C’est pas juste ! » Justice de Dieu, justice des hommes…

Très tôt, l’enfant devient sensible aux notions de justice, d’injustice.

Mieux que personne, il sait pousser ce cri du cœur :

L'une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt"Pourquoi lui et pas moi ?"

L’une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt
« Pourquoi lui et pas moi ? »

« C’est pas juste ! »

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Caïn, quand Dieu a agréé l’offrande d’Abel, son jeune frère, plutôt que la sienne…alors qu’il avait tant peiné pour faire sortir des fruits d’une terre si ingrate, car maudite…(Gen.4v3-8 et 3v17-19)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur des ouvriers de la première heure, quand les ouvriers de la dernière heure ont reçu un denier, soit tout autant qu’eux pour une heure de travail !(Matt.20v1-16)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Jonas, constatant que des coupables pouvaient être sauvés. Rivon Krygier, Rabbin de la communauté massorti Adath Shalom(Paris), rappelle, dans « le monde inversé de Jonas »( une fort intéressante étude sur le prophète consultable ici) que « Dieu avait décidé après le déluge qu’Il ne provoquerait plus de destruction sans appel. Dieu a réprimé Sa puissance justicière pour offrir au monde l’occasion du repentir. Mais pour Jonas, la modération ressemble à du laxisme… Il se refuse à en être l’agent, le promoteur(…)

Le livre de Jonas offre le spectacle hallucinant de païens prompts au repentir face à un Juste si confortablement installé dans ses certitudes qu’il juge indigne de sauver de la perdition une ville de 120.000 êtres humains. Un simple ricin, une plante qui lui apporte un petit supplément d’ombrage par rapport à celui que lui offrait la cabane dans laquelle il s’abritait, trouve plus de grâce à ses yeux que la vie des humains trop humains, entachés par le péché ! ».

 

Et Dieu alors ?

Qu’est-ce qui « n’est pas juste » ou « qui est juste », pour Dieu ?

Ses standards sont-ils les nôtres et inversement ?

Car l’un et l’autre peuvent se résumer ainsi :

-Notre standard : le mérite

-Le standard de Dieu : la grâce

Lequel prime réellement dans notre vie, votre vie, ma vie ?

Notre propre justice…ou la justice de Dieu ?