Le jeûne est-il un « kung fu » spirituel ?

 

Le jeûne est l’un des thèmes de recherche qui conduit régulièrement les internautes sur Pep’s café! le blogue(1). Et ce, en tout temps, avec des « pointes » à certaines périodes du calendrier. Personnellement, je serai heureux que vous me racontiez et me partagiez ce que vous trouvez en cherchant ici. Ceci dit, ce type de recherche me paraît révélatrice d’une préoccupation constante, qui ne devrait pas étonner, puisque généralement comprise comme étant liée à une certaine « pratique » (religieuse ou non).

Dans la Bible, le jeûne fait partie de ce que l’on pourrait appeler « les postures de combat »(2), en lien avec le « combat spirituel » évoqué dans le Nouveau Testament. S’agit-il d’un « kung fu » spirituel pour autant ? Paul l’explique très bien dans sa lettre aux chrétiens d’Ephèse : Ce type de lutte n’est pas « contre des êtres humains » ; mais « contre les pouvoirs, les autorités, les maîtres de ce monde obscur, contre toutes les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les cieux » (Eph.6v12). On ne peut s’y exercer comme à un sport ou un art martial, mais la vie en Eglise [la communauté de ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et le reconnaissent comme Seigneur, pas le bâtiment…] peut rapidement devenir une « salle d’entraînement », où nous luttons pour que les règles du jeu du Règne de Dieu soient mises en place.

L’enjeu est en effet celui-ci : à la suite du Christ, dont le message est « le moment favorable est venu, le règne de Dieu est tout proche ! Changez de vie et croyez à la Bonne Nouvelle » (Marc 1v15), la mission de ceux qui lui appartiennent, et reconnaissent qu’Il est Seigneur, consistent à proclamer et à affirmer, « réaliser » le règne de Dieu là où il n’est pas encore. « Réaliser » signifie d’abord en comprendre les tenants et aboutissants (cf Luc 17v20-21), mais aussi le faire advenir à la réalité. Comment alors installer le Règne de Dieu ?

Certains ont voulu le faire par la force (L’Inquisition) et ont échoué. D’autres ont voulu le faire par le retrait du monde : même échec, conduisant au sectarisme. D’autres ont pensé y parvenir par la politique (théocratie, césaropapisme, théologies de la libération), espérant en des « messies politiques », avec les résultats désastreux (encore récents)que l’on connaît.

Or, pour installer le Règne de Dieu, il faut planter la bannière du Christ. Mais ce n’est pas parce que vous portez un tee-shirt (ou déposez dans l’urne un bulletin) « Jésus », et une Bible dans votre sac, que le Règne de Dieu – ou le Christ – est là. C’est là où Christ est reconnu comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, que Christ règne.

Les « postures de combat » installant le Règne de Dieu sont, de fait, la louange, l’adoration, la discipline intérieure(proclamer que Christ règne dans « ce temple » de mon corps, dans mes pensées et dans ma volonté), l’obéissance, la prière, et le jeûne.

Le jeûne fait partie de la discipline offerte par le Seigneur pour nous disposer à la disponibilité spirituelle. Le principe du jeûne est de se priver de quelque chose pour laisser advenir autre chose. Il n’est pas forcément un jeûne de nourriture d’ailleurs ! Il peut être un jeûne d’écrans, de distractions, d’activités, d’achats et toute autre chose dont nous pouvons être convaincus de nous priver pendant ce temps. En Matthieu 6v16-18, Jésus insiste sur le fait qu’il s’agit d’une pratique personnelle [Pierre fera ainsi son jeûne, Jacques le sien et Daniel le sien…], et discrète, enseignant que le meilleur jeûne est celui que l’on ne connaît pas et ne soupçonne pas. Jésus prolonge ainsi les exhortations des prophètes avant lui, qui critiquaient justement les jeûnes proclamés, les dénonçant comme étant l’occasion d’un déballage d’une piété ostentatoire, plus préoccupée par les apparences.

Contrairement à ce que disent certains, le jeûne n’amène pas de puissance d’après la Bible. Il offre juste du temps et de l’espace intérieur. Ce sont les sorciers qui jeûnent pour la puissance. Le prophète Esaïe a bien repositionné de la part de Dieu ce qui doit être l’objectif du jeûne : un temps de consécration ou de reconsécration afin que la justice de Dieu (plutôt que l’injustice) puisse paraître . Car « le jeûne tel que je l’aime, le voici, vous le savez bien », dit Dieu : « c’est libérer ceux qui sont injustement enchaînés, c’est les délivrer des contraintes qui pèsent sur eux, c’est rendre la liberté à ceux qui sont opprimés, bref, c’est supprimer tout ce qui les tient esclaves. C’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés, c’est fournir un vêtement à celui qui n’en a pas, c’est ne pas te détourner de celui qui est ton frère ». (Esaïe 58v6-7)

Un rappel utile quand certains voient en effet dans le jeûne une façon de négocier avec Dieu, pour lui soutirer des grâces. C’est là une conception marchande de Dieu, un désir de l’instrumentaliser pour nos projets les plus autocentrés ou les plus religieux. A l’inverse, le jeûne, comme les autres « postures de combat spirituel », nous conduit à demeurer veilleurs et veillant, comme Jésus nous y exhorte en Luc 21v36 : « Ne vous endormez pas, priez en tout temps ; ainsi vous aurez la force de surmonter tout ce qui doit arriver et de vous présenter debout devant le Fils de l’homme. »(2)

 

 

 

 

 

Notes :

(1) De même que les plans de lectures bibliques et les articles sur l’éducation aux médias comptent parmi les documents les plus téléchargés sur ce même blogue.

(2) D’après « Au Nom de Jésus (T2) : Mener le Bon Combat », de Gilles Boucomont. Editions Première Partie, 2011, pp 284-288

Ensemble, jeûnons et prions pour les personnes en première ligne (et donc exposées) face au coronavirus(2)

« Veillez et priez » (Source image : public domain pictures)

Ensemble, jeûnons et prions pour la bénédiction et la protection de tous ceux qui maintiennent les fonctions vitales de notre société et qui oeuvrent en première ligne face à l’épidémie, se trouvant donc particulièrement exposés. Dans le prolongement des sujets précédents :

 

13h00-14h00 : Prions pour les femmes, en première ligne pour affronter l’épidémie. Elles composent l’essentiel des personnels soignants, au contact direct des malades, et courent donc davantage le risque d’être infectées.

Note : En France : 78 % de femmes parmi le million de personnes qui composent la fonction publique hospitalière. 90 % pour les infirmières et les aides-soignantes, et 45 % pour les médecins (Sans oublier que 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne.

Prions nominativement pour les sœurs concernées de nos communautés.

14h00-15h00 : Prions pour que toutes ces personnes exposées soient préservées de toute atteinte à soi et logique/posture sacrificielle [exaltation sacrificielle « du héros »] et reçoivent tout le soutien, la protection et les moyens nécessaires pour faire leur travail dignement et sur le long terme (pas seulement en cette période de crise sanitaire)

15h00-16h00 : Prions pour que nous restions enseignés sur ce qui fait l’identité de l’Eglise

Comprenons que l’Église signifie dans la Bible « assemblée » et que l’Église locale est fondamentalement un rassemblement. L’Eglise locale existe quand ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et confessent que « Jésus est Seigneur » sont assemblés au même endroit et au même moment en Son Nom cf Matt.18v20.

Ressentons la perte temporaire de ne pouvoir actuellement nous rassembler et aspirons au retour du rassemblement pour mieux l’apprécier. Comprenons que les substituts numériques, même parfois utiles (culte/prédication/prière en ligne ou à distance) ne sont que temporaires et ne peuvent être des alternatives viables/idéales à la réalité.

Honorons et aimons l’Eglise, en ayant confiance en Celui qui bâtit Son Eglise et gardons confiance que « les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle [l’Église] ».

16h00-17h00 : Prions pour que notre « quarantaine dans le désert » soit féconde, sainte, victorieuse et triomphante, en gardant les yeux fixés sur Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est lui-même sorti victorieux d’une situation de « quarantaine » et de tentation (cf Matt.4v1-11). Que la volonté de Notre Seigneur soit faite et non la nôtre, pendant cette période.

17h00-18h00 : Prions pour l’unité des foyers confinés. Pour que les hommes et femmes prennent fermement leur position en Christ dans leurs foyers et revêtent le caractère de Christ dans leur relation aux éventuels membres du foyer. Pour que le sang de Jésus-Christ soit plaidé [cf Hébr.9 et 10v10, 19 ; 1 Jean 1v7 ….] et que le fruit de l’esprit soit manifesté au long de chaque journée pour fermer tout accès à l’ennemi.

 

Ensemble, jeûnons et prions pour les personnes en première ligne (et donc exposées) face au coronavirus

« Veillez et priez » (source image : public domain pictures)

Ensemble, jeûnons et prions pour la bénédiction et la protection de tous ceux qui maintiennent les fonctions vitales de notre société et qui oeuvrent en première ligne face à l’épidémie, se trouvant donc particulièrement exposés.

9h00-10h00 :  Les personnels soignants, engagés dans la lutte pour sauver l’hôpital depuis un an, mais dont la parole était jusque-là méprisée.

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons exerçant ces professions

10h00-11h00 : Les salariés des transports publics, les pompiers, les gardiens de la paix.

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons exerçant ces professions

11h00-12h00 : Les employés des supermarchés, les livreurs, les facteurs, ceux qui évacuent nos déchets, qui produisent et distribuent l’eau et l’énergie, qui entretiennent les réseaux de télécommunications…

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons exerçant ces professions

12h00-13h00 : ceux qui sont plus durement touchés (travailleurs précaires, sans abris, réfugiés).

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons se trouvant dans ces situations.

(A suivre)

L’action du mois : faire un jeûne selon Jésus

Aujourd’hui, à la suite de Jésus, nous comprenons que le jeûne consiste à s’abstenir pour un temps de nourriture et de boisson. Mais le jeûne selon Jésus est bien plus encore…
[Affiche du film « Super Size me » de Morgan Spurlock (2004)

« C’est ici pour vous une loi perpétuelle: au septième mois, le dixième jour du mois, vous rendrez humbles vos âmes…. » (Lévit.16v29)

Nous comprenons parfois le jeûne comme « une humiliation du corps ». Mais une expression intéressante donne tout son sens au jeûne : « Vous rendrez humbles vos âmes » (Lév.16v29). En effet, cette expression hébraïque est synonyme de « jeûner ». Ce qui signifie que la pratique du jeûne concerne avant tout notre être intérieur, dans le but de rendre humble notre âme. Nous comprenons ainsi mieux cette mise en garde de Jésus contre le risque de tomber dans la vaine gloire d’un jeûne ostentatoire : en clair, quand tu jeûnes, dit Jésus, ne montres pas que tu jeûnes ! (Matt.6v17) Oublier cela dénature le jeûne pour le réduire au rang de simple régime. Aujourd’hui, à la suite de Jésus, nous comprenons que le jeûne consiste, bien entendu, à s’abstenir pour un temps de nourriture et la boisson, mais aussi de certaines choses pas forcément mauvaises en soi. Mais le jeûne selon Jésus est bien plus encore :

Ainsi, jeûner, c’est aussi « jeûner du regard », pour prendre soin de notre âme, en évitant tout ce qui par le regard peut la polluer : publicités, films à la TV ou l’internet, jeux vidéo…. C’est aussi, à l’instar de Job, « faire un pacte avec ses yeux, pour ne pas fixer le regard sur une vierge » (Job 31v1 ; cf Matt.5v27-28). Souvenons-nous que notre « œil est la lampe du corps. Si notre œil est en bon état, tout notre corps sera éclairé » (Matt.6v22). Cultivons un regard bon et honnête. Apprenons à contempler la création de Dieu pour cultiver l’émerveillement et un cœur reconnaissant.

Jeûner, c’est aussi « le jeûne des oreilles » : fermer nos oreilles aux paroles calomnieuses, médisantes, mensongères ou aux ragots, pour les ouvrir à la Parole de vérité par laquelle le père nous sanctifie (Jean 17v17) mais aussi aux cris de celui qui souffre ou ploie sous un joug(Es.58).

Jeûner, c’est aussi « jeûner des lèvres » ou de paroles : certes, il s’agit de nous abstenir de murmurer, calomnier, médire, maudire…autant de propos propres à nous polluer et à polluer les autres. Apprenons plutôt à bénir, à dire le bien de Dieu sur les autres, et à privilégier ce qui contribue à l’édification de tous. Mais il s’agit aussi de moins parler pour mieux écouter : « Que ta bouche ne se précipite pas et que ton cœur ne se hâte pas de proférer une parole devant Dieu. Car Dieu est dans le ciel, et toi sur la terre. Donc, que tes paroles soient peu nombreuses ! Car de l’abondance des occupations vient le rêve et de l’abondance des paroles, les propos ineptes » (Eccl.5v1-2).

Le jeûne, c’est encore le jeûne des pensées : « c’est de l’intérieur, c’est du cœur des hommes que sortent les intentions mauvaises(…) Tout ce mal sort de l’intérieur et rend l’homme impur. » (Marc 7v21-23). A l’inverse, « que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de nos pensées » (Philip.4v8).

Nous le voyons, jeûner touche tous les domaines de notre vie et est l’affaire, non d’une courte période, mais de toute une vie. Mission impossible ? Heureusement, le « vous rendrez humbles vos âmes » n’est pas seulement un commandement de Dieu. Il contient la promesse que nous y parviendrons avec Sa grâce et Son aide.

 

Un protestant-évangélique peut-il « faire le carême » ? Comment jeûner de façon « non religieuse » mais « biblique » ?

« J’aimerai savoir pourquoi les chrétiens ne font pas le carême ? Seulement les catholiques ? Est-ce religieux ? Non biblique ? » (Christopher)

Excellente question, liée à la vie de foi personnelle du chrétien, et particulièrement d’actualité, vu que certains, parmi les chrétiens, s’apprêtent à « faire carême » à compter de ce mercredi 1er mars. Merci, Christopher, de l’avoir posée !

Il serait plus juste de demander : « pourquoi certains chrétiens (protestants-évangéliques) ne font pas le carême ? Seulement les catholiques ? ». Ensuite, est-ce une pratique « religieuse », « non biblique » ? Mais la vraie question est sans doute : « pourquoi jeûner » et « comment » ? Qu’est-ce qu’un « jeûne religieux » et qu’est-ce qu’un « jeûne biblique », pour le tourner à la positive ?

Pour mieux répondre, intéressons-nous d’abord à ce qu’est le carême, d’où il vient et par qui, et pour quoi, il est encore aujourd’hui pratiqué :

Sur le site de la Fédération Protestante de France, nous apprenons que ce terme est étymologiquement affilié au mot Quadragésime (quadragésima en latin) qui signifie littéralement « quarantième ». Ainsi, le Carême désigne la période de quarante jours précédant Pâques durant laquelle le croyant est invité à méditer sur sa propre vie en ayant à l’esprit le cheminement du Christ jusqu’à la Croix. Cette démarche spirituelle a notamment pour but de raviver la foi et de sortir le Chrétien de son inertie, de son endormissement en le poussant à abandonner sa routine quotidienne.

D’un point de vue historique, l’Eglise primitive organisait ce temps autour de la préparation au baptême des catéchumènes qui était célébré la nuit de Pâques.
A partir du IVe siècle le temps de Carême devient de plus en plus consacré à la pénitence et au renouvellement de toute la communauté croyante par la pratique du jeûne et de l’abstinence de certaines viandes.

L’Eglise orthodoxe a opté pour une application radicale de la pratique pénitentielle qui est encore aujourd’hui très stricte. Le catholicisme a à l’inverse peu à peu assoupli ses exigences en ne recommandant plus que le jeûne le mercredi des Cendres (premier jour de Carême) et le Vendredi Saint, ainsi que l’abstinence de viande tous les vendredi.
La Réforme n’a en rien contesté l’importance du Carême pour la spiritualité, mais elle n’impose pas la pratique de la pénitence. Il faut cependant relever que le luthéranisme a continué d’insister sur l’importance de la remise en question et du recueillement de sorte qu’une maigre forme de pratique pénitentielle a été maintenue (abstention de viande le Vendredi Saint et pendant longtemps interdiction de célébrer des mariages qui sont propices à la fête et au repas copieux).
Mais d’une manière générale le protestantisme est beaucoup moins directif que les autres confessions. Il part du principe que chacun est libre de vivre ce temps de préparation de Pâques selon ses convictions car aucune consigne particulière n’a été laissée par les Apôtres.
Actuellement, les Eglises de la Réforme ont malgré tout la volonté de marquer ce temps de Carême par l’organisation de nombreuses actions incitant le croyant à aller vers les autres (sous formes de don ou d’action humanitaire par exemple).

Ceci dit,  « vivre le carême », ce serait quoi, pour un protestant (et un évangélique), pour ne pas jeûner « de façon religieuse » mais « biblique » ?

Le jeûne fait partie de la discipline offerte par le Seigneur Jésus-Christ pour nous rendre un peu plus disponible, sur le plan spirituel. Le principe du jeûne est de se priver de quelque chose (pas que de nourriture, d’ailleurs !) pendant un certain temps, pour laisser la place à autre chose. Jésus insiste d’ailleurs sur le fait qu’il ne s’agit là que d’une pratique personnelle, qui doit rester discrète jusqu’au fait que les autres ne doivent pas le voir ou le savoir. Il rejoint, en les prolongeant ainsi, les aspirations des prophètes qui, avant lui, critiquaient justement les jeûnes proclamés, lesquels étaient en réalité l’occasion d’étaler une piété ostentatoire, plus préoccupée par les apparences :

« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (dit Jésus en Matthieu 6v16-18)

D’autre part, le jeûne biblique n’amène pas « de puissance ». Il offre simplement du temps et de l’espace (ou de la disponibilité) intérieur-e, comme nous l’avons écrit plus haut. Ce sont les sorciers –et non les chrétiens, disciples de Jésus-Christ – qui jeûnent « pour la puissance ».

Le prophète Esaïe a rappelé, de la part de Dieu, ce que doit être l’objectif du jeûne : un temps de consécration  ou de reconsécration, afin de permettre à la justice de Dieu de se manifester.

« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l’on rompe toute espèce de joug ; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la gloire de l’Éternel t’accompagnera. » (Esaïe 58,6-8)

Certains, en effet, voient dans le jeûne une façon de « négocier avec Dieu », de lui soutirer des grâces. C’est là « une conception marchande de Dieu », dans le but de l’instrumentaliser pour nos projets les plus autocentrés (et non Christocentrés !) ou….les plus religieux !

Voir aussi : http://1001questions.fr/jaimerais-savoir-a-quoi-ca-sert-de-jeuner-autrement-dit-pourquoi-dans-certains-cas-la-priere-ne-serait-pas-a-elle-seule-suffisante-yemi/

Une autre réponse, plus « longue » et plus détaillée sur le jeûne, avec cet article de John Stott, publié dans « Promesses », revue de réflexion biblique (N° 176, avril-juin 2011, pp 10-14) : Les pharisiens jeûnaient « deux fois par semaine » (Luc 18.12), le lundi et le mercredi. Jean-Baptiste et ses disciples jeûnaient assez régulièrement, et même « souvent », mais les disciples de Jésus ne jeûnaient pas (Mat 9.14) ; aussi est-il surprenant que Jésus attende de ses disciples qu’ils jeûnent et consacre une partie de son enseignement sur la colline aux détails de cette pratique. Nous-mêmes, nous vivons souvent comme si ce passage n’existait pas dans la Bible. La plupart des chrétiens insistent sur l’importance de la prière quotidienne et de la libéralité, mais peu nombreux sont ceux qui attachent de l’importance au jeûne. Les chrétiens des courants évangéliques qui insistent sur le caractère intérieur de la vie chrétienne, laissant une large place au cœur et à l’esprit, ne parviennent pas toujours à s’accommoder de cette discipline extérieure, corporelle qu’est le jeûne. Ne serait-ce pas une pratique de l’Ancienne Alliance ordonnée par Moïse le Jour des Propitiations, pratique exigée plusieurs fois l’an après le retour de Babylone, mais que le Christ serait venu abroger ? Les contemporains de Jésus ne sont-ils pas venus lui demander : « Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent-ils et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Le jeûne n’est-il pas une pratique propre à certaines Églises ou un reste de l’Église médiévale qui a élaboré un calendrier détaillé des jours de fête et des jours de jeûne ? N’est-il pas lié à une conception du culte rendu à Dieu qui attacherait beaucoup d’importance aux rites ?

En utilisant tantôt les Écritures, tantôt l’histoire de l’Église, on pourrait probablement répondre positivement à toutes ces questions. Mais quelques faits permettent de rétablir une vue plus globale de cette pratique.

 

Et encore, sur cet inépuisable sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/10/jeuner-pour-avoir-faim-de-dieu-soyons-des-champions-de-jeune/

Quelle est ta « viande » ?

L’hebdomadaire La Vie sollicite l’avis de ses lecteurs : faut-il manger de la viande ? Les témoignages recueillis aideront à préparer un futur dossier sur la question. Certains d’entre nous ont choisi de se passer de viande pour des tas de raison (de façon régulière, par croyance, mode de vie ou pendant une période limitée de jeûne-pour le climat ou en guise de purification, pour être plus disponible pour Dieu). Or, Dieu nous invite à aller plus loin : il souhaite que nous échangions cette viande contre une autre. Celle du Seigneur Jésus, qui est « de faire la volonté de Celui qui (l’a)envoyé et d’accomplir son œuvre ».(Jean 4v34)

Et toi ? « Quelle est ta viande ? »

Béatrice Bourges : la grève de la faim justifie-t-elle les moyens ?

Ou décryptage d’un chantage inutile.

Voici une intéressante analyse : « Béatrice Bourges et la grève de la faim », à propos d’un événement récent, publiée le 29 janvier 2014 dans « Les Cahiers libres ».

[Précision : quoique, chrétien protestant évangélique,  je sois attaché au respect du modèle biblique du mariage, de la famille-structure de base de la société, et de la vie-que je ne limite pas au début ou à la fin de vie, ou à « l’éthique » et aux questions exclusivement sociétales, je tiens à dire d’emblée que je ne suis ni proche de Mme Bourges-concernant l’esprit de ce qui l’anime, ses moyens et ses buts, ni proche de son mouvement, le « Printemps français », que je considère par ailleurs contradictoire avec LMPT, ainsi qu’avec la nature et l’esprit de l’évangile de Jésus-Christ].

Ceci dit, voici quelques extraits de l’analyse des « Cahiers » :

« On ne s’engage pas sans trembler pour traiter un tel sujet … La grève de la faim est une arme politique extrêmement puissante. Relayée par des journalistes avides d’infos sensationnelles, elle bénéficie souvent d’une bonne couverture médiatique.
(….) probablement consciente de la violence que peut avoir l’expression pour nos convictions évangéliques, Béatrice Bourges » déclare avoir entamé un « jeûne spirituel ». « Mais les médias ne s’y sont pas trompés : elle est entrée en grève de la faim, et ce tant que des députés n’initieront pas une procédure de destitution du Président de la République*.
[une grève de la faim, qui a par ailleurs suscité plusieurs réactions ironiques ]

Soyons clairs : cette grève de la faim est choquante, absurde et inutile, pour trois raisons.
Madame Bourges a-t-elle pris conseil avant de prendre sa décision ? (…)Arrêter de (nourrir son corps), le réduire à être le porte-drapeau d’une cause (même si elle est bonne … ce qu’il faut également discerner), c’est être complice volontaire de ma propre chosification : je ne suis plus quelqu’un, je suis quelque chose ! Je marche le long d’une ligne rouge, je joue avec ma vie, ma santé, mes nerfs, au gré de mon succès médiatique.
Bref, cette action est choquante car elle participe justement de la logique que nous avons combattue toute l’année dernière : la chosification de l’homme.

D’autant plus que cette action est parfaitement inutile, puisqu' »en appeler à l’article 68 est impossible. La procédure de la destitution n’a pas fait l’objet d’une loi organique.… »

Lire la suite ici.

Cette initiative, que je trouve personnellement malsaine, pose plusieurs problèmes d’ordre éthique et spirituel :

– L’usage du jeûne :  compte-tenu du sens du jeûne, ce dernier  ne saurait être banalisé ou dévoyé, au risque de perdre sa pertinence.

Le chrétien est appelé « le sel de la Terre » Mais « si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent ».(Matt.5v13) » dit Jésus.

 
-Le respect des autorités : Rom.13, 1 Pierre 2v11-17
Nous connaissons l’expression « toute autorité vient de Dieu » (Romains 13v1). Toutefois, il importe de bien la comprendre en prenant en compte son contexte littéraire, pour éviter tout fantasme, emballement, abus et prétexte pour asseoir toutes les formes d’autorité, même les plus oppressives. Sans oublier le contexte historique et politique(avec pour cadre de référence le pouvoir impérial romain des années 54 ap JC)
Bref, de quelle autorité Paul parle-t-il ? Quelles sont les caractéristiques principales d’une autorité qui peut se réclamer d’origine divine ?
« En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu n’avoir pas à craindre l’autorité? Fais le bien et tu recevras des éloges ; car elle est un instrument de Dieu pour te conduire au bien. Mais crains, si tu fais le mal ; car ce n’est pas pour rien qu’elle porte le glaive : elle est un instrument de Dieu pour faire justice et châtier qui fait le mal ». (Rom 13,3-4)

Quel est le rôle de l’autorité ?** Que doit-elle garantir ? Comment comprendre le passage « toute autorité vient de Dieu » ?
Dans quel cadre serait permise une « désobéissance civile », selon le moment où « il faut obéir à Dieu et non aux hommes » ?(relire le contexte en Actes 4v19)

D’autre part, Les chrétiens sont également exhortés, « comme étrangers et voyageurs sur la terre, à (s’)abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme.  (Ayant) au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils (les) calomnient comme s'(ils étaient) des malfaiteurs, ils remarquent (leurs) bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera ».
Soyons « soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. Car c’est la volonté de Dieu qu’en pratiquant le bien (nous réduisions) au silence les hommes ignorants et insensés, étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu ». Exerçons « la culture de l’honneur » : (Honorons) tout le monde; (aimons) les frères; (craignons) Dieu; honorez le roi ». (1 Pie.2v11-17)

Ceci dit,  je trouve qu’il y a là quelque chose d’hypocrite dans cet appel à  la destitution du président de la république :

on critique généralement les grèves et les manifs à caractère social ou pour la paix, le respect de l’environnement, ou en faveur des étrangers, sous prétexte qu’il s’agirait là de « contestations », d’un « non-respect des autorités », et on appelle à la révolte et à la rébellion contre un pouvoir légitimement élu. Appel variable selon le bord politique, bien entendu : a-t-on d’ailleurs entendu ou lu de tels appels ou initiatives contre la présidence précédente ?

Contradiction ?

On relèvera que ce qui permet notamment de discerner les faux enseignants est leur mépris de l’autorité (2 Pierre 2 v9-10). De par leur influence néfaste et dangereuse, ils séduisent d’autres croyants pour les inciter à les suivre. Nous sommes enfin avertis que « dans les derniers jours », nous assisterons à un renversement du respect du à l’autorité (2 Timothée 3 v1-5). Sommes-nous déjà dans ces temps ?

Devons-nous nous étonner de ce climat de rébellion ? Non, puisque la Bible nous révèle que Satan est  « le prince de ce monde » (2 Corinthiens 4 :4), « le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion », et qui influence(ou brouille) la communication.(Ephésiens 2 :2).
Notre défi et notre responsabilité, en tant que chrétiens, est de vivre à contre-courant des sirènes ou des buzz médiatiques, et de faire preuve de discernement(1 Jean 4 :1), caractéristique des « hommes faits ».

De fait, cette volonté de remise en question une autorité, au nom de la « démocratie » et de la défense de « nos libertés » ne cacherait-elle pas une volonté de pouvoir et de puissance ?

A propos du « Printemps français », de ses buts et de ses moyens d’action, l’internaute exhine (29 janvier 2014 • 21 h 20 min) donne à lire « ce qui est proposé sur le site du printemps français »:

« Nous promulguons la supériorité du « Droit naturel classique », hissant la sagesse au-dessus du consentement, sur le « Droit naturel égalitaire », faisant primer le consentement sur la sagesse.

Non pas que nous soyons opposés à la démocratie, mais cette dernière suppose des citoyens capables d’être gouvernés ET de gouverner, ce qui demeure, vu sous un angle réaliste, problématique. »

Et l’internaute de commenter : « On y parle de la « Trinité romaine , à savoir la trilogie : Tradition – Religion – Autorité » et s’inquiète pour le catholicisme[ou une certaine vision du catholicisme ? Dans l’esprit de l’Eglise et du Pape actuel ?], et pas pour le christianisme.

D’après certains, ce groupe serait proche de Civitas [mouvement intégriste, proche des lefebvristes et sans aucun rapport avec l’Eglise catholique. Son actuel secrétaire général est Alain Escadas, ancien du Front National de Belgique et candidat aux législatives belges sur les listes du parti d’extrême-droite Zut]et quand on lit un peu ce qu’ils espèrent voir arriver comme système de gouvernement, on peut le croire assez facilement. Ils voudraient voir des « sages » vous diriger, mais ils seraient, bien entendu, ceux qui désignent qui est sage et qui ne l’est pas. Les protestants seraient probablement mieux traités que les athées, mais resteraient-ils des citoyens de première catégorie?

Pour la méthode de communication, c’est simple, c’est expliqué sur leur site.

Principe 1: Pour révéler au grand jour les mensonges du pouvoir et l’injustice des nouveaux codes moraux qu’il tente de nous imposer, la transgression des règles est un mode d’action légitime. Nous ne sommes pas de ceux qui confondent la légalité avec la légitimité, les instruments du régime avec le bien fondé du pouvoir. Nous devons repousser les limites du système en révélant son impuissance face à la transgression. Affronter un pouvoir injuste passe par l’irrévérence, qui exerce sur lui une pression psychologique permanente… Sachons-nous en servir !

Principe3: Notre troisième mode d’action est la création de situations concrètes. L’événement provoqué devient le média du militantisme. Nous devons rechercher l’efficacité politique du témoignage jusque dans sa mise en scène. Il s’agit de perturber la codification convenue de l’information pour créer un sens différent. Le nouvel impératif de la politique est d’installer l’événement au centre du débat. C’est de cette manière que nous briserons l’encerclement médiatique ».

Bref, « la fin justifie les moyens », le mensonge est érigé en vertu(le chrétien sait pourtant que le diable est « le père du mensonge »), et une forme de dictature(une domination de « despotes » soit-disant « éclairés » ?) que l’on appelle de ses vœux : un nouvel évangile ? Plutôt un « autre » évangile, cf Galates 1. Mais cet « autre » n’est plus l’évangile. C’est une tromperie.

 

 

 

Notes :

*Voir : http://www.leparisien.fr/societe/manif-anti-hollande-la-porte-parole-du-printemps-francais-en-greve-de-la-faim-27-01-2014-3532819.php   et http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/29/on-ne-lache-rien-slogan-anti-catholique-par-excellence-5284532.html

**A lire avec profit :

Besoin d’un chef mais lequel ? par Michel Bertrand, IPT Montpellier : Quand les sondages parlent de défiance, retrouver un chemin de confiance.
Un texte toujours d’actualité, pour éviter les confusions.

Sur l’autorité : http://www.evangile-et-liberte.net/auteur_94_Bertrand-Michel

Et une conférence de Michel Bertrand : ET SI NOUS PRENIONS LA PAROLE ? Aix-en-Provence 11.10.2012
Question judicieuse ! L’essentiel étant de savoir comment et pourquoi !

« Tu as un secret, qui met du sel dans ta vie… »

« ….et te donne(donne aux autres) soif de fondamental… »

(Note : ce sujet, dont cet autre billet a été une forme d’introduction, a été proposé à des enfants/préados(10-17 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche » su le jeûne. Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe.)

Tout commence par un « Pop-corn »(pas movie)
Le jour de la leçon, faire passer un bol de pop-corn salé(un peu plus que d’habitude, mais de façon à ce que cela reste mangeable) et donner pour consigne à chaque jeune d’en prendre une poignée pour en manger. Faire tourner le bol plusieurs fois. Ne pas distribuer les boissons.

Tout en faisant tourner le bol, en profiter pour prendre des nouvelles des jeunes et pour faire un récapitulatif de la dernière leçon abordée. Au bout d’un moment, chacun devrait éprouver ce qui est attendu : la soif.

Questionner :

Pourquoi avez-vous soif ? Qu’est-ce qui l’a provoqué ? (Réponse attendue : Le sel présent dans le pop-corn)
A quoi sert le sel ? (A donner du goût, à conserver…à donner soif !)
Donner ensuite de l’eau(au lieu des jus de fruits ou sodas habituels) à boire et demander s’ils l’ont appréciée ? Pourquoi ?*
(A ce moment des préliminaires-à ne pas zapper, faire réfléchir sur ce simple geste : « boire de l’eau, manger du pop-corn…c’est tout ce qu’il y a au goûter ? Oui ! »)

I. Enchaîner avec ce temps de discussion quelque peu philosophique ou métaphysique(veiller à le rendre concret, surtout pour les plus jeunes) :

De quoi peut-on avoir soif ?
C’est quoi une « bonne soif » ?
(Avoir soif, c’est ce que se rendre compte que nous avons un manque terrible de ce qui est vital pour nous. C’est d’avoir soif-désirer, vouloir-de ce qui est essentiel, fondamental, important, vital, nécessaire pour vivre, nous faire grandir, etc…)

Puis, lecture de Esaïe 55v1-3(version français courant, pour plus de « Pep’s » !) :

1 Holà, vous tous qui avez soif,
voici de l’eau, venez.
Même sans argent, venez ;
prenez de quoi manger, c’est gratuit ;
du vin ou du lait, c’est pour rien.

2 A quoi bon dépenser de l’argent
pour un pain qui ne nourrit pas,
à quoi bon vous donner du mal
pour rester sur votre faim ?
Ecoutez-moi bien,
et vous aurez à manger
quelque chose de bon,
vous vous régalerez
de ce qu’il y a de meilleur.

3 Accordez-moi votre attention
et venez jusqu’à moi.
Écoutez-moi, et vous revivrez.

(Faire réfléchir sur ce texte et faire énumérer les « bonnes soifs » : les aider ensuite, s’ils ont du mal à trouver, en leur présentant un par un des cartons de couleur, sur lesquels figurera chacune de ces soifs)

Ainsi, l’on pourra avoir soif  :

-d’amour/pardon
-de vérité/d’authenticité(être vrai-le vrai « moi » et pas celui dont je donne une image/un masque)
-de « nouveau »
-d’abondance(de vie)
-de sens, d’être utile
-de justice, de sainteté, de pureté
-d’appartenance(de faire partie d’un groupe, d’une famille…)
-Liberté

Questions : 

Avez-vous soif de ces choses ?
Comment cherchez-vous à satisfaire ces soifs ? Y a-t-il eu un moment, dans votre vie(ou est-ce le cas en ce moment ?), où vous avez cherché à satisfaire vos soifs seuls, ou en allant voir « ailleurs » ?
Etes-vous satisfaits ?

Comment certains pensent-ils satisfaire leur soif de sens, d’abondance(être « plein »), d’appartenance, d’amour ? (Par l’alcool, la drogue, le tabac, le travail, le sport, les activités diverses, les jeux-virtuels, par ex, « les écrans », l’internet, les réseaux dits sociaux, les bandes, le flirt…) Est-ce que ce sont de bons moyens ?
Il est possible de lire un extrait tiré du roman de science-fiction de F. POHL et de C. KORNBLUTH : « Planète à gogos » (ou « The Space Merchants ». Ed. Denoël, 1953) : dans le futur décrit par ce roman, la publicité est omniprésente et irrésistible. Au point où il est presque impossible de résister à un « Craquesel », puis à l’envie de boire de la limonade pour étancher la soif que cela vous donne(un seul verre ne suffit généralement pas), et ensuite à l’envie de fumer des cigarettes Starr, suscitée par le goût laissé par la limonade. Sans compter que les cigarettes Starr donnent, elles, envie de manger des Craquesels…(voir extrait, pp 105-106). Un cycle sans fin, et un cercle vicieux, qui laisse insatisfait.

Quel est le problème des personnes addictives citées plus haut ? Elles sont désespérément à la recherche de « sel » dans leur existence, soit ce qui va donner du « goût » et du sens, à leur vie. Mais elles cherchent ce « sel » de la mauvaise façon, d’une façon qui laisse insatisfait, esclave et dépendant.

Quel est ce sel que l’on peut ajouter dans notre vie, pour avoir soif des bonnes choses ? Et pour que notre soif soit satisfaite réellement ?

II. Comment avoir soif et faim de ce qui est fondamental ? En mettant du sel dans notre vie !

Ce sel…..vous avez un secret ! Une vie secrète avec quelqu’un qui rend libre et donne du sens à notre vie.

Dans la nouvelle « Quizz aux travaux forcés », de Dino Buzzati(dans le recueil « Le K »), un prisonnier condamné aux travaux forcés raconte à tout le monde qu’il a un secret : il peut emprunter un passage secret lui permettant, de sa cellule, d’atteindre un jardin secret, où il peut se rendre quand il le souhaite et y retrouver une femme qui l’aime. (op. cit., p 318).

Dans la réalité, ce quelqu’un qui rend libre et donne du sens à notre vie, c’est Jésus-Christ.

La réalité de votre relation avec Jésus est le « sel » de votre existence : Jésus est à la fois le sel qui donne soif de l’essentiel, et Celui qui satisfait de façon durable, véritable, vos soifs.

Voilà ce que Jésus affirme :
(Lecture de Jean 4v13)
« Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; 14 mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’où jaillira la vie éternelle. »

Bref  : « ayez soif et faim de Jésus ». Allez vers Jésus. Il est vital de se repositionner, de se recentrer sur Jésus.

Comment se repositionner, se recentrer sur Jésus ? En passant plus de temps avec et pour Lui. En se rendant plus disponible pour Lui, pour l’écouter et savoir ce qu’Il veut pour nous(comment ? Par la lecture de la Parole et la prière avec un coeur et un esprit écoutant et obéissant).
Quand nous sommes trop « pleins » ou trop occupés de ce qui n’est pas fondamental/essentiel/vital ou même nocif, nous ne pouvons avoir soif(désirer)ce qui est bon et fondamental.

Un temps de jeûne partiel, dit « de Daniel », peut nous y aider : Quand on jeûne de ce dont on a l’habitude de manger, de s’occuper, de se distraire…on aura beaucoup plus de temps pour mieux nous consacrer à ce qui est essentiel.
Nous priver volontairement de certaines choses va vous donner faim et soif des choses essentielles/fondamentales » énumérées plus haut.

Le but de ce jeûne, c’est de vous permettre de vous repositionner et de vous recentrer sur Jésus.

Il est également possible de citer l‘exemple de David Wilkerson, dans « La Croix et le Poignard »(ed. Vida, 1963, pp 9-11) : celui-ci, jeune pasteur d’une église rurale en pleine croissance, se trouvait insatisfait. Mettant Dieu au défi à la façon de Gédéon, il décida un jour de vendre sa télévision, devant laquelle il passait deux heures par soirée, pour prendre le temps nécessaire et vital avec Dieu. Ce n’est qu’après cette décision qu’il a reçu son appel d’aller évangéliser les Gangs de jeunes à New York.

III. Se préparer au jeûne

Pendant le jeûne, il est important de confesser devant Dieu(et de s’en repentir) « notre dieu personnel », soit tout ce qui peut entraver notre relation avec Jésus.

Le jeûne n’est pas un jeu mais un enjeu pour notre vie spirituelle.
Le jeûne, c’est un combat spirituel, dont il est possible de sortir vainqueur, en restant en et avec Jésus.

Pour quoi, enfin,  jeûner ?(Dans quel but ?)

Rappelons-nous, « le sel de votre existence », c’est votre vie secrète avec Jésus. Ce temps passé avec Jésus dans le secret, ce que vous faites avec Lui(prier, lire la Parole)…doit rester un secret ! Ce que l’on doit voir, c’est le résultat de ce temps d’intimité (de cette « vie secrète » avec Dieu) dans nos vies, nos rapports avec les autres (Mt 6, 16-18).

Le résultat du jeûne dans notre vie :

On aura soif de Jésus, du fondamental, de vie…et on donnera soif aux autres de ce qui est bon, essentiel, vital en étant « lumière et sel ». On « fera envie » de connaître autre chose, de connaître Jésus. On sera plus sensible à ce que dira Jésus et on sera plus sensible aux autres : ceux qui ont besoin de toi, ceux qui ne connaissent pas encore Jésus et qui sont perdus.

 

Conclusion :

Ce sel de notre vie, et qui est notre « jardin secret », notre « vie secrète », c’est la façon dont nous cultivons une relation privilégiée, personnelle et intime avec quelqu’un de Plus grand que toi ; c’est aussi de se consacrer à ce quelqu’un de Plus Grand que nous(autre que nous), à une cause plus grande que nous et de durable : se consacrer à Dieu et aux autres.

Mais avant toutes choses, « venir à Jésus….et boire ! » pour que nos soifs soient satisfaites.
(Mettre les papiers de couleur contenant « les soifs » dans une bouteille étiquetée « Jésus-Christ », faire passer la bouteille et inviter à « boire »(en imaginant que l’on boit « l’eau que donne Jésus »), et lire ce qui suit, pendant que chacun « boit » : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de son coeur», comme dit l’Écriture. Jésus parlait de l’Esprit de Dieu que ceux qui croyaient en lui allaient recevoir. » Jean 7v37-39)

« Aujourd’hui, vendredi 13….la veille du Jour des Expiations »

Il y a exactement 10 jours, nous vous invitions à réfléchir(à partir d’un article de David Brickner, publié dans la dernière lettre de nouvelles de Juifs pour Jésus*) sur le sens de la Fête des Trompettes (« Roch Hachanah »), qui a été célébrée mercredi 4 septembre.

10 jours plus tard, nous sommes vendredi. Vendredi 13 (septembre). Jour de malheur, pour ceux qui lui donnent un caractère « néfaste ».
Mais, comme on dit, « ça porte malheur, d’être superstitieux » !

Plus sérieusement, l’on devrait plutôt se réjouir en ce vendredi 13, puisqu’ il est justement la veille du « Jour des Expiations »(« Yom Kippour »), fête biblique** qui suit(10 jours plus tard) la Fête des Trompettes dont nous avions déjà parlé. A la fin de notre billet sur ce sujet, nous vous proposions d’ailleurs l’énigme suivante :

« Sur quoi était centrée l’observance de cette fête ? »

Aviez-vous trouvé ?
Non ? Lisez alors ce qui suit :

Dans la suite de son article-« Christ dans les Grands Jours de Fête », David Brickner écrit :  « tandis que la Fête des trompettes signalait que Dieu entrait en jugement avec Israël, le Jour des Expiations apportait la rédemption et le pardon des péchés. L’observance biblique de ce jour férié était centré sur le sacrifice offert dans le Temple et le rôle indispensable du Grand Prêtre, un descendant d’Aaron. Après la destruction du Temple par les Romains en l’an 70 après JC et la cessation ultérieure de la prêtrise d’Aaron, les Juifs ne pouvaient plus observer les prescriptions bibliques à ce sujet. Finalement, ils observaient la consigne en Lévitique 23v27 : vous vous humilierez. Ce commandement fut interprété comme un devoir de jeûne, et ainsi dans la communauté juive de nos jours, le jeûne est le devoir fondamental associé au Jour des expiations… »
Mais nombreux sont ceux qui jeûnent parce que « c’est une coutume juive de le faire », sans se préoccuper du sens véritable du Jour des Expiations.
Ce « détachement » est « préoccupant », poursuit David Brickner. Mais il est lié à la disparition du Temple et de la prêtrise.

Une colle est posée :

Comment, alors, « diriger la compréhension spirituelle du peuple et consolider leur identité spirituelle », après la destruction du Temple ? Qui va faire l’expiation ?
C’est là tout le défi pour « ceux qui devenaient les gardiens du Judaïsme ». Mais c’est aussi justement là que l’accomplissement de la Fête des Expiations par Jésus devint une apologétique incontestable pour la foi chrétienne.
Jésus se rendait parfaitement compte de l’impact radical de ses paroles lorsqu’il proclama : détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai« .
Par ses paroles-qui scandalisèrent les dirigeants juifs de son temps et qui devinrent l’accusation principale durant son procès***-
« Il annonçait en fait sa mort et sa résurrection,**** et comment il allait accomplir le but ultime et la signification de ce que représentait le Temple ».
Mais, précise David Brickner, Jésus a aussi accompli le rôle des prêtres : bien que n’étant pas un descendant d’Aaron, Jésus est identifié par l’auteur de l’épître aux Hébreux comme étant un Grand Prêtre supérieur, selon l’ordre de Melchisédek (Hebr.5-7)
Pour cette raison, Il était capable de faire une fois pour toutes l’expiation pour nous après sa mort et sa résurrection. Le jour où notre Grand Prêtre Jésus « pénétra derrière le voile »(Hébr.6v19) était l’ultime Jour des Expiations, le jour où Il obtient un pardon durable du péché pour tous ceux qui placent leur confiance en Lui.
Assurément, le Jour des expiations, les sacrifices du Temple et la prêtrise ont tous été accomplis en la personne de Jésus-Christ ».

Autant de raisons, conclut David Brickner, pour célébrer cette fête(au même titre que la précédente), durant ce mois de septembre.
Et ce, afin que Christ soit (re)connu dans les Grands Jours de Fête et afin que quiconque reçoive le salut éternel en Jésus-Christ.

Alors, « bon vendredi 13 » 😉 et, surtout, bon Jour des Expiations !

HAG SAMEAH !

 

 

Notes :
*Brickner, David. « Christ dans les Grands Jours de Fête ». Article publié dans la dernière lettre de nouvelles de Juifs Pour Jésus(septembre 2013, numéro 48)
**Voir Lévitique 23v27 et Lévitique 16, pour son détail et la conclusion(v30) : « en ce jour, on fera propitiation sur vous afin de vous purifier; vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel. »
*** Marc 14v57-58
****Voir Jean 2v18-22 : « Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. C’est pourquoi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite ».

40 jours sans viande, ni poisson : « soyons sobre pour veiller et prier »

Il y a quelques jours, je publiai un billet intitulé « jeûner pour avoir faim de Dieu », précédé d’un autre consacré à une étude de 1 Pierre 1-« une espérance vivante ».
On comprendra alors peut-être pourquoi mon attention a été retenue par une fort intéressante initiative, lors de la lecture d’un article de « Réforme » : « Initiative : un carême sans viande, ni poisson ».

Légumes frais par Mary LaFrance40 jours sans viande, ni poisson

Légumes frais par Mary LaFrance
40 jours sans viande, ni poisson

« Un chemin sans viande et sans poisson » pendant les 40 jours du carême, qui a commencé mercredi 13 février : voici une démarche originale proposée, sous forme de livret,  et dont la finalité est de « construire une espérance dans ce monde en proie au désespoir ». Les auteurs sont les « Chrétiens Unis pour la Terre »(CUT), un jeune mouvement qui allie foi et écologie. Et ce, alors que l’on découvre du cheval dans des lasagnes « pur bœuf » !

Une invitation à vivre une forme de sobriété radicale qui s’adresse à tout chrétien dans son quotidien. « Etre sobre » pour « veiller et prier » (1 Thes. 5 v 6 ; 1 Pier. 5 : 8)

Si je ne rejoins pas entièrement le mouvement CUT dans sa façon d’allier foi et écologie, j’estime que tout chrétien sera d’accord sur l’essentiel : veiller à ce que notre mode de vie ne soit ni une insulte, ni une menace, pour la création, dont Notre Père et Dieu sauveur est l’auteur, et dont nous sommes tous responsables. Ensuite, il est important qu’en toute chose, toute gloire et tout culte soit rendus à Dieu seul ! Chacun donc lira avec attention le livret et, « en éprouvant toute chose, retiendra ce qui est bon », en «s’abstenant de toute forme de mal» (1 Thes.5v21).

Les protestants-évangéliques se sentiront-ils concernés par une telle initiative ?  « De façon générale, les protestants ne font pas carême, une pratique considérée comme catholique et mettant l’accent sur les œuvres et le mérite », lit-on dans l’article de « Réforme ». Robin Sautter (pasteur à Arras, et l’un des animateurs du réseau « Bible et Création », qui participera à l’aventure) « rappelle que le jeûne était pratiqué par les Réformateurs ». Cette réalité est aujourd’hui plus répandue chez les évangéliques(certaines églises pratiquant un jeûne analogue, pour des raisons différentes) et les adventistes, dont la plupart sont végétariens. Le carême est aussi répandu « chez les luthéro-réformés hors de la France  », précise le pasteur. Cette année, en Allemagne, par exemple, les fidèles sont appelés à faire abstinence de… leur voiture pendant 40 jours. Cela s’appelle le « jeûne de l’auto ». De façon générale, les manières protestantes de faire carême sont plus sociales, c’est pourquoi Robin Sautter encourage ceux qui participent au carême sans viande et sans poisson à utiliser l’argent ainsi épargné pour faire un don ».