Foireux liens de mai (27) : comment ne plus être privé de « vie privée »

Mark Zuckerberg, sous les feux des projecteurs, lui qui est bien peu friand des caméras. Durant près de quatre heures, le patron de Facebook a dû répondre aux questions des parlementaires américains le 10/04/18 (Source : France 24)

Nos « foireux liens » sont de retour, avec une nouvelle sélection de ce qui a marqué l’actualité depuis ces deux derniers mois. Cette édition de mai a, cette fois-ci, la couleur et le goût de la « culture de l’internet et du numérique », avec des enjeux touchant au respect de notre vie privée dont nous parlons régulièrement sur ce blogue. Nous le voyons d’autant plus « nettement » aujourd’hui : la nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée est peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques décrits dans l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013) de Marc-Alain Ouaknin.

1) Facebook – Cambridge Analytica : un scandale en quatre temps

Le 17 mars 2018 dernier, des médias anglo-saxons ont révélé qu’une entreprise de collecte et traitement de données, Cambridge Analytica, était au cœur d’un vaste scandale de manipulations de data collectées via Facebook. Celles-ci qui auraient influencé la campagne présidentielle de Donald Trump, mais aussi le vote sur le Brexit. Explications sur La Croix.

Voir aussi : Cambridge Analytica et Facebook : « Le respect de votre vie privée nous tient à cœur. » #OuPas

Alors que la société est dans la tourmente, l’affaire Cambridge Analytica en lien avec l’élection de Donald Trump révèle comment le premier réseau social du monde utilise les données des utilisateurs de son service gratuit. Savoir quelles sont les données collectées (et surtout comment) peut permettre de limiter l’immixtion dans sa vie privée, mais l’ampleur de la collecte rend la poursuite de cet objectif bien illusoire, car c’est bien connu : « si c’est gratuit, c’est toi le produit ! »  Analyse sur The Conversation.

2) Le site internet des impôts offre à Google des données de millions de Français, qui ne disent pas « Bercy » 

On est certes loin du scandale « Facebook-Cambridge Analytica, mais cela fait tout de même « un peu tâche ». Next Inpact relève qu’en obligeant à regarder une vidéo informative hébergée sur YouTube, Bercy a permis au géant américain de récupérer des informations sur les internautes.

Ce n’est pas la première fois qu’un site gouvernemental utilise trop librement les services de Google. Next INpact rappelle également que l’Élysée multiplie les mauvaises habitudes sur son site. Et l’utilisation de Google peut aller encore plus loin, au ministère des Armées par exemple, où des services manipulant des données sensibles (mais non classifiées) utilisent à titre professionnel des messageries Gmail, y compris en opérations extérieures.

Un modèle plébiscité par les utilisateurs. Source : Reflets.info

3) Face au pillage de nos données personnelles, la guerre est ouverte entre le Parlement européen et les géants du Net

Données partagées sur Facebook, pistage via des cookies ou grâce à la géolocalisation de votre smartphone… les informations que nous laissons sur Internet sont de plus en plus nombreuses et sensibles. Pendant qu’en France, certains députés veulent faire des données personnelles un patrimoine à monétiser, le Parlement européen souhaite au contraire mieux les protéger. Un nouveau texte sur la protection de ces données intimes est en discussion à Bruxelles et soumis à un intense lobbying des géants du Net. Un règlement européen doit entrer en vigueur en mai. Quel sont les enjeux ? Ces règlements peuvent-ils mieux nous protéger ? Le point sur Bastamag.

4) La fin de la Neutralité du net : quelles conséquences ?

A la fin de 2017, les États Unis, par Donald Trump, ont décidé d’abroger une décision d’Obama sur la neutralité d’internet. Un vrai séisme pour vous tous internautes. « zeboute » nous explique pourquoi.

5) « Apocalypse (now)de l’information » :  Aviv Ovadya, responsable des nouvelles technologies au Center for Social Media Responsability de l’Université du Michigan, avait prédit la crise des Fake News de 2016, sans être entendu. Aujourd’hui il nous annonce une apocalypse de l’information : en clair, que se passe-t-il quand n’importe qui peut faire croire que n’importe quoi est arrivé, que ce soit vrai ou pas ? La réponse ici.

6) Cyberviolence : certains clics sont pires que des claques !

Qu’il est loin le temps du discours utopique sur l’Internet ! Loin le temps où des esprits enthousiastes pensaient que la technologie du world wide web avait vocation à servir les idéaux démocratiques, participatifs et autogestionnaires. On a vu, durant la décennie écoulée, combien les logiques mercantiles s’en étaient emparées ; combien certains opérateurs agissaient en prédateurs pour s’assurer un monopole ; combien les groupuscules extrémistes l’utilisaient pour répandre leur haine ; combien les terroristes l’instrumentalisaient pour attirer à eux de nouveaux adeptes ; combien les États avaient eux aussi appris à s’en servir pour en faire un support d’influence ou de déstabilisation ; combien des enfants pouvaient en faire un moyen de cyberharcèlement. Et si des usages démocratiques et participatifs ont pu éclore çà ou là, force est de constater que le côté obscur de la force est bien représenté dans le cyberespace. La suite de l’analyse sur The Conversation.

7) LaïCités, la lettre d’information française sur la laïcité et les religions

Tout observateur du terrain français sait l’importance qu’y occupe le thème de la laïcité. Le débat public autour de ces thèmes témoigne parallèlement de raidissements laïcistes et d’interprétations de la laïcité comme cadre de gestion ouverte d’un pluralisme religieux et culturel. Cela engendre aussi des attentes en matière d’information sur les religions dans une société sécularisée. Après les interruptions du site Fait religieux en 2015, et de la lettre professionnelle Laïcité & Religions du Monde des Religions, en juin 2016, est paru en octobre 2016 le premier numéro de LaïCités, un mensuel de 12 pages  diffusé sur abonnement sous forme électronique (format PDF), dont le sous-titre affiche clairement le projet : Lettre pédagogique des faits religieux et de la laïcité. Elle s’adresse d’abord aux enseignants, premiers concernés par les questions et réactions d’élèves, mais aussi à tous les curieux qui souhaitent mieux appréhender ces sujets sensibles. En savoir plus sur Religioscope, un site indépendant qui propose des informations et des analyses sur les religions dans le monde contemporain.

8) États-Unis : quelques tendances sociales et religieuses selon les enquêtes d’un groupe de recherche évangélique

Centre de recherche d’orientation évangélique, le Barna Group mène de nombreuses enquêtes statistiques, principalement sur la société et la religion aux États-Unis. Si beaucoup de résultats présentent avant tout un intérêt pastoral pour des milieux chrétiens, Religioscope a lu le dernier volume annuel publié par Barna pour en tirer quelques observations.

9) Ecoles privées : après le vote du Sénat, celui de l’Assemblée Nationale

Une proposition de loi centriste du Sénat, « visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture et de contrôle des établissements privés hors contrat « , a été adoptée, le 29/03 à l’Assemblée nationale, pour mieux contrôler dès la rentrée 2019 ces écoles et s’opposer plus facilement aux ouvertures suspectes de nouveaux établissements. La loi a été promulguée le 13 avril 2018 et a été publiée au Journal officiel du 14 avril 2018. Les précisions sur LCP, la chaîne parlementaire.

Pour ceux qui souhaitent approfondir la question, voir ici le processus législatif.

10) Zoom sur….les Librairies chrétiennes, à la croisée de la foi et de la culture

Via l’interview de Jean-Baptiste Passé, 36 ans, directeur général de la libraire La Procure depuis octobre 2016, coup de projecteur sur la pratique de la lecture religieuse et l’industrie du livre.

« La théorie du Ruissellement expliquée par les chiens ». Dessin de Nicolas de la Casinière. Paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), rubrique « Chien méchant ».

11) Emmanuel Macron a déclaré dimanche 15/04 ne « pas croire à la théorie du ruissellement », (ou « trickle down »), selon laquelle l’enrichissement des riches profiterait mécaniquement aux pauvres… Plus qu’une théorie, c’est un véritable dogme libéral, d’ailleurs rejeté par les français. Or, relève Patrice de Plunkett sur son blogue, ni Jean-Jacques Bourdin(RMC), ni Edwy Plenel (Médiapart) qui l’ont interrogé ne l’ont amené à dire si un dispositif légal allait obliger les français les plus riches à investir dans l’économie réelle les cadeaux fiscaux macroniens (dont l’exemption d’isf pour les biens spéculatifs). Sauf que rien n’est prévu dans ce sens. Si Emmanuel Macron ne croit pas au ruissellement, tout se passe comme si ce dogme (« gravé dans le marbre » ?) inspirait son action…Pour (re)voir l’intégralité de l’interview, c’est ici.

12) Dans quelle stratégie générale s’inscrit la « réforme » de la SNCF ? Une analyse de Patrice de Plunkett sur son blogue pour ne pas être dupe « de la version officielle…. »

« L’hôpital public gère des flux de patients selon le budget de la Sécurité sociale, quitte à renvoyer chez eux des malades incapables de se débrouiller seuls, plutôt que de produire des soins en fonction des besoins de la population. L’université, créée pour former des esprits critiques et les pousser vers les plus hauts accomplissements, travaille désormais à l’équilibre des comptes et aligne ses exigences sur celles du marché du travail. La Poste, fondée pour rendre un service universel de communication, se transforme en prestataire pour Amazon. France Télécom, séparée de la Poste puis privatisée, n’a plus vocation à équiper le pays en infrastructures ni à servir ses usagers, mais à vendre des produits, à conquérir des parts de marché, à satisfaire des actionnaires. Installée sur le marché international de l’énergie, EDF rachète des entreprises privatisées au Royaume-Uni. Quant à la SNCF, son obsession des lignes rentables à grande vitesse l’a conduite à sacrifier le transport de marchandises au profit de la route et à négliger les lignes conventionnelles… »

Voir aussi, sur The Conversation : « Réforme de la SNCF : en finir avec les données fausses sur les chemins de fer ».

Pendant ce temps, l’Assemblée a approuvé le principe du changement de statut de la SNCF.  Sur quoi porteront alors les négociations ?

13) Grâce aux grèves…..

Par Babouse

 

14) « Incroyable mais vrai » : la direction #Carrefour a proposé 150€ de bon d’achat aux salariés afin d’apaiser la colère des grévistes suite à la baisse de leur participation de 610 à 57€….

15) Biodiversité : des réserves ? Il n’y en a pas !

Pour en finir avec ce dernier classique, à s’arracher les cheveux par poignée : « Il y a toujours eu des espèces qui disparaissent et d’autres qui apparaissent ! Où est le problème ? Pourquoi parler de crise ? » Transposons : « Il y a toujours eu des gens qui meurent et des gens qui naissent. Pourquoi parler d’attentat, d’épidémie, de guerre mondiale ? Qu’est-ce qui fait la différence ? » Vous avez compris. Fichus scientifiques. Saletés d’indicateurs, foutue réalité liberticide…L’intégralité de l’analyse à lire sur le blogue de Phylloscopus, naturaliste catholique blogueur.

16) La Cimade s’insurge contre la loi Asile et Immigration adoptée dans la nuit du 22 au 23 avril 2018 par la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. La France n’est pas submergée par des demandes d’asile, comme prétendent certains. Le pays des droits de l’homme n’a accepté que 81 950 demandes d’asile depuis 2015, soit 0,12 % de la population française, 10 fois moins que la Suède, 8 fois moins que l’Allemagne, 3 fois moins que le Danemark et la Belgique…

La Cimade continue donc de défendre une autre vision de l’asile et des migrations et réclame au Sénat la fin de l’enfermement des enfants en rétention, l’abrogation du délit de solidarité et la suppression du doublement de la durée de rétention. L’occasion de découvrir cette association loi de 1901, fondée par des mouvements protestants dont certains liés au scoutisme(Éclaireuses Éclaireurs de France) et membre de la Fédération protestante de France.

17) Ce qu’est et ce que n’est pas un engagement chrétien « équilibré »

Le « point théo » : La Déclaration de la NAE (National Association of Evangelicals) sur la responsabilité civique affirme : « La Bible fait bien comprendre que Dieu se préoccupe beaucoup du bien-être du mariage, de la famille, du caractère sacré de la vie humaine, de la justice pour les pauvres, du soin de la création, de la paix, de la liberté et de la justice raciale. » La conclusion que le texte en tire est que la communauté évangélique dans son ensemble devrait avoir une feuille de route équilibrée bibliquement : elle ne peut s’identifier à un combat qui ne porterait que sur un seul de ces sujets.

18) Les deux sous de la veuve : intéressante analyse de la scène de la veuve et de son offrande, à lire sur Point théo. Faut-il y lire un modèle individuel de générosité ou la dénonciation d’une injustice structurelle ?

19) Une nouvelle série prometteuse de Timothée Minard, à découvrir sur son blogue : La prophétie chrétienne d’après le Nouveau Testament

Tout chrétien qui veut réfléchir sérieusement sur l’ecclésiologie ou la pneumatologie biblique ne peut passer à côté de cet aspect exprimé dans l’Écriture : premièrement, l’Église est présentée comme un peuple-prophète inspiré par le Saint-Esprit et, deuxièmement, la pratique de la prophétie doit avoir une place de choix au sein des rencontres de l’église locale. Malgré cela, pour certains chrétiens, la pratique de la vraie prophétie, comme des autres dons miraculeux, n’est plus d’actualité.

20) Prophètes itinérants à l’heure d’internet

À l’heure d’Internet, les prophètes itinérants et les prédicateurs de passage s’invitent… sur nos écrans et dans nos salons. Pratiquons- nous un discernement éclairé ? Ils pourraient être « déguisés en moutons » (Mt 7.15). Comment les recevons-nous ? Ils pourraient être envoyés par le Grand Patron, nous interpelle le mensuel mennonite Christ Seul.

21) Arnaud Beltrame : ce que sa mort nous apprend sur notre nation : une chronique d’Etienne Omnès, dans le cadre « des Fils d’Issacar ». « Les Fils d’Issacar » sont connus, dans la Bible (1 Chr.12v32), pour « savoir discerner les temps ». C’est aussi le titre d’une analyse audio hebdomadaire d’événements et nouvelles depuis une vision du monde chrétienne, tenue par Étienne Omnès et Timothée Davi, disponible sur le blogue « Phileo-sophia ». Ne ratez pas son générique inimitable ! 😉

22) Un sujet presque passé inaperçu : Pendant que le monde entier a les yeux rivés sur la Syrie, la Chine de Xi Jinping met un nouveau tour de vis sur l’opposition, en visant cette fois les rappeurs et les religieux. Après les bouddhistes persécutés au Tibet, les musulmans ouïghours, c’est aujourd’hui au tour des catholiques chinois de faire les frais de la censure gouvernementale. Il est impossible de se procurer une Bible en Chine, dans les librairies depuis longtemps, mais depuis deux jours [08/04] cette interdiction touche aussi les ventes de Bibles en ligne. Et « en même temps », le Bureau des Affaires religieuses fait part de son projet de promotion d’un « christianisme chinois », avec à la clé une retraduction et une réinterprétation de la Bible.

23) « Secret des affaires » : La proposition de loi « sur le secret des affaires », adoptée en toute discrétion par les députés le 27/03, dans le cadre d’une procédure accélérée, a été adoptée mercredi 18/4 par le Sénat. Ce texte, durci par la Chambre haute, vise à renforcer la protection des informations au sein des entreprises. Mais il inquiète journalistes, lanceurs d’alerte et ONG. Une pétition contre ce texte a d’ailleurs recueilli plus de 350 000 signatures

 

Bonne lecture ! Prochain rendez-vous avec de nouveaux « Foireux liens » début juillet.

 

Le pseudonymat n’est pas un anonymat

« On the Internet, nobody knows you’re a dog » (de l’anglais : « Sur l’Internet, personne ne sait que tu es un chien ») : un adage trouvant son origine dans ce dessin de presse de Peter Steiner paru dans le New Yorker du 5 juillet 1993

Certains blogueurs se fixent une règle personnelle, qui consiste à toujours commenter avec ses vrais prénom et nom. Ceci pour se souvenir « qu’Internet est un lieu public et que ce que l’on dit est dit pour toujours. Ça calme un peu ». Effectivement.

Cependant, il convient de nuancer un peu le propos, sans remettre en cause la nécessité d’écrire et de publier de façon responsable. Car, comme le rappellent les juristes Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, dans un fort intéressant document consacré au « pseudonymat sur internet », « l’anonymat numérique est toujours utile, et il l’est même plus que jamais. Mais encore faut-il savoir de quoi on parle. L’anonymat sur le web n’est pas le fait de ne pas signer ses propos tel un vulgaire corbeau. L’anonymat sur le web est en réalité un pseudonymat, soit le fait de signer d’une identité qu’on s’est choisi, qui individualise les écrits et en identifient l’auteur ». Pour le dire autrement, « le pseudonymat est le fait de masquer sa véritable identité par un procédé d’avatarisation, là où l’anonymat repose sur le fait de ne laisser aucune trace de son passage ». Mais pour l’internaute lambda, monsieur « A. Nonym » se définit avant tout par la création d’un faux profil.

« L’anonymat dans la vie réelle comme sur Internet devient de plus en plus difficile », constatent encore Marie Bastian et Justine Pate-Koenig. « Les notions de «protection de la vie privée», «d’intimité», « de droit à l’image » s’effacent. Tout devient public. La transparence est le maître mot. Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez pas à vous inquiéter », dit-on. « Or, il faut être capable de se justifier pour tout et tout le temps, et votre « jardin secret » n’a pas de raison d’être selon les tenants de la transparence ». Sauf que, relèvent fort à propos Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, « l’anonymat est aussi un moyen utile pour libérer la parole. Quid des forums dédiés à certaines maladies, aux employés en souffrance ou aux débats politiques si l’anonymat disparaît ? » Et quid d’un droit à l’oubli vis à vis de l’internet où tout ce qui est publié est indexé et archivé, avec la possibilité offerte de se rattraper si l’on se plante, pour avoir posté un commentaire vieux de dix ans ou un commentaire à l’époque de notre adolescence, que l’on peut regretter par la suite ? Je dirai même plus : comment manifester un esprit chrétien sur le web, et ce, alors que Celui dont nous sommes les disciples supposés a dit à la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » ?

Cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée est peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques. Voir l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013) de Marc-Alain Ouaknin.

Pour ma part, j’ai choisi et défends « le pseudonymat », qui n’est pas un anonymat.

En effet, je ne profite pas de mon pseudonymat pour écrire des choses que je n’assumerais pas, ou pour m’inventer un personnage. Voici quelques bonnes raisons de justifier une telle pratique :

A une certaine époque, chaque participant au Tigre magazine (2006-2014), occasionnel ou régulier, signait sous un pseudonyme de son choix. Le Tigre s’était expliqué sur ce choix, à partir des remarques entendues ici et là :

RQ 1 : « J’aime bien savoir qui écrit (…) quand j’aime le travail de quelqu’un »
Par le biais du pseudonyme « fixe », les lecteurs peuvent s’attacher à une “plume” régulière du journal, sans pour autant lier leur jugement à la notoriété publique de la personne.

RQ 2 : « Quand on assume ses propos, on les signe ».

Le pseudonyme est une signature. Le pseudonyme ne dispense en rien de ne pas assumer ses propos. Lorsqu’on dit « j’aime Johnny Halliday » (…), on parle d’une personne, alors qu’il s’agit de pseudonyme. Les lecteurs peuvent s’adresser à tel ou tel auteur de la publication en écrivant à la rédaction qui fera suivre.

RQ 3 : N’y a-t-il pas de conflits d’intérêts entre la déontologie journalistique et l’usage du pseudonyme ? Le pseudonyme ne peut-il pas servir à « cacher » qu’on ne parle pas d’un point de vue « neutre » ?
Le cas le plus flagrant serait de faire une critique positive d’un ouvrage par un ami de l’auteur de cet ouvrage (voir l’auteur lui-même) (…) On ne parle jamais d’un point de vue « neutre ». Si « monsieur Dupont » défend tel point de vue, que « monsieur Dupont » soit ou non un pseudo ne change rien à la qualité de son point de vue. La confiance que l’on accorde à un journal se fonde sur l’écriture de ses articles, non sur les sonorités des noms au bas de ces articles. Le Canard est très largement anonyme et nourri de sources anonymes, et pourtant, les lecteurs lui font confiance, alors qu’on pourrait imaginer une publication mensongère « avec signatures » qui publie n’importe quoi. Si l’anonymat peut parfois générer le soupçon, c’est dans des publications à but injurieux ou partisan (…) C’est la tonalité globale qui fait le sérieux d’un journal, non la signature au bas d’un article. Mieux vaut alors être un journal sous pseudo qui précise constamment ses sources qu’un journal « nominatif » qui reprend [sans les vérifier] et fait enfler des choses dites ici et là, en tablant sur la confiance aveugle que lui accordent ses lecteurs.

RQ 4 : « On peut écrire n’importe quoi ».
C’est faux. Un pseudonyme ne dispense pas un article d’être sourcé : au contraire, il rend parfois le lecteur plus exigeant sur ce qu’il lit (…) une écriture sous pseudonyme ne (dispense) en aucun cas de faire usage de déontologie journalistique (…) Aujourd’hui encore, l’hebdomadaire britannique The Economist allie anonymat total, succès notable et sérieux reconnu : « En cette période narcissique, être différent est un atout. L’absence de signature rend le magazine cohérent, constant dans le style et évite d’être associé à des points de vue partisans de chroniqueurs particuliers »(…)

En ce qui concerne les enquêtes, un pseudonyme protège en effet la personne qui écrit l’article. Il ne s’agit pas de lâcheté, mais d’exercice du journalisme (…) Là encore, seule la qualité rédactionnelle finale et l’exactitude des faits relatés comptent.

RQ 5 : « Ah mais si *** écrit dans vos lignes et qu’on ne le sait pas ? »
Ah ben si **** écrit dans nos colonnes, et que le lecteur lambda ne s’en rend pas compte, de deux choses l’une : soit le lecteur est choqué par ce qui est dit, soit le lecteur est choqué par le fait que ce soit **** qui le dise. Tant mieux si le pseudonyme peut pousser le lecteur à être vigilant, et à se demander « est-ce que je suis vraiment d’accord avec ce que je lis ? » Un article de journal ne doit pas être une parole sacralisée. Tant mieux si l’usage du pseudonyme pousse le lecteur à avoir un regard critique sur ce qu’il lit. Les dérives médiatiques seraient plus rares !
(…)
RQ 7 : Alors, qu’est-ce qu’on perd ?
Sur les bandeaux télévisés et les encadrés journalistiques fleurissent les « M. ***, psychologue », « ***, expert », « ***, dernier livre publié chez *** », « ***, une des révélations de l’année ».

Alors oui, Le Tigre refuse ce support confortable du prêt-à-penser, en ôtant la facilité de la reconnaissance. Oui, Le Tigre complique la tache du lecteur qui ne peut pas s’appuyer sur le « il est connu » ou « j’en ai entendu parler » ou « c’est un ponte » ou « il publie aussi chez *** » pour en venir au fait : les propos tenus, les images proposées sont-elles dignes d’intérêt ? M’apprennent-elles quelque chose ? Et ce faisant, on met sur un pied d’égalité le jeune dessinateur débutant avec ****, reconnu. (…) En ces temps où chacun est prompt à critiquer l’égocentrisme et la vanité de l’époque, le Tigre propose juste un nouveau regard.
Une proposition parmi d’autres : créer un nouveau rapport aux textes pour le lecteur, qui peut poser un regard neuf et sans a priori sur ce qu’il lit.

En guise de conclusion :
La solution proposée par l’internaute « Francine » sur « Le Bon combat », « pour contenir la foire aux vanités évangélique dans des bacs à sable de dimensions raisonnables, tout en faisant un pied de nez à « Big Brother ». Cette solution, c’est l’anonymat obligatoire. Sous la boîte à commentaires, l’on pourrait remplacer la ligne habituelle : « Merci d’utiliser vos vrais noms et prénoms pour commenter » par : « Merci de garder privée votre identité en choisissant un pseudo ; nous n’acceptons pas de mélange entre le réel et le virtuel sur ce site ». Non seulement notre désir de gloriole se verra rogner les ailes par cette mesure, mais encore les discussions et les échanges y gagneront en profondeur, puisque les commentaires seront davantage jugés sur leur contenu que sur leur conteneur.

Voir aussi « Radicalement ordinaire », un livre d’un auteur…volontairement anonyme paru aux éditions BLF en avril 2017

 

 

 

« Aimez-vous les uns les autres », c’est aussi sur le web !

"La solidarité protestante évangélique" devrait être "nettement" sur le net !

« La solidarité protestante évangélique » devrait être « nettement » sur le net !

Imagine : je suis ton voisin et je passe régulièrement devant ta maison. Puis je me décide enfin à venir te rendre une visite, et ma première remarque porte sur la déco, l’ameublement ou la maison en elle-même, que je juge « pas terrible », dans le style : « ça fait un bout de temps que je voulais faire à mon voisin cette remarque : allons-y franco ».

« Dans la vraie vie », cela ne serait ni correct, ni poli et ni respectueux. Qu’en dis-tu ?

D’autant plus que l’essentiel me paraît être ailleurs : la visite devrait être motivée parce que je porte un véritable et sincère intérêt au voisin (et à ce qu’il fait), dans le fond et l’esprit, et dans un soucis de réciprocité. C’est là le principe du corps de Christ(cf 1 Cor.12).
Mais ce que nous savons fondamental de faire à l’autre « dans la vraie vie », le faisons-nous aussi sur le web (et inversement) ? Ou estimons-nous que l’un et l’autre « n’ont rien à voir » ?

Bref,  « Aimez-vous les uns les autres », ce commandement du Christ, c’est aussi sur le web !

Et « Aimez-vous les uns les autres ou la solidarité (réformée) sur le web » est aussi une excellente initiative d’Olivier Keshavjee, « théologeek » et animateur paroissial réformé suisse, concrétisée via ce site : http://www.aimez.ch/index.html

L’auteur fait avant tout référence au monde réformé, mais l’initiative peut tout à fait s’appliquer au protestantisme évangélique.

La page du site débute par un constat : Le monde [protestant] est bien présent sur la toile, et regorge d’idées, d’initiatives et de compétences. Malgré cela, il y a peu d’interactions entre les différents acteurs, très peu de réjouissance et solidarité envers les projets les uns des autres [ou alors, certains se regroupent par affinité/hobbies, cultivant un certain entre-soi]. En plus d’être triste et décourageant, cela nuit à la visibilité de l’ensemble.

Suivi par le rappel d’un appel particulièrement clair : «Aimez-vous les uns les autres », nous a commandé Jésus. Si nous ne vivons pas cela sur le web, où le vivrons-nous? Le but de ces pages est d’aider de manières très concrètes à répondre à cet appel, en manifestant plus de solidarité entre protestants.

Ensuite, « pourquoi s’aimer sur le net », questionne Olivier Keshavjee ?

Parce que, d’abord, ça fait plaisir : Aimer, commenter ou partager [ce que mon frère ou ma soeur a écrit] — ça fait plaisir. C’est une manière peu coûteuse de dire à l’autre qu’il existe, et ça fait du bien.

Ensuite, cela contribue à une certaine visibilité : Plus nous « likons », suivons, commentons et partageons (plus « nous nous aimons les uns les autres », Jean 13v34, Jean 15v12,17) plus grande est la visibilité des protestants sur le web (et « plus le monde verra… » Jean 13v35).

Mais aimer ne signifie pas être d’accord : On peut « liker » / suivre quelqu’un sans pour autant être d’accord avec tout ce qu’il dit et fait. « Liker » / suivre est néanmoins une manière de dire que l’autre est important, et que je suis solidaire avec lui/elle.

Comment faire concrètement ?

"Droit d'auteur" : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire !

« Aimez », « commentez », « partagez », « suivez »…. !

Commencez par découvrir et aimer de (nouveaux blogues/sites protestants). Aimez ensuite le contenu sur ces pages, remerciez et encouragez son auteur, puis partagez plus loin!

Faites à d’autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse !

Car partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire, cela contribue à la visibilité du protestantisme en général.

Alors ? A quand « la solidarité protestante évangélique sur le web » ?

« Aimons-nous les uns les autres….comme Christ nous a aimé Lui-même ! » Dans « la vraie vie », mais aussi sur le web !

 

 

 

 

 

 

 

« Foireux liens » de juin(10) : « louange (trop ?) contemporaine »

Notre louange "contemporaine" : que me "chantez-vous là" ?

Notre louange « contemporaine » : que me « chantez-vous là » ?

Notre louange (serait-elle trop) contemporaine ? Si oui, qu’entendre par là ? A découvrir, pour ces 10èmes « foireux liens », des articles de la Rebellution, de Théologeek, Yannick Imbert(« la grâce dans l’encrier »), Daniel Saglietto (La Revue Réformée)…sur cet inépuisable sujet, ainsi que sur « la professionnalisation » et l’activisme dans l’Eglise. Et bien d’autres sujets !

 

Témoignage d’un « leader de louange », sur « La Rebellution ».

« Le danger mortel de la louange contemporaine », un article (au titre polémique, mais très édifiant, à lire absolument)sur « Theologeek ». Avec ce commentaire d’un internaute(« Emmanuel ») : Nous connaissons aujourd’hui « le modèle des chantres qui conduisent la louange, avec un orchestre, des choristes et surtout une liste de chants préparée en avance: une révolution difficile à mesurer aujourd’hui par une génération plus jeune. Mais ne serions-nous pas allés trop loin dans ce modèle ? Les chantres ont-ils piqué la louange à l’église ? Serait-il temps d’y réfléchir et de sortir de l’excès pour revenir à l’équilibre ? Ou mieux de redonner la louange à l’église… ? »

« L’influence de notre culture sur la louange » de Daniel Saglietto, également passionné de musique, pour La Revue Réformée :
Nos nouveaux cantiques sont-ils « saturés » de l’Evangile, offrant, à un monde qui est en pleine « dérive », une vision du « trône de Dieu » et de « l’agneau immolé qui se tient debout » ? Ou sont-ils des « dérivés » de la culture ambiante, « vaporisés » d’un « parfum évangélique » : le relativisme, l’individualisme, le consumérisme thérapeutique, le sentimentalisme « mielleux » ?

 
« Pourquoi Les hommes ne chantent plus. Ou : l’érotisation de Jésus (?) ». Par Yannick Imbert, Professeur d’Apologétique et d’Histoire de l’Eglise (Faculté Jean Calvin, Institut de Théologie Protestante et Evangélique), sur son blog « La grâce dans l’encrier » : « ….Oui les hommes sont présents. Ils semblent chanter mais, malgré (son) audition limitée, (l’auteur a) quand même l’impression que nous faisions tous du playback ». Plusieurs raisons à cela, dont la première « est la professionnalisation de nos chants, voire de nos « groupes de louange »(…)Déjà que ces messieurs ne sont pas forcément portés au chant (…)mais si en plus vous nous mettez devant les yeux un groupe de cinq musiciens et de trois chanteurs avec micros : (1) Je suis porté à vous écouter plus qu’à chanter, et (2) j’ai un bon prétexte pour ne pas chanter puisque de toute façon, personne ne s’entend chanter ! Et ainsi, certains de nos cultes sont devenus des scènes musicales. La qualité musicale est excellente(…)Mais le message envoyé est souvent : Bienvenue ! On espère que vous allez apprécier le show ! Laissez les pro chanter et contentez-vous d’apprécier ». Est-ce vrai dans toutes les églises ? Et dans la vôtre ?

 

 

 
« Hors sujet » et autres sujets :

Du même Yannick Imbert : « Chroniques des Mystagogues » : Si le démagogue guide par le sentiment et la facilité ; le mystagogue, quant à lui, guide en voilant le sens de ce qu’il dit.

Ex : « LES JEUNES SONT L’AVENIR DE L’ÉGLISE »

Ex : « SOYONS PROS ! LA TYRANNIE DU PERFORMING »

Ex : « TU N’AS PAS D’HUMOUR » (ou « Il faut être cool »)

 

Sur TGC Evangile 21 :

« 10 raisons de diminuer les activités de votre église » : êtes-vous concerné ? 😉

« Discipline » : vous avez dit « discipline » ? Le sujet serait-il « tabou » ?

 

Après ce tour d’horizon évangélique, nous terminons par ce zoom sur un blogueur catholique, de nature, peut-être, à inspirer les protestants également présents sur la toile :

« Koz Toujours a 10 ans ! Interview d’Erwan Le Morhedec »
Par Charles Vaugirard, 27 mai 2015, pour « les Cahiers libres »
“L’important n’est pas de réussir, ce qui ne dure jamais ; mais d’avoir été là, ce qui est ineffaçable” cette citation de Jacques Maritain est la devise du blog « Koztoujours, tu m’interesses » tenu par Erwan Le Morhedec, alias « Koz ». Ce blog a eu dix ans le 1er juin : Dix ans de présence sur le Web, dix ans “qu’il est là” au coeur de l’actualité. Interview en exclusivité pour Les Cahiers Libres.

Extraits :
Charles Vaugirard : En 10 ans, Internet et la blogosphère ont beaucoup évolué, notamment avec l’arrivée de Facebook et Twitter. Comment ces réseaux sociaux ont impacté le débat sur Internet et les échanges sur votre blog ?
Koz : Je crois que, malheureusement, ils ont tué les blogs et, en grande partie, l’idée d’une démocratie numérique. Ils ont asséché les blogs, noyé des vocations dans la masse anonyme de Twitter ou le cercle communautaire de Facebook. Finalement, le citoyen qui tenait une occasion d’exister, au moyen d’une position étayée, a vu cette occasion lui échapper. Ce qui portait la promesse d’un débat un peu structuré s’est perdu dans des saillies éphémères. C’est vraiment une occasion manquée.
Twitter et Facebook ont en commun de favoriser un débat hystérisé. Parce que l’un comme l’autre favorise l’immédiateté. Twitter, lui, privilégie le discours péremptoire puisque la nuance ne tient pas en 140 caractères. Quant à Facebook, le fonctionnement de son algorithme favorise ce qui suscite des réactions, et fait donc remonter le formidable comme le scandaleux. Le complotiste fonctionne aussi très bien puisqu’il suscite la réaction de ceux qui adhèrent comme de ceux qui contestent.
J’ajouterais encore que Facebook a restreint le paysage à ce que vos (plus ou moins) proches vous en montrent, alors que le web avait à l’origine l’avantage d’ouvrir nos horizons.
Quel conseil donneriez-vous à un chrétien qui souhaiterait créer son blog ?
Je ne donnerais pas un conseil différent à un chrétien ou à un non-chrétien. Certes, « à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé » (de mémoire), et donc l’exigence est plus forte pour un chrétien. Il lui appartient de s’assurer qu’il n’écrit rien qui soit en contradiction avec sa foi et, lorsque des contradictions intérieures se font jour, de chercher à comprendre d’où elles viennent et à quelles éventuelles faiblesses elles puisent en lui(…)Il lui appartient aussi d’agir en chrétien, que ce soit par le souci de la vérité – et donc, pour commencer, en vérifiant ce qu’il diffuse – ou dans son comportement… et de se relever chaque fois qu’il tombe, en gardant le regard sur son horizon(…)Dans les temps présents, je pense qu’il lui est demandé tout à la fois de ne pas céder sur la vérité pour gagner en confort, que ce soit au sein de la société ou parmi les chrétiens eux-mêmes, et d’être véritablement un artisan de paix, dans un monde qui ne manque pas de boutefeux.

 

 

« Les gentils et les méchants » : bienvenue dans le mode de raisonnement binaire du « bisounours 2.0 »

Sur Pep’s café ! on ne trouve que très rarement(voire quasiment jamais) de « faits divers ». Je ferai une exception cette fois-ci, estimant que l' »affaire du petit chat » et des « bons cyber-citoyens » est particulièrement révélatrice d’une certaine évolution de notre société.

Je renvois à la journaliste-bloggueuse « Aliocha », pour sa plume et sa fort pertinente analyse de ce sujet. Avec, en prime, la « morale de l’histoire » vue par « Maître Eolas », juriste-bloggueur, interviewé sur cette affaire par le Nouvel Observateur*(cité dans l’article d’Aliocha).

Bienvenue donc, non plus dans le « Web 2.0 », mais plutôt dans le « bisounours 2.0 », dans lequel on nous offre un mode de raisonnement binaire : d’un côté, « le méchant » qui agresse un petit chat et de l’autre, « les gentils » révoltés par l’horreur de la situation qui contribue à identifier et livrer le criminel aux forces de l’ordre.

 Extraits :

Le petit chat, la traque, la prison

« Ouf, le petit chat n’est pas mort ! Pour ceux qui auraient échappé à l’événement du moment, petit rattrapage :    l’individu qui s’est fait filmer par un ami en train de lancer un chaton contre un mur (comment peut-il avoir un ami ?) et qui a mis la vidéo en ligne, cet individu là a été arrêté par la police grâce à la mobilisation des internautes ulcérés par l’horreur de la scène(…)

Le camp des gentils

Ici donc, les internautes ont lancé des pétitions, organisé une chasse à l’homme et grâce aux précieuses informations qu’ils ont fournies, les policiers ont pu arrêter le tortionnaire. L’animal est blessé mais sain et sauf ; toujours grâce à la toile, il a été rendu à son propriétaire. Même la police s’est émue de cet élan, on la comprend, elle est plus habituée à prendre des pavés dans la tête qu’à recueillir le soutien spontané de la population…Encore un miracle de la toile ! Evidemment, tout à la joie de ce conte de fée 2.0 personne ou presque n’a pensé que l’affreux qui se mettait en scène était aussi un enfant de la toile, le produit monstrueux de cette tentation permanente de l’exhibitionnisme et de la staritude qui pousse les individus équilibrés à se comporter comme des people sous ecstasy et les dingues à mettre en scène leur folie**(…)Personne ne s’est ému non plus de voir tous ces gentils internautes se transformer en auxiliaires de police.(…)
Lors de l’audience de comparution immédiate au cours de laquelle l’auteur des faits a été jugé, un avocat a fait valoir que la justice devait se rendre dans les tribunaux, pas sur Internet. Il a raison. Depuis quelques années les vertueux internautes traquant ici et là des monstres réels ou supposés ont tendance à me faire frissonner. Internet, c’est aussi des personnes qui se suicident, parce que de méchants internautes les insultent et les harcèlent. Mais chut !(…)En réalité, le Bisounours 2.0 est capable de manger de l’homme pour peu qu’un mouvement de foule  l’y incite. Le lanceur de chat a été condamné à un an de prison ferme. Et le prochain ? »

L’essentiel à lire ici.

Et à propos des « Gentils et des méchants », l’on peut toujours(ré)écouter ceci.

 

 

Notes :

*Nouvel Obs : « Sur Facebook, les administrateurs de la page « Pour que Farid Ghilas paye pour avoir torturé un chat », l’une des pages créées contre « Farid de la Morlette », dénonce une peine « trop petite ». Comment jugez-vous ce type de commentaires ? « 
Maître Eolas : « Ce sont des commentaires rédigés par des personnes qui ont le cul sur leur canapé. Qu’ils arrêtent de regarder des conneries, ça les rendra moins cons. Les réseaux sociaux exacerbent ce genre de réactions. Avant, on soupçonnait l’existence de cons, maintenant on en a la preuve.

Vous savez, les victimes ne sont jamais assoiffées de vengeance. Souvent, elles culpabilisent même d’envoyer des gens en prison, surtout lors de violences conjugales, parce que c’est dur la prison. Elles n’ont jamais un discours haineux. Ce sont les proches qui ont ce genre de discours, parce qu’ils culpabilisent de n’avoir pas pu empêcher les faits de se produire.

Vous avez vu ce petit Oscar ? Il n’a pas l’air de crier vengeance… »

**A noter que les mots clés jeu lancer de chat donnent environ 547 000 résultats (0,27 secondes) sur Google. Et que l’on peut jouer à des « jeux de lancer de chat »(virtuel) en ligne…

« Foireux liens » 2, le retour

Voici une nouvelle édition de nos « Foireux liens », inaugurés il y a plus de trois mois. Soit le « top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement des plus amusants/insolites) sites internet » des derniers mois.

Pour nos « foireux liens » de janvier, nous nous attarderons sur :

1) Quand l’internet (ou le virtuel) « bouffe » une énergie bien réelle. Laquelle ? La nôtre, bien sûr !

Une critique du film « Disconnect » dans « Croire et vivre », par Nicolas Ciarapica :

Jeune femme s'ennuie par Petr Kratochvil Il est essentiel de savoir se ménager du temps sans distraction, pour être à l'écoute de Dieu

Jeune femme s’ennuie par Petr Kratochvil
Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?

« Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?
Sortir du virtuel pour se reconnecter à notre environnement immédiat. Reprendre pied avec notre quotidien et retrouver le chemin de la communication avec nos proches que nous négligeons. C’est tout le propos, assez peu à la mode il faut le dire, du film d’Henry Alex Rubin ».

 
Numérique : cette empreinte écologique que les consommateurs ont bien du mal à voir, un article de Nolwenn Weiler, à lire sur Basta Mag !
« L’économie virtuelle consomme une énergie bien réelle. Les « data centers », qui regroupent les serveurs indispensables à la navigation sur le Web et à la circulation des 300 milliards de courriels, pourriels, photos ou vidéos envoyés quotidiennement, peuvent consommer autant d’énergie qu’une ville de 200 000 habitants. Sans compter le coût environnemental de la fabrication d’équipements toujours plus nombreux. De quoi relativiser l’apport apparemment écologique de l’économie dématérialisée, avec ses « télé-réunions », son commerce en ligne ou ses téléchargements ».

2)Culture numérique versus culture du livre. Un « débat » classique avec une impression de « déjà vu »,  que d’aucun voudront zapper…à moins de le prendre sous un autre angle. Par exemple,  l’internet, le numérique : une culture taillée sur mesure pour un nouveau polythéisme ?

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Extraits : « Avec l’humain multiconnecté de l’ère de l’Internet, des jeux vidéo et de leurs multiples écrans est en train de se constituer une nouvelle culture. Selon le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, qui vient de publier «Rêver, fantasmer, virtualiser» (Dunod), sous-titré «Du virtuel psychique au virtuel numérique», cette nouvelle culture des écrans s’oppose à la culture du livre autant d’un point de vue strictement culturel que sur les plans cognitif et psychologique.
(…)D’une culture à l’autre, on change complètement de modèle. On pourrait dire que la culture du livre est taillée sur mesure pour des religions monothéistes : un Dieu, un livre… Et puis un auteur, un lecteur. La culture Internet, bien au contraire, semble faite pour le polythéisme et donc la multiplication des références ».

Entretien à lire également en mode PDF

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

3) Notre rapport au livre :

Le message du Farenheit 451 de Ray Bradbury, ou Des trois éléments dont les hommes ont besoin, particulièrement à notre époque d’information(ou de surinformation). Par « Phil », un blogueur-lecteur :

Farenheit 451 décrit une société totalitaire qui brûle les livres, dans un futur indéterminé. Ce que l’on appelle une « dystopie ».

« Quelle est le message de Ray Bradbury à travers la description de cette société qui détruit les livres ? Tout d’abord les autodafés se focalisent sur les livres alors que l’important n’est pas le livre en lui-même mais bien les idées qu’il véhicule. Ce n’est qu’un medium. La télé ou la radio pourraient en ce sens être un outil qui aiguise le sens critique mais les programmes diffusés dans le roman servent plutôt l’abrutissement des masses.

Ray Bradbury fait dire à un de ses personnages que les hommes ont besoin de trois éléments.
Tout d’abord, la qualité de l’information. Dans le roman, les livres montrent le vrai visage des choses, ils montrent la vie. Deuxième élément nécessaire : le loisir d’assimiler cette information. C’est-à-dire qu’il ne faut pas être sans cesse dans l’action ou soumis à des messages en continu. Il faut pouvoir avoir du temps libre pour digérer l’information. Et le troisième élément est la liberté d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction entre la qualité de l’information et le loisir de l’assimiler. Un triptyque fait de libre circulation de l’information, de temps de loisir et de liberté. Voilà ce qui est fondamental pour l’homme ».

Bradbury donne l’espoir d’une nouvelle société qui se souvient, mais aura-t-elle le courage de créer la possibilité d’un échange créateur de nouvelles idées ?

La réponse ici, dans ce fort intéressant article de Tatjana Barazon :

Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce ou trois livres* qui parlent de livres pour saisir le rapport particulier que l’homme entretient avec eux, et qui montrent chacun une relation différente au livre en tant qu’objet :  Fahrenheit 451(encore), Auto-da-fé, et Ulysse.

Lecteur (ou homme) livre
Lecteur(ou homme) livré
Lecteur (ou homme) libre

« Fahrenheit 451 et Auto-da-fé font état de l’importance primordiale du livre pour l’individu et pour la société. Le livre est un symbole de la liberté créatrice de l’homme et de sa faculté d’exprimer ses émotions. Quand le livre est interdit et même brûlé, cette liberté est mise en danger. L’homme se perd dans le bonheur facile, et finit par s’anéantir. Le livre est considéré comme le plus grand obstacle au bonheur dans une société qui recherche l’absence de douleur.
L’isolement que constitue le livre et le rapport à lui reste cependant un danger quand la lecture devient enfermement. Dans Auto-da-fé d’Elias Canetti, c’est un savant sinologue, le professeur Kien, qui cherche à remplacer la vie par les livres. À la différence de Bradbury, Canetti n’imagine pas une société qui meurt par un manque de livre, mais plutôt un homme qui est anéanti par un « excès de littérature ». Le personnage de Kien démontre le danger d’un attachement total aux livres. Il finit aussi par se détruire parce qu’il ne cherche plus le contact de l’autre.

C’est chez Joyce, et notamment avec Ulysse que l’expérience du livre devient véritablement fructueuse, quand le lecteur arrive enfin à trouver goût à la vie à travers le livre ».

L’intégralité de l’article à découvrir ici :

Tatjana Barazon, « Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce », Conserveries mémorielles [En ligne], #5 | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2008.

4) Respect de la vie : quels enjeux ?

– Qu’est-ce qui est « obscène » ?

« Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant d’argent que la moitié de la planète, ou plus exactement, les trois milliards et demi de personnes les plus pauvres. C’est le message du rapport « Working for the Few », publié par l’organisation caritative Oxfam, spécialisée dans les initiatives de développement, qui décrit l’écart grandissant entre les plus riches et les pauvres. Selon Oxfam, la croissance rapide des fortunes des super-riches menace le progrès continu de l’humanité.(…)
« Les riches ont saisi des opportunités aux dépends des pauvres et cela a contribué à créer une situation dans laquelle 7 personnes sur 10 dans le monde vivent dans des pays où les inégalités ont augmenté depuis les années 1980 », indique le rapport.
Oxfam veut que les dirigeants rassemblés au Forum Economique Mondial de Davos s’engagent sur un certain nombre de points, incluant le soutien à une taxation progressive, et l’utilisation des fonds publics pour promouvoir des soins de santé, une éducation et une protection sociale pour tous les citoyens ».

« La Mort n’est pas toujours leur métier », un billet du blogueur-juriste catholique « Thomas More » , blogueur que nous avons récemment cité ici, qui rappelle, à l’occasion du cas de Vincent Lambert que La loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Léonetti, est fondée sur un double refus : refus de l’acharnement thérapeutique ; refus de l’euthanasie. Le législateur refuse de légitimer la transgression de l’interdit de tuer tout en autorisant l’arrêt des traitements disproportionnés : cet équilibre, un peu ambigu (…)est l’originalité du droit français ».

Et de conclure ainsi : « Les personnes en état végétatif ou en état pauci-relationnel, ne sont peut-être plus des patients ordinaires pour les équipes médicales : elles restent des personnes humaines, vivantes à l’égard desquelles notre commune humanité impose respect, soin et attention. Elles nous invitent en réalité à remettre en cause la démarche éthique dominante et à réfléchir à une éthique de communion (V. B. de Malherbe, Le respect de la vie humaine dans une éthique de communion : Parole & silence 2006). Après les ambiguïtés du rapport Sicard, et le rappel de l’engagement 21 du candidat Hollande, cela devient urgent : Il est donc nécessaire et urgent de poursuivre un véritable engagement de solidarité et de fraternité (CEF, Fin de vie) »

Voir aussi cet article de La Vie.

Et la position du Cnef sur la fin de vie.

-L’Eglise locale, havre de paix pour les homosexuels
Par Gilles Boucomont,  Eglise Protestante Unie du Marais,
publié dans « Homosexuel, mon prochain », hors-série n° 15 des Cahiers de l’Ecole Pastorale.

Retour sur la période ayant débouché sur l’adoption finale du texte de loi dit du « mariage pour tous ». Gilles Boucomont relève que loin d’avoir été « un temps de débat, un temps de paroles », cela a été « plutôt un temps pour des cris. Cris de douleur de la communauté homosexuelle qui s’est souvent construite, à raison, mais parfois aussi à tort, dans une identité de rejet. Cris de colère des défenseurs du mariage, chrétiens ou non, attachés à une institution qui s’est forgée en France pour délimiter et encadrer natalité, filiation et transmission. Après tant de bruit », il est temps de « se retrouver en Eglise pour penser les questions qu’ont fait surgir ces débats, avec un impératif que le Christ nous soumet : être dans sa vérité, et être dans la paix. En somme être en Lui, qui est Vérité et Prince de paix.

(….) Il n’est pas insensé de considérer que tous ces péchés sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où Paul proclame qu’ils nous privent du Royaume. Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume. L’Eglise, qui prolonge l’œuvre de Christ est donc le lieu où doit s’exprimer l’habile dosage de sévérité à l’égard du péché, et de compassion à l’égard du pécheur désireux de changer de vie.
Les Eglises sont donc appelées à être des lieux de sécurité et de refuge pour les personnes se disant homosexuelles, où elles peuvent être sures d’être préservés de toute forme d’homophobie et de tout jugement. Nos Eglises doivent être des lieux où se dit la vérité, mais dans l’amour qui prévaut aux suiveurs de Christ. Elles sont appelées à être des lieux de grande sécurité spirituelle mais aussi émotionnelle pour que les pécheurs s’y retrouvent comme étant graciés, et apprenant à en tirer toutes les conséquences jusque dans chaque recoin de leur vie.
Mais comme pour tout pécheur, ce lieu de sécurité est aussi un lieu de vérité où la personne n’est pas confondue avec son comportement, mais définie dans ses vrais lieux d’identité ».

Voir aussi le texte de la commission d’éthique protestante évangélique “Aimer mon prochain homosexuel », en faveur d’une pastorale de l’homosexualité “qui soit digne, respectueuse et empreinte d’amour envers les personnes homosexuelles, tout en étant fidèle à la vérité biblique.

– « C’est de l’humour » : une phrase fétiche qui sert à justifier tout et n’importe quoi, à l’instar de « c’est de l’art » ou « c’est du débat ».
Mais peut-on souhaiter un « humour à tout prix », à l’instar d’une liberté « à tout prix » ou « totale » ? En réalité, l’humour est difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.

Sa meilleure définition est peut-être celle du Père Bourgoin, curé de la paroisse de l’Immaculée Conception à Paris, après qu’une quinzaine de comédiens aient fait irruption en plein office le 12 janvier dernier, pour les besoins d’une émission de Canal + :

« L’humour c’est beaucoup d’humilité et beaucoup d’amour ».

-Pour finir, toujours sous le signe du « respect », qui pense à prier positivement pour le président François Hollande ? Qui pense à privilégier le « blessing », plutôt que le « bashing » ?

« Les Cahiers libres », semble-t-il, un blogue catholique au sous-titre très évangélique(« dans le monde sans en être »)qui espère que « François Hollande acceptera) Jésus pour Sauveur »!

« La visite du président François Hollande au pape François est très attendue. Après une année de rapports crispés entre le gouvernement et les catholiques français on se demande tous à quoi va ressembler cette rencontre. Certains – anonymement nommés « collectif de catholiques de France » –, inquiets que le Pape François soit en rade de sujet de conversation avec notre président,lui adressent une lettre ouverte sous forme de pétition (…)dans laquelle ils lui demandent d’officiellement faire état [à François Hollande] du profond malaise et de l’inquiétude grandissante de nombreux catholiques de France face à la promotion par son gouvernement d’atteintes majeures aux droits fondamentaux de la personne humaine(Loi Taubira, PMA-GPA, recherches sur l’embryon humain, euthanasie, Gender, etc.) et face aux attaques dont ils sont l’objet quotidiennement (…)Et puis, pour être honnête… je me demande si ça sert à quelque chose que le pape parle de La Manif Pour Tous à notre président.

Après tout …quand Jésus a débarqué chez Zachée, a-t-il commencé par lui parler de son rapport à l’argent ?
Imaginez… Et si la « méthode-Zachée » marchait encore ? Et si l’annonce cash de l’amour fou de Jésus crucifié était la meilleure méthode ? »

La suite ici

La fin du monde : une perspective fermée ou ouverte ?

Sur ce, bons clics et bonnes lectures !

Et on retrouvera dans trois mois de prochains « foireux liens » !

 

Notes :

*A lire ou à relire :
Bradbury, Ray, Fahrenheit 451, (1953) 2000, Paris, Folio Science Fiction Gallimard. Un classique, qui plaira même à ceux qui n’aiment pas ou n’ont pas l’habitude de la science fiction.

Canetti, Elias, 1935, 1949, Auto-da-fé (Die Blendung), Paris, L’imaginaire, Gallimard. Excellent. Le livre qui m’a fait aimer la littérature il y a plus de vingt ans. Si vous ne connaissez pas, plongez-vous vite dedans !

Joyce, James. Ulysse(1914-1921). Paris, Folio, Gallimard ou London, Penguin Books. Un classique de la littérature anglophone, que je n’ai toujours pas lu. Ce « troisième livre », dont il est fait question dans l’article précédent, ne pourrait-il pas être remplacé par La Sainte Bible,  en fin de compte ? Ce ne sont pas les traductions diverses et complémentaires (consultables partout et notamment dans la partie « liens » de notre blogue)qui manquent.