« …Car j’étais nu, et vous m’avez vêtu », dit Jésus

Comment veiller à son intimité, pour ne pas se priver de vie privée sur les réseaux « sociaux » ? Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« (Car j’étais) nu, et vous m’avez vêtu (…) Alors les justes lui répondront : “Seigneur (….) quand nous est-il arrivé de te voir (…) nu et de te vêtir ? Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matt.25v36, 38, 40)

« Habiller celui qui est nu » selon Matthieu 25v36 (voir aussi Esaïe 58v7), c’est aussi mettre en garde nos jeunes contre l’exhibition de leurs photos et de leurs données sur les réseaux sociaux ; c’est aussi les rhabiller de ce précieux manteau qu’est la pudeur. Travaillons-y ! »

Piqué sur « prédicatwitt »(publié le 18/02/18).

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« L’imitation de Jésus-Christ » : veiller à son intimité

« On n’agit pas en cachette quand on veut s’affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde ! » disent ses frères à Jésus, alors qu’ils ne croyaient pas en lui.
(Dessin de Andy Singer)

Lectures :

« Dans la suite, Jésus continua à parcourir la Galilée ; il préférait en effet ne point parcourir la Judée, où les autorités juives cherchaient à le faire périr. Or c’était bientôt la fête juive des Tentes. Ses frères lui dirent : « Passe d’ici en Judée afin que tes disciples, eux aussi, puissent voir les œuvres que tu fais.  On n’agit pas en cachette quand on veut s’affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde ! En effet, ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui.» (Jean 7v1-5)

« Le soir venu, après le coucher du soleil, on se mit à lui amener tous les malades et les démoniaques. La ville entière était rassemblée à la porte. Il guérit de nombreux malades souffrant de maux de toutes sortes et il chassa de nombreux démons ; et il ne laissait pas parler les démons, parce que ceux-ci le connaissaient. Au matin, à la nuit noire, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert ; là, il priait.

Simon se mit à sa recherche, ainsi que ses compagnons, et ils le trouvèrent. Ils lui disent : « Où étais-tu ? Tout le monde te cherche. » (Marc 1v32-37. Traduction libre)

Ces deux textes des Évangiles résonnent en nous, étonnamment de façon très actuelle. « L’anonymat dans la vie réelle comme sur Internet devient de plus en plus difficile », constatent les juristes Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, dans un fort intéressant document consacré au pseudonymat sur internet (dont nous avions parlé ici« Les notions de «protection de la vie privée», «d’intimité», « de droit à l’image » s’effacent. Tout devient public. La transparence est le maître mot. Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez pas à vous inquiéter », dit-on. « Or, il faut être capable de se justifier pour tout et tout le temps, et votre « jardin secret » n’a pas de raison d’être selon les tenants de la transparence ».

Constat tout à fait partagé par le rabbin et philosophe Marc-Alain Ouaknin, qui relève, parmi toutes les crises (économiques, écologies, sociales…) que nous connaissons, « une crise de l’intime » : en effet, dénonce-t-il, « la communication nous assaille de toutes parts. Le téléphone, le téléphone cellulaire, l’ordinateur, l’ordinateur portable… régissent désormais nos vies. Chaque fois qu’on téléphone à quelqu’un, on lui demande: “Tu es où?” Comme si on ne pouvait plus être quelque part sans avoir à donner des explications et un compte rendu du lieu où on se trouve. À partir du moment où on est surexposé dans l’information de soi par rapport aux autres, il n’y a plus la possibilité de se retrouver “chez soi” et d’avoir une intimité, ce qu’on appelle en grec l’oikos, qui est le véritable sens de l’écologie. L’écologie c’est le discours, la raison, la pensée de la maison, c’est-à-dire la pensée de l’intime. Or, aujourd’hui, la question de l’intime est absolument dévastée par cette surexposition du sujet qui fait, en fin de compte, qu’il n’y a presque plus de sujet. Dans le passé, le sujet était un “Je” ou un “Je suis” qui avait la capacité de se retirer dans un “chez soi”.

Comment alors être (chez) soi ?

Face à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui, parce qu’elle promet de façon illusoire un monde sans vie privée, s’avère peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques, imitons plutôt Jésus-Christ, qui est « Je suis ». Et apprenons de sa théologie, plutôt que de se contenter de dire « le monde évolue », donc « suivons-le » ! Jésus, en effet, bien qu’étant un « personnage public », sait parfaitement protéger son intimité.

Il n’agit jamais sous la pression « médiatique », particulièrement quand il s’agirait de « prouver qui il est », et sait prendre son temps.

Il sait distinguer « le temps favorable » pour agir en public et le temps nécessaire et vital, à prendre régulièrement « à part » avec le Père, plutôt que de se laisser submerger par l’activisme.

Il comprend que tout ne doit pas être montré : Il raconte des paraboles en public, mais en privé, il explique tout à ses disciples (Marc 4v34).

Il recommande de se garder « de pratiquer (sa) religion devant les hommes pour attirer leurs regards ; sinon, pas de récompense pour (nous) auprès de (Dieu, notre) Père qui est aux cieux » (Matt.6v1-4) ; et quand nous voulons prier, d’entrer dans notre chambre « la plus retirée », de « verrouiller » notre porte et d’adresser notre prière à notre Père [qui est un Dieu relationnel et avec qui nous pouvons avoir une relation personnelle] qui est là dans le secret. Et notre Père, qui voit dans le secret, nous le rendra » (v6). Enfin, Jean 17 nous rapporte une très belle prière de Jésus, laquelle est faite, non en public, « au micro », mais en privé, dans l’intimité, en présence des siens.

Ce soin extrême porté à la sauvegarde de son intimité est-il de nature à dévaluer la portée du ministère public de Jésus ? Bien au contraire ! Il le renforce même.

Et nous-mêmes, qui nous disons « disciples de Jésus-Christ » ? « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Au disciple il suffit d’être comme son maître, et au serviteur d’être comme son seigneur », dit Jésus (Matt.10v24-25)

 

 

 

Le pseudonymat n’est pas un anonymat

« On the Internet, nobody knows you’re a dog » (de l’anglais : « Sur l’Internet, personne ne sait que tu es un chien ») : un adage trouvant son origine dans ce dessin de presse de Peter Steiner paru dans le New Yorker du 5 juillet 1993

Certains blogueurs se fixent une règle personnelle, qui consiste à toujours commenter avec ses vrais prénom et nom. Ceci pour se souvenir « qu’Internet est un lieu public et que ce que l’on dit est dit pour toujours. Ça calme un peu ». Effectivement.

Cependant, il convient de nuancer un peu le propos, sans remettre en cause la nécessité d’écrire et de publier de façon responsable. Car, comme le rappellent les juristes Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, dans un fort intéressant document consacré au « pseudonymat sur internet », « l’anonymat numérique est toujours utile, et il l’est même plus que jamais. Mais encore faut-il savoir de quoi on parle. L’anonymat sur le web n’est pas le fait de ne pas signer ses propos tel un vulgaire corbeau. L’anonymat sur le web est en réalité un pseudonymat, soit le fait de signer d’une identité qu’on s’est choisi, qui individualise les écrits et en identifient l’auteur ». Pour le dire autrement, « le pseudonymat est le fait de masquer sa véritable identité par un procédé d’avatarisation, là où l’anonymat repose sur le fait de ne laisser aucune trace de son passage ». Mais pour l’internaute lambda, monsieur « A. Nonym » se définit avant tout par la création d’un faux profil.

« L’anonymat dans la vie réelle comme sur Internet devient de plus en plus difficile », constatent encore Marie Bastian et Justine Pate-Koenig. « Les notions de «protection de la vie privée», «d’intimité», « de droit à l’image » s’effacent. Tout devient public. La transparence est le maître mot. Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez pas à vous inquiéter », dit-on. « Or, il faut être capable de se justifier pour tout et tout le temps, et votre « jardin secret » n’a pas de raison d’être selon les tenants de la transparence ». Sauf que, relèvent fort à propos Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, « l’anonymat est aussi un moyen utile pour libérer la parole. Quid des forums dédiés à certaines maladies, aux employés en souffrance ou aux débats politiques si l’anonymat disparaît ? » Et quid d’un droit à l’oubli vis à vis de l’internet où tout ce qui est publié est indexé et archivé, avec la possibilité offerte de se rattraper si l’on se plante, pour avoir posté un commentaire vieux de dix ans ou un commentaire à l’époque de notre adolescence, que l’on peut regretter par la suite ? Je dirai même plus : comment manifester un esprit chrétien sur le web, et ce, alors que Celui dont nous sommes les disciples supposés a dit à la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » ?

Cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée est peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques. Voir l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013) de Marc-Alain Ouaknin.

Pour ma part, j’ai choisi et défends « le pseudonymat », qui n’est pas un anonymat.

En effet, je ne profite pas de mon pseudonymat pour écrire des choses que je n’assumerais pas, ou pour m’inventer un personnage. Voici quelques bonnes raisons de justifier une telle pratique :

A une certaine époque, chaque participant au Tigre magazine (2006-2014), occasionnel ou régulier, signait sous un pseudonyme de son choix. Le Tigre s’était expliqué sur ce choix, à partir des remarques entendues ici et là :

RQ 1 : « J’aime bien savoir qui écrit (…) quand j’aime le travail de quelqu’un »
Par le biais du pseudonyme « fixe », les lecteurs peuvent s’attacher à une “plume” régulière du journal, sans pour autant lier leur jugement à la notoriété publique de la personne.

RQ 2 : « Quand on assume ses propos, on les signe ».

Le pseudonyme est une signature. Le pseudonyme ne dispense en rien de ne pas assumer ses propos. Lorsqu’on dit « j’aime Johnny Halliday » (…), on parle d’une personne, alors qu’il s’agit de pseudonyme. Les lecteurs peuvent s’adresser à tel ou tel auteur de la publication en écrivant à la rédaction qui fera suivre.

RQ 3 : N’y a-t-il pas de conflits d’intérêts entre la déontologie journalistique et l’usage du pseudonyme ? Le pseudonyme ne peut-il pas servir à « cacher » qu’on ne parle pas d’un point de vue « neutre » ?
Le cas le plus flagrant serait de faire une critique positive d’un ouvrage par un ami de l’auteur de cet ouvrage (voir l’auteur lui-même) (…) On ne parle jamais d’un point de vue « neutre ». Si « monsieur Dupont » défend tel point de vue, que « monsieur Dupont » soit ou non un pseudo ne change rien à la qualité de son point de vue. La confiance que l’on accorde à un journal se fonde sur l’écriture de ses articles, non sur les sonorités des noms au bas de ces articles. Le Canard est très largement anonyme et nourri de sources anonymes, et pourtant, les lecteurs lui font confiance, alors qu’on pourrait imaginer une publication mensongère « avec signatures » qui publie n’importe quoi. Si l’anonymat peut parfois générer le soupçon, c’est dans des publications à but injurieux ou partisan (…) C’est la tonalité globale qui fait le sérieux d’un journal, non la signature au bas d’un article. Mieux vaut alors être un journal sous pseudo qui précise constamment ses sources qu’un journal « nominatif » qui reprend [sans les vérifier] et fait enfler des choses dites ici et là, en tablant sur la confiance aveugle que lui accordent ses lecteurs.

RQ 4 : « On peut écrire n’importe quoi ».
C’est faux. Un pseudonyme ne dispense pas un article d’être sourcé : au contraire, il rend parfois le lecteur plus exigeant sur ce qu’il lit (…) une écriture sous pseudonyme ne (dispense) en aucun cas de faire usage de déontologie journalistique (…) Aujourd’hui encore, l’hebdomadaire britannique The Economist allie anonymat total, succès notable et sérieux reconnu : « En cette période narcissique, être différent est un atout. L’absence de signature rend le magazine cohérent, constant dans le style et évite d’être associé à des points de vue partisans de chroniqueurs particuliers »(…)

En ce qui concerne les enquêtes, un pseudonyme protège en effet la personne qui écrit l’article. Il ne s’agit pas de lâcheté, mais d’exercice du journalisme (…) Là encore, seule la qualité rédactionnelle finale et l’exactitude des faits relatés comptent.

RQ 5 : « Ah mais si *** écrit dans vos lignes et qu’on ne le sait pas ? »
Ah ben si **** écrit dans nos colonnes, et que le lecteur lambda ne s’en rend pas compte, de deux choses l’une : soit le lecteur est choqué par ce qui est dit, soit le lecteur est choqué par le fait que ce soit **** qui le dise. Tant mieux si le pseudonyme peut pousser le lecteur à être vigilant, et à se demander « est-ce que je suis vraiment d’accord avec ce que je lis ? » Un article de journal ne doit pas être une parole sacralisée. Tant mieux si l’usage du pseudonyme pousse le lecteur à avoir un regard critique sur ce qu’il lit. Les dérives médiatiques seraient plus rares !
(…)
RQ 7 : Alors, qu’est-ce qu’on perd ?
Sur les bandeaux télévisés et les encadrés journalistiques fleurissent les « M. ***, psychologue », « ***, expert », « ***, dernier livre publié chez *** », « ***, une des révélations de l’année ».

Alors oui, Le Tigre refuse ce support confortable du prêt-à-penser, en ôtant la facilité de la reconnaissance. Oui, Le Tigre complique la tache du lecteur qui ne peut pas s’appuyer sur le « il est connu » ou « j’en ai entendu parler » ou « c’est un ponte » ou « il publie aussi chez *** » pour en venir au fait : les propos tenus, les images proposées sont-elles dignes d’intérêt ? M’apprennent-elles quelque chose ? Et ce faisant, on met sur un pied d’égalité le jeune dessinateur débutant avec ****, reconnu. (…) En ces temps où chacun est prompt à critiquer l’égocentrisme et la vanité de l’époque, le Tigre propose juste un nouveau regard.
Une proposition parmi d’autres : créer un nouveau rapport aux textes pour le lecteur, qui peut poser un regard neuf et sans a priori sur ce qu’il lit.

En guise de conclusion :
La solution proposée par l’internaute « Francine » sur « Le Bon combat », « pour contenir la foire aux vanités évangélique dans des bacs à sable de dimensions raisonnables, tout en faisant un pied de nez à « Big Brother ». Cette solution, c’est l’anonymat obligatoire. Sous la boîte à commentaires, l’on pourrait remplacer la ligne habituelle : « Merci d’utiliser vos vrais noms et prénoms pour commenter » par : « Merci de garder privée votre identité en choisissant un pseudo ; nous n’acceptons pas de mélange entre le réel et le virtuel sur ce site ». Non seulement notre désir de gloriole se verra rogner les ailes par cette mesure, mais encore les discussions et les échanges y gagneront en profondeur, puisque les commentaires seront davantage jugés sur leur contenu que sur leur conteneur.

Voir aussi « Radicalement ordinaire », un livre d’un auteur…volontairement anonyme paru aux éditions BLF en avril 2017

 

 

 

T’es brouillon ? Facebook le voit ! (Ou quelques bonnes raisons de se passer de Facebook)

Prendre une gamelle

A quand un bouton « j’aime pas », pour dire « j(e ne t)’ aime pas, Facebook » ?

Certainement, chacune et chacun a de bonnes raisons d’être sur Facebook.
Néanmoins, il existe aussi de tas d’autres bonnes raisons « de ne pas y être », ou même « de ne plus être ».

Par exemple, cette « bonne raison »-là, que je viens d’apprendre via « Arrêt sur images »* :

Parce que  Facebook espionne les brouillons de vos messages : « il sait quand que vous décidez de ne pas publier une partie du message que vous avez tapé »*.

 
Ou encore, selon Le Tigre magazine,
Parce que Facebook a réussi « le plus incroyable hold-up de l’histoire », en incitant 1,2 milliard d’individus de faire d’eux-mêmes « le choix de s’y inscrire et de l’utiliser majoritairement pour communiquer »**.

 
Parce que Facebook fonctionne sur un principe faussement vertueux : « plus de gens s’inscrivent chez eux, plus ils sont incontournables, et donc plus de gens s’y inscrivent »**.

 
Parce que « si des passerelles existent encore vers le web (un simple lien vers un bon vieux site), Facebook fait tout pour les minimiser : plus les utilisateurs restent sur Facebook, plus leur valeur auprès des annonceurs est forte ».**

 
Parce que « cliquer sur un bouton « J’aime » relié à Facebook, donne accès à cette société, outre à toutes les informations que vous avez publiées, à l’ensemble de l’historique de votre navigation web. Là encore, le profit pour eux est évident : vos centres d’intérêt étant mieux connus, il sera plus facile de vous exposer à de la publicité ciblée »**.

 
Parce que Facebook échappe à toute forme de contrôle : c’est une société privée, qui fait ce qu’elle veut : c’est ainsi que « tout ce qui est publié sur ce site lui appartient de facto. En effet, les conditions d’utilisation précisent que toute personne qui s’inscrit sur Facebook accorde à l’entreprise « une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle ». En clair, Facebook peut faire ce qu’il veut du contenu posté sur son site**.

 
Parce que, selon Philippe Rivière pour Le Monde diplomatique, « en permettant à chacun de polir sa marque personnelle, Facebook est le miroir magique de notre époque égotiste et publicitaire. L’expérience Facebook procure à l’utilisateur la sensation d’être en permanence en représentation devant cent trente personnes (nombre moyen d’amis) applaudissant chaque geste et chaque bon mot. Plus la projection électronique de notre être reflète la vérité de notre personnalité – ou de notre désir -, plus on se laisse griser par son reflet »***.

 
Et enfin, parce que Facebook repose sur un gros mensonge : comment croire , en effet, que l’on puisse avoir « plus de 200 amis » sur ce réseau dit « social » ?

Pour ma part, je n’ai pas à me poser la question, puisque je n’y suis pas et que je ne veux pas y être.

 

Notes :
* http://www.arretsurimages.net/breves/2013-12-15/Facebook-espionne-les-brouillons-de-vos-messages-id16574

Facebook s’intéresse à ce que vous choisissez de ne pas mettre en ligne explique en détail « Auto-Censure sur Facebook » une étude (PDF), très sérieuse signée de Sauvik Das (étudiant en doctorat à l’université Carnegie Mellon) et Adam Kramer (ancien de Carnegie Mellon, docteur en psychologie sociale, acutuellement Data Scientist chez Facebook où il travaille depuis juillet 2010sur « emotion expression, psycholinguistics and statistical methods »).
Cette étude est signalée par Jennifer Golbeck (directrice de l’Human-Computer Interaction Lab, et professeur associée à l’université du Maryland) qui la commente, par ailleurs.
Les auteurs de cette étude ont travaillé sur les données de 3,9 millions d’utilisateurs américains ou anglais de Facebook sur une période de 17 jours (du 6 au 22 juilet 2012). Ils ont constaté que 71% d’entre eux avaient au moins une fois censuré une partie d’un message ou d’un commentaire avant de le poster sur Facebook.
Ils précisent qu’un message ou qu’un commentaire était considéré comme censuré, s’il n’avait pas été publié dans les dix minutes suivant sa composition.

Goldbeck souligne que l’étude indique que Facebook n’envoie qu’une information permettant de savoir si oui ou non vous avez auto-censuré un message, mais pas le texte de la partie non-publiée de ce message. Elle ajoute que c’est techniquement possible de lire ce que vous avez supprimé avant d’envoyer le message final sur Facebook, même si ce réseau social assure ne pas le faire.
** http://www.le-tigre.net/Et-nous-assistames-les-bras.html

*** http://toutsurlachine.blogspot.fr/2010/11/analyse-facebook-miroir-magique.html